Category Archives: Agora
Les mémoires de Taya
L’ancien président Maouwiya nous dit-on, de son exil qatari écrit ses mémoires ! Si l’on ne peut refuser à aucun citoyen le droit d’exprimer ses opinions ni même de donner sa propre lecture des événements dont il a été témoin, l’on est en droit tout de même de s’interroger, venant de l’homme, sur l’opportunité et la pertinence de l’acte. Les mémoires, de ce qu’on en sait, consacrent le plus souvent le couronnement d’une vie pleine d’enseignements, riche en expériences. Une vie mise au service d’un idéal, d’un projet et dont on cherche à retracer les péripéties, à redéfinir les contours et à mettre en relief les faits saillants afin de servir d’exemples, de repères, de leçons. C’est le condensé paraphé d’un itinéraire riche, d’un vécu noble et d’une histoire glorieuse. Le passage de O/ Taya à la tête de ce pays, en dépit des contorsions nostalgiques de quelques caciques, n’a rien de particulièrement remarquable pour mériter d’être consigné.
L’homme n’a ni incarné un idéal, ni façonné un projet de société digne de reconnaissance . Sous son magistère, nous avions vécu l’une des périodes les plus abominables de notre histoire politique. Avec lui, les pires entorses à la vie, au Droit et à la bonne gouvernance. Que d’hommes massacrés, de femmes violées, de villages rasés, de familles meurtries, de générations forcées à l’exil, de communautés bâillonnées. De lui ne nous reste que le vivace souvenir d’un tyran qui a sacrifié la vie sous l’autel d’une ravageuse pulsion narcissique ; celle d’une platitude vénérée, d’une négation -de toutes les négations- valorisée, promue, célébrée. De l’époque, nous portons hélas encore les stigmates d’une décrépitude sociale où la subordination et la flagornerie ont enfoncé la société dans la plus funeste corruption des hommes et des valeurs. L’ère des sujétions rigoureuses, des postures douteuses, de l’appétence pour la facilité et les facilités.
De cette période nous gardons, par delà les blessures immondes, le triste regret d’un gâchis collectif ; l’inamovible souvenir d’un engourdissement général. Rien qui vaille un mot d’éloge, une larme de repentance ! De ce legs nous cherchons depuis, à nous émanciper, à nous affranchir. Nous en colmatons les brèches, difficilement, au quotidien ; mus par l’ultime conviction que pour nous, plus que des mémoires, ce qu’il nous faut c’est une mémoire….celle qui nous rappellera à chaque fois que sur cette terre l’on a déjà payé le prix fort… de la déraison.
Ibrahima Falilou, professeur.
Génocide en Mauritanie : non à l’oubli !
On se demandait ce qu’il pouvait bien faire là où il vit dans son exil doré, et voilà que nous apprenons qu’il va écrire ses mémoires, mais que va-t-il raconter de glorieux dans sa vie? Je parle bien sûr de ould Taya le pire président que l’Etat Mauritanien ait connu, ce génocidaire qui n’a pas eu le courage de revenir dans son pays affronter son passé peu élogieux. Cet homme venu au pouvoir à la suite d’un putsch à commencer à s’entourer de baathistes qui l’ont aidé à planifier le génocide des négro-mauritaniens, 1986 fut la première tentative, elle échoue car l’équilibre des forces ne permettait pas au Botha maure de réaliser son projet cynique, et pourtant il n’a pas renoncé.
En 1987, il revient à la charge en arrêtant des officiers négro-mauritaniens qu’il fait exécuter sous prétexte qu’ils ont imaginé l’inimaginable, prendre le pouvoir en tant que noirs, la sanction fut exemplaire comme on le sait. C’est en 1989 que la folie meurtrière de cet homme entouré d’extrémistes maures atteint son paroxysme, il planifie le massacre des noirs à grande échelle et leur déportation par dizaines de milliers, 120000 en tout entre le Sénégal et le Mali et qui se sont retrouvés sans patrie qui, avec le temps sont devenus encombrants pour le Sénégal, le pays qui les a accueillis. Pour le Botha maure, il restait encore aux noirs un souffle qu’il fallait couper, il s’en prend cette fois-ci aux soldats négro-mauritaniens.
Emmenés de tous les coins du pays, de Sélibaby à Zoueratt, de Néma à Rosso, ils sont soumis à des tortures, leurs tortionnaires rivalisaient de cruauté. La mémoire collective des négros mauritaniens retient les désormais tristement célèbres camps de Jreida, Inal Azlatt et le mouroir de Oualata. A cet épisode macabre de l’histoire de la Mauritanie, on associe également des noms, Boylil, Ely ould Dah, ould Meguett, Ould Hadi, Arbi ould jidein vice-président de l’assemblée, ils sont nombreux à avoir souillé la terre mauritanienne. Que sont-ils devenus? des hommes qui bénéficient des largesses du régime avec tous les honneurs.
