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Le rôle des réseaux sociaux dans les manifestations en Egypte
Facebook, Twitter… Une fois de plus, les réseaux sociaux jouent un rôle crucial dans la mobilisation en Egypte. C’est en effet un mouvement d’opposition créé sur internet qui est à l’origine des manifestations de mardi et mercredi. Des jeunes capables de lancer des appels aux rassemblements et de mobiliser des dizaines de milliers d’internautes dans un temps record. Les autorités égyptiennes l’ont compris. Elles ont donc bloqué plusieurs pages internet, Facebook, Twitter mais également Bambuser qui permet de visionner en temps réel des vidéos filmées par les opposants. Les téléphones portables ont également arrêté de fonctionner dans le périmètre de la manifestation du Caire. La réaction des autorités égyptiennes montrent leur inquiétude face à un phénomène qui leur échappe. Elles ne sont pas habituées à une mobilisation si rapide et incontrôlable.Et les jeunes rompus aux nouvelles technologies ont déjà contre-attaqué, s’envoyant des messages de conseil pour contourner les blocages mis en place par les autorités, et continuer leur mobilisation.
Editorial: Lettre de Ben Ali à Ould Abdel Aziz
«Cher frère d’armes, je me permettrai de tutoyer, étant plus âgé que toi et ton ancien, au grade de général, dans la fonction de chef de l’Etat et dans celle de président de la République. Nos parcours ont plusieurs points communs et tu fus, de plus, le dernier président à me rendre visite. Trois jours, seulement, après ton départ de Tunisie, le compte à rebours, pour le mien, a commencé. Nous avons, tous les deux, intégré l’Armée sur le tard, ce qui ne nous pas empêché de gravir si vite les échelons que les mauvaises langues prétendent que si nous avons atteint le grade de général, c’est plus par complaisance que par mérite. Nous avons gravité autour du pouvoir et dans ses palais dont les lustres nous ont tellement attirés qu’on a fini par succomber à leurs charmes. Nous avons accompli deux coups d’Etat, médical, pour moi, et militaire, pour toi, qui ne seront jamais cités comme de hauts faits d’armes. Nous avons, en effet, renversé deux vieux présidents qui n’avaient ni garde rapprochée, ni sécurité présidentielle, sauf celles que nous avions, nous-mêmes, placées à leurs côtés. Nous avons utilisé les mêmes arguments, à 21 ans d’intervalle, pour justifier leur mise à l’écart, et nous avons suscité autant d’espoir, à notre arrivée au pouvoir. Nous avons fait les mêmes promesses: démocratie, liberté, égalité, justice, progrès et tout le tintouin qui n’engage que celui qui y croit. J’ai été le premier à les oublier. Et, d’après les échos que je reçois de la Mauritanie, tu n’es pas loin de prendre le même chemin.
Mais il n’est pas trop tard: tu peux encore te rattraper, avant que tes carottes, comme les miennes, ne soient cuites pour de bon. Tu as besoin de conseils, mon frère. Et je vais t’en donner à gogo. Instaure une vraie démocratie, dans ton pays. N’écoute pas ceux qui te disent que les Etats arabes et africains ne sont pas mûrs pour celle-ci. Laisse ton peuple s’exprimer, librement, dans la presse écrite et audiovisuelle, ne censure rien, ne brime pas et n’emprisonne pas ceux qui se battent pour la liberté. Garantis le droit d’association et de réunion. L’oppression, les brimades et la terreur n’engendrent que la soif de délivrance et, quand un peuple veut prendre son destin en main, la meilleure police du monde ne peut en venir à bout. Les Tunisiens l’ont démontré. Je pensais, pourtant, que rien ne leur manquait. D’après les informations que me faisaient parvenir mon parti, le gouvernement et les dizaines de services de renseignements que j’ai mis en place, le peuple me prenait pour un génie dont il ne pouvait plus se passer. Un bon conseil: n’écoute pas ceux qui te répètent, à longueur de journées, que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ils ne veulent que plaire, pour conserver leurs postes et leurs avantages. Ecoute, plutôt, le pouls du pays, diversifie tes sources d’informations et ne crois pas, un seul instant, que tu es le meilleur, comme essaient de t’en persuader, chaque jour, les flagorneurs et les laudateurs. Organise des élections libres et transparentes et, même si tout le monde te réclame, ne dépasse pas deux mandats. Evite, comme la peste, l’omnipotence d’un parti/Etat. Ne laisse pas les prix des denrées de base augmenter au-delà du raisonnable, par la faute des commerçants et des spéculateurs. N’écrase pas trop ton opposition, pour qu’il y ait une alternative, au cas où les choses tourneraient mal, et ordonne, à la police, de n’avoir ni la main lourde ni la gâchette facile, lorsque des manifestants réclament plus de justice et d’équité. Ne laisse jamais ta famille, proche ou lointaine, profiter de ta position dominante pour s’arroger des avantages. Il n’y a pas plus dangereux qu’un peuple aigri, qui subit des injustices et voit d’autres profiter, indûment, de ses richesses, parce qu’ils bénéficient d’opportuns liens de parenté.
