Category Archives: Actualités
Le mécano et le polytechnicien : Kane Ousmane était “mécaniquement” incompétent. Par Pr ELY Mustapha
Pr ELY Mustapha – Lorsqu’un mécanicien auto de tuc-tuc militaire qualifie un polytechnicien d’incompétent sur des dossiers financiers, quelles conclusions en tirer ? Où il s’agit d’une comédie de boulevard, ou d’une tragédie humaine. Quand un tel acte se joue au sommet de l’Etat, c’est une comédie tragique pour la crédibilité et la gestion de l’Etat.
Il est probable que Aziz ayant confondu « mines » antipersonnel et Ecole des mines avait maintenu Kane Ousmane dans son giron. Mais Kane Ousmane, est probablement pour quelque chose dans ce qui lui est arrivé. Non pas qu’il soit incompétent ou malhonnête.
L’homme ne figure pas dans ce profil loin de là. Mais simplement en acceptant de figurer si longtemps dans le giron et dans le gouvernement d’un président putschiste légalisé, il cautionnait la dérive du pouvoir et de son inconséquence. Il vient d’en tirer les leçons et c’est tant mieux. Mieux vaut tard que jamais.
Le mécanicien-général-président-putschiste-légalisé, a longtemps continué à faire tourner son gouvernement-moteur à explosion (économique et sociale), tant qu’il a trouvé des pièces détachées dans l’intelligentsia mauritanienne pour crédibiliser sa mécanique du pouvoir. Kane Ousmane en fut une. L’homme qu’il fallait, à la place où… il ne devait pas être.
Le système est ainsi fait, depuis la « révolution à reculons » des mœurs et des valeurs en Mauritanie, que l’homme est instrumentalisé tant qu’il peut servir les bas intérêts des dirigeants, au nom d’une classe, d’un clan, d’une ethnie ou d’une tribu, puis il est rejeté s’il n’est pas spolié de ses biens ou piétiné.
Le cas de Kane Ousmane, grand commis de l’Etat, a été l’exemple même de ce qui peut advenir aux intellectuels mauritaniens qui par amour de leur pays, renoncent à des privilèges acquis dans des organisations internationales prestigieuses pour venir joindre leurs efforts à son développement.
Mais c’était sans compter sur la nature même du pouvoir en Mauritanie, qui n’est pas là pour servir le pays, mais pour aider des hommes à se servir. Et dans cette logique, il est dérisoire de croire que tout individu, quel que soit son niveau intellectuel, technique ou scientifique y est le bienvenu.
Alors, quelles leçons peut-on en tirer pour l’intelligentsia mauritanienne ?
La première leçon, malgré tout, ce n’est pas de renoncer à aider son pays et à œuvrer en tout point du globe à son rayonnement.
En effet, si nous devions faire des statistiques de la valeur ajoutée quantitative et qualitative de l’apport au pays, de l’intelligentsia mauritanienne à l’étranger, on se rendra donc qu’elle dépasse de loin et de très loin toute la gesticulation des trois quarts de l’administration publique mauritanienne.
La diaspora mauritanienne a une forte présence dans les grandes instances internationales et exerce au sein d’administrations et d’entreprises publiques et privées de nombre pays amis et frères et du reste du monde. L’image qu’elle donne du pays a précédé et continue à précéder les médiocres performances de notre administration des affaires étrangères.
La seconde leçon, c’est de ne pas se fermer au dialogue constructif sans pourtant devenir un suppôt du système et céder aux sirènes de l’assimilation à la mauvaise conscience. Savoir dire et redire sans relâche, sur tous les fronts et tous les médias, ce que l’on pense juste et profitable pour le pays.
Enfin, troisième leçon, ne pas renoncer à aider quantitativement (dons, projets, aides, bourses etc.) et qualitativement (expertise, formation, appui scientifique etc.) le pays. Car la Mauritanie n’appartient pas à une personne mais à tous ses enfants.
Et il ne faudrait pas que la cavalcade malsaine du politique mauritanien, rebute notre intelligentsia de participer économiquement et financièrement au développement du pays. Les dirigeants, comme leurs actes et leurs discours sont éphémères. La Mauritanie reste.
Pr ELY Mustapha
Les suppôts de la corruption. Par Pr ELY Mustapha
Pr ELY Mustapha – Ceux qui, aujourd’hui, ont été cités pour corruption, mis sous contrôle judiciaire à la suite du Rapport de la Commission parlementaire, ne sont ni les plus dangereux, ni les plus corrompus.
