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L’Alliance Electorale de l’Opposition dénonce la non-représentation de toutes les composantes du pays au sommet des institutions
« Après l’élection du président de l’assemblée nationale, la nomination du nouveau gouvernement, que répondez-vous à ceux qui estiment qu’il y a une surexposition communautaire au sommet des institutions en Mauritanie, que toutes les composantes nationales n’y sont pas représentées ? »
Cette question a été posée aux représentants de l’Alliance électorale de l’opposition démocratique (AEOD) mauritanienne, mercredi, au cours d’une conférence de presse à Nouakchott. Réponse d’Ahmed Ould Daddah, président du RFD et de Mohamed Ould Maouloud, président de l’UFP.
Ahmed Ould Dadddah : « Si vous touchez à l’une des composantes de l’œil, vous risquez d’avoir de sérieux problèmes de vision. »
«La Mauritanie est comme l’œil avec le blanc et le noir. Si vous touchez à l’une des composantes de l’œil, vous risquez d’avoir de sérieux problèmes de vision. Je ne suis très porté vers les équilibres, mais l’important est que la Mauritanie, telle qu’elle est, non pas telle que l’on veut qu’elle soit, soit présente, vue et vécue dans toutes les administrations, dans toutes les structures publiques et, à fortiori au niveau du gouvernement de la République. Donc, tout ce qui fait fi de cette règle de bonne entente, de bonne coexistence non seulement pacifique mais féconde, est mauvais pour la Mauritanie, pour les mauritaniens et constitue une menace pour l’avenir de ce pays, de ce peuple.»
Mohamed Ould Maouloud : « Cette marginalisation, exclusion est une menace très forte.»
« La gouvernance en matière de gestions des grands équilibres du pays et de la représentation de toutes les composantes de notre peuple dans le visage institutionnel était une préoccupation permanente de tous les gouvernements. Même s’ils avaient d’autres faiblesses, ces gouvernements tenaient plus ou moins, le plus souvent moins, de donner au pays une image où chacun se retrouve dans les institutions.
Pour la première fois, nous avons un gouvernement qui ne tient pas compte de cela, qui ne semble pas préoccupé de donner à chaque mauritanien l’impression qu’il est représenté dans les institutions du pays. En se comportant ainsi, il va provoquer des réactions qui, justement, portent atteinte à la cohésion nationale. Il est le responsable principal des torts, des dommages que peut subir l’unité nationale par ce comportement. Très clairement, il est chauvin. Il considère qu’il y a une communauté qui est seule à avoir le droit d’être visible dans les institutions du pays. Et les autres, on peut les oublier, les négliger.
Après avoir bouclé ces nominations dans les institutions, il est clair, comme l’a dit le président Ahmed Ould Daddah, que l’œil de la Mauritanie, telle qu’on le voit aujourd’hui, est tout blanc. Et, un œil tout blanc est aveugle et extrêmement dangereux pour la cohésion nationale. Je pense que tout le monde doit dénoncer cela et doit considérer que nous avons besoin de la cohésion nationale. Chaque communauté nationale a le droit de se sentir représentée à tous les niveaux. Cette marginalisation, exclusion est une menace très forte.
