Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Contre-réaction aux propos du capitaine Krombolé

altVisiblement l’interwiew récente de ould Krombole semble susciter une controverse dans les rangs de nos frères d’arme negro-africains. Nos militaires négro- africains , se sentant offensés, montent au créneau, indignés !

J’ai plutôt l’impression que cette indignation est feinte , et qu’ils jouent la comédie. Je pense que l’on fait là un mauvais procès à ce capitaine , qui n’a fait que relever un constat : que personne parmi eux n’avait tiré le moindre coup de feu, ne serait-ce que pour l’honneur , dit-il ; qu’ils se sont fait cueillir comme des lapins , un à un sans résistance d’aucune sorte, rien est plus vrai !

Le plus surprenant dans tout ça ce sont les réactions , des supposés indignés .Des réactions qui reposent sur des arguments de “défense”’ mauvais , confus, faibles et ridicules du genre , “nous avions été desarmés” ! “Ce bidaan est malhonnête ! il appartient au Système” ! lui même était commandant d’une unité ! Mais là n’est pas la question ! et puis ces arguments invalidaient-ils , tant soit peu , l’assertion de Krombolé qui soutient que “personne n’avait résisté”?

Concédons leur l’argument “nous avons été désarmés” pour avancer .

A supposer que ce fut vrai pour NDB , l’on sait que ce ne fut pas le cas pour Nouakchott et ailleurs dans certaines bases, du moins au tout début des arrestations. Pourquoi ceux-là n’avaient -ils pas résisté, fait usage de leurs armes ? Non , c’est là un faux argument .

Par ailleurs le fait d’être désarmé éliminait –il , nécessairement , tous les moyens ou toute autre forme de résistance, immédiate ou lointaine ?L’humiliation avait été à son comble, nous le savons tous, mais qu’advient –il après les libérations et les radiations massives de ces militaires et para-militaires négro-africains?

Certains furent sommés de se présenter au poste de gendarmerie ou de police toutes les semaines; ils s’y plièrent , presque volontiers ! D’autres choisirent de devenir charbonniers ! Un bon nombre – des centaines – demeura à l’interieur , à Nouakchott , à l’affùt de la moindre annonce pour se faire recruter gardiens d’immeubles ou de magasins , agents de sécurité dans les ambassades. D’autres se terrèrent et se firent simplement oubliés, un grand nombre prit le chemin de l’exil.

Personne , pas un seul ne pensa résister pour laver l’affront de l’humiliation subie !

En exil ils choisirent de garder leurs grades , de s’appeler -mon capitaine , mon lieutenant-!! Pour se donner bonne conscience , ils créèrent un mouvement de défense des “droits de l’hommes” dénommé “Avomm”, qu’ils se dépéchèrent de faire éclater en morceaux, appelés Ocvdh No 1 et No 2 , Camme par- ci, Odh et que sais-je encore , par là ! De grâce n’intentons pas un procès à Krombolé , qui n’a fait que rappeler un fait d’histoire, à savoir que face à leur traitement humiliant vécu dans les casernes de ould Taya, les militaires et para-militaires négro-africains, n’avaient opposé aucune résistance. Ni sur le coup ni plus tard !

S’il faut leur reconnaitre le mérite de s’être redréssés, et d’avoir eu le toupet d’oser, comme d’autres qui les avaient précédés, afin d’exiger respect et dignité, il nous faut aussi dire qu’ils avaient failli d’aller jusqu’au bout des exigences de cette même dignité .

Personne, pas un seul ne pensa résister pour laver l’affront de l’humiliation subie ! Personne ou presque …

Tel est ce que l’histoire retiendra.

Farba Galo Seck. Nouakchott-Mauritanie.

