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MAURITANIE, PAYS D´APARTHEÏD OU PAYS À PART?
L´actualité mauritanienne, du mois de février, qui coïncide avec le 54ème anniversaire du ”manifeste des 19”, est dominé par un débat sur la question nationale et sociale ou autrement le problème de la cohabitation en Mauritanie. Ce débat a été suscité par la sortie du président Biram Dah Abeid à Génève sur la nature de l´Etat raciste et esclavagiste du pays.
Aussitôt la classe politique ou l´intelligentsia arabo-berbère dans sa majorité et une partie de la presse électronique ont repris en choeur le discours officiel de l´Etat mauritanien au nom d´un soi-disant sacro-saint devoir de protection de l´image du pays. A travers cette prise de position apparait clairement la volonté de cet establishment de maintenir le statu quo et les acquis (la dénégrification) de la politique du fait accompli, celle de l’exclusion à fondement raciste.
En effet, dès que le Système est désigné du doigt, les divergences s´estompent. On tient coûte que coûte à garder les privilèges qui en découlent. Protèger l´image du pays n´est qu´une excuse, un prétexte pour masquer l´essentiel. L´essentiel c´est qu´au delà des divergences et des contradictions, il y a la volonté de dénégrifier le pays ou tout au moins de réduire les Noirs à la soumission et au silence par justement le maintien de l´esclavage en l’état et par une politique radicale d´exclusion systématque de la composante négro-mauritanienne de tous les secteurs de la vie nationale.
Touchés au vif, courroucés, irrités, tous sont montés au créneau pour construire leurs échafaudages théoriques sur la situation politique du pays et surtout pour défendre la patrie du complot, un complot international, un de plus ourdi par les ”éternels nationalistes étroits et ennemis” de la Mauritanie cherchant à discréditer l´angélique République” Islamique” de Mauritanie. Ils veulent transformer leurs victimes en bourreaux. Quand un voleur crie au voleur, imaginez l´hilarité des passants.
Certains scribouillards accusent les Mauritaniens de la diaspora d´être derrière cette campagne contre la sainte Mauritanie et ajoutent que nous sommes loins des réalités mauritaniennes. Il faut leur rappeler que les exilés que nous sommes, avons tous laissé derrière, des frères, des soeurs, un père, une mère, un village, un hameau bref, une famille et des rêves et tout ce qui touche à leur dignité, citoyenneté et intégrité nous concerne aussi.
Cette Mauritanie est un pays particulier où certains ont réussi à usurper à leur propre profit notre bien commun, la “Mauritanité”, et à partir de leur position de simples citoyens, comme tous les autres, dictent pourtant aujourd´hui celui qui est mauritanien et celui qui ne l´est pas; celui qui est patriote et celui qui ne l´est pas. Ils définissent pour leurs propres concitoyens ce que veut dire “le patriotisme”, ce que veut dire la “Mauritanité”, qu´ils confondent souvent avec “mauritude”. Ils veulent nous imposer leur discours, la ligne à ne pas franchir et la posture à tenir.
Dénoncer le racisme et l´esclavage, les injustices ne veut pas dire que nous n´aimons pas notre pays. Nous refusons seulement que le mensonge et l´hypocrisieÂÂ soient les fondements de notre vivre ensemble. Nous aimons notre pays comme la prunelle de nos yeux mais nous l´aimons aussi avec un amour critique.
Sans m´attarder sur des débats sémantiques, je signe et persiste, comme nous l´avons toujours soutenu: il y a des similitudes effarantes entre le Système d´Apartheid sud-africain et le Système de gestionÂÂ politique en Mauritanie.ÂÂ Aujourd´hui il faut-être d´une malhonnetêté intellectuelle notoire et de mauvaise foi pour ne pas reconnaitre le racisme d´Etat en Mauritanie. Au-delà de l´évidence, il y a la réalité disait un grand philosophe. La réalité est que le racisme d´Etat existe en Mauritanie. Cette réalité n´est pas le fruit de “l´imaginaire fertile et débordant ” de Kaaw Touré, du président Biram Dah Abeid, ou encore moins du président Samba Thiam ou du président Ibrahima Moctar Sarr et de Dr Alassane Dia. Nul effort n’est besoin de déployer pour découvrir derrière lesÂÂ pouvoirs et les avoirs, le racisme le plus hideux, l’exclusion la plus brutale et l’esclavage le plus primaire.
