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Flamnet-Agora: Séminaire international sur la constitution: Dakar navigue entre Droit et décadence Par Babacar Justin Ndiaye
Après avoir qualifié les spécialistes sénégalais – en désaccord avec de lui – de « constitutionnalistes de bazar », le Président Abdoulaye Wade a mis au travail, des constitutionnalistes… de palace. Là-bas, dans une salle de l’hôtel Méridien. Une initiative du chef de l’Etat et de ses Forces alliées pour 2012 (plus féales qu’alliées), qui a conduit le Sénégal, au carrefour du cocasse et du loufoque.
Curieux Sénégal, en effet, où l’on importe, 60 ans après l’indépendance, une kyrielle d’experts étrangers (avec un bon lot de Français) pour interpréter une Constitution nationale entièrement rédigée par des nationaux, et votée – que dis-je ? – plébiscitée en janvier 2001, par le peuple souverain.
Plus kafkaïen encore, le Professeur Jean-Yves de Cara a eu l’outrecuidance de désosser, au plan du lexique, l’article transitoire 104, devant un auditoire constitué majoritairement de concitoyens du Professeur agrégé et académicien Léopold Sédar Senghor. Une brève leçon de grammaire donnée au moment (mauvais) où l’Elysée rend hommage, dans un communiqué truffé de fautes d’orthographe (selon une dépêche de l’AFP) à la défunte Danielle Mitterrand.
Est-il nécessaire de rappeler, à ces experts sexagénaires, que le Général De Gaulle avait ordonné, en 1958, au futur Premier ministre Michel Debré, de coopter Senghor (le non juriste) dans le comité de rédaction de la Constitution de la Cinquième République ? Devant le silence et le regard interrogateurs du Président du comité de rédaction, Charles de Gaulle expliqua, en substance, que l’agrégé sénégalais se chargera du volet grammatical du travail des juristes. On peut alors croire que, le 21 novembre dernier, vers midi, le premier Président du Sénégal a bougé dans sa tombe de Bel-Air, eu égard aux échos désobligeants du séminaire.
Que diantre, pourquoi le ciel a-t-il ouvert ses vannes pour doucher si abondamment de honte, le Sénégal ? La faute incombe évidemment à cette République des juristes (Abdoulaye Wade, Souleymane Ndéné Ndiaye, Madické Niang et Ousmane Ngom) qui n’a pas été capable de s’auto-défendre. Au point d’organiser un conclave de mercenaires du Droit – pardon de professeurs de Droit – sur lequel a plané l’ombre du contrat juteux. Bizarre et blessant.
Question : est-ce que l’élite politique et la crème universitaire du Sénégal valent-elles moins, en termes de clairvoyance et de patriotisme, que leurs homologues du Burkina qui ont résolu – sans assistance étrangère ni apocalypse national – une équation identique, avant la dernière présidentielle au « Pays des hommes intègres », et farouchement nationalistes ?
Mais le plus renversant, c’est que Babacar Guèye et Pape Demba Sy, hier mobilisés comme de très bons rédacteurs, sont, aujourd’hui catalogués voire calomniés comme de très mauvais interprètes de la même Constitution. C’est à n’y rien comprendre. Sauf que dans le camp présidentiel, la logique fout… le camp. Cette logique, en perpétuelle culbute, qui veut que le panafricaniste Wade – dans une démarche bruyamment souverainiste – ferme les bases militaires de la France, mais ouvre les portes de la vie institutionnelle du Sénégal, à l’expertise universitaire de l’ex-Métropole.
En tout état de cause, ce séminaire international pue davantage la décadence que le Droit. Car il consacre avec la bénédiction du gouvernement (c’est le ministre de la Justice qui a invité par lettre l’ex-recteur Seydou Madani Sy) une fâcheuse catégorisation des agrégations.
D’un côté, une agrégation au rabais dont sont titulaires « les constitutionnalistes de bazar » (Ismaila Madior Fall, Ahmet Ndiaye et Mody Gadiaga) et de l’autre, une agrégation (au-dessus de tout soupçon) dont le Professeur Charles Zorgbibe et son collègue Michel de Guiilenchmidt ont l’étrenne.
Dans ce tumulte autour de la Constitution, les experts et les politiques oublient ou feignent d’oublier la leçon limpide du sociologue et philosophe Jean Baudrillard : « Le Droit vient après la bataille ». Autrement dit, il est le résultat d’un rapport de forces. Ce que le Roi Hassan II – monarque absolu mais génie politique – a compris et bien résumé, le 7 mai 1996, devant l’Assemblée nationale française : « En matière de constitutions, il n’y a pas de procédés industriels permettant de livrer des usines constitutionnelles, clé en main. Dans ce domaine, la copie n’est jamais féconde ». Magistrale évidence de… sa Majesté.
