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Au secours, ils reviennent
Le président Ould Taya est parti, mais nombreux sont ceux qui le soutenaient et qui sont restés. Ayant été écartés des centres de décision et des la direction de haut poste, ceux-là sont finalement revenus sur scène. Les dernières nominations dans les derniers conseils des ministres, la désignation à la tête de conseil d’administration de direction publique ainsi les petits mouvements du personnel diplomatique, nous donnent davantage de lisibilité dans la véritable essence de ceux qui nous gouvernent. Nous pensons être aujourd’hui à mesure de tirer des leçons de taille sur le mode de gestion que nous réserve le pouvoir, lequel a décidé de faire du neuf avec du vieux.
Manifestement, le président de la République ignore les hommes et les mœurs politiques du pays. Cruelle vérité qui l’a amené à circonscrire ses choix sur les personnes qu’il a connues il y a plus de vingt ans, le cas échéant, sur la progéniture des anciens du Système !
A notre grand malheur, le tour de la vieille garde est revenu. Ils sont enfin parvenus à se hisser, triomphants, au sommet du podium. C’est la ” main invisible”, le ” Système ” qui les a tant couvés ce dernier quart de siècle qui a, encore une fois, fait preuve de sa baraka. C’est cette main couveuse, complice et pourtant coupable, tapis quelque part dans une haute officine obscure, qui s’évertue à mettre tout un peuple sous leur coupole. Pour la nième fois, nous nous contenterons d’épier leurs gestes, de voir la qualité de la “sombre lumière ” qu’ils ne tarderont pas à faire jaillir dans l’entourage du Chef. Nous ne nous lasserons pas, la peur au ventre, de surveiller leur petite fortune pour en évaluer l’évolution. Ils sont de nouveau puissants. Ne l’ont-ils d’ailleurs pas toujours été ? Aujourd’hui plus que par le passé, ils jouissent de ce sentiment de pouvoir, celui de toujours imposer, avec la bénédiction de l’Etat, le mode de gestion et les pratiques décriées de leur groupuscule. Les malheureuses confrontations tribales qui se sont produites vendredi à l’est du pays sont là pour en témoigner. “Ils ont trouvé une nouvelle opportunité pour tirer les ficelles du jeu. Tels qu’ils étaient connus des Mauritaniens, ces ” nouveaux ” élus “, ne nous sortiront certainement pas de l’auberge. Espérons seulement qu’ils ne nous replongent pas dans le pétrin !
Sneiba.
Maghama rage contre l’administration
De source généralement bien informée, le commandant de brigade de la gendarmerie de Maghama, son adjoint et un gendarme reconnu comme étant un de ceux qui ont fait usage de leurs armes à feu pendant les manifestation anti enrôlement, ont quitté Maghama pour une destination inconnue. Un nouveau commandant de brigade et son adjoint, ont pris service.
C’est la molle réponse apportée à la revendication des jeunes de Maghama qui avait exigé de l’administration la poursuite judiciaire de ou des responsable de la mort du jeune manifestant, Lamine Mangane, tué le 24 septembre dernier, lors des violentes manifestations contre les «procédures humiliantes » d’enrôlement. Au regard des engagements pris par l’administration de satisfaire toutes les doléances des jeunes manifestants de Maghama, il était entendu que la lumière soit faite sur cette affaire et que les coupables soient punis. Surtout que le départ au plus vite de Maghama du commandant de la brigade de la gendarmerie, celui de la garde ainsi que deux policiers (Ould Aimore agent de police et Alioune Fall chef de corps urbain de la police) était une exigence des jeunes manifestants. Ce n’était pas tout d’ailleurs, puisque entre autres revendications, les jeunes voulaient aussi savoir d’où venait l’autorisation donnée aux commerçants de porter des armes avec lesquelles ils les ont menacés. Mais avec ce qui se passe sur le terrain, tout porte à croire qu’elle a choisi l’option de rester ferme et de ne pas poursuivre les coupables.