Pour, justement, faire face à tous ces torts faits aux piliers essentiels de la stabilité de la Mauritanie, il faut le respect de la volonté populaire qui est toujours mise en cause. Nous venons de voir un pouvoir s’engager ouvertement, scandaleusement dans une compétition électorale municipale (second tour des municipales repris à Arafat et El Mina) en utilisant l’Etat, ses ministres, sa police, son armée, ses chefs de services pour imposer un choix aux populations. Ça montre que nous sommes face à un pouvoir qui ne respecte pas le peuple dans son ensemble. C’est pourquoi, nous opposition, appelons le peuple, les communautés, à s’unir, justement, pour en finir avec ce pouvoir qui divise, qui marginalise. »
Le Quotidien de Nouakchott via cridem
Bricolage gouvernemental
En moins de quarante huit heures, le nouveau premier ministre, Ahmed Salem Ould Béchir a ‘’formé’’ son gouvernement. Sans grande surprise. Ceux qui s’attendaient à un grand chambardement ont été certainement déçus. Le remaniement attendu a été juste une flopée de permutations entre anciens ministres dans des départements copiés-collés faits et défaits dans la précipitation au gré de la volonté de faire du surplace. Parmi les nouveaux il ya Djinda Ball promue à la jeunesse et sports. Pour cette native Halpoular de Kaédi, femme d’affaires et de communication qui parrainait le magazine Epok, c’est une nouvelle expérience pour cette jeune femme qui milite à l’Union Pour la République. L’entrée la plus emblématique et peut être la plus inattendue est celle du général Ghazouani au gouvernement en tant que ministre de la défense. Pour cette fois quand même, c’en est véritablement un. Ce général très discret, compagnon de route du président Aziz et que toutes les rumeurs donnaient comme son dauphin a été muté,- pour cause de retraite, d’une position stratégique de chef général des forces armées à celle plus protocolaire de ministre de tutelle de toute l’institution militaire qui tient en otage le pays depuis quarante ans. Selon les observateurs, la nomination de Ghazouani à la défense repose la question de savoir si Aziz quittera effectivement le pouvoir en 2019 et le cas échéant qui va le remplacer à la présidence de la république. A la veille des élections municipales, régionales et législatives, Ould Abdel Aziz avait dit à ses ministres au cours d’un conseil que ceux qui ne feront pas montre de popularité vont quitter. Or, parmi ceux qui seront restés, plusieurs ont été platement battus chez eux. C’est entre autres le cas d’Amédi Camara et d’Isselmou Ould Sid’El Moktar Ould Lehbib qui ont été battus respectivement à Kaédi et El Kediya (Tagant). La sortie sans appel de Mohamed Abdallahi Ould Oudaa, de Diallo Mamadou Bathia, de Coumba Bâ, de Mint Soueine’e et du tonitruant Mohamed Lemine Cheikh fait penser à une cynique politique de deux poids, deux mesures. Naha Mint Mouknass, présidente du deuxième parti de la majorité et nouvellement élue députée, a été envoyée au pilori. Elle n’a certainement pas demandé à être parachutée à la tête de l’un des départements les plus compliqués de la république. Le retour au gouvernement de Sidi Mohamed Ould Maham comme ministre de la culture et porte parole du gouvernement est une autre preuve que Mohamed Ould Abdel Aziz place ses hommes forts à des postes stratégiques dans la perspective de quelque chose. Les titulaires des ministères régaliens n’ont pas changé. Les calculs des adversaires internes de l’irracontable ministre de l’économie et des finances sont tombés à l’eau. La dernière défaite de l’UPR à Arafat ne semble pas avoir impacté sur la confiance que Ould Abdel Aziz voue au très controversé Moktar Ould Diay. La fusion entre l’agriculture et l’élevage qui redeviennent ministre du développement rural replonge le pays dans les années quatre vingt. Surtout que selon un docteur vétérinaire, la séparation de ces deux secteurs a permis de faire de grosses avancées. L’éclatement du ministère de la modernisation de l’administration et de la formation professionnelle dont une partie a été rattachée à l’éducation nationale (formation professionnelle) et une autre (modernisation de l’administration) à la fonction publique, au travail et à l’emploi démontre que c’est l’improvisation et l’amateurisme qui prévalent en lieu et place de la vision stratégique sur la base de laquelle la mouture des départements sectoriels devrait être conçue. Jusque là deux postes très importants sont vacants et devraient être pourvus rapidement. Aux commandes des forces armées et de sécurités deux noms sont avancés. On parle des généraux Mohamed Ould Meguett et Dah Ould El Mamy, respectivement patron de la direction générale de la sureté nationale et des douanes. Alors que pour la direction de l’Union Pour la République, le vice-président de l’Assemblée Nationale, Boidiel Ould Houmeid qui vient de dissoudre son parti dans celui du pouvoir serait pressenti. A quelques six mois de la présidentielle, Mohamed Ould Abdel Aziz ne semble pas encore avoir complètement muri son plan. La recomposition de la scène politique a cependant commencé avec le sabordement de certains partis. Les formations de l’opposition (RFD, UFP et Tawassoul) n’ont pas encore repris le souffle après des élections municipales, législatives et régionales aux résultats mitigés. Mais le temps n’attend pas. Cela va sans dire. Mais cela va encore mieux en le disant.
