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FLAMNET-AGORA: Les vérités du Sénateur Youssouf Tidjani Sylla: les noirs de Mauritanie sont sous représentés
La présence de hauts cadres noirs originaires de la vallée dans des hautes responsabilités de l’état semble être la preuve évidente pour certains que les noirs ne sont pas marginalisés en Mauritanie. Pour être honnête, personne ne peut dire que les noirs ne sont pas représentés, mais plutôt sous représentés et c’est une vérité qui sotte a l’œil nu et n’a d’ailleurs aucun besoin d’être dite.
Quand vous ouvrez votre télévision et que vous regardez la composition du conseil des ministres avec trente et une personnes (31), huit (8) seulement sont noirs, quand vous voyez le conseil de la magistrature, quand vous faites attention aux gouverneurs, ambassadeurs, préfets, généraux, colonels, commissaires de police, consuls, magistrats, banquiers, assureurs, armateurs, hommes d’affaires ou même boulangers, vous comprendrez aisément que ce pays n’est pas égalitaire (la faute n’est pas imputable seulement au président Aziz mais a tous ceux qui ont un moment donné nommé un gouvernement). Il ya des disparités indéfendables, inconcevables et inadmissibles qu’il est urgent de corriger. Il est également plus que nécessaire de revoir la stratégie adoptée par le gouvernement et la réadapter aux réalités du pays de façon a permettre à toutes les composantes d’avoir les mêmes chances d’ accès aux fonctions de l’Etat comme aux richesses du pays.
Je ne suis pas raciste ou extrémiste. J’appartiens à deux communautés, Mais j’estime que pour servir le pays, son présent comme son avenir il est nécessaire que certaines vérités amères soit-elles, puissent êtres dites. Je ne m’intéresse pas aux réactions ou commentaires qui vont suivre et d’ont j’imagine déjà les contenus, ce qui m’importe c’est d’attirer l’attention sur les inégalités flagrantes dont sont victimes les populations noires du pays et qui méritent une attention particulière de la part du président de la république que l’on appel ici le président des pauvres et des exclus.
Il n’est pas du tout normale que plus de soixante dix pour cent (+ de 70 %°) de la population dans un pays qui se dit démocratique ou chaque homme représente une voix soit pratiquement mise à l’ écart de la vie politique et économique du pays. Les revendications des noirs sont simples et justes. Ils demandent justice et équité. Ce n’est pas trop demander ?, ils ne peuvent plus s’abstenir de manifester leur mécontentement et accepter de vivres dans un pays ou leurs enfants ne peuvent même pas aspirait a un avenir médiocre a plus forte raison un avenir décent a cause de la précarité des conditions de vie.
Il ne s’agit pas ici d’indexer la société maure loin de la, le problème est politique et ne concerne que l’état auprès de qui nous devons tous insister sur la nécessité d’engager une politique sociale juste permettant à tous les mauritaniens un partage équitable entre toutes les populations de notre chère patrie de ce que nous avons de bon comme de mauvais.
Il est opportun de signaler ici que la jeunesse noire du pays se trouve cantonnée dans les adwabas ou les villages ou les villes de l’intérieur sans aucun espoir à l’horizon et constitue une bombe a retardement qu’il est plus prudent de désamorcer pendant qu’il est encore temps et de trouver une formule qui permet de leurs trouver du travail dans leurs régions respectives au risque de les voir débarqués a Nouakchott avec tout ce que cela comporte comme risque pour la stabilité du pays.
Une analyse sérieuse et approfondie doit être faite par des cadres sérieux et Nationalistes avec tout ce que cela comporte comme Honnêteté Intellectuelle, Intégrité, et Amour pour la Nation, pour son présent comme pour son avenir et de leur demander de faire des propositions concrètes qui peuvent permettre au gouvernement d’avoir une vision claire sur ce qui peut être fait pour sortir le pays des crises sociale et identitaire aigues qu’il traverse.
