Category Archives: Agora
Mauritanie : l’institution militaire, colonne vertébrale du grand effacement des citoyens noirs !

L’armée « mauritanienne » existe. Cela ne fait pas de doute. Omniprésente, elle régente le pays depuis plus de quarante ans. Tout passe par elle. Tout revient à elle et tout lui revient. Est-elle nationale ? Sûrement pas. Elle est plutôt ethnique, tribale et l’apanage d’une seule composante du pays : la composante maure. Ce n’est pas la dernière et monocolore vague de promotion d’officiers généraux, intervenue le 8 juin 2020, qui fera penser le contraire. Dix promotions pour dix officiers maures promus. Oui, dix sur dix. Au moins, les faits ont le mérite de la clarté. Même les plus béats des optimistes se rendent à l’évidence : le taiseux Ghazouani est bel et bien un homme du système d’exclusion et fera tout pour le préserver et le consolider.Le pire n’étant jamais sûr, le tout nouveau promu au poste de Chef d’Etat-major des armées (CEMGA), le général Mohamed Ould Meguett est, depuis de nombreuses années, régulièrement mis en cause pour des pratiques génocidaires. Tout juste nommé, l’intéressé a, à son tour, choisi ses collaborateurs. Bis repetita. Dix autres nominations et dix maures dont celle du directeur de l’Ecole Militaire Interarmes d’Atar, pépinière des futurs officiers de l’armée mauritanienne, de fait fermée progressivement aux Noirs. Une autre, au poste de directeur adjoint du bureau présidentiel d’études et de documentation, interroge quand on sait la nature des liens familiaux qui unissent ce promu à l’ancien chef de l’Etat en exil au Qatar depuis 2005.
Prépare-t-on le retour de celui qui est désigné comme principal responsable du génocide d’une composante de la communauté noire? L’agenda caché serait-il en rapport avec le programme d’effacement des non arabes de la très raciste mouvance panarabiste qui entoure le pouvoir militaire. Son projet d’en découdre, sa présence et son activisme jusqu’au sein des cercles restreints des décideurs politiques ne sont un secret pour personne.
Au-delà de la seule confiscation de l’armée, le général Mohamed Ould Ghazouani a tenu à envoyer un message on ne peut plus clair à ceux qui douteraient encore. Pour le désormais ex-obligé et ex-ami du président sortant, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, il s’agit par-dessus tout de protéger une armée intimement associée au génocide des années 1989 à 1991 notamment. Rien de tel qu’un réel bien qu’invisible panneau « Sens interdit, haut commandement interdit aux Noirs » pour lever toute équivoque.
Conçu par et sous le pouvoir civil, ce panneau a régi cette institution durant l’effroyable et interminable règne du colonel Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya (1984-2005) désigné comme l’architecte du génocide. Le général Mohamed Ould Abdel Aziz, Chef de l’Etat sortant, un de ses successeurs, n’aura aucun mal à assumer et à perpétuer cet héritage funeste.
Sûr de sa domination et gonflé de mépris, le pouvoir raciste mauritanien ne prend même plus la peine de faire semblant. A quoi bon ? Comment en est-on arrivé là? Sûrement pas par hasard. La réalité actuelle est le résultat prévisible d’une entreprise, pensée de longue date, voulue et appliquée avec le plus grand soin. Elle repose sur une entreprise d’éviction systématique, programmée depuis plusieurs décennies, de la composante noire de tous les centres et leviers de décision de l’institution militaire.
Toute la stratégie de recrutements est conçue en fonction de cet objectif obsessionnel de « dénégrification ». Relégués, pour combien de temps encore, au statut d’hommes de troupe, quasi absents de la hiérarchie, les Noirs sont réduits à des fonctions subalternes et à des missions ingrates. L’odieux et récent meurtre du malheureux civil Abbass Diallo, froidement abattu par l’armée le 28 mai dernier dans le sud du pays pour un fait mineur, figure au nombre de celles-là. Chacun à sa place et le tour est joué.