Comment qualifier un Système qui déporte, qui viole, qui vole, qui assassine, qui spolie, qui marginalise, qui discrimine ses propres citoyens du seul fait de leur appartenance sociale, ethnique ou raciale? Si ce n’est pas de l’Apartheïd de l’Afrique du Sud en tout cas ça en a les mêmes effets. Selon nos contradicteurs, la notion de l´Apartheïd est en l´occurrence inopérante en Mauritanie parce que nous vivons dans les mêmes quartiers, allons dans les mêmes écoles et prions dans les mêmes mosquées. Cette présentation schématique et manichèenne feint d’ignorer la substance et la finalité de l’apartheid que le sinistre Hendrik Verwoerd, ancien premier ministre d´Afrique du Sud, en 1963, présentait devant le parlement de son pays comme : « …réduit à sa simple expression, l´Apartheid ne peut se présenter que sous la forme suivante : nous entendons garder blanche l´Afrique du Sud, la garder blanche ne peut vouloir dire qu´une chose, assurer la domination des blancs, non leur direction, non leur tutelle, mais leur commandement, leur suprématie ».
Quels autres objectifs le système politique mauritanie pousuit-il sinon de perpétuer la domination exclusive et irréversible d’une communauté raciale sur la vaste majorité noire? Les faits sont têtus, les résultats sont là, indéniables!
Depuis l’indépendance, nos chefs politiques incapables de se départir de l’esprit partisan, tous issus du milieu maure, se sont attelés sans relâche à developper, tour à tour, des politiques qui, loin de forger la Nation encore inexistante, ont conduit à des crises cycliques, répétées,(1966, 1979, 1986, 1989, 1990,1991) à une déchirure profonde entre les deux communautés. Par ces politiques nocives développées au fil des années et des régimes que guidait un systéme inique, on mit en place un APARTHEID DÉGUISÉ. Je dis déguisé car on le chercherait en vain dans les textes institutionnels alors qu’il existe partout, pour peu qu’on observe.
Qui ose en douter encore ? Et encore, convient-il de souligner qu´en Afrique du Sud le pouvoir blanc, tout raciste qu´il était, n´est pas allé jusqu´à déporter les Noirs du pays, se contentant, si l´on peut dire, de les parquer dans les Bantoustans et au mieux dans des townships.
Si en Afrique du Sud le pouvoir raciste pouvait permettre à un Nelson Mandela de vivre 27 ans en prison, en Mauritanie les Tène Youssouf Guèye et Djigo Tapssirou ont été assassinés en moins de 2 ans de détention. Comme vous voyez le régime raciste de Nouakchott est plus cruel que son cousin germain de Prétoria. Il faut trouver un autre nom plus approprié à ce Système ethno-génocidaire qui dépasse l’Apartheïd.
Si en Afrique du Sud les militants de l´ANC ont pu être détenus et sortir vivants après plus de 20 ans de détention, en Maurtanie, plus de 500 supposés militants et sympathisants des Flam ont été assassinés en moins d´un mois dans les camps d´exterminations du régime de Nouakchott à Inal, Djreïda, Nbeyka, Azlat, sans parler des milliers des civils abattus dans la vallée, ni des charniers qui essaiment partout dans le sud du pays. Et comble de l´horrreur, l´Etat n´a pas trouvé une idée plus géniale que de pendre 28 Noirs dans la nuit du 28 novembre, fête de l´indépendance. Il fallait faire offrande à l´Etat chauvin de cadres négro-africains, 28 Noirs sont pendus. Des citoyens qui n´avaient commis aucun crime, pas même le moindre délit. Ils étaient Noirs et c´était suffisant comme crime aux yeux du régime et ses sbires.
Tous ces crimes contre l´humanité restent impunis, les veuves, les ayants droit, les orphelins continuent à exiger la justice. En bons marchands, ils veulent vider l´abcès, le contentieux national comme on vide les stocks. On veut nous imposer une omerta, de l´amnésie, de l´amnistie forcée, de l´oubli et de l´impunité.
