Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Category Archives: Agora

FLAMNET-RÉTRO : De la longue lutte de libération des négro-mauritaniens par Mamadou Samba Diop dit Mourtoudo

altFLAMNET: Et Si on vous demandait de raconter à nos jeunes générations la longue lutte de libération des négro-mauritaniens en tant que doyen et un des théoriciens et défenseurs de la résolution de la question nationale en Mauritanie?

Mourtoudo : L’état mauritanien situé entre le monde arabe et l’Afrique noire, où vivent deux races des blancs et des noirs qui utilisent plusieurs langues : le pulaar, le ouolof, le soninké, le bambara dans l’est du pays est un état raciste, tribaliste, esclavagiste, chauvin et intolérant, parce qu’il refuse de reconnaître la diversité raciale et culturelle.

Il confond islamité et arabité et tient absolument à assimiler, à diluer, à effacer l’identité culturelle de tous les négro-mauritaniens ; je dis que l’état est raciste et non à nos frères maures que nous aimons et que nous respectons avec lesquels nous voulons vivre ensemble dans l’égalité, la justice et la fraternité. Nous devons donc combattre politiquement cet état hypocrite dont les proclamations ne cadrent avec ses actes.

Depuis l’indépendance à nos jours, l’état mauritanien a privilégié une ethnie sur d’autres, une race sur une autre, qui contrôle tous les leviers politiques, économiques, culturels, militaires et autres ; je veux dire tous les moyens de production. C’est une sorte d’apartheid sournois à 600km de Dakar. L’histoire des nègres de ce pays, leurs langues et leurs cultures sont bafouées. Cette injustice a été sentie en 1966. Dix neuf (19) intellectuels négro-africains ont créé un mouvement appelé « mouvement des 19 » présidé par l’ex- procureur de la République Abdoul Aziz Bâ.
Ce mouvement des nègres a été le premier à dénoncer le racisme d’état mauritanien qui avait privilégié son arabité au détriment de sa négrité. Moctar Ould Daddah réprima durement ce mouvement, arma une partie de la population pour exterminer massivement les Haalpulaaren de Mauritanie. Pour nous, il n’est pas le père de la nation, mais de sa nation, car la Mauritanie est une Nation de nations. Ceci demande une longue explication qui relève de la problématique des nationalités qu’il me sera difficile d’aborder dans cette interview.

Depuis lors, la prise de conscience des mélanodermes de leur oppression s’est développée. Plusieurs documents célèbres tels que “conscience noire”, “l’état arabo-berbère et la répression des négros africains de Mauritanie” ont été largement commentés par toutes les presses du monde. Plusieurs groupuscules politiques s’étaient formés dans la clandestinité et s’affrontaient durement. Certains se réclamaient du marxisme, prochinois, pro russe, pro albanais et même pro vietnamien, etc. Des mouvements panarabistes, baathistes, nasséristes, frères musulmans, ont été créés pour faire pression sur l’état pour l’obliger à radicaliser, l’enseignement de la langue arabe.

Pour nous, l’enseignement de la langue arabe est un droit que nous soutenons absolument. mais en Mauritanie, il n’ya pas seulement que la langue arabe, il fallait aussi prendre en charge les autres langues et les enseigner, permettre à chaque mauritanien de s’éduquer dans sa langue maternelle, de s’ouvrir à la langue de son voisin et après aux langues étrangères, favoriser un malaxage culturel et non une glotophagie linguistique. Le fait de privilégier une langue sur d’autres est une injustice que nous ne cesserons de combattre.

