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Quand l’extrême pauvreté conduit à tamiser la terre pour ramasser du blé
DuneVoices – Le long de la route entre le port de Nouakchott et le centre- ville, des dizaines de femmes tamisent la terre. A les voir, on imagine qu’elles sont à la recherche de métaux précieux, mais ce sont des grains de blé qu’elles guettent.
Des grains tombés par terre durant le transport des marchandises depuis le port jusqu’aux commerçants. Le port de Nouakchott est le plus grand de Mauritanie et constitue le véritable cœur battant du pays et des pays voisins n’ayant pas accès à la mer.
Ce port connait quotidiennement un grand mouvement de camions qui transportent la marchandise, notamment le blé, le sucre et le riz, vers sa destination finale. Arrivant dans des containers, le blé est par la suite chargé dans les camions. Mais une partie se perd sur la route, spécialement au niveau des virages et des points d’arrêt non programmés.

Ces graines de blé parsemées sur le sol constituent une source de revenu pour nombre de femmes pauvres, appartenant en majorité à la classe des anciens esclaves, appelés localement « haratines ».
Un peu de blé en vaut la peine

Tous les jours depuis sept ans, Aicha va aux abords de la même route reliant sa modeste maison, située dans le quartier pauvre « Addar Al-Bidh » dans le sud de la capitale, au port. Et chaque jour, elle s’adonne à la même routine : éloigner les chèvres du « butin », tamiser la terre pour en extraire le blé, et rentrer chez-elle peu avant le coucher de soleil.
Aicha nous raconte qu’elle figure parmi les pionnières du secteur. Avec sa sœur et quelques autres femmes, elles avaient tenté l’expérience de ramasser le blé tombé des camions et ont découvert que cette activité peut constituer une source de revenu, certes maigre, mais non négligeable en l’absence d’autres ressources.
Aicha ramasse quotidiennement entre 10 et 15 kilos de blé, selon le nombre de navires arrivés au port, des navires qu’elle guette à sa façon. « Avec une telle quantité, je gagne entre 3 et 5 dollars, après une dure journée de labeur. Je commence par tamiser de larges parcelles de terre, avant de ramasser la récolte et de la débarrasser des déchets, pour la vendre ensuite aux meuniers, ou la troquer contre du riz ou de l’orge chez les commerçants » raconte-t-elle.
Une voie semée d’embûches

Les ramasseuses de blé accomplissent leur tâche, dans des conditions météorologiques difficiles, abritées sous de vieilles tentes les protégeant à peine d’un soleil de plomb, à bord d’une autoroute bondée de toutes sortes de véhicules.
Amimina est une autre ramasseuse de blé. « C’est la misère qui nous oblige à accomplir ce travail pénible. Mais toute source de revenu halal nécessite un dur labeur » dit-elle fataliste.
« C’est un gagne-pain offert par Dieu et nous n’allons pas nous en passer, ajoute-t-elle. Nous travaillons à la sueur de notre front, sans recevoir d’aumône de personne et Dieu nous envoie toujours des bienfaiteurs parmi les automobilistes qui nous offrent de nous déposer chez nous en fin de journée ».
Réserves de blé

Al-Selka, elle, estime que des dizaines de femmes extrêmement pauvres, issues des divers quartiers de la capitale, exercent ce métier. Elle affirme qu’elle s’est mis d’accord avec ses « collègues » pour se partager les parcelles de terres entre elles, sous forme de fiefs aux frontières bien tracées.
Chacune d’elle possède son propre fief où elle seule elle a le droit de chercher du blé. C’est de cette manière que « l’amabilité et l’entente règnent sur les lieux, entre des femmes travaillant côte à côte dans le cadre du respect mutuel, et devenues copines au fil du temps » ajoute-t-elle.
Situation économique détériorée

Alors que le gouvernement parle de « boom économique » ces dernières années en Mauritanie, les classes défavorisées voit leurs conditions de vie se dégrader. Selon l’expert économique, Ahmadou Essalem, « le taux de pauvreté en Mauritanie a atteint 41 %, en général, et 60 % au sein des classes marginalisées, notamment celle des anciens esclaves ».