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La lettre de TPMN à l´Emir du Qatar

altA son altesse Cheikh Hamid Al Thani, Emir du Qatar

Objet : Demande d’arrestation et de traduction en justice du dictateur Ould Taya

Votre altesse,

Le mouvement Touche pas à ma nationalité qui se bat pour l’émergence d’une Mauritanie une et plurielle débarrassée des démons du racisme et de l’esclavage et qui rétablirait le citoyen noir dans sa dignité saisit l’occasion de la célébration du 64 anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme pour vous demander de réparer une injustice dont le votre pourrait être complice bien malgré lui. Le Qatar qui aspire aujourd’hui à jouer un rôle de premier plan dans l’espace géopolitique mondial et en particulier dans le devenir du monde arabe comme en témoignent vos positions courageuses dans ce qu’il est convenu d’appeler les printemps arabes, accueille sur son territoire le plus grand criminel que la Mauritanie ait jamais connu en la personne de son ancien président, Moâwiya Ould Sid’Ahmed Taya

Cet homme, qui a régné sans partage sur la Mauritanie pendant plus de vingt ans, a sur les mains le sang de milliers de mauritaniens dont le seul tort était d’être noirs et non arabes. Sous son règne en effet, a eu lieu une opération d’épuration de la Mauritanie de sa composante négro-africaine qui s’est traduite dans les faits par l’assassinat de plus de cinq cents militaires entre 1990 et 1991 dans les camps mouroirs d’Inal, Jreida, Azlatt et autres. Dans le même temps 355 citoyens noirs civils, cette fois, sont massacrés dans la vallée du fleuve qui tient lieu de frontière avec le Sénégal et 476 villages peuplés de noirs sont détruits et leurs habitants déportés vers le Sénégal et le Mali. Ils seront au total plus de 120.000 noirs de Mauritanie à être déportés dans ces deux pays voisins.

Ces faits, dont la gravité n’a jamais été égalée dans l’histoire de la Mauritanie et dont le paroxysme a été atteint dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990, avec la pendaison de 29 militaires noirs à Inal pour célébrer le trentième anniversaire de l’indépendance nationale, relèvent des crimes de génocide et des crimes contre l’humanité par leur caractère systématique et généralisé (toutes les catégories socioprofessionnelles : civils et militaires, formel et informel, etc.) et par leur orientation ethnico-raciale (seuls les négro-mauritaniens sont touchés)qui démontrent, si besoin est, que l’épuration ethnique était planifiée et savamment orchestrée au plus haut niveau de l’Etat mauritanien.

Il est impensable en effet qu’une opération d’une telle ampleur puisse se faire sans la bénédiction des plus hautes autorités du pays ; d’autant plus que la Mauritanie vivait alors sous la férule d’une dictature militaire qu’incarnait le colonel Ould Taya.

 Le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz qui règne sur la Mauritanie aujourd’hui ne demandera jamais l’extradition d’Ould Taya pour des raisons objectives : le système raciste et esclavagiste qui régissait le pays reste entier et la meilleure preuve en est que l’exclusion des noirs mauritaniens devient chaque jour plus prononcée pendant que les exécutants des crimes cités ici trustent, en guise de récompense, les plus hautes responsabilités de l’Etat.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de procéder à l’arrestation de ce criminel et, à défaut de pouvoir le juger, de le livrer à des instances judiciaires à même de prononcer la justice dans de tels cas (le tribunal pénal international où la justice belge qui a enregistré une plainte contre Ould Taya, jugée recevable).

Pour la grandeur du Qatar, pour l’ambition que vous avez pour votre pays, pour les valeurs et principes de notre sainte religion, pour la dignité humaine et pour bien d’autres raisons encore, il est de votre devoir de faire en sorte que justice soit rendue.

Nouakchott le 13 décembre 2012

La coordination

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L´édito de Kassataya : Le déni de mémoire par Marieme Mint Derwich

Il est de notre mémoire comme il est de la politique en mauritanie : un grand écart entre splendeurs et misères, aveuglements et perceptions, réalités et denis.Les commémorations du 52° anniversaire de l’accession à l’indépendance de notre jeune nation n’échappent pas à la règle.Comme chaque année, la machine gouvernementale s’est mise en branle, levers des couleurs, discours, flonflons et patriotisme.Les médias publics ont abreuvé les citoyens que nous sommes d’images d’archives,de chants laudateurs. Avec, cette année, une particularité: les « explications » d’un président qui fut absent 40 jours pour cause de tirs contre sa personne, tentant ainsi de pallier au black out total qui fut de mise pendant l’hospitalisation en France du chef de l’Etat.Dans une conférence de presse boycottée par la quasi totalité de la presse mauritanienne, Mohamed ould Abdel Aziz s’est fait le hérault des réalisations de l’état sous sa gouvernance, dévidant un chapelet d’exemples. « Tout va bien » pourrait résumer l’exercice : l’économie? Voir les réalisations. La justice? En progrès. Le chômage? Le gouvernement travaille. La crise malienne? Y être sans y être. Le passif humanitaire? Voir la prière de Kaédi.Pas un mot sur Inal, sur Sorimalé, sur les disparus, les fosses communes, les exécutions extra judicaires.Comme si ceux ci n’existaient pas et relevaient d’un fantasme, d’une illusion d’optique collective, d’un mirage.

