Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Dé-plumes pas-triotes par Mohamed Hanefi

Dé-plumes pas-triotes par Mohamed HanefiMohamed Hanefi – Un dur d’oreille dit à son ami : « j’ai acheté un écouteur capable de faire entendre les pas d’une fourmi. »

-D’où tu l’as acheté ?, demanda l’autre.
-A 50 francs répondit-il.
Moujbou Baat nos dialogues.

Citoyens. Excusez-moi pour une fois, je dois déplumer les plumes et farcir la farce. Un mot que j’ai écrit à un ancien camarade de classe du primaire, Lô Gourmo, m’a couté certaines réactions qui grattent très loin de ce qui démange. Il n’y a aucune raison visible ou occulte, qui puisse me pousser à dire du mal du professeur Lô.

Quand même je le fais, personne ne me croirait. Lo est un intellectuel, une personnalité politique et un mauritanien notable et distingué. Point à la ligne.

Citoyens la justice ne veut nullement dire l’égalité absolue entre les gens ; et la Mauritanie ne veut pas dire les exactions et les dépassements de ses fils dénaturés par les appâts de la luxure et de la richesse.

Demander une égalité absolue entre un chef d’état, un directeur de banque, un chef d’état-major et la vendeuse du couscous ou le boutiquier du coin relève de l’utopie. Et Dieu l’a dit dans notre coran : « والله فضل بعضكم على بعض في الرزق ». Ce qui est sûr et certain, c’est la petitesse et l’insignifiance de tout ce monde devant Dieu, le jour de la rétribution.

Nous sommes divisés en trois groupes distincts ; dont deux extrêmement dangereux, virulents qui se passent une victime ballotée au grès de leurs caprices.

Le premier groupe qu’il convient d’appeler ceux qui sont perdu et ont tout perdu, sont ceux-là qui veulent se draper dans une gloire tirée du passé à grand coup de photos en noir et blancs maculées de la griffe insensible d’un temps, qui nous a vu vivre ce que nous avons vécu.

Parmi eux ceux que les circonstances ont favorisés. Ils se sont tournés vers leur faveur, leur supériorité, leurs privilèges et ont exagéré dans leur gestion des choses et leur mal-partage. Très mal-partage des choses du pays et de l’attention qui doit être accordée à chaque citoyen. Le deuxième groupe constitué des mécontents de tout bord.

Un ensemble qui tire sa raison d’être des catastrophes du pays. Souvent pas pour soigner les douleurs, mais pour en tirer une légitimité immorale, du moment qu’ils se servent des catastrophes, pour alimenter les catastrophes.

Entre les deux un semblant de peuple, complètement absenté, consommé à tous les plats, exclus de ses affaires et qui suit, somnambule des bourreaux à visages de sauveurs, qui le conduisent pour l’occire partout et nulle part où ils peuvent en tirer quelques lambeaux de profit ou quelques miettes d’avantage.

Bientôt le 28 novembre. 28 hommes « sacrifiés », pour célébrer la cérémonie. C’est le slogan qui circulera à travers le monde de cette Mauritanie cannibale, qui mange ses fils. Des drapeaux dégoulinant de sang, des insultes à la communauté maure, dont 95 des éléments ne savent même pas déchiffrer en français les graves chefs accusations, qui sont devenus leur marque déposée à travers le monde.

Triste histoire d’une autre histoire d’un drapeau qui pleure.

Si 28 mauritaniens ont été sacrifiés de la sorte, c’est une honte nationale, qu’il convient d’ensevelir dans les sarcophages les plus impurs et les plus malpropres de la nation, au lieu d’en faire des chansons et des hymnes.

Si au contraire ces salves de slogans ne sont que des diffamations et des calomnies pour disgracier un pays où on n’a pas eu tout ce que l’on veut, le crime est pire et doublement traitre. Car ceux que vous offrez en cibles ne sont autres que vos pères, mères sœurs…parfois votre propre vie.

