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DÉCLARATION
Le Regroupement des Partis et Mouvements de l’Opposition Démocratique a appris avec une vive préoccupation la mise sous contrôle judiciaire de Mr Yacoub Ahmed Lemeabott. président du parti mouvement KAVANA depuis quelques jours. Cette mesure coercitive fait suite à l’opportunité qu’il a offerte à un citoyen de s’exprimer dans un live, pour dénoncer des injustices dont elle aurait fait l’objet et impliquant un haut responsable d’une Agence de l’État.
Le Regroupement s’inquiète de la facilité déconcertante avec laquelle l’appareil judiciaire est actionné dès qu’il s’agit de restreindre la liberté de parole des leaders de l’opposition ou des citoyens qui manifestent pacifiquement et sont brutalisés et arrêtés .
Face à cette situation, le Regroupement :
-Dénonce l’usage de la justice comme levier de pression politique et d’intimidation contre les acteurs de l’opposition et de la société civile.
-Exige la levée immédiate des mesures restrictives pesant sur Mr Yacoub Ahmed Lemrabott.
-Appelle au strict respect des règles de droit et à la préservation de l’indépendance de la justice, qui ne doit en aucun cas servir d’instrument de règlement de comptes.
-Réitère la nécessité de créer un climat d’apaisement favorable au dialogue national inclusif impliquant la libération de tous les détenus politiques.
Fait à Nouakchott le 6 décembre 2025
Le Regroupement des Partis de l’Opposition Démocratique:
– FRUD
– APP
– FPC
– RDP
– UFP
– PMA
– PAREN/VE
– UNAD
– MP
– UFC
– RMD
– REENDO
– WAAD
– MPP
– PTC
Plateforme de l’Opposition
DIALOGUE NATIONAL 2025
Sommaire
- Unité nationale et cohésion sociale
- L’esclavage et ses séquelles
- L’exclusion et les discriminations
- Le passif humanitaire
- L’enrôlement biométrique des populations
- Les problèmes des Terres
- Etat de droit et démocratie pluraliste
- L’état de droit
- La démocratie pluraliste
1. Les partis politiques
2. Le système électoral
- Les principales institutions de la République
- Gouvernance
- Corruption et Népotisme
- Contrôle et Transparence
- Redistribution et partage équitable des richesses
- Efficacité économique et transformation structurelle
- Décentralisation et Développement local
- Politique environnementale
- Diaspora et Emigration
- Une diaspora dynamique
- Une émigration accélérée
- Autres axes
- Secteur judiciaire
- Secteur Education
- Secteur Santé
- Secteur Economie
- Secteur Défense et sécurité
- Secteur des médias
I- Unité nationale et Cohésion sociale
La question centrale du vivre ensemble ou de l’unité nationale que sous-tendent la question de l’esclavage et de ses séquelles, l’exclusion de certaines composantes nationales, les innombrables injustices vécues au quotidien, les inégalités et discriminations en tous genres constituent le défi le plus important auquel notre pays est confronté, engendrant des crises récurrentes de 1966 à 1990, avec comme point culminant la tragédie appelée par euphémisme « Passif humanitaire ».
A– L’esclavage et ses séquelles
a- diagnostic
La composante haratine, victime d’un asservissement multiséculaire, reste confrontée à la misère et maintenue dans des conditions serviles avilissantes. L’indigence dans laquelle végètent les adwabas notamment illustre le désintérêt de l’Etat à leur endroit. Il en est de même pour certains groupes dits serviles à l’intérieur des autres communautés.
b- Propositions de solution
– procéder à une évaluation des dispositifs institutionnels et législatifs sur la question
– mener une enquête indépendante de portée nationale sur la question
– appliquer rigoureusement les textes et lois en vigueur criminalisant l’esclavage,
– affaiblir et endiguer l’influence des chefs traditionnels et du tribalisme.
– réparer les injustices historiques (victimes d’esclavage) en instituant des politiques hardies de discrimination positive et d’autonomisation sociale et économique qui pourraient se traduire par une sorte de plan Marshal, à durée déterminée, à l’endroit des haratines.