Pas un mot sur les 28 pendus de la nuit du 27 au 28 Novembre 1990, à Inal.Pas un mot sur les disparus des années de braise, ceux dont les corps n’ont pas été rendus à leurs familles.Pas un mot sur la justice. La Mauritanie « nouvelle » continue ainsi son bonhomme de chemin, construisant une « mémoire d’Etat », officielle, démocratie amnésique et aveugle. Sourde. Au nom d’une raison d’état présupposée, notre pays a fait l’économie de sa mémoire.Une mémoire sélective qui occulte tout un pan de notre histoire nationale. Le déni de réalités est, depuis les années 90, la norme officielle, nonobstant les appels d’associations de rescapés, de militants des droits de l’Homme.

Dans un pays où tout le microcosme politique savait mais où personne ne « mouftait », dans un pays où les militaires gérent le politique depuis le coup d’état du 10 Juillet 1978, seuls détenteurs des ordres et actions, l’aphasie officielle semble être le seul chemin de la réconciliation.Le vrai courage politique aurait été, non pas seulement la prière de kaédi et les indemnisations des victimes des années noires, mais la volonté claire et affichée de se colleter avec notre passé sanglant.Le vrai courage politique aurait été de désigner, enfin, les coupables de meurtres, de viols, d’exactions, de vols, d’emprisonnements, de tortures, quitte à décapiter une partie du commandement militaire.Le vrai courage politique aurait été de dire, de libérer la parole, de reconnaître que notre armée, désignée comme républicaine, s’est rendue coupable de crimes contre l’humanité, de meurtres barbares, d’actes ingnominieux.Le vrai courage politique aurait été de décider, enfin, de juger les coupables; eux qui sont toujours libres.Le vrai courage aurait été la fin de l’impunité.Mais nos dirigeants, issus eux mêmes de la Grande Muette, en ont décidé autrement.La Mauritanie démocratisée, libéralisée, « rectifiée », a choisi le silence des années Taya et l’effacement des mémoires.En « oubliant » un peu vite que la construction de cette Mauritanie là ne peut se faire que sur un vrai changement radical et une expiation du passé.Un vrai courage politique…

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Flamnet-Agora: Mauritanie : 2012 . 1960 . 1957: Ce que je crois d’elle et d’eux, message à mes compatriotes d’adoption

altLa preuve par l’actualité ? La preuve par l’histoire ?

L’actualité a été étonnante. Un système érigé par la force – mais une force qui n’est telle que relativement à l’absence d’autres forces… le BASEP, aux ordres du même personnage depuis sa création à l’école irakienne en 1987, moins trois ans de stage pour celui-ci à l’étranger et en regard ni forces de sécurité vraiment conséquentes, ni partis politiques organisés indépendamment de l’Etat, ni un Etat ayant la seule armature qui compte : des hommes, des femmes adhérant à l’idéologie précise de son service et du dévouement au bien commun. Un dévoiement général, y compris celui des urnes électorales dont le système établi par l’administration coloniale convainquait à peine à son époque et devint une « mascarade » selon les communiqués chroniques des opposants, toujours écrasés au suffrage universel par l’homme fort en possession d‘état au moment de solliciter une légitimité pour la montre internationale. Ce système inexpugnable depuis le 6 Août 2008, dormant pendant la transition puis la tentative démocratiques commencées les 3 Août 2005 et 19 Avril 2007, ne pouvait – ne peut encore, semble-t-il – être renversé que par lui-même, c’est-à-dire un nouveau coup militaire.