Quelle pénible répétition ou grimace de l’Histoire ! Le séminaire rappelle inévitablement, le système colonial qui avait forgé deux catégories d’administrateurs civils. La première était moulée par l’Ecole Nationale d’Administration (Ena) de Paris. Et avait pour vocation d’administrer les Alpes Maritimes et le Languedoc-Roussillon. La seconde sortait de l’Ecole Nationale de la France d’Outremer (Enfom) toujours à Paris, avec une feuille de route sans équivoque : commander – et non administrer – le pays lobi dans le cercle de Bobo-Dioulasso ou le quadrilatère mouride qui va de Lambaye à Touba, dans le cercle de Diourbel.
Comme quoi, si le vent l’indépendance n’avait pas soufflé fort sur l’Empire colonial, en 1960, Daniel Cabou et Abdou Diouf auraient pu commander les cercles de Bouaké et de Sikasso ; mais n’auraient jamais été Préfets de Nice ou de Strasbourg. Tel est, entre autres effets, le désagréable souvenir que réveille le séminaire du 21 novembre.
Toutefois, les leçons de ce passé choquant n’ont guère empêché les aberrations surprenantes du présent. Sinon comment comprendre l’organisation, par le Conseil constitutionnel, d’un séminaire dit « interne » durant les journées des 6 et 7 septembre dernier ? Difficilement. Le Conseil constitutionnel créé par la Loi organique du 30 mai 1992 (presque 20 ans d’existence) a-t-il sérieusement besoin de panélistes extérieurs pour l’épauler dans la compréhension de sa mission ? Sûrement pas ; puisque les cinq sages de cet organe juridictionnel sont des magistrats chevronnés. Et non des stagiaires. Donc anguille sous roche. Qui côtoie certainement sous la même roche, la nouvelle anguille que le séminaire de Wade et des Fal 2012, vient d’y déposer.
En effet, la prestation de cette escouade multinationale d’experts, légitime d’avance l’enfer policier qu’on envisage de faire tomber sur la tête des futurs manifestants qui voudront empêcher le régime de valider en rond. Et Wade qui n’est plus enclin à faire l’Histoire (mais des histoires) a d’ores et déjà meublé ses pensées et arrières pensées. En clair, ce séminaire est le premier jalon de la chronique d’une victoire annoncée et… enceinte d’un mode de dévolution monarchique ou libérale du pouvoir, durant ce long mandat (7 ans) dont il n’a besoin que de la moitié de la moitié.
Après la victoire de 2007, le Président était secrètement dans une logique de demi-mandat. Le sommet de l’OCI et les locales de 2009 étaient, à la fois, les perspectives structurantes et les points d’ancrage de son schéma de passage du relais. Mais le demi-succès du premier et le fiasco des dernières, ont entrainé les ultimes et radicaux réajustements qui ont conduit jusqu’à ce fameux séminaire.
Mais attention aux querelles phosphorescentes et byzantines autour des articles 27 et 104 qui nous fixent dans le cosmos douillet des théories juridiques ! Pendant ce temps, le MFDC qui est au sol (par opposition au cosmos) arrose la Casamance de sang. Et nous rappelle qu’un symposium sur la Défense nationale est plus urgent qu’un séminaire sur le Droit, la Constitution et les cabales politiques.
Ps : Certes Idrissa Seck a consulté, avant Wade, le constitutionnaliste français Guy Carcassonne ; mais Idy n’est ni chef de l’Etat ni gardien de la Constitution. Laquelle est bien au-dessus de la mairie provinciale de Thiès.
Nouvelles d’ailleurs: Etats Généraux de l’Education: garde-à-vous!
Chez nous, question éducation nationale, un ami me répète, à l’envi: «il y a ceux qui ont eu la chance d’apprendre sous Mokhtar ould Daddah et il y a les autres. Notre école, aujourd’hui, est une usine à fabriquer des bourricots». Passons le côté quelque peu outrancier, provocateur et cliché d’une telle affirmation et reconnaissons qu’elle n’est pas dénuée de fondements.
Notre PM a dressé un constat, amer, sur le système éducatif des Nous Z’Autres. Que ce soit lui qui dise les choses qui fâchent est, en soi, un buzz, vu que notre PM est l’homme de l’Absence, l’Invisible, le Muet, l’Ombre du grand Patron, tellement dans l’ombre qu’il est, pour la plupart d’entre nous, un inconnu. Alors, quand notre PM à temps partiel vient nous parler, il faut savourer le moment et se dire que nous avons un PM… El hamdoullilah !
Dans son discours mettant en place la commission qui va plancher sur le cadavre Education nationale, notre apparition fantomatique – je veux dire: notre PM – n’y est pas allé de main morte: notre système est dégradé, manque de crédibilité, en totale inadéquation avec le monde du travail. Il aurait pu rajouter (ça, c’est la faute à ses assistants, ceux qui pondent les discours des VIP): notre système des Nous Z’Autres est minable, obsolète, exclusif, fade, irresponsable, destructeur, formateur de semi-analphabètes, sans perspectives, idéologique avant d’être éducatif, chasse-gardée de nationalismes réducteurs, laminé, ratatiné, pauvre… J’en ai, sûrement oublié mais, bref, c’est l’exemple même de tous les ratés de nos sociétés et image des Nous Z’Autres peu flatteuse. Car notre système est notre miroir. Cinquante ans d’existence et nous avons réussi le casse du siècle: enterrer les rêves de celles et ceux qui avaient rêvé une Mauritanie nouvelle. Chaque gouvernement s’est empressé, soit de masquer les défauts, à coups de replâtrages bidons, soit de pondre des réformes qui ont accéléré la mort du mammouth Education nationale.
