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Mauritanie : Les élections sont “fabriquées” (Messaoud)
ALAKHBAR (Nouakchott) – Les élections du 1er septembre en Mauritanie sont « fabriquées », selon l’ancien président du Parlement, Massoud Ould Belkheir, chef du parti d’opposition, Alliance Populaire Progressiste (APP).
Messaoud s’exprime dans une interview à l’hebdomadaire Alakhbar Info à publier ultérieurement. Il considère qu’il y a une « intention cachée » derrière l’organisation de ces élections. La preuve, dit-il, est la « non implication » des acteurs politiques et des électeurs dans la préparation des élections et dans l’élaboration du calendrier.
« Je vous confirme que la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) – que je respecte et dont j’ai participé à la nomination des membres – n’a été ni impliquée ni consultée sur le sujet » des élections, dénonce Messaoud, ajoutant que la CENI a reçu les équipements et logistique requis « à la dernière minute ».
Dans le même contexte, le chef de l’APP regrette que le Recensement Administratifs à Vocation Electorale (RAVEL) a été « précipité » et la durée de l’opération « raccourcie d’un mois ferme ». Lire: Mauritanie : Résultats complet du RAVEL 2018
Le Gouvernement de « complicité » en autorisant des partis “fictifs”, d’après Messaoud Ould Boulkheïr qui s’interroge : « Comment peut-on autoriser dans un pays de 4 millions d’habitants 100 partis politiques dont les 80% sont fictifs ? »
AlAKHBAR
Communiqué: Contre la spoliation de Bouamatou et Debagh
Forum National pour la Rassemblement des Forces
Démocratie et l’Unité Démocratiques
Déclaration
Le pouvoir vient de mener une véritable action de brigandage en procédant à la saisie des avoirs en banque des hommes d’affaires patriotes Mohamed Ould Bouamatou et Mohamed Ould Debagh, et ce en violation de la Constitution et des lois qui protègent la propriété privée et les biens des citoyens.
Ce hold-up, qui s’est fait sur simple réquisition du procureur aux ordres du pouvoir, sans aucun jugement régulier, a touché des centaines de millions d’ouguiya que l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou laissait en réserve pour financer l’hôpital ophtalmologique qu’il a construit, dans le cadre de ses nombreuses actions de mécénat, et qu’il fait fonctionner sur ses fonds propres et dans lequel se soignent gratuitement des centaines de milliers de citoyens. Il a touché les fonds dont les produits permettaient de faire vivre les familles de ces hommes d’affaires pourchassés et persécutés, loin de leur pays et des leurs, sans autre raison que leurs opinions politiques et leurs positions démocratiques et patriotiques.
Par cette expropriation, menée au mépris de toutes les lois et de toutes les valeurs morales et religieuses, le pouvoir révèle une fois de plus sa véritable nature de régime de non-droit, avide de pouvoir et de richesse, ainsi que sa volonté de museler, par les moyens les plus répréhensibles, toutes les voix qui s’élèvent contre son arbitraire et son mercantilisme.
Le FNDU et le RFD :
- Condamnent avec la dernière énergie la spoliation des biens de Messieurs Mohamed Ould Bouamatou et Mohamed Ould Debagh qui, non seulement constitue une injustice flagrante contre eux, mais vise également à priver des centaines de milliers de mauritaniens de soins vitaux que l’Etat ne daigne point leur offrir.
- Exigent l’annulation immédiate de cette mesure inique et le rétablissement de ces hommes d’affaires arbitrairement dépouillés dans leurs droits.
- Condamnent avec la dernière énergie l’instrumentalisation de la justice pour les règlements de comptes politiques et économiques.
- Exigent l’arrêt de ces pratiques d’un autre âge qui discréditent le pays et découragent les investisseurs tant nationaux qu’étrangers.
Nouakchott, le 20 Aout 2018
Le RFD Le FNDU
le calame
Ouverture du point de passage entre la Mauritanie et l’Algérie
L’Algérie et la Mauritanie ont ouvert ce dimanche un point de passage à la frontière entre les deux pays, le premier depuis leur indépendance.
Une mesure destinée, selon le ministre algérien de l’intérieur, Nourredine Bedewi, qui était aux côtés de son homologue mauritanien Ahmedou O. Abdalla, à impulser une nouvelle dynamique économique et commerciale.
Les deux ministres de l’intérieur avaient signé en 2017 à Nouakchott un accord pour l’ouverture de ce point de passage.
Dans une déclaration faite à Tindouf, le ministre algérien de l’intérieur a dit que beaucoup d’espoirs sont fondés sur ce point de passage pour créer une dynamique forte pour les échanges entre les deux pays frères.
