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Mauritanie: L’islam de 1989 … n’est pas celui de 2012 …
Il y a quelques semaines, Biram Dah Abeida été arrêté, accusé d’avoir mis le feu sur les livres de rite malikite. Les rumeurs avaient laissé entendre, en premier lieu, qu’il s’agissait du Coran, dans un second temps, ces même rumeurs ont été rectifiées pour dire qu’il s’agissait des premiers livres cités.
L’autodafé de ces livres, d’après les rumeurs subséquentes, et auprès des citoyens auxquels la parole a été donnée a suscité un tollé d’indignation.
Les raisons qui ont poussé Biram à ce geste est la justification de l’esclavage soutenue par l’Imam Malik dans ces écrits. Or il se trouve que Biram dénonce et lutte fermement pour corriger cette injustice sociale toujours en cours dans ce pays, c’est indéniable.
Son geste peut être compris comme une réaction face à l’interprétation qu’il a faite par rapport à ces écrits. En brulant ces livres, Biram ne s’en prend pas à l’Islam, mais il manifeste sa vision par rapport à une opinion exprimée par le commun des mortels.
Je prends la plume pour m’empêcher de taire et d’étouffer un certain nombre de questions :
En 1989, une large frange de la population a subi les plus atroces sévices de l’armée et des forces de l’ordre soutenues et encourages par un régime déchu. Cet Islam qui s’est réveillé en sursaut aujourd’hui était – il là et qu’est ce qui l’avait muselé ? Les livres que IRA avait brulés valent –ils mieux que des milliers de citoyens humiliés, meurtris, exclus, massacrés et ensevelis dans des fosses communes comme des bêtes atteintes de peste ?
Je me situe mal entre l’islam de 1989 : muet, indifférent, et celui de 2012 avant–gardiste et patriote. La justice des hommes n’est pas forcément la justice de Dieu !
Nouakchott le 12 Mai 2012
M’Bodj Amadou Lamine
Professeur à la retraite.
Aziz militairement armé, politiquement pas !
Le président Aziz a en deux ans de mandat encore du mal à assoir un pouvoir politique capable de résister longtemps aux vents de revendications sociales et politiques. Il a voulu bâtir un édifice avec du matériel recyclé, altérable par les souffles révolutionnaires qui n’ont pas fini d’ébranler plus d’un régime arabe. Cela pouvait il y a quelques années fonctionner et lui donner la chance de briguer encore d’autres mandats sans trop de soucis. Avant lui, Taya a pu se maintenir en dépit de ses limites et de ses nombreuses erreurs. Aziz n’était pas encore prédestiné à cette époque à prendre les commandes du pays, et on est même tenté de dire qu’il n’en avait jamais rêvé. Mais le destin est le seul maitre qui conduit l’homme à la tête d’un pays. L’étoile « Azizienne » était dans le champ de la galaxie de ceux allaient diriger ce pays. Ce coup de chance ou coup de sort qui peut faire le bonheur peut aussi mener vers l’inconnu. L’histoire de cet homme aux airs chevaleresques est en train d’être écrite.
La première page n’est pas encore remplie mais elle est déjà émaillée d’épisodes qui présagent d’un mandat difficile qui s’écoule dans un environnement hostile où les ambitions les plus fortes sont soumises à une accélération des événements. Le contexte actuel est très mouvant pour qu’un pouvoir si fort soit-il puisse être à l’abri de séismes de haute amplitudes. Même en démocratie les armes pacifiques doivent pouvoir tenir la bataille. Sinon c’est le naufrage. Le président élu démocratiquement, Sidi Ould Cheikh Abdallahi , n’aura pas encore fini de méditer cette leçon. Pourtant, pour autant que cela paraisse trompeur, les armes politiques en la possession du président sont de faible portée pour mettre Ko tous les mouvements de contestation qui montent au gré des situations. Il ne dispose pas d’hommes politiques en mesure de lui servir de rempart contre les pressions exercées par ses adversaires qui multiplient les stratégies pour le fragiliser, ni de fins politiques capables de convaincre ses opposants de la COD. Ses députés, ses sénateurs ont certes les voix majoritaires pour faire passer ses instructions, voter les lois. Mais cela n’est pas une garantie de protection de tout le système qui présente déjà des failles nombreuses. Toute l’armée politique de la majorité avec ses milliers d’opportunistes n’est qu’une boule de neige qui peut fondre à la moindre élévation de température. De loin il entrevoit certainement la précarité de son système mais les méthodes par lesquelles il essaie de colmater les brèches ne sont plus en mesure de résister aux changements en cours dans le monde. Quand bien même le besoin d’user de la force pour mater les contestataires devient l’arme de lutte contre les agitateurs qui menacent son palais, cela ne va pas dissuader les manifestants à intensifier les pressions. Les méthodes d’hier sont devenues anachroniques dans une démocratie qui défend des valeurs de liberté et de justice. Au demeurant il y a deux dangers qui planent sur le mandat du Président : l’absence d’ouverture réelle à toutes les forces du changement sans distinctions, la gestion solitaire et « casernienne » du pays . L’homme fort du pays a encore la possibilité de s’adapter aux exigences du contexte actuel sinon ce sera bien trop tard !