Essalem explique le phénomène des femmes qui cherchent du blé sur les routes par « l’échec des politiques gouvernementales à éradiquer le phénomène de l’extrême pauvreté qui menace l’Etat mauritanien ». Il note que « 71.3% des Mauritaniens vivent avec moins de 2 dollars par jour et 23.5% vivent avec moins de 1.25 dollars par jour.
C’est un des taux les plus bas en Afrique du nord ». Et d’ajouter : « La Mauritanie souffre d’une pénurie alimentaire sévère : 7 des 13 provinces de Mauritanie, y compris la capitale Nouakchott, se trouvent en dessous du seuil de la sécurité alimentaire ».
Pour l’officialisation des langues Pulaar, Sooninke et Wolof
Atlasinfo – En Mauritanie, les langues Pulaar, Sooninke et Wolof ont toujours été le parent pauvre de la politique linguistique nationale. En effet, ce n’est qu’en 1979, sous la pression de la rue, que le Pulaar, le Sooninke et le Wolof seront promus au rang de langues nationales, statut qui leur permettra d’être introduits, à titre expérimental, au niveau primaire du système éducatif formel, comme disciplines et véhicules d’enseignement.
Cette expérimentation dont les résultats ont été particulièrement probants suivant les évaluations qui en ont été faites tant au niveau national (Ministère de l’éducation nationale) qu’international (Bureau régional de l’Unesco à Dakar, Breda) n’a pas donné lieu à la généralisation prévue faute de volonté politique.
Au contraire, les langues nationales pulaar, sooninke et wolof sont aujourd’hui exclues du système éducatif et réduites au rang folklorique de disciplines de spécialités au niveau universitaire.
Partant de cette situation de fait, l’Association pour la Renaissance du Pulaar en République Islamique de Mauritanie (ARPRIM), l’Association Mauritanienne pour la Promotion de la Langue et de la Culture Soninké (AMPLCS) et l’Association pour la Promotion de la Langue Wolof en République Islamique de Mauritanie (APROLAWORIM), soutenues par une large frange de l’opinion nationale composée d’ongs, de partis politiques, de personnalités indépendantes, de chefs coutumiers, de guides religieux, de leaders d’opinion et de simples citoyens :
– Conscientes que l’exclusion des langues nationales de la sphère éducative constitue une violation flagrante du droit de l’enfant à être scolarisé dans sa première langue de socialisation avec tous les dommages que cela suppose,
– Convaincues qu’aucun peuple ne peut se développer en dehors de sa ou de ses langues, et que l’unité nationale suppose l’équité entre l’ensemble de nos composantes nationales
– Convaincues que la diversité culturelle proclamée dans le préambule de la constitution de la République Islamique de Mauritanie et l’égalité citoyenne, garantie dans la même constitution, ne peuvent se réaliser qu’à la condition d’un égal traitement de toutes nos langues nationales et de la garantie du droit de chaque Mauritanien de s’épanouir dans sa propre langue,
Réitèrent leur demande d’officialisation des langues Pulaar, Sooninke et Wolof en vue de leur introduction dans le système éducatif et de leur utilisation dans tous les domaines de la vie nationale.
Au-delà du principe d’équité qui sous-tend cette revendication légitime, les accords et traités internationaux (Déclaration universelle des droits de l’homme, Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, etc.), dont la Mauritanie est partie, engagent notre pays à officialiser toutes nos langues.
Pour signer la pétition version française :
https://secure.avaaz.org/fr/petition/Au_gouvernement_mauritanien_Pour_lofficialisation_des_langues_Pulaar_Sooninke_et_Wolof/?cyLrQlb
Le chef de la diplomatie française, attendu à Nouakchott
ALAKHBAR (Nouakchott)- Le ministre français des Affaires estrangères Jean-Marc Ayrault est attendu ce jeudi dans la capitale mauritanienne Nouakchott.