1979 sonnait le glas des Indépendances. Les Nous Z’Autres, «peuple de héros», découvraient le ridicule du ridicule: les classes à couleur, concept mauritano-mauritanien de l’identité. D’un côté, les Noirs, considérés comme francisants, «suspects» donc, et de l’autre, dans des classes séparées de toute «pollution» linguistique, les Blancs, porteurs de la «survie identitaire» de notre pays. Et au milieu, ceux qui parlaient et le français et l’arabe et qui se sont tapé d’incessants va-et-vient. Pour corser le tout, on a pratiqué un découpage, tout militaire, pour décider quelle langue pour quelle matière! Les sciences dans telle langue, l’imrs en arabe, etc. Je me demande même pourquoi on n’a pas promulgué une langue pour les cours de sport!!!!
Alors, notre Manitou et son chaman (Aziz et Laghdaf, pour les intimes) ont décidé que, cette fois, on allait voir ce qu’on allait voir! Fini le vieux système «fabrique de bourricots» et bienvenue à la Mauritanie du XXIème siècle, moderne, en adéquation avec son temps et la mondialisation, Mère de tous, et Père de l’Espoir. Notre PM par intermittence l’a dit: il nous faut une école qui soit un modèle de conservation des valeurs et des mœurs.
Sur le modèle du Dialogue National, couteuse et pathétique grand-messe d’automédication, des personnalités, désignées volontaires, doivent s’enfermer et penser, réfléchir, se torturer les méninges, accoucher d’un plan, de directives, de conseils, de recommandations. Jusque-là, rien que de très louable: oui, il faut réformer notre école qui fabrique, depuis des années, des semi-analphabètes (car savoir lire et écrire ne fait pas de vous un «citoyen» non????).
Mais, comme d’habitude dans notre République dattière, tout se fait dans l’urgence et dans le désordre. Comment mettre en place des Etats Généraux de l’Education, sans réfléchir, d’abord, au vivre ensemble? Comment, quand on sait les blessures béantes de notre histoire, susciter un citoyen et une identité, sans se pencher sur «qu’est-ce que la Mauritanie; qui sont les mauritaniens; quel citoyen pour quel pays?». Pourquoi refondre un système délabré et inefficace si l’on ne prend pas le temps de poser les bonnes questions?
La leçon du recensement n’a, visiblement pas, porté ses fruits et aura vécu le temps de la mort dramatique du jeune Lamine Mangane. Notre pays s’est forgé une histoire douloureuse et a laissé les politiques et les idéologues nationalistes s’emparer de l’Education, sans écouter les enseignants, les historiens, les parents d’élèves, les jeunes… La Mauritanie se devait d’être arabe et on a massacré l’école, au nom de cette idéologie d’exclusion. On a fabriqué des générations de jeunes sans esprit critique, sans saveur, sans réelles connaissances. Des jeunes qui savaient juste se débrouiller en écriture. Des jeunes à la culture proche du zéro.
On a surnoté, souvent. On a dézingué, toujours. On a envoyé nos enfants dans des universités étrangères – ce n’est pourtant plus à la mode – où la majorité a dû ramer, dur, pour se mettre à niveau: tandis que les francisants cravachaient, les arabisants, envoyés dans les universités prestigieuses du monde arabe, découvraient que, sans anglais, impossible de suivre une filière scientifique! Seuls les meilleurs, les plus acharnés, tiraient leur épingle du jeu, en se collant à leurs livres, comme un bébé au sein maternel. Les autres sont revenus… Puis on a décidé de fonder nos propres universités. Elles sont pleines à craquer. C’est normal: la manne des bourses étrangères s’étant tarie, celui qui veut étudier est coincé à la fac de NKTT. On a creusé le fossé entre toutes les Mauritanies. On a laminé le français, perçu comme langue du colon, en oubliant que, de fait, cet idiome faisait partie, par la force des choses, de nos histoires, plurielles. Qu’elle nous appartient, désormais. On a ouvert un Institut des Langues Nationales, quasiment mort-né. On a arabisé, à tour de bras, sans prendre le temps d’étudier comment les pays arabes géraient cette langue, en matière d’éducation.
