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Hey, Hey… Samba Thiam, la Mauritanie n’a jamais été un État raciste et l’esclavage n’est que pour ternir l’image de marque de l’homme noir dans ce pays
Les flamistes ont comme slogan ‘’ Paul Kagamé a quitté Rwanda sur le dos de sa maman et il est revenu pour diriger et mettre fin à la haine des uns et des autres dans son pays’’. Et, vous les FLAM ? Après vingt-sept années d’exil, les principales figures des Forces de libération africaines de Mauritanie sont revenues au pays en septembre 2013, avec profil bat.
A l’étranger, ils ne faisait que faire peur aux autorités de Nouakchott en mettant en ligne des messages qui parlent d’une éventuelle lutte armée et qu’ils vont revenir en Mauritanie pour déstabiliser le pays et que si certaines conneries ne cessent pas en Mauritanie, ils vont provoquer une révolution sociale et les pays sera divisé en plusieurs parties.
www.tvpresse.info avait initié ses propres pistes d’investigations pour découvrir ce que ces guerriers du ‘’ Fouta’’ et de ‘’ Toro’’ de Mauritanie ont dans leur campagne d’intoxication. Au finish, ils ne sont que des viveurs dans l’ombre avec du café chaud. Ils ont oublié leur lutte fantôme en Mauritanie sans aucune communication officielle. Mais, de temps en temps, ils font semblant d’être agressif et nos cousins » Beidanes » s’affolent encore.
Cette communication officielle et en publique permettait, à leurs sympathisants sur le territoire national d’être à un niveau d’information que les techniciens de l’information afin qu’ils sachent que le FLAM est éteint par un mégot de cigarette par l’un de leurs fumeurs.
A l’étranger, les activistes des FLAM ne sont visibles qu’en 28 novembre de chaque année. Ou encore un délinquant de Nouakchott a volé un paquet de cigarette dans une boutique dans un quartier populaire, pour qu’ils fasse de bruit en Europe, Amérique et au Canada. Avec des slogans la Mauritanie n’est pas en sécurité.
Une jeune fille a accusé son père de l’empêcher de porter une culotte en public ou se promener avec une mini jupe. Les Flammes s’enflamment encore. Et autres faits divers qui n’ont aucun rapport avec le racisme d’État en Mauritanie. Les Flamistes de Samba Thiam, ne mettent en avant, que des slogans »bidon » pour attirer l’attention de la communauté international.
Les FLAM de Samba Thiam sont aussi, spécialistes dans le domaine d’enregistrement des témoignages et organisation des conférences, sans aucun effet sur la paix sociale en Mauritanie.
Leurs mouvements de protestation (meeting) ne sont souvent, organisés qu’ à des heures qui ne coïncident jamais avec le petit déjeuné de ‘’ Café chaud ’’, le repas entre 13H -30 et 14h avec du riz au poisson + les 3 normaux du thé (trois normaux c’est l’expression des Flamistes de Samba Thiam) et sans oublier le dîner du soir entre 21H et 22 H. Les FLAM de Samba Thiam sont aussi, spécialiste dans le domaine de certaines expressions en poular, par exemple : ‘’ Nguaré Sottone Kirtto’’…….( A lire le reste…bientôt en ligne)
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moudiaye8@gmail.com
Nouakchott – Mauritanie.
Nouvelles d’ailleurs de Mint derwich : A messieurs les auteurs de l’anthologie de littérature mauritanienne francophone
Je me suis posé la question de savoir si je devais m’adresser à vous et si mes mots à venir valaient cette chronique. Non pas que les mots me fassent peur, vous me connaissez assez bien, en tant que femme en écriture, pour deviner que les mots et moi, c’est une longue histoire. En premier lieu, laissez-moi préciser quelques petites choses qui ont leur importance : ce que je vais dire ne concerne pas les magnifiques auteurs que vous avez choisis. Certains, comme Ousmane Moussa Diagana, m’ont accompagnée, profondément.Cette lettre s’adresse à vous, aréopage auto-désigné, qui vous êtes arrogés le droit de vie ou de mort littéraire en décidant qui est un écrivain francophone et qui ne l’est pas. Oui, oui, je sais, il paraît que c’est une question de dates et de publication sous forme de livre-papier. Ce qui fait que j’ai eu la surprise de constater que vous ne m’avez pas jugée digne d’être reconnue comme auteur mauritanien d’expression française. D’ailleurs, je remarque que vous n’avez choisi qu’une femme, ma sœur en écriture, Aïchetou Ahmedou. Quelque peu « mâle », comme attitude… De plus, sciemment, vous avez décidé de zapper la poésie féminine mauritanienne de langue française, m’excluant, donc, de fait, de votre liste des « reconnus ».
Expliquant donc, au Monde – je ne veux pas croire que vous pensiez votre anthologie en œuvre anonyme à laisser croupir sur un rayon poussiéreux de notre université – que, d’un, une seule femme est écrivain, dans notre pays, et que, de deux, il n’existe pas de femme poète. Outre le non-sens et l’absurdité meurtrière de cette affirmation, je trouve votre omission me concernant quelque peu cavalière et incompréhensible.
Ok, ok, je vois vos mines de censeurs dépités qui me parlent de publication sous format-papier et de date-butoir. Je n’ose vous rappeler à vous, éminents professeurs de littérature, ce que PUBLIER signifie : rendre public. Rendre public. Réduire les publications au seul papier fait un peu moine médiéval, non ? Le monde a avancé, depuis les moines copistes du Moyen Âge, et le papier n’est plus le seul outil de publication.