S’ils font partie du premier cercle des impliqués dans la catastrophe financière et immobilière, qu’a vécu le pays, il reste que les personnages les plus dangereux courent toujours et leur danger sur l’avenir du pays est encore bien plus important.
En effet, si Aziz a subi la secousse politique de la corruption, emportant avec lui des complices directs, il n’en est pas l’épicentre. L’épicentre de la corruption est ce ramassis d’individus, bien connus qui gravitait autour du pouvoir et qui l’incitait à commettre tous ses actes.
Les actes commis par Aziz, ont bénéficié du soutien public et de la connivence de personnes qui ont justifié au peuple tous ses actes. Qui ont accompagné le dictateur, qui l’ont encensé, qui l’ont aidé par leur parole et leurs actes publics à tromper le peuple, qui ont fait campagne pour lui, qui ont fraudé les consciences et les institutions par leur mensonge et leurs mystifications.
Ces personnes-là doivent être traduites en justice pour complicité. Car ce sont les suppôts de la corruption. Et ils adoreront encore le premier qui aura le pouvoir. Ce sont des adorateurs de la corruption, du mensonge et de la trahison. Ils n’ont ni morale, ni valeurs.
Ce sont eux qui minent le devenir de ce pays.
Le virus dans l’Etat
Le malheur de la gouvernance, en Mauritanie, n’est souvent pas celui qui prend les rênes du pouvoir mais ceux qui l’entourent, qui le corrompent.
S’il est vrai que « le pouvoir corrompt et que le pouvoir absolu corrompt absolument » (Lord Byron), je dirai que le pouvoir ne corrompt celui qui le détient que s’il est servi par des corrompus.
Lorsque la courtisanerie, n’est imbue ni de valeurs, ni de vertu, alors le pouvoir, comme le poisson, pourrit par la tête.
La courtisanerie politique mauritanienne est, comme Talleyrand, mais sans en avoir le talent, « une merde dans un bas de soie » (Napoléon). Cette soie, dont elle cherche à se parer par la corruption des consciences.
C’est justement ce qui se passe, et s’est toujours passé pour tous ceux qui ont, à un moment ou à un autre, occupé le pouvoir, depuis 1978. Depuis cette date, les régimes successifs ont été accompagnés d’une classe dite « politique », de personnes mafieuses qui manipulent le pouvoir, applaudissent les dictateurs, servent leurs intérêts, vont en campagne pour eux, trompent le peuple à leur sujet et les reconduisent au pouvoir, et ce sont les dictateurs que l’on blâme !
En somme, traduire les dictateurs devant la justice, c’est blâmer le malade d’être malade tout en laissant le virus, en l’état. Dans l’Etat.
Comment pouvons-nous concevoir que toute cette courtisanerie a tout-à-coup fait volte-face dès que le dictateur a quitté le pouvoir ?
Comment concevoir que ses membres l’ayant adulé, se retournent contre lui en un jour et vont jusqu’à demander son jugement et sa condamnation pour corruption ? Comme s’ils ne sont pas eux-mêmes les premiers complices de sa forfaiture ?
Comment accepter que les adeptes de cette secte mafieuse, puissent continuer à squatter la scène politique et se présenter en donneurs de leçon et dispensateurs de morale ?
Lorsque, il y a à peine quelques mois, ses membres encensaient Aziz et que l’un d ’eux, avait érigé Aziz en Dieu, lui-même puisque cet avocat, avait dit en s’adressant à la population que c’est « Aziz qui l’a prémuni de la faim et sécurisé contre tout danger ». Paraphrasant les paroles de Dieu lui-même !
Cet individu et ses compères de la sale courtisanerie, courent toujours et occupent même, les plateaux des médias, pour demander à ce que… Aziz soit jugé pour ses méfaits à l’égard de la nation et pour corruption !
Dans quel pays sommes-nous, pour tolérer un continuel délitement de la gouvernance et de la politique du pays sous l’impact de cette mafia politique courtisane ?
Une courtisanerie crasseuse
Il est urgent que des mesures soient prises contre cette mafia politique, de la courtisanerie crasseuse pour le salut de la nation. Car elle corrompt tout dans les institutions de l’Etat, de son dirigeant à ses collaborateurs.
