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La famille de l´opposant Ould Chaveî interdite de séjour en Mauritanie
Selon une source proche de l’homme d’affaires et opposant mauritanien Moustapha Ould Limam Chaveî, l’ambassade de Mauritanie à Dakar a retiré le visa d’entrée en Mauritanie déjà attribuée à la femme de Chaveî et ses enfants. De même source, on indique que les autorités mauritaniennes on auparavant refusé le renouvellement du passeport de l’homme d’affaires qui : ce qui l’a amené à établir un passeport diplomatique burkinabé étant donné qu’il est installé au Burkina Faso. La femme de Moustapha et ses enfants ont fait le voyage Ouaga-Dakar, où ils ont obtenu le visa dument délivré par l’ambassade de Mauritanie, avant d’être surpris au moment où on leur a annoncé que ce visa est annulé. Cette même source a expliqué qu’il s’agit de tracasseries expressément voulues visant Moustapha et son environnement immédiat en réprésailles à ses prises de position contre lé régime en place en Mauritanie
ANI
La mise au point des mandataires de la coordination des rapatriés du Brakna
Nous soussignés, mandataires de la coordination des rapatriés du Brakna avons lu les reportages publiés par deux représentants locaux de la presse écrite sur la marche pacifique de protestation que nous avons organisée le mardi 20 décembre.
Nous avons le regret de constater que certaines doléances exprimées devant les autorités locales n’ont pas été suffisamment relayées dans les colonnes de leurs journaux et sites électroniques. Sans mettre en doute leur compétence et leur bonne foi, nous tenons à préciser tout de même que dans la plate-forme adressée au Hakem de Boghé, les rapatriés exigeaient :
– Le respect strict des clauses de l’accord tripartite Mauritanie/Sénégal/HCR
– La restitution des biens confisqués ou leur indemnisation,
– L’insertion des jeunes rapatriés
– La réduction du personnel de l’ANAIR qui est pléthorique donc budgétivore
– L’accès aux services sociaux de base (eau, écoles, postes de santé)
– L’aménagement de terres cultivables
– L’assouplissement des conditions d’enrôlement des rapatriés car en plus du VRF ou de la copie du recensement, le CAC de Boghé exige d’autres pièces dont la plupart des candidats à l’enrôlement ne disposent pas encore (c’est le cas de l’acte de naissance) en raison des lenteurs administratives
En plus, nous nous insurgeons contre les agissements du Représentant de l’ANAIR à Boghé qui, par ses manœuvres dilatoires et sordides, sème la zizanie au sein des sites de rapatriés. De même, les deux facilitateurs que nous avions désignés pour nous représenter au sein de l’institution, ne jouent plus le rôle qui était censé être le leur et s’érigent au contraire en fossoyeurs de nos intérêts au profit de leurs ambitions personnelles égoïstes. Ainsi, tout engagement pris en nos noms par MM. Sada Dia et Amadou Samba Bâ ne nous concernent plus.
Enfin, nous tenons à préciser que le bureau de la coordination, soucieux de la légalité, a bien adressé une demande d’autorisation, quelques jours avant la marche, au Hakem de Boghé qui l’a rejetée. Face à l’urgence et à la gravité de notre situation, nous avons décidé d’organiser une marche pacifique suivi d’un sit-in devant la mouqata’a pour mieux faire entendre nos voix.
Les mandataires : Mamadou Abdoul Sow, Abou Demba Sow et Amadou Aliou Bâ
Communiqué du mouvement Touche pas à ma nationalité
Mardi 20 décembre la localité d’Adel Begrou située à quatre kilomètre de la frontière avec le Mali a été le théâtre d’une attaque d’Aqmi. Après le mitraillage du poste de la gendarmerie, les assaillants ont enlevé un gendarme et récupéré des armes et des munitions. Cette attaque n’est malheureusement pas la première et ne sera certainement pas la dernière.
