Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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L’autre célébration du 28 novembre

La nuit du 28 novembre 1990, un jalon du génocide / Boubacar Diagana et Ciré BACe qui s’est passé en Mauritanie entre 1989 et 1992 présente toutes les caractéristiques d’un génocide au sens retenu par les Nations Unies en 1948 dont une des conventions reconnait comme tel tout acte « commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Abstraction faite du débat que peut soulever l’usage des concepts renvoyant au nombre de victimes, à l’ethnie, à la race, voire à la religion notamment chez certains scientifiques puristes, cette définition lève toute ambiguïté sur le caractère des massacres commis lors de la période référencée…….

Pourquoi alors s’obstine-t-on à utiliser d’autres qualificatifs ?

D’abord parce que les bourreaux sont encore en activité, dans les premiers cercles du pouvoir. Conscients de leur responsabilité certainement directe dans les forfaits commis, ils font tout pour retarder ou empêcher la manifestation de la vérité.

Ensuite, la majorité des partis politiques ont préféré laisser les ONG sous-traiter la question, désertant ainsi cet épineux terrain rendu glissant par sa connexion avec la question nationale. Le débit des autres partis est faible, presqu’inaudible, en raison d’un réseau saturé par des dissensions des associations des victimes.

Enfin les divisions au sein des associations de victimes elles mêmes, liées peut être aux traumatismes subis, sont un pain béni pour les présumés coupables, pourtant répertoriés, qui n’ont eu aucun mal à surfer sur ces divergences pour essayer de passer la solution de cette question par pertes et profits. Victimes et ayant droit s’accommoderont du discours édulcorant les crimes en « passif humanitaire ». En acceptant ainsi de suivre les autorités dans cette démarche, ils espéraient peut-être donner une chance à ces dernières de cheminer vers une véritable réconciliation, impliquant réparations et pardon.

Mohamed Ould Abdel Aziz aurait été épargné pour accorder une chance supplémentaire à la chance de réconcilier la Mauritanie avec elle-même. Ce fut un coup de poker perdant. La « prière aux morts » qu’il a orchestrée en grande pompe, n’avait d’autres motivations que mystiques. La campagne qui l’a suivie, autour du pardon participait à une démarche de diversion, visant à faire passer les victimes pour des haineux, des rancuniers qui ne pouvaient pardonner. N’entendions-nous pas les chantres de cette campagne répéter à qui voulait l’entendre que « Allah, dans Son infinie bonté, accordait Son pardon à Ses créatures (fautives) qui le Lui demandaient ». Ce qu’ils omettaient de dire, c’est qu’Allah n’a jamais fait de mal à personne. Les victimes des exactions n’ont pas de contentieux avec Allah, mais bien avec des créatures comme elles qui se sont adonnées à des abominations, dont elles doivent répondre ici bas, avant de devoir en rendre compte devant notre Créateur et Ses Anges. Ils semblent être frappés d’amnésie, oubliant que certains de ces crimes ont été commis pendant le mois de Ramadan.

Faute d’avoir pu l’empêcher de se produire, nous n’avons pas le droit de laisser les autorités ajouter au crime la bêtise de le minimiser. En effet, les expressions utilisées pour qualifier ces faits de « passif humanitaire », l’ont été, parfois sous la pression des bourreaux et de leurs amis au pouvoir. Comme si ce qui s’est passé n’était pas suffisamment grave pour mériter d’être qualifié autrement.

Le « passif » (et l’ « actif »), usité en comptabilité ou en grammaire, ne peut ni ne doit en aucun cas être employé pour parler de cette abomination. On est en politique. En politique, comme en tout autre domaine, il est préférable d’utiliser les mots qui conviennent pour désigner les maux causés au risque de tomber dans le négationnisme. Les propos tenus récemment par le Général Meguett en constituent un début de commencement.

Souvenons nous qu’Hitler, tirant la leçon de la non application des résolutions du traité de Sèvres, signé le 10 août 1920 entre les Alliés et l’empire Ottoman, qui prévoit la mise en jugement des responsables du génocide arménien, aurait lancé en 1939 « Qui se souvient des massacres des Arméniens » à la veille de massacrer les handicapés, l’extermination des Juifs viendra deux ans plus tard.