Refus de l’impunité
Même si elle donne l’impression d’avoir reculé sur les questions humiliantes des agents recenseurs, dans la pratique, les tracasseries restent toujours une réalité amère, vécue surtout par certains mauritaniens nés à l’étranger. A l’exemple de cette épouse très âgée d’une importante personnalité des années de l’indépendance née à Kayes et à laquelle les agents recenseurs du centre d’accueil de Tevragh-Zeina ont fait toutes les misères, au point de la mettre hors d’elles parce qu’on lui demandait sa date de mariage. Exaspéré, elle a jeté l’éponge et renoncé à l’enrôlement sans autre forme de procès. A Nouadhibou ce serait un homme d’affaires très riche qui s’est vu opposer le refus de l’enrôlement par le centre d’accueil de Nouadhibou au prétexte qu’il serait sahraoui. Lors des interrogatoires particulièrement humiliants dont des citoyens mauritaniens nés à l’étranger, ou dont des parents et grands-parents sont nés dans des pays de la sous – région, des agents recenseurs ici ou là dans les centres d’accueil, ont fait très souvent montre d’intolérables préjugés. Soupçonneux et bien souvent arrogants, ils ont considéré la « mauritanité » des intéressés douteuse voir frauduleuse. Sans autre forme de procès, ces derniers ont été rejetés. Ces actes inqualifiables ont été perpétrés par des agents de l’Etat dont l’ignorance ou la mauvaise foi n’ont d’égal que leur stupidité. Ils ont ainsi créé, chez leurs victimes, les frustrations qui ont produit le désordre à travers des émeutes d’une extrême gravité. S’ils ont agit par ignorance, la faute de ceux qui les ont nommés est lourde. Car, il est inconcevable qu’à ce niveau de responsabilité, on puisse ignorer que jusqu’à 1945, les deux Hodhs étaient soudanais, c’est-à-dire que leurs ressortissants étaient citoyens du Mali actuel. Saint – Louis était jusqu’en 1957 la capitale à la fois du Sénégal et de la Mauritanie, et le 1er Gouvernement de la Mauritanie siégeait à Ndar-Toute un des ses quartiers du bord de mer distant de 14 km de Ndiago, dans ce qu’on appelle la langue de barbarie. La première pierre de Nouakchott, capitale de la Mauritanie, a été posée en 1958 par BA Amadou Diadié Samba Diom, Ministre des travaux publics, des Transports, des Postes et de Télécommunications, en présence des Présidents Mokhtar Ould Daddah, et Charles De Gaulle (voir photo). Le premier Conseil des Ministres du Gouvernement de la Mauritanie s’est tenu sous une tente, sur une dune située à l’endroit actuel de la Poste et de l’Hôtel Marhaba. Des pièces d’Etat civil essentielles étaient établies à Saint-Louis sans mentionner la Mauritanie (CNI du père de la Nation feu Me Mokhtar Ould Daddah). Si, par contre, ils n’ignorent rien de ce qui précède, la preuve de leur mauvaise foi est incontestable. Ils sont alors coupables d’une atteinte délibérée à l’unité nationale, et doivent, par conséquent, connaître toute la rigueur de la loi en la matière.
Moussa Diop-LE QUOTIDIEN DE NOUAKCHOTT.
Manifestation de Touche pas à ma nationalité à Nouakchott: lettre aux sénateurs
Le 5 mai 2011, le régime d’Ould Abdel Aziz lançait le début des opérations d’enrôlement des citoyens mauritaniens. Ces opérations d’enrôlement contestées par une importante partie des citoyens sont discriminatoires à l’égard des Négro-Mauritaniens qui perçoivent en cela une volonté des autorités de les exclure.
