Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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L’éditorial de La Nouvelle Expression : Non, mon Général

altLe Général Ould Meguett nie les tueries au sein de l’armée et accuse les « maladies diarrhéiques ». Le patron du Bureau d’Etudes et de la Documentation, BED (renseignement), dit que les civils et militaires victimes de la barbarie, voire de la bestialité de leurs compatriotes ou compagnons d’armes sont morts à cause de la diarrhée. Plus de 500 tués, victimes de la diarrhée. Où sont leurs tombes et pourquoi ils ont été enterrés sans sépulture, une obligation musulmane, pourtant ?

Mon Général, que vous affirmez devant les rescapés et les orphelins que vous êtes accusé à tort, passe encore ; que vous clamez que votre nom, cité dans la liste des présumés assassins et tortionnaires, est anormal car vous ne pouvez faire mal à une mouche, c’est votre droit le plus absolu. On peut le comprendre.

 

Mais de là à banaliser la mort de tant de compatriotes qui, plus est, étaient vos compagnons d’armes, cela ne peut relever que d’une cruauté rare ; en tout cas un manque criant d’esprit du corps. Une telle attitude nous fixe sur votre personne, tout comme elle renseigne sur votre vision.

 

Mon Général, le monde entier sait maintenant combien les purges au sein de notre armée furent sanglantes ; combien l’assassinat gratuit était courant. Il ne sert donc plus à rien de le nier, encore moins de vouloir l’occulter. Ce serait au mieux prendre les citoyens de ce pays et du monde comme des idiots ; et au pire, insulter la mémoire des disparus, alors même que les Mauritaniens (dans leur grande majorité), maintenant bien au fait des atrocités dont se sont rendus coupables certains membres des forces armées, cherchent à panser les plaies et tourner la page.

 

Mon Général, votre façon de raisonner va même à l’encontre des actes déjà posés par le Président Ould Abdel Aziz qui a reconnu les faits, demandé pardon et prié à Kaédi pour le repos des assassinés d’Inal, de Jreida, d’Azlat et d’ailleurs. Ou bien, voulez-vous insinuer qu’Ould Abdel Aziz n’avait pas à demander pardon à des soldats morts après une crise de diarrhée ?

 

Non, mon général, retirez cette insulte qui n’honore point un officier de votre rang, car nulle part au monde on a vu, d’un coup, plus de 500 soldats, presque tous de la même ethnie, mourir, comme ça, de leur belle mort, après une attaque de diarrhée. En tout cas, ce serait la première fois qu’une diarrhée aussi sélective s’attaque à nos soldats !

 

La Mauritanie n’a pas besoin d’affront ; elle veut avancer en assumant son histoire, même la plus cruelle. Au moment des faits incriminés, vous étiez capitaine. Vous et d’autres membres des forces armées ont été accusés d’avoir commis des atrocités. Ce n’est donc pas toute l’armée mauritanienne qui est accusée et vous êtes présumé innocent jusqu’à ce que votre culpabilité soit établie par une juridiction compétente.

 

Mon Général, la Mauritanie, notre pays a trop souffert du négationnisme. Cette page doit être tournée pour le bien de cette Mauritanie qui nous a tout et tant donné mais que certains continuent à triturer et vouloir plonger dans la mouise. Tous, ensemble, nous devons prier pour l’âme de nos morts ; nous leur devons vérité pour qu’ils reposent en paix.

 

Reconnaître la vérité c’est d’abord reconnaître les mouroirs d’Azlat, de Tiguint, de Nbeika, d’Atar, de Nouadhibou, d’Aleg, de F’derik, d’Inal ou de Jreida. Le devoir de vérité. Le devoir de mémoire. Le devoir de justice. Avant les réparations et le pardon. Avec sérieux et loin de cette « commission du passif humanitaire » qui donne l’aumône à certains et omet le grand nombre.