B- L’exclusion et les discriminations
a- diagnostic
Les communautés nationales wolof, soninké et pulaar vivent une exclusion croissante en raison du refus persistant du pouvoir de respecter et d’acter la diversité culturelle, linguistique et ethnique du pays qui se traduit, par leur effacement au plan politique, économique, médiatique, culturel, linguistique, scolaire et social ; des inégalités également dans l’éducation particulièrement à travers les examens et les concours à l’emploi, les grandes écoles et les écoles spéciales, dans le recrutement des forces armées et de sécurité. Enfin, s’y ajoutent, l’épineuse question des terres agricoles et la blessure profonde du Passif humanitaire.
b- Propositions de solution
– Reconnaître et acter les droits de toutes les composantes nationales à travers leur présence effective dans l’espace public et notamment dans les grandes institutions de la république (Présidence, Primature, Présidence de l’assemblée, Cour Suprême, Cour constitutionnelle, Cour des comptes, Conseil économique et social), et dans les directions des établissements publics, des médias et lors des évènements officiels de manière à garantir que les institutions de l’Etat reflètent la diversité
– Reconnaître les droits culturels de toutes les composantes nationales
– Officialiser les langues Wolof, Pulaar et Soninké
– Donner à la langue arabe toute la place qu’elle mérite dans tous les domaines
– Remettre dans leurs droits les citoyens mauritaniens francophones de formation de plus en plus marginalisés actuellement
– Eliminer les politiques discriminatoires, l’exclusion de communautés et de groupes sociaux par plus d’ouverture et d’équité et au besoin par des sanctions
L’égalité des chances dans l’équité constitue un facteur cardinal de la cohésion sociale nationale, en même temps que le plurilinguisme officiel assure une plus grande cohésion nationale
C– Le Passif humanitaire
a- diagnostic
Il s’agit d’évènements graves et tragiques survenus par le passé résultant de crises identitaires récurrentes, ayant affecté particulièrement la communauté Pulaar du pays. Ces événements se sont traduits par des déportations de populations, des spoliations de biens, des radiations et des exécutions extra-judiciaires massives.
b- propositions de solution
– Solder le Passif humanitaire en mettant en place une commission nationale consensuelle indépendante « Vérité/Réconciliation » conforme à nos valeurs, dotée de pouvoirs réels (enquêtes, sanctions, pardon et réparations) qui devra jouer un rôle de catharsis.
– Application des devoirs de Vérité, de Justice, de Mémoire
– procéder à l’indemnisation et aux réparations au profit des victimes du Passif humanitaire
– Instituer une journée nationale de commémoration des martyrs et ériger un monument dédié. En dernier ressort on ne saurait faire l’économie de la Vérité si l’on vise la réconciliation nationale sur ce dossier.
– Ramener les réfugiés identifiés, installés au Mali et au Sénégal désireux de rentrer
– Solder tous les cas de victimes avérées d’injustices créées par l’arbitraire de l’Administration (spoliations, radiations administratives, licenciements abusifs, blocage de plan de carrière) pour créer un climat d’apaisement général.
D- L’enrôlement biométrique des populations
a- Diagnostic
Depuis 2009, l’enrôlement de certaines composantes nationales se passe difficilement. Il y a le constat d’une absence de volonté politique, une obstruction persistante à résoudre définitivement ce problème. Des milliers de mauritaniens et notamment des enfants en âge de scolarité demeurent les victimes, particulièrement dans la vallée du fleuve et dans d’autres zones reculées du territoire national. Des enfants scolarisés sur attestation provisoire finissent par abandonner l’école à cause de ces tracasseries et blocages.
b- Propositions de solution
– affirmer la volonté politique ferme sans concession d’enrôler tous les citoyens
– Alléger et simplifier les conditions de l’enrôlement
– Multiplier et diversifier les commissions techniques et de supervision
– Accroître le matériel nécessaire (groupe électrogène, ordinateurs, internet)
– Sanctionner et relever de leur fonction les agents responsables de blocage
– Envisager des unités mobiles pour clore enfin le processus d’enrôlement.
E- Problèmes des Terres
a- diagnostic
La gestion du foncier agricole en particulier est source de conflits récurrents, soit entre propriétaires légitimes et ceux qui travaillent la terre, soit en raison des politiques de spoliation des paysans par l’Etat
b- Propositions de solution :
– Restituer les terres spoliées des résidents et des déportés de retour
– Mettre en œuvre une réforme foncière participative, uniforme sur toute l’étendue du territoire qui établit un équilibre entre droit de propriété et droits légitimes de ceux qui l’exploitent
– Lutter contre la spéculation foncière et réformer le secteur des domaines pour limiter les attributions à double ou triple emplois de parcelles en milieu urbain.
II- ETAT DE DROIT ET DEMOCRATIE PLURALISTE
La crise de notre système politique est patente depuis le lancement officiel du “processus démocratique” en 1991 et ce malgré les efforts déployés notamment par l’opposition pour corriger ses dysfonctionnements et permettre d’édifier un véritable Etat de droit et une démocratie pluraliste solide.
