Category Archives: memoires des martyrs
FLAMNET-RÉTRO: Oualata : chronologie funèbre
Anniversaire de la mort en détention de nos martyrs de Oualata 4ème et dernière partie : la mort de Djigo Tabssirou Par Boye Alassane Harouna- Écrivain et rescapé de Oualata – Quand, avec toute la conscience religieuse qui était la sienne, il avait dirigé et organisé les cérémonies funéraires de Bâ Alassane Oumar et de Bâ Abdoul Khoudouss, Djigo Tabssirou, notre imam (devenu notre doyen depuis la mort de Ten Youssouf Gueye, était naturellement bien loin de s’imaginer que très bientôt il allait reposer dans une tombe à côté de celles de nos deux camarades. En effet, il n’aura survécu que trente-deux jours à Bâ Alassane Oumar, et seulement quinze jours à Bâ Abdoul Khoudouss. Pendant neuf mois, il fut notre imam. Entendre cet homme au moment de la prière réciter le Coran, c’était un plaisir de l’âme et du coeur. Quand il récitait le Coran au moment de la prière matinale, il arrivait souvent que sa voix belle et puissante réveillât tous ceux qui parmi nous avaient le sommeil lourd. Et dans les moments critiques de notre détention, quand la lassitude morale et physique prenait le dessus, quand le désespoir cherchait à s’installer, quand le moral commençait à vaciller, quand, sous l’effet de la tension nerveuse, il se produisait çà et là quelques différends et autres coups de gueule, les sermons de Djigo Tabssirou venaient toujours remonter le moral et restaurer la sérénité. Très grand tribun, ses propos, inspirés du Coran et des hadiths, étaient toujours réconfortants par l’optimisme et l’espérance qu’ils véhiculaient. L’homme était humble et aimable. Sa mort fut aussi rapide que celle de Bâ Abdoul Khoudouss. Moins de soixante-douze heures s’étaient écoulées entre son alitement et son décès. N’Gaïdé Aliou Moctar était resté à son chevet. Dans la nuit du 27 septembre 1988, de la cour où il se trouvait avec quelques camarades qui le veillaient, nous parvenaient ses gémissements. Des difficultés respiratoires persistantes l’empêchèrent de dormir toute la nuit. Le lendemain matin 28 septembre 1988 vers 9 heures 30, Djigo Tabssirou s’éteignit. Diallo Abou Bakri qui le secondait dans sa fonction d’imam lui succéda. À ce titre, il organisa et dirigea la cérémonie funéraire de Djigo Tabssirou qui fut enterré à côté des tombes de Bâ Alassane Oumar et de Bâ Abdoul Khoudouss. Un mois : quatre morts. Cela fait une moyenne d’un décès par semaine. Quand on sait que dans cette même période plusieurs détenus étaient gravement atteints de béribéri et incapables de se mouvoir, autant dire que sans la mobilisation et la pression internationales, plusieurs, pour ne pas dire tous les locataires du fort-mouroir se retrouveraient au cimetière. Quelques mois plus tard, nous demandions à l’administration carcérale de nous permettre de matérialiser durablement les tombes de nos camarades et d’y inscrire leurs noms. Ainsi, avec du ciment et des pierres, nous élevâmes un petit mur autour de chaque tombe. Et chacune des trois tombes fut dotée d’une plaque sur laquelle sont inscrits en pulaar, français et arabe, les nom, prénom et date de décès de chacun de nos quatre compagnons.
Alassane Boye 27 septembre 2006.
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REF: [1] J’ÉTAIS À OULATA- LE RACISME d’État EN MAURITANIE- L’Harmattan, 1999. Page 138 à 139
DEVOIR DE MÉMOIRE: 13 septembre 1988-13 septembre 2017, 29 ans jour pour jour,
DEVOIR DE MÉMOIRE: 13 septembre 1988-13 septembre 2017, 29 ans jour pour jour, l´assassinat de notre camarade et frère L´ingénieur Ba Abdoul Ghoudouss dans la prison mouroir de Oualata.
Une pensée pieuse et militante à ce grand combattant de la liberté et martyr de notre lutte.