Ce combat, nous l’avons mené contre tous les régimes. Il s’est accentué avec la formation politique des mouvements négro africains : UDM, MPAM, ODINAM, MEEN, etc. qui ont fini par former une entité globale appelée FLAM. Ce mouvement ou parti politique développa la contestation contre l’oppression d’une communauté importante de ce pays en publiant le manifeste du Négro-mauritanien opprimé de 1986. Rappelons que le mouvement EL HOR, SOS ESCLAVES et autres, ont vu le jour pour contester l’esclavage. Actuellement, le Front Uni de l’Action des Haratines(FUAH) s’est imposé sur le paysage politique mauritanien.
Ainsi donc la lutte culturelle à travers les associations du Pulaar, du Wolof, du Soninké, a contraint le régime de Haïdalla de reconnaître les langues des nègres du pays. Depuis l’indépendance jusqu’à ce jour, l’oppression des nègres continue bien sûr avec la complicité de quelques uns de leurs frères instrumentalisés par les divers pouvoirs qui se succèdent. Le régime de Taya appliqua la purification ethnique avec la complicité de Saddam Hussein de l’Iraq.

altDe 1986 à 1991, une violence barbare déclenchée par le dictateur Taya s’est abattue sur les noirs mauritaniens notamment sur les Haalpulaaren. On organisa des déportations, des licenciements des militaires et des civils, des pogroms, la spoliation des biens d’autrui et des exterminations massives. Ce sont des choses que nous ne devons pas oublier, que nous ne devons pas pardonner. Il faut juger les coupables et indemniser toutes les victimes afin que telle dérive ne se reproduise plus. Si je dois conseiller les nouvelles générations négro africaines de Mauritanie, je leur dirai d’apprendre d’abord leurs langues nationales, leurs histoires, leurs cultures, de se former, de s’armer de sciences, de s ‘impliquer dans les batailles politiques pour l’égalité, la justice, pour l’éradication de l’esclavage sous toutes ses formes, du tribalisme, de la mentalité négative castale. Je leur demanderais de se battre pour l’unité nationale sur la base de la solution de la question nationale, de se battre pour l’unité africaine, pour l’unité arabo africaine dans une mouvance alter mondialiste. Je leur demanderais de se battre pour le respect des valeurs islamiques, de combattre le racisme, l’intolérance, de respecter le droit des femmes, etc.

Je demande à tous nos lecteurs à continuer à persister dans la lutte en dépit de toutes les difficultés que nous rencontrons. Nous devons combattre le racisme sous quelque forme qu’il se manifeste, de nous impliquer dans les batailles culturelles pour éradiquer l’ignorance car politique et culture sont dialectiquement liées.

Je leur demande de casser les murs que les régimes raciste ont mis entre nos différentes races et nationalités, d’apprendre à nous connaître à nous accepter, à poser tous nos problèmes et les résoudre par le dialogue. Nous devons exiger la suppression de l’article 6 de la constitution mauritanienne qui légalise la discrimination.

Nous devons nous battre pour l’enseignement de l’histoire des nègres de notre pays. Nous devons nous battre pour la reconnaissance de notre culture, de rehausser l’utilisation de nos langues à la radio et à la télévision, d’officialiser, d’enseigner nos langues, en faire des langues de travail et de gouvernement.

Nous devons continuer à nous battre pour le règlement définitif du passif humanitaire. Qu’Allah appuie nos pas et continue à faire de nous des soldats intrépides au service des causes justes./.

Propos recceuillis par Kaaw Touré et Ibra Mifo Sow

(Extrait invité du site Flamnet Mardi 13 octobre 2008)

