Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Category Archives: Actualités

Invité Afrique, Adam Thiam: au Mali, «c’est la question peule qui est en train de naître»

Invité Afrique, Adam Thiam: au Mali, «c'est la question peule qui est en train de naître» L’insécurité, dans le centre du Mali, inquiète. Depuis début 2015, des dizaines d’attaques ont été répertoriées dans cette zone.

Dernière en date, il y a une semaine : celle de Boulikessi, près de la frontière avec le Burkina Faso, qui a coûté la vie à 11 militaires maliens, et qui a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, nouvelle formation jihadiste née de la fusion entre plusieurs groupes du Sahel – dont la katiba Macina, apparue début 2015, du prédicateur Amadou Koufa, dont le nom revient régulièrement, quand on parle des violences dans le centre du Mali.

C’est à ce sujet, celui de l’insécurité dans le centre du Mali, que s’intéresse une étude, qui vient d’être publiée par l’Institut du Macina, et le Centre pour le dialogue humanitaire. Son titre : « Enjeux et dangers d’une crise négligée ». On en parle avec Adam Thiam, promoteur de l’Institut du Macina. Il répond aux questions de Magali Lagrange.

RFI: Est-ce que les assaillants sont les mêmes groupes qui ont été chassés du nord ?

Adam Thiam: Il y a certains groupes qui étaient chassés du nord, d’autres qui travaillaient déjà pour les groupes du nord comme le Mujao [Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest] et qui ont été démobilisés après mais le nouveau mouvement, lui, a été créé seulement à partir de 2015. C’est cela qui fait basculer le centre dans l’insécurité avec plusieurs centaines de morts ; une réelle psychose ; des régions entières sans administration ; des embuscades et attaques frontales contre l’armée au moins une fois par mois ; des assassinats ciblés qui sont menés par des jihadistes contre tout civil qui est jugé hostile à leur cause ; des bandits de grands chemins ; des insurgés identitaires ; bref, la totale.

Est-ce qu’il y a des ententes entre ces groupes de bandits et les jihadistes ?

Il y a probablement des passerelles que nous ne saurions décrire pour ne pas avoir eu le temps de les étudier de très près. Cependant, il y a simplement un nom qui circule et qui fédère pratiquement tout, c’est Amadou Koufa. Vous avez entendu parler de lui. Il était récemment dans une vidéo de fusion entre al-Mourabitoune, Ansar Dine et katiba Macina. C’est un prédicateur très connu de la région. Iyad Ag Ghali est une vieille connaissance à lui, qui l’a rejoint à Tombouctou, en juillet 2012, sous l’occupation donc. Dès les premières attaques revendiquées par lui, en tant que Katiba Macina, Amadou Koufa a qualifié Iyad d’émir et lui a renouvelé son allégeance. Depuis la fusion récente Katiba Macima, al Mourabitoune et Ansar Dine sous l’autorité de Iyad Ag Ghali, on a l’impression qu’il est devenu le fondé de pouvoir à part entière de Ansar Dine dans la région du centre.

Est-ce qu’il y a des similitudes entre le moment où la crise au nord a démarré et ce qui se passe actuellement dans le centre du pays ?

Aqmi [al-Qaïda au Maghreb islamique], au nord, a eu une dizaine d’années pour monter en puissance. Il n’y a pas de commune mesure entre ce qui s’est passé au nord du Mali et ce qui se passe présentement au centre. Ce qui ne veut pas dire que la situation au centre n’est pas sans danger et le danger que nous voyons, c’est un peu et surtout cette question peule qui est en train de naître.

Justement par rapport à cette question peule, il y a des Peuls qui rejoignent les rangs des groupes violents mais il y en a aussi, du coup, qui sont stigmatisés et la communauté peule subit de plein fouet les conséquences de cette insécurité. C’est cela qui se passe ?