Sneiba El Kory.
le calame
Trump veut abolir le droit de sol aux USA
BBC Afrique- Le président Trump veut abolir le droit de sol pour les personnes sans-papiers présentes sur le territoire américain.
Les élections de mi-mandat américaines dans une semaine permettront à Donald Trump de définir les grandes orientations pour le reste de sa présidence. Les Américains voteront pour les membres des deux chambres du Congrès, ainsi que pour les gouverneurs de 36 des 50 États.
La lutte contre l’immigration clandestine était l’une des principales promesses électorales faites par M. Trump lorsqu’il s’est présenté aux élections présidentielles.
La question reste l’une de ses priorités et, dans une interview accordée à Axios, M. Trump a émis l’un des vœux les plus durs en matière d’immigration à ce jour. Le président a promis de mettre fin au droit automatique à la citoyenneté pour les enfants nés aux États-Unis de parents non-citoyens américains.
Actuellement, tous les enfants nés aux États-Unis obtiennent la citoyenneté en vertu de la Constitution. “Nous sommes le seul pays au monde où une personne vient et a un bébé, et le bébé devient un citoyen des États-Unis“, a-t-il dit. “C’est ridicule. Et il faut que ça s’arrête.”
En fait, un certain nombre de pays, dont le Canada et le Mexique, offrent la citoyenneté de naissance. M. Trump a déclaré qu’il pourrait promulguer le changement en signant un décret exécutif, mais il y a de sérieux doutes quant à la possibilité d’y parvenir.
La légalité d’une telle décision, sans l’autorisation explicite du Congrès, est discutable, selon Anthony Zurcher, journaliste de la BBC en Amérique du Nord.
Quelques jours à peine avant les élections de mi-mandat, cela pourrait être considéré comme une nouvelle tentative du président de rallier sa base et de se concentrer sur la question de l’immigration, qu’il considère comme un point politique gagnant, ajoute-t-il.
Mardi, des milliers de soldats américains ont été envoyés à la frontière sud en réponse au convoi de migrants qui se dirige vers le nord à travers le Mexique. Mais le groupe – connu sous le nom de caravane des migrants – ne devrait pas arriver à la frontière avant plusieurs semaines.
Les détracteurs de M. Trump ont déclaré que cette décision était une déclaration politique avant les élections de mi-mandat. Quoi qu’il en soit, il est clair que l’immigration est une question que le président tient à soulever avant le vote crucial.
cridem
Des pistes de lutte / Par Mohamed Yahya OULD CIRE
Des pistes de lutte
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La cause haratine est sacrée
Il faut la mettre au même niveau que l’indépendance d’un Etat, la souveraineté ou la libération d’un peuple. Elle est un fait non négociable. En effet, le groupe haratine ne peut et ne doit renoncer à sa liberté et l’égalité avec les autres composantes du peuple mauritanien.
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L’identité haratine
L’identité haratine doit être revendiquée chaque fois que besoin est.
Cette attitude a un double avantage. D’une part, elle prouve la fierté d’appartenir à ce groupe social que constituent les Haratine. D’autre part, elle démontre le fait d’être débarrassé du complexe d’infériorité lié au statut de l’esclave (Abd) et du hartani (affranchi).
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La solidarité entre les Haratine
Une solidarité au sein du groupe haratine s’impose.
Le système esclavagiste place ses victimes dans une situation d’isolement et de vulnérabilité.
Il faut donc, à l’opposé, créer une solidarité entre les Haratine face à toutes les épreuves, à l’image de la solidarité entre les Maures et au sein de leurs tribus. Cette tâche est difficile pour des victimes mentalement aliénées. Cependant, les militants haratine doivent surmonter ces entraves. Puis, par la conscientisation de masse, parvenir à créer cette idée de solidarité entre tous les Haratine.
