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Le dialogue: BAATHISTES-FLAM, quand les masques tombent
Qui peut évaluer, de façon exacte, dans la Mauritanie d’aujourd’hui, le poids idéologique et démographique des deux formations politiques connues sous les nom des « Baathistes » et des « FLAM » ?
Pourtant, chacune de ces formations prétend représenter l’« élite », ou l’« avant garde » du peuple Mauritanien, et en même temps chacune d’entre elles, considère l’autre comme le mal, par définition, de la Mauritanie et de son peuple.
Historiquement, le mouvement Baath de Mauritanie est une excroissance du parti du même nom, né dans le « Cham » ( Syrie et Irak) en 1947, sous l’impulsion de Miche Aflak pour « combiner le socialisme arabe et le nationalisme arabe ».
Ce Parti, leader de l’éveil des jeunesses Arabes, de l’époque, en quête de libertés et de modernisme, a subi les tirs croisés du sionisme juif, de l’impérialisme Américain et du mépris des régimes conservateurs des pays du Golf.
En Mauritanie, où l’implantation des cellules Baathistes a commencé au début des années 60, du siècle dernier, en « suppléant », petit-à-petit, leurs « grands frères » Nasséristes.
Sans rentrer dans les détails de l’histoire et des méthodes du mouvement Baathiste en Mauritanie, on peut considérer qu’il a été de toutes les luttes politiques, au sein des syndicats des travailleurs et des étudiants, mais aussi en noyautant biens des structures, civiles et militaires, de tous les régimes qui se sont succédés en Mauritanie depuis l’Indépendance et jusqu’aujourd’hui.
Son combat vise deux objectifs affirmés: la promotion de la langue Arabe, dans l’enseignement, l’Administration publique, ainsi que l’affirmation de l’identité Arabe de la Mauritanie. Pour atteindre ces objectifs, le mouvement Baathiste a tenté, et réussit quelquefois, des alliances tactiques avec quasiment toutes les formation et mouvements politiques du pays, exceptés ceux d’obédience Négro-africaine.
Son étoile, qui n’a cessé de briller depuis l’avènement du premier coup d’Etat militaire de 1978, malgré quelques « fausses notes » de certains dirigeants militaires, non acquis à leur idéologie, Heydala, en particulier, connait quelques nuages, depuis la disparition du Leader historique du Baath moderne, El Marhoum Saddam Hussein.
Mais qu’il pleuve, ou qu’il…vente, les leaders du Baath de Mauritanie, continuent à poursuivre leur marche et à considérer, de plus en plus, les FLAM comme la menace principale qui hypothèque l’avenir de la Mauritanie.
La déclaration de ce weekend du « leader maximo » du mouvement Baathiste, M. Devali Ould Cheine, en réaction au discours de M. Balas, à l’ouverture du dialogue, a donné le ton à une passe d’armes (dans tous les sens du terme), que biens des Mauritaniens, des deux côtés, attendaient.
Quant au mouvement des FLAM, dont l’acte de naissance officiel, « le manifeste du négro-africain opprimé », a été porté à la connaissance de l’opinion publique Mauritanienne en 1986, mais qui serait né au moins deux ans avant.
Il est l’œuvre de groupes Négro-africains, principalement du Fouta, avec à leur tête El Marhoum Ly Djibril Hamet, déclaré officiellement Président du mouvement.
Se présentant comme la synthèse des mouvements et des luttes que mènent les négro-africains de Mauritanie depuis l’indépendance, pour une affirmation plus officielle du caractères africain de la Mauritanie et pour une meilleure prise en compte des spécificités de la Vallée, tant sur le plan économique que culturel, les FLAM, ont annoncé une rupture avec le « régime Beïdane d’apartheid » et proclamé la lutte armée pour l’autonomie du Fouta.
La confrontation directe avec le régime militaire d’alors, a fait des ravages que l’on connait, dans les rangs des Flamistes déclarés. En réaction aux arrestations, à la torture et à l’emprisonnement des militants identifiés, une aile militaire des FLAM, aurait préparé un coup d’Etat militaire, qui n’a pas connu de début d’exécution, mais dont les auteurs présumés, paieront à une très grande échelle et « justifieront » les assinats et déportations de dizaines de milliers des négro-africains, toutes populations confondues.
Au cours de leurs plaidoyers et de leur dénonciation de ce que l’on appelle « le passif humanitaire », les FLAM n’ont cessé d’affirmer la responsabilité des Baathistes (civiles et militaires), aux côtés du régime de Ould Taya.
En attendant que la vérité soit connue et rendue publique sur les responsabilités historiques des Baathistes et des FLAM, dans la dégradation et la menace de l’unité nationale et de la cohabitation, biens des Mauritaniens pensent que si un tel thème était inscrit aux débats du dialogue en cours, lui donnerait une portée et un contenu bien plus importants.