Je ne cherche pas à dire qu’il ya déjà le feu dans la case mais plutôt à dire qu’il vaut mieux prévenir que guérir et qu’il est plus efficace de se dire certaines vérités que de se voir confronté a un malaise social ou chacun cherchera à se dérober devant ses responsabilités et dire que c’est la faute du président de la république, nous l’avions déjà vécu avec le président Maouiya ould sid’ahmed Taya comme avec le président Mohamed ould cheikh Abdallâhi et il est inadmissible que certains responsables sèment le désordre, dilapident les biens de notre pays et parfois même sèment la terreur et à la moindre incartade passent de l’autre côté et essaient de se faire passer pour la sainteté elle-même ce qui est inacceptable, chacun doit obligatoirement répondre de ses actes qu’il tue, torture ou détourne les biens publics il sera un jour traduit devant la justice et sera obligé de répondre de ses actes.
Il est de notre devoir à tous de travailler mains dans les mains pour trouver les solutions appropriées pour assures la continuité de notre pays et lui éviter des querelles sans lendemain qui peuvent porter préjudices à sa stabilité ou à notre unité nationale. Nous devons nous accepter dans nos différences culturelles et en faire une richesse qui nous honore tous et qui fait de nous un peuple civilisé à la hauteur des espoirs que placent en lui ses jeunes générations qui espèrent hériter une nation juste unie et fraternelle.
Que dieu préserve notre chère patrie la Mauritanie.
Fait à Nouakchott le 29 octobre 2011
Sénateur Youssouf Tidjani Sylla
Qu’est –ce qui va changer véritablement ?
Le retour à l’ordre constitutionnel après le putsch contre le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallah et la reprise en main des affaires du pays par celui qui l’a renversé, c’est le processus qui a consacré la fin d’une crise politique qui avait placé la Mauritanie sous la surveillance de la communauté internationale. Deux ans sont passés, la démocratie mauritanienne est encore à l’épreuve de ses tests.L’un de ces jalons les plus spectaculaires fut sans doute le dialogue politique national qui vient d’accoucher d’un document final des travaux où les acteurs engagés dans ce dialogue se sont entendus dans une sorte de serment politique pour trouver des solutions de sortie de crise. Dans les jours qui viennent il faut s’attendre à des amendements constitutionnels qui permettront de greffer les points d’accords issus des travaux du forum dans la loi fondamentale. Reste à savoir si se sera par voie parlementaire ou référendaire. Si d’emblée ces résultats ne sont pas partagés par les parties non prenantes à ce dialogue, cela ne cause pas trop d’embarras au camp du pouvoir et ses nouveaux alliés de l’opposition. Ce qui est loin d’être une garantie à même de stabiliser la scène politique.
Dans les chancelleries occidentales notamment, les diplomates occidentaux semblent très réservés sur les résultats de ce forum. Un diplomate qui a requis l’anonymat n’a pas manqué de critiquer ce qu’il juge être « un protocole d’accord arrangé par un pouvoir avec une certaine opposition en perte de vitesse prête à toutes les concessions ». Il faut souligner à ce titre que les chancelleries occidentales suivent d’un air prudent ce qui se passe dans le pays. Les opérations de recensement qui sont toujours contestées par la communauté négro-mauritanienne ayant causé des violences inquiètent les partenaires au développement. La moindre agitation est perçue comme un mauvais signe de cohésion préjudiciable à la paix et la sécurité dans un pays fragilisé par des contradictions ethniques et politiques. Dans sa dernière mission, le FMI attribue un satisfecit à la Mauritanie sur le plan macro-économique. Cette note est loin de refléter la réalité de la situation économique globale caractérisée par une dépréciation de l’ouguiya qui entraine inévitablement une inflation provoquée par l’anarchie du marché noir de change. Dans les mois qui viennent il faut s’attendre à un exode massif des populations rurales vers les grandes villes avec son corollaire de misère et de surpopulation urbaine. L’ogre terroriste sévit à nos frontières et Aqmi dispose de nouvelles armes redoutables pour frapper encor e fort. La mort de Kadhafi va changer en bien ou en mal la situation politico-économique du pays comme dans la plupart des pays arabes et africains. Les intérêts mauritaniens en Libye sont considérables. Les mauritaniens ont encore présents en mémoire le rôle que le guide avait joué en faveur de l’actuel pouvoir. Les changements qui vont s’opérer en Mauritanie vont dans les mois à venir modifier la donne politique. Mais dans quelle direction ?