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L’engagement par l’action
Tant que la liberté n’aura pas été obtenue ainsi que les droits y afférents, il convient de mener le combat par tous les moyens. Les exemples sont nombreux: dénoncer un cas d’esclavage avéré, prendre une photo et la poster sur les réseaux sociaux, contribuer à l’instruction des haratine dans une école ou en dehors, écrire dans un journal, conscientiser un individu ou un groupe victime de l’esclavage. Toutes ces contributions sont des facteurs de prises de conscience qui, à la longue, mènent à la libération.
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La reconnaissance constitutionnelle
Cette reconnaissance constitutionnelle de la communauté haratine est une revendication fondamentale. Toutes les communautés (Arabe, Pular, Soninké, Wolof) sont reconnues sur le plan ethnique et/ou culturel. Pour une question d’égalité, cette reconnaissance s’impose.
L’abolition de l’esclavage doit avoir pour conséquence non seulement la fin de l’asservissement mais aussi une reconnaissance officielle de la communauté haratine. De plus, la reconnaissance constitutionnelle de la communauté haratine est inséparable de l’égalité raciale. En effet, l’esclavage maure en Mauritanie a un caractère racial puisqu’il ne touche que la population noire.
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L’engagement des militants haratine dans les partis politiques
Les militants haratine doivent s’engager dans les partis, autres que ceux dirigés par les haratine.
Si les partis, en question, prennent en compte l’esclavage, l’engagement consistera à renforcer cette position par les idées et la sensibilisation.
Dans le cas contraire, l’action est d’introduire l’esclavage comme objectif du parti choisi et être l’animateur idéologique en son sein.
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La discrimination positive
Il s’agit de permettre à un groupe social de rattraper son retard par rapport à la communauté nationale, lequel retard a été suscité par une injustice. C’est le cas de l’esclavage qui a privé les Haratine de leurs droits économiques, juridiques et sociaux. La discrimination positive a été appliquée en Inde, aux États-Unis d’Amérique et en Afrique du Sud, depuis l’accession de la majorité noire au pouvoir. L’État mauritanien doit appliquer une politique dans ce sens pour permettre aux Haratine de se hisser au niveau du reste de la société mauritanienne. Il peut s’agir d’octroi de bourses internes ou externes, de recrutement de fonctionnaires dans la fonction publique ou parapublique, de projets économiques spécifiques à la couche haratine, nominations d’un nombre de ministres, d’ambassadeurs, de consuls généraux, de préfets, de gouverneurs, proportionnellement au poids démographique des Haratine en Mauritanie.
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Une réforme foncière et domaniale.
Celle-ci doit tenir compte du fait que les Haratine étaient et restent exclus de la propriété terrienne. Ils ont toujours travaillé des terres qui appartiennent à leurs maîtres sans bénéficier de leurs usufruits. Cette situation est l’une des caractéristiques de l’esclavage. Elle doit être réparée par une juste redistribution des terres. Aussi, cette réforme doit toucher non seulement les terres cultivables mais aussi les terrains fonciers dans les villes, les villages, etc.
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Les Haratine sont-ils maures ou négro-africains ?
Cette question fait partie de l’identité : les Haratine sont arabo-berbères (maures) par la culture et négro-africains par l’origine ethnique. Faut-il privilégier la culture à l’origine ou l’inverse ? Ces deux données historiques doivent être prises en compte dans toutes appréciations objectives. En effet, comment nier l’une ou l’autre ? C’est pourquoi les Haratine constituent un groupe social spécifique, différent, à la fois, des Maures par l’origine et des Négro-mauritaniens par la culture. La dignité haratine est d’assumer l’histoire de l’esclavage à savoir, la culture imposée par celui-ci et leur origine négro-africaine dont ils ne peuvent se départir.
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Le poids démographique des Haratine
Tout porte à croire que les Haratine sont majoritaires en Mauritanie. Les statistiques françaises de 1964-1965, qui ont tenu compte des ethnies et des groupes sociaux, indiquent que les Haratine (affranchis et esclaves) représentaient 43% de la population mauritanienne. Les Haratine habitent sur l’ensemble du territoire. Ce n’est pas le cas des deux autres communautés que sont les Arabes et les Négro-mauritaniens. Aujourd’hui, ils sont comptés comme des Arabes, alors qu’ils continuent à être exploités, directement ou indirectement, par la féodalité maure. L’Etat sécurise et assure cette exploitation.
