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Evenements du 28 Mai 1968 à Zouerate : Ce qui s’est réellement passé
Dans leur livre « La montagne de fer: la SNIM, Mauritanie : une entreprise minière saharienne à l’heure de la mondialisation… »,les anthropologues Pierre Bonte et Abdel Wedoud Ould Cheikh écrivaient à propos de ce qui s’est réellement passé à zouerate ce jeudi 28 Mai 1968.« …….Les principales revendications du personnel Mauritanien de la Miferma ont déjà été exposées : Des augmentations de salaires par le biais principalement de revendications catégorielles et la question des logements pour les agents recrutés localement qui n’a pas été envisagée initialement et qui va contribuer à la constitution des bidonvilles. Si la première grève éclate à Nouadhibou dés la phase de construction, avec des objectifs assez confus mais qui portent sur une exigence d’emploi en priorité pour les nationaux et se traduiront par le départ de centaines de Sénégalais ,c’est à Zouerate que le mouvement social débute initialement .La première grève éclate en janvier 1964 et met déjà en avant la question des salaires et du logement, d’autres se succèdent chaque année ou presque : En septembre 1965, les mineurs cessent le travail puis l’ensemble du personnel en juin 1967. Ces mouvements annoncent la grève de 1968 dont nous analyserons par la suite le déroulement.
……Un acteur Ouvrier
Je n’étais plus délégué et pas encore syndicaliste. Il y’avait beaucoup d’accidents de travail. Il n’y’avait pas de convention mine. on fonctionnait sur la base de la convention des travaux publics. On voulait une nouvelle convention avec des primes prenant en compte le travail de la mine ( santé) ..Logements. un texte en dix points a été élaboré dont le premier était l’établissement d’une convention spécifique. Ces points ont été définis lors de la grève qui a déjà démarré. Les expatriés voulaient travailler et ne la soutenaient pas. Laurent le chef du personnel était particulièrement hostile et méprisant à l’égard de nos revendications.les choses ont pris de l’ampleur jusqu’ a l’arrivée des militaires qui ont fini par tirer. Moi même je n’ai pas participé à la grève pour des raisons de sécurité (alimentation en eau et électricité), à la demande du syndicat, mais j’ai été dénoncé « pro-marocain » et emprisonné trois mois à Nouadhibou. J’ai été libéré mais je ne voulais pas quitter la prison. Le wali m’a convoqué et m’a demandé pourquoi je restais là.je lui ai dis que je ne savais pas pourquoi j’étais là. Pour fait de grève m’a-t-il répondu. Mais je n’ai pas fait de grève. Les 18 personnes emprisonnées doivent être libérées et réglées par la Miferma. J’ai obtenu gain de cause et on a fait un papier à Miferma. Les 18 ont été réintégrés. L’UTM a joué un rôle ambigu : favorable au début puis dénonçant les mineurs irresponsables ».
Un témoin ouvrier.
« J’étais à Atar et j’ai trouvé les gens en greve quand je suis rentré. Ceux qui voulaient travailler ne pouvaient pas le faire. Je suis resté chez moi et j’allais parfois discuter vers le goudron Au bout de deux ou trois jours tout le monde était mécontent. Certains ont commencé à fermer les boutiques ce qui n’est pas le rôle d’une grève. L’Etat a envoyé des militaires et des gendarmes pour rétablir l’ordre. Le colonel a demandé aux gens de rester chez eux jusqu’à onze heures du matin .Ils ont obéi. Vers seize heures je revenais de la mosquée et j’allais vers une maison proche du four ( boulangerie ) que les gendarmes voulaient remettre en route. Je suis donc retourné vers la mosquée et j’ai entendu des tirs de grenades lacrymogènes. Au même moment les femmes sont allées chercher les enfants à l’école et les hommes sont venus les rejoindre pour les protéger. Ils se sont trouvés face aux militaires qui ont tiré. Il y’a eu des morts puis le couvre feu. La grève s’est terminée après un ou deux jours. Les autorités ont réuni tout le monde et ont fait un « tri »,arrêtant les « meneurs » qu’ils ont enfermés dans un logement cadre vide. Elles ont envoyées 40 ou 50 personnes à Nouadhibou pour les juger. Beaucoup de gens ont été licenciés.
