Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Education nationale : Pauvres de nous

L’école mauritanienne va mal. C’est certainement la seule chose sur laquelle tout le monde est d’accord. Le président Ould Abdel Aziz l’a reconnu. Le Premier ministre vient de le répéter à l’occasion de la présentation de sa politique générale devant les députés. Mais le paradoxe est que rien n’est fait pour donner suite à ces répétitifs constats d’échec. Le plus ridicule dans ça est que le président aurait déclaré que l’enseignement est tellement ‘’gâté’’ que pour le ‘’réparer’’, il faut beaucoup de temps. Mais il faut quand même commencer. Par où ? Entre le coup d’état de 2008 et aujourd’hui pas moins de cinq à six ministres sont passés. Sans que rien ne se fasse. Chacun vient et fait ses promesses qui restent sans lendemain puis part sans avoir de compte à rendre à personne. Pas même au président qui l’a désigné. Ministre d’Etat de l’éducation. Ministre tout court. Ministre tout long. Rien. L’école mauritanienne semble être le cadet des soucis de ce pouvoir qui est là depuis bientôt dix ans sans avoir rien fait pour booster cette très importante institution de la république. Juste que chaque année on lui refile un budget substantiel qui va ne sert visiblement pas à grand-chose. Et ce ne sont pas les dernières nominations (exceptions faites d’une ou deux très bien méritées) qui vont faire changer les choses. Comme ça, trois des postes les plus en vue de l’éducation nationale (deux inspections générales) et la plus importante direction centrale du département sont tombées comme par hasard dans l’escarcelle de personnes très proches de généraux encore en activité. Alors que de brillants cadres de ce ministère qui disposent de toutes les qualités professionnelles et morales trainent les brides dans les couloirs sans que cela n’émeuve personne.

 

le calame

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Voilà ce qui n’a pas été dit à propos des larmes de la députée…

Nous avons tous lu plusieurs articles écrits par d’éminents journalistes, repris sur les réseaux sociaux, annonçant que la députée a été promue ministre à cause de ses larmes pour la Palestine. A part Idoumou Ould Beybi, aucun des journalistes et des activistes francophones qui ont repris en choeur cette affaire n’a dit la vérité pleine et entière sur le sujet. Chacun a versé dans la rétention d’information tout simplement parce que cette députée a été prise à partie par une autre députée lui reprochant de pleurer pour la Palestine en oubliant de pleurer pour les noirs de Mauritanie qui ont subi tortures, assassinats et déportation.

Je viens de voir la vidéo de la sortie de la députée ministrée depuis. En vérité, elle ne s’est pas levée pour parler de la Palestine et pleurer au milieu de l’assemblée histoire d’émouvoir le pouvoir. Si elle a été promue ministre, c’est surtout parce qu’elle a profité d’une erreur de rhétorique du député de Tawassoul lors de sa terrible sortie, photos à l’appui, contre le pouvoir à propos de la torture en Mauritanie notamment celle subie par des jeunes du mouvement du 25 février et certains militants de l’IRA. Ce magistral sens de la comédie de la députée est un atout académique pour rejoindre ce gouvernement maître en cinéma mais dont on peut saluer le sang-froid à toute épreuve à l’assemblée quand il s’agit d’avaler des couleuvres au nom du théâtre démocratique.

Je viens aussi de voir la vidéo du député de Tawassoul Mohamed Ghoulam Ould Hadj Cheikh. Vidéo poignante où on sent que les larmes lui montent aussi aux yeux.

https://www.youtube.com/watch?v=V7XeT2Pl8N0

 Les siennes sont certaines plus sincères que d’autres car non seulement c’est un homme mais cela ne semble pas prémédité. D’ailleurs alors que les hommes du monde arabe pleurent assez facilement sans que cela ne soit considéré comme honteux, nous sommes nous autres éduqués pour éviter de craquer en général et surtout en public. Ne dit-on pas qu’il faut que le coeur se brise ou se bronze…

Lors de cette sortie terrible du député de Tawassoul, il a fait l’erreur de dire que même Israël ne lui a pas fait ça quand il est passé entre leurs mains. On se souvient en effet qu’il avait participé à la flottille pour la liberté vers Gaza avant d’être arrêté, détenu un petit temps avant d’être expulsé. Lui au moins est allé affronter le criminel embargo israélien en prenant certains risques pas comme les pleureurs de nos assemblées et autres cercles des indignés de salon qui pensent peut-être que la Palestine est sur Mars.