Je n’ose vous rappeler, aussi, ce que vous savez très bien me concernant : s’il s’agit de rendre public, je pense que j’ai bien fait le job, vu que je publie une chronique hebdomadaire, depuis 1995, au Calame. De deux, je tiens un blog, depuis 2008 ou 2009, où je publie tous mes textes et mes poèmes, « Mille et Un Je ». Ce qui fait que je n’ai pas de leçons à recevoir sur le mot PUBLIER et le sens de l’écriture.
Vous comprendrez (ou pas) mon étonnement, à la mise à mort littéraire que vous avez décidé pour moi. Décréter qu’il n’y a qu’une seule femme écrivain ici, est soit le reflet d’une ignorance de la production littéraire, soit la preuve d’une volonté délibérée de m’assassiner. Les mots sont durs mais je pense qu’il s’agit bel et bien d’un assassinat. Vous vous êtes auto-proclamés censeurs et juges, décidant de qui vit et qui doit mourir, de qui est « digne » de faire partie de votre monde et de qui doit en être exclu.
Votre anthologie est-elle le reflet de notre tout petit monde de la littérature mauritanienne d’expression française ou, simplement, un énième avatar de ce que notre pays peut produire, en terme de médiocratie ? A savoir que nous évoluons dans un système fortement injuste. Qui vous a donné le droit de décider que je ne suis pas une femme écrivain, poète, chroniqueuse ? Qui vous a donné le droit de décider que je n’avais aucune légitimité à être femme en écriture ? Qui vous a donné le droit de mentir ?
Qui vous a désigné pour pondre cette anthologie dont même un membre de votre comité de sélection est juge et partie ? Qui vous a donné le droit, tout confits que vous êtes, derrière votre sacrosaint papier, que l’écriture en blog n’était pas publication ? Et qui vous a donné ce droit de mort sur moi ? Je ne sais plus qui a dit un jour que les critiques littéraires étaient des écrivains ratés. De grâce, ne donnez pas raison à cette expression…
En m’ignorant délibérément, en me rejetant publiquement dans l’obscurité, en refusant de me reconnaître comme femme écrivain, vous faites mal à notre pays, à notre mémoire, à notre image. Vous déshonorez la littérature et l’avez rendu rance et suspecte. Vous avez insulté l’intelligence des milliers de gens qui me lisent depuis des années. Et vous m’avez blessée, profondément blessée. Ne suis-je pas de ce pays ? Qui êtes-vous pour me dénier cette petite chose qui s’appelle mon écriture ?
Mais vous n’auriez fait que m’assassiner moi, j’aurais pu m’en consoler. On se console de tout, même de la bêtise et de la méchanceté la plus crasse, surtout de la méchanceté et de l’ignorance. Mais quid des autres ? Comment, par exemple, un Habib ould Mahfoudh n’a-t-il pas été jugé assez bon pour figurer dans votre anthologie ? Comment, COMMENT, parler de littérature mauritanienne francophone sans citer Habib ?
Ne me dites pas, chers censeurs et moines copistes, que l’art de la chronique n’est pas littérature. Je ne vous ferai pas l’injure de vous soupçonner de tant d’ignorance. Et tous les autres ? Antonia Barbosa, El Kory Sneiba, Ly Djibril, Bâ et consorts ? Oui, oui, je sais, foutue question de dates et d’édition papier… Vous aviez préparé votre réponse, bien mâchée, bien remâchée. Imparable, cette question de dates butoirs. Imparable… Très jésuite attitude…
Alors, oui, je suis en colère après vous, après ce groupe autoproclamé, qui a sabré dans le monde littéraire mauritanien et qui attribué les bons points, comme on offrirait un tengal à un gosse. Oui, je suis en colère et indignée. Comme tout bon littéraire, vous savez manier le verbe. Difficilement attaquable, votre excuse bidon. Pourtant, je la dénonce.
Je ne vous remercie pas de m’avoir exclue de votre monde élitiste et nombriliste. Je ne vous remercie pas d’avoir exclu Habib et les autres. Je ne vous remercie pas d’avoir « accepté » juste une femme, renvoyant les autres, dont votre servante, à ses fourneaux, la poésie, dans notre pays, étant, apparemment, exclusivement un mode masculin. Je ne vous remercie pas d’avoir coopté un des vôtres, sans honte. Je ne vous remercie pas d’avoir menti au monde en niant ma place et le fait qu’il existe bel et bien une poésie féminine de langue française chez nous.
Oh, vous étiez beaux, lors du lancement de votre anthologie : bien rasés, bien mouchés, bien habillés.
Mais si la honte devait étouffer… Alors, je vous rappelle qui je suis : je m’appelle Mariem mint Derwich, je suis femme (désolée), j’écris (re-désolée), je suis lue (re-re-désolée), les gens m’aiment bien (oups !), je suis la chroniqueuse la plus lue de ce pays (j’aggrave mon cas, là), j’ai un blog visité (aïe, je ne fais pas exprès), je suis poète ET femme (faut que j’arrête de dire ce genre de choses, ça vous énerve), et je suis orgueilleuse : je suis une foutue bonne écrivain.
Alors, c’est dommage que votre parti pris et votre volonté de m’annihiler, ainsi que les autres non retenus, rende presque suspects les écrivains choisis. Ils n’ont eu aucun tort et méritent leur place dans toute anthologie digne de ce nom. Mais quand le tronc est pourri, c’est tout l’arbre qui meurt… Messieurs les Professeurs, tout calés que vous êtes, vous n’en restez pas moins de cette société où beaucoup de choses sont sales. Je vous aurais cru au-dessus des basses manœuvres.
J’avancerai sans vous. Je continuerai à écrire, nonobstant votre ostracisme. Restez donc dans votre entre soi. C’est confortable, la malhonnêteté intellectuelle. Je m’appelle Mariem mint Derwich et j’écris. Et je vous salue bien bas : vous venez de me libérer… et de vous ridiculiser. Salut.
