Rencontre entre le raïs et le leader de l’APP : Messaoud Ould Boukheïr ne désespère pas de voir la date des élections reculées
Le leader de l’Alliance Populaire Progressiste (APP), Messaoud Ould Boulkheïr, n’est pas au bout de ses peines. Reçu au palais de la république mardi passé par le président de la république, Mohamed Ould Abdel Aziz, il serait revenu à la charge pour plaider le report à une date ultérieure, des élections municipales et législatives du 23 novembre prochain.
Mais il semble que le raïs n’a pas donné de réponse claire à son interlocuteur. Quoi qu’il puisse en être, cette entrevue entre les deux hommes est intervenue après la suspension du dialogue politique entre le pouvoir et la Coordination de l’opposition démocratique (COD), un collectif de onze partis de l’opposition radicale.
Les deux parties ne se sont pas entendues sur le délai de report des élections législatives et municipales prévues le 23 novembre et le 7 décembre 2013.
Raison de la mésentente, la majorité suggère un nouveau report des élections de 15 jours, alors que la COD « exige la suspension de l’agenda unilatéral du pouvoir pour arriver à un accord politique de nature à créer les conditions d’un climat apaisé et favorable à l’organisation d’élections démocratiques, libres et transparentes », d’après Mohamed Ould Maouloud qui conduisait la délégation de la Cod à ces négociation. Justement pour elle, le report doit être la conséquence d’un accord politique en vue « de parachever le recensement électoral et d’auditer le fichier électoral ».
Cette rencontre intervient également après que l’APP ait rendu publique une déclaration virulente à l’endroit de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), accusée de tous les péchés par le parti de Messaoud Ould Boulkheïr. Au point qu’elle affirme urbi orbi, qu’elle rompt tout contact avec la Céni. Excès de colère ou un simple rhum passager de l’APP ? Difficile de savoir jusqu’où va aller l’APP dans ses diatribes contre le pouvoir.
En tout cas rien ne va en ce moment entre la Coalition pour une Alternance Pacifique et le pouvoir. D’abord entre Messaoud Ould Boulkheïr, membre de la CAP et le président de la Céni Abdellahi Ould Soueïd Ahmed, à propos du report des élections, mais aussi, Wiam de Boïdiel Ould Hoummeïd qui dénonce des pressions du pouvoir contre certains candidats de leur parti, pour en démissionner comme ce qui s’est passé à Mederdra et qui impliquerait le ministre des affaires économiques et du développement, Sidi Ould Tah.
Voilà ce qu’on appelle l’arroseur arrosé. Hier ils étaient des militants de première heure du PRDS reconvertis en PRDR avant de s’éparpiller à quatre vents pour embrasser des partis politiques du pouvoir ou proches de lui, sous le label d’une « opposition modérée » pour reprocher au pouvoir actuel ses manquements. On se croirait dans un autre monde !
Pour l’heure, cela conteste de partout et même dans l’opposition radicale. La palme est détenue par l’UPR qui voit que le choix des candidats est contesté par la base dans la plupart des cas. L’« opposition modérée » qu’incarne le leader de wiam » ne manque pas de récriminations à l’endroit des ministres du gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Beaucoup trop de mécontents qui justifie la plaidoirie de Messaoud Ould Boulkheïr pour un report de ces élections qui n’auront aucune légitimité.
La sagesse voudrait que le président de la république entende raison plutôt que la fuite en avant comme semble lui conseiller de gros intérêts tribaux, claniques, familiaux et d’affaires.
Moussa Diop
Source:Cridem