Rappelons aussi que le général père de la nation Turque, Moustapha Kemal avait pris soin de faire voter une amnistie générale des dits crimes le 31 mars 1929.

En Mauritanie le colonel Maawiya Ould Sid’ Ahmed TAYA a fait voter une loi d’Amnistie de ses crimes, adoptée en 1993 par une Assemblée à ses ordres. La tentation de tracer un trait sur les faits était déjà là.

Le temps ne doit donc pas avoir de prise sur notre détermination et notre volonté à œuvrer pour la reconnaissance de ces crimes en génocide et la traduction pendant qu’il encore temps de leurs commanditaires devant la Cour Pénale Internationale (Extraits de : Mauritanité ! Qu’en dit l’histoire ? Du non règlement de la question nationale à la reconnaissance du génocide, décembre 2011 par Boubacar DIAGANA et Ciré BA).

Les commanditaires et/ou auteurs de ce génocide sont pourtant connus et répertoriés : Maawiya Ould Sid’ Ahmed TAYA et son armée, les idéologues des partis Baath et Nassérien qui ont endoctriné des civils. Tous bénéficient d’une impunité totale. C’est pourquoi, laisser cette armée au pouvoir s’apparente à une non assistance à populations en danger. Elle peut récidiver. Le 28 novembre est célébrée, depuis 1992, comme une journée de deuil par une partie de la Mauritanie.

Ciré BA et Boubacar DIAGANA – Paris

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Ahmed Ould Daddah : Si les choses continuent ainsi, nous ferons face à un coup d’Etat militaire (*)

Ahmed Ould Daddah : Si les choses continuent ainsi, nous ferons face à un coup d’Etat militaire (*)Le président du parti d’opposition, le Rassemblement des forces démocratiques (RFD), Ahmed Ould Daddah, a déclaré, que si les choses continuaient telle qu’elles sont, le pays ferait face à un nouveau coup d’état militaire. Ould Daddah a ajouté, dans une interview accordée au journal local « essada.info» : « Quand en Mauritanie, des élections justes se dérouleraient donnant gain de cause à ceux qui ont gagné par le vote de la majorité de la population, la situation deviendrait normale et les choses évolueraient comme il se doit. Par contre, quand la situation actuelle continue -Dieu nous en garde- suivant le principe : » fais semblant de fou qui veut terroriser « (اللي يغلب صاحبو اجن اعليه), la Mauritanie connaitra à tout moment un rendez-vous avec un coup d’État militaire, ce qui est préjudiciable au pays à son développement, sa stabilité, son avenir et sa réputation». Ould Daddah a conclu en disant : “Si nous supposons que les circonstances arriveraient au stade justifiant une telle l’intervention militaire pour corriger la situation du pays, les nouveaux arrivants doivent organiser rapidement des élections justes et transparentes, remettre le pouvoir à ceux qui ont gagné en obtenant la majorité des voix au vote, et retourner dans leurs casernes pour s’occuper de leur mission principale, la sauvegarde de la souveraineté nationale. Une démarche comme celle là, serait meilleure pour l’armée et sa réputation, donnerait à ses troupes un moral élevé jusqu’au ciel, et elle gagnerait le consensus et sympathie du peuple, et l’élite politique».

Pour lire la totalité de l’interview, cliquez (هنا ).

Source : http://www.essada.info/ Traduit par Adrar.Info

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Mauritanie : Le foncier, vigilance ! On réforme

Mauritanie : Le foncier, vigilance ! On réformeOumar Lamine DIALLO – Silence ! On réforme devrais-je dire, car nos états sont prompts à jouer sur l’effet de surprise pour nous prendre au dépourvu. Et pour se faire ils s’évertuent à nous distraire pour nous détourner de l’essentiel.

Aujourd’hui la Mauritanie s’est engagée dans une perspective de mise en place d’une nouvelle législation foncière. L’ordonnance 83-127 du 05 Juin 1983, qui régit la gouvernance foncière est décriée ; elle est même devenue obsolète. Certains la considèrent, à tort ou à raison, comme une étatisation de la propriété foncière.