Devant une pareille situation, le mouvement “Touche pas à ma nationalité” rend responsable les autorités Mauritaniennes qui, au lieu de consacrer leurs forces à la défense et à la sécurisation de nos frontières, se complaisent à instaurer un véritable état de siège dans la vallée du fleuve dont les habitants ont pour seul tort d’être noirs. L’Etat a en effet envoyé près de huit véhicules militaires en renfort contre des manifestants pacifiques à Kaédi qui ne faisaient que réclamer leurs droits !
Si l’armée mauritanienne ne parvient pas à assurer la sécurité de nos frontières c’est parce que nos militaires se sont spécialisés dans la frustration d’une partie de la population sans cesse rackettés .
Devant une telle situation, le mouvement “Touche pas à ma nationalité” exhorte les autorités à reconnaître qu’une armée constituée sur des bases raciales et non sur des critères de compétence et d’aptitude ne sera jamais en mesure de garantir la sécurité des citoyens, les différentes incursions d’aqmi sur le sol Mauritanien le démontrent.
Une fois de plus, le mouvement rappelle aux autorités que la priorité doit être la sécurisation des frontières et non la répression des citoyens qui manifestent pacifiquement.
Nouakchott le 22 decembre 2011
Mouvement Touche pas à ma nationalité
Déclaration du comité de paix pour la défense de Biram et de l´IRA
Il nous a été révèle un projet odieux de liquidation physique du Président de IRA Mauritanie, Monsieur Biram Dah Abeid. Ce projet initié par certaines tribus proches du pouvoir devrait être mis en œuvre par trois militaires de la tribu Idey Chili.Il fait suite au pèlerinage organisé par notre mouvement à INAL. L’objectif de ce pèlerinage était de se recueillir sur les tombes des 154 militaires noirs mauritaniens tués par leurs frères d’armes. 28 parmi ces victimes ont été pendues la nuit du 27 au 28 novembre 1990, pour célébrer la fête de l’indépendance nationale. Outre ce recueillement, le voyage d’INAL a permis d’informer l’opinion nationale et mondiale sur les graves violations de droits de l’Homme au sein de l’armée mauritanienne et d’appeler au règlement définitif de toutes les questions relatives à la tentative de génocide contre les populations noires.Le comité de paix pour la défense de Biram et de l’IRA s’insurge contre ce complot visant à déstabiliser le pays.
Le comité, rappelant son engagement pacifique pour la protection de Biram et du mouvement IRA :
– Tient l’Etat Mauritanien, responsable de tout ce qui arrive à son président,
– Prend à témoin l’opinion nationale et internationale sur la bonne santé physique et mentale de Biram Dah Abeid,
– Rappelle qu’il fait don de sa vie pour défendre Biram et son mouvement,
– Réitère son engagement à subir la mort et son refus total de donner la mort,
– Met en garde contre toute tentative de déstabilisation du mouvement pacifique de lutte contre l’esclavage et l’exclusion,
– Reste déterminé à poursuivre auprès de Biram et des dirigeants de l’IRA, la défense des droits des exclus et des laisser pour compte quelques soient leur race, leur origine ethnique, leur sexe ou leur religion.
Pour Le comité
Interview de Oumar Diagne avec le site AHME
Émouvante interview de l’écrivain Mauritanien Diagne Oumar. L’homme est très modeste, un intellectuel franc et pas n’importe qui. Il travaille dur sous sombre sans fanfaronnade pour faire jaillir toute la vérité sur la situation chaotique des droits de l’homme en Mauritanie. Il vit à Paris en exil, loin de chez lui mais n’a jamais accepté de baisser les bras face à l’arbitraire. L’homme a accepté pour la première fois de répondre à nos questions, chose rare et nous lui remercions infiniment. Bonne lecture chers lecteurs et lectrices.
Bonjour Oumar Diagne, vous êtes écrivain, libre penseur très engagé pour un réel changement en Mauritanie, présentez vous à nos lecteurs et présentez –nous vos ouvrages ?