Dans le discours de Néma, du 3 mai 2016, Mohamed Ould Abdel Aziz a dénoncé la natalité haratine. Ce qui prouve que les Haratine ne sont pas considérés comme des Arabes au regard du chef de l’Etat. Cette dénonciation est la preuve que la natalité haratine inquiète l’Etat mauritanien et à travers lui, la communauté maure. Les Maures détiennent le pouvoir économique, politique, militaire… Le seul pouvoir qui leur échappe est celui de la démographie. Celle-ci, constitue la richesse des Haratine. Il faut y tenir sans faille. Le but du discours de Néma est d’encourager la dénatalité haratine. L’esclavage est un système visant à enchaîner des personnes pour les dominer et les exploiter. Le discours de Néma vise le même but idéologique.
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La création des partis politiques et ONGs haratine
Elle est indissociable de la lutte pour l’émancipation et l’égalité. La seule limite serait la trahison à la cause haratine, à savoir une opposition implicite ou explicite à la libération, à l’émancipation et l’obtention des mêmes droits que les autres communautés nationales.
L’exemple des Intouchables en Inde vient prouver que la création des partis politiques et l’investissement des intéressés eux-mêmes dans les autres partis, leur a permis d’occuper des positions importantes sur l’échiquier politique.
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L’espoir
On vit de l’espoir et le désespoir tue. Un combat comme celui de l’abolition de l’esclavage nécessite beaucoup d’espoir. Mais celui-ci se nourrit de convictions, de persévérance et de courage. Le combat est long, épuisant et semé d’embûches. Il faut tenir toujours. A titre d’exemple, la lutte contre l’Apartheid (Afrique du Sud) a duré 82 ans (1912-1994).
NB : Pour plus d’informations, je vous renvoie à ma thèse : L’abolition de l’esclavage en Mauritanie et les difficultés de son application, soutenue en 2006 à l’université Paris II, mais également à mon livre : La Mauritanie entre l’esclavage et le racisme, Editions L’Harmattan, 2014.
Le 30 octobre 2018
Mohamed Yahya OULD CIRE
Président de AHME (Association des Haratine de Mauritanie en Europe)
Site : www.haratine.com
Droit de Réponse à la Sortie de Bredeleil…
Ne tombez surtout pas sous le charme du maniement de la langue de Molière quand vous lisez un intellectuel issu de la vieille école. Car ce faisant, vous risqueriez de ne pas saisir le contenu réel du texte tel un amoureux qui ne verrait aucun défaut en la personne aimée.
Ces intellectuels sont donc souvent d’une éloquence remarquable et c’est tout à leur honneur. Je vous invite ainsi de prime abord à prendre du recul pour mieux appréhender la quintessence des deux articles du père Bredeleil, l’un des théoriciens du mouvement Baath Mauritanien. Mais chers lecteurs, permettez-moi de ne pas porter de gants car c’est dans la discussion franche, directe mais respectueuse que jaillira la lumière qui nous permettra d’éclairer nos lanternes trop longtemps éteintes.
Nul ne doute que Bredeleil est un grand intellectuel, une encyclopédie pour certains. Mais des intellectuels malhonnêtes et sans scrupule le monde en a toujours eu. Rappelez-vous des maitre-penseurs théoriciens de la hiérarchisation des races. Théorie selon laquelle la raison ne pouvait qu’être « Helene ».
Que l’Egypte pharaonique berceau de la civilisation avec ses avancées immenses en science et en technologie ne pouvait être l’œuvre de kemets. Preuves scientifiques à l’appui, Cheikh Anta Diop dans « Nations Négres et Culture » révèlera que toutes ces théories qui ont servi de sève nourricière aussi aux missions évangélistes et plus tard à la colonisation en Afrique ne tenaient pas debout.
Permettez-moi de reprendre dans les lignes qui suivent quelques éléments des deux sorties de Mr Bredeleil et qui me semble important d’analyser.