Peut-on les traduire pénalement devant la justice ? Certes le complice subit les mêmes peines que l’auteur principal du crime. Hélas ! si leurs actes sont qualifiables politiquement, ils ne le sont pas juridiquement puisque la qualification des délits et des crimes est soumise au principe de légalité des délits et des peines, ce qui signifie qu’il n y a pas de peine sans texte (loi) qui la prévoit et que ce texte soit antérieur au fait, acte incriminé.
Pour pouvoir qualifier les actes de cette courtisanerie crasseuse, le juge doit établir si les faits reprochés à ses membres font l’objet d’une incrimination légale. Et cette qualification doit être exacte, à peine de relaxe ou d’acquittement.
C’est autant dire que le code pénal mauritanien ne comprend pas des dispositions relatives aux délits politiques, la sanction du mensonge ou de la connivence partisane en politique.
Ces actes ne deviennent pénaux que lorsqu’il en résulte, des faits manifestement dommageables pour la collectivité nationale, dont la certitude et la matérialité ne laissent pas de doute et que, par la liaison des causes à des effets, permettent au juge de les qualifier au titre des délits et des crimes prévus par la loi.
Or les actes néfastes de cette classe politique mafieuse, sont diffus car ils sont « dilués » dans leur action « politique », dans la masse, et leur liaison directe avec les dommages subis par la société, bien que immenses (dans tous les secteurs de la vie de la nation) , sont difficiles à rapporter devant le juge.
Mais si dans la singularité de l’acte, le droit ne peut sanctionner, il le pourra dans son universalité. Car les actes commis par cette mafia courtisane, dans le maintien de la corruption et de ceux qui l’accomplisse, peuvent être liés aux causes de cette corruption.
Cependant, cette justice universelle, ne relève pas au niveau national, des tribunaux judiciaires mais du droit de la société civile, à travers ses organisations et ses structures de sanctionner les suppôts de la corruption et d’œuvrer à les bannir de la scène politique.
Pour cela les tribunes, les forums et les manifestations pacifiques sont les instruments les plus appropriés, pour réclamer cette justice, de ceux qui, hors de la punition judiciaire, doivent subir la vindicte populaire.
En effet, tant qu’existe cette classe politique mafieuse qui, de régime en régime, corrompt la scène politique et ses acteurs, il y aura autant de Aziz qu’il en faudra pour assouvir la soif de ces suppôts de la corruption. Et l’avenir du pays, déjà hypothéqué dans ses moyens, le sera toujours dans son devenir.
Ainsi, face à ces suppôts de la corruption des régimes successifs, Aziz est bien innocent, car il ne fut que le produit de cette classe crasseuse, parasite des régimes, qui lui adjugé …et vendu le pays.
Hélas ! Comme l’écrivit, si justement, Ernest Hemingway : « Toutes les choses vraiment atroces démarrent dans l’innocence. »….
Pr ELY Mustapha
3e mandat: L’échec du Dauphinat en Mauritanie fait réfléchir les autres chefs d’Etat
Rewmi – L’Afrique de l’Ouest est très secouée par un vent de troisième mandat. La Côte d’Ivoire y est déjà avec Alassane Ouattara qui s’est décidé, après le décès de son ancien premier Ministre Amadou Gon Coulibaly, à se représenter.
La Guinée va rejoindre les rangs probablement avec un Alpha Condé qui ne va pas hésiter suite à un coup de fouet donné par ses partisans. Au niveau du Sénégal, c’est l’expectative, étant entendu que tout est possible en 2024 même si nous sommes encore loin de cette échéance électorale.
Tout indique que ça réfléchit fort au niveau des Palais et des différents états-majors des chefs d’Etat concernés sur une question assez sérieuse.
Cependant, tout le monde a suivi avec beaucoup d’intérêts l’exemple de la Mauritanie. Nos voisins du Nord ont été les premiers, dans la zone, à expérimenter le sujet.
Le 22 juin 2019, un nouveau Président de la République a été élu. Il s’agit de Mohamed Ould Ghazouani de façon démocratique, pour la première fois dans l’histoire du pays, une passation de pouvoir a été faite dans la paix.
Ould Ghazouani a agi comme dauphin de l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz.
Cependant, depuis, l’élu a pris ses distances. Pis, il s’est inscrit dans une dynamique de fouiner dans le passé et de créer les conditions d’une reddition des comptes.