J’ai toujours été habité par l’interrogation. Il ne s’agit pas d’un choix. C’est quelque chose qui est en moi, qui m’a joué des tours. Quelque chose qui m’a happé, me torture, me lancine.
Je suis né en Mauritanie et j’y ai grandi mais j’ai toujours ressenti un désert autour de moi. Très tôt, je me posais de nombreuses questions et j’avais peu de personnes pour m’aider à avancer. J’en ai beaucoup souffert. Cela m’a perturbé. Heureusement que j’ai pu sortir de la Mauritanie pour étudier. Ainsi j’ai rencontré des gens différents. J’ai beaucoup lu et discuté. Ensuite, à mon retour en Mauritanie, j’avais de nombreux amis étrangers. Je suis de nature tourmenté et je ne me contente pas de réponses faciles. Chaque jour, je me rends compte que je comprends peu de choses de la vie. Comme disait quelqu’un : « la vérité est toujours en exil. »
En ce qui concerne mes écrits. J’ai toujours écrit pour dialoguer avec moi-même, pour me comprendre, comprendre le monde, me délivrer de ma souffrance, me soulager de mon exil et des flammes qui brûlent en moi.
Au début je n’avais pour objectif de publier. C’est un ami qui m’a mis en rapport avec un éditeur.
Mon premier livre est un recueil de poèmes qui s’intitule, Le soleil s’est couché sur mon continent. Il a été publié aux Editions A3. Il s’agit d’un cri face à mon désespoir face au comportement des Africains.
Le second est un roman. Il s’intitule : Serengeti à l’ombre du mal. Il a été publié aux Edition Dianoïa et distribué par Les Presses Universitaires de France. Il s’agit d’une réflexion sur la capacité des êtres humains à se nuire, s’autodétruire.
Le troisième est un recueil de poèmes. Il s’intitule : Le chant des nénuphars suivi de la montagne vaporeuse. La première partie est relative à mon errance due à ma quête. La seconde partie est un hommage à mon père pour qui j’ai beaucoup d’admiration et d’autres personnes comme Gandhi, Martin Luther King, Jimi Hendrix. Derrière tout cela il ya une interrogation sur la difficulté de s’élever en esprit et ma fascination pour les grands d’esprit.
Vous avez toujours poussé des cris de colères pour dénoncer les tares et coutumes de la société Mauritanienne, c’est-à-dire l’esclavage et la féodalité négro-mauritanienne. Vos détracteurs vous indexent d’être issu d’une grande famille féodale qu’avez-vous à répondre à vos détracteurs ?
Je ne suis pas d’une famille féodale. Mon père est l’homme le plus ouvert, tolérant du monde que j’ai connu. Un homme pieux, plein d’humanité et d’amour. Une de mes sœurs est mariée à quelqu’un que l’on traite d’esclave. C’est mon père, sa mère et moi qui l’avons défendu contre l’avis d’une partie de notre famille pour qu’elle se marie avec celui qu’elle aimait. Ma seconde sœur a été mariée par un harratine des Oulad Aïd. J’ai donc des neveux esclavages et harratine. Tout le monde peut le vérifier. Personnellement, je ne suis jamais rentré dans la logique de castes. J’ai toujours été moi-même et je sais que l’on m’en a voulu et j’ai failli perdre ma vie. Même à Paris, il y a des gens qui disent que je suis gonflé, effronté, ne reste pas à ma place car je n’ai rien à faire dans l’idée de caste.
Je suis issu d’une famille guerrière mais je n’ai jamais pris cela en compte. Je ne suis jamais cru supérieur ou inférieur à quelqu’un. Il y a des témoins. J’ai toujours pensé que les êtres humains étaient égaux. Parfois, je me fâchais contre ma propre mère qui traitait mal quelqu’un que je considère comme ma sœur d’origine esclave. Là aussi, il y a des témoins. Ce qui est sûr, est que même si j’étais né d’une famille féodale, tout ceux qui me connaissent savent que, très jeunes, je me suis révolté contre les inégalités et les injustices, y compris au sein de ma propre famille.