Ahmed Yedaly
adrar-info
Touche pas à ma nationalité dit oui au dialogue
Essirage – Tout en estimant que les conditions d’un dialogue véritablement inclusif ne sont pas totalement réunies, Touche pas à ma nationalité a décidé, sur invitation du ministre secrétaire général de la Présidence de la République, de participer aux assises qui tiennent lieu de dialogue pour y exposer sa vision du devenir de notre pays.
Nous souhaitons, du haut de cette tribune, interpeller le système raciste et esclavagiste qui régit la vie nationale, sur les dangers qui minent l’unité nationale et mettent en péril l’existence même de notre pays.
Nous espérons par cette participation contribuer à apaiser les tensions et à créer les conditions véritables de discussions sincères entre l’ensemble des forces vives du pays sans exclusive et sans tabous.
Nouakchott le 02/10/2016
Pour le Bureau Exécutif,
Le Président,
Alassane DIA
cridem
Réseaux sociaux : Facebook lance sa version en langue peule
Jeune Afrique – Facebook poursuit son développement en terre africaine. Le réseau social a lancé vendredi sa nouvelle version en peul et se décline désormais en sept langues africaines. En attendant plus…
Il est bien loin le temps où Facebook, lors de sa création en 2007, ne connaissait que l’anglais et l’espagnol, les deux langues majoritaires dans les universités américaines, qui ont contribué à son essor. Avec une application de traduction mise en place dès les premiers jours, le réseau social a conquis la planète, adoptant notamment le français en deux petits jours, et ne s’est pas arrêté depuis.
Dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 septembre, Facebook a ainsi lancé trois nouvelles versions, en corse, en maltais et en peul. Les locuteurs peuls, environ 25 millions d’Africains, ont donc désormais la possibilité de modifier leurs préférences afin d’utiliser la langue de leurs origines. Il suffit d’aller dans les paramètres, de cliquer sur « langues » et de choisir.
Grâce à ce développement, Facebook est désormais disponible dans 101 versions, dont huit pour l’Afrique, qui reste le continent le moins représenté : somali, afrikaans, haoussa, kinyarwanda, swahili, tamazight et malgache. Plus de 40 langues, qui sont proposées au préalable par les utilisateurs du réseau social, sont en outre en cours de traduction par l’équipe de Facebook, la majorité étant rares et classées en danger par l’Unesco.
Un seul bureau, sur 49 dans le monde, situé en Afrique
Plus d’1 milliard de personnes utilisent aujourd’hui le réseau de Mark Zuckerberg dans une langue autre que l’anglais. La plateforme revendique 1,71 milliard d’utilisateurs actifs mensuels en juin 2016. Parmi eux : 84 millions, seulement, en Afrique subsaharienne, encore handicapée par le manque d’accès à Internet.
Facebook considère donc depuis quelques années le continent comme le dernier grand espace à connecter. Pour le conquérir, Mark Zuckerberg, qui était fin août en visite au Nigeria et au Kenya, a notamment l’ambition de connecter tous les Africains à Internet avec des projets comme le satellite AMOS-6 ou les drones solaires Aquila.
La marche est encore relativement haute. Petite indication : la société ne dispose pour le moment que d’un seul bureau en Afrique, à Johannesburg, sur les 49 déployés dans le monde entier. Elle en compte en revanche quatorze aux États-Unis, douze en Europe, neuf en Asie, sept sur le continent américain (hors États-Unis), quatre en Océanie et deux au Proche-Orient.
Mathieu Olivier
Mauritanie-dialogue politique: un leader de parti déplore le racisme et l’exclusion des Mauritaniens non Arabes
Le360 – «Excusez-moi Mr le président. Je vais abuser de votre patience, car je serais très long pour parler d’une situation désastreuse», dixit Bâ Alassane Hamady Soma (alias Balas), président du Parti mauritanien du concret/Arc-en-Ciel, lors de ce qui fut l’un des moments forts de la séance d’ouverture, hier jeudi, du «Dialogue politique national inclusif» en Mauritanie.
Sans langue de bois et sans prendre de gants, Balas a martelé et dénoncé «une marginalisation totale» de la communauté négro-africaine, vocable désignant les Mauritaniens non-arabes (peulhs, soninkés, wolofs et bambaras) et leur exclusion de tous les secteurs de la vie économique nationale. Une allocution diversement appréciée, bien évidemment, mais qui tranche avec les discours de circonstance.
S’exprimant devant le président, les membres du gouvernement, les leaders de partis politiques et une assistance nombreuse, le président du PMC/Arc en Ciel s’est adressé directement au premier magistrat du pays, Mohamed Ould Abdel Aziz, dans une allocution retransmise en direct à la télévision d’Etat.
