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Flamnet-Agora: Crimes commis entre 1984-2007: Ely, coupable et comptable
Les dernières déclarations de l’ancien chef de l’Etat Ely Ould Mohamed Vall ne m’ont pas étonné ni surpris. Premièrement parce que personne en Mauritanie n’a encore déclaré avec courage, honnêteté ou remord sa responsabilité pour cette forfaiture et ces crimes commis entre 1990 et 1991. Ensuite parce que l’homme a toujours nié une quelconque participation dans ces évènements. Enfin parce qu’aucune commission indépendante n’a encore été mise en place pour démêler l’écheveau de cette affaire. Le Colonel Ely a en partie raison quand il dit avoir quitté le commandement dans l’armée. Les premiers responsables dans cette affaire sont le Chef de l’Etat, le chef d’Etat Major ( à l’époque Ahmed Ould Minnih) et son Adjoint, les Commandants de Régions Militaires et ceux de leurs subordonnés qui ont exécuté les ordres. Par contre Ely, par sa qualité de membre du CMSN, est responsable et comptable de tout ce qui s’est passé en Mauritanie de 84 jusqu’à 2007! Quant à la déportation, sa responsabilité est directe ne serait-ce que par le fait que dans les villes c’es la police qui a exécuté les ordres d’expulsion. Même si certaines enquêtes ont été menées, elles ont été illégales et largement orientées. Dans tous les cas, Ely ne peut arguer de son ignorance! Il a été au courant et il a cautionné; il a été au courant et son silence a cautionné. Ely a été l’homme de main de Ould Taya pendant vingt ans et on ne sort pas blanc comme neige de ce compagnonnage.
Ahmed Jiddou Ould Aly- Journaliste et ancien officier de l´armée mauritanienne.
Flamnet-Agora: La sortie d’Ely ou la moisson d’Aziz !
Ely O/Mohamed Vall a eu sa sortie. Celle qui visiblement avait pour dessein de le replacer dans un champ politique qu’il avait quitté de la moins belle des manières. Pour revenir il lui fallait son scoop. Une de ces choses suffisamment « tordues » pour marquer les esprits et le remettre aux bons souvenirs des mauritaniens. Il eut donc sa virée, sur les déportations. Il en nia l’existence dit–on. Et le tollé fut général ou presque.
Celui d’abord de ceux qui ont intérêt à contrecarrer les velléités résurgentes de ce colonel aigri et conquérant. Ils étaient à l’affût d’un cadeau du ciel Celui là même qui ternit une image, achève son auteur en lui ôtant toute légitimité et toute crédibilité. L’occasion était trop belle Comme l’était celle de Biram et ses compagnons de l’IRA. Grosse moisson pour un pouvoir acculé ! O / Abdel Aziz ne pouvait espérer mieux !
Par sites interposés, l’exploitation médiatique fut totale. Il fallait tirer le maximum de prébendes de cette bévue langagière ; si tenté que c’est en une !
Il faut la présenter comme une opinion, une conviction qui doit heurter les consciences, raviver les plaies, justifier les ruptures et les postures. Celui ensuite de ceux dont les douleurs ont servi à construire des carrières, forgé des renommées. Cette vraie fausse sortie est pour les négro-africains une énième offense. Celle d’un vulgaire déni de réalité. Un déni qui sert, promeut.
Pour beaucoup hélas, déportations, exactions et exécutions ne sont que de simples « points » de politique générale brandis pour justifier des postures et solder des comptes.. Pour beaucoup, il ne s’agit là que de simples slogans, de vulgaires mots creux destinés à alimenter la liturgie de l’unité nationale .Que de la littérature politique pour public en quête « d’attaches » face à un déficit de sens et d’idées. La politique dans toute sa cruauté.
Le cynisme des hommes, la froideur des convictions. On en oublie presque Inal, Jreida ,les fosses communes de sori malé, les viols de fin de soirées, les convois de départs forcés, les états de siége, les nuits blanches,la terre rouge de sang… Pour nous cette souffrance porte des noms, des visages, des espoirs et des affections. Ce ne sont pas des numéros, pas des slogans, surtout pas des faire- valoir .
C’est le prix que des hommes et des femmes ont injustement payé sur la terre natale. Le prix du sang. Le sang de nos martyrs. Avant d’être un passif, il est donc l’expression d’une souffrance endurée, d’une injustice subie et d’une réparation qui tarde à se faire… Alors qu’importe ce qu’en dira ou ne dira pas Ely ! Q’importe l’utilisation qu’on en fera. Il apparaîtra toujours puéril à nos consciences meurtries de devoir compter sur des morts pour asseoir des carrières et forger (forcer) des destins….
