Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Flamnet-rétro: Ils veulent solder nos souffrances !!!

altLa démocratie doit-être la chose la mieux partagée si l´on ne veut pas rester dans des voeux pieux. Nous avons revendiqué la démocratie en Mauritanie en exigeant, depuis des décennies, une égalité de droits et de devoirs pour tous les citoyens. La dénonciation des oppressions culturelles, économiques et politiques nous a valu d´être la cible de la plus grande répression dans l´histoire politique de la Mauritanie. Et nous avons toujours continué de revendiquer une Mauritanie de tous les Mauritaniens. On ne peut douter de notre volonté. Mais à quelles conditions?A écouter certains de nos compatriotes, on est frappé par leur volonté à vouloir solder nos souffrances, nos morts et nos droits. Comme certains marchands, ils veulent vider l´abcès comme on vide les stocks.

 

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Midas, ou le paradigme de la cécité mauritanienne

altConnaissez-vous l’histoire du roi Midas?

C’est ce roi de Phrygie (VIIIème siècle avant JC) qui avait reçu de Dionysos le pouvoir de transformer tout ce qu’il touchait en or. Appelé à arbitrer un concours de musique entre le satyre Marsyas, joueur de flûte et Apollon, qui joue de la Lyre, il proclame Marsyas vainqueur, alors que les Muses, également juges, préfèrent Apollon au satyre. Pour punir cette injustice, Zeus fit pousser à Midas des oreilles d’âne. Pour dissimuler sa difformité, le roi Midas se fit coudre un bonnet spécial. Nul dans le royaume n’osait parler de sa difformité. Nul ne le voyait découvert. Mais un jour, il eût besoin des services d’un barbier, et se trouva alors dans l’obligation d’enlever son bonnet. Le service terminé, le barbier s’en alla. Il n’osa parler à personne de ce qu’il venait de voir. Mais pour se soulager la poitrine d’un si lourd secret, il alla jusqu’à l’orée du village et là, aux abords du sentier, il creusa un trou profond, s’y pencha et répéta trois fois: « Le roi Midas a des oreilles d’âne! Le roi Midas a des oreilles d’âne! Le roi Midas a des oreilles d’âne! ». Il referma le trou et s’en alla. A la saison des pluies, des roseaux poussèrent à l’endroit, et à la saison sèche, à la faveur des vents, les roseaux se frottaient entre elles et laissaient entendre bruyamment dans l’air cette terrible vérité qui faisait se boucher les oreilles les plus peureux du royaume: « Le rois Midas a des oreilles d’âne! Le roi Midas a des oreilles d’âne! Le roi Midas a des oreilles d’âne! »

Si j’ai choisi de vous conter cette légende que vous connaissez sans doute, c’est pour en conclure cette belle phrase de Thalès, fort éloquente aujourd’hui pour le cas mauritanien: « Le Temps est plus sage que toutes les choses, car il finit toujours par découvrir la vérité ». Et c’est précisément contre ce Temps, têtu et coriace que tentent de lutter ceux comme Ely Ould Mouhamed Vall et Mouhamed Ould Abdel Aziz, qui sont détenteurs des lourds secrets d’une terrible époque. Or cet entêtement à vouloir braver le temps conduit forcément à des bégaiements sémantiques.

Quand un président en exercice fait de la délation en pointant du doigt de présumés (par lui) criminels sans jamais les nommer, oubliant même au passage que c’est lui qui a le pouvoir de les remettre entre les mains de la justice, c’est qu’on est en plein bégaiement de sens. Monsieur le Président, vous ne pouvez pas jouer ainsi avec une communauté en souffrance. Vous devez aux familles de victimes la vérité qui les apaisera, et aux mauritaniens, celle qui les réconciliera. Nous n’avons que faire des bouts de phrases lâchés comme tirs d’intimidation à l’endroit de vos adversaires politiques, ni des manifestations sur commande pour gêner ou intimider votre cousin ennemi avec qui vous avez en partage la lourdeur des grands secrets de la République. La seule chose qui nous importe, c’est la vérité qui remettra la nation en dynamique de retrouvailles, donc de réconciliation. Alors, organisez la manifestation de cette vérité. Vous en avez les moyens et l’impérieuse obligation, sous peine de suspicion d’implication, ou tout au moins, de complicité!