Mariem mint Derwich
La nomination des généraux dans l’Armée : Une bizarrerie mauritanienne (Quatrième et dernière partie) /Par le colonel (E/R) Oumar Ould Beibacar
Le premier mousquetaire
Depuis 1986, le chef de l’Etat actuel ne porte pas le corps de la Garde nationale dans son cœur. Cette année-là, il avait côtoyé trois officiers de la Garde parmi les plus brillants, pendant le stage du cours de capitaine à l’Emia d’Atar, qui s’étaient particulièrement distingués au cours de cette formation. Leur succès lui avait infligé un extraordinaire complexe, au point qu’il n’hésitait pas à les traiter publiquement d’officiers des forces supplétives, allusion au statut des gardes cercles, auxiliaires des autorités administratives, ce qui constitue une fierté pour notre corps.
Pour lui, les officiers de la Garde ne doivent pas participer au cours de capitaine puisqu’ils ne sont pas des militaires. Lui qui n’aurait pu réussir son brevet de capitaine sans la bienveillance du président du CMSN dont il était l’aide de camp, un métier domestique qu’il avait très bien assimilé. Et quand il avait usurpé le pouvoir, il avait placé deux officiers de l’armée à la tête de cette institution, privant ainsi les officiers de la Garde plus compétents, du commandement de leur corps.
Après avoir mis cette institution républicaine en position de subordination, sous l’autorité de l’armée nationale, il avait refusé d’apprécier à sa juste valeur le sacrifice et le courage de son personnel au cours des opérations de combat. C’est ainsi que l’officier de la Garde, qui avait particulièrement brillé pendant le raid franco-mauritanien mené le 22 juillet 2010, pour tenter de libérer l’otage français Michel Germaneau, en plein territoire malien au cours duquel sept membres d’Aqmi ont été tués, et le garde chauffeur, qui aurait sauvé le commandant d’unité à Hassi Sidi en septembre 2010, entre autres, n’ont pas été décorés, alors que tous les autres militaires et gendarmes, sans exception aucune, y compris les déserteurs à l’ennemi, ont tous été décorés ce 28 novembre 2010.
Il s’est toujours opposé à toute promotion des officiers de la Garde nationale pour lesquels il n’a aucun respect. Au moment où il les privait du commandement de leur propre corps, il distribuait les promotions à leurs frères de la Gendarmerie, ayant les même cursus et moins anciens, comme attachés militaires, inspecteur général des forces armées, directeur du BED entres autres. Nos frères de la police nationale subissent le même acharnement de la part du général de brigade commandant le Basep, qui leur interdit aussi la direction de leur institution tout en les privant de toutes promotions externes.
Pourtant, les commissaires de police sont les mieux indiqués pour diriger leur propre institution ainsi que pour la direction du bureau d’études et de documentation, la direction des ports et des aéroports. Les commissaires de police et les officiers supérieurs de la Garde, compte tenu de leurs aptitudes professionnelles et de leur expérience, pourraient rendre de grands services à la République en occupant des fonctions de Walis et hakems des moughataa dans les régions frontalières exposées aux menaces terroristes et aux trafics transfrontaliers de tous ordres comme les deux Hodhs et Dakhlet Nouadhibou entre autres.
Reflexes hors-la-loi
La folie des grandeurs avait conduit le chef de l’Etat à détester son grade, son statut
de militaire, ses décorations et son propre nom de famille. En effet, au lendemain du putsch du 6 août 2008 au moment de la confection de sa photo officielle, il avait fait deux objections, la première concerne son grade. Au lieu d’écrire son grade au complet : général de brigade au bas de la photo. Il avait ordonné au protocole d’écrire seulement Général Mohamed O. Abdelaziz, (voir photo 1). Parce qu’il considère qu’il n’y a qu’un seul vrai général en Mauritanie et il est bien connu. Comme en France lorsqu’on dit le général, on sait qu’il s’agit du général de Gaulle.

La deuxième objection concerne la photo elle-même, il avait exigé l’utilisation de son portrait en tenue civile, parce qu’il considère qu’il n’est plus militaire, et qu’il est devenu non seulement le chef de tous les militaires, mais aussi le de chef de tous les civils. Le HCE, pour lui, c’était une étape qui sera vite dépassée. Habituellement la photo officielle du chef du comité militaire est prise dans sa tenue militaire.
Le général de bataillon déteste aussi le port de ses propres décorations (photo 2)
quand il était chef d’état-major particulier du président de la république, bien qu’étant commandeur dans l’ordre du mérite national, il refusait de porter ses décorations, parce qu’ils existent sur terre des citoyens mauritaniens promus à la dignité de grand officier ou de grand cordon, donc plus gradés que lui. Même quand il était président du HCE, (voir photo N°3) il évitait de porter ses distinctions pour ne pas apparaitre comme un général parmi tant d’autres.

Le premier mousquetaire ne porte pas non plus dans son cœur, son propre nom de famille pour sa ressemblance, parait-il, avec un nom de famille de griots, communauté qu’il déteste profondément. Son prénom est Mohamed, le prénom de son père est Abdelaziz, son nom de famille est ELEYA. Il doit donc porter sur sa carte d’identité comme tous les citoyens, un nom composé de son prénom, du prénom de son père et de son nom de famille. Ce qui doit correspondre à Mohamed Abdelaziz ELEYA. Sur son passeport il doit s’appeler : ELEYA Mohamed. Soit couramment Mohamed ELEYA, ce qui n’est pas loin du fameux nom de Mohamed Alioune dont avait parlé le site taqadoumy.com.