 

Mon Général, il est temps pour nous tous de prendre de la hauteur. Il est temps de cesser de recouvrir du voile de la honte les sépultures sans prière de tous ces morts qui continuent d’interpeller les vivants. Il est temps d’arrêter d’accuser les mouches ou les moustiques ; le béribéri ou le choléra. Les enterrés de Sori Malé, les entassés de Wothie, à ce que l’on sache, ne souffraient ni de palu ni de courbatures.

 

De deux diarrhées, Mon général, il faut se méfier : la diarrhée « ventrale » et la diarrhée verbale…

 

Seydi Moussa Camara- La nouvelle Expression

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Luuku Laaka kuɗol Aamadu Sammba Demmbele mo Jowol

altLaamu Muritani to Kahaɗi artirii caɗeele he nder caɗeele ɗe njahaano. Enen ne ngartiren ɗo LUUKU LAAKA HE NDER LUUKU LAAKA seeɗa. Holi ko addi dillere waɗnde hannde kahayɗi haa oto e galle nduppaa ? Heccitaawel, biyeteeɗo Abbaas Kan, gummiiɗo Ɓoggee ariino wallude baaba mum winnditaade, yimɓe laamu ɓe njiɗi yaltin’de mo he winnitordu he, o salii, ɓe mbaɗdi heen. Laamu ngu waɗi ndoolndoolaagu nawi mo sokoyi mo. Iih !!! neɗɗo waawaa wallude baaba mum donkitɗo no winnditorii ? sabu ko jahroowo he duuɓi 96.
Mate wonaa won wiynoo
ɓe caɗeele binndatagol ɗe nana ngustiree seeɗa seeɗa ?
Hay maw
ɗo leydi o waɗtiino yillaade he binnditorɗi he ngam hoolkisaade no ɗum yahrata . Haa ɗuum fuɗɗii tiiɗnude woon he ɓerɗe. Waɗde so cidel fasii ko tuutata hankadi ?
Waɗde dillere « woto- wooto -he –ɓiyngu- leydaagu –am » ummitinii seppooji mum to Dimmbee. Eɗen ciftina ko ɗiin seppooji caabinoo toon duppugol werlaa polis e dummbegol e leeptegol sukaaɓe heewɓe. Hannde ne hay so hay gooto jaggaaka tawo ne, garnaatuuji keewɗi mbeddaama. Werlaa gardiɗo sukaaɓe e coftal ɓalli duppaama. Sukaaɓe ɓe ndeeƴtii kono mbiyi ko artooɓe. Ko jogori kewde ? laaɓndo ɗen gorko gooto ina wiyee ƁOOYI.
Jooni noon holi gaddii
ɗo ɗum fof ? Ɓe mbiyi ko laamu ngu. Ma a taw waɗde laamu ngu ɗigginaani cefol jannginanoo « so uure (uubre) waɗii yo safre gila wontaani bara ».
Wa
ɗde ƴeewen piɓi sabu, he ñohre, mboɗo jogii ɗo piɓol jarngol so oɗon cuusi nawan de ɓe… ngol wiyetee ko « cafroowo ɗeɗɗataa ! »

Demmbele Aamadu Sammba- DAS  mo Jowol- jamma jamma…

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Recensement et double nationalité Par Ousmane Ba des FLAM-Europe de l´Ouest

altMême si les Mauritaniens naturalisés en France ou ailleurs sont responsables de leurs décisions de naturalisation après plusieurs années d’exil politique, je voudrais quand même faire une analyse entre cette conséquence et le recensement en cours au pays.

 

Lorsque le recensement dit « fiable » a été lancé au mois de Mai dernier en Mauritanie, on a observé au paravent la fermeture, pour des raisons douteuses, des consulats mauritaniens à  Dakar et  à Paris qui enregistrent de fortes concentrations de communautés noires mauritaniennes.

