Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Figures historiques : Hommage à Mamadou Samba Boly Ba (1920-2012)

altLe dernier fondateur s’en est allé. Longtemps opposant, il fera partie de l’équipe des fondateurs puis sera une victime collatérale des événements de 1966, avant de se retirer de la vie politique.

Nous avons eu le privilège de le côtoyer, de travailler avec lui en coulisse et de recueillir ses confidences pour nos recherches et sa biographie. Mais au fond, que sait-on de cet homme qui fut  grand témoin de l’histoire de notre pays ?

Né en réalité le 8 janvier 1920, Mamoudou Samba Boly Ba a effectué sa scolarité à l’école élémentaire de Kaédi avant de rejoindre l’école supérieure Blanchot à Saint-Louis pour des études secondaires puis l’École Normale des Instituteurs de Sébikotane au Sénégal.

Il n’eut guère le temps d’exercer cette fonction, car il fut aussitôt enrôlé dans l’armée coloniale avec son ami de toujours le Professeur Assane Seck (Ministre à plusieurs reprises sous le régime socialiste) jusqu’en 1946. Une amitié qui remonte à leur scolarité à l’école Blanchot. L’homme s’est donc forgé dans le vrai sens du terme et son itinéraire présageait un avenir politique significatif pour son pays d’origine.

À la fin de la grande guerre, il rejoint Dakar, siège du gouvernement de l’Afrique de l’Ouest, entre dans l’administration coloniale en qualité de cadre au cabinet du Haut Commissaire, puis à la Mairie de Dakar, avant d’être affecté à la direction des Finances à Saint-Louis. Cette affectation prend l’allure d’une « sanction » que seule l’analyse historique nous permettra de démêler. Elle mérite d’être étudiée pour mieux comprendre les enjeux et les fondements des décisions que l’homme allait prendre par la suite. En attendant déclinons quelques éléments d’appréciation de son engagement politique.

Opposant, il choisira sa vraie patrie : 1948-1957

Son retour coïncide avec un moment où se joue le destin du futur territoire la Mauritanie : l’élection en 1946 à l’Assemblée nationale française du futur représentant de la Mauritanie. Il intègre dans cette perspective une association d’anciens élèves des écoles coloniales, sortants pour la plupart de William Ponty, tous originaires de la vallée, deux rives confondues pour « créer un climat familial ». C’est le point de départ de son engagement politique qui le situera d’entrée dans l’opposition.

En effet, membre de l’Union Générale des Originaires de la Vallée du Fleuve (UGOVAF), il contribuera avec d’autres à faire évoluer à partir de 1947 cette organisation vers la défense des intérêts de la communauté noire en territoire de Mauritanie. C’est ainsi que lors du renouvellement de ses instances en 1948, se dégageront deux tendances, dont une incarnée par les « futurs mauritaniens » qui finiront par la quitter pour créer l’Entente Mauritanienne.

C’est en compagnie de Samba Gandéga, avec qui il vient de quitter l’UGOVAF, qu’il rejoindra un groupe de Mauritaniens (NDiawar Sarr, Diéri Sidibé, Dey Ould Sidi Baba…) pour fonder en 1950 l’Entente Mauritanienne, présidée par Horma Ould Babana. Ce parti, qui n’avait pas les faveurs de l’administration coloniale, participera aux élections législatives de juin 1951 et janvier 1956 contre l’Union Progressiste Mauritanienne (UPM) de Sidi El Mokhtar NDiaye puis de Mokhtar Ould Daddah qui en prendra les commandes avec la bénédiction de la puissance coloniale. L’Entente perdra, bien sûr, ces élections.

Après sa défaite de janvier 1956, Horma Ould Babana s’en va de l’Entente, rejoint le Maroc et s’aligne sur les positions du parti marocain de l’Istiqlal puis officielles du Maroc qui avait des visées territoriales sur la Mauritanie. Mamoudou Samba Boly Ba pour sa part, quitte l’Entente et fonde le Bloc Démocratique du Gorgol (BDG) à Kaédi en 1956. 

Ce petit parti, sensible aux idées fédéralistes de Senghor, serait-il un des ancêtres de la mouvance négro–africaine actuelle ? Toujours est-il que, son fondateur ne sera que toléré dans la mouvance gouvernementale.

Expérience gouvernementale et parlementaire : 1959-1966

Fort de ses expériences successives à l’UGOVAF et à l’Entente puis de son ancrage au BDG, c’est en poids lourd qu’il arrive au Congrès d’Aleg, tenu du 2 au 5 mai 1958. Mokhtar Ould Daddah l’a bien compris, qui l’invita au dépassement des clivages pour la mise en place d’un regroupement des forces politiques au sein du Parti du Regroupement Mauritanien (PRM). Le PRM deviendra le Parti du Peuple Mauritanien (PPM – parti unique) qui dirigera notre pays jusqu’au coup d’État militaire du 10 juillet 1978.