Aujourd’hui la louable intention de réformer notre système éducatif va se concrétiser, comme tout chez nous, sans respecter le chemin logique qu’il faudrait: avoir le courage de dire, d’abord, que, dans la Mauritanie d’aujourd’hui, une partie des citoyens ne se reconnaissent plus; que la Mauritanie d’aujourd’hui a une vilaine couleur uniforme; que la Mauritanie d’aujourd’hui n’a pas expurgé sa mémoire; que la Mauritanie d’aujourd’hui n’a seulement besoin du politique mais de citoyens ouverts au monde, critiques et «savants». Que les politiques, dès lors qu’on leur laisse le droit de décider de nos vies, ne font, de l’école, qu’un outil de propagande idéologique, pour formater des générations à une Histoire officielle, un mode de pensée officiel, des comportements raidis et figés. Que notre école n’a pas besoin des religieux, comme le réclame l’imam de la Grande Mosquée de NKTT: elle a besoin de courage, pas de barrières. Que nous méritons, que nos enfants méritent, le rêve. Que, dans ce pays à pensée quasi unique, idéologisé, arabisé, sans vision claire de l’avenir, les riches et les politiques envoient leurs enfants dans les écoles françaises, laissant, au peuple, l’école de «ceux d’en bas», moins que médiocre. Que ce pays mérite l’arabe ET le français. Que ce pays est une charnière, la main entre le Maghreb et l’Afrique dite noire. C’est ça, notre identité et celle de nos enfants. Ce qui fut une fierté est devenu une honte officielle. Alors on va blablater, pendant quelques semaines, et s’auto-glorifier de conclusions officielles. Sans avoir répondu à la question primordiale : qui sommes-nous? Et que voulons-nous? Salut,
Mariem mint DERWICH –LE CALAME
RIM-Sénégal : Retour sur les événements de 89
ALAKHBAR (Noukchott)-«C’est quoi (les événements de 89)? Un incident presque banal entre des bergers et des cultivateurs, des bergers venant de Mauritanie et des cultivateurs étant des Sénégalais. Et sur la base de cet incident le ton a monté, les affrontements ont eu lieu, la situation s’est dégradée, a dit Ibrahima Fall candidat déclaré à la présidentielle sénégalaise de 2012. Ibrahima Fall , ministre sénégalais des affaires étrangères sous Abdou Diouf, au moment des «événements douloureux entre le Sénégal et la Mauritanie», était interviewé par le quotidien sénégalais, Le Populaire. Pour lui, «le point d’achoppement, c’est où se trouve la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal. Le Sénégal se fondant sur la délimitation coloniale qui place la frontière sur la rive droite du fleuve Sénégal défendant la position selon laquelle le fleuve appartenait au Sénégal, la Mauritanie se fondant sur d’autres considérations estimait que la frontière se trouvait au milieu du fleuve Sénégal».
Le candidat a rappelé «j’ai reçu un mandat de m’impliquer dans la recherche de solutions. J’ai dirigé la délégation sénégalaise qui a rencontré la délégation mauritanienne conduite par le ministre de l’Intérieur, à Bamako où nous avons négocié. Nous avons effectué plusieurs négociations».
En outre, Ibrahima Fall dit avoir « vécu douloureusement cette affaire pour trois raisons. Un parce que je suis convaincu qu’une frontière constituée par un fleuve dans une région sahélienne où le principal problème est où trouver de l’eau, doit unir plutôt que séparer. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que ce fleuve a servi pour créer l’Omvs. Deux, je considérais historiquement que les peuples sénégalais et mauritaniens avaient partagé tant de choses que tout devait être fait pour fructifier les relations et non remettre en cause ces relations. Trois, je suis panafricaniste et que je considère les frontières héritées de notre colonisation doivent être dépassées pour construire l’unité africaine».
Flamnet-Agora : Enrôlement des populations : les dessous de l’opération par Bara Ba(Suite et fin )
Dans cette deuxième partie je voudrais examiner, avec vous chers lecteurs, cette opération, plus en profondeur, en en montrant les aspects absurdes voire irrationnels, en même temps que les soubassements véritables!
Rappelons, pour commencer, que cet enrôlement est basé, comme nous le constatons, principalement sur l’acte de naissance (de l’ascendant) -pièce maîtresse de tout le montage ! C’est-à-dire que lorsque vous êtes agé de 44 , 45 ans, vous êtes tenu de présenter le certificat de naissance d’un de vos ascendants, à défaut, son certificat de décès!
Dans le cas d’un père décédé, le requérant devra obtenir du cadi, du juge , ou du médecin, un certificat de décès; notez le ridicule : un juge vous établira, contre une taxe de 10.000um, un certificat de décès pour un défunt qui n’a jamais été enregistré nulle part, puisqu’il n’existe pas de registres de décès !
Où est la fiabilité d’un fichier qu’on prétend vouloir assainir, si à a chaque fois que quelqu’un décroche un certificat de décès il est assuré d’être enrôlé ?
-Autre aspect, non moins absurde, dans la conception de cette opération :
Vous êtes âgé de 44 ou 45 ans , et l’on vous demande de fournir un acte de naissance de votre père censé être âgé, au moins de 65 ans ( si l’on considère 20 ans comme différence minimale entre père et fils ), dans une Mauritanie, qui n’existe, officiellement, que depuis 1960 ! N’est-ce pas incohérent ?… à moins de chercher à rendre la vie impossible à certains, pour les besoins d’un alibi que requiert l’application d’un plan secret !
Mais si c’est à la Mauritanie de 1904 que l’ on se réfère et non à la Mauritanie post-indépendance , alors, il n’y avait qu’à revenir aux registres des impôts établis par le colon dans les années 40-50 , si tant est qu’on tient, vraiment, à remonter aux ascendants ! A condition bien entendu que les archives n’aient pas été encore détruites par l’administration arabo-berbère , à son habitude, comme pour effacer toute trace du passé dans le Sud !