Le ministre algérien dont les propos ont été relayés par les médias algériens a appelé les hommes d’affaires et les investisseurs à multiplier les opérations commerciales afin de développer les régions frontalières, et annoncé la création d’un groupe de travail commun entre les deux pays, chargé d’impulser cette dynamique.
La frontière entre les deux pays, longue de 460 kilomètres, est la plus courte pour chacun d’entre eux.
Selon l’agence de presse algérienne, ce point de passage qui a coûté à l’Algérie 1.150.000.000 de dinars, soit 8,5 millions d’euros, est composé de 49 unités préfabriquées, dont 46 bureaux destinés aux formalités d’entrées et de sorties depuis l’Algérie et la Mauritanie, quatre aires de stationnement pour les véhicules en plus de locaux destinés au repos du personnel.
saharamedias
Le monde rend hommage à Kofi Annan
BBC Afrique – Plusieurs personnalités ont rendu hommage à l’ancien secrétaire général des Nations unies et Prix Nobel de la paix en 2001 décédé samedi à l’âge de 80 ans. Le diplomate ghanéen, premier Africain noir à avoir dirigé l’ONU, était “une force qui guidait vers le bien”, a réagi l’actuel secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.
“De bien des manières, Kofi Annan incarnait les Nations unies. Il est sorti des rangs pour diriger l’organisation vers le nouveau millénaire avec une dignité et une détermination sans égales”, a ajouté M. Guterres.
Nana Akufo-Addo, le président du Ghana, la patrie du défunt, a décrété une semaine de deuil à partir de lundi, en hommage à Kofi Annan.
“Il a considérablement contribué au renom de notre pays par sa position, par sa conduite et son comportement dans le monde”, a déclaré le chef de l’Etat ghanéen.

Le président français Emmanuel Macron s’est souvenu de “son regard calme et résolu”. “La France lui rend hommage. Nous n’oublierons jamais (…) la force de ses combats”, a écrit M. Macron sur le réseau social Twitter.
Son homologue russe, Vladimir Poutine, déclare avoir “sincèrement admiré la sagesse et le courage” de l’ancien secrétaire général des Nations unies.
“J’ai sincèrement admiré sa sagesse et son courage, sa capacité à prendre des décisions réfléchies, même dans les situations les plus complexes et critiques. Son souvenir restera à jamais dans le cœur des Russes”, écrit M. Poutine dans un message de condoléances adressé à l’actuel secrétaire général de l’ONU.
LIRE AUSSI : Kofi Annan est mort
Le Premier ministre britannique Theresa May fait partie des nombreux dirigeants du monde à réagir à la mort de cette vedette de la diplomatie mondiale.
“C’est triste d’apprendre la mort de Kofi Annan. Grand leader et réformateur de l’ONU, il a grandement contribué à rendre le monde qu’il a quitté un monde meilleur que celui dans lequel il est né. Mes pensées et mes condoléances vont à sa famille”, a-t-elle écrit sur Twitter.
“J’ai appris avec tristesse que Kofi Annan est décédé. (…) Annan a montré qu’on peut être à la fois un grand humanitaire et un leader fort. L’ONU et le monde ont perdu l’un de leurs géants”, a réagi Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, une alliance politico-militaire.
Mauritanie : Lettre de Biram Dah Abeid, prison civile de Nouakchott. De la cécité du maître à la prescience de l’esclave. Récit d’une manipulation de dilettante
Abstract : Entre les militaires de mon pays et moi subsiste un mécompte séculaire, que nous peinons, ensemble, à apurer ; de notre laborieuse insolvabilité à deux, découlent des épanchements de bile et des déglutitions de rancœurs, d’une régularité plus ou moins mesurable. Leur vaine rébellion contre le temps me conforte et procure de la pitié : gardiens d’une citadelle promise à la ruine, ils s’obstinent, cependant, à la croire inexpugnable. Or, parmi eux, à découvert, sans jamais agir à leur insu, je m’assume fossoyeur de cette bâtisse hideuse que maintient debout et désaltère le sang de mes ancêtres. Chaque jour, j’arrache une brique de l’édifice et défait ainsi un pan de mur ; mieux, désormais, je ne suis solitaire à l’ouvrage.