Je ne finirai pas cette missive sans te rappeler le cas de celui que tu as longtemps côtoyé et qui est désormais mon voisin au Qatar, l’ancien président Ould Taya qui, comme moi, n’a rien vu venir. Tu as encore la possibilité de ne pas finir comme nous. Saisis-la, avant qu’il ne soit trop tard.
Ton ancien, Zine El Abidine Ben Ali.
Ahmed Ould Cheikh – LE CALAME
L’économie au cœur du discours sur l’Etat de l’Union de Barack Obama
Un sujet a dominé le discours sur l’Etat de l’Union prononcé par le président américain : l’économie. Dans son intervention qui a duré un peu plus d’une heure, pour remonter la pente, Barack Obama a proposé un plan en trois points : innover, éduquer et construire mieux que le reste du monde. Parmi les domaines où les Etats-Unis peuvent innover, il a cité l’énergie propre et pour la développer, il a lancé un appel aux parlementaires. « Je demande au Congrès d’éliminer les milliards de dollars de cadeaux que nous faisons aux groupes pétroliers, a déclaré Barack Obama. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais ils s’en sortent parfaitement tous seuls ».Faisant appel a plusieurs reprises à la coopération des républicains, le président Obama a proposé un gel d’une partie des dépenses budgétaires pour cinq ans au lieu de deux ans précédemment. Offre jugée insuffisante par l’opposition dans sa réponse.
Evoquant brièvement la politique étrangère, Barack Obama a déclaré que les forces américaines pourraient quitter l’Irak la tête haute, qu’en Afghanistan les insurgés perdaient du terrain et qu’au Pakistan, al-Qaïda serait vaincu.
Il s’est aussi félicité de voir la démocratie gagner du terrain comme au Sud-Soudan et en Tunisie. « La volonté du peuple s’est révélée plus puissante que l’étreinte d’un dictateur. Et ce soir, que ce soit clair : les Etats-Unis d’Amérique sont solidaires des Tunisiens et soutiennent les aspirations démocratiques de tous les peuples ».
Barack Obama s’est également dit prêt à collaborer avec les républicains pour résoudre le problème de l’immigration illégale.
Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet (RFI)
Retour sur la révolution Facebook en Tunisie
La révolution tunisienne est dans une large mesure, une révolution internet. Les réseaux sociaux ont permis de catalyser le ras-le-bol mais aussi d’organiser la résistance au régime Ben Ali. Vecteur de la circulation de l’info qui échappe au contrôle des autorités, internet a offert des plateformes d’échange qui ont libéré la parole et mobilisé les énergies. Notre envoyé spécial en Tunisie a observé le phénomène.