Ce projet cynique, discriminatoire,raciste et honteux pour un Etat est venu accentuer la frustration des Noirs mauritaniens qui ont toujours vécu dans l’injustice et qui ont subi déportations et massacres. Cet enrôlement n’a d’autre objectif que de: faire de la majorité des Négro-Mauritaniens des apatrides. Tout cela se faisant avec le lourd et coupable silence des leaders politiques dans leur majorité. De jeunes patriotes ont décidé de créer le mouvement “touche pas à ma nationalité” pour s’ériger contre toutes les formes d’injustices que subissent les citoyens mauritaniens et défendre la dignité et les droits bafoués des Noirs, premières et sempiternelles victimes de ces injustices. Des sit-in et des marches de protestation sont organisés à Nouakchott.
Dans le sillage de la capitale des villes comme Boghé , Sélibaby, Rosso, Kaédi, Maghama ou encore Djéol se joignent à la protestation, réprimée sauvagement par les autorités: un mort, des blessés graves et des dizaines d’arrestations.
Face à ce lourd bilan, le régime d’ould Abdel Aziz campe sur sa position et affiche un mépris total à l’égard de citoyens qui revendiquent leurs droits les plus légitimes.
Aujourd’hui, les noirs Mauritaniens sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Leurs langues sont reléguées au second plan par la constitution. Ils sont marginalisés et mis à l’écart dans les prises de décisions. Ils ne profitent pas des richesses nationales qui doivent pourtant être redistribuées à tous les enfants du pays, une partie de ces noirs souffre de l’esclavage et reste victime d’une injustice favorisée par l’état mauritanien.
En ce jour du 29 octobre, nous exigeons que justice soit rendue pour les victimes de la répression aveugle et disproportionnée d’un régime aux abois. La lumière doit être faite sur les évènements de Maghama et Kaédi, ce qui doit aboutir au jugement des gendarmes qui ont tiré à balles réelles sur des enfants désarmés et à celui du commissaire de Kaédi et du directeur régional de la sûreté du Gorgol, coupables tous deux d’actes de torture sur de jeunes manifestants.
Devant cette situation grave, nous mouvement “touche pas à ma nationalité”, vous mettons devant vos responsabilités d’élus à la chambre haute du parlement.La Mauritanie souffre de grands maux qui peuvent remettre en cause son existence. Ne pas agir serait synonyme de complicité par rapport à tout ce qui se passe. Nous vous demandons donc de tout faire pour sauver ce pays du péril qui le guette.
Nouakchott le 29 octobre 2011.
Abdoul Birane Wane- Coordinateur de TPMN.
Enrôlement: Maïga rejeté et envoyé en prison
ALAKHBAR (Nouakchott)- “L’histoire de Abdallah AL Hassan Maïga est triste et désolante”. “En se présentant devant les recenseurs pour se faire enrôler, ces derniers auraient fait fi de tous ses documents pour le cribler de questions, arguant que la famille Maïga n’est pas mauritanienne”. l’information est révélée par L’Authentique quotidien qui ajoute que Maiga “disposerait néanmoins de toutes ses pièces d’état-civil mauritaniennes”.Le journal précise même que “Abdallah Al Hassen, comme ses grands parents, serait né à Nema où il a fait ses études coraniques, ses enfants aussi. La famille serait présente dans la région du Hodh Charghi bien avant que cette partie orientale du pays ne fut rattaché à la Mauritanie”. Maiga lui s’adressant à la commission a répondu: “Tous les agents recenseurs qui sont en face de lui ne sont pas mauritaniens mais viendraient de pays de l’Afrique du Nord. Il est par la suite, “arrêté puis expédié au commissariat et ensuite déferré au parquet de la République pour falsification de documents nationaux”. Et sera”Entendu par le Procureur de la République et envoyé en prison”, ajoute le journal.
Et L’Authentique d’alerter: “A présent, il est à craindre que beaucoup de personnes naturalisées mauritaniennes n’aient peur de se rendre dans les bureaux pour se faire recenser de peur d’être traîné devant la justice pour falsification, alors que certains étrangers vivant depuis plusieurs décennies en Mauritanie sont parvenus à obtenir par les voies légales la naturalisation”.