À l’issue de ce congrès, la Mauritanie s’est dotée d’une Constitution dite du 22 mars 1959 et d’un deuxième gouvernement (de dix membres) dans lequel il fera son entrée pur occuper le portefeuille de l’Urbanisme et l’Habitat aux côtés d’Amadou Diadié Samba Diom Ba, seul Noir membre du premier Conseil de Gouvernement (qui en comptait cinq) et qui l’a parrainé : La cooptation et l’entrée de Dey Ould Sidi Baba, transfuge lui aussi de l’Entente Mauritanienne, dans le Conseil de Gouvernement furent ainsi compensées. Dey Ould Sidi Baba finit malgré tout par rejoindre Horma ould Babana au Maroc. Il deviendra Président de l’Assemblée Nationale Chérifienne.

Le 29 septembre 1961, avec la mise en place du troisième gouvernement (onze membres) qui a vu l’entrée du Docteur Bocar Alpha Ba comme Ministre de la Santé, Mamoudou Samba Boly est nommé Ministre des Finances. Il deviendra plus tard Président de l’Assemblée Nationale.

Parenthèse brutale d’une carrière politique : 1966

La création du PRM n’a pas dissipé pour autant les revendications des Noirs. Celles-ci passeront même de la représentativité proportionnelle à la remise en cause de la cohabitation.

Ainsi, en 1963, des dizaines de cadres Noirs, déçus de la suite réservée aux résolutions du Congrès d’Aleg et regroupés au sein de l’Union Générale des Originaires de la Mauritanie du Sud (UGOMS) expriment ceci, dans un document remis à Mokhtar Ould Daddah, Chef de l’Etat : « Nous ressortissants de la Mauritanie noire, adjurons le Congrès, le Parlement et le Chef de l’Etat de réviser immédiatement les structures de l’Etat, dans un sens Fédéral pour répondre à la volonté du pays ».

Dans le sillage de l’UGOMS, en février 1966, 19 cadres noirs (dont ses proches par la parenté) rédigent et publient le Manifeste dit des 19 dans lequel, ils dénoncent comme l’UGOMS la place réservée à leur communauté, tirent la sonnette d’alarme et demandent une meilleure répartition des pouvoirs. La sortie de ce Manifeste provoqua une guerre civile.

Mamoudou Samba Boly Ba prit sur lui l’initiative d’aller voir Mokhtar Ould Daddah  pour lui demander que les inquiétudes exprimées par les jeunes cadres puissent être entendues et prises en charge. Mais, Mokhtar Ould Daddah, qui le soupçonnait d’être en intelligence avec certains auteurs de ce Manifeste et qui n’a rien oublié à la fois de son passé d’opposant et de son penchant pour la création d’un État Fédéral, le démit de sa fonction de Président de l’Assemblée Nationale et le muta à Chinguetti comme Chef de Subdivision, sous les ordres de quelqu’un qu’il est amené à former.

Un communiqué laconique du Bureau Politique National (BPN) du parti unique, à l’issue de sa réunion du 21 février 1966, tente de maquiller cette éviction en ces termes : « le BNP constate la démission en blanc de Ba Mamoudou Samba Boly qui, n’étant plus Député, cesse d’être Président de l’Assemblée Nationale ». Quelques semaines plus tard, il sera mis fin à la fonction ministérielle (Développement) d’Elimane Kane. C’est la fin d’une carrière politique et le début d’une autre : les affaires. Mais la politique n’était jamais loin pour ce symbole respecté.

Avec son benjamin Bocar Alpha Ba, il a repris avec succès les établissements Lacombe et a créé la Société Mauritanienne du Bâtiment (Somabat) offrant ainsi des emplois à des dizaines de personnes. La gestion très sociale de ces entreprises a permis à de nombreuses familles de vivre dignement et à des jeunes d’avoir un métier.

Mythe et mérite

Le nom et l’image de Mamoudou Samba Boly Ba restent associés à la fondation de la Mauritanie et au Congrès d’Aleg. L’opinion publique Fuutanke, noire de façon générale traumatisée et qui avait besoin de fabriquer des héros historiques ou de trouver un bouc émissaire, parle de lui comme l’homme qui a refusé d’assumer la fonction de Président de la République qui lui était tout naturellement accessible, ouverte, donc comme responsable de la « souffrance de sa communauté ». En réalité, il n’en est rien.

Il est indispensable d’interroger l’histoire pour mieux saisir toutes les subtilités qui alimentent cette mise à l’écart et les supputations qui en découlent. Les enjeux et les intrigues, qu’elles alimentent pour les positionnements dans une Mauritanie encore fragile, en sont pour quelque chose.

En tout cas ce qui est sûr c’est que Mamoudou Samboly Ba ne peut être soupçonné de manque de patriotisme car quand le bruit de la défection de Horma Ould Babana commença à circuler, il n’hésita pas à dire à son désormais ex-camarade qu’il leur était impossible de continuer à le soutenir si son option pour rejoindre le Maroc au détriment de l’indépendance de la Mauritanie s’avère.