Indépendamment de ce qu’avancent les uns et ce que rétorquent les autres, nous sommes passés par des périodes terribles de 1966 à 1989.

Nous avons été un peuple faible, entrainé vers la dissension par les pires de nos enfants. Dirigés par les plus mauvais d’entre nous, nous nous sommes laissé entrainer vers la pire situation qu’un peuple puisse vivre : La Division et la Haine. Une animosité nationale savamment entretenue pour des raisons bien obscurs et bien égoïstes.

Des prétextes empoisonnés comme la langue, l’ethnie, la tribu vont s’insérer dans notre quotidien, conditionner notre marche et semer une zizanie indescriptible qui n’a pas fini de nous détruire. Ce que j’ai dit au professeur LO Gourmo, exactement et que je vous livre :

« A Lo Gourmo, un ancien camarade du primaire.

Le prophète Salomon a parlé avec la huppe, un oiseau.

La communication n’est ni une affaire de sang, de couleur ou d’ethnie. Si bien sûr on veut communiquer. Nous sommes piégés dans les toiles empêtrées, d’une mauvaise foi, qui n’est ni noire, ni maure ni hybride. Nous sommes foutus par la boulimie de tout avoir, l’arrogance et la vanité d’exclure tous les autres, pour une déification qui n’appartiendra jamais à personne, tant les gueules béantes de tombes se referment chaque jour sur les cadavres.

Nous sommes malades. Rien qu’à nous comparer aux autres, on a le tournis. Celui qui est raciste, l’est en son nom. Celui qui exclut les autres, ne le fait que pour ses intérêts et ceux de ceux qui lui sont proches.

Même les fourmis se partagent leur pitance, sans protester.

Ce pays n’est pas raciste ; il n’est pas ce que vous dites, mais il est victime de ce que vous, en couleur, mashallah, faites.

Ce qui se passe chez nous n’est pas un problème ordinaire.

Dieu sait. Mais c’est plutôt une punition divine, pour un péché, qui n’a pas encore dit son nom et dont les cloches des conséquences sonnent de plus en plus fort.

Celui qui est fort, par la force, verra pour sûr que la force appartient au Dieu de la force. Et celui qui forge sa force de sa faiblesse se rendra compte que les voies sont multiples pour traire le lait sans couper les mamelles. D’ailleurs le lait chez nous a changé de couleur et perdu le goût. Vous pouvez tous vous exprimer, protester sans donner à ce pays des couleurs qu’il ne supportera pas et qui ne sont pas sienne.

Dans cet univers, tous les êtres s’expriment à leur manière propre, sans collision. La vache meugle, le cheval hennit, le lion rugit, l’âne braie, la biche brame, les chats miaulent. Aucune espèce ne contrait l’autre à traduire son langage et toutes vivent en symbiose…Sauf en Mauritanie, où l’imam doit avoir 4 ou 5 traducteurs, pour que tout le monde soit content.

Lo ! Wallahi, je déteste le racisme, le tort, l’exclusion, parce que Dieu les déteste et les a prohibé. Mais je déteste plus que les fautes des mauritaniens, soient enregistrées dans les archives du monde, en apartheid, au nom de la Mauritanie.

Puisse Allah remplir les ventres, pour nous permettre de revenir aux nobles principes, qui ont régi cette terre, et qui ne faisaient pas de différence entre ses enfants. »

Ceux, donc qui se sont servi de l’arabe, du français, des langues nationales, de la religion, des doctrines étrangères ; tous n’étaient que des malfaiteurs, des filous qui ne se souciaient pas plus de la cause brandit que d’un motif, une voie pour se donner un sale rôle dans la charcuterie nationale.

On cherche à présider, non pas pour bien conduire, mais pour bien manger.

Ceux qui se félicitent de la décision du président Trump à « effacer » la Mauritanie de la miséricorde américaine, à la place du sang national, ont du bissap dans les veines. On ne se réjouit pas du malheur de sa famille. C’est une monstruosité abjecte et lâche. Quelle image !!! se frotter les mains et se délecter de la nouvelle que les vôtres vont crever de faim a défaut d’être enterrés sous les bombes.