A la mémoire de tous ceux tombés pour les causes justes nous répéterons après d’autres, cette oraison funèbre devenue classique «ta vie fut combattante, ta mort héroïque, ton sacrifice sacré et ta mé…moire éternelle».
TÉMOIGNAGE:
“…Sous l’effet du béribéri, il avait pris beaucoup de poids. De corpulence moyenne, il faisait alors deux fois son poids normal. Il s’était fait une grande barbe. Quelques jours avant de nous rejoindre dans notre salle, on pouvait très souvent le voir, assis à l’entrée de la chambre de la «bande des quatre», lire un livre coranique.
Sa mort interviendra moins d’une semaine après son retour dans notre salle. Elle fut soudaine. Son alitement, consécutif à un malaise anodin en apparence, n’excéda pas quarante-huit heures. Il souffrait tant, que nous demandâmes aux geôliers, eu égard à son état de santé, de lui retirer ses chaînes aux pieds, pour le soulager de leur poids et encombrement. Malgré notre insistance et l’état du malade qui s’empirait, les geôliers refusèrent de satisfaire notre demande.
Le 13 septembre 1988 vers 19 heures, nous l’installâmes dans la cour du fort. Il parlait difficilement. Il se mit à hoqueter. Demanda à boire. L’eau lui fut apportée. Il en but quelques gorgées et vomit. Sa respiration devint plus difficile… Ses yeux se refermèrent et sa tête s’affaissa sur l’une de ses épaules. Il expira. Nous l’accompagnâmes jusqu’à sa dernière demeure. Il repose dans une tombe à côté de celle de Bâ Alassane Oumar.”
BOYE Alassane Harouna – Extrait de “J’ÉTAIS À OULATA- LE RACISME d’État EN MAURITANIE – L’Harmattan, 1999. Page 137 à 138.J´- Écrivain et rescapé de Oualata.
La lutte continue!
DEVOIR DE MÉMOIRE ET REFUS DE L´OUBLI : NOS PREMIERS MARTYRS TOMBAIENT LE 6 DECEMBRE 1987:
En octobre 1987, mus par les plus bas instincts de l´homme, la haine raciale, le Colonel Ould TAYA et sa clique, non contents de limoger différents hauts responsables négro-africains de certains postes et d´avoir emprisonnés des cadres négro-mauritaniens, membres des Flam, parlent d´une tentative de “complot”. Des officiers, sous-officiers tous des noirs sont arrêtés, un procès est fait… à la hâte et 3 jeunes officiers, âgés respectivement de 28, 32 et 35 ans: BA Seydi Amadou, Sy Saidou Daouda et Sarr Amadou sont sauvagement passés par les armes, d´autres sont condamnés à des travaux forcés à perpétuité et ce sont les plus nombreux, d´autres assignés à résidence surveillée. La seule et véritable explication de cette purge est la volonté de dénigrifier tous les secteurs importants de l´Etat (Armée, Administration, Ecole etc..). Les thèses d´un Sékou Touré évoquant un complot Peulh refont surface en terre mauritanienne. Tous ceux qui sont condamnés à purger des peines de prison sont transférés dans une prison à Oualata où le manque d´eau, de nourriture, la rudesse des travaux forcés entraineront la mort de plusieurs détenus dont Tène Youssouf Guèye (Écrivain et diplomate), Djigo TAFSIROU (ancien ministre), Ba Abdoul Ghoudouss( Officier et Ingénieur du génie militaire) et Ba Alassane Oumar (Adjudant-chef de la Gendarmerie).
6 DECEMBRE 2016, ON SE SOUVIENT TOUJOURS.
A la mémoire de tous ceux tombés pour les causes justes nous répéterons après d’autres, cette oraison funèbre devenue classique «Leur vie fut combattante, leur mort héroïque, leur sacrifice sacré et leur mémoire éternelle».
LA LUTTE CONTINUE!