Ainsi, il a mis en place une Commission d’enquête, a réactivé la Haute Cour de justice et l’ancien Président Aziz avait été convoqué même s’il a refusé de répondre.
Il y a eu ainsi de l’eau dans le gaz entre les deux. Une situation qui en dit long sur l’échec du dauphinat en Mauritanie, ce qui, dans les autres pays, a fait réfléchir.
Alassane Ouattara, Alpha Condé et Macky Sall se sont brusquement rendu compte que cette stratégie du dauphinat ne fonctionne pas toujours et que le risque est là d’avoir quelqu’un qui peut exactement agir comme un opposant qui arrive au pouvoir.
Ce type de situation a été observé en République Démocratique du Congo (Rdc) entre les Président Kabila et Félix Tshisekedi qui l’a remplacé.
Mais, là-bas, le problème se pose moins pour Kabila car il contrôle presque 80% des députés et autant au gouvernement avec des ministères clefs de souveraineté. Même si, malgré cela, les pro-Kabila dont plusieurs généraux souffrent d’une forme de purge organisée par le nouveau Président. C’est en tout cas l’impression qui se dégage pour les non-initiés de la politique dans ce pays.
Toutes situations et bien d’autres qui font hésiter au niveau des Palais. Elles peuvent notamment pousser beaucoup de Présidents, au terme de leurs mandats, de s’accrocher encore au pouvoir.
C’est ce qui semble se dessiner. Car, rappelons-le, du fait du mode de gestion du pouvoir en vogue essentiellement marqué par la gabegie, la corruption, le clientélisme largement dénoncés dans les rapports des corps de contrôle dans un pays comme le Sénégal, il va de soi que les uns et les autres pourraient avoir des appréhensions à partir ne serait-ce que pour ne pas exposer des proches à une forme de justice de la vengeance.
Et ces proches sont nombreux : ce sont les parents, les partisans, les alliés, les amis et autres citoyens proches de ces derniers. La chaîne de collaboration est longue à ce niveau. Car on trouve à chacun une façon de participer au système, surtout d’en profiter. Et c’est valable dans les autres pays.
Ainsi, le souhait de tous les chefs d’Etat élus est de justement de rester au pouvoir ou d’y hisser quelqu’un de suffisamment ‘’fiable et sûr’’ pour le lui léguer.
Car, il n’est pas admissible que le parti présidentiel dans un pays comme la Côte d’Ivoire n’ait pas assez de cadres pour obvier le vide laissé par la disparition de Amadou Gon Coulibaly. Les cadres ne manquent pas. Mais, c’est la confiance en eux qui fait défaut. Et c’est valable dans les autres pays.
Le souci, ici, c’est d’assurer ses arrières, de rester au pouvoir directement ou indirectement et de protéger les siens et son legs.
Conséquence, après la Guinée, la Côte d’Ivoire est en train de renouer avec la violence avec mort d’hommes. Et ce n’est qu’un début. Malheureusement. Et le Sénégal n’est pas à l’abri.
C’est pourquoi, comme pour les coups d’Etat, il faudra que la CDEAO agisse pour mettre fin à ces velléités de troisième mandat par des recommandations fortes et une attitude ferme de punition de ceux qui seraient tentés.
Malheureusement, pour le moment, ce sont ces Chefs d’Etat qui sont les plus influents au niveau de l’instance sous-régionale, ce qui ne va faciliter les choses, du moins à court terme.
Assane SambÂ
cridem
La justice saisit des sociétés et des biens appartenant à l’ex-président Aziz
Alakhbar – La justice mauritanienne a mis sous-scellé, le mercredi 13 aout courant des sociétés et des biens appartenant à l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, révèlent des sources, selon lesquelles ces rebondissements s’inscrivent dans le cadre de la progression des instructions menées sur quatre de ses partenaires financiers arrêtés mardi soir passé, après l’interpellation d’un notaire et la fermeture de son Cabinet.
Les biens saisis comptent entre autres 50 voitures Toyota Hilux et 35 camions, indiquent les sources précitées.
L’identité de l’un des partenaires financiers de l’ex Chef de l’Etat a été également révélée.
Il s’agit de El Merchri Saleh, le comptable de Fondation Rahmaa de bienfaisance, dont les fonds baptismaux avaient été jetés par feu Ahmedou Ould Abdel Aziz, avant que son frère Bedre Ould Abdel Aziz ne lui succède à sa direction après sa mort.