L’artisan acharné et méticuleux de cette opération de blanchiment n’est autre que l’actuel Chef de l’Etat, le général Ghazouani, homme du sérail s’il en est. chef d’Etat-major de l’armée, il s’est évertué avec minutie et acharnement à épurer définitivement celle-ci de ses derniers éléments négro-africains. Pour ce faire, il s’est doté d’un outil. Le recrutement est, dans les faits, remplacé par la sélection sur des bases raciale, ethnique et tribale.
La cooptation et l’entre-soi sont devenus la règle. Les concours d’entrée n’ont de concours que l’apparence. La discrimination est l’alpha et l’oméga de la « belle » machinerie. L’arabisation artificielle sert de moyen d’exclusion. Tout est fait pour signifier aux citoyens noirs que l’armée de leur pays n’est pas faite pour eux et donc décourager leurs candidatures, de toute façon, vouées à l’échec.
Il est désormais « naturel » que des promotions entières de recrues ne comportent aucun Noir alors que cette communauté représente un poids démographique considérable. Faut-il rappeler que les militaires noirs se sont, notamment au niveau du commandement, illustrés et durant la guerre dite du Sahara. Rien d’étonnant.
L’exclusion au sein de l’armée n’est jamais que le reflet du racisme systémique qui est l’essence même de l’Etat mauritanien. On peut l’observer à tous les autres échelons de la vie nationale, qu’il s’agisse de la fonction publique et notamment la haute administration, de l’enseignement, de la santé, de l’information, de la vie économique. La politique d’assimilation par la langue arabe n’en est qu’une manifestation en format réduit. Enjeu important et immédiat de pouvoir, l’institution militaire est une loupe grossissante de la réalité mauritanienne. Celle d’un pays dans lequel le racisme et les discriminations sont incarnés par et dans l’Etat.
Ciré Ba.
Mauritanie : la campagne d’accaparement des terres de la Vallée est lancée

Boubacar Diagana et Ciré Ba – Dans une interview accordée récemment à un hebdomadaire étranger, Monsieur Ousmane Kane, ministre des Affaires économiques et de la promotion des secteurs productifs affirme être «en train de travailler avec la Banque mondiale afin d’attirer le privé international pour investir dans l’agriculture» mauritanienne.
Son diagnostic est des plus clairs : «nous ne pouvons plus laisser ces terres sans valorisation, les populations locales n’ont pas les moyens d’en tirer tout le potentiel». Sa thérapie révélée dans un audio diffusé par la radio de Dar El Barka, il y a quelques semaines, l’est moins.
Son évaluation des avantages de l’investissement international occulte le fait qu’elle repose sur l’accaparement de ses terres, les dépossessions des uns qui subissent l’exclusion et les appropriations par d’autres considérés comme propriétaires exclusifs de l’espace national, de la mer, du ciel, des richesses et du pouvoir mauritaniens.
Le ministre est dans son rôle
Nul ne songera à le lui reprocher. Dans le même temps, nul ne peut méconnaître que venant de Monsieur Ousmane Kane, le propos revêt des significations politiques et même symboliques particulières. Il n’ignore rien des discriminations dont sont victimes les populations noires. Il avait fait état de ces discriminations lors de la conférence organisée par le Collectif des Cadres Mauritaniens Expatriés fin 2018. Il n’avait pas de charge politique.
Ministre technique à la compétence reconnue, Monsieur Kane est également perçu, à son corps défendant, comme une des cautions négro-africaines du gouvernement Ghazouani dont on sait à quel point il est peu soucieux de la représentation de cette communauté. Monsieur Ghazouani est en effet celui qui a poussé le plus loin l’entreprise de blanchiment tranquille et par contrecoup celle de l’effacement des Négro-africains de tous les pans du paysage mauritanien : forces armées et de sécurité, administration, magistrature, enseignement, monde médical… Les concours et les recrutements se suivent et se ressemblent dans leur implacable monotonie chromatique. Plus blanc que blanc. L’ensemble fait système. Il faut être aveugle pour ne pas le voir.
Quel rapport avec le foncier diriez-vous?