Aujourd’hui les familles des victimes ne demandent que la justice, il est évident qu’aucune autre solution ne peut être acceptée. c’est avant tout le devoir de vérité, ensuite le devoir de justice, le devoir de réparation, le devoir de mémoire et probablement le devoir de pardon, et ce dernier revient seulement aux seuls proches des victimes contrairement à ce que croit le l’Etat raciste qui a fait voter sa scélérate loi d’amnistie de 1993, un pardon ne peut être imposé. Aujourd’hui, nous attendons tout simplement le jugement de tous ceux qui ont participé de près ou de loin à ce génocide des négro-mauritaniens, et c’est le seul moyen de donner une chance au dialogue, alors JUSTICE DOIT ETRE RENDUE.
Khar Tenguella BA.
Libérez Biram! par Kodda Ba
L’information a traversé les dunes de sables mouvants du désert mauritanien :’Birame a incinéré le coran, Birame a incinéré le coran !’ J’ai envie de rajouter et alors? mais je ne le ferais pas. Car je ne voudrais pas pécher à cause des manipulateurs d’opinions pour des visées bassement politiques. Birame est un musulman pratiquant qui sauve chaque jour qui passe des orphelins, des esclaves, des laissés pour compte et qui combat inlassablement pour des droits humains dans notre cher pays, la Mauritanie. S’il ne sera pas au paradis, je n’y irais pas. Alors s’il brûle des livres du rite Malékite qui font de l’apologie de l’esclavage c’est que ces cris de détresse n’ont jamais été écoutés ni entendus par les autorités de notre pays. Donc son acte de désespoir est compréhensible et est tout à fait logique. Cet acte aurait dû rester une affaire entre lui et son créateur tout simplement. Au lieu de cela on fait une propagande négative et outrancière autour de cette histoire dont le seul but est de réduire Birame et son organisation IRA au silence.
Je pense que la meilleure manière de faire taire Birame et son organisation, Mr Mohamed Ould Abdel Aziz, est de faire disparaitre les pratiques de l’esclavage dans notre pays et son corollaire le racisme d’état. Car ces pratiques moyenâgeuses qui sévissent encore dans notre pays sont pires que les accusations faites contre Birame. Soyons sérieux Mr Mohamed Ould Abdel Aziz, en 1989 on a assassiné des centaines de Mauritaniens et déportés des milliers de noirs Mauritaniens vers le Mali et le Sénégal et on n’avait même pas constaté la moindre mouche contester cette catastrophe ou barbarie dans le désert de notre pays. Et voilà qu’on assiste à des manifestations soi-disant instantanées même à Atar ville ayant soutenu corps et âme aux massacres commis par Moawiya ould Sidi Ahmed Taya contre les négro-mauritaniens dans les années 1989 à 1991. Soyons sérieux, le cinéma est terminé.
La détention de Birame est arbitraire et politique car il dérange le régime de Med Ould Abdel Aziz et il fait de l’ombre à nos vieux opposants hommes politiques. C’est ce qui explique les condamnations irréfléchies de toutes parts des barons de la politique nationale de notre pays. Libérez Birame, car sa place n’est pas en prison mais dans sa mission de défenseur des droits humains en protégeant et défendant les plus défavorisés d’entre nous en Mauritanie.
La lutte continue!
Kodda BA-FLAM-Europé de l´Ouest.
Cridem, le régime du Général, “françafrique”, Bertrand Fessard de Foucault remet les pendules à l´heure
Chers amis, compatriotes d’adoption, je ne pensais pas revenir aussi vite vers vous mais la querelle qui m’est cherchée par un anonyme dans les colonnes de Cridem mérite que je vous donne l’ensemble des pièces.
S’agissant de la composition du nouveau gouvernement français, il est excellent que la Coopération disparaisse des intitulés ministériels. De Gaulle et Couve de Murville, son grand ministre des Affaires étrangères, n’avaient pas voulu de particularisme, si récentes et encore fragiles que fussent alors les indépendances, et le secrétaire d’Etat qui en avait la charge sous l’autorité du ministre, n’était qu’aux Affaires étrangères. Il en va de même aujourd’hui et Pascal Canfin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, que j’ai eu l’honneur de pratiquer depuis 1988, et à qui j’avais en temps communiqué une note sur le déracinement souhaitable et possible de la “françafrique”, à partir de l’exemplarité mauritanienne, est chargé du Développement. Ce retour à la source et cet intitulé désenclavant les pays dits du “champ” confirment – me semble-t-il – tout ce que nous pouvons mettre de confiance dans le message de Tulle.