Edité par Al-akhbar
Traduit de l’Arabe par Cridem
Lettre n°1 à la vénérable mère de Ghazouani. Par Pr ELY Mustapha
Pr ELY Mustapha – Chère mère,
Tenant ma promesse faîte ici même, je vous écris à propos des faits et actes de votre fils Mohamed ould Ghazouani dans le cadre de sa fonction de Président de la République. En effet, cette lettre qui ne sera que la première de plusieurs autres, se fonde sur le fait indéniable que vous êtes le témoin privilégié des engagements de Mohamed Cheikh ould Ghazouani.
Ce statut de témoin privilégié, que vous représentez je l’ai démontré dans mon article publié en Août 2019 et intitulé « De la mère en général. De la mère du Général. De la mère patrie en particulier » (https://mere-et-patrie.blogspot.com/2020/08/de-la-mere-en-general-de-la-mere-du.html ).
D’autre part, le 10 juillet 2020, j’avais informé votre honorable fils, notre président en cours, que si ses actes ne correspondent pas aux promesses qu’il a tenues devant le peuple mauritanien et devant vous, je vous écrirais à ce propos. Voir ce message au Président Ghazouani intitulé « Général Ghazouani, je le dirai à ta vénérable mère » (https://haut-et-fort.blogspot.com/2020/07/general-ghazouani-je-le-dirai-ta.html ).
Chère mère,
Sachant que le « Paradis est sous le talon des mères », celui de votre fils est sous le vôtre et le devenir de la mère-Patrie est entre ses mains. Vous comprenez donc que si je vous prends à témoin c’est pour le bien du peuple, ici-bas et pour le sien dans l’au-delà. Convaincu que le meilleur guide, même de ceux qui guident, ne peut être que le cœur d’une mère.
Aussi, je commencerai cette lettre, en vous informant que votre fils, notre président, a gagné quelques points dans l’opinion des défenseurs de l’indépendance des pouvoirs dans l’Etat, et que sa déclaration de ne s’ingérer ni dans les affaires du législatif, ni dans celles du judiciaire a été appréciée par ceux qui depuis longtemps réclament, ce statu quo de l’Exécutif.
Toutefois, en remaniant son gouvernement, il ne s’est pas posé la question : « qu’est-ce que la nouvelle équipe gouvernementale, va apporter au développement du pays que celle qui l’a précédée n’a pas pu faire, en un an ? »
Hélas ! La question de la valeur ajoutée gouvernementale, tant attendue a cédé la place à des arbitrages locaux, et moins à l’intérêt du pays.
Ainsi fut la reconduction de ministres qui, depuis des années, occupent une fonction et qui maintiennent le secteur dont ils ont la charge, dans un sous-développement et une médiocrité notoire… Il en est ainsi du secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, qui est le plus carent de toute la planète, diplôme de complaisance, niveau médiocre, entrainant chômage et paralysie de tous les secteurs d’une économie à forte demande de compétences et de ressources humaines capables de prendre à bras-le-corps les défis du savoir et du savoir scientifique, technologique et industriel.
La médiocrité due à la qualité de l’enseignement, de son contenu et de sa dispense, a fait que le ministère de l’enseignement supérieur est responsable depuis des décennies du marasme économique et social du pays par son incapacité à fournir des compétences viables au services du développement.
Chômage, désespoir, tel est donc le lot des promotions du système éducatif mauritanien. A force de conserver des décideurs qui enfoncent l’enseignement supérieur et la recherche scientifique dans la médiocrité, le pays et se porte mal. Et il est déjà même probable que nos étudiants sentent déjà le poisson et confondent licence universitaire et licence de pêche.
N’est-ce pas votre fils, président, qui dans son discours électoral a bien dit :
« Je comprends l’attente légitime de nos familles qui se sont sacrifiées pour que leurs enfants obtiennent des diplômes pour pouvoir intégrer la vie active, et l’impatience de tous ceux qui, avec ou sans qualification, cherchent à travailler pour vivre dignement. Je partage pleinement leurs préoccupations et m’engage à leur apporter les solutions appropriées dans le cadre de mon programme. »
Le maintien au gouvernement de responsables qui n’ont pas fait leurs preuves, correspond-t-il à cet engagement solennel ?
Et comme vous le savez, vénérable mère, la promesse est une dette. Et Dieu recommande de souscrire à ses engagements.
