Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Contribution au débat : S’Arracher d’une Spirale Mortifère/Par Mohamed Salem Merzoug, Universitaire

Contribution au débat : S’Arracher d’une Spirale Mortifère/Par Mohamed Salem Merzoug, UniversitaireAu cours de son meeting tenu, à Néma, le 03 mai 2016, le Président de la République a parlé de la question du nombre d’enfants par famille et les effets nocifs du croît démographique non maîtrisé. C’est un fait. Un tel phénomène fait, on le sait, des ravages depuis, des lustres.

Il concerne tous les segments de la société mauritanienne à des degrés divers et selon des mécanismes à la fois globaux (polygamie) et endogènes (instabilité familiale).

A travers les âges, toutes les sociétés humaines en ont souffert. Chacune faisait de la forte fécondité un moyen de compensation d’un régime démographique cruel marqué par une mortalité massive et des pandémies graves.

L’inflexion associée à la Révolution Néolithique (agriculture, élevage, domestication des graminées, sédentarisation et, in fine, socialisation des hommes) n’aura pas eu les effets durables escomptés malgré, la multiplication par dix de la population mondiale d’alors, passée de quinze à cent cinquante millions d’âmes. Cette période n’aura pas changé la compensation classique qui permettait de gérer le croît démographique.

Il a fallu attendre le XVIIème et surtout le XVIII siècle pour que l’humanité connaisse le véritable tournant (transition démographique notamment en Europe) grâce à la convergence de nombreux facteurs : changement des mentalités avec l’amélioration des niveaux éducatifs et culturels, médecine, hygiène de vie, baisse de la mortalité, tendance haussière de l’espérance de vie. C’est, à tout cet ensemble, que l’Occident doit développement économique et progrès social puis, la révolution industrielle.

Donc, proposer cette question, au débat, est une démarche saine et nécessaire même si, elle bouscule, à raison, atavismes et mirages en tous genres.

Refuser les conservatismes

En l’évoquant, on s’adresse à tous, hommes et femmes, sans exception aucune, par delà les clivages et les appartenances. Et, pourtant, on a voulu, consciemment ou inconsciemment, faire croire qu’il ne pouvait s’agir que d’une frange, somme toute, important du peuple mauritanien. On a allumé une flamme, enclenché une bourrasque. Et, la surenchère a fait le reste. La question posée est au cœur du débat. Elle participe comme repère processuel de notre développement, de notre nécessaire ascension vers la modernité. Nous devrions en discuter sereinement et de manière froide. Car, ce sont les plus pauvres et les plus fragiles qui en subissent les ravages.

Je conçois, en effet, que si, pour la première fois, un tabou est brisé, un verrou est visé que les conservatismes, en tous genres, se hérissent. D’autant plus que les risques réels de mort précoce ont bâti un mythe rigide autour de la fécondité qui fonde encore, chez nous, les règles matrimoniales.

Or, il est indispensable que notre pays, nos populations soient édifiés sur certains verrous, certains obstacles structurels à notre développement. De quoi s’agit-il en pensant à ce vacarme ? De la question de la fécondité non maîtrisée avec son auréole de tragédies que chacun vit : mortalité, triptyque tragique de la faim, de la pauvreté et de la maladie. En l’abordant, on met, à l’ordre du jour, l’un des fondamentaux du moteur de l’histoire et une lame de fond de l’ascension de notre pays vers la modernité.

Si, la Mauritanie comme les autres états africains souffre de certains maux c’est bien à cause du blocage et/ou du retard accusé dans la transformation des mentalités et, dans la foulée, de l’inhibition de la transition démographique et du développement culturel.

Une telle inhibition participe de l’explication de la prolifération de la misère, des promiscuités, de la pauvreté de masse, de l’ignorance et du garrotage des forces productives. Jamais, un pays ne s’est développé sans résoudre cette question centrale. Avec les niveaux éducatifs et culturels, elle détermine la vraie trajectoire de l’évolution de toute société. Elle exprime et contingente les mutations et les transformations qualitatives structurantes comme socle de l’évolution des consciences et des mentalités et, in fine, de la modernité. Emmanuel TODD écrit « L’alphabétisation et la maîtrise de la fécondité apparaissent bien aujourd’hui comme des universels humains ».

Un leitmotiv : améliorer les conditions de vie

Donner tout son poids à ces variables qualitatives revient à reconnaitre ce que soutenait, avec prégnance, René DUMONT, à savoir que le développement est moins une question de ressources financières qu’un problème de rapport entre les personnes humaines et avec leur environnement. Il renvoie, à plusieurs choses à la fois, la maîtrise de son environnement, le taux de fécondité, l’éducation, les relations entre les sexes. En réfléchissant sur cette problématique, on ne saurait passer sous silence la loi du Révérend Thomas Malthus et aux enseignements de l’anthropologie sociale et culturelle moderne.