Le premier texte me ressemble à coup de gueule d’un homme qui, loin de dénoncer la décision gravissime que le pouvoir a pris d’envoyer des troupes au Nord Mali mais plutôt remonté par le manque de protocole dans la procédure. Même si dans votre deuxième sortie j’apprécie à sa juste valeur votre mise en garde aux autorités à « …revenir à la raison, pendant qu’il est temps… » pour « …s’orienter résolument…vers l’alternance démocratique… ». Mais après avoir fini la lecture des deux textes je me rends compte que le mot « guerre » a été utilisé 21 fois contre 6 fois seulement pour le mot « paix ». Alors même si vous êtes un homme de paix, la guerre est présente en vous, consciemment ou inconsciemment.
-Envoyer des troupes dans un « Mali en décomposition » pour ensuite en tirer des dividendes aussi incertains que dangereuses n’est pas dans l’intérêt du pays. Le territoire est déjà assez vaste pour les quatre millions que nous sommes et nous avons du mal à le sécuriser entièrement.
Pourquoi avoir des visées expansionnistes si l’on n’a pas les moyens de sécuriser le territoire dans sa forme actuelle ? Que cherche-t-on alors au Nord Mali ? Des populations pour rééquilibrer la configuration démographique actuelle dont vous tenez tant ? Surement ! Tout le monde l’a compris. Car après avoir déporté des dizaines de milliers de citoyens Mauritaniens vers le Sénégal et le Mali, après avoir effectué le nettoyage ethnique dans l’armé et dans toute l’administration il faut donc faire venir d’autres individus choisis sur la base de leur affiliation ethnico-tribale pour combler le vide. Et Puisque les populations ne vont pas quitter leur terroir pour la Mauritanie donc il faudra nécessairement incorporer le territoire en question à la Mauritanie. A quel prix ? Cette manœuvre n’est-elle pas plus laborieuse que de réconcilier les mauritaniens ? Quelle est la stratégie à long terme ? La vérité est que c’est une décision très risquée et l’armée Mauritanienne n’a pas vocation à s’installer au Nord Mali.
– « …les peuls ont des dispositions particulières à connaitre l’Islam ». Cette affirmation peut paraitre élogieuse pour les musulmans que nous sommes. Mais à y voir de près elle rappelle les théories fallacieuses sur les races qui ont fait tant de dégâts dans l’histoire de l’humanité et en Mauritanie en particulièrement. Ainsi selon Bredeleil certaines ethnies seraient plus aptes à faire certaines tâches que d’autres. Comme par hasard chez nous en Mauritanie être docker, colonel ou ministre dépend largement de votre appartenance ethnique. Suivez mon regard. Je ne sais pas s’il est un homme de science ou un homme de Dieu ou les deux à la fois. Mais cette thèse n’est encore valable que pour ceux qui ne sont ni l’un ni l’autre.
Voilà des contre-vérités qui alimentent votre texte et sur lesquelles se réfèrent ceux qui vous écoutent et qui vous prennent en exemple. Malheureusement ceux-là président également aux destinées de notre pays. Voilà pourquoi nous en sommes encore à ce niveau plus d’un demi-siècle après les indépendances.
-Pourquoi alors les caresser dans le sens du poil ?
Le régime Tchadien qui ne doit sa survie qu’aux accords de défense avec la France sans laquelle Deby et toute la mafia qui l’entourent auraient plié bagage depuis belle lurette. Deby n’est venu aux affaires qu’avec la complicité des services de renseignement français.
Il ne s’en irait que si ces derniers le décideront et lui-même l’a reconnu publiquement dans une de ces récentes interviews. Les régimes qui se sont succèdes à la tête de la Mauritanie ne survivent que grâce à la ruse et des combines de toutes sortes qui reposent principalement à satisfaire une clientèle politique en se servant des ressources du pays. C’est un équilibre très fragile. Il n’y a aucune politique de défense nationale avec une orientation stratégique claire.
Ceux qui commandent nos troupes ne sont qu’à l’écoute de conseillers occultes de toutes parts. Mais à lire les deux articles de Bredeleil on comprend facilement qu’il est l’un des maitres architectes de tout ce qui se concocte dans les salons feutrés de Nouakchott.