Pourtant rappelle le journal, “il existe beaucoup de mauritaniens d’origine naturalisés ailleurs dans le monde”.
L’autorité présidentielle de Taya à Aziz
L’apparence que le pouvoir offre n’est pas toujours celle qui correspond à la réalité interne de l’appareil d’Etat. L’image visible d’un président qui tient en main les affaires du pays cache parfois l’autre face de l’autorité réelle. Mais au fil du temps, les contradictions, les complots et les désaccords mettent à nu les chaînes du système de commandement. Pendant son règne, Ould Taya se voulait l’incarnation de l’absolutisme du pouvoir.Il avait l’autorité suffisante pour s’entourer de ses fidèles et quand il sentait les relents de la conspiration contre sa personne, il se débarrassait de ses adversaires. C’est ce qui s’est passé à chaque fois qu’il soupçonnait un complot. Malgré tout, le pouvoir lui échappait pendant quelques moments au point de menacer de crouler.
L’usure causée par le mauvais entourage, les faux renseignements, les conflits d’intérêts a eu raison sur un pouvoir branlant qui s’effilocha comme un château de cartes. Ceux qui croyaient que Taya était protégé par Ely Ould Mohamed Vall, ainsi qu’une poignée de fidèles lieutenants parmi lesquels son fils et un carré, constitué de commandants de régions militaires ont fini par changer de lunettes. Le dernier bastion de sécurité dirigé par un homme qui s’est fait pendant longtemps discret était entre les mains du colonel Mohamed Ould Abdel Aziz. Mais le coup d’Etat dirigé contre le palais de Taya par Saleh Ould Hannena a révélé qu’en réalité, la sécurité présidentielle n’était nulle part. Car ce jour-là, la débandade était totale. Le mythe Taya a vite cédé sous l’ambition du chef de son bataillon de sécurité convaincu que le vieux lion fragilisé n’a pas plus les forces pour contrôler la situation. La suite est connue. Mais s’il y a des secrets à trouver dans le pouvoir de Taya c’est surtout dans ses relations avec des lobbies politico-économiques qui travaillaient en synergie avec les milieux des renseignements qui infiltraient tous les corps : l’armée, la police. Le rôle des tribus a été aussi catastrophique tant dans la gestion de l’économie que dans la discipline au sein des forces armées et de sécurité. Jamais l’image tribale ne s’est reflétée dans les rangs de la grande muette. L’armée était devenue un partage tribal où les plus proches étaient les mieux servis. En même que le maître du pays critiquait le tribalisme, il cultivait ce phénomène dans l’administration civile et militaire. Au moment où le discours sur la corruption et le favoritisme alimentait ses déclarations, Taya encourageait ses partisans à construire de belles villas et à dilapider l’argent du peuple pour soutenir sa réélection. Cette stratégie du contraste était l’un des secrets de sa politique. Tous les anciens colonels ont été récompensés par des sociétés d’Etat qu’ils géraient comme des casernes sans rendre des comptes à qui que ce soit. Il aurait encore continué à diriger ce pays avec une facilité permanente si le hasard de l’histoire n’avait pas contrarié un pouvoir pourtant moribond mais qui faisait encore peur à un entourage corrompu et clochardisé par le gout du matériel. On s’attendait que la chute de Taya soit provoquée par le cœur du commandement. Il est venu par une aile. Aujourd’hui, avec un président qui évolua à l’ombre de son prédécesseur, et entouré de Généraux aux ordres, l’autorité démocratique aura-t- elle la force qu’il faut pour ne pas être l’otage d’un cercle militaire. Est-ce pour éviter la répétition de l’histoire qu’une loi criminalisant les coups d’Etat va entrer bientôt en vigueur ?
Cheikh Tidiane Dia –LE RENOVATEUR