D’ailleurs à tous ces hypocrites qui passent leur temps à vouloir défendre la Palestine en ne risquant que leur salive là où l’on ne risque rien : s’ils ne peuvent pas aller jusqu’en Israel au moins peuvent-ils aller manifester devant l’ambassade des USA à Nouakchott car le Congrès américain sous domination de l’AIPAC est le premier soutien  à toute épreuve d’Israel obligeant toute administration à s’engager pour Isreal à base de vétos au conseil de sécurité et soutien financier et militaire par centaines de milliards de dollars et ce n’est pas l’abstention des USA lors de la dernière résolution histoire d’embêter Trump qui va faire oublier cet éternel chèque en blanc offert à Israël pour continuer à étaler  son occupation criminelle faisant vivre les palestiniens dans des ghettos comme des sous-hommes.

Mais avant d’aller à l’ambassade des USA, ces lâches hypocrites mauritaniens devraient commencer par l’ambassade de l’Arabie Saoudite premier allié économique et militaire des USA dans le monde arabe sachant que les USA sont les premiers alliés d’ Israël contre la Palestine.

Mais ces lâches se disent que tout cela est trop risqué… Les Saoudiens tiennent la bourse de leurs minarets et le visa pour les lieux saints quant aux USA, désormais il faut donner vos comptes sur les réseaux sociaux pour avoir un visa… Le moindre like, le moindre commentaire, la moindre page visitée peut coûter cher. De là que plus personne n’ose même dire un mot pour défendre ce qui mérite justice…

Heureusement qu’il reste quelques juifs inattaquables pour dire la vérité aux américains à propos de ce qui leur arrive face aux abus de la droite israélienne…

http://libertesconquises.blogspot.it/2011/05/triste-triomphe-de-netanyahou-au.html

Ces lâches mauritaniens soutiens hypocrites de la Palestine sont une insulte aux fiers et courageux palestiniens.

Passons.

La députée ministrée, Meymouna Mint Taghi a profité de cette erreur de rhétorique du député de Tawassoul pour dire combien elle est indignée qu’on puisse en Mauritanie dans cette assemblée faire l’éloge d’Isreal, Israël qui brise les os des enfants palestiniens, Israël qui ne vaut rien et qui est pire que tout dit-elle en des termes plus crus. C’est là qu’elle a marqué un point car sans cette erreur de rhétorique du député de Tawassoul sa sortie restait terrible pour le gouvernement. D’ailleurs on voit le député mal à l’aise car il a compris qu’il s’est laissé emporter preuve de sa sincérité.

https://www.youtube.com/watch?v=H_H9sjJuQ1Y

Ce n’est qu’à la fin de sa tirade que la député ministrée s’est mise à pleurer d’une façon un peu théâtrale mais nul ne peut dire que les mauritaniens ne sont pas sensibles à la cause palestinienne comme au sort du monde arabe en général sous les bombes de l’Irak à la Palestine car les mauritaniens comme les arabes, bombardés d’images par les médias qui montrent tout, voient ce qui est caché aux européens pour ne pas les choquer à savoir les enfants morts, les bébés mutilés de Gaza à l’Alep.

Ensuite une autre député, Sawdatou Mamadou Wane de l’AJD/mr,  a profité de ces larmes de crocodiles du Jourdain pour elle aussi dire une vérité à savoir que personne n’a jamais pleuré dans cette assemblée pour les victimes négro-mauritaniennes. On peut rajouter ni d’ailleurs pour aucune victime mauritanienne en général, fût-il un émir maure fusillé par le régime de Haidallah ou ces milliers de mauritaniens morts au Sénégal pendant les événements ou pendant la guerre du Sahara.

Chez nous, on ne pleure pas en général, du moins pas en public, les vraies larmes qui partent du coeur en feu s’évaporent en arrivant aux yeux où les plus sincères laissent juste un nuage vite essuyé et si la voix tremble, elle ne s’étale pas.

https://www.youtube.com/watch?v=IO3IegfJtwo

En faisant ministre cette députée des larmes du Jourdain, le pouvoir permet à la presse de donner plus d’écho à sa sortie enfonçant d’autant plus Tawassoul. Si cela humilie au passage les noirs qui ont félicité l’autre députée, c’est la cerise sur le gâteau mais ce n’est pas l’essentiel car depuis longtemps le problème politique négro-mauritanien a été dompté…

Le problème du pouvoir actuellement ce sont les islamistes de l’opposition, ceux qui sont organisés en parti politique à savoir Tawassoul, les autres qui plombent l’atmosphère publique ne les intéressent pas même si leur venin est plus nocif dans la société car la presse arabisante leur tend tous les micros possibles sans que l’état réagisse.

