Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Entretien choc. Kofi Yamgnane : « La culture de l’assistanat tue l’Afrique »

L’homme politique franco-togolais Kofi Yamgnane publie “Afrique, introuvable démocratie”. L’occasion de dénoncer ce qui mine le continent. Interview-choc.  


Entretien choc. Kofi Yamgnane : « La culture de l'assistanat tue l'Afrique »  
 

L’homme politique franco-togolais Kofi Yamgnane, “Breton d’après la marée noire”, qui n’a pas pu se présenter aux présidentielles du Togo en 2005 et 2010, annonce sa candidature pour celle de 2015. Il annonce dans un livre (1) son entrée en campagne et analyse les freins à une véritable démocratie dans certains pays africains.
Le Point.fr : Pensez-vous avoir la moindre chance, cette fois, de pouvoir vous présenter ? Et de gagner ?
  Kofi Yamgnane : Non, mais je veux les bousculer. Il faudra qu’ils trouvent une autre excuse que la dernière fois puisque j’ai réglé le problème de ma date de naissance en donnant des preuves [sa candidature à la présidentielle a été invalidée au motif qu’un doute subsistait sur sa date de naissance, NDLR]. C’est simple, mes parents m’ont déclaré du temps colonial, le 16 mars 1946. Je suis né le 11 octobre 1945 et pas le 31 décembre 1945 comme on l’a prétendu.
  Quand le missionnaire a demandé à mon oncle et mon père quand j’étais né, ils ont répondu que c’était au début de la saison sèche. Mon père, ce jour-là, était à la corvée de débroussaillage, qui se faisait toujours le 11 octobre. Soixante ans plus tard, quand je demande un renouvellement de passeport, on me donne un passeport togolais avec la date du 31 décembre 1945. Je suis allé à Bassar, lieu de ma naissance où on m’avait inscrit, aux archives. Il manquait juste cette page-là ! J’ai parlé au maire, puis au préfet qui m’a dit “Ce n’est pas moi, ce sont les termites !” Elles avaient trouvé le registre et grignoté une page, une seule ! À qui voulait-il faire croire cela ?
Lors de la précédente campagne, vous avez craint un empoisonnement. Est-ce toujours le cas ? Avez-vous peur ?
  Bien sûr que j’ai peur ! Ce que je ne souhaite pas, c’est mourir bêtement. Qu’on puisse croire que je suis mort de maladie ou d’un accident de la route alors qu’on m’aura cisaillé les freins dans la nuit. Je voudrais que s’ils me tuent, ils me tirent dessus et que tout le monde puisse savoir qu’ils m’ont assassiné. Mais ils n’oseront pas parce qu’ils savent que je ne suis pas un Togolais ordinaire. Ce que je crains le plus, c’est donc l’empoisonnement. Cela m’oblige à ne jamais manger ou boire nulle part. Quand je pars en campagne, à Lomé, je prends une bouteille d’eau pour la journée et, le soir, je rentre chez moi. Et dans l’intérieur, je ne descends jamais dans un hôtel. Je vais chez les missionnaires catholiques et mes collaborateurs sont logés en ville. Ils trouvent toujours quelqu’un, c’est la sécurité sociale africaine.
Cette fameuse sécurité sociale africaine, dans votre livre, vous dites qu’elle est un frein au développement. Elle est de toute façon moribonde, non ?
  Elle est morte et c’est très bien. C’est bien que, quand j’arrive au Togo, tout le monde ne me saute pas dessus en me disant “ton arrière-cousin est malade, il faut lui donner de l’argent pour se soigner”, “il faut payer l’écolage (les frais de scolarité, NDLR) de tel enfant”, c’est épouvantable !
  Tant que l’État n’a pas pris le relais, l’effondrement de cette solidarité engendre pourtant des drames, comme les 20 000 enfants dans les rues de Kinshasa, en RDC…