A. L’Etat de droit
a. Diagnostic
Les faiblesses structurelles de l’Etat de droit dans notre pays se traduisent notamment par :
– une administration publique totalement inféodée et instrumentalisée par le régime politique en place notamment le parti présidentiel (nominations, avantages matériels et financiers, impunité, règlements de compte ciblés)
– La permanence de pratiques abusives (détournement et abus de pouvoir, corruption)
– L’intrusion de l’Armée dans le champ politique
– La confusion des pouvoirs et la mise sous tutelle de la justice
– La dévalorisation des principes fondamentaux et la disqualification des voies de recours indépendants et efficients face à l’arbitraire et aux injustices
– La violation systématique des libertés fondamentales (liberté d’opinion, de presse, d’association, de réunion, de manifestations)
b. Propositions de solution
– Instaurer un système de gestion et de redistribution des ressources (attributions foncières, licences de pêche, permis miniers) sur la base de la systématisation de la numérisation et l’anonymisation dans leur accès
– Généraliser le système obligatoire de déclaration et de publication de patrimoine pour tout membre de la haute fonction publique et pour tout candidat à une élection démocratique, ainsi que leurs conjoints, parents directs et enfants.
– Réviser les principales lois sur les libertés publiques et du code de procédure pénale notamment en matière de presse, de réunion, de voyage, de manifestations publiques, de cyber libertés, de protection des biens et des personnes ; et élaborer un code des libertés publiques avec des mécanismes juridictionnels de protection des libertés fondamentales comme les référés libertés et des structures spécifiques de protection de certaines libertés particulières (médiateurs et lanceurs d’alerte en matière de presse, de lutte contre les discriminations, d’esclavage, de tribalisme)
– Mettre en œuvre un projet de réforme de la justice en cours spécialement les aspects concernant le conseil de la Magistrature, l’accès à la justice, l’exigence de traduction dans les langues nationales, l’amélioration des conditions de vie des membres du corps judiciaire, l’humanisation des établissements pénitenciers
– imposer le respect du principe de la diversité dans toutes les administrations publiques en instaurant le principe suivant lequel toute haute fonction, tout département ministériel, toute administration et collectivité territoriale doit nécessairement être constituée par une équipe dirigée par un responsable principal issue d’une communauté et assisté par des adjoints appartenant à d’autres ensembles identitaires (sexe, ethnies, régions)
– Retrait total des forces armées de la vie politique du pays
B. La démocratie pluraliste
1. Les Partis politiques
a. Diagnostic
Le statut des partis, dès le départ, présentait de nombreuses défaillances. La plus importante était celle de leurs rapports avec le ministère de l’intérieur. Après bien des ajustements le statut avait pu permettre la constitution de nombreux partis sur la base d’une conception relativement libérale proche d’un régime déclaratif mais formulé d’une manière ambiguë. Aussi, l’opposition a toujours réclamé la levée de cette ambiguïté et la confirmation pure et simple du régime déclaratif. Mais récemment, le pouvoir s’est engagé dans une direction opposée en adoptant de manière unilatérale un régime liberticide des partis
A cela s’ajoute le fait que le régime de financement des partis ne permet pas réellement une vie décente pour l’immense majorité d’entre eux, condamnés à végéter et finalement à disparaître sous l’emprise de la loi des quotas notamment. Il y a une véritable crise statutaire des partis.
b. Propositions de solution
– Révision en profondeur de la nouvelle loi sur les partis politiques
– Adoption d’un régime déclaratif pour la création des partis politiques
– Amélioration substantielle des conditions du financement des partis politiques
– interdiction formelle du nomadisme politique
2. Le système électoral
a- Diagnostic
Le système électoral est la grande faiblesse de notre démocratie pluraliste. Ce système constitue une véritable machine destinée à rendre impossible toute alternance par les urnes.
– Absence d’un véritable code électoral à la place des textes actuels épars, contradictoires les uns par rapport aux autres et peu fiables.