Ibrahima Falilou
Professeur
Flamnet-Agora: Quand le négationnisme et la lâcheté se conjuguent : Ely Ould Mohamed persiste et signe ! Par SY Hamdou Rabby
La question du négationnisme du système politique, fondement de l’Etat mauritanien esclavagiste et raciste, mérite d’être considérée comme la question prioritaire par rapport aux profils de tous ces hommes qui manifestent leurs ambitions politiques. Comment comprendre les propos d’Ely Ould Mohamed Vall qui fut le Directeur de la Sûreté nationale, l’officier le plus criminel durant le régime d’Ould Taya ? Ely Ould Mohamed Vall, revient à la charge, comme pour effacer de manière honteuse et indigne les responsabilités criminelles qu’il a eues à assumer, pendant plus de trois décennies. La lâcheté de cet homme vient confirmer une inhumanité qui n’est plus à démontrer.
Dans l’histoire de l’humanité, en effet, des politiques criminelles ont sévi. Mais il est arrivé un moment où, pour aller de l’avant, la reconnaissance des crimes commis est assumée afin que le travail de deuil puisse être effectué par les victimes. Non seulement, on s’attendait à une amorce de prise de conscience de l’impératif de la lumière à faire sur cette tragédie, mais on s’entend dire qu’il n’y a pas eu de déportations, ni de victimes des tortures de la police sous les ordres du même Ely Ould Mohamed Vall. Quel manque de sens de l’honneur ? Quelle indignité pour des hommes qui ont été au plus haut sommet de l’Etat ? Le comportement d’Ely nous prouve le degré d’irresponsabilité et de vulgarité de toute une génération de militaires, de cadres au service d’un système, dont le seul objectif est l’extermination des populations noires africaines mauritaniennes.
Les propos d’Ely doivent être fermement condamnés par la classe politique, les organisations de défense des droits humains et surtout être désavoués par les autorités en place. Décidément, tout est permis dès lors qu’il s’agit du génocide subi par la communauté africaine noire mauritanienne. Un criminel qui devrait être, aujourd’hui, dans les locaux du Tribunal Pénal International, fait de la provocation en tenant des propos négationnistes. Quoiqu’Ely fasse, il fait partie des trois plus grands coupables des crimes de génocide commis contre les populations africaines noires mauritaniennes à côté d’Ould Taya et de Djibril Ould Abdellahi, l’ancien ministre de l’Intérieur, sous ce même Taya. Si les propos négationnistes d’Ely Ould Mohamed Vall, tortionnaire en chef et génocidaire avéré ont une visée électoraliste, il doit en trouver d’autres.
Hier patron d’une police au service d’un régime raciste et sanguinaire, Ely est désarmé comme tous ceux que l’Histoire est en train de rattraper. A l’heure où des responsables de crimes de guerre sont devant le Tribunal pénal International, bon nombre de responsables comme Ely font face à la voix de leur conscience. La honte et l’indignité viennent perturber le sommeil des criminels comme Ely qui n’ont pas le courage d’assumer leurs responsabilités.
L’histoire du système politique de notre pays en dit long sur le crime organisé contre les Africains noirs mauritaniens. Ely rongé par sa mémoire cruelle cherche à faire de la surenchère et une fuite en avant en tenant des propos malheureux, méprisants et inacceptables. Un jour ou l’autre, Ely répondra devant la justice humaine ou celle de l’Eternel. En n’assumant pas ces pratiques odieuses, Ely ajoute aux crimes contre l’humanité, le déni de l’humanité des hommes et des femmes morts sous des tortures atroces dont les principaux responsables ont agi sous la responsabilité de ce sinistre Directeur de la Sûreté Nationale que fut Ely Ould Mohamed Vall.
Quand la médiocrité, la cruauté et le cynisme font alliance, ce sont des monstres comme Ely qui arrivent aux commandes. La logique de la mort que cet homme a incarnée ne peut être balayée par des propos aussi irresponsables qu’inacceptables. Les propos d’Ely sont à l’aune de sa situation misérable et de sa conscience malheureuse. Pauvre Ely qui tremble aujourd’hui après avoir été coupable de centaines de morts par des tortures inavouables ; dont il est un des principaux responsables.
La tragédie que la communauté africaine noire mauritanienne a subie ne peut être étouffée par des propos aussi contre-productifs que malvenus. Ely ferait mieux de se trouver d’autres arguments pour retarder la condamnation à perpétuité qu’il mérite. Le sens de la dignité devrait conduire Ely à se présenter devant le Tribunal Pénal International. Le sens moral est la chose du monde la moins partagée par nos dirigeants militaires d’hier et d’aujourd’hui. Sur ce plan, Ely en est une des figures les plus emblématiques. Cynisme ou provocation, les propos d’Ely sont le symptôme de l’état d’esprit d’un homme plongé dans le désarroi, l’humiliation et l’impuissance. Ely Ould Mohamed Vall est un homme pris au piège de sa cruauté et de son inhumanité. Les lendemains seront impitoyables pour un des hommes les plus criminels de l’histoire de l’humanité et du système politique mauritanien.
SY Hamdou Rabby
Philosophe
Paris – France
Mauritanie: L’islam de 1989 … n’est pas celui de 2012 …
Il y a quelques semaines, Biram Dah Abeida été arrêté, accusé d’avoir mis le feu sur les livres de rite malikite. Les rumeurs avaient laissé entendre, en premier lieu, qu’il s’agissait du Coran, dans un second temps, ces même rumeurs ont été rectifiées pour dire qu’il s’agissait des premiers livres cités.