Ce qui est sûr, que ses visées étaient non seulement de déposséder mais aussi de renforcer l’emprise de l’état, sur la gestion foncière. Et pourtant elle intervenait au moment où, nous pouvions tirer profit des expériences voisines car la Mauritanie était le dernier pays de l’ancienne AOF à édicter une réforme foncière, elle a dû attendre 23 ans pour faire sa propre réforme.

Alors que les autres l’ont fait au moment des indépendances ou aussitôt après. Cette ordonnance 83-127, a la particularité d’avoir rendu caduque la propriété coutumière. Alors qu’à la veille des indépendances (02 Aout 1960) nous avions connu une réforme, qui elle reconnaissait la propriété coutumière. Nous étions encore sous l’emprise coloniale.

L’unique combat, qui mérite aujourd’hui d’être mené, c’est celui de se tenir en sentinelles de la vigilance pour que la réforme foncière en vue reconnaisse explicitement la propriété coutumière. Se tenir en sentinelles de la vigilance pour que chaque mauritanien, quelles que soient : sa race, son ethnie ou ses origines ; voit sa propriété reconnue et protégée. Comme le stipule l’Article 17 de la déclaration universelle de Droits de l’homme : « 1-Toute personne, aussi bien seule qu’en collectivité, a droit à une propriété », « 2-Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété ».

Se tenir en sentinelles de la vigilance pour effacer ce que certains appellent timidement les séquelles de l’esclavage. Se tenir en sentinelles de la vigilance pour défendre les droits de l’homme en général, y compris celui de l’accès des femmes à la terre, et ceux des populations autochtones en particulier. Que les fantassins des droits de l’homme fassent entendre leur voix d’une manière beaucoup plus audible ; en oubliant par moment leurs intérêts personnels.

Cette réforme doit être une occasion de régler d’épineuses questions liées à la gouvernance foncière, pour ne pas hypothéquer l’avenir de ce pays. Car la paix se fonde sur la justice. Donc nous devons légiférer dans le sens de contribuer à la paix et à la cohésion sociale.

Et pour se faire cette réforme doit obéir à une démarche participative : il faudra associer l’ensemble des acteurs y compris les représentants des communautés.

Cette réforme sera participative, ou ne sera ! Ainsi pour dire qu’il est impératif que cette réforme soit participative sinon elle n’en sera pas une « réforme ». Et de cette réforme se joue l’avenir de toute une nation, prête à se réconcilier avec elle-même, si le pouvoir lui en donne l’occasion.

Oumar Lamine DIALLO

cridem

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241 ans après la Révolution torodo : Thierno Souleymane Baal toujours actuel

altAu 18e siècle, Thierno Souleymane Baal a mené la plus grande révolution du Fouta, connue sous le nom de Révolution torodo. Surnommé le Briseur du mouddo horma (paiement d’une dîme aux maures), Thierno Souleymane Baal est décrit comme un homme pieux, intègre, humble et dont l’action a permis d’instaurer au Fouta une institution solide reposant sur l’imamat. Grand intellectuel et homme d’éthique, il a combattu dans le Fouta la corruption, l’impunité, l’enrichissement illicite et la dévolution monarchique du pouvoir pour asseoir l’audit, la transparence, la déclaration de patrimoine, la reddition des comptes, la compétence, l’efficacité. Bref, tous ces éléments utiles à la bonne gouvernance. Il a été aussi celui qui, grâce à son courage, a mis fin au règne des Déniyankés et tiré le Fouta du joug des Berbères. Le Quotidien dresse, 241 ans après la Révolution torodo, le portrait de la figure de cette révolution grandement méconnue au Sénégal et qui sera célébrée ce samedi.