Pensez-vous qu’au Yémen, en Somalie, en Irak, ce sont les gouvernants qui crèvent ????? vous vous trompez, le bouches de canons que vous ajustez, ont la ligne de mire dirigée vers la chambre à coucher de vos parents et la petite chambre avoisinante de vos petits frères et petites sœurs. Ceux qui repus des grâces que Dieu leur a données se détournent des problèmes nationaux, dont le ciel est assombri par ces multitudes de mauvaise foi qui croassent à notre nom et déforment notre image dans le monde.

Ne soyez pas moins que ces oiseaux et ces animaux cités plus haut.

Wallahi je m’excuse d’ailleurs auprès des oiseaux. Ils sont disciplinés et défendent leurs nids au prix de leur vie.

Ces tumultes et ces boucans ne présagent rien de bien…rien de bon.

Toute la république remue ciel et terre pour des mois des semaines, pour que Ould Mkheytir soit pendu, ou que l’équipe nationale apporte la coupe( qui a débordé). Mais toute la nation est incapable de se serrer les coudes ; de cotiser pour que le terme de veuves de déplacés soit cicatrisé définitivement de ce triste feuilleton national.

L’art de « cinématiser » le cinéma !!! et de projeter ses films sur les fils de l’information. Si Allah a dit qu’une bienfaisance est récompensée par dix fois sa valeur, n’est-ce pas auprès des vivants qu’on peut obtenir ce prix divin ?

Pourquoi vivre tournés vers les tombes, quand les maisons ont faim ?

Nous sommes un peuple trop enclin à parler de sang de martyrs de bravoure de guerres « glorieuses » épique, de coup d’épée dans la nuque de l’ennemi…chaque tribu à elle seule a dominé tout le pays. Elle reste la meilleure, juste jusqu’au moment où on écoute la version de la tribu voisine. Ridicule !!!!!! Vous êtes ce que vous êtes, non ce que furent vos ancêtres.

Comprenez-le.

Mais bon sang apprenez à parler de paix, de cohésion de bonheur de solidarité, de fraternité, d’entente ou à défaut de pitié et de compassion.

On ne peut être musulman en ignorant les principes de l’Islam.

Apprenez à discuter, à écouter l’autre.

Apprenez que cette vie ne dure pour personne et que vous allez tous, passer sous le pressoir de vos actes, comme le fil dans le chas d’une aiguille de couture.

On ne peut s’entendre dans les hurlements, ni se comprendre dans l’arrogance et le mépris. Assalamu-aleykum…assalam, la paix est mieux. الصلح خير

Gouvernement de Mauritanie, révise les paramètres. « Allah ordonne la justice et la bienfaisance. ». Ce pays n’appartient pas à un maure, plus qu’à un noir. Il est pour nous tous et la Baraka, la paix ne s’installera pas dans le tort.

C’est un bras de fer contre Dieu de vouloir faire triompher le tort.

إِنَّ الْبَاطِلَ كَانَ زَهُوقًا

Je ne veux pas d’un manger qui laisse mon frère affamé, ni d’une lumière qui garde mes frères dans l’obscurité. Ce pays est vaste pour tout le monde et pour dix fois le nombre de ses habitants en plus.

Ne donnez pas aux autres des cravaches pour vous ramener à la raison quand il sera trop tard. Beaucoup se sont pensés invincibles, pour finir dans les griffes de l’humiliation et du regret. La cupidité n’a jamais été de nos coutumes. Notre sel était partagé entre les tentes au point à la fin de la tournée, on ne savait pas à qui appartenait l’écuelle.

Tous les espoirs de ce pays sont entre vos mains ne décevez pas l’histoire.

Mohamed Hanefi. Koweït.

cridem

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Répondez à mère Houleye Sall ! Par Biram Dah Abeid

altChers élus, honorables collègues

Je viens de lire un message de notre compatriote octogénaire, Houleye Sall; elle interpelle nos qualités de dépositaires de la représentation du peuple, dotés du pouvoir de législation, dans la république islamique de Mauritanie.