Un acteur officiel
En 1968, j’exerçais des fonctions à Zouerate . l’histoire est partie d’ un forgeron R’Gueiby, delegué du personnel , qui voulait remplacer un cadre expatrié parti en congé. Il était agent de maitrise mais voulait assumer l’intérim cadre . Il a chauffé les gens autour de lui..Et certaines autorités en contact avec les R’Guibatt qu’il avait contacté pour qu’elles le soutiennent nous ont alertés. Ahmed Ould Bah a été nommé délégué du gouvernement pour la baie du lévrier et du Tiris Zemmour. La grève a éclaté et Grosjean (Responsable de la sécurité de Miferma ) est venu m’alerter. On a réquisitionné le peloton de gendarmerie de F’Dérick et comme cela ne suffisait pas on a demandé des renforts de Nouakchott. Ils ont envoyé Viya Ould Mayouv. Les troupes ont ét déployées entre le quartier Français et la pagaie pour éviter une intervention des troupes Françaises. J’ai rencontré le Directeur de Miferma à Zouerate qui acceptait le départ du conseiller juridique de l’entreprise qui s’en tenait à une application trop rigide de la convention. Le Directeur délégué Richardson était d’accord. L’inspection du travail avait accepté les revendications et tout semblait réglé. Un accord a été lu devant une partie de la population sur la ligne de démarcation (entre cité et bidonville). Certains sont partis , les autres n’avaient pas entendu et nous nous proposions de nous adresser à eux.
Viya voulait une réquisition spéciale pour intervenir. On a demandé au délégué du gouvernement de venir. Il est arrivé et a réclamé la fermeté. Les gens se rassemblaient à nouveau. Nous avons repris alors les méthodes du « tribalisme » et demandé aux représentants des grandes tribus d’intervenir. Ils l’ont fait avec un certain succès. Pendant ce temps les gardes essayaient de repousser la population. Ils ont tiré en l’air, les gens ont répliqué avec des pierres. Les militaires ont commencé à reculer. Quand ils sont arrivés au niveau des autorités, le Délégué a donné l’ordre de tirer.On a mis en barrière un FM avec 25 cartouches. Il y’a eu 8 morts et 23 blessés. Les choses se sont calmées tout de suite. Les gens savaient qu’ils étaient en tort car il y’avait eu beaucoup de destruction avant. Les accords ont été appliqués.
Le Directeur de Miferma Jean Audibert
A l’origine, il y’’eu 8 jours plus tot, le report unilatéral et sans explication de la réunion hebdomadaire avec les délégués par un membre du service du personnel. Cette réunion ,me dit-on a été prise en raison d’un travail urgent concernant l’informatique…Peut aprés une menace de sanction est transmise à un délégué par le service du personnel ; Puis vient un meeting où les onze délégués se font réprimander et démissionnent…Tout cela me parait classique encore que je note ,dans mon enquête, l’empressement du petit encadrement européen à designer comme bouc émissaire le service du personnel et sa volonté systématique de bloquer les informations, qu’elles viennent d’en haut ou d’en bas. C’est vraisemblement le délégué mécontent qui, lundi a déclenché la greve des chauffeurs chargés de conduire le personnel au travail, sans doute dans l’idée de paralyser toute activité. Mais pourquoi, le mercredi, le bidonville qui côtoie la cité s’est-il mis en mouvement ? On n’avait jamais vu cela. Dans ce bidonville vivent maintenant 7.000 personnes venues de partout, la plupart oisives. Malgré nos demandes, l’administration ne s’y est pas implantée et a laissé la situation se dégrader ? Mercredi, les femmes sont sorties de leur ghetto et en rangs serrés, ont proféré des menaces à l’encontre des agents Européens. Ceux-ci s’étaient enfermés dans leurs maisons. Ils ont eu très peur. Jeudi, après sommation, la troupe tirait dans la foule. Résultat : huit tués -dont six travaillaient pour la Miferma- et vingt deux blessés qui sont soignés dans notre clinique. Vendredi un vote était organisé et samedi le travail reprenait ».
Extrait du livre : La montagne de fer: la SNIM, Mauritanie : une entreprise minière saharienne à l’heure de la mondialisation… par Pierre Bonte,et Abdel Wedoud Ould Cheikh …KARTHALA Editions .page 144 à 151
Ely Salem Khayar
adrar-info
Libre Expression | Les nuisibles orpailleurs
Hamdi Enna – Concernant la pagaille qui sévit depuis un bon moment dans les localités de Tijirit et Taziast, nous avons malheureusement constaté que les orpailleurs ont nuisiblement détruit aussi bien notre faune que notre flore.