Quant à l’autre nomination, d’un autre pleureur. Aucune vidéo ne le montre à l’oeuvre. On voit juste une photo de lui qui se cache le visage en pleurs dit-on. Sa nomination est un non-événement. Un cadeau fait au PM. Un hartani ministre, enfin… Voilà tout…


( source photos vidéos :  http://rimweekly.net/?p=5589 )

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Règlement du dossier des fonctionnaires et agents victimes des événements 1989/91: Une victime incite Mme Bâ Coumba à la vigilance!

Parmi les dossiers que Bâ Coumba, nouvelle ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration (re)hérite de son prédécesseur  figure encore et  toujours  le fameux  règlement du passif humanitaire, notamment pour les fonctionnaires et  agents défalquées au cours de ces malheureux événements de 1989-1991,.

En effet, à en croire une source proche des victimes, les fonctionnaires et agents de l’Etat victimes des événements  ayant bénéficié de l’indemnisation (liste 219) se heurtent  à un blocage de la direction de la fonction publique pour faire valoir leurs droits à la retraite ou pour leur réintégration.

Selon la même source, la direction de la fonction publique refuserait  de réceptionner  leur demande, exigeant d’eux  la production de l’état de payement de leurs  indemnisations.  Or, affirme notre source, ledit document n’est disponible qu’au niveau de cette direction  où le directeur  déclare aux prétendants  que c’est lui-même qui  porte le document  au cabinet du ministre, ou au Trésor, et  là également, on refuse de le délivrer. Du coup,  ces pauvres gens, qui courent depuis  près de quatre ans, éprouvent toutes les difficultés pour se faire rétablir dans leurs droits. On dirait des parias dans leur propre pays. L’un des fonctionnaires du secteur privé accuse  le directeur de la fonction  d’être à l’origine de tous les malheurs des victimes qu’il ne veut même pas recevoir  dans son bureau, ni  rencontrer dans les couloirs du ministère. Il conseille madame la ministre qui connaît très bien le dossier pour avoir entamé le processus de règlement dans ce département  d’être prudente car, son prédécesseur et  son directeur de la  fonction publique pourraient  l’induire en erreur. Ils ont tout fait pour bloquer le dossier affirme notre source. Pour lui, enfin, les pères et mères de familles qui arpentent les rues de Nouakchott  et visitent les bureaux  fondent un grand espoir sur sa compréhension et sur sa disponibilité.

le calame

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L’insécurité alimentaire guette le Sahel

L’insécurité alimentaire guette le SahelSahel Intelligence – La bande sahélienne qui s’étend de la Mauritanie à l’Ouest jusqu’à la corne de l’Afrique à l’Est, est victime depuis quelques années d’une sécheresse chronique, une tendance climatique qui a engendré une insécurité alimentaire tant pour les populations que pour le bétail.

Le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, qui a dévoilé fin décembre un rapport sur l’insécurité alimentaire, s’inquiète notamment pour les pays de cette région. En effet, que ce soit en Somalie, en Erythrée ou au Mali, le manque de denrées alimentaires est devenu inquiétant.

En somalie par exemple, près de cinq millions d’habitants sont touchés par l’insécurité alimentaire, dont un million qui sont en situation d’urgence. Ce triste constat est dû à plusieurs facteurs. En premier lieu les mauvaises récoltes.

Après plusieurs saisons consécutives de faible rendement céréalier, les pays du Sahel se trouvent plus que jamais démunis de ressources alimentaires propres. Ils doivent ainsi importer une bonne partie de leurs aliments de base tels que le blé ou le riz. Le second facteur, et qui n’est pas des moindres, est la situation géographique des régions les plus touchées par l’insécurité alimentaire.

Ainsi, en somalie, le sud et le centre du pays sont les zones où les populations sont les plus livrées à elles-mêmes. Les aides humanitaires ont donc beaucoup de mal à atteindre ces régions du fait de l’insécurité qui y règne.

Cette situation dramatique touche le plus souvent les enfants. En Erythrée, où l’insécurité alimentaire guette plus de deux millions de personnes, 60% des enfants au niveau national doivent faire face à une sous-alimentation chronique.