Partagez

Témoignage: Quand Mourtoudo écrivait à Flamnet

MURTOUDO ET KAAW TOURELe bureau politique de DEKAALEM et moi-même vous remercie en tant que frère, ami, porte-parole des FLAM et animateur du site flamnet ; il remercie également FLAM et l’encourage à continuer sa lutte jusqu’au triomphe de la liberté, il remercie de même, le Docteur Aboubakry Ndongo qui n’a cessé en Afrique et en Europe d’encourager notre collaboration. Le bureau Politique de DEKAALEM remercie KJPF de France, notamment la section de Mantes-La- jolie dirigée par Saïdou Bah, Mamadou Abdoul Seck, Djalo Seck, Amadou Dème, etc. Ils remercient aussi Amadou Camara Babaly, Abou Galo Diallo et Oumar Galo Diallo, membres de  DEKAALEM et dirigeants de l’Association Internationale du Pulaar de Rouen et Abas Sow de l’Italie. Il remercie Pulaar Speaking Association des USA, l’Association du Pulaar de l’Italie, KJPF du Caire et tous ceux qui avaient contribué à l’avènement de DEKAALEM en France, en Belgique et ailleurs. Le bureau politique de DEKAALEM vous demande de continuer à vous battre contre le racisme et l’assimilation des communautés négro-africaines érigés en système de gouvernement depuis l’indépendance à nos jours.

 Notre victoire contre l’injustice exige la persévérance et l’unité, exige aussi de rassembler toutes les forces politiques nationales et internationales qui ont les mêmes objectifs que nous. Nous nous attelons à cette tache. Certaines formations ont répondu à notre appel, nous tenterons ces jours-ci de mettre un cadre qui rapproche les familles politiques dont le cheval de bataille sera en priorité inchaallah la solution de la question nationale. Le but de cette lettre est de vous remercier de mon interview que vous avez publiée et qui a donné satisfaction à beaucoup de visiteurs de flamnet.

 Nous remercions vivement ces visiteurs et les encourageons à être fidèles à flamnet et à y mobiliser beaucoup d’autres. Ce n’est qu’un site sérieux comme flamnet, un site courageux, qui ose publier les écrits du Doyen Moutoudo Diop. Il ya un site qui ne publie plus nos écrits. Des rumeurs nous sont parvenues longtemps que ce site est contrôlé ou soudoyé par le chef de la junte militaire de Mauritanie. Depuis lors nous avons cessé d’y envoyer nos documents.

 Ce site s’est démasqué quand vous lui avez envoyé mon interview et qu’il a eu l’attitude que vous déplorez. Ce contexte favorable à l’opportunisme a démasqué beaucoup de patriotards véreux qui étaient tapis dans nos rangs. Rien ne me fera changer de langage sauf Allah ou la solution totale de nos problèmes. Par ailleurs, moi Mourtoudo, c’est ma sincérité, mon humilité et ma fidélité à mes principes qui font ma force et mon identité. Ceci dit, nous condamnons énergiquement le coup d’état de 2008. Il n’est pas rectificatif. Il est coercitif. Il y a eu d’abord le putsch des parlementaires, le putsch des sénateurs qui ont entraîné celui des militaires avec lesquels ils étaient en connivence.

Ce coup d’état est une circonstance aggravante, parce que le colonel Ely qui avait dirigé la transition avait signé au parlement européen des accords interdisant la prise de pouvoir politique par les armes. Nos institutions mises en place par le président Sidi étaient en mesure de résoudre toutes les contradictions. Malheureusement ces généraux qui avaient soutenu Sidi et que Sidi avait privilégiés sur d’autres officiers ont décidé autrement parce que le président démocratiquement élu ne voulait plus être leur pantin.

Depuis le 6 Août leurs plans sont déviés, ils sont ankylosés, isolés à l’échelle interne et externe. Le front national pour la défense de la démocratie accentue quotidiennement sa pression et ne lâchera pas la lutte jusqu’à la victoire inchaallah. Depuis notre publication du 13 Août 2008 intitulée comment sortir de la crise, beaucoup d’autres propositions ont vu le jour, notamment celle de Messaoud président de l’assemblée nationale qui a eu une grande publicité ainsi que celles des autres organisations non gouvernementales.

Le compromis qu’on peut accepter qu’il ny est ni gagnant ni perdant, qui ne déshonore personne, qui ne règle pas des comptes, c’est d’amnistier les 12 membres de la junte, c’est de leur donner des fonctions diplomatiques s’ils le veulent ou des directions de sociétés d’état, leur garantir de tous leurs avantages de retraites et de sécurité. Ils doivent s’éloigner de la sphère politique et laisser les civils gérer leurs propres affaires. Ils n’ont pas eux, de la junte, l’air d’être de bons militaires mais de bons putschistes. C’est pourquoi ils s’accrochent au pouvoir pour s’enrichir et promouvoir leurs parents et amis.