Son père porte sur sa carte d’identité le nom de : Abdelaziz Ahmed ELEYA. Alors que lui il porte sur sa carte d’identité le nom de Mohamed Abdelaziz OULD ABDELAZIZ. Il suffit de consulter la dernière liste électorale bureau N°25 direction des domaines, le 67ème sur la liste, portant le numéro 12636 pour s’en convaincre. Sur son passeport, il porte le nom de OULD ABDELAZIZ Mohamed soit couramment Mohamed OULD ABDELAZIZ. Il s’est ainsi approprié exclusivement, l’identifiant OULD, dénominateur commun à tous les maures blancs et noirs.
Privant ainsi tous les maures de Mauritanie de cet identifiant qui était le seul paramètre qui faisait la différence entre les bidhane et les autres arabo-berbères, créant beaucoup de difficultés à nos ressortissants à l’étranger qui ne pouvaient pas du jour au lendemain changer leur identité aussi facilement. Il est donc le seul bidhani enrôlé qui porte l’identifiant OULD, allez savoir pourquoi.
Ainsi il viole les termes de la loi sur l’état-civil qu’il avait lui-même créé on ne sait pour quelles raisons. En termes juridiques cela s’appelle : faux et usage du faux, délit prévu et puni par l’article 150 de l’ordonnance N°83-162 du 9 juillet 1983 portant institution d’un code pénal.
Usurpation de décorations.
En distribuant les distinctions et les médailles gracieusement, comme des écussons individuels, en violation flagrante de la loi 61182 du 2 novembre 1961, les conspirateurs ont dévalorisé la récompense et le mérite national. En effet, quand Ils avaient constaté que certains généraux de brigade nouvellement promus, n’avaient obtenu aucune distinction, pendant plus de 30 ans de bons et loyaux services – ce qui démontre qu’ils n’étaient pas les plus méritants – et pour sauver les apparences, les surdoués du HCE ont décidé de donner à tout général de brigade, le droit d’arborer d’office dés sa nomination, la majeure partie des médailles de la République. A savoir trois distinctions sur cinq dans l’ordre du mérite national, soit les grades de : Chevalier, Officier et Commandeur, ainsi que l’ordre de la médaille de la reconnaissance nationale, en plus de la série de médailles d’honneur attribuées normalement au personnel subalterne, pour donner à ces généraux l’image de véritables héros nationaux.
Ils n’ont même pas pris la peine d’abroger la loi, puisque le HCE n’avait pas de pouvoir législatif. Si le HCE avait procédé à cette sournoiserie par décret présidentiel, celui-ci est nul et non avenu, puisque contraire à la loi. S’il avait exécuté cette fourberie par ordre verbal, c’est une offense à la République et au peuple. La loi 61 182 du 2-11-61 stipule dans son article 2 : « Le mérite national est la distinction honorifique la plus élevée de l’Etat. Il est destiné à récompenser les services éminents rendus à la nation. ».
Elle stipule dans son article 11 : « Pour être admis dans l’ordre, il faut avoir exercé pendant 15 ans avec distinction des fonctions publiques, civiles ou militaires, ou bien justifier de 15 ans de pratique professionnelle dans le secteur privé, être âgé de 35 ans au moins au 1er janvier de l’année de proposition. ». Elle stipule dans son article 12 : « Nul ne peut être admis dans l’ordre du mérite national qu’avec le premier grade de chevalier. Nul ne peut être promu au grade d’officier s’il n’a passé au moins 5 ans dans le grade de chevalier. Nul ne peut être admis dans le grade de commandeur s’il n’a été 4 ans officier, à la dignité de grand officier s’il n’a été 3 ans commandeur, à la dignité de grand cordon s’il n’a été 3 ans grand officier… »
La durée minimale de 9 ans, prévue par la loi entre le grade de chevalier et celui de commandeur a été réduite à quelques minutes par décision du HCE au mépris des textes en vigueur. Cette loi stipule enfin dans son article 13 : « Il peut être dérogé aux conditions fixées par les articles précédents pour l’admission ou l’avancement, pour récompenser des actes d’héroïsme, des actes d’éclats et des blessures graves, des services extraordinaires rendus au pays. Les propositions sont formulées par les ministres qui doivent préciser dans un rapport spécial les titres ou faits exceptionnels justifiant l’octroi de la décoration. Ces nominations ou promotions ne pourront être prononcées qu’après l’agrément du conseil de l’ordre. ». Lequel n’aurait jamais été mis en œuvre depuis l’avènement des militaires.
L’administration de l’ordre est fixée par l’article 30 qui stipule : « Pour l’administration de l’ordre, le président de la République dispose de la chancellerie, et il est assisté du conseil de l’ordre. Le conseil de l’ordre est présidé par le président de la République. Il est composé de trois membres titulaires et de trois membres suppléants nommés pour quatre années par décret. Tout membre titulaire absent ou empêché est remplacé, dans l’ordre des nominations, par un membre suppléant. Les fonctions de membre du conseil de l’ordre sont incompatibles avec celle de membre du gouvernement ou celle de député à l’assemblée nationale.» La nomination au grade de général de brigade n’est pas un acte d’héroïsme ni un coup d’éclat ni un service extraordinaire rendu au pays, jusqu’à preuve du contraire. Même si on la considère comme telle, elle ne peut donner lieu qu’à la promotion à un seul grade de l’ordre.