Cheikh Tidiane Dia – LE RÉNOVATEUR
Flamnet-Agora: Mauritanie: la phobie du poids démographique par Aliou Sow
Décidément le poids démographique des Noirs mauritaniens a toujours constitué une réelle hantise pour les dirigeants de ce pays. L’Agence Nationale du Registre d’Etat Civil et l’Office National des
Statistiques montrent malheureusement l’image de structures ayant une vocation plutôt idéologique que scientifique.
Leur mission d’études sur notre population, entre autres, semble être confinée et surtout dévouée à des réglages démographiques au service du pouvoir exclusiviste arabo-berbère. En effet il est incompréhensible que le comité de pilotage de l’enrôlement soit à 99% composé d’arabo-berbères dans un pays pluriethnique et multiculturel.
Le directeur général de l’Agence Nationale du Registre de Population avait tenté de justifier la présence deux Négros Mauritaniens dans le comité de pilotage qui est composé de 13 membres par le fait que leur choix est fondé sur des critères de technicité et de compétence. C’est là un argument soutenu par un racisme primaire latent ponctuant qu’il n’y a pas suffisamment de compétences
chez les Noirs. La démarche de Mr MRABIH a pour socle le préjugé de la supériorité de la composante arabo-berbère sur la composante noire du pays.
Incontestablement tout le mépris affiché par les courants pan-arabistes mauritaniens à l’égard des Négros Mauritaniens a pour soubassement la certitude de leur supériorité sur les autres peuples qui sont considérés comme impurs pour un pays arabe comme la Mauritanie. Cette volonté de façonner une Mauritanie arabe est à la base de toutes les manipulations des données démographiques du pays. Pour tous les recensements de la Population (1961 – 1976 – 1988 -1998) effectués depuis l’Independence du pays, l’Etat n’a jamais accepté de publier des résultats clairs et fiables par
groupe ethnique . L’Office National des Statistiques est une chasse gardée, dont l’accès est interdit aux chercheurs et universitaires. Toutes les supputations sur le poids démographique de chaque communauté n’ont aucune base scientifique, et tout est fait pour présenter la communauté maure bidhaan comme majoritaire pour justifier et fonder les avantages acquis dans les secteurs de la vie
nationale.
Dans la lancée de cette manipulation des chiffres, on divise un même groupe ethnique entre Peuls et halpulaar pour renforcer cette tendance à en faire une minorité. C’est cette obsession du poids démographique que représente la population négro-africaine qui a conduit à tous les excès observés durant les années de braise. Mais si réellement les Négros Africains mauritaniens représentaient le
quart de la population mauritanienne, comme le stipulait « le père de la nation» Maitre Moctar ould DADAH, pour justifier son quota du 1/4, pourquoi toute cette obstination affichée par les gouvernements successifs pour davantage réduire leur poids démographique ?
En effet en 1988, au sortir du recensement général de la population et de l’habitat, les résultats bruts estimaient les Mauritaniens à plus de 2 800 000 habitants. Quelques mois après la « publication » toujours tendancieuse de ces résultats, l’administration mettait en œuvre le plan monstrueux de dé
négrification du pays par terre, air et mer sur une durée de prés de deux ans, et le résultat est éloquent .