Le chef de la diplomatie française devra rencontrer le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz ainsi que des personnalités de la Société civile dont la présidente de l’Association des Femmes Chefs de familles (AFCF) Aminetou Mint El-Mokhtar, le président de SOS-Esclaves Boubacar Ould Messaoud, l’avocate Fatimata Mbaye l’activiste des droits de l’homme Makfoula Mint Brahim.
Jean-Marc Ayrault devra ensuite s’envoler vers Bamako, la capitale malienne.
DECLARATION: Pour la sauvegarde des acquis constitutionnels
Lors de la session extraordinaire du Parlement du mois de février 2017, le gouvernement mauritanien a présenté un projet de loi portant modification de la constitution, en application de la procédure prévue dans le Titre XI de la constitution intitulé “DE LA REVISION DE LA CONSTITUTION”.
Cette procédure, minutieusement décrite dans ce Titre par les articles 99,100 et 101 impose nécessairement, une fois prise l’initiative de la révision par le pouvoir exécutif ou le pouvoir législatif, le passage par les phases successives suivantes :
- approbation du projet par une majorité des 2/3 des députés,
- approbation du projet par une majorité des 2/3 des sénateurs,
- puis, après cette double approbation séparée des parlementaires, soumission du projet par le Président de la République, à son choix, pour ratification, soit à un référendum populaire, soit au Congrès du parlement qui regroupe les deux chambres et qui doit statuer en la circonstance, à la majorité des 3/5 des députés et sénateurs.
Cette procédure a été même, clairement et fermement, rappelée, comme étant une exigence constitutionnelle incontournable par Monsieur le Ministre ayant représenté le gouvernement lors de l’examen du projet de révision constitutionnelle devant chacune des deux chambres, lors de la session extraordinaire consacrée à cette fin; le rappel de cette exigence a été fait avec d’autant plus de force que cette procédure a toujours été appliquée lors des précédentes révisions, sans la moindre difficulté ou ambiguïté.
C’est ainsi que le projet de révision proposé par le gouvernement a été approuvé à une très large majorité par l’Assemblée Nationale à la grande satisfaction du gouvernement. Cependant, devant le Sénat, il en fut autrement. Les Sénateurs ont, à la majorité, rejeté le projet interrompant ainsi irrémédiablement le processus initié.
Or, au cours de sa conférence de presse du 22 mars 2017, Monsieur le Président de la République, en même temps qu’il prenait acte devant l’opinion publique nationale du rejet de la proposition de révision constitutionnelle par le Sénat, annonçait son intention de soumettre le projet de révision, directement, cette fois, au référendum populaire, contournant ainsi la phase de participation parlementaire, sur la foi d’une singulière interprétation de l’article 38 de la constitution isolé du reste des dispositions du texte constitutionnel disposant que ” Le Président de la République peut, sur toute question d’importance nationale, saisir le peuple par voie de référendum”.
Le Président de la République a précisé lors de la conférence de presse qu’il se fonde sur l’avis d’ « éminents constitutionnalistes apolitiques » qui estimeraient que le recours à l’article 38 est justifié en l’espèce.
Le président de la République a déclaré, en outre, que l’organisation du référendum allait se faire dans les plus brefs délais.
Partant de notre volonté exclusivement citoyenne de défendre notre constitution qui est le fondement du pacte social ;
Soucieux du respect de la constitution, de sa bonne compréhension par l’ensemble des acteurs politiques et sociaux et de son application harmonieuse, pleine et entière ;
Convaincus de la nécessité de rappeler au citoyen mauritanien le contenu réel de notre loi fondamentale, sans aucun esprit de surenchère ou de parti pris ;
Nous, signataires de la présente déclaration, juristes professionnels, praticiens du droit, conscients de la responsabilité qui pèse sur nous en ce moment crucial de l’histoire de notre pays, avons l’insigne honneur de porter à l’attention du citoyen mauritanien ce qui suit :
- La procédure de révision de la constitution, aux termes mêmes de la constitution, ne peut se faire que par le biais de la procédure définie par les articles 99 et suivants du TITRE XI, intitulé DE LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION.