Il est d’ailleurs aberrant de continuer à penser à cette éventualité dans la mesure où déjà dans les années 1950 quand Mamoudou Samboly Ba rencontre Mokhtar Ould Daddah, sur la demande de ce dernier, à Saint-Louis, le destin du «père de la nation» était déjà scellé.

Dans son témoignage d’autres éléments permettront d’apprécier à sa juste valeur ce qui s’est passé au moment de sa mise à l’écart. De toute façon, l’administration coloniale avait choisi son homme, Mokhtar ould Daddah, et le pouvoir devait échoir à ce dernier comme si c’était naturel. 

La longévité de Mamoudou Samba Boly et son silence ont fini par créer un mythe. Dès 1985, nous avions engagé un travail d’approche, poursuivi sous une autre forme une fois en exil. L’un des coauteurs de ce témoignage, Abderrahmane Ngaïdé « Bassel », sur la demande pressante de notre Professeur Abdoulaye Bathily, avait entrepris des entretiens avec l’homme en juin 2008. Des circonstances particulières ont stoppé ces entretiens et d’autres en retardent la production.

Notre grand témoin rompra le silence une nouvelle fois en 2010, lors de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance nationale. Cette «confession» consignée sera publiée très prochainement dans un cadre scientifique. Il prend sur lui l’engagement ferme de réaliser ce début de travail historique que la génération d’historiens d’aujourd’hui doit entreprendre de manière impérative. L’objectif est de réaliser un livre d’entretiens avec le premier président de l’Assemblée Nationale mauritanienne.

Cet inlassable combattant, lutta de toutes ses forces pour empêcher la déportation en  1989 de nombreuses familles. Il a permis la restitution des biens confisqués de plusieurs autres. Ces évènements l’ont meurtri au point qu’il n’a pas hésité la même année, à sillonner avec d’autres, dont feux Aboubakry Kalidou Ba et Baba Gallé Wone la sous-région ouest africaine pour tenter de mettre fin à ce qui représentait à ses yeux une véritable catastrophe. Ils eurent la sagesse de nous y associer, ainsi que certains de nos camarades en exil forcé. C’est donc un des derniers témoins de la construction de notre pays, au parcours atypique qui disparait.

Sa mémoire – comme celles de tous les fondateurs – mérite d’être partagée, sauvegardée. Il importe pour cela que la jeunesse s’intéresse à ceux encore vivants qui peuvent témoigner sur le parcours d’hommes qui, par leur position et leur courage, ont vécu sous l’ombre de l’anonymat. Mamoudou Samboly Ba fait partie de ces hommes. Il est parti après avoir traversé presque un siècle, emportant avec lui des souvenirs inestimables.

Aujourd’hui, les enregistrements en possession d’Abderrahmane Ngaïdé seront exploités, dans les limites qu’exige la déontologie du chercheur, pour commémorer ce patriote que l’histoire mauritanienne doit célébrer.

Sur un plan symbolique, il serait presque exigé du patron de la Communauté Urbaine de Nouakchott, associé aux autorités centrales, de lui consacrer une artère à son nom, à l’instar de son alter égo Mokhtar Ould Daddah. Ce serait un hommage bien mérité pour un grand patriote, membre fondateur de la nation mauritanienne.

Réhabiliter toutes les figures historiques nationales, serait non seulement reconnaître leur mérite, mais inscrire dans notre mémoire collective le souvenir d’hommes et de femmes qui ont participé à la proclamation de notre souveraineté nationale à un moment crucial de notre histoire.

Que son âme repose en paix dans cette terre qui l’a vu naître et pour laquelle il s’est tant dépensé. Amine.

Boubacar Diagana, Ciré Ba & Abderrahmane Ngaïdé

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FLAMNET-RÉTRO-DEVOIR DE MÉMOIRE: INAL : Pour quelques nègres de plus Par Mourtada Ngaïdé dit Soulé

enfer d'inal “Entre deux pendaisons, Khattra s’assoit sur un cadavre pour siroter Son verre de Thé ou au pied d’un pendu en récitant des versets de Coran. Il va d’un pendu à l’autre, achevant ceux qui tardent à mourir à coup de barres de fer, s’appliquant à porter les coups dans La région du cou.

 

Mahamadou SY  (l´Enfer d´Inal).