Un rapport évident : en Mauritanie, seul l’État, par le jeu de l’Ordonnance de 1983, peut accorder des concessions aux citoyens (et pour la circonstance aux investisseurs internationaux) qui en font la demande. Les concessions entre 30 000 et 100 000 ha sont soumises à une autorisation du ministre des finances. Celles de plus de 100 000 ha sont cédées par décision du conseil des ministres, auquel il siège. La déclaration du ministre ne peut se lire en ignorant l’arrière-plan qui en est le socle et le soubassement. Ceux-ci ont pour nom réforme foncière. On sait aussi comment l’Institution de Bretton Woods profite des lois floues de certains pays dans lesquels l’État, en « immatriculant » des terres faisant auparavant l’objet de droits traditionnels, droits reconnus au demeurant jusqu’au moment où il décide du contraire, pour exproprier des populations rétives à la modernité ou hostiles au pouvoir.
Associer les populations! Qu’à Dieu ne plaise, elles ne demandent que ça
Oui, Monsieur le ministre. Du moins au principe : « La mise en valeur des terres de la Vallée du fleuve Sénégal débouche sur processus gagnant-gagnant, afin d’en faire une source de croissance et d’emplois au profit d’une région que les habitants quittent».
Les investisseurs internationaux visent des objectifs commerciaux internationaux. Ils n’ont pas le souci de la satisfaction des besoins alimentaires locaux. Au Mali, une société libyenne exploite dans l’Office du Niger, à forte chimisation, motorisation et irrigation, 100 000 ha pour cultiver du riz destiné à l’exportation. En Éthiopie, 4 millions de personnes dépendent de l’aide alimentaire. Dans le même temps, l’État vend des terres à des investisseurs internationaux pour produire des produits agricoles non alimentaires. En Guinée, 100 000 ha sont affectées à une société américaine pour produire du maïs ou du soja destinés à l’exportation ou à la production d’agrocarburants. Aucun véhicule dans ce pays, ni dans nul autre pays africain, ne roule à de tels carburants. Si dans le deal qui se trame, les paysans de la Vallée, détenteurs des terres, ne retrouvent «que» des emplois, non seulement ils n’y gagnent pas (il faudra désormais travailler selon des méthodes jusque là inconnues), mais ils perdent au passage la possession de leurs terres.Une approche gagnant-gagnant ? Éminemment souhaitable. Reste à en voir la traduction réelle.
Mais aurez-vous les moyens de vos ambitions affichées? De tenir vos engagements? Vous en laissera-t-on la possibilité? Le doute est permis
Il y a tout lieu d’en douter compte tenu des précédents et des pratiques traditionnellement brutales qui ont eu cours jusqu’ici. Faut-il rappeler que la politique foncière en Mauritanie est à l’image de la politique mauritanienne? Qu’elle est basée sur un système foncièrement raciste et discriminatoire? Qu’elle a pour levier un Land Act à la mauritanienne fondé sur la confiscation des terres négro-africaines au profit d’opérateurs privés issus tous de la même communauté et appartenant à la même couleur de peau? « Le privé mauritanien» a essayé de venir en appoint » dites-vous Monsieur le ministre.
Existe-t-il réellement un «privé mauritanien»? Les rares qui disposent de la puissance financière nécessaire ont mis à l’abri leurs terres en les mettant en valeur, au grand bonheur de leurs familles. N’avons-nous pas plutôt affaire à une caste monocolore d’hommes d’affaires avides et sans scrupule portée par un pouvoir racialiste jouant les communautés les unes contre les autres? Au risque de générer de nouveaux affrontements et des pogroms alors même que les plaies des pogroms anti négro-africains restent béantes? Les événements récents de Dar El Barka, Feralla et plus généralement dans le sud du pays n’incitent pas à l’optimisme. N’eût été le courage des populations, les terres ancestrales seraient à ce jour aux mains d’affairistes sans vergogne. Ce n’est pas avec la logique mercantile de ces rapaces que les populations tireront de l’exploitation des terres «tout le potentiel » comme vous l’appelez de vos vœux monsieur le ministre.