- La formulation « toute question d’importance nationale » contenue dans l’article 38 ne peut, en aucun cas, s‘appliquer à la révision de la constitution qui est régie explicitement et exclusivement par les articles 99 et suivants, au sein du Titre XI de la constitution qui lui est spécialement consacré. A cet égard, l’article 99 ne laisse place à aucune exception et est applicable, comme il l’indique expressément, à TOUT projet de révision ; cet article dispose « … Tout projet de révision doit être voté à la majorité des deux tiers (2/3) des députés composant l’Assemblée Nationale et des deux tiers (2/3) des sénateurs composant le Sénat pour pouvoir être soumis au référendum…».
Manifestement, toute autre procédure de révision constitue une entorse grave à la Constitution
- Le recours à la révision de la constitution par la voie de l’article 38 introduit de surcroît un amalgame aux lourdes conséquences. Il risque en effet de constituer un précédent dangereux en ce qu’il met en péril le fragile équilibre sur lequel repose le fonctionnement de nos institutions et de notre démocratie et peut ouvrir la voie à toutes les aventures, y compris la remise en cause de certaines dispositions intangibles de la constitution (forme républicaine de l’Etat, intégrité territoriale, principe de l’alternance politique, limitation du nombre et de la durée des mandats du Président de la République…).
- Si certains ont cru pouvoir trouver une justification au recours à l’article 38 de la constitution en invoquant une pratique qui aurait été suivie dans d’autre pays, cet argument n’est pas recevable en droit tant sont claires et précises les dispositions en la matière de notre constitution.
Pour toutes ces raisons, nous pensons que la décision de soumettre la révision constitutionnelle au référendum populaire en vertu de l’article 38 à l’exclusion du Titre XI de la constitution constitue un acte anticonstitutionnel.
Nous appelons Monsieur Le président de la République, en sa qualité de garant de la constitution, à revenir à une lecture juste de la loi fondamentale et à ordonner l’arrêt immédiat de toutes les mesures prises ou envisagées qui transgresseraient la constitution.
Nous invitons tous les juristes de notre pays de toute opinion, épris de démocratie et soucieux de la stabilité de nos institutions à se joindre à notre Initiative tendant à constituer une association indépendante pour la défense des acquis constitutionnels
Les signataires (par ordre alphabétique) :
ABDEL KADER OULD HAMAD, Avocat
BRAHIM OULD EBETY, Avocat
DIAW ABDOULAYE DJIMME, Docteur en droit public
LO GOUMO ABDOUL, Professeur agrégé de droit public et Avocat
MOHAMED LEMINE OULD DAHI, Professeur de droit constitutionnel
MOHAMED SIDI OULD ABDERRAHMANE, Avocat
SIDI MOHAMED OULD BEIDY, Docteur en droit public
YARBA OULD AHMED SALEH, Avocat
YEZID OULD YEZID, Avocat
le calame
Le président Aziz : la pression doit être allégée sur le CHN
Le président Mohamed O. Abdel Aziz a effectué ce lundi une visite au centre hospitalier national (hôpital national).
A l’issue de cette visite le président a demandé à ce que la pression sur cette structure sanitaire soit allégée, en demandant aux responsables du département de la santé à mettre en place un plan destiné à orienter les maladies ordinaires vers les autres centres de santé à Nouakchott et à l’intérieur du pays.
Il a appelé à un changement de mentalité dans ce sens et à encourager la santé de base, afin d’épargner à l’hôpital national un encombrement qui peut être évité en orientant les malades ordinaires vers les différents points et centres de santé ouverts partout dans le pays.
Lors de sa visite ce lundi, O. Abdel Aziz a visité le service des urgences, l’unité d’hémodialyse, le laboratoire, la maternité et le service de pédiatrie.
A son arrivée à l’hôpital, le président Mohamed O. Abdel Aziz a été accueilli par le ministre de la santé, Pr Kane Boubacar, ses principaux collaborateurs, le directeur du centre hospitalier national et les corps médical en service dans cette structure.
saharamedias