Cc: Cridem
Sent: Thursday, May 17, 2012 11:53 PM
Subject: expression anonyme contre moi m’exprimant librement et à découvert
Cher Directeur, déjà au début de Juin 2010, vous aviez publié dans vos colonnes une soi-disant repentance de mes propos au moment où se préparait une importante table ronde avec les bailleurs de fonds : c’était un faux dont vous n’aviez pas vérifié l’origine usurpant ma signature. Aujourd’hui, vous publiez une libre expression – ce qui est tout à fait légitime. Mais d’une part, cette expression se fonde sur un courriel au président de la République française que je ne vous avais communiqué que pour son éventuelle publication dans vos colonnes et que vous avez au contraire fait parvenir soit aux autorités actuelles soit à une plume complaisante à leur égard. Vous auriez pu me demander si cette communication à un tiers, sans doute avant que vous me publiiez, m’agréait. D’autre part, et surtout, cette expression est anonyme.
Je ne réponds pas aux ombres. Je ne dialogue que dans la lumière et regrette que vous vous soyez prêté au troisième acte de la mise en scène que je dénonçais dans mes deux courriels.
Le président Nicolas Sarkozy avait usé du même subterfuge, une conversation téléphonique prétendue avec son homologue mauritanien – le légitime – dès son renversement. Le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi me fit part de son profond embarras à entendre ainsi mentir (c’était en conférence presse conjointe avec le président nigérien de l’époque… Mars 2009) et je le fis donc savoir à l’Elysée par courriel.
From: Bertrand Fessard de Foucault
To: François Hollande – cabinet ; François Hollande – Assemblée nationale
Monsieur le Président de la République,
écoutant en direct sur France 2, votre discours à Tulle, j’ai été saisi par une phrase que j’ai aussitôt retransmis en Afrique et particulièrement à mes amis mauritaniens, dont je suis les faits, gestes et personnages – les malheurs depuis trente quatre ans – après avoir commencé ma vie d’homme par un service national accompli chez eux à mes vingt ans.
citation – Nous ne sommes pas n’importe quel pays, nous sommes la France, la paix, la liberté, le respect, la capacité de donner aux peuples de s‘émanciper des dictatures et des règles illégitimes de la corruption. – fin de citation
Des dizaines de messages courriel me sont aussitôt revenus, en pleine nuit de votre victoire tandis que vous rouliez vers la Bastille. Espoir d’un changement de cours, c’est peu vous écrire.
Or, il paraît que le général Mohamed Ould Abdel Aziz, président en fonction de la République Islamique de Mauritanie, s’apprête à venir à Paris pour les cérémonies de votre investiture après-demain, mardi 15.
Puis-je vous faire observer que
1° vous donnez, si l’invitation est faite en votre nom, un signe de contradiction totale avec votre message de Tulle. Le paroxysme de la “françafrique” c’est précisément ce putschiste, légitimé par un scrutin dont la tenue a été forcée et le résultat truqué. Le putsch qui a renversé le premier président de ce pays à être élu par un scrutin pluraliste et à deux tours, observé par des centaines d’experts dépêchés par plusieurs organisations ad hoc, a été d’abord condamné par Sarkozy, ce qui est banal. Mais ce qui est exceptionnel, c’est que le revirement de la France – celui de l’Elysée, seul contre le Quai d’Orsay, la Coopération et même à l’Elysée par le seul Claude Guéant en convainquant votre prédécesseur contre Jean-Daniel Lévitte, le conseiller diplomatique et ses collaborateurs – a été acheté. Un déjeuner entre l’alter ego du putschiste en Septembre 2008, un mois après l’attentat antidémocratique, a été payé – de l’ordre de 100.000 euros – via Karim Gaye à Robert Bourgi, lequel a introduit le général El Ghazouani dans le bureau de Claude Guéant, alors même qu’en sanction contre le putsch l’Union européenne, observant l’article 96 du traité de Cotonou, refusait tout visa aux putschistes. Peuvent en attester les directeurs de cabinet au Quai et à la Coopération, en fonctions alors aujourd’hui respectivement à Bruxelles et en fin de mission à Tananarive, et l’avocat françafricain également.