Quand un ancien chef des renseignements explique, pour se justifier de propos qu’on lui aurait prêtés, que lors des douloureux événements de 1989, le rôle de ses services « consista uniquement au contrôle de nationalité », (entendez de ceux qui ont été déportés), pensant ainsi se dédouaner, on est là aussi en plein bégaiement de sens. Cher Ely ould Mouhamed Vall, il n’a pas certainement du vous échapper après interview, que si vous assumez le travail d’enquête de vos services, vous ne pouvez qu’en assumer et les conclusions (la négation de la mauritanité des déportés), et les conséquences directes de ces conclusions: la déportation de dizaines de milliers de mauritaniens au Sénégal et au Mali. Vous ne pouvez même pas ne pas assumer du coup, les multiples dérives qui ont vu, le long de la vallée ou j’ai grandi, des personnes destinées à la déportation finir par être violées ou exécutées. Ce à quoi vous cherchez à échapper n’est pas dupe; car il s’agit de l’Histoire. Celle-là même à laquelle vous avez demandé de présenter ses excuses à votre place… Drôle d’esquive!

L’un comme l’autre, sachez que vous ne pourrez pas éternellement fuir ce débat dont vous savez pertinemment qu’il est le seul à pouvoir refonder notre contrat républicain sur des bases saines. Chercher à le gérer par la vacuité, ne démontre rien d’autre que la pauvreté de votre vision de l’avenir de ce pays, et d’une certaine manière, votre incapacité à lire l’Histoire. Et nous savons tous ce qui arrive à ceux qui ne savent pas lire le sens de l’Histoire…

Bocar Oumar BA

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Ely Ould Mohamed Vall , persiste et signe à travers une mise en scène cynique !

altAprès avoir été avec loyauté et beaucoup de zèle, le Directeur de la Sûreté nationale d’Ould Taya, Ely est en train de se donner bonne conscience, en s’attaquant au régime de Mohamed Ould Abdoul Aziz.

La frustration d’Ely quant à ses ambitions présidentielles ne nous intéresse guère, encore moins la lutte fratricide que se livrent les deux rivaux. Ce qui nous intéresse, par rapport à l’exigence de justice et de réparation, c’est la traduction de l’ancien patron de la police devant une juridiction nationale ou internationale pour répondre du crime de génocide.

Il est curieux de constater que des hommes, qui ont occupé les plus hautes responsabilités fassent preuve d’une lâcheté incroyable. La contribution d’Ely comme Directeur de la Sûreté nationale fut décisive dans les arrestations, les interrogatoires, les tortures à mort, les exactions et les déportations, durant près d’un quart de siècle de règne de la dictature tribale, raciste et esclavagiste d’Ould Taya. Si avec tous les crimes qu’il a commis, Ely entend jouer à la victime, c’est qu’il est convaincu, en âme et conscience, qu’il répondra un jour ou l’autre de son vivant à ces crimes odieux et inqualifiables.

Encore une fois, il convient de s’interroger sur l’humanité de ces hommes dont la puissance de mort, d’humiliation pose la question de la nature du régime d’Ould Taya qui a dirigé notre pays durant les années de Terreur absolue, avec comme principaux acteurs : Ely ould Mohamed Vall et Djibril Ould Abdellahi. Il y a, assurément, au sein de la police, de l’armée, de la gendarmerie, de la garde nationale, de l’administration et de la magistrature, des hommes qui ont pris une part de responsabilité considérable, mais les deux hommes cités sont les grands artisans qui ont agi auprès de l’architecte du racisme d’Etat qu’a été Ould Taya. C’est dire que ce n’est pas une question d’orchestration ou de mauvaise interprétation des propos d’Ely, mais une indignation relative au déni de réalité qui vient renforcer un déni d’humanité qui a été opérationnel. Ce n’est pas une question de maîtrise de la langue, française, arabe ou nationale, mais une question de mépris et d’irresponsabilité quant au fait de ne pas assumer des crimes commis par un personnage important de la machine à anéantir des êtres humains dont le tort est la couleur de leur peau.

Il ne s’agit pas de faire des débats sur la réalité ou non de la responsabilité criminelle d’Ely, mais de décence par rapport aux rescapés militaires, aux orphelins, aux veuves et aux populations africaines noires mauritaniennes, aux autres Mauritaniens non victimes, mais profondément blessés par ce génocide en attente de reconnaissance et de justice. Une politique inhumaine, raciste et barbare a été menée en Mauritanie de 1986 à 1992 de manière intense et s’est poursuivie autrement jusqu’en 2005 avec la chute d’Ould Taya. Ce régime n’a pas pris fin jusqu’en 2007 avec ce fameux CMDJ dont Ely a assumé la présidence sous le contrôle d’Ould Abdoul Aziz avec ses amis en attente de légitimité. Ce régime qui a joué les prolongations avec l’élection de Sidi Ould Cheikh Abdellahi.