Dix ans après, l’Etat lancera l’opération du recensement général de 1998 ; La population mauritanienne revient à près de 2 500 000 habitants ; ce chiffre est validé par Ely ould Mohamed Vall, le moustachu du CMJD lors d’une interview accordée à Télé sud en 2006 ; sans doute, il est mieux placé que quiconque dans ce pays pour connaitre les fondements ainsi que les tenants et aboutissants de cette réduction du nombre de Mauritaniens.
En dix ans la population mauritanienne va diminuer de 11% ; et si nous ramenons ce taux de déperdition à l’effectif estimé de la population négro-africaine, nous comprendrons alors la portée et la performance de ce travail de « déstockage » accompli par le pouvoir tribalo-ethnique de Nouakchott.
La Mauritanie a affaire à des dirigeants qui, étant incapables d’avoir une vision perspicace et harmonieuse du mieux vivre ensemble, sont toujours concentrés sur le contrôle de l’évolution démographique. L’idéologie du péril noir, la hantise du poids démographique des Noirs constituent l’élément central du tableau de bord dans le pilotage stratégique de la Mauritanie. Aujourd’hui le gouvernement nous sort le concept de « l’ enrôlement » dont la première acception fait penser à l’engagement dans l’armée ; or il s’agit de recensement de la population qui ,dans la manière dont il est conduit, a découragé ,déçu et révolté la communauté négro-africaine , qui s’inquiète, à raison , de cette opération aussi bien dans sa conception que de son exécution caractérisée par l’amateurisme ,l’arrogance et le chauvinisme des équipes en charge de l’opération. Quel est l’anthropologue ou le socio-ethnologue qui peut justifier le fractionnement entre Peulhs sédentaires et Peulhs bergers en deux groupes ethniques distincts ?
Par ailleurs, lors du conseil des ministres du 29/09 qui suivi le massacre de Maghama, le gouvernement a annoncé l’adoption d’un projet de décret organisant le prochain recensement général de la population prévu en 2012. L’on peut se poser la question de savoir pourquoi une telle redondance du recensement général de la population dans l’intervalle de quelques mois. N’y a-t-il pas lieux de mieux utiliser cet argent acquis sur les dos du contribuable mauritanien pour résoudre les besoins primaires des citoyens. Si le principe est qu’avant de compter les Mauritaniens, il faut d’abord
définir qui l’est et qui ne l’est pas, on comprend que le pouvoir en place décide de faire une tabula rasa cartésienne à partir d’un doute hyperbolique de la mauritanité pour ne l’accepter que quant elle s’impose par l’évidence, la clarté et la distinction fondée sur l’ethnicité. Pourtant il y a beaucoup de
rumeurs sur le lieu de naissance du Président au Sénégal. Ce qui est sûr c’est qu’il est très à l’aise en Wolof et c’est peu probable qu’il ait acquis la maîtrise de cette langue à Rabat durant sa scolarité militaire.
Aussi si dans les grandes villes du nord et de l’est du pays les Mauritaniens Maures sont calmes face à l’enrôlement c’est qu’ils sont convaincus que leur mauritanité ne souffre d’aucune contestation et que la preuve par papiers/documents d’Etat civil est secondaire. Leur recensement est facilité par la clarté et l’évidence de leur mauritanité ; Ici l’aspect physique et culturel maure justifiant l’appartenance mauritanienne. Donc ce doute sur la mauritanité de certains citoyens est foncièrement raciste parce qu’orienté vers les noirs mauritaniens supposés être étrangers dans leurs terres ; d’où les questions subsidiaires qui leur sont posées au-delà des pièces d’état civil. C’est en cela que le zèle des agents recenseurs est voulu pour dissuader et décourager les Noirs ; l’objectif est d’arriver ainsi à en recenser le plus petit nombre possible afin d’ aboutir , in fine, à un poids démographique de Négro-Mauritanien « idéal » pour perpétuer la domination de l’Etat hégémonique arabo-berbère et trouver la justification de cette domination dans la prétendue supériorité numérique de l’élément maure -bidhaan.