Certains contempteurs, pour banaliser le fait raciste dont est exclusivement victime la composante noire, invoque une prétendue “exclusion transversale”. Suffisons que certaines franges de la communauté arabo-berbère soit également touchée par des injustices sociales et économiques, il n’en demeure pas moins évident que seuls les Négro-africains sont violentés dans ce qu’ils ont de plus cher: leur culture, leur identité, leur intégrité et leur citoyenneté en un mot leur dignité.
Le contrôle de l´État par certains éléments racistes et surtout l’absence de légitimité de celui-ci vis-à-vis de toutes les communautés nationales nous obligent à opérer une séparation entre l’État raciste et la communauté beydane. D’ailleurs, cela fut toujours le cas depuis malgré notre diabolisation par le régime de Taya et ses valets auprès de nos compatriotes arabo-berbères.
Nous ne souhaitons pas le surgissement de problèmes raciaux ou ethniques en Mauritanie. C´est l´existence effective de ces problèmes qui explique la naissance de nos organisations politiques et mouvements citoyens, notre engagement et notre combat. Ce dont nous sommes coupables, c´est d´avoir osé toucher du doigt les pourritures de la nation mauritanienne à ce stade actuel de son évolution en projetant une lumiére crue sur l´ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de manière à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d´une seule nationalité racio-culturelle au détriment des autres.
Ma question est aussi où sont les progressistes arabo-berbères du pays?
Si par ailleurs, des blancs risquèrent leur vie ou se firent pendre aux U.S.A avec l’UNDER-GROUND ou en Afrique du Sud comme les Joe Slovo, Bram Fischer pour la cause des faibles, ce ne fut pas le cas en Mauritanie pendant les années de braise et actuellement avec la politique radicale de l’exclusion systématique des communautés noires. Comme ils sont bien rares, ceux de l’autre côté, à faire montre d’un engagement éprouvé contre les discriminations raciales! Au contraire, tous ou presque, en chorus, reprennent le discours officiel avec hypocrisie et mensonges et parlent de la fictive “unité nationale” menacée ou de l’Islam qui nous unit dont ils violent et bafouent les fondements et principes élémentaires. Or, j’ai toujours eu le sentiment que l’intellectuel ressemblait davantage à Zola qu’à Gobineau ou Goebbels, et qu’il ne pouvait rester sans rien faire, sans rien dire devant l’injustice.
Ce que nous faisons est en conformité avec notre religion qui nous dit à travers un hadith du messager : « Quiconque d’entre vous voit un mal qu´il le change par sa main. S’il ne le peut pas qu’il le dénonce. S’il ne le peut pas qu’il le désapprouve en son cœur car c’est la plus faible expression de la foi”.
Et comme disait un adage ”lorsque le sage montre la lune, l´imbécile regarde le doigt. Sur nos pages, nos murs et nos espaces sur les réseaux virtuels et sur le réseaux réels ce sont des plages des préjugés et de déchirures profondes.
Les mauritaniens habitent ensemble mais ne cohabitent pas. Ils se croisent mais ils ne se voient pas. Ils se parlent mais ils ne communiquent pas.
Nous sommes ensemble dans les marchés mais point de commerce entre nous. Nous sommes ensemble dans les mosquées mais ce n’est pas évident que nos prières et souhaits soient les mêmes. Certains prient pour leurs frères “moudjahidines” en Palestine et en Syrie et d’autres pour leurs frères et soeurs déportés, leurs veuves et orphelins de la vallée.
Nous avons les mêmes langues mais nous ne parlons pas le même langage. Et pourtant nous devons construire des ponts de coeurs et détruire en choeur ces murs des déchirures et barrages d’inculture. Il est temps de se ressaisir! Il est encore temps de se surpasser pour outrepasser l’impasse. Encore une fois ce ne sont pas les intimidations, les diatribes, la terreur policière ou la terreur intellectuelle qui nous feront taire. Nous continuerons à dire la vérité à temps et contre temps pour guérir nos maux.
Il est manifeste que la politique d’évacuation et de dissimulation des questions sensibles n’a jamais aidé à les résoudre. Il importe que les formations politiques et des patriotes sincères comprennent que l’édification d’une Mauritanie prospère et stable passe nécessairement par la lutte contre les préjugés nuisibles à l´unité nationale et au developpement de tous. Ils doivent comprendre tant que les problèmes de fond à savoir le racisme d´Etat et l´esclavage ne seront pas identifiés et débattus, tout projet démocratique restera une utopie.