Il ressort de ce qui précède que le port par ces généraux de ces distinctions est illégal, ce qui est prévu et puni par l’article 29 de cette même loi qui stipule : « Le port illégal des insignes de l’ordre national, et l’usurpation de la qualité de membre de l’ordre sont punis d’un emprisonnement de six mois à deux ans, et d’une amende de 36 000 à 500 000 francs »
Port anarchique des distinctions
Par ailleurs, ces généraux, ne savent même pas comment arborer leurs médailles non méritées. Certains les portent souvent à l’envers comme le chef d’état-major de la garde nationale, (photo N°4). On voit sur sa poche gauche sept médailles, au sommet de la pyramide, la médaille d’honneur de 3ème classe est la première décoration attribuée aux subalternes, puis une série de trois médailles composée d’une médaille d’honneur de 2ème classe, d’une médaille d’honneur de 1ère classe et de la médaille de reconnaissance nationale, puis au bas de la pyramide une dernière série composée des médailles de chevalier, d’officier et de commandeur de l’ordre du mérite national. Normalement ce général ne doit porter que deux distinctions, puisqu’il avait été nommé par décret aux grades de chevalier et d’officier de l’ordre du mérite national.
Son prédécesseur, le troisième mousquetaire (photo N°5)
prise le 25 novembre 2007 le jour de la fête des forces armées, lorsqu’il était adjoint au chef d’état-major national. Il sera décoré pour la première fois, trois jours plus tard le 28 novembre 2007 du grade de chevalier de l’ordre du mérite national, avant d’être nommé chef d’état-major national le 25 décembre 2007. Une année plus tard (photo N°6)
nommé chef d’état-major de la Garde, il arborait déjà 7 médailles comme son successeur cité plus haut, alors qu’il ne pouvait légalement prétendre au grade d’officier qu’en novembre 2012 et au grade de commandeur qu’en novembre 2016. Ainsi, six médailles sur sept sont usurpées et portées illégalement, juste pour le décor.
Le grand timonier, deuxième mousquetaire porte le plus grand nombre de médailles, puisqu’il s’est emparé des 6 médailles des deux ordres de la République, l’ordre du mérite national 5, et l’ordre de la reconnaissance nationale 1, en plus des 3 médailles d’honneur habituellement réservées au personnel subalterne sous-officiers et hommes de troupe. Comme si l’habit faisait le moine…
D’autres les portent n’importe comment, rares sont ceux qui se conforment à l’instruction ministérielle qui précise clairement la hiérarchie de ces distinctions. Et qui stipule que « les décorations, à l’exception de celles qui se portent régulièrement en sautoir, sont fixées sur le côté gauche de la poitrine, dans l’ordre suivant allant du milieu de corps vers l’extérieur : Mérite National, Médaille de la Reconnaissance Nationale, Citations, Médaille d’honneur, Décorations étrangères (portées à la suite et à gauche des décorations mauritaniennes et sans ordre imposé) ».
Il suffit de voir les sites de l’Armée ou de la Gendarmerie ou de jeter un coup sur la tenue d’un officier flic arborant ses médailles bien méritées, un 28 novembre, pour constater le niveau de l’anarchie dans le port de ces valeureuses distinctions.
Complaisance et improvisation dans le choix des récipiendaires
En 1994, en mission avec le chef d’état-major de la Garde nationale, invité par la coopération française à Paris, au cours d’une visite de l’école d’état-major, j’ai été interpellé en aparté par un capitaine français, mon promotionnaire au cours d’état-major, qui faisait partie du staff du général directeur de l’école, qui m’a dit : « Mon capitaine, ton chef doit être une vraie nullité ! »
Je lui ai demandé pourquoi ? Il m’a répondu : « Parce qu’il est lieutenant-colonel chef d’état-major et qu’il n’a jamais été décoré alors que toi tu es un petit capitaine et tu es déjà chevalier de l’ordre du mérite national, à ta place j’aurais gardé ma médaille dans ma poche. » J’étais véritablement indisposé par les propos de ce promotionnaire.
En effet, nos chefs par pudeur ou par timidité, ne portent jamais leurs noms dans le mémoire de proposition, laissant toujours l’initiative au président de la République de faire le nécessaire, c’est pourquoi ils sont rarement décorés. On voit souvent des officiers mieux décorés que leur chef de corps, une véritable absurdité. Quant aux propositions que font les chefs de corps, pour les décorations du personnel le jour de l’indépendance, elles répondent rarement aux critères objectifs d’usage et sont le plus souvent improvisées.
Le vendredi 27 novembre 1992, j’avais déjeuné avec le chef de corps à son domicile, nous étions seuls dans son salon quand le téléphone fixe sonna, au bout du fil il y avait le colonel Diallo Mohamed, directeur du cabinet militaire, il demanda au commandant de la Garde, sur instructions du chef de l’Etat, de lui proposer les noms de deux officiers qui seront promus au grade de chevalier de l’ordre du mérite national et décorés le lendemain pendant la cérémonie de la levée des couleurs à la présidence.
Dés qu’il avait déposé le téléphone, et sous le signe de l’urgence, le chef d’état-major s’adressa à moi pour me dire : « Je te désigne pour être décoré demain au grade de chevalier de l’ordre du mérite national et je te demande de me proposer rapidement l’un de tes promotionnaires pour être décoré avec toi. » Sans hésitations je lui avais proposé celui qui me suivait directement, le capitaine Mesgharou O. Sidi, l’un des meilleurs officiers de la Garde nationale. Il reprit aussitôt le téléphone et annonça nos deux noms au directeur de cabinet.
Je me suis alors trouvé dans l’obligation d’aller immédiatement à l’état-major pour préparer les tenues indispensables pour cette cérémonie, et informer par radio mon binôme qui commandait le groupement d’Aleg. Vers 22h, ce dernier rentra à Nouakchott et le lendemain, après la levée des couleurs, nous étions tous les deux décorés publiquement à la présidence, par le chef de l’Etat.