  L’État a en effet renoncé aux tâches régaliennes simples, comme de protéger, instruire et soigner. Donc tout va à vau-l’eau. Avec cette pandémie du sida, il y a de plus en plus d’orphelins dans la rue, par centaines. Plus personne ne les accueille, ça n’existait pas, ça, de mon temps ! Je n’ai jamais connu d’orphelinat, il y avait toujours quelqu’un dans le village pour s’occuper d’un gamin dont les parents utérins étaient morts. Cette solidarité-là est en train de s’estomper et cela va permettre aux individus débrouillards d’émerger, d’entreprendre et de réussir.
Parce que cette solidarité empêchait l’accumulation de capital ?
  Vous avez le moindre sou, on vous le prend ! Moi, si j’avais été au Togo, je n’aurais pas vécu comme je vis, ce serait impossible ! Et si je n’ai jamais fait venir aucun de mes deux grands frères ici, c’est à cause de cela. Quand ils vont voir que chez leur petit frère, il a une grande maison, un grand terrain, le confort total, deux frigos, deux télévisions, trois voitures, ils ne vont pas comprendre. Ils vont dire : “Ce n’est pas possible que tu aies tout ça et que tu ne nous donnes rien !” Cette culture de l’assistanat tue l’Afrique. Elle tue l’initiative individuelle.
Vous parlez aussi des superstitions qui bloquent l’Afrique.
  C’est terrible. Aujourd’hui, dans le métro, je monte à côté d’un Africain. Il me chuchote : “C’est une rencontre improbable. C’est Dieu qui l’a voulu, je savais qu’un jour ça se réaliserait, Dieu a exaucé mes prières en vous mettant à côté de moi.” Et il ajoute : “Je sais que vous êtes en train de vous battre au Togo, pour toute l’Afrique. Nous, on prie.” Au lieu d’aller militer et de se battre, ils prient ! Je lui ai dit que ce n’était pas comme ça qu’il fallait faire. Nous sommes dans une activité éminemment humaine, notre réponse, c’est nous qui devons la trouver. Les Africains sont choqués quand vous dites cela. Quand vous voyez les pasteurs… Je suis allé à un mariage à Lomé, le pasteur fait trois quêtes et explique que quand on entre dans la maison de Dieu, il faut se défaire de tous les métaux et qu’on ne peut pas repartir avec quoi que ce soit ! Et le lendemain, vous le voyez rouler en 4×4 flambant neuf, devant la pauvre vendeuse de manioc qui n’arrive pas à s’en sortir…
Comment expliquer cet essor des églises du réveil dans la région ?
  Par la crédulité. Les Africains sont très religieux. L’église catholique, sans doute, n’était pas assez active alors que les Américains ont été très dynamiques. Aujourd’hui, ce sont même de jeunes gens qui ne savent même pas lire qui se lancent dans le prêche ! Les gens ont tant de problèmes dans leur vie quotidienne qu’ils sont prêts à s’abandonner au premier venu. J’ai été scandalisé, en circulant au Togo, de voir que les écoles sont des paillotes ou juste un manguier autour duquel 150 gamins tournent en fonction du soleil pour être à l’ombre. C’est invraisemblable, la misère ! Les parents se cotisent pour acheter un terrain, construisent la paillote et payent les enseignants qu’on appelle les EV, “enseignants volontaires”. Et deux kilomètres plus loin, vous tombez sur un immeuble en dur, avec un groupe électrogène, climatisé : c’est toujours un temple ou une mosquée. C’est un scandale !
Que pensez-vous des discours enthousiastes sur l’Afrique aujourd’hui ?
  C’est du pipeau ! Quand on dit que le Togo a un taux de croissance de 5,5 %, qu’est-ce qui revient aux Togolais ? Rien ! Il y a un énorme problème de redistribution. Mais la corruption est endémique, le budget est exécuté à 20 % parce que chaque ministre n’accepte de signer un marché que si un pourcentage tombe dans sa poche. Résultat, le peu que les colons avaient fait a disparu, tout reste à faire.
