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ALERTE – Les troupes sénégalaises sont entrées en Gambie (porte-parole de l’armée)
La Libre – Un porte-parole de l’armée sénégalaise a confirmé que les troupes étaient entrées en Gambie, où le président sortant Yahya Jammeh refuse de quitter le pouvoir.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a soutenu jeudi à l’unanimité les initiatives menées par la Cédéao pour pousser le président sortant Yahya Jammeh à quitter le pouvoir en Gambie, pendant que certains pays préparaient une éventuelle intervention militaire.
Une résolution préparée par le Sénégal a obtenu le soutien des quinze membres du Conseil, y compris celui de la Russie, qui a souligné que ce texte n’autorisait pas formellement une intervention militaire en Gambie. Malgré ce texte, les troupes sénégalaises sont donc bien rentrées en Gambie.
Le président gambien élu Adama Barrow a prêté serment jeudi à l’ambassade de Gambie à Dakar, le sortant Yahya Jammeh refusant toujours de quitter le pouvoir malgré la menace soutenue d’une intervention militaire internationale.
M. Barrow, tout de blanc vêtu, a prêté serment sur le Coran, peu avant 17H00 GMT devant le président de l’Ordre des avocats gambien Sheriff Tambadou, en présence de nombreux responsables d’organisations internationales et régionales ainsi que de ses deux épouses, habillées de la même manière.
“C’est un jour qu’aucun Gambien n’oubliera jamais”, a-t-il dit, appelant à l’unité nationale et notamment les forces armées à se rallier à lui.
“J’ordonne au chef d’état-major et aux officiers supérieurs de me montrer leur loyauté en tant que commandant en chef”, a-t-il déclaré.
Adama Barrow a remercié les pays et institutions impliqués dans la résolution de la crise en Gambie, née de la contestation de sa victoire au scrutin présidentiel du 1er décembre par Yahya Jammeh, arrivé au pouvoir en 1994.
Il a notamment cité les présidents nigérian Muhammadu Buhari et sénégalais Macky Sall, ainsi que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’Union africaine et l’ONU.
L’entourage de M. Barrow, accueilli depuis le 15 janvier au Sénégal en attendant sa prise de fonctions, prévoyait initialement une cérémonie dans un stade de Banjul, la capitale gambienne.
Une idée abandonnée face à l’opposition de M. Jammeh, qui a en outre décrété mardi l’état d’urgence, validé pour 90 jours par l’Assemblée nationale qu’il contrôle.
La cérémonie s’est achevée peu avant un vote du Conseil de sécurité qui a apporté son soutien unanime aux initiatives de la Cédéao sur un projet de résolution présenté par le Sénégal.
Vols de reconnaissance nigérians
Des troupes de plusieurs pays de la Cédéao – dont le Sénégal, unique voisin terrestre de la Gambie, et le Nigeria, poids lourd régional – se tenaient prêtes à intervenir à partir du Sénégal, a indiqué jeudi à l’AFP une source militaire sénégalaise.
L’aviation nigériane effectuait jeudi après-midi des vols de reconnaissance au- dessus de Banjul, a annoncé l’armée de l’air nigériane, se disant prête à imposer la volonté de la Cédéao.
Le Ghana a de son côté donné jeudi son accord pour déployer, en cas de besoin, 205 militaires en Gambie.
Malgré les pressions internationales et abandonné au fil des jours par sa vice-présidente et plusieurs de ses ministres et la vice-présidente, Yahya Jammeh, s’obstine à demeurer en place tant que la justice n’aura pas statué sur ses recours électoraux déposés depuis décembre.
A Banjul, peu d’habitants se hasardaient dans les rues où, selon des témoins, patrouillaient de nombreux militaires, sans que leur allégeance à l’un ou l’autre camp apparaisse clairement.
Tard mercredi soir, le chef de l’armée gambienne, le général Ousman Badjie, a déclaré à des ressortissants occidentaux qu’il n’ordonnerait pas à ses hommes de résister en cas d’intervention des troupes africaines.
“Ceci est une dispute politique”, a-t-il dit, ajoutant: “Je ne vais pas impliquer mes soldats dans un combat stupide”.
Le risque de troubles a poussé de nombreux Gambiens, résidents étrangers et touristes. à quitter le pays. Selon les agences de l’ONU, quelque 25.000 personnes, dont une moitié d’enfants, en sont partis depuis le début de la crise.
Mercredi, le président mauritanien Mohamed Abdel Aziz a fait une irruption surprise dans le dossier avec une “proposition” de sortie de crise, dont les détails n’ont pas été révélés mais qui, selon un diplomate mauritanien, mûrit depuis décembre.