Si ces cinq dernières années le palais ocre a changé trois fois de locataires, cependant, il y a une constante qui est demeurée là implacable : la consolidation des acquis du système ethno-tribal par l’exclusion socioculturelle et physique permanente du Négro-Mauritanien. C’est comme qui dirait que pour le respect du code moral maure, il existerait une règle tacite que personne ne peut transgresser : aucun de nos présidents qui ont défilé au palais ocre ne voudrait être cité comme responsable, dans l’histoire, de la restriction de l’hégémonie de l’élément maure sur le pays ; décidément n’est pas Frédéric DECLERK qui veut. En tout état de cause, l’exigence d’une cohabitation harmonieuse et équilibrée entre citoyens est plus que jamais d’actualité ; et l’évolution de la Mauritanie vers une gouvernance démocratique est une marche forcée ; c’est l’indépassable horizon de notre temps disait JP Sartres. Le système tribalo-ethnique ne peut échapper à la logique du vivant, et il se trouve incontestablement à la fin de son cycle de vie.
Les autorités actuelles plus que celles d’avant flippent en pensant à l’importance et au rôle du nombre dans l’exercice du pouvoir par le suffrage des citoyens. Autrement dit, dans une gouvernance démocratique c’est avant tout par la majorité mécanique et absolue que se conquiert le pouvoir. Si un esprit élargi par la liberté ne peut plus se rétrécir, il faut en conclure et déduire que la marge de manœuvre des élections truquées, du bourrage des urnes, ou du marchandage des consciences deviendra de plus en plus étroite en Mauritanie.
Aussi la phobie du poids du nombre de Noirs mauritaniens, affichée depuis la nuit des temps par les gouvernants, tient au fait que la lutte engagée depuis toujours par les populations noires marginalisées, ajoutée à une conscience citoyenne très prononcée dans la jeunesse actuelle, sont les prémisses d’une alternance inéluctable et dans laquelle la majorité des mauritaniens ne sera
plus gouvernée par une minorité.
SOW Aliou- Nice-France.
Kadhafi ne reposa pas au panthéon des héros arabes par Cheikh Tidiane DIA
Face à la mort, la vie devient encore plus éphémère, le courage se noie dans le sanglot de la peur.Les faibles se rendent comptent de la précarité de leur condition humaine et les « forts » plongent dans l’angoisse d’une épreuve inéluctable. Nul n’a les moyens de fausser le rendez-vous du voyage vers l’éternité.Quand un homme célèbre s’en va comme il était venu au pouvoir, par la violence, sa mort devient étrangement tragique que l’aventure de son règne.Tel est le destin fatal de Mouammar Kadhafi. Il aura fallu quelques minutes pour que, 42 ans de terreur se perdent dans un silence noir de sang, le corps livré en pâture au peuple. L’image est bien réelle mais elle revêt une dimension théâtrale. Elle ressemble à la fin d’une de ces tragédies du VII ème siècle, à la seule différence que les aventures étaient plus héroïques, les motifs de l’intrigue plus adaptées à la conscience du public. Il y a encore quelques jours, Kadhafi se présentait égal à lui-même, au monde entier comme l’invincible, l’immortel, le guide suprême. Lui-même le disait sans y croire car il n’en avait pas la moindre force. Mais par le mensonge du pouvoir et les fausses incarnations d’un mythe grandeur nature, il s’enveloppait dans ses habits mégalomaniaques avec un corps mourant mais masqué par les fausses apparences. Mais tant qu’il serait en vie , quelque soit le lieu où il se trouverait, Kadhafi resterait vivant dans les consciences des libyens. Il troublerait leur sommeil. La guerre ne serait pas finie. Gagnée : non. Il aurait pu mourir de sa belle mort si le dictateur ne s’était pas transformé en rat capturé dans des égouts par une foule de chats enragés. Kadhafi avait –il tant peur de la mort qu’il n’a pas eu le courage de l’affronter de façon digne. Pour un homme qui régna aussi longtemps, qui résista aux bombardements américains, qui défia l’occident et fit trembler le monde arabe mérite-t-il d’être étrenné avec une telle facilité comme un petit malfrat tombé entre les mains de ses poursuivants.