-Poursuivons :
Il n’échappe à personne que nous, mauritaniens, n’avons pas encore intégré la pratique du recours à l’acte de naissance, dès que le bébé naissait .
En 1960 , et jusque dans les années 70, personne ne semblait en éprouver le besoin ; c’était le cadet de nos soucis ! A à nos jours , combien de bébés naissaient et grandissaient sans papiers , dans nos campagnes, dans nos villes et à leur périphérie ? S’il en est ainsi, à l’heure actuelle , que dire , à fortiori, de la génération de la soixantaine , essentiellement concernée , puisqu’étant choisie comme base de départ dans cette fameuse opération d’enrôlement ?
Les Bidhaans, nomades, et les Peulhs, nomades, en majorité , ne possèdent toujours pas d’actes de naissance! chez les Haratines, c’est encore pire, car dans leurs adwabas on ne connaît ni certificat de mariage, ni acte de naissance. Ils sont comptés comme des « biens » de la tribu, pris en charge par le chef tribal.
Bref nos populations étaient et demeurent, dans leur écrasante majorité, dépourvues de pièces d’état civil , même en milieu sédentaire . La minorité qui sollicitait la pièce d’acte de naissance auprès de l’Administration le faisait, généralement, en cas de projet de voyage ; lorsqu’on était candidat à l’immigration lointaine.
La pratique du recours à l’établissement de l’acte de naissance ne s’est généralisée, qu’avec la catégorie des fonctionnaires de l’Etat et des ouvriers , pour des besoins administratifs ; pour des allocations familiales. L´acte de naissance était également établi dans les centres urbains ou dans les gros bourgs pour l’enfant qu’on s’apprêtait à inscrire à l’école, ou pour l’élève, à la veille des examens ou concours à passer , en fin du cycle primaire.
Comme on le voit donc, la pratique d’établissement de l’acte de naissance n’est pas entrée dans les mœurs et traditions des mauritaniens.
Concernant l’acte de décès il reste complètement méconnu, à nos jours, jusque dans le milieu urbain ; seules les veuves de fonctionnaires y recourent pour constituer des dossiers administratifs, afin de percevoir la pension de leurs maris défunts . Pour tous les autres cas, quand le conjoint décédait “il était parti , c’est tout …rappelé à Dieu”! Dans ce pays , ne l’oublions pas , face à la mort la mentalité reposait et repose encore , largement, sur la formule que « Dieu avait crée … il a repris » !
Comment, dès lors, avec une telle mentalité et face à une telle réalité , se réveiller un beau matin , et baser un recensement , aussi important que celui des populations, sur des critères aussi évanescents, voire inexistants ? Comment exiger la présentation d’une pièce administrative à une population qui n’en possédait pas, au moins pour les trois quarts (¾ ) ?
Le gouvernement, à travers ses commissions, demandait des papiers qu’il était assuré, par avance, de ne pouvoir obtenir d’une population qui ne pouvait les lui fournir , puisqu’elle n’en possédait pas !!!
Tous ces Bidhaans de la ‘’Badya’’, tous ces Peulh nomades et tous ces Haratines des adwabas, seraient laissés en rade, soit les ¾ de la population exclus, si ce critère était appliqué !
Quelle était donc la logique, derrière cette démarche , qui ne menait nulle part ?
La seule logique cohérente qui , à mon sens , s’offrait à l’esprit est celle-ci : tout ce à quoi nous assistons était une mise en scène destinée à noyer le poisson ; un prétexte !
La réalité est que ce critère (présentation exigée de l’acte de naissance de l’ascendant ) ne sera pas appliqué à tout le monde ; l’application se fera sélectivement, et ne concernera que les indésirables, c’est-à-dire les Négro -africains, et les Haratines insoumis !
Car ceux qui gèrent et contrôlent ces commissions , en amont et en aval , sont ceux- là mêmes qui contrôlent l’office des statistiques , interdit d’accès ! Dans le secret de leurs bureaux ils auront les coudées franches pour retenir ou gommer qui ils voudront !
Ce projet est mis en œuvre, en vérité , parce que la marche inexorable du pays vers la démocratie fait resurgir la peur ; peur de voir le pouvoir changer de mains ; d’où la nécessité de prendre des dispositions , – entre autre cet enrôlement- , pour prévenir cette inquiétante perspective .
Voilà pourquoi cet enrôlement a été conçu.
Voilà pourquoi il ne pouvait être que de nature , foncièrement, discriminatoire et raciste !
Voilà qui justifie que dans une Mauritanie qui se définit comme un pays multi-culturel et pluri-ethnique, des agents recenseurs interrogeaient Negro africains ( Pulaars Soninkés ,Wolofs ) en arabe ! comme si parler arabe constitue le critère essentiel pour déterminer la mauritanité ! on rejetait ces populations , on doutait de leur mauritanité, parce qu’elles ne parlaient pas cette langue ? combien d’arabo-berbères parlaient pulaar ou soninké?