241 ans après la Révolution torodo dans le Fouta, le Baal de Thierno Souleymane sonne toujours juste. Le pieu de la révolution de 1776 est un pieux dont l’histoire traverse les siècles sans se falsifier. Thierno Souleymane Baal, meneur de la révolution de 1776, est né à Bodé, dans la région du Toro (actuel département de Podor) vers les années 1720. Issu d’une famille maraboutique, celle de Thierno Aso, le père de Thierno Souleymane Baal était nommé Boubacar Ibrahim et sa mère Maïmouna Oumou Dieng. Il débuta sa formation au sein de sa famille avant de partir en Mauritanie. «Il séjourna longtemps dans l’école de Cheikh Fadel en Mauritanie et se maria même avec une Maure, mère de son fil Boubacar Souleymane», renseigne le Professeur Mamadou Youri Sall dans son article Les recommandations de Ceerno Sileymane Baal, fondateur de l’Almaamiyat (1770-1880). A son retour, il ira approfondir ses connaissances à l’école supérieure de Pire à l’instar de plusieurs de ses amis qui ont suivi Amar Fall au Cayor. L’étape de Pire sera suivie par un séjour au Fouta Jallon, où Karamoko Alfa avait déjà fini de lancer sa révolution.
Dans son ouvrage publié en 2004, et intitulé La première hégémonie peule, Le Fouta Tooro de Koli Tengella à Almaami Abdoul, Oumar Kane décrit Thierno Souleymane Baal : «Physiquement il était de haute taille, d’un noir d’ébène, très corpulent avec un nez épaté, partiellement rongé par la maladie.» Outre ces traits physiques, M. Kane brosse dans ce même ouvrage quelques points de caractère de l’Almamy du Fouta. «Eloquent, doté d’une voix très claire» et surtout «d’un courage qui frisait la témérité», Thierno Souleymane Ball a su, grâce à son intelligence, rallier à sa cause plusieurs chefs traditionnels, de même que des guerriers (sebbe) sur qui reposait la puissance des Satigis (rois du Fouta). Son humilité, sa piété et son intégrité lui ont permis de s’ériger en leader, d’affranchir son Peuple et d’asseoir dans tout le Fouta une théologie connue sous le nom de l’Almamiyya.

Le Briseur du mouddo horma
Né dans un contexte où les habitants du Fouta payaient un lourd tribut devant l’hégémonie des Maures, Thierno Souleymane Baal sera le briseur de cette longue tradition. Les luttes intestines qui opposaient les princes deniyankés, prétendants au trône, rendaient instable et précaire le régime. Perpétuellement agressés par les Maures, ils vivaient au Fouta de façon infernale. «Chaque clan régnant s’alliait à une fraction de Maures pour se renforcer. Des étrangers s’arrogeaient ainsi le droit de s’immiscer dans les affaires intérieures du Fouta, réclamant le versement d’importants tributs, en plus du mouddo horma, un autre tribut en mil que chaque famille devait verser», rapporte-t-on. A la tête de 12 érudits dont Abdel Kader Kane, Thierno Souleymane a libéré le Fouta en 1776 d’un triple joug, à savoir la tyrannie de la dynastie des Deniyankobés qui a duré pendant plus de deux siècles, la domination des Maures qui avaient imposé au Fouta l’acquittement d’un tribut annuel (mouddo horma) équivalant, selon Alla Kane, à 5kg d’or et l’esclavage. Dans un article portant sur Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul et Thierno Souley­mane Baal, Alla Kane identifie  «deux très grandes personnalités qui ont fortement marqué l’histoire du Sénégal, et qui ont été d’un apport inestimable dans le cours de son évolution historique…»

Un exemple de bravoure
La bravoure de Thierno Souleymane Baal est plusieurs fois illustrée dans la tradition, où l’on rapporte comment il s’est adressé aux Maures venus collecter leur tribut à Njafaan (lieu de collecte du mouddo horma : la dîme). «Vous êtes des chefs et vous êtes riches. Quelles sont donc les raisons pour lesquelles vous percevez cette dîme ? Vous n’avez aucune qualité pour percevoir la dîme destinée à ceux qui sont cités dans le verset coranique», leur dit-il. Ces derniers qui le prirent pour un bavard et impertinent lui rétorquent : «Nous percevons la dîme bien avant ta naissance.» A ces mots, Souleymane Baal répond : «Advienne que pourra ! Peuple du Fouta, jamais plus tribut ne sera levé ici.» Il jura au nom d’Allah, puis chargea le chef maure. Depuis, on lui colla le surnom de Briseur de mouddo horma.