C’est pourquoi aucune négociation ne peut les faire partir sauf l’application des sanctions brandies par la communauté internationale. Nous avons eu dans le cadre du front beaucoup de discussions avec des sénateurs et des députés. Certains parmi eux ont soutenu l’application des sanctions pour faire déguerpir les militaires. Les sanctions ne touchent pas l’humanitaire. Il n’y a que les nantis qui exploitent le peuple, qui l’oppriment et qui ont bâillonné les libertés qui vont en souffrir un peu. Le peuple mauritanien dans son ensemble et particulièrement les noirs mauritaniens qui n’ont jamais été associés aux pouvoirs prédateurs, vivent dans un embargo permanent depuis l’indépendance à nos jours.

Le tarissement des finances publiques, l’exaspération des contradictions internes pousseront les militaires à partir ou à s’affronter entre eux- mêmes. Le front comme vous le savez n’est pas encore divisé. Il est soudé en dépit des idées contradictoires qu’on y véhicule. Il mène quotidiennement des luttes dans tous les quartiers de Nouakchott et bientôt dans toutes les villes de Mauritanie inchaallah. Il a organisé 3 grandes manifestations durement réprimées. Nous savons le travail colossal, que vos formations politiques, organisations de droits de l’homme font en Europe et aux USA. Nous vous demandons de l’accentuer, car il nous aidera inchaallah à vaincre définitivement nos ennemis, ennemis de notre peuple, ennemis de la démocratie. La lutte continue!

 Nouakchott, le 16 Octobre 2008

 LE DOYEN MOURTOUDO DIOP PRÉSIDENT DU DEKAALEM

Partagez

Flamnet-Agora: Crimes commis entre 1984-2007: Ely, coupable et comptable

altLes dernières déclarations de l’ancien chef de l’Etat Ely Ould Mohamed Vall ne m’ont pas étonné ni surpris. Premièrement parce que personne en Mauritanie n’a encore déclaré avec courage, honnêteté ou remord sa responsabilité pour cette forfaiture et ces crimes commis entre 1990 et 1991. Ensuite parce que l’homme a toujours nié une quelconque participation dans ces évènements. Enfin parce qu’aucune commission indépendante n’a encore été mise en place pour démêler l’écheveau de cette affaire. Le Colonel Ely a en partie raison quand il dit avoir quitté le commandement dans l’armée. Les premiers responsables dans cette affaire sont le Chef de l’Etat, le chef d’Etat Major ( à l’époque Ahmed Ould Minnih) et son Adjoint, les Commandants de Régions Militaires et ceux de leurs subordonnés qui ont exécuté les ordres. Par contre Ely, par sa qualité de membre du CMSN, est responsable et comptable de tout ce qui s’est passé en Mauritanie de 84 jusqu’à 2007! Quant à la déportation, sa responsabilité est directe ne serait-ce que par le fait que dans les villes c’es la police qui a exécuté les ordres d’expulsion. Même si certaines enquêtes ont été menées, elles ont été illégales et largement orientées. Dans tous les cas, Ely ne peut arguer de son ignorance! Il a été au courant et il a cautionné; il a été au courant et son silence a cautionné. Ely a été l’homme de main de Ould Taya pendant vingt ans et on ne sort pas blanc comme neige de ce compagnonnage.

Ahmed Jiddou Ould Aly- Journaliste et ancien officier de l´armée mauritanienne.