Ces agents s’amusaient , en outre , à exiger des Négro-africains la récitation d’une sourate , comme pour tester leur foi , alors que le rapport de Dieu avec chacun est d’ordre strictement privé, personnel !
Cette attitude de mépris des agents recenseurs vient s’ajouter à une autre , devenue habituelle, qui s’exerce pendant les contrôles routiers opérés au faciès , au cours desquels seuls les Negro -africains sont sommés de présenter la pièce d’identité au gendarme !
Votre mauritanité est affichée au visage , suivant que vous serez Blanc ou Noir !
Autre pratique vexatoire de ces mêmes commissions : obliger les villageois à se rendre au chef-lieu de préfecture ou de région pour se faire enrôler ; La moitié ne s’y rend pas , faute de moyens pour transporter des familles nombreuses . L’autre moitié qui s’y rend finit , lassée après des semaines voire des mois d’attente , par repartir pour ne plus revenir , profondément déçue ! Même situation pour les réfugiés , complètement démunis , auxquels il est demandé de se prendre en charge, pour se transporter avec leurs familles, vers les centres urbains .
L’objectif du gouvernement arabo-berbère, à travers ces conditions contraignantes, est , manifestement , de susciter un découragement généralisé, qui amènera la moitié de la population Négro-africaine à renoncer à l’enrôlement !
Si parler aux gens une langue qu’ils ne comprennent pas , ou tester leur foi passe encore , en dépit du caractère provocateur, ce qui est inacceptable et qu’on ne peut laisser passer , c’est la composition de ces commissions, qui montre à quel point le régime du Président Ould Abdel Aziz est un régime raciste . Plus que ces comportements vexatoires il y’a , par-dessus tout , cette façon inacceptable, de constituer ces commissions , composées et dirigées par la seule composante arabo-berbère . La commission centrale de supervision , composée de 13 membres compte un seul Negro -africain et un seul Haratine ; la centaine de commissions régionales, composées essentiellement par des Arabo-berbères restent dirigées par eux !
Le Système d’Apartheid n’aurait pas fait mieux !
S’il est admis que la Mauritanie est un pays bi-racial , pluri-ethnique et multi-culturel , dont tous les fils sont , dit-on , égaux en droits et en devoirs , au nom de quelle logique , une composante nationale s’arrogerait –elle, toute seule , le droit et le privilège de décompter les autres ?
D’aucuns nous parlent de déficit de communication de la part du gouvernement , comme pour mettre de l’eau dans son moulin, mais ils passent sous silence que ces mêmes commissions refusent de s’entourer d’interprètes pour, justement, communiquer avec ces populations !
Sur ce point précis portant sur le déséquilibre , il n’y a rien n’à communiquer !- rien qui puisse le rendre tolérable ! La seule communication qu’il faille sur ce point là est sa correction ou sa suppression pure et simple !
Voilà le point, nodal, sur lequel le Mouvement MTPN devra mettre l’accent , en exigeant la restructuration ou la recomposition, équilibrée, de ces commissions !
On nous parle aussi d’améliorations apportées ! mais quel sens ou quelle portée leur donner tant que ce déséquilibre ou cette anomalie majeure persiste ?
Et pas géné, outre mesure, par ces iniquités et toutes ces provocations, voilà que le directeur de l’agence chargé de l’enrôlement en rajoute, par cette réponse à une question portant, justement sur ce déséquilibre: « moi j’ engage selon les compétences» !
Propos très graves!
Car c’est prétendre que seuls les Bidhaans étaient compétents ! Que certaines races seraient supérieures à d’autres; Que la race Bidhaani serait supérieure à la race noire…
On croirait entendre Gobineau !
Dans le camp de nos intellectuels et hommes politiques, personne pour dénoncer, sérieusement , ces attitudes et cette situation de racisme flagrant , excepté les journalistes Ould Beja et Ahmed Ould Jiddou Aly !
Et lorsque des jeunes du MTPN , indignés , se révoltent et brûlent des pneus , des intellectuels arabo-berbères de …Clermont F et d’ailleurs, avec leurs compères , s’empressent d’appeler au calme !
Cet enrôlement, en conclusion, foncièrement raciste, a pour pour but de fonder, légalement, le déni de citoyenneté des Noirs mauritaniens, dont le poids démographique est perçu comme une menace à la pérennité du Pouvoir arabo-berbère ! Lorsqu’il sera terminé , si rien n’est entrepris d’ici là pour le stopper , des milliers de Négro –mauritaniens se retrouveront apatrides, dans leur propre pays !
Voilà pourquoi j’appelle les jeunes à continuer de résister ; voilà pourquoi je les invite à s’approprier ces paroles du célèbre penseur américain F Douglass : « there are only three ways to make changes : « agitate , agitate , agitate » !
Il n’y a que trois manières pour susciter des changements : agiter , agiter , agiter (le Système ) !
La lutte continue.
BARA BA
Dakar –Sénégal
Novembre 2011
Des Etats généraux de l’Education, Opinion d´un flamiste !