Des milliers de creux profonds espacés à peine de quelques centimètres ont fait plusieurs dégâts dans notre cheptel (blessures graves des chameaux et même vols) et une flore sauvagement détruite (appel aux ONG).
De ce fait, nous, éleveurs et habitants de ces deux localités, demandons aux gouvernement et aux ONG environnementales de bien prendre en considération nos doléances pour terminer cette pagaille et le plus vite possible serait le meilleur.
Si non, nous serons obligés à prendre les choses en main et d’essayer de récupérer l’irrécupérable car nos terres sont devenues désastreuses.
A bon entendeur salut.
Hamdi ENNA
cridem
Nomination des généraux dans l’Armée : Une bizarrerie mauritanienne (troisième partie) / Par le colonel (E/R) Oumar Ould Beibacar
Le 3ème mousquetaire
Dans le partage du pouvoir, le binôme conspirateur avait confié le corps de la Garde nationale à leur chouchou, le 3ème mousquetaire. Celui-ci, quand il était notre commandant de brigade d’élèves officiers d’active, à l’EMIA d’Atar, au cours de l’année 1980-81 portait le nom de Félix Henri Négri. Quand il avait été désigné chef d’état-major de la Garde nationale en juin 2008, il portait sur sa pièce d’identité, celui de Félix Joseph Négri.
Le 25 décembre 2007, lorsqu’il avait été proposé par le ministre de la Défense, au poste de chef d’état-major national, le président de la République aurait demandé d’enlever le prénom de son père, pour sa connotation trop européenne. Comme si son prénom et son nom avaient une connotation trop mauritanienne. Depuis lors, il porte le nom de Félix Négri, son père est un italo-sénégalais naturalisé mauritanien, sa mère est une thiouballo de Mbagne domiciliée à Boghé. Pour mauritaniser son nom, le site Lakhbar Tebga Viddar avait proposé le nom de Fah Ould Negra.
C’est un miraculé. Rescapé des événements de 1987-88, du génocide de 1990 et transformé en négationniste, rescapé de la tentative de putsch du 08 juin 2003, où il était pris en otage, et humilié avec d’autres officiers, par les mutins pendant quelques heures au Bataillon des blindés. Cet officier, hors-la-loi, avait été chargé par le général de brigade commandant du Basep, de détruire le mythe de la Garde nationale, ce corps républicain séculaire qu’il ne portait pas dans son cœur, en le mettant progressivement sous l’autorité de l’Armée nationale pour en faire un corps supplétif.
En effet, le premier mousquetaire avait toujours considéré le corps de la Garde comme un corps civil, au même titre que la police nationale puisqu’elles relèvent toutes les deux de l’autorité du ministre de l’Intérieur, ainsi que la Douane qui, elle, relève de celui des Finances, auxquelles il ne faut jamais avoir confiance. C’est pourquoi il faut toujours les faire commander par des militaires.
Le troisième mousquetaire s’était très bien acquitté de cette mission. C’est ainsi qu’il avait cédé une partie du patrimoine foncier de la Garde à Atar et à Néma, à l’Armée nationale, et qu’il avait érigé toutes les unités de maintien de l’ordre et de sécurité publique en unités exclusivement d’infanterie, qu’il avait mises à la disposition de l’Armée nationale commandées directement par des commandants de régions militaires en violation des lois et règlements en vigueur. Privant ainsi la Garde de ses missions régaliennes, en la remplaçant par de vieux retraités désarmés, mettant en péril les institutions de la République. Et lorsque les ambassades avaient rejeté le contingent des retraités chargé de les sécuriser, il les a fait remplacer par des policiers, au lieu du personnel relevé de la Garde, qui était formé spécifiquement pour ces missions et qui avait une expérience de plus d’une quinzaine d’années. Même le petit groupe de gradés et gardes, chargé de sécuriser les membres du gouvernement et hauts fonctionnaires de l’Etat, a été congédié pour être remplacé par des flics plus fréquentables.