Au delà du racisme, ils verront nos visages:
Au delà de leurs peurs, la réconciliation:
Justice et égalité pour tous, c’est là notre avenir.
Je ne peux terminer sans faire appel à Jaures et m´approprier ses propos:
‘’ Nous ne subirons pas la loi du mensonge triomphant ,
Nous ne plierons pas ,
Nous ne nous tairons pas,
Nous ne nous irons pas en silence ,
Nous ne nous coucherons pas …”
Et la lutte continue!
Kaaw Touré
Cette polémique suscitée autour du mot ‘’Apartheid’’ que révèle-t-elle ? Par Samba Thiam
Cette polémique suscitée autour du mot ‘’Apartheid’’ que révèle-t-elle ?
Primo, que la culture du débat intellectuel ne s’installe toujours pas chez nous, loin s’en faut ; on diabolise, voire on insulte et on continue… A travers un lynchage médiatique qui frise le terrorisme intellectuel, on cherche à maintenir une dictature au nom d’une majorité, instaurée par une oligarchie, ( si, bien entendu , toute la frange haratine se reconnaissait dans l’identité arabe), en perdant de vue que toute majorité ne tire sa légitimité que dans le respect des droits des minorités.
Ne pas céder à l’intimidation , surtout pas …
Deuxio, elle révèle un état d’esprit, manifestement, largement partagé dans cette jeunesse arabo-berbère, qui traduit un manque notoire et flagrant d’objectivité et de recul, dès que le pays est touché dans ses péchés sensibles ; c’est épidermique ! Cette réaction est aussi, hélas, perceptible chez une partie de l’élite politique et intellectuelle adulte. En somme, beaucoup de progressistes, mais des progressistes de circonstance, dirons-nous…
Tiertio enfin, que dans cette conception de ‘’l’Apartheid’’ tout n’était pas que négatif, à tout peser ; en effet les Blancs-blancs se gouvernaient et laissaient les Blacks se gérer et gérer leurs bantoustans, tout au moins !et puis, toutes proportions gardées, le système d’apartheid était quand même moins indigne, plus respectueux de l’homme que l’esclavage … Enfin et surtout, cet apartheid là était lui, non pas officieux, sournois et hypocrite , mais codifié et déclaré, et chacun savait donc à quoi s’en tenir …
Ces jours-ci il circule un audio d’un résident, probablement de Rosso, qui dénonçait le blanchissement appliqué de l’administration de cette ville ; du gouverneur au préfet , en passant par le commandant de brigade, le commissaire de police , le chef de la base militaire , jusqu’au juge et cadi, dit-il . L’auteur n’a pas compris que le mal est général et ne sévit pas qu’à Rosso, mais partout dans le Sud , sans épargner Nouakchott avec ses trois gouverneurs . Ceux qui, aujourd’hui montent au créneau, vocifèrent sous l’ indignation, feinte, en entendant le mot ‘’apartheid’’ constatent pourtant, tous les jours, cette réalité triste, sur laquelle ils ferment les yeux, sans rien dire…
Seule une infime minorité courageuse de cadres s’insurge …
Rappelons, pour ceux qui semblent l’oublier, que l’idéologie afrikaner avait pour soubassement “d’utiliser la force numérique et la force de travail des Noirs pour les transformer en instruments , sans qu’aucune possibilité ne leur soit laissé de sortir de cette situation’’. En notre âme et conscience aucune résonnance, aucune similitude avec ce qui se passe chez nous ? Si ce que nous vivons n’est pas de l’Apartheid stricto sensu, ça lui ressemble, au moins par métaphore…
Ma suggestion est celle-là : puisque ceux qui nous gouvernent se dérobent à l’idée d’organiser un dialogue inclusif, sans compenser cette rebuffade par des mesures fortes d’apaisement, que les médias nationaux se saisissent donc de cette polémique qui fait rage dans les réseaux sociaux comme d’une opportunité, pour organiser un débat… civilisé. Pour notre part nous sommes preneurs …
Samba Thiam
Nouakchott le 28 -02-2020
Mauritanie : la CVE-VR esquisse un projet de société réconciliée égalitaire et démocratique
Les observateurs reviennent sur la plateforme de la CVE-VR présentée devant la presse cette fin de semaine qu’ils considèrent comme un projet de société pour une Mauritanie apaisée et réconciliée avec elle-même.