Que disait Thomas MALTHUS ? Il disait, très simplement, que les progrès techniques ne sauraient garantir, à eux seuls, une amélioration des conditions de vie dans la mesure où l’absence de contrainte pousse à une croissance démographique exponentielle et donc, à plus de personnes, à nourrir. Ce croît démographique s’est fracassé, tout au long de la longue odyssée humaine, sur l’impossibilité de retrouver de nouvelles terres, de nouvelles ressources frappées de dégradation et de finitude. D’où, au final, la misère et la faim. C’est un enseignement instructif de l’histoire des sociétés humaines, de toutes les sociétés humaines.

C’est surtout l’une des lois fondatrices de l’économie moderne. Elle explique, à travers la loi des rendements décroissants, l’émergence de la rente foncière et la liaison entre aristocratie et richesse. Faut-il en conclure que notre pays et l’Afrique de même que l’espèce humaine soient vouées à la faim, à la misère et à la pauvreté ? Bien sûr que non. La révolution néolithique précitée et la révolution industrielle sont là pour prouver le contraire.

En fait, il n’y a pas que les lois économiques pour comprendre l’évolution de la vie des sociétés humaines considérées comme des ensembles structurés ayant des règles et des modes de fonctionnement supra-individuels. Ceux-ci dépassent la simple rationalité individuelle. L’anthropologie sociale et culturelle permet, aujourd’hui, la compréhension de ces phénomènes qui dépassent l’individu. C’est cette discipline qui autorise une autre lecture du monde de Malthus confronté à un croît démographique supérieur à l’offre agricole. Aussi, favorise-t-elle une bien meilleure compréhension des problématiques de développement auxquelles nous sommes confrontées de même que nos frères africains.

Quelques études anthropologiques, démographiques et historiques montrent que chaque civilisation aura géré, selon ses croyances religieuses, son système de valeurs, son mécanisme particulier de régulation et les données contextuelles, la rareté des ressources et la pénurie et donc, l’exigence de survie du groupe. Certaines sociétés choisissaient l’abstinence, d’autres l’infanticide, la polyandrie etc. C’est un mécanisme de régulation anthropologique en l’absence des moyens modernes de contraception et d’une meilleure hygiène de vie.

On retrouve cette problématique dans la plupart des Etats Africains et Asiatiques sous des formes diverses et variées mais, le fond demeure le même: assurer une meilleure qualité de vies aux populations. L’acceptation d’un tel postulat renvoie à ce processus qu’on appelle « la transition démographique » comme moteur du changement qualitatif des conditions de vie. Elle permet de se sortir de ce cercle infernal. En mettant l’accent sur l’éducation, l’obligation de la scolarisation des mauritaniens, le rôle de la femme, le changement des mentalités et le développement culturel, le Président de la République donnait, à juste titre, la priorité, au capital humain. C’est à la fois légitime, pertinent et utile pour notre pays comme pour les autres africains.

En effet, la transition démographique, comme moteur du changement et d’ascension vers la modernité, est en panne, en Afrique, dans 50% des cas ou à peine amorcée dans 38% des cas.

Les pays africains ont, majoritairement, des taux de fécondité compris entre 4 à 5, avec un indice moyen de 4,86.

Maîtriser notre démographie

En nous fondant sur les données disponibles, l’Afrique apparaît comme une entité démographique relativement homogène avec des taux de dispersion assez tenus. Cinq pays ont, durablement, amorcé leur transition démographique : la Tunisie (2,04), l’Afrique du Sud (2,8), le Maroc (2,5), l’Algérie (3,2) et le Botswana (3,8).

Par contre, l’indice de fécondité atteint les niveaux records dans les pays suivants : au Bénin (5,3), au Burkina Faso (6,3), au Burundi (5,8), au Libéria (5,8), au Malawi (6,1), au Mali(6,1), en Mauritanie (6,2) en Ouganda(6) et au Tchad(6,2).

Le premier mouvement d’explication pourrait être recherché du côté de la religion (polygamie). La situation dans le monde arabe et musulman invalide une telle explication. Dans le Royaume d’Arabie Saoudite, en Egypte et en Jordanie, le nombre d’hommes polygames est respectivement de 30% et 8%. Un tel phénomène est totalement éradiqué en Turquie et en Tunisie. L’Irak l’a aboli en 1958 avant de le rétablir en 1994.

Par ailleurs, en termes de fécondité, le retard de notre pays par rapport à d’autres états musulmans est considérable : l’Iran (2,1), la Turquie (2,5), la Malaisie (1,98) et l’Indonésie (2,37) (le plus grand pays musulman au monde en termes de poids démographique). Les écarts sont encore plus creusés avec le Royaume Uni (1,7), la Chine (1,8), la France (2) et les Etats-Unis d’Amérique (2,6).