Vous voulez faire œuvre de «pédagogie»? Dieu vous entende
Ce serait une nouveauté. «La bonne approche» réside dans une bonne gouvernance financière impliquant populations locales via leurs représentants réunis par exemple en conseils ruraux ou collectifs d’exploitants. Ou toute autre forme qu’elles auraient choisie. En tout cas, «la bonne approche» ne saurait être la gouvernance actuelle dans laquelle l’État et ses démembrements imposent toute leur puissance, les paysans opposent leur courage.
Puissiez-vous, Monsieur le ministre faire preuve de la même prudence que vos partenaires potentiels de la Banque mondiale qui, dans un communiqué du 26 février dernier, se sont engagés à prendre en considération toutes les dimensions et tous les enjeux du sujet. Oui, Monsieur le ministre une problématique foncière ne peut être perçue sous le seul angle technocratique et économique. Elle recèle des dimensions de caractère humain, identitaire, symbolique et de justice sociale. Toutes choses allègrement ignorées jusqu’ici par le pouvoir dominateur, éliminationniste et raciste de Mauritanie.
Il est encore temps de changer. L’avenir de la cohabitation paisible entre nos communautés en dépend. Refusons toutes entreprises visant à liguer les unes contre les autres et toutes spoliations injustes de nos paysans. Leurs terres, c’est leur vie, leur dignité.
Pour rappel dans son article 17 la déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans, adoptée par résolution du Conseil des droits de l’homme en septembre 2018, stipule :« Les États prendront des mesures appropriées pour veiller à la reconnaissance juridique des droits fonciers, y compris les droits fonciers coutumiers actuellement dépourvus de protection légale …. Les États protégeront les formes d’occupation légitimes et veilleront à ce que les paysans et les autres personnes travaillant dans les zones rurales ne fassent pas l’objet d’expulsions arbitraires ou illégales et à ce que leurs droits ne soient pas éteints ni bafoués de quelque autre manière ». Dès lors, les terres des déportés aussi et toute terre considérées «vacantes» faute de moyens d’exploitations ne doivent faire l’objet d’expropriations.
Boubacar Diagana et Ciré Ba – Paris, le 03/06/2021
CONTRIBUTION AU DÉBAT Sur la question des noirs dans le système éducatif mauritanien Dr Mouhamadou Sy dit Pullo Gaynaako

Je ne veux pas que cette note soit longue – une fois n’est pas coutume. Encore une fois, une nouvelle promotion monocolore vient s’ajouter aux autres. Ceci, pour le coup, devient une coutume qui s’ancre de plus en plus !Il n’est pas besoin de dire des généralités que nous, tous, connaissons déjà assez bien, mais que je nous exhorte à ne pas banaliser. Ce que nous partageons tous comme sentiment est que le système en Mauritanie est sourd, à tous points de vue, à nos revendications légitimes. Pourrait-il en être autrement s’il est lui-même à l’origine du mal, non pas de façon accidentelle mais dans le cadre d’un calcul bien maîtrisé ?Ainsi, à défaut de le casser par forçage, il convient de trouver des solutions alternatives. Je ne serai pas populaire en le disant mais je crois qu’il n’y a que des solutions sectaristes qui peuvent aider les noirs mauritaniens à s’en sortir. Vous avez crié pour l’égalité de tous quand l’autre affichait sa volonté de vous dominer ; vous avez soutenu l’égalité de toutes les langues quand l’autre brandissait la supériorité de la sienne sur les vôtres ; vous avez défendu la dignité de l’Humain quand l’autre faisait tout pour vous humilier ; vous avez chanté le droit à la vie pour tous quand l’autre vous assassinait. Aujourd’hui, le bilan de votre humanité est sans reproche, celui de votre condition est des plus médiocres. Ce sont là des faits auxquels je n’ajoute aucun jugement personnel ; à chacun de faire le sien. Mais quand je dis solution sectariste ; je parle de nécessité, je ne fais donc pas de morale. Mon avis est que les noirs Mauritaniens doivent s’organiser de façon COMMUNAUTARISTE jusqu’à ce que le système devienne plus enclin à les traiter sur un même pied d’égalité avec leurs compatriotes maures. Il est admis que ces derniers ne sont aucunement les