A y regarder de près c’est une plateforme très critique qui met en évidence l’échec d’un État unitaire centralisé depuis le congrès d’Aleg de 58 jusqu’à nos jours. Et également constructive dans ses perspectives d’avenir pour une nouvelle Mauritanie qui devra résoudre la difficile cohabitation entre les différentes composantes née de l’orientation très tôt vers une arabité exclusive de la Mauritanie au détriment de son identité négro-africaine.
En effet la plateforme pointe du doigt la première grande crise post indépendance de 66 avec en toile de fond l’arabisation du système éducatif qui déclencha une contestation scolaire la plus violente de l’histoire du pays.
Le rappel de ces secousses politiques est d’un grand intérêt historique pour comprendre la crise identitaire mauritanienne qui atteint son paroxysme en 86 date de la publication du fameux Manifeste du négro-mauritanien opprimé par les FLAM le premier mouvement de libération africaine en Mauritanie dont les dirigeants seront arrêtés jugés et emprisonnés à Oualata. Quatre d’entre eux y laisseront leur vie.
Parmi les rescapés les présidents de l’AJD-MR et des FPC. Ironie de l’histoire ils sont les sages aujourd’hui de cette coalition de partis politiques et d’organisation de la société civile entre les mains d’une nouvelle génération de jeunes consciente du long chemin de la liberté qui reste à parcourir.
L’histoire retiendra que la période de 86 a 92 ou années de braise est marquée par les exécutions extrajudiciaires de 28 soldats négro-africains à Inal en 90 et des déportations de plus de 100000 noirs au Sénégal et au Mali en 89.
Une épuration ethnique sous le régime le plus long des militaires de 84 a 2005 et qui n’a pas manque de laisser des traces au sein de cette communauté qui tente difficilement de refermer ses plaies.
L’histoire récente retiendra un autre génocide sous le vocable biométrique initié en 2009 par Ould Aziz et qui mettra hors jeu des milliers de négro-mauritaniens devenus des apatrides et des sans papiers chez eux.
Cette plateforme va jusqu’au bout de l’analyse pour mettre en évidence l’exclusion dans toutes les sphères de la nation à l’école dans les médias dans l’armée dans la justice dans l’administration et la fonction publique dans l’économie du pays.
Cette discrimination concerne également la communauté Hatatine qui représente aujourd’hui près de 40 pour cent de la population et dont le combat contre l’esclavage n’est plus à démontrer derrière son leader le président de l’IRA.
Cette exclusion et marginalisation des deux composantes nationales érigées en système de gouvernement minent l’unité nationale et la cohésion sociale et compromettent l’avenir du pays. Des solutions s’imposent avant que le pays bascule dans le chaos.
La plateforme prône des réformes constitutionnelles et institutionnelles sur la base du vivre ensemble. Une nouvelle constitution dans ses grandes lignes qui affirmera l’identité arabe et négro-africaine et l’instauration d’un bicephalisme au niveau de la présidence.
Les réformes sectorielles sur l’éducation la justice l’armée l’économie les médias et l’administration devront rétablir la justice et l’équité sociale entre tous les mauritaniens en privilégiant plus la compétence que l’origine ethnique ou tribale.
Ces réformes ne vont pas sans des réformes démocratiques qui restaurent un État de droit qui respecte la citoyenneté et les libertés et des réformes sociales qui passent par le règlement du passif humanitaire la correction de l’enrôlement surtout en direction des enfants des réfugiés dont la plupart n’ont plus d’identité et l’application de la loi criminalisant l’esclavage et enfin le partage des ressources naturelles entre les mains de l’oligarchie militaire et de la classe dirigeante politique et des hommes d’affaires.
Cherif Kane
Meeting APP : Messaoud dans tous ses “États”
Le Calame – Le parti de l’Alliance Populaire Progressiste a organisé dimanche 23 février un meeting populaire à la place Ibn Abbass. Plusieurs centaines de personnes entre les militants du parti, des sympathisants mais aussi d’autres venus entendre de vive voix le patriarche Harratine, ont assisté à ce rassemblement politique.