En 2014, après avoir consulté la loi 61 182 du 2-11-61 citée plus haut, j’avais constaté qu’en novembre 1992, on ne remplissait pas les conditions d’âge et d’ancienneté requises pour prétendre au grade de chevalier de l’ordre du mérite national. Quinze ans après, le 28 novembre 2007 nous avons été promus tous les deux, au grade d’officier de l’ordre du mérite national. Jusqu’à la fin de ma carrière, je n’ai jamais compris quels sont les services éminents que j’ai rendus à la nation pour prétendre à ces deux distinctions.
le calame
Urgent: plusieurs morts dans une bousculade à Nouakchott
ALAKHBAR (Nouakchott)- Plusieurs personnes sont mortes ou blessées dans une bousculade survenues ce mercredi à Nouakchott près de «La CASE ».
Les victimes se précipitaient pour recevoir de la zakat (aumône) d’un homme d’affaires.
Les corps des défunts ainsi que les blessés ont été transférés au Centre Hospitalier de Nouakchott (CHN).
Ely Ould Mohamed Vall passe au rayon X les enjeux actuels et futurs de la Mauritanie: “L’homme qui a assassiné la démocratie par le coup d’Etat débile et dangereux de 2008, n’est ni apte ni disposé à organiser une élection propre et crédible”
Officier supérieur, artisan et Président de l’impeccable Transition de son pays vers la démocratie (2005-2007), personnalité de premier plan, personne-ressource de la communautéinternationale et membre d’honneur des Fondations Jacques Chirac et Yasser Arafat, Ely Ould Mohamed Vall fait partie de la poignée d’hommes et de femmes de valeur prêts à servir la patrie mauritanienne, si l’Histoire l’y convienotamment dans un contexte où celle-ci est en perpétuel équilibre entre panne politique, surplace économique et naufrage géopolitique.
Dans cet entretien pointu avec le journaliste-politologue Babacar Justin Ndiaye, Ely Ould Mohamed Vall s’éloigne du train-train quotidien, monotone et superficiel du débat permanent entre majorité et opposition, pour – tour à tour – fouiller les entrailles de la réalité mauritanienne et aiguillonner son pays vers le cap du meilleur destin, dans un environnement perturbé par les contraintes de la géopolitique saharo-sahélienne. Au vu de la nature des questions, le journaliste lui donne alternativement du « Mon Colonel » et du « Monsieur le Président ».
Mon Colonel, un gros pan de votre carrière reflète une vertigineuse mobilité. Aix-en-Provence, Meknès, guerre du Sahara, Aïn Ben Tilli (uneposition militaire où vous a précédé le défunt et prestigieux capitaine Souédad), puis le commandement de deux importantes régions militaires. Enfin, le pôle de stabilité ou le point d’ancrage fut la Sûreté nationale. Presque vingt ans de Premier policier de Mauritanie. Quel est le secret de ce record de longévité dans un poste où la gloire et la déchéance sont des sœurs siamoises ?
Je crois que le culte de la loyauté, la confiance de la plus haute autorité de l’Etat et une certaine conception de la responsabilité mettant en avant la personnalité, ont permis de servir la nation, à cet échelon-là. Sans abus. Vous savez, à ce niveau de responsabilité et dans l’exercice d’une mission nationale aussi patriotique que délicate, votre personnalité joue pleinement. En clair, vous restez fidèle à l’autorité, mais vous demeurez autonome dans la manœuvre, c’est-à-dire dans l’exécution desordres, et plus globalement dans l’accomplissement de la tâche. Si l’autorité accepte cette sorte d’accord tacite, non écrit mais convenu, tant mieux ! Sinon, vous en tirez les conséquences. Moi, ce fut mon schéma de travail..
Monsieur le Président, n’avez-vous pas le sentiment – rétrospectivement bien sûr – que votre candidature à l’élection présidentielle de 2009 fut insuffisamment mûrie voire totalement irréfléchie ?
Je vous cite Mirabeau : « On peut tout soutenir, sauf l’inconséquence ». Ayant initié et piloté une Transition démocratique validée par tous les Mauritaniens, jusqu’à son terme, je devais et dois toujours porter en bandoulière, mes convictionsdémocratiques. Sans être naïf. Car l’homme qui a assassiné la démocratie par le coup d’Etat débile et dangereux de 2008, n’est ni apte ni disposé à organiser une élection propre et crédible ; encore moins à favoriser une alternance salutaire et salvatrice pour la Mauritanie. Avec un usurpateur qui a confisqué le pouvoir suprême, c’est la baïonnette qui sortira toujours victorieuse des urnes. Dans la Mauritanie d’aujourd’hui, les campagnes électorales, les bulletins de vote et les scrutins périodiques sont faits pour amuser la galerie. Donc, je joue – sans illusions – la carte de la démocratie face à un régime fossoyeur de la démocratie, afin que les Mauritaniens ne m’indexent pas comme l’homme qui les a abandonnés au milieu du gué et à la croisée des chemins escarpés.
En tout cas, la conjoncture politique est étonnamment calme. Est-ce une torpeur grosse de tornade ou une léthargie lourde d’abattement et de découragement ?
Détrompez-vous ! Au demeurant, je n’ai pas besoin de vous détromper, vous qui connaissez la Mauritanie, ses habitants et son histoire. Rappelez-vous, jusqu’au début des années 30, l’ordre colonial – malgré les moyens militaires et les rigueurs administratives de la France – était contesté. Autrement dit, la Mauritanie n’a jamais figuré parmiles colonies entièrement soumises. La pacification y a été lente, laborieuse et heurtée. Donc, ce n’est pas un putschiste sans une once de légitimité, qui domineraindéfiniment notre pays. L’Histoire n’est pas une course de vitesse, c’est une course de fond. L’usurpateur le vérifiera obligatoirement à son détriment. Et l’opposition est d’autant méthodique que sa vocation n’est pas de casser ou de calciner le pays. Bien au contraire : elle veut sauver et sauvegarder la Mauritanie, pour mieux la gouverner demain, en la plaçant sur les rails de l’émergence. La boulimie de pouvoir et de tous les pouvoirs, c’est l’apanage de l’auteur du coup de force de 2008. Moi, j’ai une autre conception de la magistrature suprême qui rime avec mission, sacerdoce et grandeur.
