Monthly Archives: April 2026
Le ministre de l’Intérieur serait en train d’intercéder
J’ai lu quelque part que le ministre de l’Intérieur serait en train d’intercéder entre les parties pour tenter de lever le blocage sur le dialogue, et que, pour ce faire, il prenait contact avec certains segments de l’opposition… Si l’information était vérifiée, on ne peut que s’interroger sur une telle démarche…
C’est d’abord la question : « À quel titre s’en donne-t-il la mission ? » qu’il faut bien poser. En effet, il n’est ni le président ou le vice-président de l’INSAF, ni le Premier ministre, ni le Président de la République, ni en atomes crochus avec l’opposition ! Un des maux principaux de cette gouvernance, c’est bien la confusion des pouvoirs…
Mon autre interrogation porte sur cette opposition qui répond à son appel, comme si elle était amnésique… Ce même ministre avait d’abord floué toute l’opposition avec la rencontre au Palais des Congrès, puis une partie de l’opposition autour du Pacte républicain, enfin tous les acteurs politiques lors des législatives dernières, au point de susciter l’ire d’un président de parti, ulcéré d’avoir été mené en bateau ! Et voilà que l’on rempile, comme si nous étions incapables de tirer les leçons de la roublardise du passé !
Le rôle d’un ministre de l’Intérieur, je l’attends ailleurs : dans l’apaisement du climat de répression des manifestants, dans le contrôle des actions policières, dans la lutte contre l’insécurité délétère des quartiers, par la traque des bandes d’assassins.
Je reviendrai demain sur Ould Kamach, le blogueur des USA, s’il était avéré que les vulgaires propos tenus sur l’assassinat de Fatimata Ba récemment, qui lui étaient prêtés, s’avéraient fondés…
Samba Thiam president, des FPC
«Le pari mauritanien de la France»
Le Figaro — Dans un Sahel fracturé par les crises politiques et sécuritaires, la Mauritanie demeure l’un des rares partenaires stables et fiables de la France dans la région, estime l’expert en intelligence économique Pierre d’Herbès.
Pierre d’Herbès, expert en intelligence économique, est professeur associé à l’École de Guerre Économique.
Le 15 avril 2026, Emmanuel Macron a reçu à l’Élysée le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani pour un dîner d’État au protocole particulièrement soigné. Au-delà des honneurs – revue des troupes, entretiens bilatéraux et séquence officielle – cette visite a surtout consacré un constat stratégique : dans un Sahel fracturé par les crises politiques et sécuritaires, la Mauritanie demeure l’un des rares partenaires stables et fiables de la France dans la région.
Alors que le Mali, le Burkina Faso et le Niger se sont éloignés de leurs anciens alliés occidentaux – au risque d’être devenu ultra-dépendants de Moscou -, Nouakchott a maintenu une ligne d’indépendance pragmatique. Le pays partage plus de 2 200 km de frontière avec le Mali, zone parmi les plus instables du continent, et accueille aujourd’hui plus de 300 000 réfugiés sahéliens.
Malgré cette pression, aucune attaque terroriste majeure n’a été enregistrée sur son sol depuis 2011. Ce résultat, rare à l’échelle régionale, explique l’attention renouvelée dont bénéficie la Mauritanie auprès de ses partenaires européens.
Ce succès repose d’abord sur une stratégie originale de lutte contre le djihadisme. Dès la fin des années 2000, les autorités mauritaniennes ont choisi d’investir le champ religieux pour contrer les discours extrémistes. Des programmes de dialogue théologique ont été mis en place dans les prisons et les mosquées, mobilisant des centaines d’imams sous supervision étatique.
L’objectif était clair : délégitimer idéologiquement les groupes armés en cassant leur base doctrinale. Parallèlement, l’État a renforcé son contrôle sur les lieux de culte et investit les réseaux sociaux pour diffuser des contre-discours religieux.