Il avait aussi détaché tous les médecins et infirmiers de la Garde à la direction de la santé militaire pour les mettre sous l’autorité du 2ème mousquetaire, selon des procédures peu orthodoxes. Le recrutement des officiers de la Garde, régi par un statut particulier et relevant exclusivement des prérogatives du ministre de l’Intérieur, relève désormais de l’autorité du 2ème mousquetaire, en violation des règlements en vigueur.
L’intouchable.
En 2014, accusé de flagrant délit de mauvaises mœurs, le 3ème mousquetaire n’avait pas été inquiété. En pareilles circonstances, dans une République qui se respecte, et pour préserver le prestige de la fonction et l’honneur des officiers, le chef d’état-major aurait dû porter plainte contre x, pour diffamation et laisser la justice suivre son cours. Soit l’accusation n’est pas fondée, dans ce cas, l’accusateur doit en répondre devant la justice. Soit, les faits sont avérés, dans ce cas le chef doit être traduit devant les juridictions compétentes.
Le 23 janvier 2015, face à la prise d’otages de deux gardes à la prison civile, le plus grand défi sécuritaire qu’à connu la Mauritanie depuis l’indépendance, ce fameux chef d’état-major, pris de panique, s’était avéré incapable de traiter convenablement cette situation exceptionnelle. Les trois mousquetaires n’avaient pas trouvé mieux que de confier cette mission hautement stratégique au « général de corps d’armée », ministre de la Justice et au « colonel major » régisseur de la prison pour trouver une solution à l’amiable, répondant aux exigences des terroristes.
Avec le recul, on peut comprendre que cette honteuse défaite historique de nos forces armées et de sécurité face à ce défi terroriste au cœur des états-majors de nos forces armées, est peut être consécutive à l’application de l’une des clauses sécrètes de l’accord bilatéral de non-agression conclu entre le pouvoir militaire et Al Qaida et dont le brouillon avait été retrouvé dans les documents personnels d’Oussama Ben Laden et divulgué récemment par les américains. Sinon rien ne peut justifier cette deuxième capitulation du pouvoir d’exception.
En avril 2015, une mission de l’inspection générale des forces armées et de sécurité, envoyée gentiment pour contrôler la Garde, par le général de brigade commandant le Basep, suite à un tract qu’aurait lancé des officiers mécontents de la Garde nationale – de quoi faire retourner le capitaine Mamoye Diarra dans sa tombe- , dénonçant leurs mauvaises conditions de travail, avait décelé un trou de 90 millions d’ouguiyas pour ce premier trimestre, dans la gestion du 3ème mousquetaire.
Affolé, le capitaine trésorier et chef de sa tribu s’était éclipsé pendant quelques jours avant de se rendre, suite, semble-t-il, à l’intervention de ses proches qui lui auraient garanti son immunité, sa parenté avec la première dame devant jouer en sa faveur. Entretemps, le premier mousquetaire avait ordonné de pousser l’inspection pour couvrir toute l’année 2014. Le contrôle avait confirmé un trou de 448 millions d’ouguiyas pendant cette période. Soit un déficit global de 538 millions
La justice avait été saisie, des procès-verbaux de police judiciaire avaient été établis, des officiers concernés entendus par le parquet, le juge d’instruction censé être indépendant aurait été saisi, le capitaine trésorier avait été écroué et attend depuis un an son jugement. L’auteur principal, le troisième mousquetaire, n’avait jamais été entendu, malgré les preuves accablantes qu’aurait présentées son trésorier contre lui. Pour qu’il soit entendu par le parquet, il faut absolument un ordre de poursuite établi par le ministre de la Défense conformément aux dispositions de l’article 7 de la loi sur la justice militaire.
Le ministre n’avait pas été sollicité, à propos de cet ordre de poursuite, ni en amont par le chef de l’Etat, ni en aval par le chef d’état-major des Armées. Puisque le troisième mousquetaire, l’intouchable, était protégé par le second. Pour le pouvoir militaire, 538 millions d’ouguiyas, c’est juste de l’argent de poche pour un général. Il ne faut surtout pas l’inquiéter car cela pourrait porter préjudice à tout le monde. On trouvera, le moment venu, une solution pour exfiltrer le capitaine trésorier et clôturer cet encombrant dossier. Et pour blanchir définitivement l’intouchable budgétivore, on l’avait décoré le 28 novembre dernier de la plus haute distinction dans l’ordre du mérite national. Pourtant rien n’empêche de le poursuivre aujourd’hui puisqu’il a perdu son statut militaire et peut donc être justiciable des tribunaux civils, comme tout citoyen. Mais la justice ne peut pas fonctionner normalement, puisqu’on est toujours en période d’exception où les généraux sont au-dessus de la loi.
