Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 13/04/2026

DECLARATION

Déclaration 

Depuis plusieurs mois des  militants de l’organisation anti-esclavagiste –IRA sont victimes de brimades,  d’empri sonnement ,d’arrestations répétées, placés sous contrôles judiciaires vexatoires, sans raisons objectives valables.

Ce fut  d’abord des lanceurs et lanceuses d’alerte qui avaient été pris pour cibles. Récemment c’est au tour de MARIEM CHEIKH et GHAMOU  ACHOUR – députés de leur Etat, en exercice -, qui tombent sous le coup de cette loi scélérate sur les symboles.

D’un côté on arrête avec célérité  en application d’une loi ,de l’autre, on fait  délibérement fi d’une autre loi qui,  pourtant, exige la levée de l’immunité parlementaire pour le faire . Double standard !

Deux députés sont jetées en prison comme de vulgaires individus,en violation flagrante des règles et procédures en vigueur dans l’hémicyle  et dans le mépris  total du principe de séparation des pouvoirs.

Des sources dignes de foi indiquent que ces deux députés auraient surtout dénoncé le ‘’ deux poids deux mesures ‘’  dans le traitement réservé en général aux détenus par la police et la justice suivant la couleur; une autre lanceuse d’alerte avait été arrêtée pour des motifs similaires ,mais s’est vue bien traitée et vite relâchée, pour appartenir  à cette race des élus – citoyens à part entière- Voilà le ‘’ deux poids deux mesures ‘’ , assez courant , qui a porté la colère et l’indignation des deux députés à leur  comble .

Toutefois, la Coalition rappelle que même dans la plus vive  dénonciation de l’adversaire, l’on ne saurait se départir de l’éthique et de la morale insufflées par nos valeurs africaines ancestrales .Dénoncer n’est pas insulter…

Cette opération qui a foulé aux pieds l’immunité des deux parlementaires et violé le principe de séparation des pouvoirs, encore une fois, constitue une dérive inquiétante et un nouvel épisode dans le baillonnement des libertés fondamentales garanties par notre constitution. Elle demeure  un précédent dangereux pour tout député de l’Opposition car  la loi est devenue manifestement un jouet aux mains du ministre de l’intérieur et de la justice inféodée.

La Coalition anti-système met en garde le pouvoir contre ce genre de pratiques irresponsables qui sont de nature à polluer le climat social et à attiser des tensions de toutes sortes qui ne servent pas la paix sociale. 

La Coalition anti-système  souligne que le régime en proie aux difficultés de toutes sortes , cherche en réalité ,pour masquer son échec, à  détourner l’opinion des véritables problèmes de l’heure que sont la flambée des prix et la mauvaise gouvernance, aux conséquences désastreuses sur  les populations en situation de survie.

La Coalition exprime enfin sa solidarité à tous  les détenus et  exige leur libération immédiate et sans condition.

Nouakchott le 13  avril 2026

La Coalition anti -système

*L’éditorial de La Nouvelle Expression : Samba Thiam : Refuser l’assimilation, et être accusé de racisme*




En Mauritanie, il existe une règle non écrite, mais solidement ancrée : tu peux exister, à condition de te diluer. Tu peux appartenir, à condition de t’effacer. Et surtout, tu peux parler… à condition de ne rien déranger.
 
Samba Thiam a choisi l’inverse. Et il en paie le prix.
 
Depuis les années de braises — celles des fractures, des expulsions, des silences organisés — jusqu’aux arènes contemporaines du dialogue politique, il n’a pas changé de cap. Membre-fondateur des FLAM, il a porté une parole constante, y compris pendant plus de trente ans d’exil. Trente ans sans reniement. Trente ans sans ajustement opportuniste. Trente ans sans ce réflexe si répandu qui consiste à édulcorer ses convictions pour rester audible.
 
Et c’est peut-être cela, au fond, qui dérange le plus.
 
Car dans un environnement politique souvent marqué par les repositionnements, les silences tactiques et les revirements discrets, Samba Thiam apparaît comme une anomalie : il est resté le même.
Même discours.
Même ligne.
Même exigence.
 
Lorsqu’il revient au pays sous Mohamed Ould Abdelaziz, certains espéraient une inflexion, une adaptation, une forme d’alignement. Mais non. Il revient avec ce qu’il n’a jamais quitté : une parole droite, sans détour, sans compromis sur l’essentiel.
 
Il dit : Je suis noir, je suis Mauritanien.
Et derrière cette affirmation, il y a plus qu’une identité — il y a un refus : celui de se conformer à un modèle unique imposé comme norme nationale.
 
C’est ici que le débat bascule.
Car ce refus de l’assimilation est immédiatement requalifié.
Non pas comme une revendication légitime, mais comme une menace.
Non pas comme une exigence d’égalité, mais comme une forme de radicalité.
Et le mot tombe, commode, disqualifiant : raciste.
 
Mais de quel racisme parle-t-on ?
Celui de l’homme qui demande à être reconnu tel qu’il est ?
Ou celui, plus insidieux, qui exige que certains cessent d’être eux-mêmes pour être acceptés ?
 
Samba Thiam ne varie pas, et c’est précisément cette invariance qui dérange.
Parce qu’elle empêche la récupération.
Parce qu’elle déjoue les stratégies d’usure.
Parce qu’elle expose, dans sa nudité, le décalage entre les discours officiels et les réalités vécues.
 
Traqué, caricaturé, diabolisé — oui. Mais jamais dévié.
Là où d’autres ajustent, il maintient.
Là où d’autres négocient, il affirme.
Là où d’autres s’effacent, il insiste.
 
Dans les dialogues nationaux, il ne vient pas pour accompagner. Il vient pour dire. Et dire, dans ce contexte, est déjà une forme de rupture.
 
Alors non, Samba n’est pas un accident du paysage politique.
Il en est une ligne de fracture.
 
Et s’il dérange autant, ce n’est pas seulement pour ce qu’il dit.
C’est pour ce qu’il incarne : une cohérence que le temps n’a pas entamée, et une constance que les pressions n’ont pas brisée.
 
Dans un pays où l’on pardonne souvent les contradictions mais rarement la fidélité à soi-même, cela suffit à faire de lui une cible.
 
Et pourtant, c’est peut-être précisément de cela que manque le plus le débat national : des hommes qui, malgré tout, restent debout dans ce qu’ils ont toujours été.
 
*Camara Seydi Moussa*