 Le recensement sera fait à l’ambassade ; mais pour se faire recenser, on doit présenter, en plus des papiers d’Etat civil mauritaniens,  le titre de séjour français pour le cas de l’enrôlement en France. En exigeant le titre de séjour français les autorités mauritaniennes ont voulu écarter délibérément des milliers de Noirs mauritaniens exilés en France à cause de la répression et la terreur qui  les avaient frappés, à l’époque du régime  assassin de Moawiya Ould Sidi Ahmed Taya en Mauritanie. Il y’a une autre tracasserie administrative que les Mauritaniens ayant obtenu la nationalité française subissent à l’ambassade de Mauritanie à Paris quand ils s’y rendent pour demander un visa d’entrée : Au-delà des frais de visas  qu’il faut payer, on leur exige aussi une pièce d’Etat civil prouvant qu’ils sont ou qu’ils étaient mauritaniens.

Pourquoi exiger un acte de naissance en plus du passeport pour établir un visa à quelqu’un ? Les autorités plénipotentiaires mauritaniennes ne chercheraient-elles pas à établir une liste rouge des Mauritaniens ayant une autre nationalité dans le but de les priver définitivement de la nationalité mauritanienne en les empêchant de se faire recenser ? Les mauritaniens naturalisés français et refugiés politiques ne disposant pas de la carte d’identité mauritanienne  ne peuvent pas se faire recenser.  

Ce recensement  est fait malheureusement dans le but de diviser  les Mauritaniens les uns contre les autres. Le critère de recensement n’est pas le même selon qu’on vit en exil (un exil qu’on n’a pas choisi) ou qu’on est né à l’étranger. Ce critère devrait être simple et unique pour tous les Mauritaniens.

Quand Mohamed Ould Abdel Aziz traitait les manifestants mauritaniens à Paris contre le recensement de Français et quand il répondait que les Mauritaniens ne demandent pas de visas pour se rendre en Mauritanie suite à une question de Kassataya sur les tracasseries de visas pour les Mauritaniens qui veulent se rendre en Mauritanie, ce n’était pas fortuit.... Et pourtant il connait parfaitement l’existence de la double nationalité à travers la Mauritanie et tous ses pays limitrophes. Il y’a des millions d’Algériens qui font chaque année  des allers et retours entre la France et l’Algérie sans aucune tracasserie administrative et participent à toutes les élections algériennes en France. Pourquoi ? Parce que les autorités algériennes aiment et protègent leurs concitoyens quels qu’ils soient partout dans le monde.  Elles savent que la double nationalité est une opportunité sociale et économique pour l’Algérie et non une tare.  On voit la même chose à travers les immigrés maliens, sénégalais, marocains, tunisiens, togolaise, etc. Ce qui n’est pas le cas des autorités mauritaniennes vis-à-vis des Noirs mauritaniens qu’ils massacrent ou vouent à la servilité sociale. Si le gouvernement actuel est  réellement démocratique, il aurait dû faire une rupture totale des pratiques des  régimes militaires qui l’ont précédé en favorisant l’ouverture et le dialogue avec les exilés mauritaniens au lieu de les stigmatiser.

De mon point de vue la nationalité est un fait naturel, inné et inaliénable. Car, on appartient naturellement à un pays (le village, la région) comme on appartient à une famille (avec les parents, les frères et sœurs, la tribu…). Le décret présidentiel qui consisterait à dire que tel citoyen ou telle citoyenne pourrait ou pas conserver sa nationalité mauritanienne est un non sens pour moi.

Les Mauritaniens de la diaspora doivent rester mobilisés et vigilants face au système de gouvernement raciste mauritanien qui cherche vaille que vaille à déposséder des Noirs mauritaniens de tout acquis naturel soit-il ou de toute possibilité d’améliorer leurs conditions de vie

Si du point de vue philosophique on définit l’Etat comme un instrument de domination  économique et sociale, on voit bien que l’Etat mauritanien joue ce rôle à merveille contre les Noirs mauritaniens.

 

 

Ousmane BA

Le Pecq France  

30/11/11 

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Flamnet-Agora: Séminaire international sur la constitution: Dakar navigue entre Droit et décadence Par Babacar Justin Ndiaye

altAprès avoir qualifié les spécialistes sénégalais – en désaccord avec de lui – de « constitutionnalistes de bazar », le Président Abdoulaye Wade a mis au travail, des constitutionnalistes… de palace. Là-bas, dans une salle de l’hôtel Méridien. Une initiative du chef de l’Etat et de ses Forces alliées pour 2012 (plus féales qu’alliées), qui a conduit le Sénégal, au carrefour du cocasse et du loufoque.