Le 13 Octobre a été donnée la preuve qu’un autre scenario est possible, celui de l’imprévisible, qui n’est jamais un hasard. Les ressorts de celui-ci ne se connaissent que plus tard. Mais c’est un fait qu’en l’absence du général Mohamed Ould Abdel Aziz, président de la République, l’armée n’a rien décidé par elle-même, la population n’a pas couru aux palais officiels pour les occuper, l’opposition n’a pas forcé l’Assemblée nationale à légiférer la substitution du régime par la préparation d’un autre. Personne ne s’est imposé et le chef d’état-major national n’a assumé aucun rôle public, le Premier ministre, les gouvernants ont été fantomatique et rien de la vie quotidienne, des problèmes de fond et du pays entier n’a changé.

Preuve d’une inertie ou d’une force ? en France, le cardinal de Richelieu gouverna le pays de son lit, pendant un an avant de mourir en 1642… Georges Pompidou continua de régner, intellectuellement intact, mais dans les souffrances et la faiblesse personnelles jusqu’à l’instant de sa mort à laquelle il ne s’attendait pas, le 2 Avril 1974… François Mitterrand, dans un état analogue, prolongea sa présidence jusqu’au terme constitutionnel, en Mai 1995, semi-mourant… et Mohamed Ould Abdel Aziz en aurait fait autant ? Non, car au pays qui s’interrogeait et selon une communication, probablement sans consultant, mais atteignant le chef d’œuvre de la désinformation à l’apparition publique d’un quasi-ressuscité, la réponse est donnée d’un pouvoir personnel qui ne s’abandonne pas et décide de tout.

S’administre alors – paradoxalement autant pour l’homme fort que pour le peuple mauritanien – une contre-épreuve. En l’absence physique du général Mohamed Ould Abdel Aziz, président de la République, le pays reste calme, l’armée muette, le BASEP l’arme au pied, l’engrenage sahélien et nord-malien au point mort. Le voici qui rentre au pays, s’exprime à plusieurs reprises, augmente les salaires – à la manière de Ceaucescu à son balcon, sous l’inspiration de son épouse, tandis que la foule pour la première fois en Roumanie depuis plus de quarante ans conspue le Parti communiste et ses chefs,  son dictateur – et commencent les incidents, les manifestations sont précises et violentes, le spectre des divisions et des malentendus, des pétitions ethniques réapparaît comme il était réapparu dès la rentrée scolaire et universitaire suivant le putsch original qui brisa l’évolution nationale le 10 Juillet 1978, comme il était réapparu dès la légitimitation électorale du 18 Juillet 2009. Tout le passé mauvais des années de braise, toute la pauvreté et la sous-médicalisation, toutes les soifs nouvelles de justice et d’équité quand les manifestants, les chefs de certains partis sont molestés ou assiégés… reviennent ensemble. D’un accueil à l’autre, le pouvoir parce qu’il est réputé raffermi, au besoin restauré, semble provoquer bien plus qu’une contestation et ce que va tenter d’exprimer une Coordination de l’opposition démocratique qui n’a pas su s’imposer ni en quatre ans de régime autoritaire, entaché d’illégalité depuis au moins un an, ni en quatre semaines d’absence et d’incertitude…

Comment ne pas souhaiter, en ce jour de fête nationale, de commémoration d’une indépendance très méritoirement acquise, souhaitée, cultivée par de fécondes années fondatrices, que cesse cette longue parenthèse de l’arbitraire. Bien plus qu’un calendrier électoral ou des ajustements salariaux, il faut à la Mauritanie une réflexion partagée par tous, élaborée par tous sur la manière nationale de se gouverner et ne décider des voies et moyens, des personnes aussi à porter au pouvoir, qu’une fois ce consensus établi et assuré, qu’une fois les forces entre lesquelles se répartissent les Mauritaniens, des forces de sécurité aux structures tribales, aux partis politiques, aux tendances religieuses, aux mémoires sociales et ethniques, vraiment réattelées au devenir commun.

Car la preuve de l’histoire est péremptoire. Malgré tant de facteurs centrifuges et de division, malgré si peu de savoir faire et de savoir être démocratique, contrairement à toutes les prévisions d’experts ou d’amis depuis 1957 et périodiquement à chaque changement de régime ou d’autorité, la Mauritanie demeure. Quel est le secret de sa stabilité ? quoi donc fonde bien plus qu’une entente entre tous, ou des intimidations mutuelles entre forces et mouvements divers ? stabilité à l’avantage certes des voisins, certes de l’ancienne métropole.