Cheikh Tidiane Dia-Le Rénovateur.
Les mémoires de Taya
L’ancien président Maouwiya nous dit-on, de son exil qatari écrit ses mémoires ! Si l’on ne peut refuser à aucun citoyen le droit d’exprimer ses opinions ni même de donner sa propre lecture des événements dont il a été témoin, l’on est en droit tout de même de s’interroger, venant de l’homme, sur l’opportunité et la pertinence de l’acte. Les mémoires, de ce qu’on en sait, consacrent le plus souvent le couronnement d’une vie pleine d’enseignements, riche en expériences. Une vie mise au service d’un idéal, d’un projet et dont on cherche à retracer les péripéties, à redéfinir les contours et à mettre en relief les faits saillants afin de servir d’exemples, de repères, de leçons. C’est le condensé paraphé d’un itinéraire riche, d’un vécu noble et d’une histoire glorieuse. Le passage de O/ Taya à la tête de ce pays, en dépit des contorsions nostalgiques de quelques caciques, n’a rien de particulièrement remarquable pour mériter d’être consigné.
L’homme n’a ni incarné un idéal, ni façonné un projet de société digne de reconnaissance . Sous son magistère, nous avions vécu l’une des périodes les plus abominables de notre histoire politique. Avec lui, les pires entorses à la vie, au Droit et à la bonne gouvernance. Que d’hommes massacrés, de femmes violées, de villages rasés, de familles meurtries, de générations forcées à l’exil, de communautés bâillonnées. De lui ne nous reste que le vivace souvenir d’un tyran qui a sacrifié la vie sous l’autel d’une ravageuse pulsion narcissique ; celle d’une platitude vénérée, d’une négation -de toutes les négations- valorisée, promue, célébrée. De l’époque, nous portons hélas encore les stigmates d’une décrépitude sociale où la subordination et la flagornerie ont enfoncé la société dans la plus funeste corruption des hommes et des valeurs. L’ère des sujétions rigoureuses, des postures douteuses, de l’appétence pour la facilité et les facilités.
De cette période nous gardons, par delà les blessures immondes, le triste regret d’un gâchis collectif ; l’inamovible souvenir d’un engourdissement général. Rien qui vaille un mot d’éloge, une larme de repentance ! De ce legs nous cherchons depuis, à nous émanciper, à nous affranchir. Nous en colmatons les brèches, difficilement, au quotidien ; mus par l’ultime conviction que pour nous, plus que des mémoires, ce qu’il nous faut c’est une mémoire….celle qui nous rappellera à chaque fois que sur cette terre l’on a déjà payé le prix fort… de la déraison.
Ibrahima Falilou, professeur.
Génocide en Mauritanie : non à l’oubli !
On se demandait ce qu’il pouvait bien faire là où il vit dans son exil doré, et voilà que nous apprenons qu’il va écrire ses mémoires, mais que va-t-il raconter de glorieux dans sa vie? Je parle bien sûr de ould Taya le pire président que l’Etat Mauritanien ait connu, ce génocidaire qui n’a pas eu le courage de revenir dans son pays affronter son passé peu élogieux. Cet homme venu au pouvoir à la suite d’un putsch à commencer à s’entourer de baathistes qui l’ont aidé à planifier le génocide des négro-mauritaniens, 1986 fut la première tentative, elle échoue car l’équilibre des forces ne permettait pas au Botha maure de réaliser son projet cynique, et pourtant il n’a pas renoncé.