Houleye Sall, dirige le Collectif des veuves, suite aux disparations forcées  de conjoints et parents masculins, de 1986 à 1991. A l’époque, le pouvoir du Colonel Maawiya Sid’Ahmed Taya, chef de la junte, orchestre une tentative de génocide, contre les populations afro-mauritaniennes, par la spoliation des terres et du bétail, l’emprisonnement  et la torture de cadres, élèves et et étudiants, la déportation massive, les exécutions judiciaires et extrajudiciaires d’intellectuels, militaires et l’épuration de l’appareil d’Etat, sur la base exclusive de l’ethnicité.

Houleye Sall perdait alors son unique enfant, jeune officier ; comme des centaines d’autres mères de famille, elle poursuit, depuis, une laborieuse entreprise de mémoire et de réparation, en vain, hélas.

La  loi numéro 93-23 du 14 juin 1993, en son article premier, énonce :

Article premier : « Amnistie pleine et entière est accordée :

– Aux membres des forces armées et de sécurité auteurs des infractions commises entre le 1er janvier 1989 et le 18 avril 1992 et relatives aux événements qui se sont déroulés au sein de ces forces et ayant engendré des actions armées et des actes de violences ;

– Aux citoyens mauritaniens auteurs des infractions suite aux actions armées et actes de violences et d’intimidations entrepris durant la même période.

Art 2 : Toute plainte, tout procès verbal ou document d’enquête relatifs à cette période et concernant une personne ayant bénéficié de cette amnistie, seront classés sans suite.

Depuis trente années ces braves femmes mènent, souvent seules, dans l’indifférence ou l’hostilité d’une partie de l’opinion,  un combat qu’aucun juste ne renierait : elles entendent rétablir la vérité, la faire savoir et réhabiliter la mémoire de leurs défunts. Un tel effort consiste à publier le projet politique, les causes et conditions des assassinats, la chaine de commandement, l’exécution et l’occultation. Chaque aspect comporte, liées et solidaires, une perception de la responsabilité, l’évidence d’une sanction et la pédagogie du souvenir, pour que la communauté de destin recouvre à nouveau, du sens. Tous les enjeux de la question renvoient à l’Etat mauritanien.

Aujourd’hui, le pays se targue d’avoir tourné la page des pouvoirs d’exception, Ould Taya poursuit un exil doré au Qatar mais l’immunité criminelle de 1993 demeure en vigueur, inscrite sur notre table des lois. Au nom de quelle rationalité, de quelle humanité pervertie faut-il la maintenir ?

Voilà les interrogations simples auxquelles l’apostrophe de Houleye Sall renvoie les députés et la Mauritanie entière ; si son peuple, réputé musulman, aspire toujours à l’unité dans la dignité, un examen de conscience l’appelle.

Aussi, ai-je pris l’initiative de vous écrire, afin de relayer, toujours et encore, cette voix de sanglots taris, dont nous nous efforçons d’étouffer l’injonction morale.

Allons, un peu de courage, enfin, osons abroger l’ignominie de 1993, cessons de couvrir la tuerie en flagrance, sans quoi nous ne vaudrions nos suffrages et deviendrions, ensemble, de vulgaires justiciables devant la Cour d’Assises du siècle !

Prison civile de Nouakchott, le 6 novembre 2018.