ennemis et je suis de cet avis ; seulement le fait est qu’ils sont les élus du système, souvent avec complaisance et quelques rares fois seulement à leurs corps défendant. Mais dans tous les cas, une organisation communautariste noire n’est pas contre eux, ni même contre le système mais pour le salut des noirs mal considérés dans leur ensemble. Dans le secteur éducatif, une telle organisation fournirait une aide aux élèves noirs exclusivement, octroierait des bourses d’études à ceux parmi eux qui sont méritants – mais qui n’obtiendraient rien du système. Dans d’autres domaines, des démarches similaires devraient aussi s’opérer.Si notre auto-détermination repousse un maure qui se disait ami de la cause, c’est que celui-ci n’est pas à la hauteur des enjeux, sinon il ne s’opposerait pas à l’idée de nous voir explorer pacifiquement les nombreuses possibilités que la vie nous offre pour régler nos problèmes de façon provisoire. Si la situation était à l’envers, je serais le premier à aider le maure à mettre en place les solutions aux problèmes qu’on lui infligerait. Et, ne nous occupons pas non plus de certains des nôtres qui, incapables de mesurer l’urgence de notre action, nous diront que nous sommes dans une démarche raciste. So won ko Hammaa waawi dannga yummum yooliima. Ces gens sont d’une mentalité si enfantine qu’ils adorent jouer avec des concept-gadgets qui ont parfois des visées honorables mais sans aucune base concrète à même de les y propulser ; résultat : ils jouent avec des principes parfois en rajoutant du mal au mal. Jouer avec des principes est une chose mais se battre corps et âmes afin de les voir devenir une réalité en est une toute autre. Souvent c’est bien de la confrontation que surgissent les bases respectueuses de l’égalité ; c’est la vie témoignée par l’histoire des peuples qui nous l’enseigne. Ce qui veut dire que la condition de justice sociale à laquelle nous aspirons peut requérir, selon notre contexte, une approche contraire à ses propres principes pour son propre avènement. Le plus simple exemple bien connu est celui de faire la guerre pour accéder à la paix ; et seuls les esprits terriblement enfantins sont incapables de le digérer.La vérité est aussi qu’il y a dans les plus grandes démocraties des bourses qui ne s’adressent qu’aux femmes par exemple, et ce dans des sociétés qui sont misogynes certes mais pas anti-féminines. Nous, notre société nationale est anti-noire dans ses politiques diverses ; elle est parvenue à faire du noir une rareté à telle enseigne que l’on est réduit à parler de la nécessité d’une mise en place d’une discrimination positive. Quel contre-sens ! Les noirs Mauritaniens n’ont pas de difficulté à arborer un système éducatif quand celui-ci reste neutre, ou les échelons de l’administration quand celle-ci est honnête. Ils le font dans les divers systèmes du monde entier qui n’ont rien à leur reprocher. Donc parler de discrimination positive comme solution en Mauritanie c’est prendre des vessies pour des lanternes ; il convient de plutôt refuser de jouer le jeu du système qui veut que nous intégrions une condition de dominés et que nous soyons réduits à quémander. Il faut donc continuer à exiger que la communauté nationale revienne sur des bases équitables dans tous les domaines, le domaine éducatif notamment. Et en même temps mettre en place, sans attendre, une organisation alternative à même de sauver la génération actuelle confrontée à l’exclusion ayant lieu au cœur du système éducatif. Mouhamadou Sy
Lettre à un fils en exil : Ne rentre pas, ton père n’est ni un voyou ni un militaire/Par feu Ely Ould Abdellah

Décédé le dimanche 9 mai des suites d’une courte maladie, Ely Ould Abdallah fut un brillant journaliste. Admis à faire valoir ses droits à la retraite il y a quelques années, après plus de 30 ans au service de son pays à l’agence mauritanienne d’information et au quotidien Horizons, il n’a jamais obtenu la reconnaissance à laquelle il avait droit. Cette lettre, que nous reprenons, adressée à son fils exilé en dit long sur le désarroi d’un homme qui aura tout donné à son pays et n’a rien obtenu en échange. Qu’Allah l’agrée en sa Sainte Miséricorde.