Au début
L’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (Ira –Mauritanie), organisation de défense des droits humains et de lutte contre la persistance de l’esclavage et du racisme, est interdite depuis sa naissance en 2008. Son président-que je suis-et plusieurs autres cadres dirigeants, dont Coumba Dada Kane, Balla Touré, Ousmane Lo entre autres, ont été démis de leurs fonctions en lien avec l’Etat et persécutés dans les activités privées qui leur assurent le pain. Dès sa naissance en 2013, la branche politique du mouvement d’émancipation des noirs et de jonction avec les justes parmi les concitoyens arabo-berbères est frappée d’illégalité, par simple communiqué du ministère de l’intérieur.
En 2014, je me porte candidat à la magistrature, avec le handicap de l’impréparation et quelque défaut de moyens. Malgré la fraude en amont, le bourrage des urnes sans vergogne et le tripatouillage massif des résultats, je m’impose second, face au candidat des tribus, de l’oligarchie militaire, de l’obscurantisme religieux, des milieux affairistes, de l’ethnicité et de l’histoire en déclin, Mohamed Ould Abdel Aziz.
Sa campagne, dotée de plus de 5 milliards d’ouguiya, lui assurait l’instrument de la victoire, en sus des militaires, du personnel et de la machine administrative de l’Etat. Dépourvu des avantages comparatifs, je bénéficiais, cependant, de l’espoir et de l’enthousiasme parmi la jeunesse d’ascendance subsaharienne, que le trop plein de misère et de frustration déterminait au changement. Une fraction éclairée au sein de l’élite maure m’apportait un appui davantage qualitatif et bien moins de suffrages. A mes réunions, se pressaient, se bousculaient surtout, beaucoup de hratin, poullarophones, soninké, wolofs et bambaras.
A ce moment, Mohamed Abdel Aziz, mon concurrent pourtant largement favori, panique et incline aux procédés comminatoires, en violation des règles de la bienséance et des usages de la chevalerie ; il me fait parvenir un message de menace, par l’intermédiaire d’une tierce personne dont je ne dévoile l’identité pour l’instant : « tu vas rectifier tout de suite ton discours séditieux dont tu as usé pendant la campagne, sinon nous allons prendre nos dispositions et sévir à l’avenir. » L’ultimatum ne comportait de terme précis dans le temps.
Sans hésiter, je réponds, avec la fougue et la véhémence que suscite le sentiment de l’honneur bafoué, « je persiste et signe dans mes propos ! Qui es-tu pour dicter la ligne de mon discours ?»
A son investiture, après une victoire dont je contestais le score, l’inélégance et les expédients douteux, Mohamed Ould Abdel Aziz laissait entendre la résolution à éradiquer l’Ira – Mauritanie. Cinq jours avant mon arrestation à Rosso, en novembre 2014, une personnalité proche du susdit me remet en garde : « tu es visé, tu risques un long séjour en prison » ; selon mon interlocuteur, « si tu restes libre jusqu’en 2019, tu risques de multiplier ton aura et ta capacité de mobilisation ; fais attention ». La suite n’infirmait ses avertissements.
Tomber, se relever
Hélas pas seul je dus subir 18 mois de prison, sans motif plaidable dans une démocratie et recouvrais la liberté pour des raisons tout autant inexpliquées.
Libéré en 2016, je récoltais un bain de foule, d’une taille inaccoutumée ; la presse acquise à l’ordre établi s’inquiéta du nombre, de la compacité et de la joie en partage. Aussi, sans tarder, juste un mois après pareille apothéose, une série d’arrestations de ses cadres, décapitait l’association non-reconnue ; s’ensuivaient la torture durant la détention préventive et de lourdes peines de réclusion, avant leur allègement grâce aux pressions diplomatiques et à l’intérieur du pays. Néanmoins, la main lourde des services de sécurité favorise, parfois orchestre, des départs tonitruants de transfuges et des défections malveillantes, toutes fragilités mise en scène pour occasionner, dans nos rangs, le maximum d’acrimonie, de doute, bref nous démobiliser.
En janvier 2017 je me résolus à rompre un long séjour à l’étranger et regagnais le sol de la Mauritanie sous haute surveillance ; les rassemblements du mouvement essuient de violentes attaques par les forces de sécurité, la tension avec le pouvoir évolue en dent de scie. Ira se bat et s’illustre avec les forces de la coalition G8, contre le référendum puis seule face à la cherté de la vie.
L’aile politique d’Ira – en l’occurrence le Rag – cherche le partenariat avec un parti autorisé, pour pouvoir participer aux élections municipales, législatives et régionales ; certains, approchés, par nos soins prudents, ont tergiversé, louvoyé, pesé de la poussière de détail, avant de se résoudre, quasiment, à un identique agenouillement : ils disaient redouter la réaction de Mohamed Ould Abdel Aziz, le principal détracteur de la dynamique de libération des noirs en Mauritanie et de leur jonction avec les justes parmi les maures.