A l’heure où l’on parle d’états généraux de l’Education, de nouveau, au moment où la question de la place de la langue arabe ressurgit, suscitant au passage remous et controverse *, il me plaît de re-proposer au lecteur cet article (légèrement remanié ), écrit il y’a plusieurs mois déjà.
Notre Ecole est malade, notre système éducatif en crise, tout le monde en convient ; Il nous revient donc de marquer,sagement, un temps d’arrêt, d’y jeter un regard critique afin de lui ‘apporter ce remède de cheval dont il a besoin, puisque le mal persiste depuis 40 ans ! Voilà pourquoi cette crise de notre Ecole, très profonde et multidimensionnelle, devra être diagnostiquée sans complaisance.
Au-delà des raisons que j’appelerai de surface , comme la dégradation des conditions d’étude ( effectif pléthorique, manuels scolaires insuffisants, voire inadaptés, mobilier brinquebelant, locaux vétustes et inéquipés) je crois, plutôt, que les raisons profondes de cette crise sont ailleurs, et d’ordre psychologique, administratif et politique .
D’ordre psychologique, dis-je, par la perte de statut du corps Enseignant, conduisant à sa démotivation complète, par contagion du milieu social dans lequel il baigne, où les valeurs universelles de réference habituelles, telle l’honnêteté, le respect du travail- du travail bien fait-, la moralité, ont cédé la place à la course effrénée vers l’argent . L’enrichissement, à tout prix, tout de suite, a pris pas le pas sur la “conscience professionnelle”, d’où la flopée d’enseignants -boutiquiers !
Le terme « garraaye », devenu fortement connoté négativement, suscite presque, chez l’autre, un demi-sourire, et fait qu’il est presque honteux de se présenter comme tel ! On est désormais instituteur ou professeur, à défaut de mieux , mais certainement pas. par vocation .
On est là, pour un temps provisoire, transitoire, en attendant de trouver mieux, ou de ?’monter” sa boutique, ou encore de partir pour des cieux plus cléments.
Cette dévalorisation du métier d’enseignant s’accompagne ( ou s’explique ?) naturellement de la dépréciation du Savoir, censé être un des attributs majeurs de l’Enseignant. Aller à l’école, accumuler des diplômes, lire tout simplement , est perçu aujourd’hui, au mieux comme une perte de temps, au pire comme une absurdité. Avoir l’argent c’est mieux !
Pour corriger cet état de chose il faudra donc rendre à l’Enseignant sa dignité et son auréole d’antan par la revalorisation du métier, et restituer au Savoir l’admiration qui lui était attachée.
Autre cause des problèmes de notre Enseignement , son administration et sa gestion … où l’on constate l’absence de rigueur dans la sélection et le recrutement des maîtres d’école, l’absence de contrôle et de suivi qui fait le lit du laxisme et de l’affairisme, l’absence d’application systématique du principe d’émulation, de récompense et de sanction , l’absence d’équité dans les promotions , l’absence d’ordre , en un mot , au niveau le plus élevé .
Il nous faudra donc, repenser la gestion administrative des Enseignants, ce qui suppose la restauration du principe d’ordre au niveau de l’Etat et de son Administration, en général .
Crise enfin, d’orientation et surtout d’ordre politique.
Au lieu d’une orientation technique et pragmatique on a choisi l’élitisme ; à la place d’une Ecole qui produit des plombiers, des électriciens, des soudeurs, des maçons et des menuisiers, des agriculteurs modernes, on a préféré celle qui produit des littéraires, des philosophe, c’est -à -dire des fonctionnaires aux mains propres .
Il faut changer cet état de chose !
Enfin , l’aspect le plus important de la crise scolaire-il faut le souligner- renvoie au problème de langues, qui lui-même découle de la lutte sourde pour le contrôle du pouvoir .
Dès les années 50 on débuta des réformes, en série,.toutes linguistiques. Toutes les réformes des années 50 aux années 80 portèrent exclusivement sur la langue Arabe.
On a prétendu, à l’époque, recourir à cette langue arabe pour rendre notre Enseignement « authentique »,« national» ; mais en réalité ceci n’était qu’une supercherie, un écran de fumée , destiné d’abord, à renverser le rapport de force, ou l’ordre colonial existant, en faveur des négro -africains ; sous le couvert d’une prétendue « indépendance culturelle », Moctar ould Daddah ne visait, en réalité , rien d’autre ; ce que , du reste, honnêtement , confirme Moustapha Ould Bedredine de l’Ufp-mnd, par ce témoignage accordé, en1998, à Fresia Marion ² : ” Les Négro-africains représentaient 80% des cadres de l’Etat mauritanien naissant . Alors les maures ont voulu rétablir les rapports de force en leur faveur en utilisant deux instruments: la langue et l’école”.
On ne peut être plus clair ! La langue arabe a été, on le voit, bel et bien, instrumentalisée à cette fin !
Voilà pourquoi donc on permit, dès cette période, à des talibés coraniques et à des hommes à la mentalité de commerçants-?’epiciers” de sauter, à pieds joints, dans le système, et d’envahir le corps.