Que feriez-vous pour endiguer la corruption si vous étiez élu ?
  Il faut travailler sur la morale des dirigeants. Dire “on ne pique plus dans la caisse”. Ce que je dis aux Togolais, c’est que je n’ai besoin de rien, j’ai tout ce qu’il me faut ici. En Bretagne, en France, je suis considéré comme un bourgeois et ce n’est pas faux. Je leur dis : “Vous avez piqué plein d’argent, vous êtes milliardaires en CFA ou même en dollars, mais ça, c’est fini. Gardez ce que vous avez pris, mais à partir de maintenant, le premier que je prends à piquer un centime, il est fusillé.” Et la morale s’installera. J’ai vu Rawlings faire ça, au Ghana. C’est lui qui me l’a raconté. Il m’a dit : “Je vois un instituteur qui a 15 villas qui coûtent chacune 80 ou 100 millions, il a des 4×4, je le convoque et je lui donne 15 jours pour s’expliquer. S’il ne peut pas, je le fais fusiller.” Il en a tué beaucoup comme ça. Et ça a marché ! On ne peut pas dire que la corruption soit complètement éradiquée au Ghana, mais elle a énormément reflué.
Le Ghana, avec le Sénégal et le Botswana, fait partie des pays que vous citez en exemple de développement pour l’Afrique. À quoi est dû leur succès ?
  Ils ont des dirigeants vertueux. Rawlings a utilisé la force, mais d’autres ont seulement utilisé la force de conviction. Senghor au Sénégal, qui a réussi une alternance apaisée, par exemple. Et ils ont misé sur l’éducation. C’est le principe de base pour instaurer une démocratie. L’école doit avoir les moyens d’instruire les citoyens, pour donner à chaque petit Africain ce que voulait Jules Ferry quand il disait : “Je ne veux plus qu’aucun Français ignore ce qu’il n’est pas permis d’ignorer.”
Vous dénoncez la corruption. Pourtant, vous vous insurgez contre le procès des biens mal acquis du fils du président Obiang, en Guinée équatoriale…
  J’ai maintenu un équilibre délicat sur cette affaire. D’un côté, j’ai bien dit que quand le peuple africain vous fait confiance, vous ne devez pas voler le bien public. Cela doit se régler entre Africains. De l’autre, je trouve scandaleux que des ONG se déclarent compétentes pour juger des États pétroliers africains et que des États pétroliers arabes puissent venir acheter tout ce qu’elles veulent en France sans être embêtées. Et l’obélisque, place de la Concorde à Paris, d’où vient-elle ? D’Égypte, c’est Napoléon qui l’a piquée ! Qui s’en offusque ? Si l’on veut se lancer dans des procès de biens mal acquis, parfait, faisons-le vraiment, et ça va saigner !
De même, êtes-vous indigné par les procès de dirigeants africains, à La Haye ?
  Regardez qui la CPI juge depuis qu’elle existe : Taylor, Gbagbo, Omar el-Béchir… Et qui va poursuivre Bush, responsable de massacres en Irak ? Personne ! Je ne dis pas qu’il ne faille pas les juger, je dis juste qu’il faut en juger d’autres. Et en Afrique, on ne livre jamais un chef à un ennemi pour qu’il soit jugé par lui. On le juge à la maison, c’est même ce qu’a fait Mandela pour de Klerk.
Pour finir, vous avez bien une note d’espoir pour le continent ?
  Il y a les 500 millions et quelques de détenteurs de téléphones portables, bien sûr, et le dynamisme de ce secteur… Il y a aussi la très belle Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, adoptée par l’OUA en 1986… Malheureusement, elle n’est pas respectée. Les pistes à adopter pour développer l’Afrique, ce sont toujours les mêmes : en priorité l’agriculture, chose que le FMI a enfin comprise. Et l’école.