Donc, évoquer cette problématique est une responsabilité collective et un devoir d’avenir. Une telle situation est à mettre en relation avec l’ignorance, la pauvreté de masse, la forte magnitude de la mobilité maritale, la fragilité de la cellule familiale.

Or, développer notre pays dépend, entre autres facteurs, de la sortie d’une telle spirale mortifère. A cet égard, rien n’est plus nécessaire ni mieux adapté que le fil d’Ariane de la transition démographique et du développement culturel pour affronter les défis du progrès et de la modernité. Les variables en jeu constituent le vrai moteur de l’histoire et le réacteur des indispensables mutations qualitatives.

Maîtriser la fécondité, savoir lire et écrire, gérer au mieux son environnement fondent et structurent l’ascension vers la modernité. C’est, par biais, que les autres sociétés ont créé les conditions indispensables à la double exigence de la transformation mentale et de l’évolution des consciences. La profondeur et l’ampleur de l’impact de ces variables qualitatives engendre les conditions nécessaires à l’émergence d’une démocratisation véritable et d’une transformation sociale durable.

Un avenir pour notre jeunesse

La corrélation forte entre ces variables qualitatives évoquées et le progrès sont confirmées en convoquant l’histoire : la domination de l’Europe au XVIIème et XVIIIème siècle et le rôle actuel de l’Asie et de l’Amérique Latine de même que les Etats émergents. Le rôle dominant de ces continents confirment les relations quasi mécaniques entre baisse de la fécondité, éducation, alphabétisation de masse, évolution des consciences et des mentalités.

Celles-ci ont conduit Francis Fukuyama à soutenir la thèse d’une universalisation de la démocratie par l’extension massive de ce socle. C’est, dans la perspective de transformer et de développer le pays, qu’il faut remettre, à l’ordre du jour, l’exigence de l’accomplissement de la transition démographique et l’ampleur des innombrables dégâts inhérents à la forte fécondité. Ce n’est pas un hasard si tant d’hommes, de femmes, de pays se battent pour s’arracher d’une telle spirale mortifère.

L’inaction et l’immobilisme face à de telles tragédies constituent des fautes. Il appartenait aux Pouvoirs Publics et à nous tous d’indiquer un nouveau chemin qui brise le silence coupable face à une réalité inique devenue presque immuable. Il s’agit de nouer les fils du progrès, de stimuler l’imagination pour rendre possible et accélérer la nécessaire transition démographique en inventant de nouvelles règles. Ne laissons point la surenchère et la démagogie prendre le dessus sur la raison. L’avenir de nos jeunes, de nos enfants et de la libération des femmes est en jeu. Il s’agit de rendre le sursaut possible en leur dessinant des perspectives de nature à redonner confiance en l’avenir.

Mohamed Salem MERZOUG
Universitaire

 

le calame

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Sénégal-Gambie : reprise du transport de marchandises à la frontière –

Sénégal-Gambie : reprise du transport de marchandises à la frontièreAprès trois mois de blocus, la frontière sénégalo-gambienne a été rouverte au trafic aujourd’hui à 8h, ont confirmé à “Jeune Afrique” le ministère des affaires étrangères et des syndicats de transporteurs sénégalais.

C’est l’épilogue surprenant d’un blocus qui était entré en vigueur après que le fantasque président gambien Yahya Jammeh a décidé le 11 février de multiplier par cent le montant de la taxe douanière imposée aux camions sénégalais qui traversent quotidiennement son pays pour acheminer des marchandises en Casamance.

Le point de passage frontalier entre le Sénégal et la Gambie bloqué depuis février dernier par les groupements de transporteurs routiers sénégalais vient d’être rouvert au trafic ce matin à 8h, ont confirmé à Jeune Afrique le ministère des affaires étrangères et des syndicats de transporteurs sénégalais.

La levée intervient une semaine après l’échec des gouvernements sénégalais et gambien à trouver un accord à ce sujet à Dakar.

Selon un correspondant de la Radio Futurs médias (RFM), un média sénégalais, au point de passage de Karang situé dans la région de Kaolack, le trafic a normalement repris en milieu de journée, et le flux se fait dans les deux sens.

Toutefois, la nouvelle surprend autant qu’elle divise les principaux syndicats de routiers sénégalais à l’origine du blocus. Jointes par Jeune Afrique, les directions des deux tendances de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS et CNTS/FC), déplorent la décision et assurent n’y avoir pas été associées.