La préocupation première, majeure, des régimes arabo-berberes était donc, d’abord et surtout , de corriger ce déséquilibre à toute vitesse, n’importe comment, sans se préocuper de l’efficience, cadet de leur souci .
Un rééquilibrage de l’ordre colonial, normal et légitime certes, mais qui se fit hélas , dans l’excès ; nos Gouvernants arabo -berbères, se prirent au jeu, et sous l’instigation de leurs idéologues nasseriens et baassistes , décidèrent alors , dans la foulée, de « liquider une bonne fois les négro -africains par un nettoyage ethnique » en règle , afin de rendre l’arabité exclusive de la Mauritanie décisive et irréversible, pour citer quelqu’un. Le plus stupide de tous les présidents prit le mot à la lettre et, s’ensuivirent alors les déportations, l’épuration ethnique de la fonction publique, les éxecutions extra- judiciaires massives, simultanément à la radicalisation de l’Arabisation !
Le recours passionné et passionnel à cette langue arabe, en réalité , a pour visée le maintien du monopole du pouvoir par les Arabo -berbères, dicté par « des peurs enfouies »; le recours à la langue arabe ne servira pas de ferment d’unité, ou de moyen de promotion et d’épanouissement pour tous, mais de gangue protectrice, de garantie pour la préservation et la perpétuation du monopole du pouvoir par un seul groupe ethnique . Peu importait donc qu’elle se fît bien ou mal, pourvu qu’elle protégeât et pérennisât le Système ou l’hégémonie Bidhaan .
Voilà pourquoi l’Arabisation se fit dans la passion et la précipitation, caractérisée par l’impréparation et l’improvisation totale, sans préocupation aucune, pour l’efficacité, sacrifiant l’essentiel,c’est-à-dire n’accordant aucune considération pour la qualité , aucune pour la perspective d’emploi, aucune pour le développement , comme le résumait si bien quelqu’un.
Le résultat au bout ? un gâchis énorme et l’impasse totale !
Du côté Maure on assista à des générations d’enfants des masses populaires défavorisées sacrifiés à vie, sur l’autel du slogan de la « repersonnalisation » factice et démagogique de Moctar ould Daddah . Les enfants du peuple seront les seuls grands perdants. Les fils de Hasni ould Didi , de Mohameden Ould Babah , de Salah ou de Hamdi Ould Moukhnass, ces petits fils d’Emirs comme ceux, privilégiés, des colonels , gouverneurs et préfets, se verront assistés, après cours, à domicile, par des Maîtres francophones, payés à l’heure .
Du côté Négro Africain ce fut l’échec scolaire le plus massif, depuis1960 . Cette perception de l’arabe comme facteur d’échec et d’exclusion combinés ,conduira au rejet de l’Arabe, même par les arabisants négro-africains , perçue, à juste titre, comme instrument discriminatoire de sélection et de pénalisation .
Il faudrait être un génie pour réussir dans un tel système, pour ces écoliers négro-africains qui entamaient leur scolarité avec une double langue étrangère, au sens pédagogique du terme ! Seul le génie, disait Alain, n’a pas besoin d’aide , « au moindre appel, il bondit et perce la broussaille !».
Quelle solution, à quelle condition pour aboutir à des réformes adaptées et efficientes, au service du développement et de l’épanouissement pour tous ?
Une volonté déterminée, clairement affirmée, d’un devenir en commun, librement choisi, en constitue une pré-condition, essentielle, à mon sens, mais aussi et surtout un esprit nouveau, une mentalité nouvelle débarrassée du complexe ”du peuple supérieur”, tournée vers le respect de l’autre.
En ramassé , il nous faudrait , concernant l’orientation à donner à notre Système éducatif, en perspective de notre développement , opter pour une ligne médiane entre l’Enseignement technique et l’Enseignement Général , entre l’Enseignement de masse et l’élitisme; au niveau des langues , l’arabe devra être enseignée aux négro-africains, comme langue de communication tout court , et réciproquement pour le Pulaar, le Soninke et le Wolof en milieu Arabo-berbère, sans avoir, bien sûr, à renier le Français. Débarrasser cette langue arabe du dessein inavoué que l’on a voulu lui faire jouer, en l’instrumentalisant à des fins d’assimilation et d’exclusion, pour lui restituer son statut et son rôle de communication entre les peuples.
Un changement de mentalité, impératif et primordial à mon sens enfin, qui devra s’operer, en passant par la restauration, dans les langues maternelles, des cours de morale et de civisme fondés sur les valeurs de Justice, d’honneteté, de générosité, de partage, et sur la tolérance et le respect des différences.
C’est à ces conditions que l’on pourra reconstruire ou bâtir un Système éducatif, neutre, juste et effiscient, débarrassé de calculs partisans, qui servirait l’unité dans l’égalité des chances, et assurerait à tous le développement et le plein épanouissement !
Lorsque pendant 40 ans, on a essayé ou pratiqué quelque chose qui ne marche pas, ne fonctionne pas, le bon sens commande de changer !
Dakar le 10 juin 2008.
La lutte continue!
Bara Ba -FLAM-Sénégal.
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