US-Mauritania Diaspora : La Cérémonie Annuelle Commémorant la Mémoire des Martyrs du 28 Novembre
« Media Advisory »
US-Mauritania Diaspora
La Cérémonie Annuelle Commémorant la Mémoire les Martyrs du 28 Novembre
Pourquoi: c’est une Cérémonie Annuelle pour:
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Prier sur nos Martyrs
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Honorer la Mémoire de nos Héros
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Saluer leur Courage
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Exhorter les Activistes á Continuer le Combat de la Liberté
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Déposer une plainte pour génocide, crime contre humanité et crime de torture.
Oú: Le Siege des Nations Unies
Dag Hammarskjold Plaza, Premiere Ave, entre (46 7 47 St.)
Quand: November 28, 2016
Heure: 12:00 PM
Direction: Trains # 4, 5, 7 á Grand Central Station
Les Faits
Cette Cérémonie vise á rappeler que le Novembre 28, 1990—28 officiers noirs ont été arbitrairement pendus en Mauritanie. Ce crime qui est racialement motivé a été commis en célébration de l indépendance nationale du pays. De plus, la portée de la cérémonie va au delà de la nuit de la tragédie du 28, Novembre 1990. Elle honore la MEMOIRE des 534 officiers Noirs froidement assassinés dans des camps de détention par les forces de sécurités Mauritaniennes, y compris les 28 officiers tués par pendaison. Les lugubres actions qui étaient bien planifiées avaient eu dans des camps de détention á travers the pays — á Azlat, Jreida, Alec, Inal, Nouadhibou, Nouakchott…etc. Egalement, nos pensées et nos prières vont á nos courageux leaders qui avaient été victimes de traitement inhumain et dégradant a cause de leur race á la prison de Oualata
Pour ajouter l’insulte á la blessure, le gouvernement a honteusement orchestré une loi d’ amnistie pour protéger les auteurs de ces crimes odieux contre toutes poursuites. De façon flagrante, le gouvernement a ainsi porté une atteinte sérieuse au droit des orphelins et des veuves á la justice.
Considérant le refus du gouvernement a faire face a cette question importante, l Association des Veuves et ses partenaires ont décide de faire appel a justice internationale en déposant une plainte contre les auteurs pour génocide, crime contre humanité et crime de torture.
COMMÉMORATION DE LA TUERIE DES MILITAIRES NOIRS MAURITANIENS : LE SAMEDI 26 NOVEMBRE 2016 À PARIS
Dans le cadre de la commémoration du cinquante sixième anniversaire de l’accession à l’indépendance de la République Islamique de Mauritanie et le vingt sixième anniversaire de la pendaison des militaires noirs mauritaniens par le régime du président Maouya Ould Sid’Ahmed Taaya pendant la nuit du 27 au 28 novembre 1990 dans la base militaire d’Inal, à l’occasion, le Comité Inal en France invite toutes les organisations des droits de l’homme, toutes les organisations mauritaniennes en Europe, les partis politiques mauritaniens représentés en France et en Europe et les amis de la Mauritanie à la journée de commémoration et de recueillement qu’il organise le samedi 26 novembre 2016 à Paris à Partir de 11h.
Lieu : Cité de Refuge – Centre Espoir / Armée du Salut
12 rue Cantagrel – 75013 Paris
Métro : Bibliothèque François Mitterrand. Ligne : 14/ RER C
En effet dans les années 80 et 90 une répression inhumaine s’est abattue sur la communauté négro-mauritanienne.
De graves violations des droits humains collectives, massives et individuelles ont été commises ignoblement sur la base de projets racistes et génocidaires, marquées par :
Les arrestations des cadres politiques et intellectuels noirs
Les déportations vers le Sénégal et le Mali
Des exécutions extrajudiciaires sur des populations innocentes
Des expropriations des terres de la vallée du Fleuve Sénégal.
Le paroxysme fut atteint dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990 à travers la pendaison de 28 militaires négro-mauritaniens à Inal pour commémorer le trentième anniversaire de l’accession de la Mauritanie à la souveraineté.
Depuis lors, la date du 28 novembre est commémorée par les victimes et leurs sympathisants dans deuil et le recueillement à la mémoire des martyrs.
En espérant vivement pouvoir compter sur votre présence, le Comité vous prie de croire Mesdames et Messieurs l’expression de ses sentiments distingués.
Le président
Abou SARR
boolumbal