Inspections bâclées et règlement des comptes.
Si le 1er mousquetaire, « pionnier » de la lutte contre la gabegie, voulait vraiment savoir l’ampleur des détournements effectués à la Garde, pendant le commandement du 3ème mousquetaire, il lui suffisait de pousser le contrôle jusqu’en juin 2008, date de sa prise de commandement ; comme il l’avait fait pour son prédécesseur. Ainsi, il aurait sans doute découvert le pot-aux-roses, estimé en moyenne à 500 millions détournés chaque année, soit un montant de plus de 3 milliards d’ouguiyas.
Mais 3 petits milliards, c’est toujours acceptable pour un général, surtout un général qui avait joué un rôle prépondérant dans la prise de pouvoir par la force. Pourtant, «l’irréprochable » 3ème mousquetaire, s’était beaucoup enrichi pendant les quelques années qu’il avait passées à la tête de la Garde nationale. L’achat en 2013 d’une villa à 70 millions d’ouguiyas payés cash à Tevragh Zeina (NOT), au profit de son épouse, constitue incontestablement un signe extérieur d’enrichissement illicite.
Son prédécesseur, un colonel de l’armée nationale, ancien chef d’état-major national et ancien chef d’état-major particulier du chef de l’état, n’était pas en très bon rapport avec le binôme conspirateur. Particulièrement après leur promotion au grade de général, qu’il aurait dénoncé auprès de ses chefs. Il boudait toutes les réunions de la commission nationale de sécurité, en se faisant remplacer par son adjoint pour éviter de les rencontrer.
A la fin du mois de mai 2008, une vidéo compromettante tournée par un capitaine, dénonçant un important détournement par le commandement de la Garde, était tombée entre les mains du général de brigade commandant du Basep, qui aurait sauté sur l’occasion, pour forcer le Président de la République à déclencher immédiatement une inspection, afin de se débarrasser de cet encombrant colonel peu docile, et le faire remplacer par un proche en vue de mieux contrôler la sécurité des membres du gouvernement et des points stratégiques, qui lui échappaient.
Pour ce faire, il avait réussi à convaincre le président de la République d’utiliser une procédure exceptionnelle, nommant par décret une commission spéciale de contrôle du corps de la Garde nationale, dirigée par son ami personnel, un colonel ancien membre du CMJD, qui était inspecteur des forces armées au ministère de la Défense avec deux ou trois inspecteurs du ministère de l’Intérieur et quelques officiers intendants de l’Armée nationale, pour s’acquitter de cette mission limitée à la période de commandement du chef d’état major concerné.
L’inspection générale du ministère de tutelle, qui comprenait un colonel inspecteur de la Garde nationale, désigné par le conseil des ministres et qui avait toute l’habilitation requise, avait été contournée pour la circonstance, donnant ainsi aux militaires toute la latitude de conduire cette inspection, une autre erreur stratégique du président de la République. Ce contrôle s’était déroulé sous l’impulsion du général de brigade commandant du Basep et avait découvert un très grand détournement de deniers publics d’un montant de plusieurs centaines de millions d’ouguiyas.
Mais le but n’était pas de poursuivre pénalement le chef d’état-major de la Garde nationale, car cette décision pouvait conduire à ouvrir la boîte de Pandore, c’est pourquoi l’affaire a été classée sans suite, malgré sa gravité. Le but recherché était juste de l’humilier et de le démettre de ses fonctions, pour le faire remplacer par le 3ème mousquetaire, afin de mettre la main sur la sécurité du gouvernement et des points sensibles de Nouakchott comme la télévision et la radio entre autres, instruments indispensable pour prendre le pouvoir par la force.