 

Inal : Il faut sauver le soldat Dahirou !  était le premier titre de cet article ; finalement, pour faire un clin d’oeil à un pendu, j’ai changé le titre. Il m’a en effet été suggéré par le sergent chef Diallo Abdoulaye Demba, responsable de peloton du port de La Guerra et qui devait être pendu le premier pour commémorer le trentième anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie, version Inal. Celui qui devait lui passer la corde au cou, Jemal O/ Moïlid qui lui demandait s’il avait besoin de quelque chose avant d’être pendu, il répondit qu’il voulait une tabatière ( touuba ) comme il l’a vu faire dans les anciens films western, ” il en aspire goulûment la fumée comme pour conserver avec lui un dernier souffle d’énergie ” ; cela rappelle la dernière cigarette du condamné et je me suis souvenu du Film de Sergio Léone ( Pour quelques Dollars de Plus) sauf que cette fois, c’est Taya qui s’occupait de la réalisation, et que Ennio Morricone était remplacé par O/ Boïlil ; mais ce qui suit, n’est pas un Western, s’il en est un, ce n’est certainement pas un Western-spaghetti, mais un Western-zrig. Ce livre m’a véritablement secoué, il m’a fait froid dans le dos.

À sa lecture, je me suis remémoré les vagues souvenirs sur Auschwitz et Buchenwald, je me suis ressouvenu des reportages sur l’Holocauste, sur la ” Kristalnacht “, je me suis ressouvenu du dernier film de Roberto Benigni, ” La Vie est Belle ” ; mais à Inal (comme dans le film) la vie était loin d’être belle.

 

INAL, parlons-en :  base militaire ” .  coin perdu dans le nord de la Mauritanie, à 255 Km de Nouadhibou, le long de la voie ferrée. La ville d’Inal ou plus exactement le hameau, se situe à quelque huit cents mètres à l’Est de la base militaire.la base d’inal est construite dans cette une batha, une sorte de vallée “. C’est de cette façon que nous le situe géographiquement Sy Mahamadou, rescapé de ce camp et aujourd’hui réfugié politique en France.

Inal est donc avec Jreïda, Oualata, Nbeika, Azlatt notre Tazmamart, notre Auschwitz, notre Buchenwald à nous; le privilège d’y accéder (et de ne plus en sortir) est accordé aux seuls négro-mauritaniens ; on y brise les cous, on y étrangle, on y crève les yeux, on y égorge, on y brûle, on y creuse des fosses communes ; bref, une vraie boucherie quoi ! La seule différence est qu’il s’agit d’hommes de troupes, de soldats. On peut se demander pourquoi la Mauritanie se transforme en boucherie et que les seules bêtes qu’on y immole sont les taureaux noirs. Pour une bête, cela se justifie car pour survivre, nous devons égorger des moutons, des vaches, des poules et autres animaux en invoquant le nom de Dieu ; c’est de la viande ” Hallal ” appellation d’origine contrôlée ( par Dieu ).

 

Mais pourquoi égorger un homme ? Pourquoi pendre un homme ? Quel crime Gaye Dahirou a t’il commis pour se retrouver aujourd’hui à sept pieds sous terre, quel crime Diop Bocar Bayal a t’il commis pour être fusillé comme un chevreuil, quel crime Diallo Ibrahima demba a t’il commis pour être pendu ? Comment comprendre les motivations des autorités mauritaniennes ? Si crime il y a, je ne crois déceler, à la lumière de mon vécu et à la lecture du livre qu’un seul chef d’inculpation : l’appartenance à la culture négro-africaine ; Nous sommes nés coupables d’appartenir à une ethnie, coupables par préméditation de vouloir du mal au maure, coupables de comploter contre L’État. L’auteur nous raconte l’histoire du Vieux Dem ” .Quand je demande au vieux Dem, un septuagénaire tout édenté, pourquoi il a été arrêté, il me répond qu’on l’a ramassé au marché de la capitale où il vendait des cure-dent, conduit au commissariat et torturé puis fait signer des papiers avant d’être déposé à Jreïda. On lui a dit qu’il est impliqué dans une histoire de coup d’État. Cela le fait encore rire: moi faire un coup d’État ! Je n’ai plus qu’une seule dent et ne peux même plus faire peur à un morceau de pain”.; ce récit prouve l’absurdité de la situation, on se croirait en plein Kafka, c’est pourtant une scène qui n’a rien de surréaliste, rien de métaphysique donc rien de Kafkaïen.

 

L’auteur lui, un militaire doit quand même justifier son rang de prisonnier et se mettre à table pour avouer le crime pour lequel il est accusé ; les arrestations et les aveux en Mauritanie ont un caractère immuable, c’est la même chose à tous les endroits et à toutes les époques. Toujours arrêté pour les mêmes motifs et toujours avouer des choses qu’ils savent déjà mais qu’il faut quand même leur dire. L’auteur nous décrit la technique : ” le scénario se déroule toujours de la même façon, ils s’acharnent sur les prisonniers pendant une bonne dizaine de minutes à coup de rangers, de ceinturons, de lanières, de fils de fer, de bâton, de tout ce qui peut faire souffrir, ensuite vient l’inévitable question ” roud ” .on leur demande s’ils connaissent tel officier, tel sous-officier, telle personnalité peulhe, Soninké ou Ouolof.les prisonniers répondent oui à la citation d’un nom connu sans savoir que par ce oui ils signent l’arrêt de mort de la personne nommée.le sous-lieutenant Ely fort de cette moisson de noms se précipite à la salle des transmissions où se trouve le lieutenant Yézid pour lui présenter sa récolte.  Ce dernier transmet à son tour au colonel Boïlil l’information selon laquelle un tel à Inal a donné le nom d’un tel autre à un tel endroit “. Il suffit donc d’un peu pour se retrouver à Inal. Ici encore, c’est l’absurdité de la situation qui m’effraie. ” Amlouh “, ” roud “, ” vreïkh “, ” zrig “, ” jaguar ” on pourrait pendant qu’on y est inventer le ” lexique du parfait tortionnaire Mauritanien. “