En complément, une refonte profonde de l’appareil sécuritaire a été engagée. Le budget militaire a été multiplié par quatre, permettant la modernisation des équipements et la création d’unités mobiles adaptées au terrain saharien, notamment les Groupements spéciaux d’intervention (GSI).
Ces forces, appuyées par des capacités aériennes et un renseignement tributaire des réseaux locaux, ont adopté une doctrine de défense en profondeur, combinant surveillance des points de passage et raids préventifs au-delà des frontières.
Cette approche proactive est souvent décrite comme une « victoire dans les dunes », selon l’expression du colonel Charles Michel, l’attaché de défense français à Nouakchott. À noter que le président Ghazouani est lui-même l’architecte de cette reprise en main, en tant qu’ancien ministre de la Défense et ancien chef d’état-major.
Le sentiment anti-français, très marqué ces dernières années, semble refluer tendanciellement dans plusieurs pays de la région.
Dans ce contexte, l’armée a opéré une petite révolution de l’appareil militaire français sur le continent. Lancé à l’initiative du président de la République et du chef d’état-major des armées Thierry Burkhard, prolongé aujourd’hui par l’actuel chef d’état-major Fabien Mandon, il a permis de transformer le dispositif historique, structuré autour de bases militaires permanentes devenues de moins en moins acceptées par les opinions publiques locales.
L’armée a ainsi opéré un basculement vers un mode d’action plus souple, fondé sur la mobilité, la discrétion et l’appui ciblé, plutôt que sur la présence visible. Ce dispositif incarne une approche conçue comme plus flexible, privilégiant l’autonomie des partenaires et une empreinte réduite, tout en conservant une capacité d’action rapide sur le continent.
À l’approche du sommet Africa Forward les 11 et 12 mai 2026, cette séquence diplomatique intervient dans un contexte légèrement plus apaisé pour Paris. Le sentiment anti-français, très marqué ces dernières années, semble refluer tendanciellement dans plusieurs pays de la région.
Les campagnes d’influence hostiles, notamment d’origine russe, apparaissent moins structurantes qu’auparavant. Un phénomène qui s’explique, partiellement, en raison de la lassitude des opinions publiques locales, des limites constatées dans les partenariats dits alternatifs; voire l’agressivité de Moscou vis-à-vis des voix africaines critiques de son action : comme on a pu le voir, par exemple, au Nigéria.
Pour autant, les fragilités structurelles du Sahel demeurent entières : pression démographique, vulnérabilités économiques et recompositions politiques continuent d’alimenter l’instabilité. Des enjeux qui exposent directement l’Europe et la France.
Par Pierre d’Herbès
Visite du Président de la République en France
La Mauritanie constitue actuellement ce maillon de l’Afrique de l’Ouest auquel , par désarroi, la France se raccroche comme à une bouée de sauvetage.. .lâchée par les Etats de l’alliance du Sahel, le Sénégal voire le Tchad par tiedissement progressif ,
Ghazouani indique dans son propos que son secret ‘’ de tranquillité dans cet espace agité’’, tient à une approche combinatoire de trois paramètres : La prévision , la présence de l’Etat et le dialogue…
Si, par conciliation, l’on peut lui concéder le 1er et le dernier facteur, le second, c’est-à-dire la présence équilibrée de l’Etat dans toutes les parties du territoire , nous paraît plutôt discutable , difficilement soutenable…
En effet, de l’indépendance à nos jours les régions Sud ,pourtant densément peuplées , n’ont bénéficié d’aucun investissement sérieux , d’aucun projet d’envergure sérieux…pour être « suspectées de séparatisme ou de rébellion en perspective»’, ceci en référence même aux déclarations publiques d’un ancien premier ministre chef de gouvernement … Ainsi, à titre d’illustration , le projet ‘’ Phosphates de Aéré Mbar ‘’ dort toujours dans les tiroirs , malgré trois études techniques toutes concluantes , menées sous différents gouvernements. Il en est de même pour certains projets de barrages d’importance au Guidimakha. C’est encore dans les terroirs Sud que se situe le triangle de pauvreté…
Mauritanie ‘’ stable’’ oui, mais pour combien de temps si le racisme d’Etat s’accentue et se perpétue ? si les discriminations ethniques et communautaires se perpétuent ? Si des faits d’esclavage continuent d’être couverts et que ceux qui les dénoncent sont disqualifiés et jetés en prison sans ménagement ? Si des forces d’inertie s’opposent à toute tentative de changement ou de rupture ?