Le « Grand » Kadhafi a livré son cadavre non pas aux canons dans une farouche résistance, mais au pistolet d’un rebelle. Son corps n’a pas été emporté par le mystère d’une disparition mais exposé à la vindicte populaire, à la poussière révolutionnaire. Le mythe Kadhafi a été trahi par les circonstances peu héroïques, mieux, plus glorieuses de sa mort. Ceux qui le voyaient élevé au panthéon des résistants arabes ont vite décroché. Kadhafi avait pourtant promis de mourir en Libye, et d’une belle mort ! Il la fait mais personne ne pensait que ce serait de cette façon, à cet endroit réservé aux bêtes errantes. Fuir serait –il donc plus courageux quand on a peur de mourir en héros. Les tyrans les plus sanguinaires peuvent mourir en héros. L’histoire a donné des exemples de ces hommes. Pourquoi avoir « choisi » cette capture aussi honteuse plutôt que de s’embourber dans les bombardements de l’OTAN comme l’ont fait beaucoup de ses hommes qui croyaient en sa bravoure. Triste sort que celui d’un homme qui régna d’une main de fer et qui se fondit en larmes à sa mort. Le destin est donc le seul maitre quelque soit la volonté des tyrans. Le peuple libyen, arabe, et le monde entier est resté interloqué par la fin tragique d’un Kadhafi venu au pouvoir par une révolution et sorti par la petite porte. L’image d’un cadavre des plus ordinaires pitoyablement maltraité : c’est la fin d’un combat simulé qui a révélé le vrai visage du despote Kadhafi…
Cheikh Tidiane Dia – Directeur de publication du RÉNOVATEUR
L’Elysée et nous: Pour des intérêts contre des principes
Les peuls disent : ” Celui qui vient faire les éloges pour ton cheval ne viendra jamais t’aider pour apporter de l’herbe nourrir celui-ci” (traduction littérale). Et le monde d’aujourd’hui (relation internationale) est typiquement ainsi fait. Comment l’Élysée s’est libéré progressivement de Ben Ali après l’avoir servi sous son règne tyrannique. Ben Ali a fuit mais les dossiers sont restés. La chaîne Qatari Aljezerra diffuse
depuis une semaine un dossier spécial concernant l’implication et le soutien de la France dans la poursuite de certains opposants tunisiens établis sur le territoire français. C’est un secret de polichinelle. Hier, le tapis rouge fût étalé à Kadhafi à Paris : collaboration avec lui pour collecter des informations sur la nébuleuse Alqaida terrorisant l’Occident. L’argent du défunt guide a aussi servi à pardonner des crimes odieux commis par ce dernier. Des familles françaises victimes d’un attentat perpétué par les élucubrations khadafiennes ont eu des maudites sommes en Euro. Grace au rapprochement de l’Elysée, ces familles ont eu l’argent mais, elles n’auront jamais la justice. Et, curieusement, on renverse tout. Aujourd’hui, on copine et on traite avec les barbus et les extrémistes. Comme quoi c’est la nouvelle tendance, les institutions internationales s’apprêtent à financer les repentis ayant déposé les armes . A Nouakchott, on attribue des sommes colossales aux anciens détenus salafistes pour entreprendre des activités commerciales. Deux poids, deux mesures…On n’oublie que les armes ont pilonné, Tripoli, mais Carthage n’a pas été détruit. La Lybie ne sera pas construite avec ” Merci Sarkozy” que scandent les amis de Bernard Henri-Levy, les anciens élèves d’Oussama Ben Leden sont dans la foule et devant les portes de Nouakchott.