Par-delà l’actuel Président de la république, il y a l’armée qui bouche totalement l’horizon démocratique depuis le 10 juillet 1978. Elle bivouaque en permanence au Palais présidentiel. Ne craignez-vous pas une « turquisation » définitive de la Mauritanie, avec une armée qui a son Etat et non l’inverse ? Autrement dit, est-ce que la Mauritanie n’a pas désormais intégré le club des pays où l’armée gouverne ou surveille la gouvernance : Turquie, Pakistan, Guinée-Bissau… ?
C’est justement le sens de mon engagement et de mon combat qui n’ont jamais été politiciens mais éminemment politiques. Nous devons conjurer une telle perspective et éviter un tel destin pour notre pays. C’est d’autant plus inacceptable que nous n’avons la même trajectoire historique que les pays qui ont été cités. En Mauritanie, ce n’est pas un mouvement armé en lutte qui a conduit le pays à l’indépendance. C’est un Etat de type originellement républicain qui a forgé un magma d’institutionsparmi lesquelles figure l’institution militaire. Jusqu’en juillet 1978, la hiérarchie militaire était subordonnée au pouvoir politique et civil, comme leveut l’orthodoxie républicaine. C’est la guerre du Sahara, c’est-à-dire une conjoncture lourde de périls, qui a provoqué cette accidentelle sortie de route.
Bien entendu, le loup militaire dans la bergerie, c’est commode et confortable pour les loups gradés et ambitieux, mais c’est dévastateur pour la bergerie. Certes, l’armée est un chef d’œuvre d’organisation, de discipline et de hiérarchisation ; toutefois elle estune entité lovée dans l’entité nationale. Du coup, l’activité politique peut y injecter le sérum de la division à travers les virus que sont les clans, les coteries, les ethnies et les tribus. Voyez-vous, dans tous les pays africains en guerre ou en voie de dislocation, c’est l’armée cassée et morcelée qui en est l’élément tantôt détonateur, tantôt amplificateur. Bref, le groupe socioprofessionnel qui a le monopole du feu (l’armement) doit faire très attention, en se mettant en marge de l’échiquier politique, notamment dans un pays comme la Mauritanie où les fêlures identitaires et les fractures communautairess’effacent lentement, sans être parfaitement refermées En un mot, comme en mille, la démocratie reste notre radeau. A condition, évidemment, qu’elle ne soit ni biaisée ni biseautée ni pipée.
Monsieur le Président, c’est bien dit ! Toutefois, il y a un télescopage entre l’agenda démocratique des peuples et l’agenda sécuritaire de la communauté internationale qui, elle, privilégie le tout-sécuritaire, c’est-à-dire la lutte à outrance contre le terrorisme synonyme d’islamisme dansl’entendement des Occidentaux. Est-ce que ce choc des agendas ne ruine pas les perspectives démocratiques dans une Mauritanie installée sur la ligne de front anti-terroriste ?
Le fruit de mon analyse est que les agendas doiventêtre concomitants et non concurrents. On peut assurer la sécurité de la Mauritanie sans sacrifier les aspirations légitimes de son peuple sur l’autel des vicissitudes géopolitiques. La meilleure façon d’apporter de l’eau au moulin du terrorisme, c’est précisément et fâcheusement, de geler ou d’enterrer le progrès économique et social des pays africains, au profit d’une démarche exclusivement martiale. La frénésie militaire n’est pas la solution, car le terreau fertile et l’engrais fertilisant du terrorisme ont pour noms : le déficit de démocratie et le déficit de développement. Nous devons, avec beaucoup de pédagogie, expliquer cela à nos partenaires de la communauté internationale. Sinon, le combat contre le terrorisme se transformera en une bouée de sauvetage pour des régimes essoufflés qui n’hésiteront à puiser dans l’arsenal des mesures d’exception : état d’urgence, état de siège etc. Pour me résumer et pour simultanément mettre en garde, je dis que l’arbre du combat louable et nécessaire contre le terrorisme ne doit pas cacher la forêt des calculs bassement politiques. Car des régimes impopulaires trouveront aisément dans la montée du terrorisme, une vraie aubaine ou du pain béni, pour bâillonner la presse, geler les libertés publiques, enterrer les acquis démocratiques chèrement conquis et, in fine, congeler l’alternance. Pour moi, la réelle bombe atomique contre le terrorisme, c’est le tandem « démocratie-développement ».
Toujours en connexion avec les agendas nationaux, internationaux et électoraux, beaucoup de pays s’installent dans ce que j’appelle : « la saison africaine des 1er tours gagnants ». Monsieur le Président, ne redoutez-vous pas les effets contagieux du syndrome du printemps continental des 1er tours, en Mauritanie ? En clair, l’occupant du Palais fera-t-il sauter – par voie référendaire – le verrou constitutionnel des deux mandats, en vue de gagner proprement au 1er tour, en 2019 ?