(1) Afrique, introuvable démocratie, ed. dialogues. 14 euros, 110 p.
  Claire Meynial, pour lepoint.fr
 

 




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Nouakchott : manifestations de colère après le viol et meurtre de la petite Kadji Touré

altJeudi 31 octobre,  des centaines de personnes en majorité des femmes ont fait sit-in devant les grilles du palais présidentiel à Nouakchott.

Un hommage rendu à Kadji Touré dite Yaye, âgée de six ans, enlevée dans le quartier de Kouva le dimanche 27 octobre vers 10 heures. Elle a été retrouvée sans vie le même jour au bord de la plage vraisemblablement violée puis assassinée.

  Sous la houlette de plusieurs associations des droits humains, ce sit-in de protestation contre « l’insécurité généralisée » a enregistré la présence de femmes de la société civile, des étudiantes, et des élèves.

Les manifestants demandaient justice pour les agresseurs et exigeaient des mesures pour protéger les femmes.   Ces derniers  arboraient des banderoles et de pancartes sur lesquelles sont inscrits différents slogans dénonçant le viol suivi du meurtre de la fillette « elle avait juste 6 ans et pourtant on l’a violée et tuée en république Islamique de Mauritanie nous disons stop » martèlent t-ils.

La manifestation a suscité une importante vague d’émotion  qui s’est rapidement muée en indignation.

A tel point que pour une  grande partie des manifestants, « le ou les meurtriers doivent être pendus publiquement ». Lors du sit-in, la maman, et les parents de Kadji Touré  étaient présents.  Dans la foulée certaines femmes leader de la société civile ont été reçues par le wali de Nouakchott,  accompagné de trois colonels de l’armée et de deux conseillers du président de la république.

Selon une dernière information, le président de la république aurait ordonné au procureur de la république de recevoir  la famille de la petite fille tuée, cet après midi à 15 h au palais de justice de Nouakchott. Toujours selon notre source  Le chef de l’état a également donné l’ordre à ce que tous les dossiers  en instance concernant le viol soient remis sur table.

Djigo Souleymane

 

Source: cridem

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Conférence de presse de l’UFP: “Nous ne participerons pas a des élections unilatérales et mal préparées”

altLe parti de l’Union des Forces du Progrès a organisé le dimanche 13 octobre 2013 aux environs de 12 heures trente une conférence de presse dans son siège central de Nouakchott. Comme pour démontrer toute l’unité du parti par rapport à la décision du boycott que le bureau exécutif de l’UFP vient de prendre, le Président Mohamed Ould Maouloud était entouré des députés Moustapha Ould Bedredine et Kadiata Malik Diallo, respectivement secrétaire général du parti et membre du bureau exécutif et de l’ancien ministre Mohamed Ould Khlil entre autre hauts responsables de la formation. Dans son intervention, le Président Ould Maouloud a confirmé la décision de son parti de ne pas participer à des élections jugées unilatérales et très mal  préparées malgré un retard de plus de deux ans. Mais, a expliqué Ould Maouloud : « Notre décision de ne pas participer découle essentiellement de notre détermination à continuer à combattre le despotisme qui prévaut au pays depuis cinq ans. Mais aussi parce que nous nous insurgeons contre cette volonté manifeste d’exclure délibérément des Mauritaniens de ces élections à travers le refus d’enrôler plus d’un million de citoyens qui représentent un quart de la population. A titre d’exemple, pour les 30.000 Mauritaniens résidents en France seul un bureau de recensement a été ouvert. C’est pourquoi, seuls deux mille se sont enrôlés. Cela sans compter les autres Mauritaniens installés dans d’autres pays ». Selon Mohamed Ould Maouloud, la décision de boycott a été prise après un débat difficile, mais responsable entre les instances du parti. L’heure était grave puisque la décision de boycott constituait de gros sacrifices. Pour Ould Maouloud, l’UFP est l’un des rares partis voire le seul parti qui peut se prévaloir de six communes à l’intérieur du pays dont une commune régionale (Tidjikdja) qu’il dirige avec un autre parti, deux commune départementales (Boghé et Barkéol) et trois communes rurales (Moyt, Boulli et Tikobra). Selon Ould Maouloud : « Beaucoup d’autres opportunités d’en reconquérir d’autres se présentent encore à nous mais néanmoins nous avons décidé de boycotter après que nous ayons accepté d’aller au dialogue avec le pouvoir qui a démontré à travers ses agissements que ce n’était qu’une mise en scène. Nos députés sortants se sont aussi sacrifiés en acceptant de ne pas se présenter. Certainement qu’un parlement sans Kadiata Malik Diallo et sans Moustapha Ould Bedredine dont les brillantes prestations  ont régalé les téléspectateurs de la télévision nationale ne vaudra plus grand-chose. L’audimat de la TVM s’en ressentira fortement». Enfin, le Président Ould Maouloud a remercié les masses populaires de son parti d’avoir  respecté une décision aussi difficile que de boycotter des élections qui pouvaient leur offrir de très grandes opportunités d’occuper plusieurs conseils municipaux et de faire élire un bon groupe de députés.

 

Source: Le calame.