 

Dans l’atmosphère nauséabonde de cet enfer, il y a ces moments, vécus par l’auteur et qui m’ont profondément attristé. Ce sont les dernières minutes qu’ils passent avec ses compagnons de cellule avant que ceux-la ne meurent entre ses bras ou devant ses yeux ” . Quant à Dahirou, il est à genoux. Il semble dormir paisiblement. Je regarde à nouveau Anne Dahirou. Un détail attire mon attention : son genou droit est à quelques centimètres du sol, il n’a tout de même pas pu dormir sur un seul genou .j’essaie de déceler un mouvement de sa part, je ne vois rien, pas même celui de sa respiration. Puis je comprends, sa tête est légèrement penchée sur le côté gauche au-dessus de la corde. Il a dû perdre connaissance et glisser et la corde s’est alors retrouvée au niveau de sa gorge et est restée coincée sous son menton. Il est mort étranglé. Le sergent chef Jemal O/ Moîlid passe devant lui, le regarde un peu, lui soulève les paupières puis le fait détacher. Anne Dahirou tombe en avant, ses jambes sont déjà rigides et repliées, un soldat tente vainement de les redresser en les tirant.. Ils tirent le corps par les pieds, le hissent dans un véhicule. Ils creusent un trou, descendent le corps et l’enterrent ” . Il y d’autres scènes toujours plus tristes à raconter, toujours plus révoltantes, toujours plus inhumaines, toujours plus insupportables.

 

Le jour du Trentième anniversaire de la Mauritanie n’est pas un jour comme les autres, pas une année comme les autres. L’auteur raconte : ” En temps normal, on devrait être en train de se préparer pour le défilé au flambeau .La Mauritanie aura trente ans demain, ce n’est pas un événement banal, nous sommes donc en droit d’espérer obtenir une solution favorable de la part de celui-là même qui est le principal responsable de nos malheurs ( le président ).Alors que les tortionnaires nous préparent leur plus sale coup depuis l’indépendance. Comme des bêtes donc, les prisonniers sont marqués ” d’une croix, avec un feutre bleu. A Un sous-officier de la marine, portant le numéro onze qui demande pourquoi on leur a attribué des numéros, le sergent-chef Jemal O/ Moïlid répond ”  c’est pour vous transférer ” ; dans la position du prisonnier, je devais savoir que ce n’était pas pour jouer ailier gauche dans une équipe de foot.

 

Le moment le plus pathétique, le plus triste de ses pendaisons reste à mon sens celui où arrive le tour de Diallo Oumar Demba et celui de Diallo Ibrahima Demba, sélectionnés tous deux pour la pendaison car ne voulant se séparer à aucun prix. ; chacun d’eux ne voulant pas assister à la pendaison de l’autre, demande à passer en premier ( les bourreaux tenaient absolument à ce que tous ceux qui devaient être pendus, regardent la pendaison des autres ; ainsi, le numéro vingt huit Samba Coulibaly a assisté à 27 pendaisons, en direct  Live. C’est au tirage au sort, organisé par les bourreaux comme dans les combats de coqs qu’ils ont été départagés ; et c’est l’aîné, celui des deux que la mère a enfanté dans la douleur le premier, qui a été pendu devant les yeux de son frère. Aucune mère, aucun père, aucun frère, aucune s?ur ne pourra pardonner cela.

 