Quelles sont les solutions que vous préconisez pour combattre efficacement l’esclavage et la féodalité, d’où vient votre inspiration de révolte contre ces fléaux?
Les solutions, elles ne peuvent venir que des masses, des opprimés eux-mêmes. Je suis un ardent défenseur de la formation des masses en vue d’un changement des mentalités et d’un combat pour l’égalité. Les Mauritaniens sont embourbés dans leur ignorance et leur crétinisme. Il faut former le peuple, enseigner les droits de l’Homme dès le primaire, aider les esclaves et les castés à s émanciper par eux-mêmes, à s’engager, à comprendre leur situation. Ils doivent être soutenus par tous ceux qui sont attachés à la justice.
En ce qui concerne ma révolte, c’est quelque chose de mystérieux. J’ai toujours été sensibles aux injustices d’origine différente, je ne sais pas pourquoi. C’est le mystère de la vie. La sociologie et la psychologie n’explique pas tout. Je sais que j’ai une petite sœur révolté. J’ai d’autres frères et sœurs généreux qui sont complètement détachés.
La vie reste un grand mystère. Pourquoi a-t-on des Mandela, des Vaclav Havel ? Mystère !
Beaucoup de personnes ignorent que vous avez participé activement à la création de l’association des haratine de Mauritanie en Europe (A.H.M.E) aux côtés du président Mohamed Yahya Ould Ciré en sachant vous vous appréciez très bien. Etes vous militant, sympathisant où simple observateur de cette association ?
Au départ, il était question que Coulibaly Beïdary et moi soyons des membres du bureau mais la solution la plus intelligente a été que cette association soit dirigée par les Harratine eux-mêmes.
En ce qui concerne Mohamed Yahya Ould Ciré, il est mon grand frère. Son père et comme père. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir une relation intellectuelle franche et parfois même houleuse mais toujours respectueuse.
Je travaille beaucoup avec lui. Il lui arrive même de proposer de le représenter. Nous travaillons beaucoup ensemble. Il me connaît bien. Ce que j’aime chez lui est qu’il te dit ce qu’il pense. Ce qui très rare chez les Mauritaniens. Je me sens membre à part entière d’AHME
Avez-vous des plans d’actions pour aider l’association des haratine de Mauritanie en Europe sur la scène nationale et internationale pour réaliser ces objectifs qui sont les suivants vu votre engagement incontestable :
– Abolition de l’esclavage en Mauritanie,
– Eradication du phénomène dans toutes ses manifestations,
– Dénoncer les esclavagistes et la complicité de l’Etat mauritanien,
– Sensibiliser l’opinion européenne, africaine et internationale sur cette question ?
Oui ! Mais il y a des choses que l’on garde pour soi pour être efficace. En tout cas, tout ce que je fais, Ould Ciré et Coulibaly Beïdary sont au courant. Ce sont des personnes à qui je peux faire confiance.
Les Maures blancs considèrent les haratine comme des arabes, étant intégralement partie d’eux, les négro-mauritaniens utilisent le terme négroïde « négro=noir » tout en excluant la communauté haratine. Pourtant ils sont bien noirs, cette confusion s’enracine sur le fait qu’ils ne parlent pas les langues suivantes : Peulh, Soninké, Wolof ou Bambara. Les maures tirent leur référence sur le partage de la même langue Hassanya, pouvez vous nous lever l’équivoque ou le doute la dessus ?
Je pense avoir déjà parlé de cette question. Les Harratine sont des Noirs acculturés du fait de leur esclavage. Ce sont des Ouolof, des Bambara, Soninké, etc., en tout cas des Négro-africains. Ils ne sont guère arabes.