Curieux Sénégal, en effet, où l’on importe, 60 ans après l’indépendance, une kyrielle d’experts étrangers (avec un bon lot de Français) pour interpréter une Constitution nationale entièrement rédigée par des nationaux, et votée – que dis-je ? – plébiscitée en janvier 2001, par le peuple souverain.

Plus kafkaïen encore, le Professeur Jean-Yves de Cara a eu l’outrecuidance de désosser, au plan du lexique, l’article transitoire 104, devant un auditoire constitué majoritairement de concitoyens du Professeur agrégé et académicien Léopold Sédar Senghor. Une brève leçon de grammaire donnée au moment (mauvais) où l’Elysée rend hommage, dans un communiqué truffé de fautes d’orthographe (selon une dépêche de l’AFP) à la défunte Danielle Mitterrand.

Est-il nécessaire de rappeler, à ces experts sexagénaires, que le Général De Gaulle avait ordonné, en 1958, au futur Premier ministre Michel Debré, de coopter Senghor (le non juriste) dans le comité de rédaction de la Constitution de la Cinquième République ? Devant le silence et le regard interrogateurs du Président du comité de rédaction, Charles de Gaulle expliqua, en substance, que l’agrégé sénégalais se chargera du volet grammatical du travail des juristes. On peut alors croire que, le 21 novembre dernier, vers midi, le premier Président du Sénégal a bougé dans sa tombe de Bel-Air, eu égard aux échos désobligeants du séminaire. 

Que diantre, pourquoi le ciel a-t-il ouvert ses vannes pour doucher si abondamment de honte, le Sénégal ? La faute incombe évidemment à cette République des juristes (Abdoulaye Wade, Souleymane Ndéné Ndiaye, Madické Niang et Ousmane Ngom) qui n’a pas été capable de s’auto-défendre. Au point d’organiser un conclave de mercenaires du Droit – pardon de professeurs de Droit – sur lequel a plané l’ombre du contrat juteux. Bizarre et blessant.

 

Question : est-ce que l’élite politique et la crème universitaire du Sénégal valent-elles moins, en termes de  clairvoyance et de patriotisme, que leurs homologues du Burkina qui ont résolu – sans assistance étrangère ni apocalypse national – une équation identique, avant la dernière présidentielle au « Pays des hommes intègres », et farouchement nationalistes ?

Mais le plus renversant, c’est que Babacar Guèye et Pape Demba Sy, hier mobilisés comme de très bons rédacteurs, sont, aujourd’hui catalogués voire calomniés comme de très mauvais interprètes de la même Constitution. C’est à n’y rien comprendre. Sauf que dans le camp présidentiel, la logique fout… le camp. Cette logique, en perpétuelle culbute, qui veut que le panafricaniste Wade – dans une démarche bruyamment souverainiste – ferme les bases militaires de la France, mais ouvre les portes  de la vie institutionnelle du Sénégal, à l’expertise universitaire de l’ex-Métropole.

En tout état de cause, ce séminaire international pue davantage la décadence que le Droit. Car il consacre avec la bénédiction du gouvernement (c’est le ministre de la Justice qui a invité par lettre l’ex-recteur Seydou Madani Sy) une fâcheuse catégorisation des agrégations.

D’un côté, une agrégation au rabais dont sont titulaires « les constitutionnalistes de bazar » (Ismaila Madior Fall, Ahmet Ndiaye et Mody Gadiaga) et de l’autre, une agrégation (au-dessus de tout soupçon) dont le Professeur Charles Zorgbibe et son collègue Michel de Guiilenchmidt ont l’étrenne.