A cet âge, plutôt que de continuer à souffler sur des braises Mr Bredeleil, nous qui avions l’âge de vos enfants ou petits-enfants nous nous attendions à un autre type de discours. Mais hélas, le temps n’a rien change en vous.
Vous pouvez vous ériger conseiller privilégié des régimes mafieux qui tiennent leurs peuples en otage (comme le nôtre ou celui du Tchad) avec bien entendu toute cette kyrielle d’intellectuels affamés qui s’invitent à la mangeoire quitte à monnayer l’honneur de ceux qu’ils sont censés représenter.
Mais vous ne pouvez pas vous ériger en model pour nous, mauritaniens de la génération X ou Y, Sonikés, Haalpulaars, Hratins, Bedhanes, Soninké, Wolofs, Bambaras et que sais-je, soucieux de préserver ce nous semble être le plus important c’est-à-dire la PAIX. Ce logiciel que vous aviez remis au pouvoir depuis les indépendances ne fonctionne plus. Nous vous invitons à revenir à la raison car le pays à trop souffert de votre leadership belliqueux et défaillant. Non. Nous ne voulons pas d’une autre guerre. Ni au Mali, encore moins en Mauritanie.
Nous ne nous voulons pas non plus que nos propres concitoyens fassent quotidiennement l’objet d’humiliation et de brimades de toutes sortes du seul fait de leur couleur de peau, de leur langue ou de leur classe sociale tout simplement. Nous aspirons à être les précurseurs d’une Mauritanie nouvelle réconciliée d’abord avec elle-même, cultivant la paix avec ses voisins et décomplexée vis-à-vis de ses voisins arabes quant à sa spécificité multiculturelle. Une Mauritanie soucieuse de régler les problèmes les plus urgents de l’heure.
Car en ce moment tous les secteurs de l’économie sont à terre. La dette publique a atteint un niveau jamais égalé et la Mauritanie traine aux 150 ième rang sur 157 concernant l’indice du développement humain selon les Nations Unies. Les résultats du BAC sont de plus en plus catastrophiques et des poches de famine existent à l’intérieur du pays. Sur le plan mondial nous ne sommes connus que comme étant le seul pays à tolérer l’esclavage et la dernière nation sur terre à l’abolir. Jugeons donc le maçon aux pieds du mur. Mr Bredeleil est aussi comptable de ce bilan peu élogieux.
La reconstruction passera inéluctablement par réécrire d’abord le texte fondamental qui doit d’abord tenir en compte le caractère multi ethnique et multiculturelle du pays. Il y’a bien des domaines qui font l’objet de mésentente et sont à l’origine de frustrations de toutes sortes accumulées justement sur la base de vos conseils et qu’il faut revoir dans la constitution. Ensuite Il faut des reformes en profondeurs dans les secteurs de la justice, de l’éducation, de la sante, la défense nationale et une réforme foncière juste et équitable. Les solutions existent mais encore faut-il avoir des hommes et des femmes soucieux de préserver la paix pour les générations futures.
Si vous n’êtes pas en mesure d’apporter votre pierre à l’édifice, nous vous invitons à simplement ranger votre plume. La Mauritanie retrouvera sa place naturelle, n’en déplaise aux extrémistes de tout bord. Nous sommes un pays Africain, multi ethnique et multiculturel. Il n’y a aucune honte à l’affirmer haut et fort dans le concert des nations.
Une langue et une culture que ni l’islamisation, ni la colonisation n’ont fait disparaitre ne le sera pas avec un décret présidentiel. Et si le temps est la solution ultime à tous nos problèmes, je crains que le temps ne mette trop de temps à résoudre celui-là.