    

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LES FLAM posent le debat autour de l’Autonomie

alt« Si nous devons, ensemble, regarder vers l’avenir, il nous faut d’abord nous résoudre à nous  regarder en  face, faire le bilan   de ces cinquante (50) dernières années, courageusement  en  dresser  le constat d’échec, mettre  en exergue les erreurs commises tout le long du parcours afin d’opérer  les  redressements  indispensables pour  avancer, résolument,  vers un meilleur devenir en commun. » Samba THIAM, President des FLAM
Après donc cinquante ans d’indépendance, la Mauritanie n’a toujours pas réussi à adopter un système politique à même d’assurer la coexistence pacifique entre ses différentes communautés nationales. Le premier President,feu Mr Moctar ould DADDAH pour contrer les visees marocaines,avait plaide pour un etat unitaire fort – trait- d’union- entre l’Afrique Noire et Le Maghreb Arabe et cela malgre les differences deja perceptibles entre les congressistes. La forme d’Etat-nation implique que la majeure partie de la population relève d’une seule et même nation. (Yves Lacoste, sous le dictionnaire de la géopolitique, Paris Flammarion 1996, p 589) or l’acceptation de la structure unitaire de l’Etat fondée sur la souveraineté absolue de la nation représentant la communauté majoritaire n’a pas pu assurer une coexistence pacifique en Mauritanie. De plus, ce type d´Etat ne peut pas être considéré démocratique dans la mesure où il ne satisfait pas deux conditions essentielles de la démocratie: la participation des minorités au pouvoir politique et la limitation de l’arbitraire du pouvoir.
Ayant tres tot compris les difficulties de cohabitation et Bien avant les indépendances, la communauté négro-africaine de Mauritanie avait défini plusieurs options pour preserver la cohesion sociale entre les differentes communautes: de la séparation pure et simple, du rattachement au Sénégal, la fédération, la bipolarité de l’exécutif (Lettre de Amadou Malick GAYE- publiée sur Flamnet) et des appels repetitifs des FLAM à une table-ronde sur la cohabitation… tout ou presque a été proposé mais en face les autorites ont toujours oppose la repression et/ou la fuite en- avant. Le premier régime civil s’attelait avec force à combler le déficit démographique maure en faisant appel,des 1958 aux Rgueibatt (4000 avaient repondu favorablement) et  en annexant le SAHARA OCCIDENTAL;mais aussi il adopta l’arabisation a l’outrance du système educatif ; Et pour les mêmes raisons d’équilibre démographiques et d’arabite, le système de Ould Taya tua et déportat les négro-mauritaniens.
 
En Mauritanie, le racisme d’État et l’esclavage ont fortement freiné la construction de l’Etat- nation unitaire, qui n’a d’ailleurs pas pu satisfaire les aspirations des communautés minoritaires. Aussi la mise en oeuvre de différentes formes d’autonomie pourrait- elle être une solution viable pour la Mauritanie.
Il existe plusieurs types d’autonomie qui souvent se recouvrent. Et que l’on peut distinguer sous deux formes:
– Autonomie à base territoriale : Dans ce groupe, on peut inclure l’autonomie régionale, l’autonomie territoriale à statut spécial et l’autonomie locale.
– Autonomie à  base personnelle
Dans ce groupe on peut classer les autres formes d’autonomie: culturelle, économique, et administrative. Cependant, une superposition existe presque toujours entre les différentes solutions; ces trois derniers types peuvent faire partie à la fois de l’autonomie territoriale et personnelle. La meilleure démarche est la combinaison qui peut correspondre aux caractéristiques  socio- culturelles,  économiques et géographiques de la région.
 