– Découpage territorial déséquilibré et inégalitaire entre les régions, les électeurs
– Mode de scrutin fortement majoritaire et favorable aux partis au pouvoir
– Liste électorale non fiable occasionnant toutes sortes de tripatouillages
– Système aberrant et anti démocratique de “parrainage” des candidatures
– Dispositif de contrôle du matériel électoral en particulier informatique impossible
– Marginalisation de l’opposition dans l’administration des bureaux de vote
– Persistance des bureaux de vote fictifs
– Exclusion de la plus grande partie de la diaspora du processus de vote (absence de bureaux de vote dans de nombreux pays)
– Refus de la systématisation de la délivrance des PV des bureaux de vote
– Persistance du vote militaire
– Faiblesse du dispositif de participation des observateurs nationaux et internationaux
– système de dépouillement des bulletins opaque
– Institutions de contrôle électoral sous tutelle politico-administrative du pouvoir et de ses démembrements (CENI, Conseil Constitutionnel, Cour Suprême)
b. Propositions de solution
– Élaboration d’un véritable code électoral consensuel comprenant tous les aspects et dimensions des processus électoraux standards
– Audit de l’ensemble du système électoral (textes, fichier, découpage, vote)
– Révision du statut de toutes les institutions et de tous les mécanismes de régulation et de contrôle électoral
– Interdiction de l’enregistrement des électeurs à distance pour les non-résidents dans le cadre des élections locales (municipales, régionales, députation de circonscription) tout en permettant le vote pour les listes nationales des députés à toute personne inscrite sur la liste électorale quel que soit le lieu de résidence.
– Suppression de la gestion du processus électoral par le ministère de l’intérieur dont les larges prérogatives actuelles sur le plan technique (programmes, systèmes informatiques, établissement des listes, gestion du matériel électoral) lui permettent d’avoir la maîtrise stratégique du processus électoral
– Révision de la composition et du fonctionnement de la CENI pour lui accorder une réelle indépendance, en la dotant des moyens nécessaires pour gérer le processus électoral y compris la désignation de l’ensemble de son personnel central et local chargé de l’inscription des électeurs, de la distribution des cartes, de la sensibilisation et de la communication.
– Révision du découpage des circonscriptions électorales
– Révision et suppression de l’observatoire national actuel des élections
– Découplage des élections municipales, régionales et élections législatives.
– Retour du mode de scrutin de l’élection municipale à deux tours
– Admission de la presse indépendante pendant le dépouillement afin de relayer en temps réel les résultats des votes
C. Les principales institutions de la République
a. Diagnostic
L’une des sources majeures des faiblesses de la démocratie pluraliste et de l’Etat de droit est constituée par la configuration même des institutions de la république telle qu’établie par la constitution :
– Concentration des pouvoirs en faveur de l’exécutif au détriment de l’assemblée nationale et du pouvoir judiciaire affaiblis et aux moyens dérisoires face à l’exécutif
– Concentration des pouvoirs au sein de l’exécutif en faveur d’un président de la république omnipotent
– Administration publique déresponsabilisée et instrumentalisée comme un simple levier aux mains du président de la république
– Système institutionnel non représentatif de la diversité socio-culturelle du pays
– Secteur judiciaire monocolore et monolinguistique inféodé à l’exécutif
– Hiérarchie militaire et sécuritaire composée d’une seule communauté ethnique.
b. Propositions de solution
– Rééquilibrer les rapports entre le président de la république et le premier ministre qui doit apparaître comme un vrai chef de gouvernement et non comme un simple commis du président
– Soumettre toutes les nominations de la Haute fonction publique au débat parlementaire
– Compléter et verrouiller la disposition d’interdiction de 3ème mandat par l’interdiction de candidature immédiate d’un proche direct du président sortant
– Interdire que les titulaires des fonctions de Président de la république, premier ministre, président de l’assemblée nationale, président de la cour suprême et président du conseil constitutionnel appartiennent à la même communauté ethnolinguistique. La représentativité de toutes les communautés doit y être la règle
– Marquer l’indépendance de la Justice
– Réformer le secteur judiciaire de manière à refléter la diversité communautaire
– Installer une hiérarchie sécuritaire et militaire qui reflète la diversité communautaire du pays.
III- La gouvernance
La gouvernance est le cœur de l’action d’un Etat qui veut assumer pleinement ses fonctions structurantes en tant qu’architecte du vivre-ensemble et du bien commun de sa population.
A. Corruption et népotisme
a- Diagnostic :
La corruption, le népotisme et les détournements de fonds publics sont devenus des pratiques structurelles au sein de l’administration. Ils traduisent une logique d’appropriation privée de l’appareil d’État et ancrent une culture de prédation incompatible avec les exigences de transparence, de justice et d’intérêt général.
Facteurs explicatifs :
– Absence de critères objectifs et transparents dans le recrutement.
– Système budgétaire opaque, déconnecté des résultats concrets.
– Mécanismes de contrôle inefficaces et non indépendants.
– Impunité persistante affaiblissant la crédibilité des institutions.
– Marginalisation de l’éducation civique dans le système scolaire.
– Emprise des tribus sur l’Etat
b- Propositions :
– Codification de l’administration publique.
– Promulgation d’une loi instituant un Code de l’administration publique.