Ce n’est pas de la démence ( comme à pu le souligner un moment l’auteur), ce n’est pas de la folie, car juridiquement un fou est irresponsable. C’est une politique délibérée de nettoyage ethnique ; et pour cela, il y a des responsables. Je me suis toujours demandé ce que nous autres nègres servons à la Mauritanie, et je crois, qu’après après avoir lu l’enfer d’Inal, trouver un semblant de réponse ; Nous ne sommes qu’un ” vulgum pecus “, qu’un troupeau vulgaire et servile qui attend fébrilement dans le ” Death Row ”  l’heure de notre mise à mort. Nous ne sommes que des bêtes (même pas des bêtes de sommes, privilège accordé aux seuls haratins.). Cela est notre tragédie, pire que la Cornélienne, qui rappelle à certains égards la Corrida espagnole et dont les acteurs sont toujours les mêmes : le Maure, le grand notable d’une certaine caste qui n’a aucun doute sur son humanité, sur sa supériorité, sur son destin ; Ces Taya, O / Boilil, Cheikh O/ Mohamed Saleh, Souleymane O/ Eleyatt, Mohamed O/ Sidi, Sidi O/ Néma qui, dans le luxe insolent de leurs résidences désignent entre un ” lowwol ” et un ” thaani ” la bête à abattre ; l’autre maure, le petit d’une autre caste et qui attend patiemment son heure joue déjà le jeu et fait le lien entre le grand Maure et le haratin, c’est entre eux que la manière de la mise à mort sera discutée ; ensuite nous avons le haratin, arabe de seconde zone, nervi, second-couteau qui doit encore psychologiquement se défaire d’un vieux complexe d’infériorité ; Ces, O/ Demba, Sid’ Ahmed, Oumar, Ely O/ Dah qui, entre deux séances de mise à mort tout en essuyant leur sueur avec leurs habits encore rouges de sang attendent le nom de la prochaine espèce à abattre. Ensuite ( enfin devrais-je dire) vient la bête, le ” vreikh “, moi, Anne Dahirou, Sall Abdoulaye Moussa, Lôme Abdoulaye, amoureux de son pays mais traîné à coups de crosses, étranglé au ceinturon, battu à coups de lanières.

 

Tout autour de ce décor dantesque, un fond sonore, des appels du muezzin, des chansons de Dimi Mint Abba, mais aussi les cris des veuves, les sanglots des orphelins ; Le sable fin du couloir est déjà tout noir de sang témoin du passage d’autres bêtes traînées ; la bête designée elle, bien avant d’entrer dans l’arène se vide déjà de son sang car certains Toreros s’ennuyaient et s’amusaient déjà à la taquiner en lui enfonçant dans la chair tout ce que sa pauvre peau laissait passer. Et c’est agonisante qu’elle est traînée jusqu’au centre de l’arène, et c’est agonisante quelle balance son cou, son fanon semble danser et semble s’offrir enfin en sacrifice pour le bonheur du Torero ; L’auteur, s’il n’en est pas arrivé là, s’en est approché et nous en donne son sentiment : ” ..Peu à peu, un détachement total à la vie s’installe en moi et une grande paix envahit mon c?ur.je décide de terminer ma vie dans le recueillement et la prière ; je récite à haute voix tous les versets de coran que je connais. Cela au moins, on ne peut m’en empêcher. Je me prépare à la mort, ils peuvent venir maintenant.” Et telles des hyènes assoiffées de sang les haratins et les autres maures se jettent sur la bête pour que la fête continuât. Mais la bête est presque morte et la fête ne fait que commencer.

Tambadou Abdoulaye et d’autres ont été sacrifiés sur l’autel de la bêtise et ils ne doivent pas être oubliés par les mauritaniens, de quelque bord que ce soit. Celui qui prendra le pouvoir, d’où qu’il vienne doit ne pas oublier l’essentiel, l’essence de la problématique mauritanienne, elle est ethnique ou elle n’est pas.

 

Mahamadou Sy ne termine pas sans rendre hommage à certains maures pour leur probité, leur honnêteté et leur courage ; il voudrait que l’amalgame qui pense que tout maure est un tortionnaire soit évité ; mais à mon sens, c’est une précision qu’il n’avait pas besoin d’apporter car nous savons, ” sans aucun doute “, ” qui est qui “.

 

Ce livre est merveilleusement écrit, c’est le témoignage écrit d’un homme qui a flirté avec la mort, le témoignage d’un responsable militaire qui a servi dignement son pays et qui se voit supplicier par des bourreaux qui étaient jadis à ses ordres ; à le lire, à l’entendre parler de ses compagnons d’infortune torturés jusqu’à la mort ou pendus, on croirait qu’il s’excuse presque d’être encore en vie, mais je crois, sans être ironique que ce livre (comme celui de Boye Alassane Harouna du reste et dont nous parlerons une autre fois) est un bon cru pour tous ceux et celles qui croient objectivement en la volonté du pouvoir de dénégrifier ( déjudaïser devrais-je dire) la Mauritanie et qui comptent prendre le mal par la racine pour une Mauritanie pacifiée, juste, égalitaire et.. ” dénazifiée. “

 

N’GAIDE MOURTADA- FLAM-Europe de l´Ouest.

www.flamonline.com

www.flamnet.info

 

 

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Il y a 25 ans déjà, le Pr. Elimane Kane nous a quittés

altNé le 7 Décembre 1933 à Dar El Barka dans le Toro Ouest, Elimane appartenait à cette génération des premiers cadres de la Mauritanie indépendante :

Les Sy Gorel Professeur d’énergie nucléaire, Mohamed Ould Cheikh, Abdoulaye Baro, Ahmed Ould Baba Ould Ahmed Miske, Dr Abdallahi Ould Bah, Dr Touré Racine, Hamdi Ould Mouknass, Bouna Kane qui nous a aussi quittés le 4 Septembre dernier et j’en passe.