Il a rencontré “en tête à tête” à Banjul Yahya Jammeh puis Ousainou Darboe, chef historique de l’opposition à M. Jammeh. Puis il a gagné Dakar, où il s’est entretenu avec le président sénégalais et Adama Barrow, avant de retourner dans son pays, qui n’appartient pas à la Cédéao.
Le président mauritanien s’est dit encouragé par ces rencontres et continuait jeudi ses échanges, selon une source officielle.
Mais selon des sources proches du dossier contactées par l’AFP, lors de ces entretiens Yahya Jammeh a exigé l’annulation de la cérémonie d’investiture de M. Barrow à Dakar et la levée de toute menace d’intervention extérieure en Gambie, deux conditions rejetées de facto.
A Conakry, une source proche de la famille de la Première dame gambienne Zineb, de père guinéen, a aussi fait état à l’AFP de la présence à Banjul d’un émissaire du président guinéen Alpha Condé, l’ex-ministre Tibou Camara, beau-frère de Mme Jammeh.
cridem
Tout s’explique : Yahya Jammeh l’héritier des baassistes mauritaniens…
Les plus jeunes l’ignorent, les plus anciens l’ont oublié… A part la culture tyrannique, quels sont les liens qui unissent le despote Jammeh et la Mauritanie ? Aziz lui a rendu visite en 2011 et le Jammeh est venu en Mauritanie un an plus tard. C’est évident qu’un pays inquiet dans la gueule du lion sénégalais ne peut qu’être utile à la Mauritanie au moins en matière de renseignements mais qu’est-ce qui lie Mauritanie et Gambie contre le Sénégal ?
Arrivée au pouvoir en 1994 au bénéfice d’un coup d’état, la Gambie de Yahya Jammeh est restée fidèle aux baassistes mauritaniens.
C’est en 1989 : l’affaire des armes irakiennes livrées à la Mauritanie qui ont fini par atterrir chez la rébellion casamançaise via la Gambie…
C’est l’écrivain Jean-Caude Marut, docteur en géographie, qui le raconte dans son livre » le conflit de casamance : ce que disent les armes… ». Livre bloqué à Dakar à l’époque car on y trouve des informations sensibles.
http://xalimasn.com/conflit-de-casamance-le-livre-de-jean-claude-marut-bloque-a-l%E2%80%99aeroport/
On comprend mieux aujourd’hui l’ingérence subite de la Mauritanie dans une affaire qui concerne d’abord la CEDEAO déjà clairement engagée à chasser le tyran gambien par les armes avec le soutien de la » fameuse communauté internationale ».
Où pouvait bien aller le gambien ? Au Maroc ? Il y serait mieux installé qu’en Mauritanie et plus en sécurité vu qu’en Mauritanie tout est possible et la stabilité est toujours sur le feu. Mais aller au Maroc ne serait pas une bonne affaire pour la Mauritanie car le Maroc est un pays frère du Sénégal sauf si la Mauritanie essaie d’aller dans le sens de l’apaisement en contribuant à exfiltrer l’agent gambien histoire de ne pas perdre les liens avec le futur président Barrow.
Voilà donc le président mauritanien, jamais à court d’opportunisme, qui court en Gambie sauver le soldat Jammeh comme on sauve un agent avant que les secrets ne tombent dans d’autres mains si l’agent se sentait abandonné par Nouakchott. De toute façon, Aziz ou pas, combien de temps le tyran allait-il tenir avec une si pauvre armée, prête à l’esbroufe mais pas au-delà, après avoir reconnu la victoire du Barrow ? Il était devenu indéfendable.
S’il avait trafiqué les élections comme bien d’autres pour ensuite faire valider la chose par le conseil constitutionnel, il aurait pu rester ou du moins être défendu par le syndicat des tyrans qu’est l’Union Africaine même si les africains ont compris que Jammeh était l’homme des arabes…
Lui qui a changé en 2014, la langue officielle du pays de l’anglais à l’arabe avant d’en faire en 2015 une république islamique, la seconde en Afrique avec la Mauritanie.
écoutons le journaliste :
» L’arme du lien : l’instrumentalisation de la rébellion casamançaise
Les autorités gambiennes ont toujours démenti tout lien avec la rébellion casamançaise, multipliant les déclarations en faveur d’une solution politique au conflit. Pour montrer ses bonnes intentions à l’égard de Dakar, le chef de l’Etat gambien, Yahya Jammeh, est même allé jusqu’à proposer sa médiation, et à accueillir des réunions internes censées réunifier le MFDC ( en 1999 et en 2000 ).