Durant la période de transition, Ely n’a pas su impulser une dynamique de réconciliation nationale du fait de leurs responsabilités criminelles non assumées. D’autres criminels, coupables comme lui, continuent à se promener tranquillement et à tenir des propos négationnistes. Il n’y a pas eu de rupture dans la mesure où, Ould Abdoul Aziz, son successeur militaire n’est pas disposé à respecter ses engagements.
Il y a une forme de fuite en avant victimaire qui prouve un manque de courage et un cynisme non assumé. La Mauritanie souffre de ce phénomène qui est profond : le déni de la réalité. Ely s’est permis tous les crimes ignobles, horribles, mesquins et atroces contre la communauté africaine noire et il ne semble douter un tant soit peu de cette réalité, mais il ne veut surtout pas en entendre parler. Malheureusement pour lui, les temps ont changé. La roue de l’Histoire a tourné. L’heure des bourreaux a sonné, celle d’Ely comme celle de Taya. On ne peut pas effacer l’avoir eu lieu des faits. La méchanceté, quand elle s’accomplit sous le mode de la destruction des vies laisse des traces indélébiles et irréversibles. La folie et le délire de la puissance de mort des années de la toute puissance au service de la barbarie ont piégé Ely, l’ancien redoutable patron de la police mauritanienne. Ceux qui ont mis leur pouvoir au service du mal devront répondre et Ely en fait partie.

Les crimes commis finissent toujours par rattraper leurs auteurs. La question n’est pas dans les délais, mais elle est dans les rapports de force et les enjeux. Pour le moment le président mauritanien est en train de distraire le monde avec la question du terrorisme dans le Sahel pour ne pas faciliter la poursuite du travail de la justice internationale par rapport aux crimes de génocide. Ould Abdoul Aziz devra un jour s’expliquer sur l’obstruction de ce dossier. Mais il ne pourra pas rester longtemps sans se positionner. Autrement, il induit une innocence douteuse ou une part de responsabilité à explorer. Nous surveillons sérieusement Ould Abdoul Aziz, mais nous ne permettrons pas à Ely de vouloir semer le doute ou entretenir l’amalgame. Ely doit répondre des crimes de génocide, il doit s’expliquer devant une juridiction nationale ou internationale. La question de sa responsabilité ne se pose pas. Quant à sa sensibilité humaine, nous la mettons radicalement en doute au vu des faits et des tentatives désespérées du déni de sa responsabilité. Décidément le cynisme d’Ely Ould Mohamed Vall n’a pas de limites. Les victimes ne sont pas des victimes, mais les bourreaux sont devenus des victimes. Quel mépris de l’Humanité et de la dignité humaine des victimes, des orphelins, des veuves, de toute une communauté et de tout un pays ? Ely répondra devant le Tribunal Pénal International (TPI). C’est ce qu’il mérite.

En attendant, s’il peut soutenir une confrontation avec les militants pour l’avènement d’une société mauritanienne débarrassée du racisme, de l’esclavage, de l’injustice, de l’impunité et du mensonge, il est le bienvenu. Mais qu’il sache que cette Mauritanie ne se fera pas sans le devoir de mémoire et l’exigence de justice qui passent par la traduction des criminels comme Ely Ould Mohamed Vall devant la justice pour répondre des crimes de génocide dont ils sont pleinement responsables. Le courage et le sens de la dignité seraient pour nos responsables criminels comme Ely de reconnaître publiquement leurs crimes et de nous expliquer ce qui s’est effectivement passé afin que nous puissions nous libérer de ce traumatisme et d’entamer le travail de deuil, et de nous inscrire dans une perspective d’apaisement. L’avenir de la Mauritanie en dépend ; le malheur et les souffrances de la communauté noire ne peuvent être occultés au profit de querelles ridicules et minables.

La confrontation entre deux hommes aux ambitions démesurées est une mise en scène qui ne nous intéresse pas. Ely doit savoir raison gardée, après un règne cynique et barbare. La charge qui pèse sur lui s’alourdira du déni de réalité qu’il est en train d’ajouter au déni d’humanité qui a caractérisé sa contribution au pouvoir mortifère d’Ould Taya.