Dans ce tumulte autour de la Constitution, les experts et les politiques oublient ou feignent d’oublier la leçon limpide du sociologue et philosophe Jean Baudrillard : « Le Droit vient après la bataille ». Autrement dit, il est le résultat d’un rapport de forces. Ce que le Roi Hassan II – monarque absolu mais génie politique – a compris et bien résumé, le 7 mai 1996, devant l’Assemblée nationale française : « En matière de constitutions, il n’y a pas de procédés industriels permettant de livrer des usines constitutionnelles, clé en main. Dans ce domaine, la copie n’est jamais féconde ». Magistrale évidence de… sa Majesté.

Quelle pénible répétition ou grimace de l’Histoire ! Le séminaire rappelle inévitablement, le système colonial qui avait forgé deux catégories d’administrateurs civils. La première était moulée par l’Ecole Nationale d’Administration (Ena) de Paris. Et avait pour vocation d’administrer les Alpes Maritimes et le Languedoc-Roussillon. La seconde sortait de l’Ecole Nationale de la France d’Outremer (Enfom) toujours à Paris, avec une feuille de route sans équivoque : commander – et non administrer – le pays lobi dans le cercle de Bobo-Dioulasso ou le quadrilatère mouride qui va de Lambaye à Touba, dans le cercle de Diourbel.

Comme quoi, si le vent l’indépendance n’avait pas soufflé fort sur l’Empire colonial, en 1960, Daniel Cabou et Abdou Diouf auraient pu commander les cercles de Bouaké et de Sikasso ; mais n’auraient jamais été Préfets de Nice ou de Strasbourg. Tel est, entre autres effets, le désagréable souvenir que réveille le séminaire du 21 novembre.

 

Toutefois, les leçons de ce passé choquant n’ont guère empêché les aberrations surprenantes  du présent. Sinon comment comprendre l’organisation, par le Conseil constitutionnel, d’un séminaire dit « interne » durant les journées des 6 et 7 septembre dernier ? Difficilement.  Le Conseil constitutionnel créé par la Loi organique du 30 mai 1992 (presque 20 ans d’existence) a-t-il sérieusement besoin de panélistes extérieurs pour l’épauler dans la compréhension de sa mission ? Sûrement pas ; puisque les cinq sages de cet organe juridictionnel sont des magistrats chevronnés. Et non des stagiaires. Donc anguille sous roche. Qui côtoie certainement sous la même roche, la nouvelle anguille que le séminaire de Wade et des Fal 2012, vient d’y déposer.

En effet, la prestation de cette escouade multinationale d’experts, légitime d’avance l’enfer policier qu’on envisage de faire tomber sur la tête des futurs manifestants qui voudront empêcher le régime de valider en rond. Et Wade qui n’est plus enclin à faire l’Histoire (mais des histoires) a d’ores et déjà meublé ses pensées et arrières pensées. En clair, ce séminaire est le premier jalon de la chronique d’une victoire annoncée et… enceinte d’un mode de dévolution monarchique ou libérale du pouvoir, durant ce long mandat (7 ans) dont il n’a besoin que de la moitié de la moitié.

Après la victoire de 2007, le Président était secrètement dans une logique de demi-mandat.  Le sommet de l’OCI et les locales de 2009 étaient, à la fois, les perspectives structurantes et les points d’ancrage de son schéma de passage du relais. Mais le demi-succès du premier et le fiasco des dernières, ont entrainé les ultimes et radicaux réajustements qui ont conduit jusqu’à ce fameux séminaire.

Mais attention aux querelles phosphorescentes et byzantines autour des articles 27 et 104 qui nous fixent dans le cosmos douillet des théories juridiques ! Pendant ce temps, le MFDC qui est au sol (par opposition au cosmos) arrose la Casamance de sang. Et nous rappelle qu’un symposium sur la Défense nationale est plus urgent qu’un séminaire sur le Droit, la Constitution et les cabales politiques.

 

Ps : Certes Idrissa Seck a consulté, avant Wade, le constitutionnaliste français Guy Carcassonne ; mais Idy n’est ni chef de l’Etat ni gardien de la Constitution. Laquelle est bien au-dessus de la mairie provinciale de Thiès.