Oui. Les Peuls que nous avons approchés disent qu’ils étaient les premières victimes des jihadistes. Il y a des chefs de village peuls qui ont été forcés de quitter certaines des zones contrôlées par les jihadistes ; des religieux ont été exécutés par des islamistes dont des imams qui rejetaient la camisole de force rigoriste. Il y a des citoyens ordinaires qui ont payé de leur vie les informations qu’ils donnaient à l’armée sur les positions jihadistes.

En même temps, plusieurs mouvements locaux et des organisations des droits de l’homme rapportent et dénoncent des exactions dont les forces de l’ordre se rendaient souvent coupables contre des éléments peuls sur le simple fait qu’ils sont peuls. A ceci, s’ajoutent les violences de groupes de chasseurs traditionnels que l’on appelle les Dozos contre des éléments peuls, ainsi que le cycle de vendetta ou de colère que cela entraîne et qui portent les germes de conflits interethniques encore plus inquiétants.

Est-ce qu’il y a un risque de déstabilisation du pays, voire de la région ?

Evidemment. Le centre a été, jusqu’à présent, la passerelle entre le nord et le sud. S’il s’embrase, il coupe effectivement le pays en deux. Le danger est là mais, à l’heure où je vous parle, on ne peut pas dire que la situation est celle-là. Ceci dit, le centre appelle à des réponses urgentes. Et d’ailleurs, au moment où je vous parle, je vois que l’Etat a adopté un programme qui reflète, en tout cas, sa préoccupation des problèmes que le centre pose et qui est fait par une triple mesure de gouvernance, de sécurité et de développement.

Est-ce que ce sont des mesures adaptées ? Selon vous, est-ce que vous pensez que cela peut suffire à calmer les choses ?

A mon avis, il faut « mieux d’Etat », mais pas forcément plus d’Etat. Mieux d’Etat veut dire, sans aucun doute, le retour de l’administration mais avec de nouvelles mœurs, de nouvelles habitudes, une réelle adhésion à l’esprit de décentralisation et un véritable partenariat entre les communes et l’Etat. Tout cela, dans une approche de sécurité collective.

Mais il y a aussi la question qu’on ne peut pas éviter, celle du développement de la région de Mopti. En effet, la région s’est prolétarisée au fil des trois dernières décennies et c’est là où il y a le plus d’écoles coraniques au Mali. Or, les écoles coraniques pour l’instant ne forment effectivement que des chômeurs et c’est vraiment, à mon avis, une chair à canon rêvée pour les islamistes. C’est tout cela qui va falloir gérer. Cela paraît délicat mais le conflit n’est pas une fatalité. Il faut juste un peu d’anticipation et de justice, à notre avis.

Par Magali Lagrange

RFI

Partagez

L’Assemblée Nationale adopte le projet de loi constitutionnelle portant révision de la constitution du 20 juillet 1991

L'Assemblée Nationale adopte le projet de loi constitutionnelle portant révision de la constitution du 20 juillet 1991L’Assemblée Nationale a adopté, jeudi, au cours d’une séance plénière tenue sous la présidence de M. Mohamed Ould Boilil, président de cette chambre, le projet de loi constitutionnelle portant révision de la constitution du 20 juillet 1991 et ses textes modificatifs, par plus de la majorité qualifiée des deux tiers.

Ont voté pour le projet de loi 121 députés, ce qui représente plus des deux tiers de l’Assemblée Nationale, exigés pour l’adoption des amendements conformément à la constitution.

17 députés ont voté contre le projet de loi. Le total des suffrages exprimés était de 141 voix sur les 147 députés que compte l’Assemblée nationale.

Les discussions du projet de loi ont duré 3 jours durant lesquels l’occasion a été donnée aux députés pour étudier le texte de façon approfondie.

Les discussions engagées ont permis de faire connaître les résultats positifs attendus du projet de loi, notamment en ce qui concerne le renforcement du processus démocratique et la dynamisation du développement local de toutes les zones du pays.

Le projet de loi constitutionnelle comporte 10 articles dont 3 articles constituant des dispositions transitoires.