Alors, que l’espoir d’une collaboration fructueuse s’éloignait, le parti Sawab franchit le rubicon et rejoint l’alliance de la coalition qui soutient ma candidature au scrutin présidentiel de 2019. Dès l’annonce de la date de signature de cet accord au 31 mai 2018, le ministre de l’intérieur interdit l’évènement ; par la suite, après conciliabules avec la direction de Sawab, les autorités lèvent la mesure mais agitent des menaces, notamment sur les lèvres du porte parole du gouvernement, d’ailleurs expert en propos de faible discernement et d’une teneur toujours à l’avenant.
Le piège
Le 31 mai 2018 à la maison des jeunes de Nouakchott, l’enceinte débordait d’un public de circonstance où se retrouvaient quelques observateurs, curieux d’assister à une telle alliance, entre descendants d’esclaves, noirs victimes de l’exclusion et de l’impunité et des nationalistes arabes d’inspiration baassiste.
A la fin de la cérémonie les journalistes se ruent vers moi ; je ne les reconnais tous. L’un d’eux, en particulier, me marque, de près ; avec l’insistance habituelle des gens du métier et leur désir légitime de s’exonérer des mauvaises pratiques qui en ébrèchent la réputation, il se prétend « indépendant » et précise travailler pour plusieurs chaines de télévisions arabes ; elles lui auraient commandé une émission avec moi, au sujet de l’accord politique que nous venions de conclure.
Evidemment, je fais signe au Comité de la paix (sécurité d’IRA) de lui ouvrir le chemin, lui fixe un rendez-vous ; depuis, les témoins nombreux en attestent, il n’a presque plus quitté mon domicile ; son attitude ayant dérogé à la moins rigoureuse des déontologies, je me vis dans l’obligation de lui rappeler qu’il n’a pas le droit d’enregistrer les conversations et les échanges, en dehors de l’interview convenue. Il obtempère et explique avoir seulement besoin des images de la famille, des amis et promet de ne pas user des voix de fond, ni du son des conversations courantes. Plusieurs proches et amis de Ira assistaient à l’expression de ses assurances. Après deux semaines du séjour de l’individu chez moi, je quitte Nouakchott en direction des Etats unis d’Amérique.
Le déclenchement
Alors, en mon absence, Deddah Abdallah poste, sur Youtube, un montage vidéo exactement à charge, de la même veine que ceux produits, envers Ira, par les services des renseignements mauritaniens ; les ficelles de la fabrication, les séquences de montage, les arguments de diabolisation, les omissions, les recollages tendancieux recyclent les classiques de la communication anti-insurrectionnelle, en particulier les contre-mesures psychologiques, aux fins d’accentuer la rupture, dans l’opinion, entre la cible et ses partisans. Bref, il fallait me présenter sous un jour de répulsion, afin d’accorder, au discrédit recherché, les garanties de vraisemblance et de durée. Mohamed Ould Abdel Aziz, en principe constitutionnel, ne pourrait briguer un 3ème mandat en 2019. Ses zélateurs et lui cherchaient à me briser, d’abord. Ce que la télévision publique n’avait pu réussir à l’occasion de ses vidéos de propagande lors de mon arrestation à Rosso, Deddah Abdallah, dûment commis à cet office, s’en acquitta avec plus de fortune.
La voix du journaleux m’accablait de maintes épithètes, point d’une exquise flatterie. J’y apparaissais, sous les traits détestables de l’intrigant prétentieux, orgueilleux, corrompu, vendeur de sa cause aux ennemis de la Mauritanie et de l’Islam, haineux, revanchard, singulièrement jouisseur de luxe et de facilité. Bref, j’alliais ainsi les qualités irréconciliables, du révolutionnaire illuminé et du satrape cynique. Bien entendu, le reportage accorde la parole à mes contempteurs habituels, parmi les compagnons de lutte en rupture de ban mais, aussi, les politiciens de l’extrême droite arabo-berbère. A aucun moment, mon entrevue de plus d’une heure avec Deddah Abdellah, ne sera exploitée dans le document posté sur Youtube et Facebook.
La polémique déferla sur les réseaux sociaux et en dépit de mes instances réitérées, l’auteur refusait encore de retirer la vidéo diffamatoire, que jalonnaient des propos tenus, hors cadre, dans ma maison. L’auteur, l’on s’en souvient, s’était engagé à respecter cette part de débat privé avec les militants.