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Nouvelles d’ailleurs: Etats Généraux de l’Education: garde-à-vous!

altChez nous, question éducation nationale, un ami me répète, à l’envi: «il y a ceux qui ont eu la chance d’apprendre sous Mokhtar ould Daddah et il y a les autres. Notre école, aujourd’hui, est une usine à fabriquer des bourricots». Passons le côté quelque peu outrancier, provocateur et cliché d’une telle affirmation et reconnaissons qu’elle n’est pas dénuée de fondements.

Notre PM a dressé un constat, amer, sur le système éducatif des Nous Z’Autres. Que ce soit lui qui dise les choses qui fâchent est, en soi, un buzz, vu que notre PM est l’homme de l’Absence, l’Invisible, le Muet, l’Ombre du grand Patron, tellement dans l’ombre qu’il est, pour la plupart d’entre nous, un inconnu. Alors, quand notre PM à temps partiel vient nous parler, il faut savourer le moment et se dire que nous avons un PM… El hamdoullilah !

Dans son discours mettant en place la commission qui va plancher sur le cadavre Education nationale, notre apparition fantomatique – je veux dire: notre PM – n’y est pas allé de main morte: notre système est dégradé, manque de crédibilité, en totale inadéquation avec le monde du travail. Il aurait pu rajouter (ça, c’est la faute à ses assistants, ceux qui pondent les discours des VIP): notre système des Nous Z’Autres est minable, obsolète, exclusif, fade, irresponsable, destructeur, formateur de semi-analphabètes, sans perspectives, idéologique avant d’être éducatif, chasse-gardée de nationalismes réducteurs, laminé, ratatiné, pauvre… J’en ai, sûrement oublié mais, bref, c’est l’exemple même de tous les ratés de nos sociétés et image des Nous Z’Autres peu flatteuse. Car notre système est notre miroir. Cinquante ans d’existence et nous avons réussi le casse du siècle: enterrer les rêves de celles et ceux qui avaient rêvé une Mauritanie nouvelle. Chaque gouvernement s’est empressé, soit de masquer les défauts, à coups de replâtrages bidons, soit de pondre des réformes qui ont accéléré la mort du mammouth Education nationale.

1979 sonnait le glas des Indépendances. Les Nous Z’Autres, «peuple de héros», découvraient le ridicule du ridicule: les classes à couleur, concept mauritano-mauritanien de l’identité. D’un côté, les Noirs, considérés comme francisants, «suspects» donc, et de l’autre, dans des classes séparées de toute «pollution» linguistique, les Blancs, porteurs de la «survie identitaire» de notre pays. Et au milieu, ceux qui parlaient et le français et l’arabe et qui se sont tapé d’incessants va-et-vient. Pour corser le tout, on a pratiqué un découpage, tout militaire, pour décider quelle langue pour quelle matière! Les sciences dans telle langue, l’imrs en arabe, etc. Je me demande même pourquoi on n’a pas promulgué une langue pour les cours de sport!!!!

Alors, notre Manitou et son chaman (Aziz et Laghdaf, pour les intimes) ont décidé que, cette fois, on allait voir ce qu’on allait voir! Fini le vieux système «fabrique de bourricots» et bienvenue à la Mauritanie du XXIème siècle, moderne, en adéquation avec son temps et la mondialisation, Mère de tous, et Père de l’Espoir. Notre PM par intermittence l’a dit: il nous faut une école qui soit un modèle de conservation des valeurs et des mœurs.

Sur le modèle du Dialogue National, couteuse et pathétique grand-messe d’automédication, des personnalités, désignées volontaires, doivent s’enfermer et penser, réfléchir, se torturer les méninges, accoucher d’un plan, de directives, de conseils, de recommandations. Jusque-là, rien que de très louable: oui, il faut réformer notre école qui fabrique, depuis des années, des semi-analphabètes (car savoir lire et écrire ne fait pas de vous un «citoyen» non????).