(A suivre)
le calame
Pourquoi l’Adrar ? Parce que l’Adrar est aujourd’hui une région qui amorce un type de développement qui peut servir de modèle pour certaines régions du pays. L’explosion du
Le Chef de l’État refuse de recevoir le Président du Sénat, Mohcen Ould Hadj
Le Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a rejeté des demandes d’audience adressées par le Président du Sénat Mohcen Ould Hadj, avant son voyage en Turquie. D’autres audiences sollicitées auprès du Chef de l’Etat par certains sénateurs sont restées également sans suite, révèlent des sources. Le Président mauritanien serait mécontent de la fronde orchestrée dernièrement contre son pouvoir par certains membres de la chambre haute du parlement, consécutive à son discours prononcé à Néma, dans lequel, il a évoqué une éventuelle dissolution du Sénat par voie référendaire. Les sénateurs qui ont mis en place une commission secrète de coordination pour contrer cette orientation, ont rejeté des invitations adressées par le président de l’UPR et le Premier ministre ainsi qu’une médiation de bons auspices menée par la sénatrice Malouma Mint El Meidah. Ils ont boycotté par ailleurs la visite effectuée dernièrement par l’homme fort de Nouakchott à la capitale économique Nouadhibou, demandant la démission du gouvernement et promettant de ne pas adopter les résultats dégagés du dialogue attendu.
Cridem
L’éditorial du calame: Basta de l’autocratie et du tieb-tieb !
Le discours ‘’historique’’ de Néma n’arrête pas de susciter des vagues. Intervenant dans un contexte difficile, marqué, notamment, par la sortie, très médiatisée, du rapporteur spécial des Nations Unies sur l’extrême pauvreté et les droits humains, pour qui nous sommes assis sur une poudrière, et celle de l’institut américain Startfor (une CIA de l’ombre) qui n’exclut pas la possibilité d’un énième coup d’Etat dans le pays, cette sortie présidentielle était censée réconforter et apaiser. Elle s’est surtout appliquée à mettre de l’huile sur le feu. En flétrissant l’opposition, ramassis de « menteurs et de gabegistes » ; le Sénat, frein, inutile et coûteux, à la législation ; et en épinglant une certaine communauté qui « fait trop d’enfants », selon lui. Autisme politique, sécheresse des idées, bricolage… Et la campagne d’ « explications », menée, tambour battant, par l’UPR dont les responsables ont subitement découvert – autrement dit : beaucoup trop hâtivement – les vertus de la communication, n’aura, hélas, qu’un peu plus embrouillé les choses et amplifié la levée, sans précédent, de boucliers. L’opposition fustige une attitude haineuse. Biram, frais émoulu de prison, qui n’a rien perdu de sa verve, s’en prend au Président avec des propos peu amènes. Même les sénateurs, que les exégètes du discours présidentiel, n’ont pas ratés, s’offusquent, violemment, d’être ainsi vilipendés à moindre frais. Ils refusent de recevoir pas de moins de deux ministres et de répondre à une convocation de leur parti, l’UPR. Voués à disparaitre et n’ayant donc rien à perdre, les papys font de la résistance. L’un d’eux s’est même permis une sortie qui ne manque pas de courage. Pour lui, Ould Abdel Aziz doit être traduit devant la haute Cour de Justice, ni plus ni moins. Celle que préside toujours Sidi Mohamed ould Maham et qui allait juger l’ancien président Sidioca ? Utile rappel. « Qui creuse un puits pour son prochain », dit le dicton, « risque fort de s’y retrouver ». Version arabe de l’arroseur arrosé français. Que reproche notre vaillant sénateur à notre guide éclairé ? De s’être attaqué à une institution constitutionnelle et d’être intervenu dans le pouvoir législatif ? Comme si, dans notre démocratie militaire, la séparation des pouvoirs n’ait jamais été, un seul instant, réelle ou tant soit peu respecté, le texte fondamental de notre république. Que fit, de cette Constitution, en 2008, celui-là même qui s’attaque présentement au Sénat ? Ne la foula-t-il pas, tout simplement, du pied, en renversant un président élu ? Serait-il plus grave de médire le Sénat que de fomenter un coup d’Etat ? Bref, tout le monde s’affole. Alors que les limites de l’à-peu-près et de l’opportunisme, tant dans la conduite de l’Etat qu’en celle des affaires privées, craquent de partout, c’est pourtant de sang-froid et de compétences, réelles, cette fois, que la Mauritanie a plus que jamais, besoin. Et non pas d’un seul homme mais bel et bien d’équipes cohérentes, appliquées à des buts clairs et accessibles. Méthodiquement. Notre société et ses conditions de vie sont devenues complexes. Le deviendront encore plus. Cela implique des choix politiques. A l’opposé de l’autocratie et du tieb-tieb.
Ahmed Ould Cheikh