L’Unicef a d’ailleurs publié en début de semaine un rapport sur la malnutrition dans ce pays de la corne d’Afrique qui reste fermé aux aides humanitaires étrangères.

cridem

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Nouvelles d’ailleurs de Mint Derwich : Défense des femmes vous dites ?

altPour un bon projet de loi, c’est un bon projet de loi que celui, présenté par le gouvernement, concernant la pénalisation, enfin, des violences faites aux femmes. Et qui reconnaît que ces violences sont multiformes. Que l’imagination masculine n’a aucune limite, quand il s’agit de rabaisser une femme, d’en faire une victime, de lui manquer de respect, de lui faire du mal.

Mais, comme de bien entendu, la part la plus rétrograde de nos oulémas est montée au créneau pour dénoncer ce simple bon sens, à savoir la protection de la femme et ses droits face à la justice, inscrivant ainsi dans la durée et face au monde que femmes et hommes sont égaux devant les violences et face à la justice. Partout, on a entendu s’égosiller nos chers penseurs, clamant que ce projet de loi était anti- islamique… Comme si l’islam permet de faire du mal aux femmes et leur refuse le droit à la justice !

Ils s’égosillent tellement qu’ils arriveraient presque à faire croire, à ceux qui veulent bien les écouter, et ils sont nombreux malheureusement (nos parlementaires en font visiblement partie), qu’il est anormal qu’une femme puisse porter plainte pour coups et blessures contre son mari, qu’il est anormal qu’une femme puisse porter plainte contre son conjoint, pour attitudes rabaissantes et violentes. Qu’il est anormal qu’une femme puisse porter plainte pour harcèlement et pressions diverses. Qu’il est anormal qu’une femme puisse voyager sans autorisation de son mari… Qu’il est anormal qu’une femme puisse porter plainte pour viol.

Dans leur islam fast food, ils ont réponse à tout, osent nous parler, dans le cas des violences physiques, de gradations dans les coups (!!!!), qu’une petite baffe de temps à autre n’est pas violence. J’aimerais leur demander quand commence la violence et quand finit-elle… Et sur quelle échelle est inscrit le droit à massacrer sa femme ? Un plat trop cuit, une baffe ? Un boubou brûlé par le fer à repasser, deux baffes ? Tenir tête, on lance le poing ? Se refuser sexuellement à son mari, là, bastonnade en règle ?

Et comment conçoivent-ils le viol ? Zina pour la femme ? Toujours le bon vieux poncif meurtrier qui dit : « elle l’a bien cherché » ? Sans compter la graduation des insultes et ce qu’un mari peut se permettre : « salope », c’est un mot d’amour ? « Putain », une tendresse ? « Chienne », un aveu de désir ? Apparemment oui, pour nos savants à la barbe indignée qui sont, vent debout, contre le bon sens et leurs femmes. Apparemment oui, vu que nos honorables parlementaires sont entrés dans la fronde à leur tour, le courage n’étant pas la première de leur qualité. Et tout le monde de polémiquer sans fin, oubliant les femmes, les sorts de certaines femmes, les droits des femmes, les violences dont elles sont victimes…

Remarquez, dans un pays où l’excision n’est pas pénalisable, où le mariage précoce se pratique à grande échelle, où la polygamie fait partie des meubles, où une victime de viol est, d’abord, accusée de zina, rien de bien étonnant que toute cette agitation sur les femmes. Violences faites aux femmes ? Concept d’occidentaux dégénérés ! Qu’est-ce que la violence faite aux femmes, dans un pays où la naissance d’un garçon est plus fêtée que la naissance d’une fille… où le corps de la femme concentre tous les fantasmes, ce corps qu’il faut cacher absolument : une mèche de cheveux apparente et c’est la fin du monde !

Car j’aimerais demander, encore, à nos anti projet de loi, qu’est-ce que la violence faite aux femmes, pour eux ? Qu’est-ce que cela signifie ? C’est quoi d’être une femme, à part le réceptacle de toutes les misères, de toutes les barbaries, de tous les sévices ? Et je leur demanderais, aussi, où sont-ils, quand un homme jette sa femme à la porte ? Où sont-ils, quand des gamines se font violer ? Où sont-ils, quand une petite fille est mariée à douze ans ? Oui, où sont-ils, quand une pauvre fille mère célibataire se retrouve à la prison des femmes pour zina ?

Je sais que c’est un vœu pieux, que nos religieux vont gagner la partie, profitant de la lâcheté de nos politiques.