Chère Mère,
Je ne sais pourquoi, Ghazouani, conserve des équipes ministérielles perdantes. On ne garde que celles qui gagnent, tout bon coach vous le dira. Et pourtant, votre fils, reprend les mêmes et recommence…. En bonne mère, vous le savez tout comme un bon médecin, qu’il est recommandé pour une bonne santé d’aérer le local dans lequel on s’enferme, dût-il être une présidence.
Mais, diriez-vous, pourquoi fait-il ça ?
Hélas ! il est Président, mais il doit aussi jouer avec les forces du moment. Ainsi, si des ministres traversent les gouvernements et dont le bilan est négatif et que le Président les conserve, à chaque remaniement, c’est soit qu’il n’y peut rien, soit qu’on les lui impose.
Car je ne crois pas qu’éduqué à la bonne foi, à l’intégrité morale et à la responsabilité vis-à-vis de celui pour lequel il gère les hauts intérêts, le Peuple, il puisse continuer à conserver des responsables qui lui portent préjudice.
Alors ? En fait, nos gouvernements africains font l’objet d’un « hacking » manifeste et la Mauritanie, elle-même n’y échappe pas.
Dans ces gouvernements certains des ministres, sont adossés à des « sympathies » externes, qui ne disent pas leur nom. « Sympathies », par lesquelles, ils perpétuent des intérêts de pays frères et amis dans la stratégie et l’action du gouvernement (dans l’enseignement supérieur, les affaires étrangères, l’éducation, l’économie etc.).
Ces pays frères et amis, le font savoir souvent de façon informelle, et conditionnent leurs bons rapports, leur aide et leur coopération au maintien de tel ou tel à un poste spécifique. Ainsi celui-ci, c’est « l’homme de la France », Celui-là c’est celui des saoudiens, celui-là des Emiratis, celui-ci …etc. Ceci vaut aussi pour les « poulains » des organisations financières et monétaires internationales.
Sinon, par exemple comment concevez-vous, que nous conservons des ministres carents et que l’on requiert même des ministres de régimes précédents, de l’autre bout du monde aux frais de la nation, pour occuper des postes-clefs, tel que le ministère de la Justice ? L’explication, n’est ni dans le cœur, ni dans la raison mais dans la compromission qui fait que l’on privilégie un équilibre d’intérêts limité dans le gouvernement aux intérêts supérieurs, ceux de la nation.
Ainsi, en tant que Président, votre fils, bien que militaire ne pourra pas prendre les armes contre cela. Il est forcément prisonnier de la compromission qui est l’essence même de la politique. Mais le peuple continuera à en souffrir.
Chère mère,
Vous qui avez été témoin privilégié des promesses solennelles de votre fils, ne l’avez-vous pas entendu, ce jour-là, dire haut et fort :
« Je sais que la pauvreté multidimensionnelle subsiste encore dans notre société malgré des efforts immenses pour l’éradiquer. »
Sa ferme volonté de combattre la pauvreté, aussi honorable soit-elle, n’est cependant pas, comme il doit la concevoir comme des aides, des dons et des soutiens éphémères aux pauvres, mais comme l’éradication de la véritable pauvreté, qui empêche toute richesse, celle de l’ignorance, du bigotisme et du fatalisme. La pauvreté de l’esprit.
Et pour combattre cette pauvreté, il faut que ceux-là mêmes qui président à son éradication dans tous les secteurs de leur portefeuille (Education, enseignement, science et culture), aient la capacité personnelle, scientifique, technique de le faire.
Les gouvernements en tourniquet, ne feront que tourner sur eux-mêmes et leur résultat restera, longtemps et toujours le tournis qu’ils impriment à un pays qui, sur le chemin du développement, a déjà perdu tous ses repères.
Chère mère,
Je ne saurai terminer cette lettre, qui n’est que la première de bien d’autres, sans vous demander, avec le même chapelet, que vous aviez le jour où votre fils fit ses promesses, de réciter pour ce pays, autant de fois que votre vénérable personne le pourra, les saints versets du Siège pour exorciser la mal gouvernance qui ronge l’esprit des décideurs de ce pays et de demander à Dieu, d’aider votre fils à tenir ses promesses face à ces décideurs.
Avec les respects dus à votre vénérable personne.
Pr ELY MustaphaÂÂ