C’est une révolution internet au point qu’ici en Tunisie, les gens préfèrent parler d’une révolution facebook plutôt que de la révolution du jasmin, terme jugé impropre surtout quelque peu folklorique. Alors pourquoi facebook ? Parce que sans le réseau social américain et son petit frère twitter, non seulement le monde n’aurait pas eu vent des massacres de Kasserine, cette ville martyre de l’ouest tunisien mais de plus la mobilisation des manifestants n’aurait pas été possible, ou alors elle n’aurait pas eu la même ampleur. Elle aurait été moins simple dans ce pays très policier, très surveillé. Au plus fort des évènements, les Tunisiens ont publié sur facebook les vidéos des massacres des manifestations. Chaque nouvelle, chaque information importante était immédiatement répercutée à des centaines de milliers de personnes sur internet ou par SMS (Short Message Service).
Et pour donner une idée de l’ampleur du phénomène, il y a deux millions de comptes Facebook en Tunisie pour onze millions d’habitants à peine. Il y a quelques mois, le régime avait tenté de bloquer les réseaux sociaux, comme il l’avait fait il y a deux ans pour les réseaux de partage en ligne comme Youtube et Dailymotion mais il a dû reculer face à la colère des internautes. La toile était devenue en Tunisie le seul espace de liberté, la presse étant contrôlée, et c’est aussi grâce au web que la parole s’est libérée, que les tunisiens ont appris à ne plus avoir peur. Ces derniers mois, d’ailleurs, plutôt que de tenter « d’arrêter la mer avec ses bras » le régime Ben Ali avait préféré cibler certains blogueurs célèbres.
Slim Amamou, blogueur devenu ministre
Huit jours avant la chute du régime Ben Ali, la police frappe à la porte de Slim Amamou, et vient l’arrêter, lui, ainsi qu’un autre blogueur célèbre, Abdelaziz Hammami. Mais la riposte fut cinglante. Les collectifs d’internautes, qu’ils soient Tunisiens ou étrangers, ont entrepris de bloquer les sites gouvernementaux en les bombardant de messages et puis les autres cyber-dissidents, c’est comme cela qu’ils s’appellent entre eux, se sont déchaînés menaçant même de représailles, les opérateurs de télécommunications s’ils coupaient les réseaux. Deux jours avant la chute du régime, alors que Ben Ali annonçait la fin de la censure, Slim Amamou est libéré. Ce fut la dernière tentative du pouvoir pour calmer la jeunesse. Tentative qui prouve à quel point ces blogueurs qui sont de simples étudiants, Slim Amamou est un simple étudiant, avait acquis une influence sur la population et sur la marche des évènements. Ils sont ici bien plus célèbres que les opposants réduits au silence depuis des années. Après la chute du régime Ben Ali, Slim Amamou est contacté par le ministère de la Jeunesse et des sports par coup de fil pour devenir, secrétaire d’Etat. Un poste qu’il accepte «sans même réfléchir » nous a-t-il confié et bien entendu il a annoncé sa nomination sur twitter.
C’est une sorte d’hommage aux internautes tunisiens, si méfiants envers le pouvoir. Lui-même, Slim Amamou, n’a rien d’un activiste politique. Il se bat pour la liberté d’expression, contre la censure et twitter au cours d’un Conseil des ministres était pour lui, une sorte d’acte subversif : drôle à la fois aussi parce qu’il voulait montrer à cette classe politique tunisienne qu’elle doit vivre en phase avec sa jeunesse et avec son époque.
Par RFI.
Quatre prévenus devant le parquet de Néma pour avoir accusé le hakem de Djiguénni de corruption
La brigade de gendarmerie de Djiguénni(Hodh Charghi) a transféré, mardi, devant le parquet de Néma quatre prévenus pour avoir accusé le hakem de Ddjiguénni « d’être corrompu » par une notabilité locale. Selon des sources bien informées, les quatre hommes se sont présentés, lundi, à la brigade de gendarmerie avec quelques chamelles qu’ils ont estimé avoir été « offertes » par une personne adverse au hakem pour gagner de son appui dans le litige qui les oppose.
La brigade a immédiatement procédé à l’arrestation des quatre hommes et ouvert une enquête dans cette affaire
ANI