SY Hamdou Rabby
Philosophe
Paris-France
 

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FLAMNET-RÉTRO : De la longue lutte de libération des négro-mauritaniens par Mamadou Samba Diop dit Mourtoudo

altFLAMNET: Et Si on vous demandait de raconter à nos jeunes générations la longue lutte de libération des négro-mauritaniens en tant que doyen et un des théoriciens et défenseurs de la résolution de la question nationale en Mauritanie?

Mourtoudo : L’état mauritanien situé entre le monde arabe et l’Afrique noire, où vivent deux races des blancs et des noirs qui utilisent plusieurs langues : le pulaar, le ouolof, le soninké, le bambara dans l’est du pays est un état raciste, tribaliste, esclavagiste, chauvin et intolérant, parce qu’il refuse de reconnaître la diversité raciale et culturelle.

Il confond islamité et arabité et tient absolument à assimiler, à diluer, à effacer l’identité culturelle de tous les négro-mauritaniens ; je dis que l’état est raciste et non à nos frères maures que nous aimons et que nous respectons avec lesquels nous voulons vivre ensemble dans l’égalité, la justice et la fraternité. Nous devons donc combattre politiquement cet état hypocrite dont les proclamations ne cadrent avec ses actes.

Depuis l’indépendance à nos jours, l’état mauritanien a privilégié une ethnie sur d’autres, une race sur une autre, qui contrôle tous les leviers politiques, économiques, culturels, militaires et autres ; je veux dire tous les moyens de production. C’est une sorte d’apartheid sournois à 600km de Dakar. L’histoire des nègres de ce pays, leurs langues et leurs cultures sont bafouées. Cette injustice a été sentie en 1966. Dix neuf (19) intellectuels négro-africains ont créé un mouvement appelé « mouvement des 19 » présidé par l’ex- procureur de la République Abdoul Aziz Bâ.
Ce mouvement des nègres a été le premier à dénoncer le racisme d’état mauritanien qui avait privilégié son arabité au détriment de sa négrité. Moctar Ould Daddah réprima durement ce mouvement, arma une partie de la population pour exterminer massivement les Haalpulaaren de Mauritanie. Pour nous, il n’est pas le père de la nation, mais de sa nation, car la Mauritanie est une Nation de nations. Ceci demande une longue explication qui relève de la problématique des nationalités qu’il me sera difficile d’aborder dans cette interview.

Depuis lors, la prise de conscience des mélanodermes de leur oppression s’est développée. Plusieurs documents célèbres tels que “conscience noire”, “l’état arabo-berbère et la répression des négros africains de Mauritanie” ont été largement commentés par toutes les presses du monde. Plusieurs groupuscules politiques s’étaient formés dans la clandestinité et s’affrontaient durement. Certains se réclamaient du marxisme, prochinois, pro russe, pro albanais et même pro vietnamien, etc. Des mouvements panarabistes, baathistes, nasséristes, frères musulmans, ont été créés pour faire pression sur l’état pour l’obliger à radicaliser, l’enseignement de la langue arabe.

Pour nous, l’enseignement de la langue arabe est un droit que nous soutenons absolument. mais en Mauritanie, il n’ya pas seulement que la langue arabe, il fallait aussi prendre en charge les autres langues et les enseigner, permettre à chaque mauritanien de s’éduquer dans sa langue maternelle, de s’ouvrir à la langue de son voisin et après aux langues étrangères, favoriser un malaxage culturel et non une glotophagie linguistique. Le fait de privilégier une langue sur d’autres est une injustice que nous ne cesserons de combattre.

Ce combat, nous l’avons mené contre tous les régimes. Il s’est accentué avec la formation politique des mouvements négro africains : UDM, MPAM, ODINAM, MEEN, etc. qui ont fini par former une entité globale appelée FLAM. Ce mouvement ou parti politique développa la contestation contre l’oppression d’une communauté importante de ce pays en publiant le manifeste du Négro-mauritanien opprimé de 1986. Rappelons que le mouvement EL HOR, SOS ESCLAVES et autres, ont vu le jour pour contester l’esclavage. Actuellement, le Front Uni de l’Action des Haratines(FUAH) s’est imposé sur le paysage politique mauritanien.
Ainsi donc la lutte culturelle à travers les associations du Pulaar, du Wolof, du Soninké, a contraint le régime de Haïdalla de reconnaître les langues des nègres du pays. Depuis l’indépendance jusqu’à ce jour, l’oppression des nègres continue bien sûr avec la complicité de quelques uns de leurs frères instrumentalisés par les divers pouvoirs qui se succèdent. Le régime de Taya appliqua la purification ethnique avec la complicité de Saddam Hussein de l’Iraq.