– Définition claire des profils de hauts postes.
– Approbation parlementaire obligatoire pour certaines nominations.
– Interdiction du recyclage des fonctionnaires sanctionnés.
– Création d’une commission permanente d’évaluation des profils.
– Réforme de la gestion budgétaire.
– Adoption d’un budget-programme fondé sur des objectifs mesurables et des indicateurs de performance (inspiration : Maroc 2015, Sénégal 2020).
– Renforcement de la culture civique.
– Réintégration de l’éducation civique avec un coefficient significatif.
– Pédagogie active : jeux de rôle, mini-projets citoyens.
– Implication accrue de la société civile dans le contrôle social.
– Limitation de l’hégémonie des tribus sur l’Etat par la suppression des rentes attribuées
B. Contrôle et transparence
a- Diagnostic :
Les dispositifs actuels de contrôle souffrent d’un manque d’indépendance, de moyens, et de portée réelle. Leur action reste symbolique.
Constats
– Commission anticorruption non indépendante
– Cour des comptes sans autonomie et sous-dotée
– Inspection générale d’État dépendante, sans mission préventive
b- Propositions :
– Autonomiser les organes de contrôle
– Doter la commission anticorruption d’un budget propre, d’un pouvoir de saisine directe de la justice et d’une autonomie fonctionnelle
– Réformer la Cour des comptes
– Rendre les modalités de nomination plus transparentes
– Renforcer des effectifs et des prérogatives
– Refonder l’Inspection générale d’État en lui donnant une indépendance d’action
– Effectuer des missions régulières et préventives, produire des rapports publics consultables par le Parlement et les citoyens.
C. Redistribution et partage équitable des richesses
a- Diagnostic :
La redistribution reste ponctuelle, assistancielle et peu structurante. Les inégalités sociales et territoriales perdurent et se creusent encore plus.
b- Propositions :
– Instaurer une redistribution fondée sur l’équité territoriale et sociale qui tient de la démographie et de la justice sociale
– Investir dans les infrastructures de base (éducation, santé, logement, routes, énergie, barrages)
– Réduire les disparités régionales
– Instaurer une fiscalité progressive et solidaire.
D. Efficacité économique et transformation structurelle
a- Diagnostic
– L’économie reste extravertie, dépendante de l’exportation de matières premières
– La création de valeur ajoutée et d’emplois durables est faible.
b- Propositions de solution
– Élaborer une stratégie nationale de transformation industrielle.
– Développer des chaînes de valeur.
– Créer de filières industrielles porteuses et génératrices d’emplois
E. Décentralisation et développement local
a- Diagnostic
La décentralisation, amorcée depuis 1987, reste largement inachevée. Les collectivités locales souffrent de nombreuses faiblesses :
– Faibles capacités institutionnelles et administratives.
– Incompétence généralisée liée au manque de formation des élus et à l’absence de métiers territoriaux structurés.
– Insuffisance des ressources financières.
– Forte dépendance vis-à-vis du budget de l’État.
– Faible autonomie fiscale et déséquilibres territoriaux marqués.
– Nécessité de revoir le découpage administratif pour une meilleure cohérence économique.
– Centralisation excessive du pouvoir.
– Double tutelle des collectivités ralentissant leur action.
– Problèmes de gouvernance locale : politisation, manque de transparence, clientélisme.
– Inégalités régionales et sociales, marginalisation des zones rurales.
– Enjeux sociopolitiques et sécuritaires : faibles capacités locales de prévention des conflits.
b- Propositions :
– Réforme des textes de la décentralisation
– Création de filières spécialisées pour les métiers territoriaux
– Transfert effectif des compétences avec budgets correspondants
– Élaboration d’une stratégie nationale de réduction des inégalités territoriales
– Renforcement des capacités des élus et du personnel local
– Instauration de mécanismes de redevabilité et de participation citoyenne
La réussite de la décentralisation est une condition essentielle de la cohésion nationale, de la stabilité démocratique et du développement équilibré du pays
F. Politique environnementale
a- Diagnostic :
La dégradation environnementale affecte la sécurité alimentaire, la santé publique et la stabilité sociale.
Enjeux critiques :
– Avancée du désert
– Dégradation des ressources en eau
– Surexploitation et pollution marines
– Urbanisation sauvage, déforestation
– Faiblesse des mécanismes de contrôle
b- Propositions :
– Gouvernance environnementale renforcée
– Création d’une Autorité nationale indépendante pour l’environnement et le climat
– Mise en place d’une plateforme de coordination intersectorielle
– Formation et professionnalisation
– Création d’une École nationale de l’environnement et de la transition écologique
– Renforcement des capacités de contrôle
– Recrutement et équipement d’une police de l’environnement professionnelle
-Décentralisation de l’action environnementale via les conseils régionaux de l’environnement
IV– Diaspora et Emigration
A. Une diaspora dynamique
a- Diagnostic
Une diaspora très importante et dynamique mais ignorée. En 2023, les transferts de fonds ont représenté près de 70 millions USD, soit 0,57 % du PIB, selon la Banque mondiale.