le calame

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Editorial du Calame: Déformation gouvernementale

altAprès plusieurs semaines d’attente, notre gouvernement a été enfin formé. Comme les Belges, il y a quelques années, on aurait pu rester plus de six mois sans gouvernement et l’on ne s’en porterait, à coup sûr, que mieux. La nouvelle est tombée deux journées à peine après la débâcle d’Arafat dont la bataille a mobilisé la cour et l’arrière cour de la République, qui a vu rappliquer colonels, généraux, ministres, secrétaires généraux, conseillers, hommes d’affaires dans ce grand bourg nouakchottois, pour tenter l’impossible mission d’arracher cette commune à l’opposition, particulièrement au parti islamiste qui la gère depuis 2006. A l’issue d’un troisième tour totalement illégal, la victoire est revenue, encore une fois, à ceux qui l’avaient remportée, haut la main, à l’issue des deux tours précédents, sans bourrage ni trucage. Il fallait donc parer au plus pressé, faire oublier cette déculottée monumentale. Aussitôt dit, aussitôt fait : le Premier ministre présente la démission de son gouvernement. Ce qui aurait dû être fait à l’issue des élections législatives a été retardé sciemment, en l’attente du « bon » timing. Il vient avec cette défaite d’Arafat qu’on a voulu faire oublier rapidement, à une opinion publique friande de sensations. Et la manœuvre a réussi. Tous les regards se sont tournés vers la Primature et les supputations allaient bon train. Le Premier ministre tant décrié allait-il être maintenu ? Il en était persuadé, semble-t-il. Il avait peut-être encore quelques comptes à régler. Mais ses prévisions n’ont pas tardé à tomber à l’eau. Celui qu’il craignait le plus et sur le dos duquel il avait fait fuiter, dans la presse, un rapport sur la gestion de la SNIM qu’il dirige, est choisi pour lui succéder. Mohamed Salem ould Béchir, puisque c’est de lui qu’il s’agit, partage, avec son prédécesseur, au moins un point commun : c’est la voix de son maître. Fidèle exécutant, il a toujours travaillé conformément aux orientations du boss et à la volonté du clan, tant à la SOMELEC, qu’au ministère du Pétrole ou à la SNIM qu’il a trouvée, certes, en état de mort clinique.

C’est donc à lui qu’incombe la mission de « former » un gouvernement qui n’aura de nouveau que le nom. Un gouvernement qui aura péché par incompétence et qui sera pourtant reconduit, dans son écrasante majorité. Seuls quatre ministres sont renvoyés et l’on se demande bien  sur quels critères les autres ont été maintenus. Certains, pour ne pas dire la majorité, ont échoué dans la gestion de leur département. D’autres ont fait chou blanc, lors des dernières élections. Et aucun de ceux qui se sont investis, corps, biens et âme, à Arafat, n’en a payé le prix. La sanction et la récompense ont-elles disparu de notre vocabulaire ? Cédant la place à la servilité et l’obséquiosité, conditions semble-t-il sine qua non au maintien en cour, pour ne plus dire fonction, tant le terme paraît-il aujourd’hui si peu approprié à l’emploi gouvernemental.

Ahmed Ould Cheikh

 

le calame

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Système de caste en Mauritanie

altLe 23 octobre 2018, à Nouakchott, dans l’un des appartements de location de l’immeuble Sahraoui, commune résidentielle de Tevragh Zeina, le jeune Mohamed Lemine Ould Khalifa Ould Eyde, meurt des suites de coups et blessures volontaires, à l’arme blanche.

Les premières constatations de la police imputent l’acte à Limam Touhami, beau-frère du susdit. Blessé, la veille, la victime restera séquestrée, jusqu’à perdre connaissance. Durant 20 heures, les auteurs de l’homicide s’appliqueront à lui prodiguer, in situ, des soins sommaires, pour éviter le scandale.

Le lendemain, à 16 heures, l’infirmier qui tentait de le maintenir en vie – un proche parent du meurtrier – décide de faire transporter Ould Eyde, à la clinique Kissi où il décède. Ce dernier avait épousé, en mésalliance, Roughaya Mint Touhami, de la tribu guerrière des Oulad Ahmed, à cheval entre les régions du Brakna et du Trarza.

Ould Eydde, lui, descend d’une prestigieuse lignée de griots (Igawen), un groupe que les Maures, cependant, réputent inférieur par la naissance. L’union subversive suscitait des tensions au sein de l’entourage familial, d’autant que les conjoints résistaient à toutes les pressions les incitants à se séparer.