Le concept d’autonomie
L’autonomie renvoie avant tout à un transfert de compétence et non à une simple délégation des pouvoirs; plus qu’un statut politique, l’autonomie est un aspect qui permet d’attribuer sur la base d’une négociation avec l’Etat et dont la finalité est de préserver, protéger et promouvoir la différence. Puisqu’ il n’existe pas un modèle d’autonomie capable d’apporter des solutions uniformes applicables partout, nos acteurs politiques doivent tenir compte des spécifiques historiques, géographiques, culturelles et économiques pour développer un plan d’autonomie. Ce projet doit être achevé graduellement en respectant les équilibres de notre société. Un programme trop radical visant à atteindre une solution immédiate pour les problèmes de minorités, qui n’ont pas été résolus durant des décennies ( sans parler de la mémoire historique conflictuelle) ne peut qu’aggraver la situation déjà très précaire de la Mauritanie. Un projet d’autonomie doit pouvoir compter sur l’appui de la société civile et ne doit pas être exclusivement fondé sur l’appartenance ethno- culturelle. Comme l’affirme Micheal Keating, l’un des impératives d’un régime d’autonomie est d’être ouvert aux influences extérieures, particulièrement sur le plan culturel. Micheal KEATING, les défis du nationalisme modern, Québec, Catalogne, Ecosse, les Presses de l’université de Montréal/ Presses Interuniversitaires Européennes, Bruxelles, 1997, p.72.
 
L’autonomie est un partage du pouvoir fondé sur un consensus entre majorité et minorité qui tire son origine du concept de la subsidiarité; c’est –à-dire que dans le cas ou le pouvoir local et régional peut assurer une efficacité de meilleure gestion que celle du pouvoir central,  les décisions doivent y être prises.
Si les minorités représentent dans leur région d’habitat la majorité de la population, cette région devrait obtenir une autonomie territoriale à statut spécial, ce statut devrait inclure:
– Une reconnaissance juridique du statut linguistique de la région
– Un système d’enseignement tenant compte des valeurs et besoins d’un tel groupe.
– Un organe législatif
 
– Une structure administrative, y compris une unité de police régionale
– Un système judiciaire qui soit responsable des affaires du territoire en question et qui reflète la composition de la population de ce territoire
– Des mesures pour une surveillance internationale appropriée
– Une autonomie fiscale.
– Une définition du statut d’autonomie par la constitution.
– Un système de discrimination positive en faveur des personnes qui appartiennent à un autre groupe ethnique que celui de la majorité dans la région.
 
Il est nécessaire à une région de disposer d’institutions autonomes qui lui permettent de créer un lieu de débat et de décision, d’élaborer des politiques, de conférer légitimité aux décisions et défendre l’intérêt de la collectivité au niveau de l’Etat et au plan international.
Les groups et les personnes appartenant à une communauté minoritaire devront avoir le droit de disposer des pouvoirs législatifs et exécutifs autonomes pour gérer leur propres affaires. Ceci afin de permettre aux communautés minoritaires de pleinement participer à la vie publique grâce à la garantie d’une représentation des institutions politiques.. par pouvoirs législatifs et exécutifs, nous définissions la capacité politique de la gestion de toutes les affaires touchant aux intérêt d’une communauté ethno- culturelle dans la préservation de leur identité culturelle et nationale, et dans son développement socio-économique, au niveau législatif, gouvernemental, administratif et jurisprudentiel. Le droit à l’autonomie est lié aux droits collectifs. A notre avis, la reconnaissance juridique d’une communauté comme sujet de droit est souhaitable pour la création d’un cadre juridique et institutionnel garantissant les étapes suivantes de l’autonomie
 
1- Choix libre d’identité
 
2- Libre expression d’appartenance à une communauté ethno- culturelle
 
3- Auto-organisation c´est à dire la possibilité de choisir librement la forme d’autonomie tout en considération les intérêts de la majorité constituante de l’Etat
 
4- Auto- gestion et auto-administration. La constitution de l’Etat doit garantir les droits collectifs par une clause spéciale qui lie le droit à l’autonomie à l’intégrité territoriale de l’Etat. La reconnaissance de l’autonomie implique la loyauté envers l’Etat et le respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.
 
Les droits culturels des minorités doivent être respectés. L’Etat mauritanien doit permettre aux minorités  de conserver et de développer leur identité culturelle et de créer et gérer leurs propres établissements privés d’enseignement et de formation. Il doit aussi garantir le libre fonctionnement des médias dans les langues minoritaires et la circulation sans entrave des informations. Une allocution du budget de l’Etat devrait être accordée aux minorités dans le but de préserver leur identité culturelle.
 