Partagez

Flamnet-Agora: La sortie d’Ely ou la moisson d’Aziz !

altEly O/Mohamed Vall a eu sa sortie. Celle qui visiblement avait pour dessein de le replacer dans un champ politique qu’il avait quitté de la moins belle des manières. Pour revenir il lui fallait son scoop. Une de ces choses suffisamment « tordues » pour marquer les esprits et le remettre aux bons souvenirs des mauritaniens. Il eut donc sa virée, sur les déportations. Il en nia l’existence dit–on. Et le tollé fut général ou presque.
Celui d’abord de ceux qui ont intérêt à contrecarrer les velléités résurgentes de ce colonel aigri et conquérant. Ils étaient à l’affût d’un cadeau du ciel Celui là même qui ternit une image, achève son auteur en lui ôtant toute légitimité et toute crédibilité. L’occasion était trop belle Comme l’était celle de Biram et ses compagnons de l’IRA. Grosse moisson pour un pouvoir acculé ! O / Abdel Aziz ne pouvait espérer mieux !
Par sites interposés, l’exploitation médiatique fut totale. Il fallait tirer le maximum de prébendes de cette bévue langagière ; si tenté que c’est en une !

Il faut la présenter comme une opinion, une conviction qui doit heurter les consciences, raviver les plaies, justifier les ruptures et les postures. Celui ensuite de ceux dont les douleurs ont servi à construire des carrières, forgé des renommées. Cette vraie fausse sortie est pour les négro-africains une énième offense. Celle d’un vulgaire déni de réalité. Un déni qui sert, promeut.

Pour beaucoup hélas, déportations, exactions et exécutions ne sont que de simples « points » de politique générale brandis pour justifier des postures et solder des comptes.. Pour beaucoup, il ne s’agit là que de simples slogans, de vulgaires mots creux destinés à alimenter la liturgie de l’unité nationale .Que de la littérature politique pour public en quête « d’attaches » face à un déficit de sens et d’idées. La politique dans toute sa cruauté.

Le cynisme des hommes, la froideur des convictions. On en oublie presque Inal, Jreida ,les fosses communes de sori malé, les viols de fin de soirées, les convois de départs forcés, les états de siége, les nuits blanches,la terre rouge de sang… Pour nous cette souffrance porte des noms, des visages, des espoirs et des affections. Ce ne sont pas des numéros, pas des slogans, surtout pas des faire- valoir .

C’est le prix que des hommes et des femmes ont injustement payé sur la terre natale. Le prix du sang. Le sang de nos martyrs. Avant d’être un passif, il est donc l’expression d’une souffrance endurée, d’une injustice subie et d’une réparation qui tarde à se faire… Alors qu’importe ce qu’en dira ou ne dira pas Ely ! Q’importe l’utilisation qu’on en fera. Il apparaîtra toujours puéril à nos consciences meurtries de devoir compter sur des morts pour asseoir des carrières et forger (forcer) des destins….

Ibrahima Falilou
Professeur

Partagez

Flamnet-Agora: Quand le négationnisme et la lâcheté se conjuguent : Ely Ould Mohamed persiste et signe ! Par SY Hamdou Rabby

altLa question du négationnisme du système politique, fondement de l’Etat mauritanien esclavagiste et raciste, mérite d’être considérée comme la question prioritaire par rapport aux profils de tous ces hommes qui manifestent leurs ambitions politiques. Comment comprendre les propos d’Ely Ould Mohamed Vall qui fut le Directeur de la Sûreté nationale, l’officier le plus criminel durant le régime d’Ould Taya ? Ely Ould Mohamed Vall, revient à la charge, comme pour effacer de manière honteuse et indigne les responsabilités criminelles qu’il a eues à assumer, pendant plus de trois décennies. La lâcheté de cet homme vient confirmer une inhumanité qui n’est plus à démontrer.