L’autodafé de ces livres, d’après les rumeurs subséquentes, et auprès des citoyens auxquels la parole a été donnée a suscité un tollé d’indignation.
Les raisons qui ont poussé Biram à ce geste est la justification de l’esclavage soutenue par l’Imam Malik dans ces écrits. Or il se trouve que Biram dénonce et lutte fermement pour corriger cette injustice sociale toujours en cours dans ce pays, c’est indéniable.
Son geste peut être compris comme une réaction face à l’interprétation qu’il a faite par rapport à ces écrits. En brulant ces livres, Biram ne s’en prend pas à l’Islam, mais il manifeste sa vision par rapport à une opinion exprimée par le commun des mortels.
Je prends la plume pour m’empêcher de taire et d’étouffer un certain nombre de questions :
En 1989, une large frange de la population a subi les plus atroces sévices de l’armée et des forces de l’ordre soutenues et encourages par un régime déchu. Cet Islam qui s’est réveillé en sursaut aujourd’hui était – il là et qu’est ce qui l’avait muselé ? Les livres que IRA avait brulés valent –ils mieux que des milliers de citoyens humiliés, meurtris, exclus, massacrés et ensevelis dans des fosses communes comme des bêtes atteintes de peste ?
Je me situe mal entre l’islam de 1989 : muet, indifférent, et celui de 2012 avant–gardiste et patriote. La justice des hommes n’est pas forcément la justice de Dieu !
Nouakchott le 12 Mai 2012
M’Bodj Amadou Lamine
Professeur à la retraite.
Aziz militairement armé, politiquement pas !
Le président Aziz a en deux ans de mandat encore du mal à assoir un pouvoir politique capable de résister longtemps aux vents de revendications sociales et politiques. Il a voulu bâtir un édifice avec du matériel recyclé, altérable par les souffles révolutionnaires qui n’ont pas fini d’ébranler plus d’un régime arabe. Cela pouvait il y a quelques années fonctionner et lui donner la chance de briguer encore d’autres mandats sans trop de soucis. Avant lui, Taya a pu se maintenir en dépit de ses limites et de ses nombreuses erreurs. Aziz n’était pas encore prédestiné à cette époque à prendre les commandes du pays, et on est même tenté de dire qu’il n’en avait jamais rêvé. Mais le destin est le seul maitre qui conduit l’homme à la tête d’un pays. L’étoile « Azizienne » était dans le champ de la galaxie de ceux allaient diriger ce pays. Ce coup de chance ou coup de sort qui peut faire le bonheur peut aussi mener vers l’inconnu. L’histoire de cet homme aux airs chevaleresques est en train d’être écrite.
La première page n’est pas encore remplie mais elle est déjà émaillée d’épisodes qui présagent d’un mandat difficile qui s’écoule dans un environnement hostile où les ambitions les plus fortes sont soumises à une accélération des événements. Le contexte actuel est très mouvant pour qu’un pouvoir si fort soit-il puisse être à l’abri de séismes de haute amplitudes. Même en démocratie les armes pacifiques doivent pouvoir tenir la bataille. Sinon c’est le naufrage. Le président élu démocratiquement, Sidi Ould Cheikh Abdallahi , n’aura pas encore fini de méditer cette leçon. Pourtant, pour autant que cela paraisse trompeur, les armes politiques en la possession du président sont de faible portée pour mettre Ko tous les mouvements de contestation qui montent au gré des situations. Il ne dispose pas d’hommes politiques en mesure de lui servir de rempart contre les pressions exercées par ses adversaires qui multiplient les stratégies pour le fragiliser, ni de fins politiques capables de convaincre ses opposants de la COD. Ses députés, ses sénateurs ont certes les voix majoritaires pour faire passer ses instructions, voter les lois. Mais cela n’est pas une garantie de protection de tout le système qui présente déjà des failles nombreuses. Toute l’armée politique de la majorité avec ses milliers d’opportunistes n’est qu’une boule de neige qui peut fondre à la moindre élévation de température. De loin il entrevoit certainement la précarité de son système mais les méthodes par lesquelles il essaie de colmater les brèches ne sont plus en mesure de résister aux changements en cours dans le monde. Quand bien même le besoin d’user de la force pour mater les contestataires devient l’arme de lutte contre les agitateurs qui menacent son palais, cela ne va pas dissuader les manifestants à intensifier les pressions. Les méthodes d’hier sont devenues anachroniques dans une démocratie qui défend des valeurs de liberté et de justice. Au demeurant il y a deux dangers qui planent sur le mandat du Président : l’absence d’ouverture réelle à toutes les forces du changement sans distinctions, la gestion solitaire et « casernienne » du pays . L’homme fort du pays a encore la possibilité de s’adapter aux exigences du contexte actuel sinon ce sera bien trop tard !
Cheikh Tidiane Dia-Le Rénovateur.