 « Au moment du blocus, nous nous étions concertés avec le gouvernement avant de prendre la décision, on aurait dû aujourd’hui procéder de la sorte. Mais hélas ! », se désole Bassirou Ndiaye secrétaire général adjoint du syndicat des routiers affilié à la CNTS.

Jusqu’ici, les transporteurs contournaient l’enclave anglophone par l’est, en passant par la région de Tambacounda, pour se rendre en Casamance, la région méridionale. Gambie et Sénégal s’étaient donnés rendez-vous en juillet pour de nouvelles négociations.

jeunefrique

-rapideinfo.net

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Le Spectre de la présidence à vie

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Le Tadjikistan, ex république soviétique d’Asie centrale vient de permettre par un référendum au chef de l’Etat Emomali Rahmon de devenir «président à vie» ! Le référendum constitutionnel du 22 mai a révélé ses résultats ce lundi : 94,5% des électeurs approuvent notamment que, le président Emomali Rahmon, 63 ans, peut désormais briguer un nombre illimité de mandats, alors que la précédente constitution l’aurait obligé à quitter le pouvoir en 2020. Cette possibilité d’être « président à vie » ne s’applique qu’à Emomali Rahmon, en raison de son statut particulier de « dirigeant de la nation ». Un statut que lui a attribué le Parlement l’an dernier et qui lui confère, à lui et à sa famille, l’immunité pénale. « Rahmon nous a apporté la paix, il a mis fin à la guerre et il devrait diriger le pays aussi longtemps qu’il en a la force », décrètent certains de ses thuriféraires. On croirait entendre nos ’’ânes verts !’’ Un des amendements proposés lors du référendum visait aussi à baisser l’âge minimum requis pour un candidat à l’élection présidentielle de 35 à 30 ans. Une mesure qui pourrait faciliter l’avènement de Roustam, fils d’Emomali Rahmon âgé de 28 ans, comme successeur de son père à la présidence. En Afrique, malgré la progression de la démocratie un peu partout, de vieilles habitudes persistent et connaissent même des poussées dans plusieurs pays. En effet des chefs d’Etat manipulent sans vergogne la Constitution pour prolonger indéfiniment leur règne et mainmise sur les pays. Au pouvoir depuis 1979 — avec une interruption de cinq ans, entre 1992 et 1997 —, le président Denis Sassou-Nguesso a prolongé son règne par un tripatouillage constitutionnel, qui s’apparente à un coup d’Etat. Au Burundi, son homologue Pierre Nkurunziza s’est lui aussi permis de passer en force, en juillet dernier, au bout de deux mandats, sans prendre la peine pour sa part de modifier la loi fondamentale mais en l’interprétant en sa faveur. Au Congo RDC, le président Joseph Kabila parvient lui aussi après moult hésitation à se maintenir au pouvoir grâce à un subterfuge grossier à savoir ne pas organiser les élections sous prétexte de l’impréparation matérielle. En janvier 2015, des émeutes ont éclaté à Kinshasa contre une révision de la loi électorale impliquant un recensement de la population. Cette tâche titanesque, impossible à réaliser avant le vote, aurait donné à M. Kabila un bon prétexte pour prolonger son pouvoir, de report en report du scrutin. La répression de janvier a fait au moins 42 morts. Face à ces échecs il y a heureusement l’autre Afrique, celle qui progresse avec à la clé des élections à peu près normales comme au Benin, au Cap-Vert, en Afrique du Sud, au Ghana au Nigeria et à Maurice. Le Burkina Faso, pour sa part, fournit un motif d’espoir, avec le soulèvement populaire contre toute modification de la Constitution, en octobre 2014, puis la lutte victorieuse contre le coup d’Etat du général Gilbert Diendéré, en septembre 2015. Au Sénégal, les rouages démocratiques paraissent bien huilés, avec des alternances qui se produisent sans remise en cause de l’unité nationale depuis l’an 2000. Pour les apprentis dictateurs africains, le texte constitutionnel est une feuille de choux sans grande valeur. Ils feignent d’ignorer qu’une constitution est le résultat d’un consensus entre les acteurs politiques, et qui régit les relations, non seulement, entre les institutions du pays, mais aussi, entre la classe dirigeante et la citoyenneté. Ce n’est pas un document qui doit faire l’objet de changements par la volonté de celle ou celui qui détient le pouvoir exécutif. Des normes sont prévues pour son changement. Ils n’ont cure des manifestations de l’opposition et de la société civile. Si elles gênent vraiment leurs desiderata, ils feront recours à la brutalité, à la force et à la violence mais aussi à…La Politique du ventre qui est un concept qui désigne une manière d’exercer l’autorité avec un souci exclusif de la satisfaction matérielle d’une minorité. Développé par Jean-François Bayart dans son ouvrage L’État en Afrique : la politique du ventre, il a pour caractéristique principale que ceux qui exercent une fonction politique, exercent cette fonction uniquement pour en retirer certains avantages personnels. Quels rapports avec la Mauritanie ? Que ceux qui reconnaissent en eux les défauts ou travers décrits ci dessus s’appliquent ce qu’on en dit ou plus prosaïquement : Qui se sent morveux se mouche !