altDe 1986 à 1991, une violence barbare déclenchée par le dictateur Taya s’est abattue sur les noirs mauritaniens notamment sur les Haalpulaaren. On organisa des déportations, des licenciements des militaires et des civils, des pogroms, la spoliation des biens d’autrui et des exterminations massives. Ce sont des choses que nous ne devons pas oublier, que nous ne devons pas pardonner. Il faut juger les coupables et indemniser toutes les victimes afin que telle dérive ne se reproduise plus. Si je dois conseiller les nouvelles générations négro africaines de Mauritanie, je leur dirai d’apprendre d’abord leurs langues nationales, leurs histoires, leurs cultures, de se former, de s’armer de sciences, de s ‘impliquer dans les batailles politiques pour l’égalité, la justice, pour l’éradication de l’esclavage sous toutes ses formes, du tribalisme, de la mentalité négative castale. Je leur demanderais de se battre pour l’unité nationale sur la base de la solution de la question nationale, de se battre pour l’unité africaine, pour l’unité arabo africaine dans une mouvance alter mondialiste. Je leur demanderais de se battre pour le respect des valeurs islamiques, de combattre le racisme, l’intolérance, de respecter le droit des femmes, etc.

Je demande à tous nos lecteurs à continuer à persister dans la lutte en dépit de toutes les difficultés que nous rencontrons. Nous devons combattre le racisme sous quelque forme qu’il se manifeste, de nous impliquer dans les batailles culturelles pour éradiquer l’ignorance car politique et culture sont dialectiquement liées.

Je leur demande de casser les murs que les régimes raciste ont mis entre nos différentes races et nationalités, d’apprendre à nous connaître à nous accepter, à poser tous nos problèmes et les résoudre par le dialogue. Nous devons exiger la suppression de l’article 6 de la constitution mauritanienne qui légalise la discrimination.

Nous devons nous battre pour l’enseignement de l’histoire des nègres de notre pays. Nous devons nous battre pour la reconnaissance de notre culture, de rehausser l’utilisation de nos langues à la radio et à la télévision, d’officialiser, d’enseigner nos langues, en faire des langues de travail et de gouvernement.

Nous devons continuer à nous battre pour le règlement définitif du passif humanitaire. Qu’Allah appuie nos pas et continue à faire de nous des soldats intrépides au service des causes justes./.

Propos recceuillis par Kaaw Touré et Ibra Mifo Sow

(Extrait invité du site Flamnet Mardi 13 octobre 2008)

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Témoignage: Quand Mourtoudo écrivait à Flamnet

MURTOUDO ET KAAW TOURELe bureau politique de DEKAALEM et moi-même vous remercie en tant que frère, ami, porte-parole des FLAM et animateur du site flamnet ; il remercie également FLAM et l’encourage à continuer sa lutte jusqu’au triomphe de la liberté, il remercie de même, le Docteur Aboubakry Ndongo qui n’a cessé en Afrique et en Europe d’encourager notre collaboration. Le bureau Politique de DEKAALEM remercie KJPF de France, notamment la section de Mantes-La- jolie dirigée par Saïdou Bah, Mamadou Abdoul Seck, Djalo Seck, Amadou Dème, etc. Ils remercient aussi Amadou Camara Babaly, Abou Galo Diallo et Oumar Galo Diallo, membres de  DEKAALEM et dirigeants de l’Association Internationale du Pulaar de Rouen et Abas Sow de l’Italie. Il remercie Pulaar Speaking Association des USA, l’Association du Pulaar de l’Italie, KJPF du Caire et tous ceux qui avaient contribué à l’avènement de DEKAALEM en France, en Belgique et ailleurs. Le bureau politique de DEKAALEM vous demande de continuer à vous battre contre le racisme et l’assimilation des communautés négro-africaines érigés en système de gouvernement depuis l’indépendance à nos jours.

 Notre victoire contre l’injustice exige la persévérance et l’unité, exige aussi de rassembler toutes les forces politiques nationales et internationales qui ont les mêmes objectifs que nous. Nous nous attelons à cette tache. Certaines formations ont répondu à notre appel, nous tenterons ces jours-ci de mettre un cadre qui rapproche les familles politiques dont le cheval de bataille sera en priorité inchaallah la solution de la question nationale. Le but de cette lettre est de vous remercier de mon interview que vous avez publiée et qui a donné satisfaction à beaucoup de visiteurs de flamnet.