Selon Shaikh ul-Islâm Ibn Taymiyyah
A l’origine le mot “Arabe” était un nom désignant trois types de gens :
1. Ceux dont la langue était l’Arabe
2. Ceux qui étaient enfants d’Arabes
3. Ceux qui vivaient sur les terres des Arabes qui correspondent à la péninsule arabique, à partir de la mer Qulzum, la mer de Basra et de l’extrême limite du Yémen jusqu’à l’entrée du Shâm. Donc le Yémen est inclus dans leur terre mais pas al-Shâm. C’était la terre des Arabes, au temps de l’éveil et de la propagation des Arabes, et avant cela.1Les Harratine n’ont pas l’arabe comme langue maternelle. Ils parlent l’Hassanya qui est un mélange de berbère, d’arabe et de langues négro-africaines. Leurs ancêtres parlaient des langues négro-africaines.Ils ne sont pas enfants d’arabes. Il s’agit de noirs volés ou achetés pour servir d’esclaves. Ils ne sont, enfin, pas originaires de la Péninsule arabique. Ce sont des africains. Le reste c’est de l’idéologie politique.Même si on admettait que l’hassanya était de l’arabe, le fait de parler une langue ne fait changer d’appartenance ethnique. Les enfants d’émigrés africains qui ne parlent que Français, ne fait pas d’eux des Gaulois. De nombreux Haalpulaar, Harratine, Djola, Soninké, etc. du Sénégal ne parlent que wolof. Sont-ils devenus pour autant Wolofs. La réponse est non car être wolof c’est appartenir à un groupe et non parler une langue.Les Harratine sont des Négro-africains qui, du fait de leur domination, ont perdu leurs langues d’origine et parlent le hassanya qui est tout à fait différent de l’arabe. Ould Ciré a suffisamment travaillé sur la question avec rigueur.
Le président de l’association des haratine de Mauritanie en Europe (A.H.M.E) Mohamed Yahya Ould Ciré dit ceci: « Les Haratine sont noirs, je suis négro-africain et à ce titre je revendique ma négritude. « Arabe-noir » n’a aucun sens parce qu’il n’y a pas d’arabe noir. Sociologiquement, il n’y a pas d’arabe Noir, il y a des arabes qui ont réduit des noirs à l’esclavage et, à ce titre, ils les ont acculturés. Ce sont donc des Noirs esclaves dans une communauté arabe donnée. Le fait de vouloir faire des Haratine des arabes est un prolongement de l’esclavage. Il s’agit d’une nouvelle idéologie pour les maintenir sous le joug des Maures. » Qu’en pensez vous ?
Je suis complètement d’accord avec lui.
Vous avez subi en plein fouet les événements entre la Mauritanie et le Sénégal de 1989- jusqu’à fin 1992, d’autant plus votre village se trouve juste à côté de la frontière Mauritano-Sénégalaise. Pouvez-vous nous livrer votre témoignage sur les assassinats et les déportations au bord du fleuve Sénégal ?
J’étais assommé. J’ai vu la cruauté humaine. J’ai vu comment on pourchassait les noirs, les tuait, déportait. J’ai perdu tout espoir en l’être humain.
Et si vous avez lu Serengeti à l’ombre du mal, vous comprendrez que ce sont les événements de 1989 qui ont inspiré ma réflexion.
Il reste que je savais que cela aller arriver. Bien avant les événements, j’ai dit à mes proches amis que les Maures allaient le faire un jour. Ils me rigolaient au nez.
En fait, il ne s’agit d’un problème sénégalo- mauritanien mais d’un problème mauritanien qu’on a voulu internationaliser pour mieux masquer les intentions.
Sous quel angle voyez-vous le voyage des associations et Ong de défenses des droits de l’homme en mémoire des 28 soldats negro-mauritaniens pendus à INAL pour fêter le 28ème anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie ?
Je ne peux pas juger mais je crois que l’urgence est dans l’établissement d’un rapport de force et non dans le symbolique. Maintenant, chacun se fie à ses idées et je le respecte. Je crois qu’il faut éviter tout ce qui sépare et chercher ce qui rassemble pour la libération des Noirs de Mauritanie.