BC 

http://www.mauriweb.info

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Déclaration des organisations nationales de défense et de promotion des droits humains relative à la visite du Rapporteur spécial des Nations Unies Philipp Alston sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme

La visite de terrain, effectuée dans notre pays du  lundi 02 au mercredi 11 mai 2016, par M.Philipp  Alston, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme a été riche d’enseignements qui appellent plusieurs commentaires.

Contrairement à l’usage, le Rapporteur spécial ne s’est pas limité au seul agenda que lui ont proposé les autorités gouvernementales, il a souhaité s’entretenir avec des organisations de la société civile qui ne sont pas cooptées par le gouvernement mauritanien mais surtout aller à la rencontre des populations victimes de la pauvreté endémique pour se faire sa propre idée de la réalité de la situation. Ce travail d’enquête et d’analyse fut logiquement sanctionné par un pré rapport dénonçant dans des termes pourtant très diplomatiques le déséquilibre dans la redistribution des richesses et l’exclusion systématique des couches négro-africaine et haratine des sphères de décision. Un tel langage de vérité, même saupoudré d’une grande dose de diplomatie, ne pouvait que susciter l’ire du gouvernement et d’organisations de la société civile supposées indépendantes mais qui révèlent en l’occurrence leur vrai visage d’officines déguisées de l’Etat.

La première des leçons à tirer du tollé qui a suivi cette visite est l’incurie des autorités gouvernementales qui pensent noyer le poisson en déplaçant le problème sur le terrain de la polémique.

En effet, le très officiel Commissariat aux Droits de l’Homme et à l’Action Humanitaire, qui tient lieu de Ministère de tutelle dans notre pays, s’est affublé d’un communiqué dont l’incohérence et le ridicule n’ont d’égales que l’incompétence des fonctionnaires en charge de ce département et l’absence d’une réelle volonté du gouvernement de prendre à bras le corps la lutte contre la pauvreté et ses causes profondes qui sont à rechercher entre autres dans le système de discrimination et d’exclusion qu’il entretient.

Le Commissariat pointe du doigt « le choix délibéré des lieux et des sites visités et des personnes et populations rencontrées ». En fait ce que dénonce le Commissariat, c’est l’indépendance du Représentant spécial qui ne s’est pas contenté de l’agenda gouvernemental. Celui-ci a d’abord rendu visite à l’Agence Tadamoun, visite sanctionnée par un communiqué de ladite agence, avant d’aller sur le terrain à la rencontre des populations censées bénéficier de ses services. Le Commissariat n’a pas supporté que l’émissaire des Nations unies ait rencontré « les populations rapatriées du Sénégal et celles arguant d’avoir des terres expropriées par l’Etat » Or le bon sens, la neutralité et l’indépendance d’esprit commandent qu’un expert censé produire un rapport rencontre et écoute toutes les parties concernées et les rapatriés mauritaniens du Sénégal sont des victimes par excellence  de la pauvreté créée et entretenue par l’Etat. Il n’échappe d’ailleurs à personne que les rapatriés sont encore largement exclus de l’enrôlement, car contrairement aux allégations du Commissariat qui dit que « l’enrôlement est ouvert à tous les citoyens mauritaniens, sans discrimination aucune », la réalité est que  plus de neuf mille personnes sur les vingt-quatre milles rapatriés dans le cadre de l’accord tripartite entre la Mauritanie , le Sénégal et le HCR, n’ont pu recouvrer leur état civil et sont devenus des apatrides et des réfugiés dans leur propre pays ,selon les statiques recoupées par l’Union Nationale des Rapatriés du Sénégal(UNRS).

Quant à l’argument fallacieux avancé pour justifier les expropriations, selon lequel « la terre appartient à l’Etat et qu’aucune expropriation n’a jamais été faite en dehors des dispositions légales, ni spécifiquement à une communauté donnée », il y a lieu de rappeler que la loi domaniale  83-127 du 05 Juin 1983 reconnaît la propriété privée ; les expropriations ne peuvent se justifier que pour utilité publique avec compensation juste et équitable des ayants droit ;la protection des zones en réserve foncière , leurs déclassements et les politiques d’aménagement doivent être participatives par l’implication des populations comme premières bénéficiaires. Or, aucune des expropriations tant décriées n’a été faite dans le respect de ces considérations et, comme par hasard, ces expropriations ne touchent que les paysans et les terres de la seule vallée du fleuve Sénégal.