Mais, comme d’habitude dans notre République dattière, tout se fait dans l’urgence et dans le désordre. Comment mettre en place des Etats Généraux de l’Education, sans réfléchir, d’abord, au vivre ensemble? Comment, quand on sait les blessures béantes de notre histoire, susciter un citoyen et une identité, sans se pencher sur «qu’est-ce que la Mauritanie; qui sont les mauritaniens; quel citoyen pour quel pays?». Pourquoi refondre un système délabré et inefficace si l’on ne prend pas le temps de poser les bonnes questions?

La leçon du recensement n’a, visiblement pas, porté ses fruits et aura vécu le temps de la mort dramatique du jeune Lamine Mangane. Notre pays s’est forgé une histoire douloureuse et a laissé les politiques et les idéologues nationalistes s’emparer de l’Education, sans écouter les enseignants, les historiens, les parents d’élèves, les jeunes… La Mauritanie se devait d’être arabe et on a massacré l’école, au nom de cette idéologie d’exclusion. On a fabriqué des générations de jeunes sans esprit critique, sans saveur, sans réelles connaissances. Des jeunes qui savaient juste se débrouiller en écriture. Des jeunes à la culture proche du zéro.

On a surnoté, souvent. On a dézingué, toujours. On a envoyé nos enfants dans des universités étrangères – ce n’est pourtant plus à la mode – où la majorité a dû ramer, dur, pour se mettre à niveau: tandis que les francisants cravachaient, les arabisants, envoyés dans les universités prestigieuses du monde arabe, découvraient que, sans anglais, impossible de suivre une filière scientifique! Seuls les meilleurs, les plus acharnés, tiraient leur épingle du jeu, en se collant à leurs livres, comme un bébé au sein maternel. Les autres sont revenus… Puis on a décidé de fonder nos propres universités. Elles sont pleines à craquer. C’est normal: la manne des bourses étrangères s’étant tarie, celui qui veut étudier est coincé à la fac de NKTT. On a creusé le fossé entre toutes les Mauritanies. On a laminé le français, perçu comme langue du colon, en oubliant que, de fait, cet idiome faisait partie, par la force des choses, de nos histoires, plurielles. Qu’elle nous appartient, désormais. On a ouvert un Institut des Langues Nationales, quasiment mort-né. On a arabisé, à tour de bras, sans prendre le temps d’étudier comment les pays arabes géraient cette langue, en matière d’éducation.

Aujourd’hui la louable intention de réformer notre système éducatif va se concrétiser, comme tout chez nous, sans respecter le chemin logique qu’il faudrait: avoir le courage de dire, d’abord, que, dans la Mauritanie d’aujourd’hui, une partie des citoyens ne se reconnaissent plus; que la Mauritanie d’aujourd’hui a une vilaine couleur uniforme; que la Mauritanie d’aujourd’hui n’a pas expurgé sa mémoire; que la Mauritanie d’aujourd’hui n’a seulement besoin du politique mais de citoyens ouverts au monde, critiques et «savants». Que les politiques, dès lors qu’on leur laisse le droit de décider de nos vies, ne font, de l’école, qu’un outil de propagande idéologique, pour formater des générations à une Histoire officielle, un mode de pensée officiel, des comportements raidis et figés. Que notre école n’a pas besoin des religieux, comme le réclame l’imam de la Grande Mosquée de NKTT: elle a besoin de courage, pas de barrières. Que nous méritons, que nos enfants méritent, le rêve. Que, dans ce pays à pensée quasi unique, idéologisé, arabisé, sans vision claire de l’avenir, les riches et les politiques envoient leurs enfants dans les écoles françaises, laissant, au peuple, l’école de «ceux d’en bas», moins que médiocre. Que ce pays mérite l’arabe ET le français. Que ce pays est une charnière, la main entre le Maghreb et l’Afrique dite noire. C’est ça, notre identité et celle de nos enfants. Ce qui fut une fierté est devenu une honte officielle. Alors on va blablater, pendant quelques semaines, et s’auto-glorifier de conclusions officielles. Sans avoir répondu à la question primordiale : qui sommes-nous? Et que voulons-nous? Salut,

Mariem mint DERWICH –LE CALAME

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