Le premier article porte sur l’abrogation des dispositions de l’article 8 de la constitution relatives au symbole national qu’est le drapeau et son remplacement par de nouvelles dispositions visant à ajouter un bandeau horizontal rectangulaire de couleur rouge sur les deux bords de l’actuel drapeau. La largeur de chacun de ces deux bandeaux est de 15% de la largeur du drapeau. Le même article porte aussi sur le changement de l’hymne national.

L’article 2 porte, lui, sur la révision de l’article 46 de la constitution qui prévoyait un parlement composé de deux chambres et propose un parlement d’une seule chambre, l’Assemblée Nationale.

En raison de la suppression du Sénat, 25 articles de la Constitution ont été modifiés et deux autres ont été supprimés, car se rapportant tous, d’une manière ou d’une autre, à l’existence d’un parlement composé de deux chambres.

L’article 3 du projet de loi constitutionnelle porte sur le rajout d’un alinéa à l’article 86 (nouveau) de la Constitution intégrant ce qu’on appelle l’exception préjudicielle, qui ouvre à un justiciable, faisant l’objet d’un jugement, dont il estime que la mise en œuvre est de nature à porter préjudice aux droits et libertés garantis par la Constitution, de soulever cette exception pour suspendre l’application de cette décision judiciaire.

Les articles 4, 5 et 6 du projet de loi constitutionnelle modifient le libellé du titre et des deux articles du Titre XIII de la Constitution portant sur la Haute Cour Justice.

En vertu des nouvelles dispositions, les députés conservent le droit d’accusation tandis que le jugement sera du ressort d’une nouvelle instance judiciaire élevée dans la pyramide judiciaire composée de magistrats professionnels compétents et expérimentés.

Quant à la mise en accusation du Président de la République, du Premier et des membres du gouvernement, elle est également entre les mains de l’Assemblée nationale.

L’article 7 du Projet de englobe la constitutionnalisation du Conseil Supérieur de la Fatwa et des Recours gracieux en tant qu’instance consultative en y intégrant le Haut Conseil Islamique et l’institution du Médiateur de la République.

Les articles 8 et 9 du projet de loi constitutionnelle font que les questions environnementales relèvent désormais des compétences du Conseil Economique et Social dont il est fait référence dans les articles 95 et 96.

L’article 10 du Projet de loi constitutionnelle opère une modification au niveau de l’article 98 de la Constitution en créant de nouvelles collectivités territoriales en plus des communes déjà existantes, qui sont les régions librement administrées par des conseils régionaux élus au suffrage universel.

Le ministre de la défense a rappelé l’importance de la Constitution, soulignant qu’il ne s’agit pas de mettre en place une nouvelle Constitution, mais plutôt d’améliorer la marche des institutions du pays en prenant en compte les développements politiques économiques et sociaux et en tirant la leçon de la pratique de notre système institutionnel depuis la mise en vigueur de l’actuelle Constitution tout en tenant compte de nos spécificités nationales.

Il a attiré l’attention sur le fait que la Constitution du 20 juillet 1991 prévoit sa propre révision en son article 11 et par conséquent, il n’y a pas lieu d’évoquer l’irrégularité de la procédure suivie actuellement.

Le ministre a souligné que la révision de l’article 8 sur le drapeau vise à lui apporter des améliorations en y intégrant 2 bandes horizontales représentant un hommage pour les résistants tombés sur le champ d’honneur de la lutte nationale contre le colonisateur pour la première bande et les fils qui ont sacrifié leur vie pour la défense de l’intégrité territoriale, pour la seconde et qu’en tout état de cause le drapeau garde 70 pour cent de sa surface telle quelle avec le croissant et l’étoile jaunes sur fond vert.

Il a dit que cela est l’expression de notre reconnaissance de l’apport des uns et des autres.