Sous la machination, le rouage
Oui, très en colère et dépourvu de recours, je demandais, aux militants, de répondre aux insultes celui qui a dérogé à son rôle de journaliste pour s’ériger en insulteur publique malgré notre hospitalité et nos cœurs ouverts. Ultime provocation après la diffusion de son travail de sape, il vint au logis, en mon absence, dans l’espoir de se faire lyncher par les jeunes mais il ne récolta que l’indifférence. Dès lors, il décida de se répandre en calomnies, partout ; au prétexte de défendre la liberté de la presse soi-disant compromise par nous, les chaînes locales de radio et de télévision lui offraient une tribune à titre gracieux et consentaient la connivence d’une corporation indignée.
La plupart ignorent la mesquinerie du calcul en dessous de tant d’acharnement et de laborieuse menterie : le système d’hégémonie ethno-tribal en délitement, ne saurait souffrir l’entrée, au Parlement, de Biram Dah Abeid et de ses compagnons, tels Adama Sy veuve du sergent Oumar Gadio tué dans le cadre de l’épuration raciale de 1991 et dont l’Assemblée nationale, deux années plus tard, amnistiait les meurtriers ; oui, comment accepter l’élection de Haby Rabah, esclave libérée par Biram Dah Abeid et Aminetou Mint Moctar en 2008 ; comment tolérer qu’elle affrontât les tenants du déni et de l’occultation !!!!
Le deux poids, deux mesures
A propos des griefs d’incitation à la violence et au meurtre, certains segments de la société mais également des soutiens et proches du pouvoir, s’y livrent impunément: Pendant l’incinération des livres esclavagistes que je menais en avril 2012, Mohamed Ould Abdel Aziz et son entourage m’ont souhaité la peine capitale ; ils parrainaient et encourageaient des manifestations de rue, avec des banderoles et pancartes exigeant ma mise à mort. Les Ouléma, hauts fonctionnaires et ministres prônaient mon élimination physique, au nom de la Charia. L’actuel ministre des affaires islamique le formulait dans un message audible sur Youtube ; à l’époque, il occupait le poste de chargé de mission auprès du département éponyme. De nos jours comme avant, beaucoup de pages facebook des colonnes de sites électroniques, les demandes quelquefois détaillées de me tuer ou d’exécuter les militants des droits humains relèvent de la banalité en République islamique de Mauritanie. Les plaintes de plusieurs victimes demeurent sans suite.
A titre d’exemple, tous se souviennent d’un plateau de télévision fameux où le salafiste et extrémiste violent Yehdhih Dahi annonçait le vœu de supprimer Biram Dah Abeid et Aminetou Mint Moctar, leader de l’Association des femmes chefs de famille (Afcf). Un entrepreneur, proche du pouvoir et des milieux de l’extrémisme religieux, mettait en gage de 10 000 euros, la tête de Mohamed Cheikh Mkhaitir, le blogueur toujours détenu, malgré le dépassement de sa peine de deux ans d’emprisonnement. Et la Mauritanie, membre du G5 Sahel, arbore son entrain à combattre le terrorisme…..
Un poète proche du pouvoir Douh Ould Begnougue déclamait, en public, son intention de tuer les ambassadeurs occidentaux et exposer leurs corps aux fourmis s’ils poursuivaient leur solidarité avec Mohamed Cheikh Mkhaitir accusé de blasphème.
Selon Sidi Ould Dahi un ex sénateur, interrogé lors d’une émission politique de la chaîne Alwataniya, l’ex dictateur Maawiya avait bien agi, en exécutant une tentative de génocide qui se soldait, sur trois ans, par la déportation, l’expropriation et l’assassinat collectif de centaines de noirs mauritaniens.
La justice, jusque-là, ne s’est inquiétée de tels dérapages en dépit de vives protestations de la part de courants influents de la société civile.
Et maintenant, que faire ?
En comparaison, Deddah Abdellah joue ouvertement le rôle d’un agent provocateur, guère d’un journaliste consciencieux. Le propos, en vertu duquel le magistrat m’incrimine, date de la dernière semaine du mois de juin ; donc pourquoi l’arrestation n’intervient que le 7 août, veille de la validation des candidatures ?
Oui, l’on me prépare un procès politique, dans la droite ligne des enseignements du passé, lorsqu’une tyrannie décatie refuse les outrages du temps et se croit de jeunesse perpétuelle. J’aborde la vieille ingrate avec l’aplomb et l’insolence de ma certitude en la toute puissance de l’opprimé, quand sonne l’heure de sa libération.
Biram Dah Abeid
Prison centrale, de Nouakchott, le 15/08/2018
le calame




