Le dialogue national et/ou un contrat social authentique entre les Mauritaniens
Depuis quelques mois, le gouvernement mauritanien travaille à la participation des différents acteurs politiques au dialogue national qu’il a initié. A l’absence de toute surprise, l’opposition se trouve divisée, ayant du mal à se déterminer, d’un commun accord, sur la nécessité de sa participation ou non. Curieusement, l’essentiel des partis d’opposition se déclarent partisans du principe au dialogue, mais ils semblent, comme toujours, être mal préparés à chaque fois que l’occasion se présente. Ainsi, cette opposition a tendance à se focaliser, le plus souvent, plus sur des discussions stériles centrées sur des éléments superficiels de la politique au détriment de la substance et du contenu des projets politiques en vue du règlement progressif de l’ensemble des problèmes de la société mauritanienne.
En effet, pour justifier leur refus de participer, certains chefs de partis reprochent au pouvoir d’avoir un agenda politique qu’il voudrait faire passer pendant ces assises. Honnêtement, quel homme ou quel parti politique qui n’aurait pas un agenda dans les circonstances pareilles ! Incontestablement, devant deux antagonistes, ce que l’un considère comme agenda pourrait être légitimement pris par son adversaire comme un projet ou un programme politique. Alors, il serait démagogique ou de la naïveté de croire que l’opposition elle-même n’aurait pas d’agenda en refusant ou acceptant de répondre à cette invitation du pouvoir.
Evidemment, après l’expérience subi par l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz avec la justice mauritanienne pour le détournement des fonds publics, on peut aisément imaginer que l’actuel président qui est en fin de mandat s’inquièterait pour lui-même et son entourage après leur départ du pouvoir. Alors, il serait logique qu’il veuille trouver de solutions (pour lui-même et ses alliés) afin de s’assurer qu’ils ne seraient pas inquiétés après leur départ. D’autres dans l’entourage du pouvoir seraient obsédés par l’accusation permanente qui leur colle à la peau d’être des criminels en tant que responsables des tortures ou d’assassinats de citoyens noirs pendant les années de braises, qu’ils voudraient solutionner une fois pour toutes.
Mais il est aussi raisonnable de penser qu’une certaine opposition, par exemple les Forces Progressistes du Changement (FPC), voudrait la résolution de ce qu’elle considère comme des inégalités ou de la discrimination dont les noirs sont victimes de la part de l’Etat mauritanien. Cette partie de l’opposition serait intéressée par la résolution des problèmes des langues, de l’état civil, des terres, du problème du passif humanitaire, de la reconnaissance de leur parti entre autres.
Naturellement, un dialogue n’est rien d’autre que de la négociation entre les concernés. Pour qu’elle réussisse il faudra que les parties prenantes soient disposés, au moins, à accepter certaines requêtes du camp adverse. Il est admissible que l’opposition réclame certaines garanties au pouvoir pour le bon déroulement du dialogue. Mais ces exigences ne devraient pas servir de prétexte pour justifier une position de principe déjà convenue d’avance.
En réalité, aucune garantie de la part des autorités ou de l’opposition ne serait viable si elle ne se limitait qu’aux accords entre le pouvoir et les différents états-majors des partis politiques. Dans la situation politique actuelle en Mauritanie, le dialogue national devrait prendre une forme d’un contrat social authentique entre les différentes composantes de la société mauritanienne. Le congrès d’Aleg était un échec, alors il est temps que nos politiciens s’intéressent au bien-être du peuple mauritanien de manière générale. Pour ce faire, les autorités mauritaniennes et l’opposition devraient imaginer et trouver des moyens d’impliquer le peuple mauritanien dans son ensemble dans le but de maximiser l’impact positif qui résulterait de ce futur dialogue. Nous pensons que le pouvoir doit faire certaines concessions préalables pour rassurer de sa disponibilité et de sa sincérité dans son appel au dialogue.
Avant toute chose le pouvoir doit s’atteler à l’apaisement du climat social en procédant à la libération de tous les détenus politiques. Mais aussi en libérant l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz, après assuré que les biens manifestement mal-acquis ont été récupérés. Le gouvernement et l’opposition participante au dialogue devraient tomber d’accord sur un calendrier dans un délai raisonnable. Ce calendrier devrait prendre en compte un temps nécessaire d’information, d’écoute et d’échanges entre les leaders politiques de tous les bords et la population mauritanienne. L’opposition devrait envisager de sillonner toutes les régions mauritaniennes sans exception. Alors, la date de la tenue de ce dialogue dépendrait du temps nécessaire à cette campagne. Bien-entendu, il serait très important que le gouvernement accepte de faciliter la tâche des partis d’opposition participants du point de vue administratif, sécuritaire et financier.
Par ailleurs, la diaspora mauritanienne ne devrait pas rester les bras croisés. Même si dans son écrasante majorité les membres de cette diaspora n’attendent rien individuellement de l’Etat mauritanien. Cependant, il est un devoir patriotique de chaque mauritanien où il se trouve d’aider le peuple mauritanien à se retrouver. Dans l’objectif d’établir une future nation démocratique mauritanienne, la diaspora devra contribuer intellectuellement et économiquement pour la réussite de ce dialogue.
Les conclusions codifiées dans un rapport final devront être soumises au peuple pour referendum. Une fois approuvé, ce texte peut prendre l’effet d’une nouvelle constitution de notre pays.
HAMMEL BARRY
LES FORCES PROGRESSISTES DU CHANGEMENT (FPC)
USA.





