Loupe du Jour :Changement dans la continuité
Le remaniement ministériel qui vient de toucher une partie du gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf n’a pas dérogé à la règle du changement dans la continuité érigée en mode de gestion des hommes qui se fait selon la volonté du président qui nomme au gré de ses choix ceux qu’il veut récompenser et remercier les ministres devenus disons-le indésirables.A la veille des élections prochaines , ce changement pourrait s’inscrire dans une certaine logique de recentrage politique de l’équipe du Premier Ministre autour du programme gouvernemental en s’entourant de technocrates tout en envoyant les politiques en campagne.
La nouvelle configuration marquée notamment par le départ de quelques têtes et l’entrée de nouvelles figures inattendues (jusque –là) au sein du dispositif qui accompagnera le chef du gouvernement en vue du parachèvement des chantiers « Azizien ».
C’est en tout cas ce qui semble se profiler derrière ce chambardement qui a touché des départements stratégiques qui ont été épargnés pendant longtemps.
La suppression du super ministère d’Etat de l’éducation qui marque le retour à la séparation des ordres de l’enseignement est une mesure importante qui viserait à limiter les lourdeurs techniques et financières qui ont empêché la machine de fonctionner à plein régime.
Il faut non pas seulement se contenter de s’arrêter là mais d’aller plus lointain en créant un haut conseil à l’éducation dirigée par des experts de l’enseignement qui sera une instance chargée des reformes et du suivi des programme jouissant des pouvoirs décisionnaires à même de lui assurer son autonomie.
Le départ du ministre de l’intérieur et de la décentralisation appelé à faire valoir ses droits à la retraite serait aussi lié à des impératifs de campagne politique.
L’arrivée du Wali de Trarza changerait-il quelque chose dans ce département stratégique qui a besoin d’un grand calibre pour une bonne efficience dans la gestion technique et administrative des prochaines élections. Le Ministère de l’intérieur a pu ces dernières années « soigner » sa machine à fraude avec l’existence d’une Ceni plus ou moins indépendante mais encore aux ordres.
Il est vrai que tout n’est pas revenu au bon style administratif dans cette ancienne ruche des nationalistes mais quelques améliorations ont eu lieu avec le séjour de Boilil dont la personnalité a pesé quelque chose au plan de l’efficacité dans le travail.
Le département de l’hydraulique a brillé pendant des années par une absence de stratégie dans la gestion technique d’un secteur qui fonctionnait à vau-l’eau. Les dernières inondations qui ont frappé la ville de Nouakchott ont été la goutte qui fait déborder le vase qui emportera le ministre dans le déluge urbain de la capitale.
En procédant ainsi à un ce vaste mouvement le Président Mohamed Ould Abdel Aziz a-t-il voulu donner un coup de pied dans la fourmilière en envoyant un signal fort au reste de l’équipe dans sa volonté de renvoyer tous ceux qui traînent des pieds. Mais il y a à faire plus pour provoquer un vrai changement. A un an de la fin du quinquennat « Azizien » beaucoup reste à faire…
Cheikh Tidiane Dia
Source: Le renovateur