Mais je retiendrai que, pour la première fois, notre gouvernement a fait preuve d’audace, dans un pays qui n’aime rien tant que l’immobilisme, sous couvert de religion. Ce projet de loi sera amendé ad nauseam. Il sera vidé de tout son sens car l’État a toujours abandonné son rôle moteur, face aux religieux. Nos parlementaires n’iront pas à l’encontre des oulémas, à l’encontre de ceux qui tiennent le pays en coupe, depuis des années, imposant, décrétant, menaçant ; ceux qui ont pris la République en otage, les mêmes qui appellent au meurtre tous les vendredis.

J’aurais aimé, aussi, que le gouvernement aille plus loin et décide de revoir l’amendement concernant l’âge légal du mariage (18 ans), une honte et un scandale, imposé par le prisme des oulémas, celui qui dit « sauf en cas de fille incapable », amendement qui permet les mariages précoces, la pédophilie institutionnalisée… Interdire, tout simplement, les mariages précoces, oser envoyer en prison les parents qui donnent leurs filles mineures : voilà ce qui serait un geste fort, un geste historique. Ne pas plier devant les menaces et les interprétations. Ne pas céder un pouce de terrain.

Car nous parlons bien du corps de ces gamines-là. Nous parlons bien de sexe. De sang. De violences. Nous parlons de petites filles déflorées de force, déchirées, forcées. Nous parlons bien de grossesses très précoces.

Nous parlons bien de viols. Pas d’autres choses. Ceci n’est pas abstrait. C’est un fait. J’aimerais que nos chers députés aillent faire un tour dans les associations de femmes qui recueillent certaines de ces gamines. Ou à l’hôpital, à la maternité. J’aimerais bien que nos chers députés assistent, puisqu’il leur faut, apparemment, voir pour croire, à la nuit de noces d’une petite fille forcée par un homme plus âgé. Car c’est souvent ainsi, n’est-ce pas : une gamine mariée à un homme beaucoup plus vieux.

J’aimerais que nos chers députés se rappellent leurs cours de science et d’anatomie, si tant est qu’ils en aient eu, et se remémorent l’appareil génital d’une petite fille… et l’appareil génital d’un homme adulte. Car il faut dire les choses, mettre un nom sur les pratiques, mettre un mot sur ces violences. Sinon, nous ne finirons jamais d’ergoter sur le sexe des anges. Leur rappeler que notre pays a signé toutes les conventions de protection des mineurs. Et que le mariage précoce est un crime contre mineures. Un crime contre les femmes.

Que l’atermoiement et les lâchetés ne sont que complicités de viols et d’actes pédophiles. Que s’ils décident et acceptent qu’une partie de notre citoyenneté passe par la pratique de la pédophilie, c’est que nous ne sommes pas dignes du monde. Qu’ils en profitent, tant qu’ils y seront, pour réfléchir, aussi, à la pénalisation de l’excision. Au fait d’envoyer, enfin, des parents en prison, pour acte de torture sur humain. Qu’ils se souviennent de celles qui vivent et vont vivre la double peine : l’excision ET le mariage précoce, au nom de principes archaïques, machistes, misogynes.

J’espère qu’un député aura le courage de se lever et de dire que les temps ont changé. Que nous ne sommes plus au VII° siècle. Que les mœurs ont changé. Que le monde évolue. Et que si nous rattachons notre foi juste à la forme – et le mariage précoce en est une – nous avons oublié le fond. Leur rappeler que les droits des femmes sont des droits inaliénables. Que les femmes demandent plus de protection que les hommes, dans nos sociétés qui se replient sur elles-mêmes, dans nos sociétés où les pétrodollars wahhabites laminent l’intelligence et les droits.

Qu’une nation qui laissent les mauvais instincts s’ériger en vertus est indigne. Devant ses citoyens et devant Dieu. Qu’ils sont là, dans l’hémicycle, pas simplement pour faire caisse de résonance du pouvoir mais, aussi, pour décider ce que nous serons demain. Et que même si une partie des oulémas est vent debout, même si une partie de la population est contre, il faut imposer. Seule la loi fait force. Seule elle. Le reste les gens s’y plieront. Comme ils se sont pliés à d’autres lois. Alors, j’ose espérer que notre Assemblée va se grandir et décider de protéger, enfin, nos filles, nos femmes, contre tous les archaïques. J’ose espérer. Et je leur dis : courage, seul le premier pas coûte ! Soyez dignes de vos filles et femmes. Salut.

Mariem mint Derwich

 

le calame

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