Mais aussi bien Jammeh que Diawara se méfient de Dakar et ne vont cesser d’utiliser la rébellion casamançaise comme un contrepoids : en laissant transiter par leur territoire des armes destinées aux maquisards en 1989, lors de la crise entre le Sénégal et la Mauritanie , en ne condamnant pas le soulèvement de la Junte en 1998, lors du conflit politico-militaire à Bissau ; en décapitant l’aile » modérée » du MFDC en 2006, en pleine offensive sénégalaise contre les maquisards radicaux de Salif Sadio…
C’est pourquoi, depuis les années 1990, Banjul accorde l’asile à des responsables de la rébellion, et laisse des maquisards utiliser…..
Lire la suite :
http://www.chezvlane.com/2017/01/tout-sexplique-yayah-jammeh-lheritier.html
Gambie: l’investiture d’Adama Barrow se tiendrait à Dakar
Le temps semble suspendu en Gambie. Depuis minuit, le pays retient son souffle. En effet, le mandat de Yahya Jammeh s’est officiellement terminé, mais le président sortant refuse toujours de quitter son siège. Les dernières tentatives de médiation de la Mauritanie n’ont pas donné de résultat immédiat. Le Sénégal fait lui aussi pression. D’ailleurs, c’est à Dakar que devrait se dérouler ce jeudi 19 janvier l’investiture du nouveau président, Adama Barrow.
Compte-tenu de la situation et du blocage à Banjul, la cérémonie d’investiture devrait se tenir à Dakar. La cérémonie se tiendra à l’ambassade à Dakar à 16H00, locales et GMT, a déclaré le porte-parole d’Adama Barrow, Halifa Sallah à Banjul. Une investiture, plus que symbolique puisqu’elle va marquer la prise de fonction officielle d’Adama Barrow.
Ce que l’on sait déjà, c’est que Marcel Alain de Souza, le président de la Commission de la Cédéao, est à Dakar depuis hier. C’est cette institution qui est censée chapeauter cette cérémonie sans doute avec l’appui des autorités du Sénégal. Mohamed Ibn Chambas, l’envoyé spécial des Nations unies dans la sous-région, devrait également être présent.
Pour respecter la Constitution, l’investiture doit se tenir en territoire gambien or l’ambassade remplit cette condition. Se pose aussi la question des juges, un ou plusieurs, qui sont censés valider cette cérémonie. On évoque à Dakar, la présence de magistrats qui ont fui le régime de Yahya Jammeh.
Autant de points à régler, à confirmer. Habituellement une investiture, c’est une cérémonie qui est réglée dans les moindres détails. Ce n’est pas le cas pour Adama Barrow qui va sans doute se retrouver, situation exceptionnelle, président en exil dès son premier jour en tant que chef d’Etat.
Une part de secret entoure donc cette investiture étant donné l’évolution de la situation, très volatile, tant au niveau militaire -même si les troupes de la Cédéao sont toujours en attente-, que diplomatique. Tout est encore possible.
RFI
Samba Thiam juge que la Mauritanie “prend une pente dangereuse” et appelle le pouvoir à un “sursaut”
Le président des Forces Progressistes du Changement (FPC) Samba Thiam a estimé vendredi que les pouvoirs publics donnaient l’impression de tâtonner au sujet de la création des Conseils régionaux.
Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz avait annoncé en mai 2016 à Néma la dissolution du Sénat qui sera supplanté par des Conseils régionaux. A l’époque, il avait estimé que le Sénat coûtait “cher” à la Mauritanie.
“Ils parlent de conseils régionaux, mais j’ai comme l’impression, dans leur bouche, le conseil régional, ça va être une espèce de transferts du Sénat ou des éléments du Sénat. Ce n’est pas notre compréhension des choses. Ça, c’est le premier aspect. Le second aspect que nous préconisons, ce sont des conseils régionaux qui sont dotés d’un certain nombre de compétences importantes et résiduelles. Et jusqu’à présent, ils ne précisent pas qu’est-ce qu’ils logent dans le Conseil régional”, a déclaré M. Thiam à l’émission Politis sur la télévision privée Al Watanya.
-Personne n’est satisfait-
Le président des FPC n’a pas manqué de critiquer ouvertement la situation économique et sociale du pays, estimant que “personne n’est satisfait” de la manière dont le pouvoir de Ould Abdel Aziz gère ce pays, même s’il dit lui reconnaitre “certaines réalisations”.