La veuve et son frère, aussitôt écroués pour les nécessités de l’enquête, plaident l’accident, consécutif à une altercation. Les témoins, en majorité, confirment le piège, donc la préméditation. Une vidéo, en Arabe, interroge l’évènement : cliquer ici

Depuis, des réunions de tribu se succèdent pour entraver la chaine pénale, dans le cadre du prix du sang (Diya). La formule d’impunité permet d’occulter la demande de justice, sous des considérations immémoriales de « redevabilité » mutuelle dans l’épreuve, un processus de substitutions aux représailles, par le jeu combiné de la solidarité et de la compensation matérielle. La société maure y recourt, souvent, en marge de l’Etat et des lois. Le procédé permet d’empêcher la vendetta ; ainsi s’exerce-t-il aux dépens du droit, qu’il contourne et vide de sa vocation.

IRA – Mauritanie rappelle, ici, que les hiérarchies héritées marquent encore la mémoire primitive, aussi bien des arabo-berbère que des négro-africains, même si la réaction s’avère moins radicale parmi les seconds.

Le sentiment de supériorité génétique façonne le présent des rapports humains, au point de contrarier, voire d’interdire la faculté, pour un homme, d’extraction modeste, d’épouser une fille d’un degré de noblesse plus élevé. Bien entendu, les entorses et infractions à l’usage se multiplient mais se paient parfois au prix de la vie quand l’intimidation et les privations ne produisent l’effet de dissuasion escompté.

L’impunité de telles atteintes à l’intégrité du corps et de la vie constitue l’épilogue mécanique au crime d’honneur, commis pour préserver la pureté de la généalogie. D’ailleurs, des jurisconsultes musulmans s’évertuent, dans de rares cas, à auréoler la pratique d’une caution religieuse.

Il convient, aussi, la banalisation quasi-prévisible d’une « bavure » dont trépasse un noir d’ascendance subsaharienne, en particulier un rejeton d’esclave, comme l’illustre l’élimination de Mohamed Ould Matalla, le 12 juin 2018, par une patrouille de police, à Nouakchott. Selon le Ministre de l’Intérieur Ahmedou Ould Abdallah, une crise cardiaque explique sa mort dans un commissariat, au cours de la garde-à-vue.

Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie

Nouakchott, le 5 novembre 2018

le calame

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Hommage au Pr. Lô Gourmo

Md Ould Mkheitir, le prisonnier d’opinion martyrisé par les Barbus !La dernière sortie de mon éminent collègue, le professeur Lô Gourmo a, comme on pouvait s’y attendre, fait des vagues. Et quelles vagues ?
Pourtant, tant dans son contenu que dans sa forme, son propos ne comporte aucune nouveauté puisqu’il n’a fait que répéter ce que beaucoup martèlent depuis des décennies. Donc si son écrit, puis sa vidéo ont suscité autant de bruit, c’est bien parce que celui qui a souligné le caractère raciste et anti négro-africain de l’Etat mauritanien et du gouvernement qui l’incarne, s’appelle Lô Gourmo et non Samba Thiam, Ibrahima Moktar Sarr, Ba Mamadou Alassane, Kaw Touré, Alassane Dia et bien d’autres voix progressistes encore !
Car, faudrait-il le rappeler, depuis la publication du « manifeste du Négro-mauritanien opprimé » par les Forces de Libération Africaine de Mauritanie (FLAM) en 1986, plusieurs générations de négro-africains n’ont cessé de dénoncer l’exclusion dont faisait l’objet leur communauté et d’appeler à un débat national pour refonder notre pays sur des bases égalitaires et justes.
Malheureusement, excepté le sage Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui avait, avec courage et sincérité, amorcé ce virage salutaire (journées de concertations au Palais des Congrès, retour organisé des déportés…), tous les autres régimes n’ont fait que consolider l’hégémonie de la communauté arabe sur les communautés noires de Mauritanie. Et lorsque des patriotes sincères osent indexer cette infamie, au lieu de les écouter, la réaction de ceux qui nous gouvernent et de leurs suppôts est toujours la même : les traiter de « communautaristes », de « racistes » pour ne citer que les qualificatifs les moins sévères. Ainsi, de l’avis de ces extrémistes de la droite radicale, ce ne sont pas ceux qui exercent le racisme qui sont racistes et donc coupables, mais ceux-là qui, révoltés de subir l’exclusion dans les instances de leur pays, lèvent la voix pour réclamer l’égalité, la justice.
Qui peut encore aujourd’hui nier l’existence du racisme d’Etat lorsque depuis plusieurs décennies, au sein de tous les gouvernements, les Négro-africains qui représentent plus de 35 % de la population de la Mauritanie occupent à peine les 1/5 des postes du gouvernement ? Aux échelles inférieures (secrétariats généraux, directions et chefs de services, gouverneurs, préfets, directeurs de sureté, commissaires et autres) leur  représentativité s’amenuise au point qu’elle devient quasiment inexistante.
Qui peut valablement nier l’instauration de ce système d’apartheid qui ne dit pas son nom lorsque aucune langue négro-africaine n’est officialisée encore moins enseignée alors que l’expérimentation de l’enseignement du poular, soninké et wolof a été réalisée avec succès par le défunt institut des langues nationales ?
Qui a encore l’outrance de nier que les communautés négro-africaines sont exclues des sphères de la vie publique lorsque sur plus de six (6) autorisations de diffusion octroyées à des télévisions, et six autres à des radios, aucune n’est donnée à un Négro-africain, malgré de nombreuses demandes ? Et Pourquoi ?
Que dire des promotions qui sortent de nos écoles militaires, sorties à l’occasion desquelles, les dirigeants n’éprouvent plus aucune gêne à afficher des photos où les seuls rejetons de la communauté arabe posent fièrement comme si la Mauritanie était faite à 100% d’Arabes !
Monsieur ould Maham, le tout nouveau dépositaire de la langue de bois, et sacrosaint porte-parole du gouvernement, a beaux nier ces réalités mais les faits sont têtus.
C’est donc la situation calamiteuse que nous vivons qui a poussé les plus patients d’entre nous à laisser sortir ce cri dont on sent bien qu’il a été longtemps contenu pour se conformer à certaines convenances, pour éviter de blesser des camarades, pour ménager l’autre en espérant qu’il se rende compte par lui-même que la blessure qu’il inflige est de plus en plus insupportable.
L’ancien ‘’Kadihine’’, idéologue du Mouvement National Démocratique (MND) et enfin éminence grise de l’UFP espérait peut-être ne jamais avoir à en arriver là. Si seulement ses amis Arabes, auprès desquels il chemina si longuement dans un combat commun, avaient su l’observer, le lire en lisant entre ses lignes depuis toutes ses années, ils se seraient alors rendus compte que leur frère d’arme souffrait, souffre énormément de cette lutte intérieure qu’il livrait en lui-même, pour que le cri de colère qui, en lui sourdait, ne perçât, tout à la fois déchirant et terrible.
S’ils avaient deviné le malaise ontologique de leurs indéfectible camarade, peut être auraient-ils crié à sa place et lui auraient-ils évité cette hypertension nerveuse et au-delà lui, auraient-ils évité à la scène politique mauritanienne cette polarisation dangereuse dans laquelle elle s’engage à présent. Mais le regard fixé ailleurs, ils n’ont pas vu que leur « frère » souffrait, souffrait…
Aussi contrairement à beaucoup qui accusent l’éminent professeur et avocat d’avoir employé trop tard les bons qualificatifs pour décrire le racisme institutionnalisé en Mauritanie, moi je voudrais juste lui rendre un hommage que je veux le plus vibrant. Oui, cher collègue et aîné, mieux vaut tard que jamais. Aussi je vous prie d’agréer, par ces modestes lignes l’expression de la gratitude qui m’anime.

Pr. Mamadou Kalidou BA
Nouakchott le 05/11/2018

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