Ces quelques cadres de la scène politique ont été associés très tôt par le Président Mokhtar Ould Daddah à son œuvre d’édification d’une République Islamique de Mauritanie en tant qu’Etat africain et arabe souverain et indépendant qui tenait à assumer pleinement son rôle de trait d’union et osait prendre même quelques initiatives d’avant-garde :

Soutien aux mouvements de libération nationale du tiers monde, révision des accords militaires de nature néocoloniale avec l’ancienne puissance coloniale, création de sa propre monnaie nationale, nationalisation de la plus grande société minière (MIFERMA), l’indigénisation du capital commercial et bancaire, etc.

Sur un autre plan, le régime développait des relations de coopération sud – sud avec des Etats qui n’étaient pas en odeur de sainteté avec l’ancienne puissance coloniale, c’était le cas avec la Guinée Conakry avec qui la Mauritanie a pris l’initiative de la création de l’organisation sous – régionale de coopération : l’Organisation des Etats Riverains de Fleuve Sénégal, l’ancêtre de l’Organisation de Mise en Valeur de Fleuve Sénégal (OMVS) qui est aujourd’hui citée en exemple de réussite dans son genre sur le continent africain.

Cette politique d’ouverture, sans aucune arrière pensée de xénophobie a hissé très tôt nôtre pays au statut d’Etat influent, respecté et écouté sur la scène internationale.

Si le Président Maître Mokhtar Ould Daddah était le principal maître d’œuvre de cette politique, il s’appuyait aussi d’un côté sur un mouvement national démocratique militant, et de l’autre, sur des cadres nationalistes, tels que Elimane Kane qui le soutenaient à fond. Ce qui rendait la situation complexe, c’était que ces cadres eux – mêmes étaient divises sur la question récurrente de la cohabitation. C’est ainsi que l’arabisation à outrance, sans préparation est apparue très tôt comme exclusive.

Le Professeur Elimane Kane et quelques rares cadres arabes étaient opposés à cette orientation tout en restant favorables, à l’introduction méthodique de l’arabe dans le système éducatif et dans l’administration en tenant pleinement compte de la composition multiethnique du peuple mauritanien, problème sans doute complexe avec des risques d’exclusion déjà prévisibles des négro – mauritaniens, qui a atteint aujourd’hui son paroxysme.

Ces problèmes qui ne font plus l’ombre d’un doute, demandaient une anticipation, une réflexion courageuse non démagogique pour asseoir l’unité nationale sur des bases solides et durables. Cette réflexion reste d’actualité et doit être poursuivie et mise en pratique avec courage pour donner un contenu crédible à nôtre démocratie et garantir l’unité nationale.

Le professeur Elimane Kane et Moctar Ould Hamidoune et d’autres éminents intellectuels mauritaniens ont élaboré le premier manuel d’histoire de la Mauritanie.

Il me revient avec force, le souvenir de la semaine que j’ai vécue à côté du Professeur Elimane Kane, à Nouakchott en février 1966. En effet des amis m’avaient délégué de France dans la clandestinité avec le passeport du nom ami Ba Ali, en mission de solidarité avec les 19 cadres négro – africains après la publication de leur manifeste prémonitoire qui leur a valu d’être arrêtés et embastilles à NBeika au bord de la Tamourt Naaj.

J’étais venu donc dans la discrétion m’informer de leurs conditions de détention, apporter notre soutien à leurs familles et constituer en leur faveur en cas de procès, le célèbre avocat Maître Nicolas Kaldor de la Confédération Mondiale des Juristes Démocrates.

C’est à cette occasion que j’ai bénéficié de la solidarité et du soutien moral du Professeur Elimane Kane militant syndicaliste, homme de conviction, toujours fidèle à ses engagements. Il a dénoncé avec force la répression qui a frappé injustement ces cadres, et il ne fut soutenu contre la furie du régime que par de rares amis arabes tels Mohamed Ould Cheikh.

Par la suite, il a préféré embrasser une carrière d’expert au Bureau International du Travail (BIT) où il a fini à Genève, Directeur Adjoint et où il s’est distingué par sa compétence professionnelle et sa droiture. Nous nous sommes souvent rencontrés durant cette période toujours en accord dans nos prises de position dans notre combat politique et syndical partagé.