M. Diallo Mamadou Bathia a mis en exergue le rôle joué par le Sénat au service du pays relevant que la suppression de cette chambre doit être vue côté expérience d’un parlement de deux chambres qui jouent toutes deux à peu près le même rôle; ce qui fait la procédure suivie par un texte de loi peut durer 9 mois en moyenne, ce qui représente une entrave à la mise en œuvre des politiques gouvernementales.

Il a ajouté qu’il s’agit tout simplement de tirer les leçons de l’expérience de la réalité avec ses contraintes, au demeurant claires que notre système institutionnel doit prendre en compte tout en l’adaptant aux nouvelles exigences du développement.

Le ministre a précisé que le projet de loi constitutionnelle s’attelle, par ailleurs, à développer le conseil Constitutionnel à travers deux choses: la 1ère est l’implication de l’opposition qui participe à sa formation en désignant trois (3) de ses membres par les trois partis les plus importants et les mieux représentés au Parlement; la seconde consiste à lui soumettre les lois organiques pour statuer sur leur conformité avec la Constitution avant leur promulgation.

La suppression de la Haute cour de justice, poursuit-il, représente une volonté de rompre avec les tribunaux d’exception et les procès politiques, relevant qu’en l’état actuel des choses, elle est formée de parlementaires qui ne sont pas nécessairement des spécialistes en la matière.

La proposition faite laisse le pouvoir d’accusation entre les mains des députés de l’Assemblée nationale et confie le procès à une instance, la plus haute dans la pyramide judiciaire composée de magistrats professionnels, dont l’expérience et l’expertise sont avérés, ce qui est censé satisfaire tout le monde parce qu’il constitue une garantie pour un procès équitable.

Il a noté que la modification de l’article 94 s’inscrit dans le cadre de l’action visant à faciliter les procédures et rationaliser les charges en réunissant certaines institutions dont les missions se recoupent.

Le projet de loi constitutionnelle prévoit aussi la création de conseils régionaux en tant que collectivités territoriales pour promouvoir l’émergence de pôles de développement à l’intérieur du pays.

Ces conseils auront de larges compétences et tiendront compte des spécificités locales de chaque zone.

Dans leurs interventions, les députés ont souligné que les amendements constitutionnels visent finalement l’amélioration et le renforcement de notre démocratie et la dynamisation du développement économique ainsi que l’implication des populations des différentes zones du pays.

Ils ont estimé que les changements au niveau du drapeau et de l’hymne nationaux ont pour objet de leur apporter des améliorations en y intégrant au premier deux bandes horizontales représentant un hommage pour les résistants tombés sur le champ d’honneur de la lutte nationale contre le colonisateur et les fils qui ont sacrifié leur vie pour la défense de l’intégrité territoriale et qu’en tout état de cause le drapeau garde 70 pour cent de sa surface telle quelle avec le croissant et l’étoile jaunes sur fond vert.

Quant au second l”‘hymne national, il s’agit de lui apporter une dose de patriotisme pour renforcer l’attachement au pays pour mieux le défendre.

Certains ont relevé que la révision de la constitution est d’une importance capitale en raison de la sensibilité que revêt ce texte fondateur de l’Etat. C’est pourquoi, il convient d’entourer chaque révision de précaution faisant qu’elle intervienne dans un cadre de concertation et de dialogue inclusif où toute la classe politique participe autant que faire se peut.

Ils ont demandé à donner aux nouveaux conseils régionaux nouvellement créés toutes les compétences et les doter de tous les moyens matériels demandant, de tirer la leçon de l’expérience des communes qui n’ont pas pu accomplir des réalisations importantes en raison de leurs faibles revenus.

AMI

Partagez

Règlement Passif humanitaire : Les fonctionnaires et agents victimes des événements 89/90 déplorent des obstacles à la Fonction Publique

Les fonctionnaires et agents de l’État, victimes des événements des années 89/90  ne sont toujours pas au bout de leur peine. Et pour cause, les nombreux obstacles  que  leur poserait  la direction de la formation et du recrutement  pour leur réintégration ou leur retraite.