“La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité” (Albert Camus)
 
Quelle soit la solution adoptée, quelle que soit sa finalité, il apparait vital, surtout dans les situations de crise, de prendre en compte les revendications des minorités et de ne pas les laisser insatisfaites, bref d’entamer des négociations. Ainsi, les risques inhérents à l’ignorance des revendications des minorités dans certains cas peuvent dépasser ceux liés à la possibilité que la mise en place de structures autonomes s’accompagne de frictions ou d’incompatibilités avec les droits de l’homme’’.
 
En élaborant des formes d’autonomie adaptées, il serait possible de prévenir les conflits ethniques qui menacent la sécurité de la Mauritanie.
 
La lutte continue !
 
Amadou Mody THIAM- Cincinnati- Ohio-USA
 
FLAM – Amérique du Nord
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Rencontre entre le raïs et le leader de l’APP : Messaoud Ould Boukheïr ne désespère pas de voir la date des élections reculées

altLe leader de l’Alliance Populaire Progressiste (APP), Messaoud Ould Boulkheïr, n’est pas au bout de ses peines. Reçu au palais de la république mardi passé par le président de la république, Mohamed Ould Abdel Aziz, il serait revenu à la charge pour plaider le report à une date ultérieure, des élections municipales et législatives du 23 novembre prochain.
Mais il semble que le raïs n’a pas donné de réponse claire à son interlocuteur. Quoi qu’il puisse en être, cette entrevue entre les deux hommes est intervenue après la suspension du dialogue politique entre le pouvoir et la Coordination de l’opposition démocratique (COD), un collectif de onze partis de l’opposition radicale.
Les deux parties ne se sont pas entendues sur le délai de report des élections législatives et municipales prévues le 23 novembre et le 7 décembre 2013.
Raison de la mésentente, la majorité suggère un nouveau report des élections de 15 jours, alors que la COD « exige la suspension de l’agenda unilatéral du pouvoir pour arriver à un accord politique de nature à créer les conditions d’un climat apaisé et favorable à l’organisation d’élections démocratiques, libres et transparentes », d’après Mohamed Ould Maouloud qui conduisait la délégation de la Cod à ces négociation. Justement pour elle, le report doit être la conséquence d’un accord politique en vue « de parachever le recensement électoral et d’auditer le fichier électoral ».
Cette rencontre intervient également après que l’APP ait rendu publique une déclaration virulente à l’endroit de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), accusée de tous les péchés par le parti de Messaoud Ould Boulkheïr. Au point qu’elle affirme urbi orbi, qu’elle rompt tout contact avec la Céni. Excès de colère ou un simple rhum passager de l’APP ? Difficile de savoir jusqu’où va aller l’APP dans ses diatribes contre le pouvoir.
En tout cas rien ne va en ce moment entre la Coalition pour une Alternance Pacifique et le pouvoir. D’abord entre Messaoud Ould Boulkheïr, membre de la CAP et le président de la Céni Abdellahi Ould Soueïd Ahmed,  à propos du report des élections, mais aussi, Wiam de Boïdiel Ould Hoummeïd qui dénonce des pressions du pouvoir contre certains candidats de leur parti, pour en démissionner comme ce qui s’est passé à Mederdra et qui impliquerait le ministre des affaires économiques et du développement, Sidi Ould Tah.
Voilà ce qu’on appelle l’arroseur arrosé. Hier ils étaient des militants de première heure du PRDS reconvertis en PRDR avant de s’éparpiller à quatre vents pour embrasser des partis politiques du pouvoir ou proches de lui,  sous le label d’une « opposition modérée » pour reprocher au pouvoir actuel ses manquements. On se croirait dans un autre monde ! 
Pour l’heure, cela conteste de partout et même dans l’opposition radicale. La palme est détenue par l’UPR qui voit que le choix des candidats est contesté par la base dans la plupart des cas. L’« opposition modérée » qu’incarne le leader de wiam » ne manque pas de récriminations à l’endroit des ministres du gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Beaucoup trop de mécontents qui justifie la plaidoirie de Messaoud Ould Boulkheïr pour un report de ces élections qui n’auront aucune légitimité.
La sagesse voudrait que le président de la république entende raison plutôt que la fuite en avant comme semble lui conseiller de gros intérêts tribaux, claniques, familiaux et d’affaires.

Moussa Diop

Source:Cridem



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