Investir dans ce volcan endormi ? A moins que la France vienne à aider pour éteindre ces braises sous les cendres…situation dont elle n’est pas exempte de toute responsabilité historique !
SAMBA THIAM
Malgré un démarrage tant attendu : Le dialogue politique dans l’impasse
Le dialogue politique national est entré dans une nouvelle phase de blocage. Il n’est nullement excessif de parler aujourd’hui d’impasse. Malgré les assurances du président de la République et les efforts du coordinateur national du dialogue, Moussa Fall, aucun compromis n’a pu être trouvé. Les deux camps restent figés sur leurs positions.
L’opposition rejette toute ambiguïté dans la feuille de route. Elle refuse notamment que le dialogue ouvre la voie à un débat sur la question du nombre et de la durée des mandats présidentiels, des dispositions qu’elle estime clairement verrouillées par la Constitution en vigueur. Pour elle, il s’agit d’éviter tout piège politique.
En face, la majorité présidentielle s’oppose à toute limitation du champ des discussions. Elle entend profiter de ce dialogue pour aborder l’ensemble des réformes institutionnelles et constitutionnelles. Elle accuse ainsi l’opposition de vouloir censurer certaines thématiques jugées essentielles.
Cette tension est accentuée par une zone grise, née de l’ambiguïté de la réponse récemment apportée par le chef de l’État à Moussa Fall pour tenter de débloquer la réunion préliminaire.
À cela s’ajoutent les prises de position de certains proches du pouvoir, ainsi que les appels de groupes nationalistes hostiles au dialogue. Une posture qui semble en décalage avec celle affichée par le président de la République.
En effet, Mohamed Ould Ghazouani avait pourtant pris l’initiative de convoquer un dialogue national inclusif, « sans tabou », afin de dégager des solutions consensuelles aux grandes questions nationales. Il avait, dans la foulée, assuré les acteurs politiques de sa volonté de mener le processus à son terme et de mettre en œuvre les résolutions qui en découleraient.
Après une année de consultations, un semblant de consensus semblait s’être dessiné autour des thèmes à débattre et la plupart des acteurs politiques avaient salué cette ouverture. Cependant, la posture de la majorité présidentielle, jugée par certains « tiède » depuis le début du processus, suscite aujourd’hui des interrogations.
Sa position sur la question sensible des mandats, pourtant identifiée comme un point de crispation majeur, est perçue par plusieurs observateurs non pas comme une simple demande de clarification, mais comme une forme d’obstruction.
Feuille de route validée et partagée
Moussa Fall a multiplié, pour sa part, les initiatives pour rapprocher les positions ; sans succès. Il est difficile de soupçonner le coordinateur de vouloir saborder un processus qu’il a lui-même patiemment construit pendant plus d’une année, en consultant l’ensemble des acteurs politiques et des personnes-ressources, avant de proposer une feuille de route validée et partagée.
Dès lors, une question s’impose : qu’est-ce qui a changé pour que certains acteurs, notamment au sein de la majorité, semblent aujourd’hui freiner un processus pourtant proche de son aboutissement ? Beaucoup évoquent, en filigrane, les appels à un éventuel troisième mandat et les ambitions présidentielles de certains.
Il convient toutefois de noter que cette ligne dure ne fait pas l’unanimité au sein même de la majorité. Mohamed Jemil Mansour, président du Front pour la citoyenneté et la justice, a ainsi appelé à davantage de souplesse afin de dépasser le blocage et permettre au dialogue d’avancer.
Reste à savoir si le président de la République saura recadrer ses soutiens et réaffirmer son engagement en faveur d’un dialogue abouti, ou s’il cédera aux pressions des partisans du statu quo, opposés à toute avancée politique, démocratique et sociale.
