Loupe du ‘Le Rénovateur’ : De l’élégance en faut-il à nos politiciens ?
C’est la même rengaine dans le paysage politique mauritanien. Nous sommes à la veille de l’organisation des élections législatives et municipale.
Le fossé ne cesse de se creuser entre les uns et les autres. A quoi sert la politique si elle n’est pas en mesure de résoudre les problèmes qui se posent à la cité, si elle entretient plus l’ambigüité dans la recherche de solutions et si elle devient au demeurant l’arme de propagande aux antipodes du progrès et de la paix sociale.
La politique est censée jouer un rôle crucial dans des moments difficiles de blocages survenus dans la vie d’une nation. En Mauritanie nos acteurs de tous bords ont besoin de repenser leurs rapports avec la politique pour retrouver le chemin de la clairvoyance et de la sagesse indispensable pour le dépassement des crises structurelles qui entravent la scène nationale depuis des années.
Ils ont les dispositions nécessaires pour le faire mais la volonté ne suit pas encore. Nous avons plus que jamais besoin aujourd’hui de sortir de ce cercle vicieux, cet imbroglio qui n’a que trop duré de cette impasse insoutenable qui nous fait penser à un impossible point de convergence entre ceux qui décident du destin d’un pays qui a souffert de contradictions entre ses hommes et notamment entre ses leaders qui se regardent en chiens de faïence prêts à tout sauf à sauver le pays de dérives causées par les querelles sempiternelles sur fonds de contrôle du pouvoir et de haine pour l’autre tant qu’il a les moyens de faire du mal .
Pourquoi continuer à engager un bras de fer et à tenir un discours d’acier à l’horizon d’un mandat présidentiel qui s’achève comme il avait commencé : dans l’absence de compréhension , de cordialité , de courtoisie entre un président qui fulmine à la moindre critique et une classe politique prompte à monter au créneau quand elle n’est pas écoutée.
Aux uns et aux autres, il faut rappeler que la politique doit élever contre les faux préjugés et minimiser les défauts qui s’apparentent à un mépris pour l’autre. Le président Mohamed Ould Abdel Aziz doit formater son tempérament d’homme de caserne pour y mettre de l’ordre, de la souplesse et de l’élégance politique pour avoir les idées en place et la réflexion en phase avec les exigences d’une démocratie décomplexée.
La force d’un homme n’est pas dans le refus de faire des concessions ou de prendre à la légère ce que lui demandent ses adversaires même les plus redoutables.
Bien au contraire c’est dans l’acceptation de ce qui pourrait s’apparenter à un sacrifice exagéré qu’un dirigeant accède au rang d’un maestro qui va inspirer des générations notamment celles qui sont en mal de repères et de modèles capables de leur ouvrir des perspectives clémentes.
Plusieurs régimes sont passés par là. Le destin de la Mauritanie est entre les mains de ses dirigeants qui passent et laissent de tristes souvenirs de leurs règnes.
La démocratie n’y a rien changé. Nos hommes politiques portent sur les épaules la lourde responsabilité devant l’histoire pour les erreurs commises il n’est pas tard de se rectifier et de se consacrer à l’essentiel. Ce sera le meilleur service à rendre à la Mauritanie.
Cheikh Tidiane Dia
Source: Le renovateur