Dans l’histoire de l’humanité, en effet, des politiques criminelles ont sévi. Mais il est arrivé un moment où, pour aller de l’avant, la reconnaissance des crimes commis est assumée afin que le travail de deuil puisse être effectué par les victimes. Non seulement, on s’attendait à une amorce de prise de conscience de l’impératif de la lumière à faire sur cette tragédie, mais on s’entend dire qu’il n’y a pas eu de déportations, ni de victimes des tortures de la police sous les ordres du même Ely Ould Mohamed Vall. Quel manque de sens de l’honneur ? Quelle indignité pour des hommes qui ont été au plus haut sommet de l’Etat ? Le comportement d’Ely nous prouve le degré d’irresponsabilité et de vulgarité de toute une génération de militaires, de cadres au service d’un système, dont le seul objectif est l’extermination des populations noires africaines mauritaniennes.

Les propos d’Ely doivent être fermement condamnés par la classe politique, les organisations de défense des droits humains et surtout être désavoués par les autorités en place. Décidément, tout est permis dès lors qu’il s’agit du génocide subi par la communauté africaine noire mauritanienne. Un criminel qui devrait être, aujourd’hui, dans les locaux du Tribunal Pénal International, fait de la provocation en tenant des propos négationnistes. Quoiqu’Ely fasse, il fait partie des trois plus grands coupables des crimes de génocide commis contre les populations africaines noires mauritaniennes à côté d’Ould Taya et de Djibril Ould Abdellahi, l’ancien ministre de l’Intérieur, sous ce même Taya. Si les propos négationnistes d’Ely Ould Mohamed Vall, tortionnaire en chef et génocidaire avéré ont une visée électoraliste, il doit en trouver d’autres.

Hier patron d’une police au service d’un régime raciste et sanguinaire, Ely est désarmé comme tous ceux que l’Histoire est en train de rattraper. A l’heure où des responsables de crimes de guerre sont devant le Tribunal pénal International, bon nombre de responsables comme Ely font face à la voix de leur conscience. La honte et l’indignité viennent perturber le sommeil des criminels comme Ely qui n’ont pas le courage d’assumer leurs responsabilités.

L’histoire du système politique de notre pays en dit long sur le crime organisé contre les Africains noirs mauritaniens. Ely rongé par sa mémoire cruelle cherche à faire de la surenchère et une fuite en avant en tenant des propos malheureux, méprisants et inacceptables. Un jour ou l’autre, Ely répondra devant la justice humaine ou celle de l’Eternel. En n’assumant pas ces pratiques odieuses, Ely ajoute aux crimes contre l’humanité, le déni de l’humanité des hommes et des femmes morts sous des tortures atroces dont les principaux responsables ont agi sous la responsabilité de ce sinistre Directeur de la Sûreté Nationale que fut Ely Ould Mohamed Vall.

Quand la médiocrité, la cruauté et le cynisme font alliance, ce sont des monstres comme Ely qui arrivent aux commandes. La logique de la mort que cet homme a incarnée ne peut être balayée par des propos aussi irresponsables qu’inacceptables. Les propos d’Ely sont à l’aune de sa situation misérable et de sa conscience malheureuse. Pauvre Ely qui tremble aujourd’hui après avoir été coupable de centaines de morts par des tortures inavouables ; dont il est un des principaux responsables.

La tragédie que la communauté africaine noire mauritanienne a subie ne peut être étouffée par des propos aussi contre-productifs que malvenus. Ely ferait mieux de se trouver d’autres arguments pour retarder la condamnation à perpétuité qu’il mérite. Le sens de la dignité devrait conduire Ely à se présenter devant le Tribunal Pénal International. Le sens moral est la chose du monde la moins partagée par nos dirigeants militaires d’hier et d’aujourd’hui. Sur ce plan, Ely en est une des figures les plus emblématiques. Cynisme ou provocation, les propos d’Ely sont le symptôme de l’état d’esprit d’un homme plongé dans le désarroi, l’humiliation et l’impuissance. Ely Ould Mohamed Vall est un homme pris au piège de sa cruauté et de son inhumanité. Les lendemains seront impitoyables pour un des hommes les plus criminels de l’histoire de l’humanité et du système politique mauritanien.

SY Hamdou Rabby
Philosophe
Paris – France

Partagez