Il me semble qu’il y a une part de providence – oui – mais surtout une vraie sagesse collective, une intelligence de la possibilité du pire et des bienfaits de la patience. Il y a la psychologie de chacun défiant les mauvais moments et mettant à nu les rodomontades, les dires et promesses du pouvoir quand il est cynique. Cette science de soi, et cette science des autres me semblent exceptionnellement répandues en Mauritanie, elle est source d’égalité mentale et morale entre chacun des Mauritaniens, elle permet des dialogues vrais dès que l’enceinte et le moment sont judicieusement proposés, elle jauge les gens, elle crible le souvenir.

Le secret mauritanien – au moins pour moi, qui suis nativement étranger et intellectuellement d’une formation différente – s’est incarné, en intelligence politique autant qu’en mœurs et dignité de vie personnelle, dans la personne de Moktar Ould Daddah. Le rattrapage des drames possibles, les foyers de désunion et de sécession, les ferments d’abdication face à l’ancien colonisateur ou à la revendication marocaine ou aux tentations fédéralistes ouest-africaines, les discussions à relents ethniques étaient chroniquement mises bien mieux qu’aux voix, devant les consciences et en délibération aussi prolongée qu’il le fallait. Les générations étaient une à une conviées à cela et jusqu’en 1978, malgré des cahots, malgré des périodes répressives et parfois tendues, difficiles à vivre et rétrospectivement à justifier, la caravane mauritanienne a avancé, s’est perfectionnée et se savait susceptible de perfectionnement. La grande élection de Mars 2007, mettant tout le monde et pas seulement les candidats, surtout ceux du second tour, à égalité, pustchistes de 2005 ou de 1978 compris, aurait dû inspirer les principaux acteurs en sorte qu’une union nationale, dans une répartition des rôles où – sur le papier – personne ne semblait oublié, gouverne collégialement le pays. Débonnaire, pieux, pacifique, résolu pour l’essentiel – le discours du 29 Juin 2007 le montra – Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi aurait dû être soutenu par tous au lieu d’avoir à se constituer, par lui-même et donc à grands risques, sa propre structure de pouvoir. Et celui qui depuis le 6 Août 2008 prétend d’une part « régler tous les problèmes » et d’autre part avoir, au vrai, écrit toute l’histoire politique et toutes les successions démocratiques ou pas pendant toute cette décennie, se serait grandi en étant le gardien physique de l’état de droit.

Mohamed Ould Abdel Aziz peut enfin se grandir, maintenant, s’il consacre ses forces et le temps qui lui restent – constitutionnellement ou médicalement parlant – à permettre ce qui est attendu depuis des années. Rien que définir consensuellement cette attente vaudrait une entrée dans l’histoire : positive.

C’est mon vœu ardent et confiant. La Mauritanie a les moyens qu’il se réalise, et il est possible que Mohamed Ould Abdel Aziz reçoive enfin la grâce d’être l’homme du moment. Il est temps. C’est le temps.

Bertrand Fessard de Foucault, alias Ould Kaïge

soir du mercredi 28 Novembre 2012

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Flamnet-Agora: Les FLAM tirent et visent ! par Ciré Ba et Boubacar Diagana

altLors d’une conférence tenue le 6 octobre 2012 à Paris, Samba Thiam, président des Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM), a rappelé l’option de retour, du redéploiement de son organisation en Mauritanie sans en préciser ni le calendrier ni les modalités. Ce rappel confirme l’annonce faite à l’occasion du dernier congrès du mouvement, tenu à Champs sur Marne (région parisienne) fin mai 2011. Mais en réalité, plus que d’un retour, c’est d’une implication, d’un redéploiement de la lutte sur le sol national qu’il s’agira.  Rentrer ou disparaitre !
L’hypothèse d’une implication dans le champ politique intérieur a été évoquée plusieurs fois dans les rangs du mouvement : en 1992 à l’occasion de l’ouverture démocratique en trompe l’œil décrétée par Maawiya Ould Sid’ Ahmed Taya, et plus récemment à la suite du coup d’Etat de 2005 qui a mis fin au régime de celui-ci. Une éventualité remise à chaque fois à plus tard au motif invariablement soutenu que toutes les conditions n’étaient pas pour cela réunies. Le sont-elles réellement aujourd’hui ou faut-il voir simplement dans cette initiative l’altération d’un discours qui pousse à une évolution substantielle de l’organisation dans son appréciation de la situation intérieure ?