Pourtant, la diaspora ne bénéficie d’aucune représentation politique directe ni de mécanisme structuré d’influence sur les décisions nationales.
Elle est souvent sollicitée uniquement pour les collectes de fonds.
b– Propositions de solution
– Participation politique de la diaspora : Accorder le droit de vote à distance (électronique ou consulaire) et Réserver 02 à 04 sièges à la diaspora à l’Assemblée nationale
– Création d’un Haut Conseil de la diaspora : Organe élu par les Mauritaniens de l’extérieur. Statut autonome avec droit de proposition législative consultative.
– Volet Diplomatique pour les Mauritaniens à l’étranger : Garantir aux Mauritaniens vivant à l’étranger une présence diplomatique de proximité, protectrice et efficace. Création et multiplication de consulats mauritaniens dans les grandes villes où vivent des milliers de Mauritaniens souvent éloignés de toute représentation officielle
– Mise en place d’un fonds d’urgence pour les Mauritaniens à l’étranger
– Accompagnement des étudiants et travailleurs à l’étranger
– Valorisation des compétences et des talents de la diaspora
– Lancement d’un programme “Mauritaniens d’excellence à l’étranger”
– Création de Banque de la diaspora
B. Une émigration accélérée
a- Diagnostic
– Une jeunesse abandonnée : 23,7 % des jeunes de 15 à 24 ans sont au chômage, dont près d’un tiers de jeunes femmes (ONS, 2023). Les politiques de l’emploi sont inopérantes : pistons et clientélisme remplacent la compétence.
– Un enseignement déconnecté des réalités économiques : les filières professionnelles sont dévalorisées.
– La jeunesse est exclue du jeu politique par un verrouillage institutionnel, et les
jeunes rapatriés font face à un accueil inexistant.
b– Propositions de solution
– Lutte contre l’émigration clandestine : création de milliers d’emplois sur 5 ans
– Déploiement de formations techniques dans les zones marginalisées
– Création d’un Fonds national pour la jeunesse marginalisée, piloté par le
Ministère de l’Emploi, l’ANAPEJ, les collectivités locales et cofinancé par des
bailleurs
V. Autres axes
Concomitamment à l’approfondissement des grands thèmes les axes ci-après feront l’objet d’ateliers
- Secteur judiciaire
- Secteur Education
- Secteur Santé
- Secteur Economie
- Secteur Défense et sécurité
MEMO DIRECTIF
Les thèmes devant faire l’objet de commissions spécialisées (composées d’experts mis à disposition par les membres signataires de la feuille de route de l’opposition) devant approfondir le sujet pour être bien armé lors du dialogue national :
- La forme constitutionnelle de la république et séparation de pouvoirs
- Le clivage politique et asymétrie de la dichotomie opposition-majorité
- L’esclavage et ses séquelles
- L’exclusion et les discriminations
- Le passif humanitaire
- Le problème des terres
- Le statut des partis politiques
- Le système électoral
- La corruption et le népotisme
- La redistribution et le partage équitable des richesses
- La décentralisation et le développement local
- La diaspora et l’émigration
Modèle de plan de présentation du thème par la commission spécialisée :
- Rappel de l’importance politique du thème
- Présentation des lois et des règlements régissant le thème
- Une présentation détaillée de nos propositions sur la base de celles avancées dans la plateforme validée par les signataires
NB : faire des propositions simples, claires et applicables immédiatement
Chaque commission sera présidée par un ou deux signataires de la plateforme
Commémoration du 28 novembre : Déclaration de presse des FPC
Le 28 Novembre ne pourra plus jamais être, pour tous, ce jour d’optimisme symbolisant la renaissance à la dignité et à la liberté du peuple mauritanien tout entier.
Depuis le 28 novembre 1990, ce qui aurait dû rester un grand jour- symbole de notre libération du colonialisme français s’est transformé en un Jour de douleur, de deuil, de grande tristesse pour toute la communauté négro-africaine, et en particulier pour toutes celles et tous ceux qui ont perdu des êtres chers.
En effet, le 28 novembre 1990, le pouvoir arabo-berbère, symbolisé par le régime du Colonel ould Taya, fait pendre, de sang froid par leurs frères d’arme, 28 soldats noirs mauritaniens, pour fêter le trentième anniversaire du pays !