Ce témoignage in memorian, me donne l’occasion de réitérer toute mon amitié à lui même et à toute sa famille :

– A nôtre sœur Aissata Kane, première femme Ministre en 1975 au sein d’un Gouvernement de la République Islamique de Mauritanie ;

– A nôtre cadet Tidjane actuel Maire de Dar El Barka avec qui j’ai cheminé dans le syndicalisme contestataire ;

– A son épouse Coumba Babali N’Diaye et à ses enfants que je n’ai pas eu le plaisir d’embrasser car ils sont nés ou ont grandi à l’étranger

Innalillahi wa inna ilehi rajioun
Nouakchott ce 15 Septembre 2013
Ladji Traore

 

Source: L’ Authentique

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Hommage au President des Flam

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  ” Hommage au President des Flam “

 
Si j’étais un griot pour chanter Samba Thiam
Je dirais gualajo le fils de soundiata
Car ton peuple opprime t’a donne sa confiance
Et tant de tes amis sont fiers de ta vaillance
En ta chair, tu connais l’enfer de oualata
Ce feu-la t’a forgé, pour toujours samba flam
 
Samba des contes peuls, qui te mesures au lion
Te redonne la vie, Hamadi ton grand frère
O tu le sais Samba, c’est la Mauritanie
C’est ton pays exangue en sa longue agonie
Tes frères humiliés, dépouillés de leurs terres
Et dont tu sais garder la juste rébellion
 
Mais moi j’admire en toi plus que la force ardente
Au combat quotidien l’humble ténacité !
Dans les jours de fatigue et dans les jours de peine
Quand la cause s’estompe et parait bien lointaine
En redonnant ta vie dans la fidélité
Tu maintiens le flambeau ou s’éclaire l’attente
 
J’aime surtout chez toi que tu sois sans gloriole
Accueillant, fraternel. J’aime ta courtoisie
Ta douceur, ta bonté, ta grande dignité
J’aime que tu allies force et simplicité
Que tu saches apprécier beauté et poésie
Que tu restes toi-même, humble maître d’école
 
S’ils t’arrêtaient samba, s’ils pouvaient te reprendre
Assemblant  vents et sables en puissantes cohortes ,
Et soulevant les dunes d’immenses clameurs,
Et bousculant les tièdes et balayant les peurs
Tu prendras l’océan pour crier la révolte
Jusqu’au bout du monde ils devaient bien t’entendre
 
Samba nous gagnerons.  Tout au long du combat
Nous sauvons leur montrer la détermination
Qui fait les hommes libres.  Et qui les garde sage
Au-delà du racisme ils verront nos visages
Au-delà de leurs peurs la réconciliation
La justice et la paix, nous les aurons samba
 
 
                Annick, 1993
 
 
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Hommage aux militants des FLAM

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Hommage aux militants desFLAM
                    
                      Djamberêbés !
 
Pour vous Djamberêbés , heros de liberté
Je veux dire ce chant , dont la Mauritanie
Saura faire un drapeau  contre son oppression .
Car , en refusant la peur et les compromissions ,
Vous vous êtes dréssés contre la tyrannie,
Et vous avez crié  ‘’ Noire est la dignité ‘’ .
 
Ils vous ont arrêtés , vous et vos compagnons .
Ils vous ont enchaînés , torturés sans remords.
Mais c’est de Oualata qu’est née notre esperance .
En vos jours  et vos nuits qui n’étaient que souffrance,
En ces heures sans fin  vous menant à la mort ,
S’est forgé  notre lutte et scéllée notre union
 
Gueye Tene Yousouph , chantre du sol natal ,
Et Djigo Tafsirou , Ba Alasane Oumar,
Retrouvant le courage et la foi des nos pères ,
Fils d’une seule lutte  et d’une même terre ,
Frères de même sang , Soninkés , Halpular ,
Vous nous gardez unis : keffo ! Diappo ! Dental
 
Vous n’aviez pour linceul que douleur et torture ,
Ils vous ont refusé deuil  et cérémonie .
Vous n’avez pas de tombe où reposer  vos cœurs ,  
Mais  vous , nés du Tekrour , vous êtes les vainqueurs .
Car notre immense tombe est la Mauritanie .
Et chacun de nos cœurs est votre sépulture .
 
Non ! Vous n’êtes pas morts , et votre heure est venue .
Non , vous n’êtes pas morts , car de vos meurtrissures
Est né un arbre  vert , une flamme a jailli .
Un seul , – ayez pitié – parmi nous a failli ,
Voulant l’argent  pourri pour panser ses blessures.
Tous les autres  sont là . La lutte continue !
 
Frères nous gagnerons . Forts de nous souvenir ,
Nous saurons maintenir la détermination ,
Qui fait les hommes libres , et qui les garde  sages .
Au-delà  du racisme ils verront  nos visages .
Au-delà de leurs peurs la reconciliation.
Justice et paix pour tous , c’est là notre avenir !
 
Nous tous mauritaniens, reconnaissons-nous frères :
Il nous faudra  bâtir  un monde plus humain
Où nous pardonnerons ,sans jamais  oublier .
Où nous partagerons , mais sans jamais plier .
Tous nos enfants un jour se tiendront par la main ,
Fils d’une seule lutte et d’une même terre .
                                                      
 
                         ANNICK
 
  Juillet 1992
 
 
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