Le général Mohamed Ould Abdel Aziz a conduit une prière des morts à Kaédi suite aux exécutions sommaires des soldats negro-mauritaniens pour demander pardon dans le but de renforcer l’unité nationale du pays selon lui. Cela lui a valu le soutien de certains partis politiques comme l’AJD/MR et MPR. Finalement tout le monde se sent tromper par les fausses promesses du général Aziz pare qu’ils se plaignent d’être trompé. Donnez-vous votre analyse de la situation politique sur ces dossiers brulants ? Est-il possible de pardonner sans justice dans un pays dit démocratique ?
Le pardon est une chose essentielle. Mais un pardon doit reposer une vérité. Une demande de pardon doit venir des profondeurs de l’âme. On a vu avec le recensement que cette demande de pardon n’était pas sincère. On demande pardon, on laisse passer le temps puis on recommence les mêmes actions pernicieuses.
Je crois qu’il faut que la justice se fasse sans haine. Il y a plusieurs moyens d’y arriver si la sincérité est là. Mais j’ai le sentiment qu’on abuse de la naïveté des Noirs.
Comment avez vous vécu l’appui des partis politiques au putsch du général Mohamed Ould Abdel Aziz qui disent pourtant se battre pour l’instauration de la démocratie en Mauritanie? Ne se sont ils pas mis en contradiction avec les principes où mode de fonctionnement de la démocratie ?
Là-dessus, j’ai écrit des articles et j’ai dit que c’était une bêtise et qu’il s’agissait d’une violation du droit international car la Mauritanie a signé et ratifié la Charte africaine de la démocratie des élections et de la gouvernance.
Nous sommes confrontés à un recensement « enrôlement selon les autorités » très contesté qui exclut les noirs selon des témoignages reçus. Il y a eu mort d’homme avec des tires à balles réelles et répressions sauvages sur les jeunes contestataires. Lamine Mangane de Maghama y a laissé sa vie, les bourreaux courent surtout continuent d’exercer dans l’impunité en toute liberté au sein des forces de l’ordre. Les villes et villages du sud peuplés essentiellement de noirs sont assiégés par les forces répressives du général Ould Abdel Aziz. Sommes-nous en train de faire un rebond en arrière, c’est-à-dire vers un pouvoir dictatorial comme se fut au temps du dictateur Ould Taya ? Comment voyez-vous le Mouvement Touche Pas à Ma nationalité et l’avenir de la lutte des noirs en Mauritanie ?
Je pense qu’il ne faut pas se tromper, il n’y a pas une grande différence entre Ould Taya et Adel Aziz en ce qui concerne leur vision de la question nationale et de l’esclavage. Le but ultime de nombreux maures est de faire de la Mauritanie un pays arabe, dominé par les Maures. Ils y travaillent depuis 1960 et même avant et ils n’y ont pas renoncé.
En ce qui concerne le mouvement Ne touche pas à ma nationalité, il s’agit d’un mouvement formidable. Je suis de ceux qui pensent que les vrais changements ne viennent que par les luttes de masses. Je n’aime pas les mouvements qui reposent seulement sur des leaderships.
Je profite d’ailleurs de l’occasion pour leur dire que je cherche à entrer en contact avec eux en vain.
Leur mouvement est historique. Je voudrais simplement leur dire, il faudrait qu’ils évitent l’écueil de la division, des égos, de la politique politicienne et de la corruption.
Ensuite, le combat doit continuer jusqu’à que tous les Mauritaniens soient égaux devant la loi et dans les faits. Enfin, le combat des harratine est aussi le leur.
Merci Oumar Diagne d’avoir accepté de répondre à nos questions.
Oumar Diagne: la Définition arabe : Voir Qu’est-ce qu’un Arabe ? – Définition de Shaikh ul-Islâm Ibn Taymiyyah in Sounna.com
Propos recueillis par Diko Hanoune, secrétaire général de l’A.H.M.E