“Tout le monde attend un sursaut du pouvoir, qu’il voit clair pour véritablement créer un consensus mais ce que l’on voit, c’est qu’il s’enfonce dans la voie, prend une pente dangereuse. Et je pense qu’il faudra continuer à alerter le pouvoir, alerter l’opinion”, a déclaré M. Thiam, lors de cette émission qui a duré plus d’un tour d’horloge.
Par Babacar Baye NDIAYE
©Cridem 2017
Suivez l’integralite de l’ emission au lien :
https://www.youtube.com/watch?feature=share&v=ojIuOJcdd4o&app=desktop
Edito Le Calame : De plus en plus salée, l’histoire…
La nouvelle a fait le tour du web en quelques clics : les nouveaux quotas de céphalopodes ont été distribués à qui de droit : la Première dame, ses deux beaux-fils, des cousins du président, un proche du Premier ministre, le président de l’UPR, un député et des sociétés finalement pas si » anonymes » que ça. Jusque-là, personne n’avait compris où notre guide éclairé voulait en venir, en décidant d’instituer la politique des quotas de pêche, pour avoir accès à la ressource. On sait, à présent, à quoi s’en tenir. La famille d’abord, les cousins après, les amis enfin. Sans qu’on sache exactement sur quels critères ces quotas ont été attribués, si ce n’est la proximité avec le chef. Auparavant, les sociétés de pêche (qu’elles soient mixtes ou nationales) acquéraient des bateaux et payaient des licences. Elles faisaient travailler des équipages à bord et un personnel à terre. Les productions étaient congelées et vendues, suivant la procédure de la SMCP. Tout un système que la nouvelle politique menace de réduire à néant. Les heureux bénéficiaires des quotas – en fait, un simple papier volant, synonyme d’autorisation de piller – les céderont, si ce n’est déjà fait, à raison de 300 dollars minimum la tonne, à des armateurs qui n’en demandaient pas tant. Ils ramasseront ainsi un bon pactole qu’ils auront tout le temps de fructifier, en attendant l’année prochaine, le quota ayant une durée de vie d’un an. Ni la fédération des pêches, dont les adhérents sont, pourtant, les principales victimes de ce pillage, encore moins les partis politiques ou les ONG n’ont dénoncé ce qui s’apparente à une mise à sac de nos ressources halieutiques. Après la société chinoise Poly Hongdong, qui a obtenu une concession de 25 ans pour pêcher, à sa guise, sans payer ni taxe ni impôt, bonjour les nouveaux pilleurs ! Ils sont pourtant à l’abri du besoin et pouvaient bien se passer de cette mauvaise publicité qui bat, en brèche et pour de bon, tous les slogans sur la lutte contre la gabegie, le clientélisme, le népotisme et tous les mots en isme avec lesquels on nous saoûle depuis 2008. Et qui ne sont, en fait, que des paravents, pour masquer la plus grande opération de dépeçage que le pays ait connu, depuis son indépendance. Désormais, plus rien n’échappe à la boulimie de ces prédateurs : terrains, écoles, édifices publics, marchés, aménagements agricoles, barrages, électricité et, maintenant, la pêche. Un exemple parmi des dizaines : la société marocaine STAM (à qui ATTM vient de sous-traiter le barrage de Seguellil sans appel d’offres), pistonnée par un(e) bien-né(e), a obtenu, il y a deux ans, le creusement d’un canal d’irrigation, non loin de Keur Macène (celui qu’Aziz a déjà visité à deux reprises) et l’aménagement de terres agricoles dans la zone. Alors que l’aménagement d’un hectare est facturé entre neuf cent mille et un million d’ouguiyas, STAM l’a fait payer quatre millions à l’Etat. Vous croyez que la différence est partie où ? Et à quel prix sera facturé le nouveau barrage ?
Eaux, troubles, des barrages appellent, il est vrai, les requins à la pêche. On comprend donc que, de fil en aiguille, ceux-ci naviguent, du fleuve à l’océan. Et vice-versa. La facture n’en sera que plus salée. Au goût du contribuable ? Même pimentée de kilomètres de goudron, guère digestes, au demeurant, la Présidence des pauvres se révèle, d’année en année, de mois en mois, de jour en jour, de pire en pire cuisinière. Bouche sèche, les Mauritaniens se suffiront-ils encore longtemps à ouïr de creux slogans ? Ventre affamé n’a point d’oreilles…
Ahmed Ould Cheikh
le calame