Beaucoup redoutent en effet que les forces de l’immobilisme — nourries par la gabegie, le tribalisme, le népotisme et le régionalisme — ne finissent par l’emporter sur celles du patriotisme et du progrès. L’échec du dialogue de 2022, encore présent dans les mémoires, rappelle avec acuité la fragilité des dynamiques politiques dans notre pays.
Dalay Lam
le calame
Petit Biram, Âgé de Trois Mois, le Prisonnier Politique le plus Jeune de l’Histoire de Mauritanie
Kassataya — La dissonance cognitive atteint un niveau vertigineux au sein du gouvernement Mauritanien. Pendant que les autorités annoncent l’ouverture d’un dialogue et multiplient les déclarations apaisantes, la réalité sur le terrain raconte une tout autre histoire : une vague de répression brutale s’abat sur les militants de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA). Et, fait particulièrement alarmant, les femmes en sont désormais la cible principale.
Leur seul tort : demander justice pour la jeune Noura, 11 ans, victime d’esclavage. Une revendication qui s’inscrit dans le combat universel pour la dignité humaine, mais qui, dans ce contexte, semble déclencher une réaction disproportionnée de l’appareil sécuritaire.
La situation a franchi le seuil critique avec l’enlèvement de Mariem Mint Cheikh et de son nourrisson, Biram Mohamed dit Petit Biram, âgé de seulement trois mois, ainsi que l’arrestation Ghamou Achour Salem, toutes deux députées à l’Assemblée Nationale.
Ces actes ne constituent pas seulement des atteintes graves aux droits humains fondamentaux, mais également un affront direct à l’institution parlementaire. En s’en prenant à des élues de la nation, c’est l’équilibre même des institutions qui est mis à mal.
Cette stratégie, consistant à cibler principalement les femmes Haratine — aujourd’hui au nombre de cinq en détention — révèle une volonté manifeste d’intimidation. Pourtant, loin de briser leur engagement, elle risque au contraire de renforcer leur détermination.
L’histoire des luttes pour les droits civiques et la justice sociale démontre que les femmes, souvent en première ligne, ont su transformer la répression en force morale et politique.
À l’image de Harriet Tubman, Rosa Parks, Fannie Lou Hamer, Angela Davis, Winnie Mandela, et tant d’autres, ces femmes puisent dans leur conviction de leur résilience face à l’injustice. Leur combat dépasse leur personne : il s’inscrit dans la défense de la DIGNITÉ HUMAINE pour tous.
Enfin, l’enlèvement de Mariem avec son nourrisson donne à cette répression une dimension particulièrement troublante. En effet, cet acte fait tragiquement de Biram Mohamed le plus jeune prisonnier politique de l’histoire du pays — un symbole saisissant de l’ampleur et de la gravité de la situation.
Dans ces conditions, une question fondamentale s’impose : comment concilier un discours officiel de dialogue avec des pratiques qui relèvent d’une répression systématique ? Tant que cet écart persistera, la crédibilité des engagements politiques restera profondément entamée.
Face à cette situation d’une gravité extrême, nous demandons la libération immédiate et sans conditions de tous les militants arbitrairement arrêtés, et abusivement détenus. Il s’agit de :
Mariem Mint Cheikh, Députée
Ghamou Achour Salem, Députée
Warda Ahmed Souleymane, Journaliste
Lalla Vatma, Lanceuse d’Alerte
Rachida Saleck, Lanceuse d’Alerte
Abdallahi Abou Diop, Chargé des Droits de l’Homme
Elhadj Elid, Coordinateur General d’IRA
Mohamed Vadel
Aleyat Bounas Hmaida
En solidarité avec Biram Mohamed devenu désormais le symbole de la résistance contre la répression en Mauritanie.
Bakary Tandia, Human Rights Advocate
New York City, April 14, 2026
(Reçu à Kassataya.com le 15 avril 2026)