Les liaisons avec Moubarak ne servaient que pour mieux soutenir l’ Israël afin d’entretenir et renforcer la colonisation du peuple palestinien… Ici encore l’Ironie d’histoire nous rattrape. Oboma ne s’est même pas entretenu par téléphone avec Moubarek dans ses derniers instants. C’est Hilary Clinton qui adressa ses remontrances au Pharaon avant qu’il ne cède le pouvoir à l’armée. Que se passe t-il sous nos cieux?
Mauritanie : L’Elysée et nous
La Mauritanie ne sera pas une exception dans cette comédie. D’ailleurs, Mohamed ould Abdel Aziz est devenu l’homme choyé par Sarkozy. Le nouvel ami et collaborateur de l’Elysée a été rapproché du cercle des grands pour démanteler AQMI afin de mettre fin aux ratps et prises d’otages des curieux touristes, marcheurs et “pseudo-humanitaires” français qui trainent dans le désert du grand Sahara. Paris aménage Nouakchott par ses soutiens constants même pour destituer un président démocratiquement élu. Aprés, les écoutes téphoniques en 2008, on envoie à Mohamed Ould Abdel AZIZ tantôt des généraux de l’armée françaises, tantôt des” fins agents” des services de renseignements. On ajoute du professionnalisme au “Chitari” des journalistes des “généraux mauritaniens” et” hommes de grandes familles” …
Mais le peuple français et ses intellectuels ignorent que leurs responsables tronquent leurs principes universels sur la terre d’Antoine Saint-Exupéry. Pour des renseignements sécuritaires, le Quai d’Orsay ferme les yeux sur les agissements autoritaires du présidant mauritanien. Et pourtant, ce même département été entendu sur le cas d’un ex-ministre emprisonné pour détournement des derniers publics grâce à la forte pression de la compagne (française originaire du Sud de la France) de ce voleur de la République
De 1960 à nos jours, Paris à appris à se taire sur les souffrances des populations négro-africaines, racisme, discriminations, esclavage… l’ancien maître a toujours traité avec une complicité hors pair avec tous les régimes du pays. La France a vu se former un dur systéme, elle a fini par l’aménager. Elle lui remis hâtivement le pouvoir sans consultation et l’accord consensuel de toutes les composantes nationales de la Mauritanie. L’histoire de la décolonisation renseigne que les gouverneurs français ne sont jamais entendus avec les guerriers peuls ( halpularr ou Toucouleurs).
Depuis 1960, La Mauritanie est relativement indépendante, mais pas totalement souveraine dans ses décisions internes . Tous les grands conseillers des dirigeants arabo-berbères ont été intellectuellement et techniquement soutenus par la France. Des technocrates français séjournent en Mauritanie pour “instruire” les dirigeants et jamais le gouvernement français, ( pays colonisateur de la Mauritanie) ne s’est prononcé sur les politiques discriminatoires et contradictoires aux principes universelles des droits de l’Homme vis-à-vis des négros-mauritaniens.Qui veut consulte les archives…
Ceci dit qu’on nous gouverne par un impérialisme sous la couverture d’une démocratie aux principes agonisants. La volonté de suivre les intérêts économiques ( mines, poissons, fer, stratégie géopolitique) fait que la France enterre les principes universels fondant sa grandeur. Ailleurs, l’image de la France est associée à une décadence et un déclin culturel. Car, elle a abondonné les lumiéres de ses principes et ses principes des Lumiéres… Et dire que la France menage certaines pratiques des dirigeants mauritaniens ne doit pas être vu comme un dolorisme mais en tant qu’une réalité que nul n’a eu jusqu’ici le courage d’exposer sur la place publique mauritanienne.
Bâ Sileye