Qu’importe. L’option est prise et bien prise. Il faudra désormais la tenir. Le contexte intérieur actuel, marqué par une crispation générale autour de problèmes périphériques, laisse toute leur place aux FLAM dont la revendication principale, la résolution de la question nationale, reste toujours pendante et plus que d’actualité.

Le retour physique des militants, surtout les plus connus, aurait eu une portée symbolique. Les FLAM auront fort à faire pour déconstruire les clichés résultant d’actions conjuguées de délégitimisation des différents régimes et de la mouvance pan arabiste qui se sont employés à montrer qu’elles sont une organisation raciste, sectaire, violente et dominée par les Haal pulaaren, une organisation non représentative des Noirs dans leur ensemble. S’unir ou s’isoler !

altLa courageuse sortie récente d’Ibrahima Moctar Sarr, président de l’AJD/MR, évoquant la possibilité d’une « lutte dans une même organisation », d’une fédération de structures ou d’une concertation des deux organisations en cas de besoin, ouvre de réelles perspectives pour l’organisation semi clandestine d’intégrer à moindre frais cet espace dont il pourrait être un des artisans de la reconfiguration. Cette option si, elle se réalisait, répondrait au souhait maintes fois exprimé par des militants de la mouvance négro-africaine et du mouvement de défense des droits citoyens Touche Pas à Ma Nationalité qui rêvent d’un pôle élargi à d’autres partis jusque là restés officiellement muets à l’annonce de ce retour au bercail.

Seulement, les Flamistes sont ils disposés à faire le deuil du nom de leur organisation, combien seront-ils à rentrer et rejoindre leurs militants venus des camps de déportés du Sénégal, sont ils suffisamment préparés à jouer le jeu de la légalité, à se départir d’une longue culturen acquise à l’étranger et à réussir une immersion dans un environnement aux codes particuliers ? Au-delà de ces questionnements, demeure une inconnue : l’attitude du pouvoir en place. Jouera-t-il le jeu ? Laissera-t-il à cette organisation toute la latitude nécessaire à un véritable redéploiement : reconnaissance légale, siège, implantation ? L’exercice pourrait être périlleux pour l’un comme pour l’autre, car il s’agira de mesurer le poids réel de l’organisation ? Le refus de reconnaissance du mouvement Initiative de Résurgence Abolitionniste (IRA) de Biram Dah Abeid invite à un optimisme sceptique, voire au pessimisme tout court.

Sur le terrain en tout cas, la tâche s’annonce complexe mais réalisable. D’abord, arriver à se faire accepter et faire accepter unealt organisation dont la seule évocation du nom suscite injustement un rejet parfois au sein même de la communauté noire, une diabolisation construite depuis des décennies. Ensuite, exister comme acteurs politiques et agir en se créant un cadre propre, si tel est le choix, dans un paysage politique à saturation ou en intégrant un déjà existant, restreint ou large. De sa capacité à œuvrer pour la mise en place d’un pôle négro-africain fort qui assume son ancrage et s’affirme comme tel, dépend pour une grande part, la réussite de cette opération de redéploiement. Ce faisant, l’organisation tracera un trait sur les divergences d’analyse stratégique pour les observateurs ou de démarche selon son président , apparues en son sein lors du congrès de Cincinnati en décembre 2005 et qui ont été à l’origine du départ de certains de ses membres, aujourd’hui militants et cadres de l’AJD/MR. Mieux vaut tard que jamais.

Le retour en Mauritanie des FLAM pourrait constituer une chance supplémentaire pour la réconciliation nationale. Les obstacles éventuels ne doivent pas avoir de prise sur la volonté et la détermination de ces combattants, inlassables militants d’une Mauritanie véritablement  juste et égalitaire et qui ont payé pour cela un lourd tribut, comme ceux qui sont restés courageusement au pays, notamment au plus fort de la répression des années de braise.

La Mauritanie de demain, apaisée, devra transmettre aux générations futures des valeurs de tolérance et de solidarités pour que différence rime avec richesse.

Boubacar DIAGANA et Ciré BA – Paris

11 octobre 2012 www.flamnet.info
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