«Les acteurs de la communauté négro-africaine sont exclus des milieux d’affaires (banques, assurances et entreprises de grande importance) en dépit d’une expertise incontestable. Ils sont oubliés dans l’attribution des agréments pour la création d’organes de presse, l’audiovisuel, etc.».
Le leader du PMC/Arc en ciel s’est également insurgé contre «la non admission des enfants noirs au sein de l’école d’excellence», comme l’atteste la composition unicolore des enfants admis au sein de cette institution qui fonctionne comme une académie militaire accueillant des jeunes destinés à la carrière militaire. Une manière d’exclure cette frange de la communauté mauritanienne des rôles futurs de dirigeants de l’armée mauritanienne.
Par ailleurs, Balas a posé le problème «des rapatriés mauritaniens du Sénégal, devenus des réfugiés dans leur propre pays devant l’impossibilité de recouvrer leurs biens confisqués au moment de leur déportation lors des évènements douloureux de 1989, notamment leurs lieux d’habitation et leurs terres de culture, privés de papiers d’état civil à cause du comportement de l’Agence national du registre des populations et des titres sécurisés (ANRPTS)».
Ces Mauritaniens, qui ont été déportés vers le Sénégal en 1989 et dont certains, au nombre de 24.000 individus, ont été rapatriés grâce à un accord tripartite entre les gouvernements de Mauritanie, du Sénégal et le HCR. Ils vivent dans des conditions encore déplorables loin de leur lieu d’habitation d’avant leur déportation vers le Sénégal.
Dans sa longue allocution, le leader du PMC/Arc en ciel «qui attendait une telle occasion depuis 56 ans» a également posé le problème «de l’accaparement des terres des populations de la Vallée du fleuve Sénégal» par des hommes d’affaires et des lobbies proches du pouvoir qui n’ont aucun lien avec ces terres et qu’ils ont bradées au profit des investisseurs venant des pays du Golfe.
Il a signalé au passage que cette pratique «est désormais considérée comme un crime contre l’humanité» du point de vue de la législation pénale internationale et plaidé en faveur de la fin d’un tel comportement.
Enfin, il faut souligner que ce Dialogue politique national inclusif, boycotté par les plus importantes franges de l’opposition, a pour objectif de débattre de tous les problèmes institutionnels, politiques, économiques et sociaux de la Mauritanie.
Toutefois, pour certains, les principaux maux de la Mauritanie, comme la difficile cohabitation entre les communautés arabes et négro-africaines, ainsi que l’esclavage, problèmes qui risquent d’être occultés par des problèmes mineurs : suppression du Sénat, révision du Code électoral, réforme de la loi sur les partis, etc.
En attendant, la majeur partie des Mauritaniens continuent à vivoter et n’accordent presque aucune importance à ce dialogue sans vrais lendemain,…
Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya
cridem
Le FPC rejoint le dialogue pour passer son message
FPC – Les forces progressistes du changement (FPC), parti non reconnu, a décidé de se joindre au dialogue politique initié par le pouvoir et démarré hier, jeudi, 29 septembre, au palais des congrès. L’annonce a été faite ce vendredi matin, au cours d’un point de presse, organisé par M. Samba Thiam, président de ce parti.
« Nous avons décidé de rejoindre le dialogue parce que nous avons estimé, après une rencontre avec le ministre secrétaire général de la présidence, Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf, que le dialogue est l’occasion pour nous qui le réclamons, depuis 1986 de débattre des questions de fonds, et en premier lieu, la question cruciale de la cohabitation des différentes composantes du pays, donc de l’unité nationale.
C’est une question qui ne peut trouver sa résolution qu’à travers un débat national franc et sincère. Nous avons été rassuré que cette question figure sur la feuille de route qui nous a été remise par le un chargé de mission à la présidence, et que toutes les questions seront débattues avec une liberté de parole et de ton, donc sans aucune restriction aucune.
Nous y allons pour passer notre message, pour faire comprendre aux autres la réalité de notre discours, leur dire qui nous sommes et ce que nous voulons pour notre pays», a expliqué M. Samba Thiam qui précise qu’il a été invité en tant qu’acteur politique et personne ressource. Comprendre qui pourra.
En tout cas une chose est certaine, entre Samba Thiam, acteur politique et intellectuel et les FPC, parti politique qu’il préside et que le pouvoir a refusé de reconnaître, la ligne de démarcation est très tenue.
Le président des FPC qui dit s’attendre à des critiques de la part de certains a indiqué que son parti est certes de l’opposition, mais une opposition hors système.
Répondant à question relative aux amendements constitutionnels pouvant ouvrir le couloir à 3e mandat pour le président Mohamed Ould Abdel Aziz, Samba précise « Nous n’allons pas cautionner un 3e mandat à l’actuel, parce que la cascade de 3e mandat handicape le continent et constitue une honte pour l’Afrique. Ensuite, la question ne figure pas à l’ordre du jour.»
cridem