Ils ont été pendus pour célébrer l’arabité exclusive de la Mauritanie, en solidarité avec l’Irak de Saddam Hussein, et parce qu’ils étaient noirs et non arabes. Depuis, ils gisent dans la solitude des fosses anonymes. Depuis, ils attendent des sépultures décentes…
Par devoir de mémoire et par exigence morale, nous Forces Progressistes du Changement ( FPC), demandons à toutes celles et à tous ceux qui aspirent à l’unité de notre pays – la Mauritanie- à ceux qui croient au respect des droits humains, d’avoir, en ce jour, une pensée pieuse de recueillement pour ces victimes du racisme, du chauvinisme et de la barbarie humaine. Les FPC apportent leur soutien à ceux qui restent encore attachés au devoir de justice et de vérité.
Nous Forces Progressistes du Changement ( FPC), exigeons du gouvernement mauritanien actuel qui tente par des artifices de solder ce dossier :
– La restitution des dépouilles des pendus du 28 novembre 1990 à leurs familles,
– L’ application du devoir de vérité, du devoir de justice, du devoir de mémoire, des réparations matérielles et morales pleines et entières; au bout du processus la nécessité du pardon.
La Paix des cœurs et des esprits, pour une véritable réconciliation nationale, passe nécessairement par là.
La lutte continue!
Nouakchott le 28 Novembre 2025
Le département de la Communication
Lettre ouverte aux champions du réveil Africain, dirigeants du Sénégal
Par Biram Ould Dah Ould Abeid, Député Mauritanien, Président de la Coalition de l’Opposition Anti-Système et de l’Initiative de Résurgence Abolitionniste(IRA), Prix des Droits de l’Homme des Nations-Unies(2013).
Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, chers guides et frères, après plusieurs nuits de stress et d’insomnie, à Bruxelles, capitale de l’Europe, je me résous à vous écrire, espérant que vous lisiez mon message, malgré la priorité des impératifs que vous dicte l’exercice du pouvoir d’Etat.
L’Afrique est nostalgique des pionniers de ses luttes pour la dignité, la vraie, presque tous partis en martyrs, sans avoir assisté à votre exploit. Le recouvrement de leur rêve de leaders bâtisseurs vous échoit. Il vous appartient de confirmer la revanche, sur la malédiction du sort et la nuisance des forces rétrogrades, soient-elles endogènes ou d’appoint aux appétits extérieurs. Des générations d’Africains n’ont cessé, depuis des décennies, de scruter l’horizon – obstinément vide – du lendemain qui répare et rassure. Avant vous, les multitudes vivaient l’espérance, quasi messianique d’une relève, sur la voie du redressement moral, pour qu’enfin prenne corps, la promesse de l’émancipation. Patrice Lumumba, Ruben Um Nyobè, Ahmed Ben Bella, Mehdi Ben Barka, Alioune Blondin Diop et bien d’autres, attendent, avec la patience du monde des esprits, que nous exhaussions leurs vœux par le parachèvement de l’entreprise de libération du Continent.
Vous avez jeté les jalons du Pastef, en tête de pont de renaissance et de reconquête d’une destinée trop longtemps tenue sous l’éteignoir de la corruption, de la brutalité et des égoïsmes. En arrachant les instruments de la légitimité populaire, grâce aux atouts exclusifs de la persuasion, vous avez érigé un modèle de vertu, là où la plupart de vos prédécesseurs échouaient, sans répit. Croyez-en un aîné, vous n’avez droit à l’erreur. Après tant de sacrifices, la négligence ne vous est permise.
Or, les informations et échos de votre dissensus nous parviennent du Sénégal. La rumeur nous afflige et nous plonge dans une anxiété qu’agitent l’appréhension de l’échec et la crainte d’un cinglant désaveu par l’histoire dont nous ne saurions nous relever, de sitôt.
Pourtant, en Afrique, les populations vulnérables, les jeunes, les patriotes et surtout les cadets sociaux, au-delà de votre pays, commençaient à entrevoir la délivrance car vos victoires, réitérées dans les urnes, validaient leur aspiration à vaincre la fatalité. Un tel affranchissement ne peut devenir objet d’aventure. C’est un bien précieux et sa perte, ô combien onéreuse, déclencherait l’onde de choc de la régression et baliserait la pente de l’impuissance.
Aussi, vous invitons-nous au sursaut de la lucidité, afin d’éviter que se rompt l’élan de la locomotive salutaire. Pastef- Sénégal, porte notre foi commune en l’avenir d’une Afrique des peuples, de la démocratie et de la souveraineté restaurée.