D’abord, le squatter du Palais n’a jamais gagné proprement. Lui, il confisque ou usurpe avec ou sans comédie référendaire. Et pour un hold-up, on n’a pas besoin de premier ou de second tour. Quand on triche, on peut passer au quart de tour. Plus profondément, votre question met en exergue l’équation et/ou le défi de la démocratie, sous nos cieux. Et, bien sûr, le regard condescendant ou respectueux que la communauté internationale porte sur notre gouvernance. Pour moi, la démocratie n’est pas un apparat juridique (des textes) ; elle n’est pas un décor électoral (des scrutins à répétition). La démocratie est une question de sincérité, car les institutions et les organes de toute nature (Administration, CENA, CENI etc.) ne valent que ce que valent les hommes et les femmes qui les animent. Par exemple, une Constitution n’est ni bonne ni mauvaise dans l’absolu. Tout dépend de l’usage sérieux, sincère et productif qu’on en fait. Il y va de la crédibilité, de la vitalité et de la pérennité de nos Etats. Vu sous cet angle, les victoires électorales au premier ou au second tour deviennent secondaires voire dérisoires. S’agissant de la limitation des mandats, je crois que les antécédents burkinabé et burundais ont démontré amplement qu’il y a un feu constitutionnel avec lequel il est interdit de jouer, lorsqu’on aime son pays.
Monsieur le Président, on n’est pas encore sorti de l’auberge. Tenez, on murmure que le Président Mohamed Abdelaziz voudrait – par des artifices juridiques, des astuces politiques et un zeste de pression militaire – installer un successeur à la tête de l’Etat. Est-ce vraisemblable, plausible et possible ?
Il y a des urgences assez brûlantes et des perspectives assez grises – donc pas du tout roses dans mon pays – qui me décommandent de commenter une telle blague sans saveur. Ces histoires de dauphin et de poulain sont de schémas irresponsables et risibles. Je me hâte d’ajouter que la Mauritanie n’est pas une monarchie : ni réelle ni déguisée.
Monsieur le Président, le réquisitoire contre le régime du Général Aziz ne cache-t-il pas votre difficulté à vous mouvoir sur l’échiquier politique face au rouleau compresseur de l’UPR? C’est bel et bien le sentiment de quelques chroniqueurs de la presse qui trouvent que l’opposition n’a pas su dégager un leadership…
Je ne polémique jamais avec la presse qui est un acteur incontournable, remarquable et respectable de la vie politique, en général et du bon fonctionnement de la démocratie, en particulier. A mon avis l’épicentre du débat se situe ailleurs. Le préalable, pour moi, est de créer un rapport de forces dans l’opinion et chez les citoyens, un rapport de forcesdis-je, qui impose l’émergence de procédures électorales et de réflexes démocratiques assez fiables, à l’abri de toute tricherie grotesque et des micmacs malsains, comme on en voit depuis l’avènement du présent régime. C’est un travail de longue haleine. Je le répète : l’Histoire n’est pas une course de vitesse, c’est une course de fond. Même, s’il urge, parfois, d’accélérer la cadence.
Monsieur le Président, on enregistre la chute des cours du fer, de l’or et des hydrocarbures. En éprouvant l’économie mauritanienne, cette conjoncture rend encore plus pénible la vie des populations. Quel est votre plan et/ou votre parade contre cette descente sociale aux enfers ?
Il n y a pas de panacée. On ne peut pas mécaniquement et immédiatement peser sur les cours mondiaux. En revanche, un gouvernement travailleur peut profiter des embellies – même passagères – pour alimenter un Fonds National de Souveraineté destiné précisément à amortir ou, tout au moins, à amoindrir les effets des mauvaises surprises, comme la baisse soudaine et drastique des recettes dans les secteurs moteurs de l’économie nationale. Mais la vraievocation de ce Fonds National de Souveraineté (FNS) sera d’anticiper sur les crises cycliques, en fortifiant les piliers de notre économie ; et des’évertuer, durant les moments d’embellies, à cibler des investissements créateurs de richesses. Gouverner, c’est prévoir et prévenir, a-t-on l’habitudede dire.
Toujours au chapitre économique et social, le chef de l’Etat s’est très tôt autoproclamé « le Président des pauvres ». Apparemment, il est content de cette appellation. Votre commentaire ?
L’usage de ce slogan est abusif et trompeur. Car, emprunté à un autre pays baignant dans un autre contexte politique puis fallacieusement transposé en Mauritanie. Et comme d’habitude, la copie est pâle comparativement à l’original. Au demeurant, demandez « aux pauvres » de Mauritanie, s’ils le reconnaissent comme un des leurs dans sa nouvelle situation ! En tout état de cause, éradicateur de la pauvreté, c’est mieux.
Pourtant, en écoutant les officiels et les thuriféraires du régime, on apprend qu’il y a des progrès spectaculaires, réels et chiffrés …
L’économiste américain d’origine écossaise, Alfred Marshall – à ne pas confondre avec le Secrétaire d’Etat Georges Marshall, auteur du célèbre Plan – avait l’habitude de dire à ses étudiants, je le cite : « L’économie réelle, c’est le ventre et la poche. Tout le reste n’est que littérature économique et forêt destatistiques ». Démarrez une enquête économique auprès des couches populaires en Mauritanie, vous entendrez des réponses aux antipodes des discours d’autoglorification !
Monsieur le Président, on est à l’orée du 6huin2016 début du ramadan. Votre dernier mot en guise de souhait pour vos compatriotes et pour votre pays. Voire notre pays, car la Mauritanie est ma seconde patrie…
Je souhaite que le ou les futurs anniversaires – je conjugue au futur immédiat, pas au futur lointain – soient célébrés sous les auspices d’une rupture historique et démocratique. J’insiste : « Rupture » avec un grand R. Autrement dit, un sursaut démocratique et pacifique via lequel le peuple récupère puis redistribue librement la légitimité dont il est l’exclusif et le souverain détenteur.
(Propos recueillis par Babacar Justin Ndiaye
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