2° votre prédécesseur a soutenu qu’il n’y avait pas eu de résistance au putsch (27 Mars 2009 à Niamey) et dans son dernier dire de candidat, devant vous le 4 Mai, que l’élection de Juillet 2009 avait été régulière. Vous conforteriez donc l’analyse qui prévaut sur la Mauritanie. Notre actuel ambassadeur en fonctions depuis plus de six mois n’a toujours pas rendu une visite au moins de courtoisie à l’ancien président de la République, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, à qui Nicolas Sarkozy était censé avoir téléphoné après son renversement. Mensonge avéré, du même genre que l’histoire du mur de Berlin ou de Fukushima. J’ai dû protester auprès de Christian Frémont au nom du président mauritanien et à la demande de ce dernier.
3° Mohamed Ould Abdel Aziz depuis sa “légitimation” dont nous nous sommes portés forts devant l’Union européenne et devant l’Union africaine, a réveillé tous les démons nationaux, le débat ethnique et linguistique, le débat sur l’esclavage en montant les étudiants de l’Université de Nouakchott les uns contre les autres et en protégeant les esclavagistes contre les abolitionnistes, régulièrement mis en taule. Il a ajourné sine die le renouvellement de l’Assemblée nationale, saboté les listes électorales en contestant en sus la nationalité mauritanienne à une partie de ses concitoyens (jeu qui a couté dix ans de guerre à la Côte d’Ivoire).
4° Mohamed Ould Abdel Aziz est actuellement en grave difficulté intérieure avec des manifestations hebdomadaires réclamant son départ et d’une ampleur sans précédent dans le pays. Le soutenir est du genre de Jacques Chirac venant visiter le pays juste trois mois avant une élection présidentielle anticipée par le précédent dictateur militaire (Septembre-Décembre 1997).
5° l’actuel dictateur se fait valoir depuis ses débuts comme le point fort de notre lutte contre le terrorisme et Aqmi au Sahel, et d’une totale disponibilité aux plus folles entreprises des “services” sous votre prédécesseur, ce qui a coûté la vie à l’admirable Michel Germaneau, a contribué à déstabiliser le Mali d’ATT dont les Mauritaniens ont violé au moins deux fois, et en profondeur, le territoire sans résultats.
Le parti Rassemblement des forces démocratiques RFD – présidé par mon ami Ahmed Ould Daddah – fait partie de l’Internationale socialiste, il a suivi plusieurs de vos congrès, admiré personnellement le sauvetage que vous avez su opérer pour le Parti à la suite de 2002. Il peut attester cette immoralité de l’homme en place et combien l’influence de la France si elle change d’application et de manière peut transformer la donne en Mauritanie-même et dans toute l’Afrique anciennement nôtre. Peut-être intervient-il auprès de vous en ce moment ? à la suite des dires de votre adversaire devant vous le 4 Mai, je vous ai transmis le communiqué de la Coordination de l’opposition démocratique dont Ahmed Ould Daddah fait partie.
Le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi peut confirmer l’ensemble de ces cinq points.
Il est possible que – très proche de vous – Michel Sapin qui a toute mon estime puisqu’il avait celle de notre cher Pierre Bérégovoy et que j’ai pu vérifier sa capacité d’accueil pour une affaire que je lui soumettais (corruption de l’ancienne Commission des opérations de bourse, avant que Jean-Pierre Jouyet n’y vienne), ait opiné en faveur de Mohamed Ould Abdel Aziz et argué de sa propre connaissance du terrain, puisque la région Centre est jumelée avec le Gorgol une des régions mauritaniennes. Il a été tout simplement intoxiqué, ce qui peut se comprendre car le pays et ses moeurs, surtout quand on y passe peu de temps, a le charme du tout autre mais dans la pratique de notre langue et de nos références : l’hospitalité parfaite peut tromper.
Permettez-moi d’insister vivement pour que cette invitation soit retirée. ce sera très positivement reçu en Mauritanie et accélèrera très heureusement la chute d’un régime qui doit sa naissance et son crédit à votre prédécesseur, non à la France telle qu’elle est attendue en Afrique et que vous avez promis d’incarner.
Sans grandiloquence, il en va de votre crédibilité à propos de la “françafrique”.
Vous savez bien mes sentiments de confiance, d’espérance, et ma disponibilité.
L’éditorial de La Nouvelle Expression : L´esclavage aux cimetières soninko !
« Cette abomination humaine se pratique jusqu’aux cimetières dans la communauté soninké ». C’est ce que nos contradicteurs utilisent contre nous depuis notre sortie concernant l’affaire Biram. Essayer de justifier une ignominie par une autre. Une farce de mauvais goût qui ne peut et ne doit nous distraire.