Vous n’êtes pas seuls. Biram Ould Dah Ould Abeid, Député Mauritanien, Président de la Coalition de l’opposition Anti-Système et de l’Initiative de résurgence abolitionniste (Ira), Prix des droits de l’Homme de l’Organisation des nations unies (2013). Bruxelles, 18 novembre 2025
Déclaration de la Coalition Anti-Système à propos du « Passif humanitaire »
A partir de 1986 le colonel Ould Taya déclenche une violence inouïe contre la
communauté négro-africaine qui ira crescendo et finira par ce qu’on
appellera par euphémisme ‘’Passif humanitaire ‘’, afin de maquiller une tentative de génocide.
Il s’agit d’évènements graves et tragiques à caractère raciste ,survenus entre 1988 et 1991, ayant affecté particulièrement la communauté peule du pays
,dans l’impunité totale ; évènements qui se sont traduits par la répression et la déportation de populations, des spoliations en tous genres , des radiations administratives massives et des exécutions extra- judiciaires innombrables dans la vallée du fleuve et dans l’armée , dont le point culminant fut la pendaison de 28 soldats négro-africains le 28 novembre 1990 , en guise de célébration de notre indépendance nationale .
Ces crimes graves ont eu pour conséquence de diviser nos communautés et
de fragiliser davantage notre Unité Nationale.
La Coalition Anti-Système estime que la réparation de ces immenses dommages passe par une solution collective qui s’adosse sur la Justice transitionnelle, à l’image de bien des pays ayant vécu pareille situation,
comme l’Argentine, le Chili, l’Afrique du Sud, le Maroc et la Gambie à côté.
Une Justice transitionnelle qui repose sur les devoirs de Justice , de Vérité, de Réparation et de Mémoire’’ pour qu’au bout du processus, intervienne le Pardon .
‘’Trouver des solutions adaptées à nos réalités’’, tel qu’on l’entend ici et là, ne vise qu’à tronquer ce dossier, à nier un crime de masse. Or nier un crime de
masse revient à encourager d’autres crimes dans le futur. Un génocide ça ne se
pardonne pas et ne saurait être soldé par de l’argent.
La solution à ce dossier douloureux devra opérer comme une catharsis, afin de mieux sceller les retrouvailles et la réconciliation nationale .L’on sait qu’iL n’y a pas de paix sans réconciliation, ni de réconciliation sans Justice. Révéler toute la vérité pour cicatriser la plaie et conjurer les périls futurs constitue une étape indispensable dans la résolution durable de ce dossier.
Par ailleurs, au vu des confusions et des amalgames entretenus par le Pouvoir et ses acolytes, il ne serait pas superflu de recadrer ici le débat.
En effet, il y a lieu de rappeler que le problème fondamental des négro-
africains (veuves et orphelins compris ) n’est pas le « Passif » en lui-même, mais l’exclusion systémique et systématique qu’ils vivent au quotidien,
exclusion à l’origine même de ce ‘‘Passif’’.
Ce sont bien ces politiques d’exclusion à caractère raciste et toutes ces injustices accumulées qui en sont la cause première. Il ne faut donc pas confondre l’effet et la cause. L’adage dit que pour soigner une plaie il faut crever l’abcès et que pour guérir un mal il faut s’attaquer à sa racine, traiter la cause. C’est donc à ces politiques discriminatoires et racistes, racine du problème, qu’il faut s’attaquer si l’on veut résoudre, durablement et
correctement la question du ‘‘Passif’’ et nous prémunir de toute récidive.
La Coalition Anti-Système, opposée à toute solution de complaisance concernant ce dossier :
– Invite le Pouvoir à oser faire face à notre histoire et à trouver des solutions
viables et durables à ce problème afin de permettre à notre pays de repartir du
bon pied,
– Salue le courage de ces veuves qui, par dignité et respect à la mémoire de
leurs époux , refusent de céder à l’appât du gain , aux milliards d’ouguiyas
miroités pour aiguiser l’appétit des plus cupides et saborder le dossier ,
– Et appelle enfin tous les patriotes sincères à apporter leur soutien à ces braves dames, à ces orphelins et à ces rescapés soucieux de voir éclater la vérité, dans cette juste cause qu’ils défendent au nom de la dignité, de la justice et de la mémoire.
Nouakchott, le 13 novembre 2025
Les Signataires :
-RAG
– IRA
– FPC
– DEKAALEM
– CVE
– MEJD
– MITHAQ HARATINES
– PAREN/VE