A.S
Consultant en Risque Management
senalioune
En moins de quarante huit heures, le nouveau premier ministre, Ahmed Salem Ould Béchir a ‘’formé’’ son gouvernement. Sans grande surprise. Ceux qui s’attendaient à un grand chambardement ont été certainement déçus. Le remaniement attendu a été juste une flopée de permutations entre anciens ministres dans des départements copiés-collés faits et défaits dans la précipitation au gré de la volonté de faire du surplace. Parmi les nouveaux il ya Djinda Ball promue à la jeunesse et sports. Pour cette native Halpoular de Kaédi, femme d’affaires et de communication qui parrainait le magazine Epok, c’est une nouvelle expérience pour cette jeune femme qui milite à l’Union Pour la République. L’entrée la plus emblématique et peut être la plus inattendue est celle du général Ghazouani au gouvernement en tant que ministre de la défense. Pour cette fois quand même, c’en est véritablement un. Ce général très discret, compagnon de route du président Aziz et que toutes les rumeurs donnaient comme son dauphin a été muté,- pour cause de retraite, d’une position stratégique de chef général des forces armées à celle plus protocolaire de ministre de tutelle de toute l’institution militaire qui tient en otage le pays depuis quarante ans. Selon les observateurs, la nomination de Ghazouani à la défense repose la question de savoir si Aziz quittera effectivement le pouvoir en 2019 et le cas échéant qui va le remplacer à la présidence de la république. A la veille des élections municipales, régionales et législatives, Ould Abdel Aziz avait dit à ses ministres au cours d’un conseil que ceux qui ne feront pas montre de popularité vont quitter. Or, parmi ceux qui seront restés, plusieurs ont été platement battus chez eux. C’est entre autres le cas d’Amédi Camara et d’Isselmou Ould Sid’El Moktar Ould Lehbib qui ont été battus respectivement à Kaédi et El Kediya (Tagant). La sortie sans appel de Mohamed Abdallahi Ould Oudaa, de Diallo Mamadou Bathia, de Coumba Bâ, de Mint Soueine’e et du tonitruant Mohamed Lemine Cheikh fait penser à une cynique politique de deux poids, deux mesures. Naha Mint Mouknass, présidente du deuxième parti de la majorité et nouvellement élue députée, a été envoyée au pilori. Elle n’a certainement pas demandé à être parachutée à la tête de l’un des départements les plus compliqués de la république. Le retour au gouvernement de Sidi Mohamed Ould Maham comme ministre de la culture et porte parole du gouvernement est une autre preuve que Mohamed Ould Abdel Aziz place ses hommes forts à des postes stratégiques dans la perspective de quelque chose. Les titulaires des ministères régaliens n’ont pas changé. Les calculs des adversaires internes de l’irracontable ministre de l’économie et des finances sont tombés à l’eau. La dernière défaite de l’UPR à Arafat ne semble pas avoir impacté sur la confiance que Ould Abdel Aziz voue au très controversé Moktar Ould Diay. La fusion entre l’agriculture et l’élevage qui redeviennent ministre du développement rural replonge le pays dans les années quatre vingt. Surtout que selon un docteur vétérinaire, la séparation de ces deux secteurs a permis de faire de grosses avancées. L’éclatement du ministère de la modernisation de l’administration et de la formation professionnelle dont une partie a été rattachée à l’éducation nationale (formation professionnelle) et une autre (modernisation de l’administration) à la fonction publique, au travail et à l’emploi démontre que c’est l’improvisation et l’amateurisme qui prévalent en lieu et place de la vision stratégique sur la base de laquelle la mouture des départements sectoriels devrait être conçue. Jusque là deux postes très importants sont vacants et devraient être pourvus rapidement. Aux commandes des forces armées et de sécurités deux noms sont avancés. On parle des généraux Mohamed Ould Meguett et Dah Ould El Mamy, respectivement patron de la direction générale de la sureté nationale et des douanes. Alors que pour la direction de l’Union Pour la République, le vice-président de l’Assemblée Nationale, Boidiel Ould Houmeid qui vient de dissoudre son parti dans celui du pouvoir serait pressenti. A quelques six mois de la présidentielle, Mohamed Ould Abdel Aziz ne semble pas encore avoir complètement muri son plan. La recomposition de la scène politique a cependant commencé avec le sabordement de certains partis. Les formations de l’opposition (RFD, UFP et Tawassoul) n’ont pas encore repris le souffle après des élections municipales, législatives et régionales aux résultats mitigés. Mais le temps n’attend pas. Cela va sans dire. Mais cela va encore mieux en le disant.