Selon des victimes ayant joint le Calame, le dernier obstacle  est cette fois-ci  lié  à l’incapacité d’un agent  chargé du dossier  des retraites de produire des arrêtés  conformes  à la législation en vigueur. L’agent en question, chargé de préparer les arrêtés mettant les victimes, soit à la retraite, soit  les intégrant à la fonction publique mélangerait tout. Il peine à harmoniser les textes  écrits en arabe et  en en français,  ne fait pas de différence  entre nouveaux et anciens  indices des fonctionnaires et agents de l’État,  déplorent nos interlocuteurs qui, par conséquent  peuvent se retrouver avec plusieurs rejets au niveau de la direction de  législation  et/ou  du budget. Les  textes  rejetés  par la direction de la législation  sont toujours couverts de ratures en rouge. C’est la preuve que l’envoyeur est  incapable de s’acquitter  de sa mission. Les va et vient   peuvent durer des semaines voire des mois. Face à cette situation,  « les agents de ces deux directions  nous viennent  parfois en aide pour préparer  nos projets   d’arrêtés  ou nous orienter». A défaut,  il faut se rabattre vers  les secrétariats publics pour confectionner  leurs   textes, indique une victime qui  dénonce, non seulement l’ « incompétence »  de l’agent de la direction de la fonction publique chargé du dossier,  mais aussi  et surtout  son «  manque de volonté dans l’accomplissement de sa mission ». Et d’ajouter: c’est d’ailleurs  au niveau de cette direction que tous les dossiers venus de Tadaamoun se perdent. On nous jette toujours à la  figure que la direction n’a pas reçu lesdits dossiers.

Rappelons qu’après l’indemnisation, le fonctionnaire ou agent peut  être réintégré ou admis à faire valoir ses droits à la retraite. Dans ce dernier cas, il doit confectionner un dossier  et le déposer  à la direction de la fonction publique et  du recrutement qui prépare un projet  d’arrêté (fiche de circulation). Ce dossier  passe par la direction de la législation, celle du  budget, du  contrôle financier, revient à  la direction de la fonction publique, puis repart  au ministère délégué chargé du budget  et revient à  la fonction  publique pour validation. C’est un parcours du combattant  pour les intéressés  dont certains n’ont  même pas de quoi assurer leur  transport pour  courir les bureaux. 

le calame

Partagez

Amendements constitutionnels : Opposition vent debout

altL’opposition   dite radicale est vent debout, depuis que le gouvernement a décidé de faire  adopter, par le Parlement, les amendements constitutionnels décidés par le dernier « dialogue national inclusif ». Elle multiplie des réunions pour  préparer sa réplique  contre l’agenda du gouvernement.

Au cahier des actions de masse qu’elle entend mettre en œuvre, on note déjà le sit-in  organisé, par sa jeunesse, devant l’Assemblée nationale, le jour de l’ouverture de la session extraordinaire. Depuis, les forces de l’ordre pointent devant la Chambre basse, pour  veiller au grain et permettre, ainsi, à la commission des lois, de statuer sur le texte du gouvernement. Les membres de cette commission ont démarré leur activité le 26 Février. Une fois achevé son travail, la Chambre basse se réunira  en plénière, pour se prononcer sur le principe de la modification de la Constitution. Et c’est  seulement après que le texte sera envoyé à la commission des lois qui décidera de la voie choisie, pour voter les amendements.

Déterminée à barrer ce chemin, le FNDU et le RFD ont établi des contacts, via les députés de l’opposition au Parlement, visant à obtenir un maximum d’abstentions de  vote. Où en sont-ils ? Leur tâche ne sera certainement pas  facile dans la mesure où  le pouvoir dispose, sur le papier, d’une large majorité : 110 députés sur 147. Mais tous les parlementaires ont les yeux rivés sur les législatives anticipées et pourraient  faire fausse route, en cas de vote secret. Le président de la coalition de la majorité présidentielle, lui-même député de son état, aurait avoué ses craintes d’un tel désastre. Hé oui : les députés s’inquiètent, eux aussi, de leur avenir. L’accord politique du 20 Octobre dernier prévoit bel et bien des élections législatives et municipales anticipées. Si les conditions de la participation de l’opposition dite radicale sont réunies, combien de ceux-là risquent-ils de se retrouver au chômage ? 