Le Commissariat met en cause les chiffres avancés par le Représentant Spécial relatif « à la composition de la population et à l’indice de pauvreté en milieu rural » Il convient de rappeler ici que jamais des statistiques officielles basées sur un recensement transparent et impartial des populations n’ont fait état de la composition de la population mauritanienne mais que dans le même temps les documents officiels de République Islamique catégorisent la population en majorité (arabe) et en minorités (peule, soninké, wolof, etc.). Il est grand temps que l’Etat prenne ses responsabilités et publie les statistiques issues des différents recensements pour mettre fin aux spéculations hasardeuses quant à la représentativité de telle ou telle autre composante nationale.

La deuxième grande leçon que l’on doit tirer du feu allumé pour faire diversion par nos autorités gouvernementales est l’inféodation à l’Etat de diverses organisations et collectifs se réclamant de la société civile. De la plateforme des Acteurs non Etatiques, à l’Ordre National des Avocats, des ONGs accréditées auprès de l’ECOSOC à l’Association des Journalistes Mauritaniens, les masques sont tombés. Ces organisations, qui non seulement se sont accommodées mais cherchent à justifier les propos stigmatisant du chef de l’Etat vis-à-vis de la communauté Harratine lors de son discours de Nema, dénoncent une volonté de l’émissaire des Nations Unies de  semer le trouble entre les différentes composantes de la population du pays.  Or, ceux qui menacent l’existence du pays en minant la cohésion nationale sont précisément ceux-là mêmes qui appliquent et encouragent les politiques d’exclusion sur la base de l’appartenance raciale, communautaire, ethnique ou tribale. Ce sont tous les alliés objectifs du système qui n’ont pas intérêt à ce que les choses changent et que la Mauritanie devienne un véritable état de droit.

Ce sont ces organisations prétendument de la société civile qui sont à l’avant-garde du combat rétrograde et voué à l’échec visant à maintenir le statu quo en Mauritanie. Ce sont ces alliés objectifs que l’Etat a coopté dans le renouvellement des instances de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH)et dans la mise en place du Mécanisme National de Prévention de la Torture (MNP), organes qui excluent les organisations véritablement indépendantes.

Il est urgent que les partenaires de la Mauritanie se ressaisissent et arrêtent la complicité de fait qu’ils ont avec le système en continuant à travailler en toute connaissance de cause avec des organisations qui n’ont de société civile que le nom. Il est tout aussi urgent que le système des Nations Unies qui continue à cautionner ces officines de l’Etat mauritanien en leur accordant le statut de membre observateur du Conseil Economique et Social des Nations Unies  (ECOSOC) prenne ses responsabilités.

 

 Nouakchott, le 22 Mai 2016

 

 

Signataires :

1.    Coalition Action contre la discrimination Raciale et l’Exclusion    -CADRE-

2.    Afrique Renaissance

3.    Aide aux Veuves et Orphelins des Militaires Mauritaniens-AVOMM-

4.    Association Mauritanienne des Droits de l’Homme -AMDH-

5.    Conseil Représentatif Soninko en Mauritanie-CRSM-

6.    Coordination des Organisations des Victimes e la Répression-COVIRE –

7.    Coordination des Anciens Militaires Mauritaniens en Exil –CAMME-

8.    Collectif des Orphelins des Victimes Civiles et Militaires-COVICIM-

9.    Collectif des Rescapés Militaires -COREMI-

10. Collectif des Rescapés Anciens Détenus Politiques Civils Torturés –CRADPOCIT

11. Collectif des  Veuves

12. Collectif des Anciens Fonctionnaires de la Police Victimes des évènements de 1989

13. Collectif Mooyto Koota

14. Club UNESCO pour le Dialogue des Cultures

15. Initiative pour la Résurgence Abolitionniste en Mauritanie –IRA-Mauritanie-

16. Kawtal Ngam Yellitaare

17. Mouvement Autonome pour le Progrès en Mauritanie –MAPROM-

18. Regroupement des Victimes des Evènements de 1990/91 -REVE 90/91-

19. O.D.H-MAURITANIE

20. Organisation Contre les Violations des Droits Humains en Mauritanie –OCVIDH-

21. Touche Pas Ma Nationalité-TPMN-

22. Union Nationale des Rapatriés du Sénégal –UNRS-

 

le calame

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Libre Expression | Mes frères Haratines et le discours de Néma…Par Ely Krombelé

Libre Expression | Mes frères Haratines et le discours de Néma...Par Ely KrombeléEly Krombelé – Il vous est concédé le droit de manifester, de revendiquer, de critiquer les propos de tel homme politique, de tel érudit ou théologien de l’Islam.

