Quand le régime se plaint de Samba Thiam… au Sénégal !
Avec le système raciste, on atteint le summum de la bêtise : voilà qu’on va jusqu’à se plaindre auprès des autorités sénégalaises contre Samba Thiam, un citoyen mauritanien… qui vit en Mauritanie. Cette démarche, aussi absurde qu’inquiétante, révèle l’affolement grandissant d’un pouvoir aux abois, incapable de contenir les voix dissidentes, encore moins de répondre aux exigences de justice, d’égalité et de vérité.
Samba Thiam, militant historique des droits humains, voix respectable d’une opposition pacifique et intellectuelle, est devenu l’une des cibles préférées d’un régime qui redoute plus que tout la pensée libre, surtout quand elle émane d’un cadre noir-mauritanien. Le fait d’aller solliciter une médiation ou une mise sous pression des autorités sénégalaises, dans un dossier qui relève exclusivement de la souveraineté mauritanienne, traduit une double dérive : l’internationalisation abusive d’un contentieux interne et l’infantilisation des institutions mauritaniennes, qui se montrent incapables d’assumer un dialogue interne dans la dignité.
Cette manœuvre est d’autant plus grotesque que Samba Thiam ne vit ni en exil ni dans la clandestinité. Il s’exprime publiquement, circule librement, milite dans le cadre d’un parti légal — même s’il n’est pas reconnu par le régime, ce qui est en soi un scandale. Cela en dit long sur le niveau de panique qui règne au sommet de l’État, où toute parole non alignée est perçue comme une menace existentielle.
Mais ce recours à l’ingérence étrangère dans la gestion des voix contestataires n’est pas nouveau. Il illustre une stratégie bien connue des régimes autoritaires : délégitimer l’opposition en la présentant comme étrangère, manipulée ou déloyale, tout en cherchant à l’isoler diplomatiquement. Or, cette stratégie s’effrite, car l’opinion publique — en Mauritanie comme ailleurs — commence à voir clair dans ce jeu de diversion.
Le vrai problème n’est pas Samba Thiam. Le vrai problème, c’est ce pouvoir incapable de se réformer, de dialoguer sincèrement, de reconnaître les crimes du passé, de respecter les langues nationales et de garantir l’inclusion de toutes les composantes du pays. C’est ce système, profondément raciste et excluant, qui préfère s’acharner sur les symboles de la résistance pacifique plutôt que d’affronter les vérités qu’ils portent.
Quand un régime se met à redouter les mots plus que les armes, les idées plus que les intrigues, c’est qu’il touche les limites de sa propre légitimité.
Samba Thiam n’est pas un danger pour la Mauritanie. Il est au contraire un repère pour tous ceux qui croient en une nation juste, plurielle et réconciliée. C’est ce rêve-là que le système veut étouffer. Mais il est déjà trop tard…..Wetov
SY Mamadou
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