 Nous remercions vivement ces visiteurs et les encourageons à être fidèles à flamnet et à y mobiliser beaucoup d’autres. Ce n’est qu’un site sérieux comme flamnet, un site courageux, qui ose publier les écrits du Doyen Moutoudo Diop. Il ya un site qui ne publie plus nos écrits. Des rumeurs nous sont parvenues longtemps que ce site est contrôlé ou soudoyé par le chef de la junte militaire de Mauritanie. Depuis lors nous avons cessé d’y envoyer nos documents.

 Ce site s’est démasqué quand vous lui avez envoyé mon interview et qu’il a eu l’attitude que vous déplorez. Ce contexte favorable à l’opportunisme a démasqué beaucoup de patriotards véreux qui étaient tapis dans nos rangs. Rien ne me fera changer de langage sauf Allah ou la solution totale de nos problèmes. Par ailleurs, moi Mourtoudo, c’est ma sincérité, mon humilité et ma fidélité à mes principes qui font ma force et mon identité. Ceci dit, nous condamnons énergiquement le coup d’état de 2008. Il n’est pas rectificatif. Il est coercitif. Il y a eu d’abord le putsch des parlementaires, le putsch des sénateurs qui ont entraîné celui des militaires avec lesquels ils étaient en connivence.

Ce coup d’état est une circonstance aggravante, parce que le colonel Ely qui avait dirigé la transition avait signé au parlement européen des accords interdisant la prise de pouvoir politique par les armes. Nos institutions mises en place par le président Sidi étaient en mesure de résoudre toutes les contradictions. Malheureusement ces généraux qui avaient soutenu Sidi et que Sidi avait privilégiés sur d’autres officiers ont décidé autrement parce que le président démocratiquement élu ne voulait plus être leur pantin.

Depuis le 6 Août leurs plans sont déviés, ils sont ankylosés, isolés à l’échelle interne et externe. Le front national pour la défense de la démocratie accentue quotidiennement sa pression et ne lâchera pas la lutte jusqu’à la victoire inchaallah. Depuis notre publication du 13 Août 2008 intitulée comment sortir de la crise, beaucoup d’autres propositions ont vu le jour, notamment celle de Messaoud président de l’assemblée nationale qui a eu une grande publicité ainsi que celles des autres organisations non gouvernementales.

Le compromis qu’on peut accepter qu’il ny est ni gagnant ni perdant, qui ne déshonore personne, qui ne règle pas des comptes, c’est d’amnistier les 12 membres de la junte, c’est de leur donner des fonctions diplomatiques s’ils le veulent ou des directions de sociétés d’état, leur garantir de tous leurs avantages de retraites et de sécurité. Ils doivent s’éloigner de la sphère politique et laisser les civils gérer leurs propres affaires. Ils n’ont pas eux, de la junte, l’air d’être de bons militaires mais de bons putschistes. C’est pourquoi ils s’accrochent au pouvoir pour s’enrichir et promouvoir leurs parents et amis.

C’est pourquoi aucune négociation ne peut les faire partir sauf l’application des sanctions brandies par la communauté internationale. Nous avons eu dans le cadre du front beaucoup de discussions avec des sénateurs et des députés. Certains parmi eux ont soutenu l’application des sanctions pour faire déguerpir les militaires. Les sanctions ne touchent pas l’humanitaire. Il n’y a que les nantis qui exploitent le peuple, qui l’oppriment et qui ont bâillonné les libertés qui vont en souffrir un peu. Le peuple mauritanien dans son ensemble et particulièrement les noirs mauritaniens qui n’ont jamais été associés aux pouvoirs prédateurs, vivent dans un embargo permanent depuis l’indépendance à nos jours.

Le tarissement des finances publiques, l’exaspération des contradictions internes pousseront les militaires à partir ou à s’affronter entre eux- mêmes. Le front comme vous le savez n’est pas encore divisé. Il est soudé en dépit des idées contradictoires qu’on y véhicule. Il mène quotidiennement des luttes dans tous les quartiers de Nouakchott et bientôt dans toutes les villes de Mauritanie inchaallah. Il a organisé 3 grandes manifestations durement réprimées. Nous savons le travail colossal, que vos formations politiques, organisations de droits de l’homme font en Europe et aux USA. Nous vous demandons de l’accentuer, car il nous aidera inchaallah à vaincre définitivement nos ennemis, ennemis de notre peuple, ennemis de la démocratie. La lutte continue!

 Nouakchott, le 16 Octobre 2008

 LE DOYEN MOURTOUDO DIOP PRÉSIDENT DU DEKAALEM

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