Les recommandations de Thierno Souleymane Baal
D’autres sources rapportent comment il a libéré un esclave des mains de ses bourreaux. Après avoir chassé les Maures des territoires du Fouta, sécurisé la région, Thierno Souley­mane Baal convoqua à Cilony (Horofondé) une Assemblée générale des oulémas et notables du Fouta et formula des recommandations qui consistaient à organiser les affaires dans la cité. 1 – Le Fouta est un et indivisible, le fleuve n’est pas une frontière, car c’est la même population peule qui habite sur les deux rives. Il va de Dagana à Njorol, de Hayré Ngal au Ferlo ; 2 – L’égalité de tous devant la justice ; 3 – Les chefs de village et de province, assisté des qaadis, connaîtront les affaires locales, conformément aux prescriptions islamiques, 4 – Les conflits entre les collectivités voisines sont soumis à l’arbitrage de l’Almamy qui prononce le jugement ou indique la marche à suivre pour régler le différend ; 5 – Tout individu a droit d’appel auprès de l’Almamy s’il se sent lésé par un chef ou par un jugement ; 6 – L’impôt, le produit des amendes et tous les revenus doivent être utilisés à des actions d’intérêt général ; 7 – L’Almamy responsable de la défense peut requérir les services de tous les hommes valides à cette fin ; 8 – Orphelins, enfants et vieillards doivent être protégés ; 9 – Le titre royal de Satigi est banni, le nouveau chef portera désormais le titre d’Almamy ; 10- L’Almamy doit être désigné par le collège des grands électeurs venant des 6 provinces du Fouta. Cette décision doit être entérinée par le congrès des Foutankobés. Il n’eut malheureusement pas l’occasion de parachever son œuvre. Il mourut en 1776, en combattant contre les Maures, menés par Ulad Abdallah dans le Jowol, laissant Abdoul Kader Kane, le premier Almamy du Fouta poursuivre la mission. Miné par des guerres des successions, l’Etat théocratique s’effondra un siècle après, mais on continue de chanter au Baal de Thierno Souleymane. Le visionnaire !

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La Mauritanie a adopté une reforme culturelle ambitieuse qui, à la fois, permet la protection de l’identité culturelle et assure la cohésion entre toutes les composantes de son peuple(ministre de la culture)

Le ministre de la culture et de l’artisanat porte- parole du gouvernement, Dr. Mohamed Lemine Ould Cheikh a prononcé jeudi soir à Paris un discours devant la 39ème session de l’Assemblée générale de l’Organisation des nations Unies pour l’Education, la science et la culture (Unesco) en présence des représentants des pays membres de l’organisation et d’une délégation de haut niveau de son département.

Dans ce discours, le ministre a souligné que la Mauritanie a engagé une politique générale qui vise à revaloriser l’homme à travers des programmes qui garantissent la prise en charge des libertés individuelles et collectives ; à lutter contre la pauvreté en élargissant l’assise de la production nationale et en renforçant les infrastructures de base du pays dans les domaines de la culture, de la jeunesse et de l’éducation ; ce qui renforce la culture de la paix et du dialogue entre toutes les composantes de notre société pour participer au développement au service des jeunes générations montantes.

Voici le Texte intégral de ce discours :

« Madame la Présidente

Monsieur le Président du Conseil Exécutif

Messieurs les Ministres et Chefs de Délégations

Excellences les Ambassadeurs des pays membres de l’UNESCO

Messieurs les Experts

Auguste Assemblée

Permettez-moi d’abord, de présenter mes félicitations à Madame la Présidente à l’occasion de son élection à la Conférence Générale de cette 39° Session, comme je félicite la nouvelle Directrice Générale pour son élection ainsi que la Directrice Générale sortante et l’ensemble de ses collaborateurs pour l’excellent travail réalisé durant son mandat.

C’est également, l’occasion, d’exprimer ma joie d’être aujourd’hui parmi vous, sous la coupole de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science, et la Culture, un symbole de notre sagesse à tous, et la plus éloquente expression de la noblesse du message de l’homme sur terre. Un message qui véhicule la paix, l’amour et le savoir entre tous les hommes durant 70 ans. Grâce au travail remarquable de ses équipes, et les efforts des Etats membres, notre organisation a réhabilité l’espoir parmi les hommes, rassuré les identités culturelles menacées et préservé la diversité des modes de vie et des peuples. C’est bien là un message qui mérite les efforts que vous déployez, surtout en ces temps où bien des peuples et des cultures subissent les affres de la guerre, de l’oppression et du refus de l’autre.