Du côté de la Chambre haute, la situation semble encore moins acquise pour le gouvernement. Le mécontentement des sénateurs de voir disparaître leur gagne-pain et, donc, leurs privilèges, n’est pas anecdotique. Le simple fait que le président du Sénat ait omis d’évoquer les amendements constitutionnels, dans son discours d’ouverture de session, mercredi 22 Février, prouve combien la grogne des cheikhs demeure tangible. Les terrains que le gouvernement leur a « aimablement » offerts n’auraient-ils pas réussi à la dompter ? De là, à voter contre le texte du gouvernement, la pente est glissante…

Quoiqu’il en soit, il est évident que le gouvernement n’a ménagé aucun effort pour  convaincre ses troupes à voter son texte. Et que l’opposition fera tout pour s’y opposer. Elle prévoit d’occuper les alentours de l’Assemblée nationale pour peser sur le scrutin. Pour éviter tout débordement, les forces de l’ordre ont investi et bouclé tôt, hier mardi 7 Mars, les axes menant à l’Assemblée. La tension est vive  et le recours à la violence, par les forces anti-émeutes lourdement armées, est d’autant moins exclu qu’on ne voit guère comment le gouvernement pourrait-il faire marche arrière sans perdre la face. La tenue de la plénière, ce mercredi, nous édifiera sous peu.

DL

le calame

Partagez

Mauritanie : suspension d’une séance parlementaire après des accusations de racisme

Mauritanie : suspension d’une séance parlementaire après des accusations de racismeLe président de l’Assemblée nationale mauritanienne, Mohamed Oud Boilil, a suspendu la séance plénière de ce mercredi suite à des accusations de racisme entre les députés Mahfoudh Ould Jeyd (UPR- Pouvoir) et Saoudatou Wane (AJD/MR- Opposition).

Saoudatou Wane a interrompu son collègue Mahfoudh Ould Jeyd qualifiant l’intervention de ce dernier d’ « humiliation des Noirs mauritaniens».

« Vous êtes racistes, a-t-elle dit. Vous essayez par tous les moyens de nous priver de nos droits dans ce pays. Tout Noir, vous voulez le cerner. Mais vous n’y parviendrez pas.»

Mahfoudh Ould Jeyd appelait à faire usage de l’Arabe (langue officielle) et éviter la traduction à l’Assemblée nationale. La Constitution mauritanienne reconnaît quatre langues officielle et nationales: Arabe, Poular, Soninké et Wolof.

Mahfoudh Ould JeydOuld Jeyd de dire: « L’Arabe n’est pas seulement la langue des Maures. C’est la langue du Coran (…) En Russie, il existe 24 millions de Tatars et 80 millions de Kazakhs qui ne parlement pas leur langue locale au Parlement ».

Ould Jeyd a également nié la «domination» des Maures au sein des instituions militaire et sécuritaire de la Mauritanie. « Trois ans avant, il y avait trois Noirs à la tête des quatre appareils sécuritaires en Mauritanie sans que cela ne suscite des réticences.»

Et pour Ould jeyd, «il n’y a pas d’arnaque en Mauritanie. Il n’y a pas de riches aux détriment d’autres. Plutôt, il y a des fonctionnaires dans les différentes communautés qui ont acheté des résidences à Tevragh Zeina (quartier chic de Nouakchott) et des commençants qui disposent des boutiques »

Le Parlement mauritanien est en session extraordinaire depuis mercredi 22 février 2017 pour discuter, entre autres, des modifications constitutionnelles dont la suppression du Sénat et de la Haute cour de justice, le changement des drapeaux et hymne nationaux et la création de conseils régionaux.

alakhbar

Partagez