Le droit à l’égalité des …droits est un principe universel reconnu d’abord par notre sainte religion avant la révolution française de 1789 et ses précurseurs, les philosophes des lumières. Malheureusement notre Histoire nationale, à l’instar de tant d’autres d’ailleurs a failli quant aux aspirations de ceux qui, spoliés ou damnés se comptent parmi toutes les composantes socio-culturelles du pays, en particulier les descendants d’esclaves comme vous ou Haratines.

Cette contradiction, ne demeure-t-elle pas d’ailleurs le moteur de l’Histoire Humaine? La lutte des classes, thème très cher à Karl Marx, ne puise-t-elle pas sa quintessence dans l’antagonisme entre les “nantis” et les “démunis”, nonobstant la notion ethnique, ou de couleur de la peau?

Certes le monde est devenu un gros village et ce qui se passe en Inde dravidienne, interpelle les populations du Gorgol en Mauritanie. Mais il ne faut pas que cet “internationalisme épidermique”  vous pousse au point de céder à la manipulation et surtout à observer vos autres compatriotes maures à travers le prisme d’une sémantique dont l’analyse interprétative a accouché d’un manichéisme sans précédent entre les apologistes et les détracteurs du discours présidentiel de Néma.

En effet l’oraison belliciste qui a suivi les propos du président a couvert l’écho, plutôt anéanti la portée des meetings d’explication d’un gouvernement manquant non seulement d’allant mais également de posture pédagogiques. Cependant la campagne de la haine côté détracteurs des paroles présidentielles se doit d’interpeller tous les mauritaniens épris de paix.

Qu’en est-il réellement? Le président Aziz,comme à son habitude, a repris textuellement ce que dit le vieil adage maure: “sebett el meçkine vi tektou”. Certes la frange la plus fragile de notre société d’un point de vue matériel ce sont bien les Haratines.

Mais n’existe-t-il pas d’autres “meçakines” dans toutes les autres entités socio-culturelles de notre Mauritanie? Alors où va-t-on classer les enfants de la rue, les “almoudos” les marginaux; ne sont-ils pas maures, peuls, soninkés ou wolofs. Ou sont-ils des progénitures d’un “stéréotype” non assisté? Sans vouloir dédouaner la “litote présidentielle” pour les uns ou la “prose de l’absurde” pour les autres, tenue par un homme dont on connait le langage sans détour, qu’il nous soit permis de souligner en revanche la disproportion dans la réaction de certains concitoyens.

Disproportion quand elle prône déjà l’utilisation de la force, voire l’explosion communautaire afin de “laver l’affront” de Néma. Faut-il voir en ce vocabulaire musclé le prélude à la “somalisation” que les sirènes de l’apocalypse ont tant chantée et qui finira par chasser les beidanes de Mauritanie? Est-ce vraiment la condition sine qua non que de bouter les maures de Mauritanie pour qu’enfin le pays aille de l’avant?

A/Le raisonnement par l’absurde
L’automne de l’année 1914, les historiens nous apprennent que les soldats français mobilisés pour combattre l’Allemagne étaient tellement enthousiastes qu’ils partaient au front la “fleur au fusil”, laver l’affront de la guerre de 1870. Pour ces militaires souvent fraîchement engagés la guerre allait être courte, juste le temps de “donner une raclée aux boches” et revenir à la maison. La 1ère Guerre Mondiale fût non seulement longue, dévastatrice mais également coûteuse en vies humaines.

C’est que les conflits sont comme le lancer d’une pierre. Quand on lance un projectile on ignore le lieu exact de l’impact, pire son effet boom-rang pourrait vous revenir en pleine figure. C’est cette partie de probabilité macabre que je veux éviter à mon pays. Car depuis la visite du président à Néma, au début du mois de Mai courant, les prises de positions bellicistes, les commentaires oiseux, du genre “les Haratines doivent montrer leurs biceps”, font leur ancrage dans certains esprits, certes minoritaires mais étroits.

On peut être opposant, défenseur des droits humains, on peut également être islamiste, flamiste, nassériste, séparatiste, abolitionniste et aspirer à l’alternance de façon pacifique sans inciter à la violence encore moins à la guerre civile. Et d’ailleurs il n’est pas gravé dans le marbre que l’alternance provienne ipso facto de l’opposition.

B/Les Haratines :Tout à gagner ou tout à perdre

On ne le dira jamais assez, l’avenir de la Mauritanie est entre les mains des Haratines. Ceux qui des siècles durant ont été rabougris, spoliés, exploités…sont désormais sur la rampe de lancement d’un futur probant qu’ils doivent eux-mêmes confectionné. Mais comment? Ils se heurteront à la doxa et la nomenklatura qui de nature n’aiment pas le changement.