Madame la Présidente

Honorable Assemblée

La République Islamique de Mauritanie a engagé une politique générale qui vise à revaloriser l’homme à travers des programmes qui garantissent la prise en charge des libertés individuelles et collectives ; à lutter contre la pauvreté en élargissant l’assise de la production nationale et en renforçant les infrastructures de base du pays dans les domaines de la culture, de la jeunesse et de l’éducation ; ce qui renforce la culture de la paix et du dialogue entre toutes les composantes de notre société pour participer au développement au service des jeunes générations montantes.

Monsieur le Président

Honorable Assemblée

Comme par le passé, la Mauritanie, située opportunément entre deux grands ensembles, l’Afrique du Nord et de l’Ouest, est encore aujourd’hui ce qu’elle fut toujours : un pont à travers lequel passent les civilisations et les cultures humaines entre le Nord et le Sud du Sahara ; un espace où les habitants ont constamment porté le flambeau du savoir, de la paix et de la concorde vers les peuples de la région.

Et dans le contexte sensible d’aujourd’hui, notre pays continue à renforcer son rôle de trait d’union entre les mondes arabe et africain, islamique et international, à travers une politique de modération et de dialogue permanent, pour faire triompher les causes justes, réduire les sources des conflits et trouver des solutions équitables aux crises qui secouent la planète.

Mesdames et Messieurs,

Partant de notre conviction du rôle essentiel que joue la culture dans le développement durable, notre pays a adopté une reforme culturelle ambitieuse qui, à la fois, permet la protection de l’identité culturelle et assure la cohésion entre toutes les composantes de notre peuple ; mais qui fait aussi de la culture un pôle de développement offrant des revenus et des emplois dans les petites villes et les dans les zones rurales.

A cet effet, nous avons adopté :

• Une déclaration de politique culturelle nationale.

• Une refonte du cadre juridique et institutionnel du secteur de la culture

• Une révision du cadre réglementaire pour assurer un encadrement efficient des activités culturelles et la formation efficace des ressources humaines intervenant dans ce domaine ;

• La mise en place d’Espaces Culturels afin de rendre la culture proche du citoyen et créer un environnement permettant d’éloigner la jeunesse des voies de l’extrémisme, du fanatisme et de la criminalité, constituant aussi un espace d’échange entre les cultures locales.

• Lancement d’un programme national de développement des villes et sites historiques.

• Réalisation de vastes programmes visant la protection des différentes composantes de notre patrimoine culturel afin de le promouvoir au niveau national et international.

Madame la Présidente

Honorable Assemblée

Dans le domaine de l’éducation, notre pays a consenti d’importantes ressources pour la construction des écoles, la formation des enseignants et l’enseignement des adultes, particulièrement au profit des groupes sociaux vulnérables.

Aujourd’hui, notre pays a franchi des étapes importantes dans le domaine de la liberté de presse qui s’est traduite par la libéralisation du secteur de l’audiovisuel, la promulgation de lois protégeant les journalistes, ce qui a permis à notre pays d’occuper la première place dans la sous-région dans le domaine de la liberté de presse durant ces quatre dernières années.

Par ailleurs, notre pays a adopté une stratégie de protection de l’environnement et du patrimoine culturel à travers un vaste programme de lutte contre la désertification. Dans ce cadre, la Mauritanie abrite, aujourd’hui, le siège de l’Agence de la Muraille Verte, reflétant la volonté de la Mauritanie et son engagement à lutter contre la désertification et la protection de l’environnement.

Je profite de cette occasion qui m’est offerte pour renouveler notre soutien aux efforts consentis par notre organisation pour développer l’humanité à travers la promotion de l’éducation, la science et la culture et renouveler notre engagement ferme contre la suppression des monuments islamiques et chrétiens de Jérusalem ; ainsi que la protection des monuments palestiniens en tant que patrimoine mondial de l’Humanité

Je vous remercie. »

Dernière modification : 03/11/2017 10:30:21
 
AMI
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