En 1987, il revient à la charge en arrêtant des officiers négro-mauritaniens qu’il fait exécuter sous prétexte qu’ils ont imaginé l’inimaginable, prendre le pouvoir en tant que noirs, la sanction fut exemplaire comme on le sait. C’est en 1989 que la folie meurtrière de cet homme entouré d’extrémistes maures atteint son paroxysme, il planifie le massacre des noirs à grande échelle et leur déportation par dizaines de milliers, 120000 en tout entre le Sénégal et le Mali et qui se sont retrouvés sans patrie qui, avec le temps sont devenus encombrants pour le Sénégal, le pays qui les a accueillis. Pour le Botha maure, il restait encore aux noirs un souffle qu’il fallait couper, il s’en prend cette fois-ci aux soldats négro-mauritaniens.
Emmenés de tous les coins du pays, de Sélibaby à Zoueratt, de Néma à Rosso, ils sont soumis à des tortures, leurs tortionnaires rivalisaient de cruauté. La mémoire collective des négros mauritaniens retient les désormais tristement célèbres camps de Jreida, Inal Azlatt et le mouroir de Oualata. A cet épisode macabre de l’histoire de la Mauritanie, on associe également des noms, Boylil, Ely ould Dah, ould Meguett, Ould Hadi, Arbi ould jidein vice-président de l’assemblée, ils sont nombreux à avoir souillé la terre mauritanienne. Que sont-ils devenus? des hommes qui bénéficient des largesses du régime avec tous les honneurs.
Aujourd’hui les familles des victimes ne demandent que la justice, il est évident qu’aucune autre solution ne peut être acceptée. c’est avant tout le devoir de vérité, ensuite le devoir de justice, le devoir de réparation, le devoir de mémoire et probablement le devoir de pardon, et ce dernier revient seulement aux seuls proches des victimes contrairement à ce que croit le l’Etat raciste qui a fait voter sa scélérate loi d’amnistie de 1993, un pardon ne peut être imposé. Aujourd’hui, nous attendons tout simplement le jugement de tous ceux qui ont participé de près ou de loin à ce génocide des négro-mauritaniens, et c’est le seul moyen de donner une chance au dialogue, alors JUSTICE DOIT ETRE RENDUE.
Khar Tenguella BA.
Libérez Biram! par Kodda Ba
L’information a traversé les dunes de sables mouvants du désert mauritanien :’Birame a incinéré le coran, Birame a incinéré le coran !’ J’ai envie de rajouter et alors? mais je ne le ferais pas. Car je ne voudrais pas pécher à cause des manipulateurs d’opinions pour des visées bassement politiques. Birame est un musulman pratiquant qui sauve chaque jour qui passe des orphelins, des esclaves, des laissés pour compte et qui combat inlassablement pour des droits humains dans notre cher pays, la Mauritanie. S’il ne sera pas au paradis, je n’y irais pas. Alors s’il brûle des livres du rite Malékite qui font de l’apologie de l’esclavage c’est que ces cris de détresse n’ont jamais été écoutés ni entendus par les autorités de notre pays. Donc son acte de désespoir est compréhensible et est tout à fait logique. Cet acte aurait dû rester une affaire entre lui et son créateur tout simplement. Au lieu de cela on fait une propagande négative et outrancière autour de cette histoire dont le seul but est de réduire Birame et son organisation IRA au silence.
Je pense que la meilleure manière de faire taire Birame et son organisation, Mr Mohamed Ould Abdel Aziz, est de faire disparaitre les pratiques de l’esclavage dans notre pays et son corollaire le racisme d’état. Car ces pratiques moyenâgeuses qui sévissent encore dans notre pays sont pires que les accusations faites contre Birame. Soyons sérieux Mr Mohamed Ould Abdel Aziz, en 1989 on a assassiné des centaines de Mauritaniens et déportés des milliers de noirs Mauritaniens vers le Mali et le Sénégal et on n’avait même pas constaté la moindre mouche contester cette catastrophe ou barbarie dans le désert de notre pays. Et voilà qu’on assiste à des manifestations soi-disant instantanées même à Atar ville ayant soutenu corps et âme aux massacres commis par Moawiya ould Sidi Ahmed Taya contre les négro-mauritaniens dans les années 1989 à 1991. Soyons sérieux, le cinéma est terminé.
La détention de Birame est arbitraire et politique car il dérange le régime de Med Ould Abdel Aziz et il fait de l’ombre à nos vieux opposants hommes politiques. C’est ce qui explique les condamnations irréfléchies de toutes parts des barons de la politique nationale de notre pays. Libérez Birame, car sa place n’est pas en prison mais dans sa mission de défenseur des droits humains en protégeant et défendant les plus défavorisés d’entre nous en Mauritanie.
La lutte continue!
Kodda BA-FLAM-Europé de l´Ouest.