Mais il arrive aussi que les damnés, les spoliés soient soumis au principe de la “couveuse”, contraire du mûrissement symbole de l’ordre constant des choses. Si les Haratines veulent tout avoir et tout de suite, cela veut dire qu’ils sont enclins aux sirènes des manipulateurs, des extrêmistes de tous bords qui les poussent à …l’irréparable.

En cas “d’explosion communautaire” (ce qui est peu probable tant que l’Armée joue son rôle), les premiers jours seront synonymes de chaos inimaginable. Après le saccage des boutiques, les vols de voitures de luxe dans les différentes “bourses” de Nouakchott, les viols, les assassinats, etc…le réflexe du mauritanien sera de rejoindre chacun en ce qui le concerne son terroir. Ainsi renaîtra l’emprise tribale, régionale, ethnique voire clanique, au détriment de l’Etat centralisateur hérité de la colonisation. Les armes commenceront à parler, des barricades, des checkpoints seront érigés au niveau de chaque ville de l’intérieur.

Par exemple pour aller à Néma ou Aioun il faut payer le point de passage de Ouad Naga, de Boutilimit, d’Ajouer, d’Aleg, d’Achram etc….Les négro-mauritaniens rejoindront la vallée ou traverseront le fleuve vers le Sénégal en cas de pressions fortes; les nordistes se dirigeront sur Atar, Zouerate, Nouadhibou, les Térouzis se replieront sur Méderdra leur capitale régionale, ou Boutilimit, ou Rkiz ainsi de suite. Les gens de l’Est, le gros morceau tiendront leurs fiefs avec leurs nombreuses armes et flirteront avec le Mali comme cela se faisait depuis des siècles.

A la longue Al Qaida, les narco-trafiquants, Daech etc…s’inviteront à la partie. Car le feu est allumé et il sera difficile de l’éteindre. La géo-politique sous-régionale ne sera pas en reste. En effet les 40 000 combattants sahraouis du Polisario l’arme au pied depuis le “cessez le feu” imposé par l’ONU, avec ou sans la bénédiction d’Alger voudront eux aussi occuper ou “protéger” leur “espace vital” à savoir les villes minières de Zouérate et Nouadhibou. Dans leur progression les combattants Rgueibatt et Oulad Dleim risquent de ne s’arrêter qu’aux confins du fleuve Sénégal.

Dans ce cas il sera très difficile aux négro-mauritaniens de cultiver le diéri ou le walo, autrement de mener une vie normale. La majorité en quête de sécurité et de stabilité traversera le fleuve pour se réfugier au Sénégal ou au Mali. Une aubaine pour les extrémistes et nationalistes Arabes de Mauritanie.Tout ça pour ça?

Enfin pour boucler la boucle, les Marocains dans le souci de contenir l’avancée des sahraouis voudront bien contrôler notre capitale économique Nouadhibou ou au moins la façade atlantique comprise entre Dakhlé et Nouakchott qui n’est plus qu’un champ de ruines. Point d’argent car plus de banques, donc point de salaires, de carburant de produits de première nécessité; comme en Somalie, ou en Syrie ou plus près de nous la Libye. Beaucoup de maures et haratines iront se réfugier également au Sénégal, surtout ceux-là même qui ont poussé à la guerre civile. Il est à se demander où seront les autres Haratines ?

Les modérés n’auront jamais quitté leurs fiefs tribaux, leurs maisons, leurs résidences autrement dit leurs frères, cousins, et oncles maures, à défaut de l’oncle Sam. Et les extrémistes qui ont été manipulés par la cinquième colonne et les agents du sionisme international à l’extérieur du pays? Ceux-ci auront tout à perdre car désormais abonnés au HCR à Dakar ou Bamako

Voilà une infime partie du film de ce qui pourrait se produire en cas de guerre civile. Certes y penser c’est donner de la valeur, ou crier victoire pour ceux qui veulent du mal à notre pays. Mais c’est aussi l’occasion de démontrer aux “va-t-en guerre” même manipulables, qu’ils sont minoritaires et que leur vision suicidaire doit les inciter à revenir à la raison..La violence ne peut bâtir les Etats modernes, il faut plutôt la conjugaison de toutes les bonnes capacités humaines inventives, créatives pour vivre en harmonie.

Et j’ose parier que mes frères haratines en donnant du temps au temps se départiront de tous les écueils matériel et psychologique pour se hisser sur l’olympe d’une Mauritanie pluriculturelle et progressiste. Ici le dilemme n’est pas Shakespearien, du genre “to bee or not to bee” (être ou ne pas être) mais plutôt cornélien où l’on a tout à gagner ou tout à perdre. Choisir entre la sagesse féconde ou la violence suicidaire, il faut oser./

Ely Ould Krombelé, Paris, FRANCE

 

cridem

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