Toutefois, la géographie du pays soninké est connue. Alors, qu’on nous dise où, exactement, ces pratiques sont encore en cours ? C’est lâche de vouloir réduire le débat à des mystifications.
Des amis, en voulant s’en prendre à ma communauté (les Soninko) avec des mensonges grotesques, acceptent maladroitement l’existence de l’esclavage en Mauritanie, chose que le régime qu’ils défendent a toujours nié. Pourquoi ne comprennent-ils pas qu’aucune communauté et société ne doivent être pardonnées dans leur action de favoriser l’injustice ? Encore des mensonges. De la fuite en avant. Du ridicule.
Et quoi encore, quelle autre hideuse affaire pour justifier l’injustifiable dans nos sociétés ? A supposer même que la société soninké soit esclavagiste comme les autres sociétés de ce pays, en quoi cela résoudrait-il les problèmes soulevés dans notre papier concernant cette pratique ? Il aurait été plus seyant et plus sensé de nous critiquer pour avoir défendu cette société pour cette pratique ? Si pratique il y a !
Nous demandons à nos contradicteurs ou détracteurs de positiver et, comme nous, de dénoncer les tares de nos sociétés ; d’arrêter, dans ce pays, de s’abreuver à la source boueuse de l’hypocrisie et de la calomnie ; de penser réellement au malheur de ces sous-hommes. Notre souci n’est pas de défendre qui que ce soit mais de poser le débat. Dire la vérité, rien que la vérité. Et de jurer pour ça. C’est dire que la polémique alimentée par le mensonge – sport favori de certains – ne nous guide pas ; ne nous guidera pas.
Notre liberté d’appréciation se mesure dans notre acceptation de la liberté de critique des autres, surtout si cela épouse les contours de l’objectivité. Loin des justifications par l’absurde. Mais quand les détracteurs ne font que verser dans la subjectivité, dans l’à-peu-près et le flou intégral, pour débattre d’un sujet aussi important que l’esclavage en Mauritanie, nous leur disons d’emblée que cela nous déçoit. Car nous estimons que notre personne n’est pas le débat.
Le débat c’est la Mauritanie, l’avenir de ce pays comme un pays civilisé, d’égalité et de droit. Et pour ce faire, aucun autre pouvoir que celui du peuple ne peut et ne doit exercer sa mainmise ; surtout pas le pouvoir des féodaux, qui doit être combattu…
De la source à la situation du phénomène de l’esclavage dans notre pays, Biram a secoué le cocotier et le Cheikh Ahmed Elhady vient de donner l’espoir à tout un peuple. Ce cheikh, par son courage, pose la problématique de l’universalité de l’Islam. Il n’y a pas d’Islam mauritanien. Il n’y a qu’un Islam, la religion du monothéisme pur qui est contre toute inégalité entre les hommes.
L’esclavage. Le débat est plus que jamais posé. Aucune dérobade n’est possible. La source (des livres) idéologique légitimant et réglementant ce phénomène est passée au feu par Biram. Son acte a pris de court tout le monde et chacun y va de son analyse et de sa compréhension mais, incontestablement, une mise à jour de la vision des jurisconsultes des siècles passés du rite malékite sur un sujet aussi grave que l’esclavage s’impose. C’est ça le débat et pas autre chose ; et les Mauritaniens ont besoin de ça.
Il reste que, malheureusement, par des prises de position ou le silence incompréhensible de certains de nos érudits, fait que ceux-ci sont, pour tout le moins, disqualifiés ; ces ulémas étant devenus des haut-parleurs des différents régimes qui se sont succédé dans ce pays. Des régimes qui semblent plus desservir la bonne morale humaine et qui sont pourtant magnifiés et soutenus par certains de nos ulémas.
La Mauritanie, notre pays, a besoin de nous. Cette Mauritanie, qui nous a tout donné, est plus que jamais menacée dans son existence. Rien que pour cela, le bon sens recommande de ne point jeter l’huile sur le feu ; le bon sens veut que tous, nous libérions la Mauritanie des démons de la honte, de l’inégalité, de l’injustice, de l’exclusion….
Nos communautés, nos tribus doivent être « une » et indivisibles dans la justice et l’équité. En les triturant, en les instrumentalisant, en les montant les unes contre les autres, les pouvoirs publics soufflent inconsciemment sur les brindilles de ce feu qui a longtemps couvé. Que DIEU nous préserve des lendemains qui chantent mal.
Seydi Moussa Camara- La Nouvelle Expression.