Dans son discours, le président de l’APP a appelé à l’engagement d’un dialogue politique entre la majorité et l’opposition. Ould Belkheir a aussi expliqué longuement les raisons de son soutien au président Ghazouani au cours de la dernière présidentielle, rappelant même qu’il a déjà eu à donner cette explication dans une interview accordée au journal Le Calame.
Revenant sur son soutien à Sidi Ould Cheikh Abdallahi contre Ahmed Ould Daddah au second tour de la présidentielle de 2007, Messoud a présenté ses excuses “aux gens du Trarza”.
Sur les rumeurs autour de divergences supposées ou réelles au sein de l’APP, Ould Belkheir a balayé tout d’un revers de “mot” déclarant que tout se passe très bien dans leur parti qui se prépare à lancer sa campagne d’adhésion en prélude à l’organisation de son congrès pour l’élection de ses instances dirigeantes.
Il faut rappeler que depuis 2007, l’Alliance Populaire Progressiste est passée par plusieurs zones de turbulences et d’incompréhension entre ses principaux leaders.
Des dissidences importantes ont été enregistrées comme celles du secrétaire général de la CLTM, Samory Ould Beye et de Mohamed Ould Bourbouss ou de Mohamed Salek Ould Brahim ou du président d’Él Moustaqbal Ould Sidi Mewloud mais aussi de l’ancien maire APP de Zouerate Yacoub Salem Vall et de l’actuel chef de file de l’opposition Brahim Ould Bekaye devenu l’un des plus grands responsables du parti islamiste Tawassoul.
Comme sa décision de soutenir Sidioca en 2007, d’autres choix politiques de Messaoud Ould Belkheir n’ont pas fait l’unanimité au sein même de son parti.
A titre d’exemple, le soutien apporté à l’actuel président de l’Assemblée Nationale au deuxième tour des législatives et municipales de Zouerate en 2018 contre le candidat de l’opposition ou encore le rangement derrière le candidat Mohamed Ould Cheikh Ghazouani à la présidentielle de 2019.
Autour de cela, les rumeurs les plus fantaisistes voire parfois les plus compromettantes ont été entretenues.
Dans des vocaux largement partagés par l’application Whatsapp, l’administrateur de régies financières Ahmed Samba Abdallahi, cadre de l’APP accuse Messaoud d’avoir accepté l’argent du pouvoir. Ould Samba Abdallahi allant même jusqu’à dire qu’il n’assiste pas à un meeting “financé avec de l’argent pris avec Ghazouani”.
le calame
Communiqué de la CVE/VR relatif à la polémique sur les propos de Birame
CVE/VR – La Coalition Vivre Ensemble / Vérité et Réconciliation constate avec étonnement l’émoi provoqué parmi l’élite par le discours du Président de IRA Mauritanie au 20ème sommet de Genève sur les droits de l’Homme et la démocratie.
En effet pour qui connait la Mauritanie, l’exclusion sur des bases d’appartenance raciale, ethnique ou tribal est une réalité indéniable. Pire, l’Etat mauritanien a poussé la logique de l’exclusion jusqu’à engager une épuration ethnique qui s’est traduite par des exécutions extrajudiciaires et des déportations massives de populations noires du pays pendant les années de braise (1986 – 1992).
Cette épuration ethnique continue de plus belle aujourd’hui avec l’enrôlement biométrique discriminatoire et les recrutements à caractère ethno-tribal aussi bien dans la fonction publique que dans le secteur privé.
Les nominations égrenées à longueur des communiqués du conseil des ministres, le corps de commandement de l’ensemble des forces armées et de sécurité, les élèves sélectionnés dans les écoles d’élite du pays, tout cela donne l’impression que la Mauritanie s’arrête à sa seule composante arabe. L’esclavage, dont l’Etat ne reconnait que les séquelles, continue à sévir dans le pays malgré une batterie de lois et d’institutions censées combattre cette tare dont l’existence est pourtant niée.
Quand, à l’intérieur, toutes les voies de recours restent bouchées malgré les cris de détresse et les alertes répétitives, comment, dès lors, s’étonner que les victimes se tournent vers les instances internationales ? L’intelligentsia mauritanienne et les défenseurs du système devraient donc consacrer leur énergie à corriger ces tares qui n’honorent pas notre pays au lieu de continuer à faire la politique de l’Autruche.
Nouakchott, le 24 février 2020
La Cellule de Communication