Comme tu t’y attendais, ton père vient d’être admis à «faire valoir ses droits à la retraite ». Tu peux appeler ça «euphémisme» ou clause de style ou n’importe quoi d’autre, peu importe ! L’essentiel est que tu saches qu’ici, dans ce si cher pays, la retraite ne correspond à rien qui puisse s’apparenter à un droit, encore moins à un droit susceptible d’être revendiqué ou que quelqu’un puisse faire valoir. Contrairement à ce qui se passe là-bas, partout en Occident et en particulier dans ton pays d’accueil, la retraite, chez nous, ne présente aucun avantage, strictement aucun.
C’est pourquoi en Mauritanie, la retraite, on n’y va pas de gaité de cœur ; ceux qui y vont sont littéralement propulsés dans un univers d’abandon. Même les institutions que les retraités ont servies, toute leur carrière durant, sont les premières à s’empresser de s’en débarrasser. Les compétences, ici, on n’en a cure ! Les dirigeants ici ne savent pas faire la différence entre ceux qui sont pourvus de compétences et de savoir-faire et ceux qui ne sont rien d’autre que des bourricots. En fait, pour savoir apprécier les compétences de quelqu’un, il faut être soi-même d’un certain niveau, ce qui n’est pas le cas de la majeure partie de nos hauts responsables.
Tu t’en doutes, jeune homme, ton père a vérifié tout ça à ses dépens, même s’il ne se faisait guère d’illusions en ce qui concerne le respect des normes de justice et d’équité dans le pays. Non plus, ton père ne se faisait pas d’illusion en ce qui concerne la reconnaissance de l’Etat et de ses institutions envers les personnes qui les ont servis.
Administration amnésique
Tu vois, après avoir longtemps été essoré par l’Agence de presse et ses quotidiens nationaux, ton père quitte aujourd’hui l’Agence qui a tout l’air de s’empresser de se passer de lui. Je pourrais t’en parler avec plus de détails dans mes prochaines correspondances mais, maintenant, je ne veux pas en dire davantage.
Ainsi, voudrai- je que tu saches que personne, ni à l’Agence ni au Ministère en charge de la Communication –ou ce qui en reste- n’a adressé le moindre mot gentil ni le moindre remerciement à ton père au moment où celui-ci arrivait au terme d’une très longue et laborieuse carrière. Pas la ministre, pas le secrétaire général, ni les directeurs, y compris et, en premier lieu, celui de l’AMI, ne lui ont adressé le moindre mot à cette occasion. Mais, à la décharge de tout ce beau monde, ces responsables sont, dans leur écrasante majorité, des gens étrangers au Département et à la profession. Ils viennent tous d’ailleurs, autrement dit, ils sont tous ‘’parachutés’’- et ne connaissent pas qui est quoi dans ce ministère qui a d’ailleurs cessé depuis un certain temps d’être celui de la Communication sans vraiment devenir autre chose.
Enfin, bref, ça, c’est le problème du ministère et du régime, pas le tien ni celui de ton père. Ce que je veux que tu saches est que Papa est tout bonnement parti, comme Monsieur tout le monde ; il s’en est allé comme sont partis ou partent tous les salariés, y compris ceux qui brillent par leur incompétence, qui n’ont jamais fourni d’efforts dans le cadre du travail ou ceux qui n’ont même pas d’existence physique ou qui ne se présentaient jamais aux bureaux ou y venaient seulement pour percevoir des salaires qu’ils ne méritent pas.
Vois-tu comme c’est injuste : notre administration est frappée d’amnésie, elle ne fait guère le distinguo entre ceux qui ont passé toute leur vie à la servir et ceux qui ont passé le plus clair de leur temps à s’en servir.
Il n’y a rien à faire, notre Administration est ainsi faite, il ne faut pas s’attendre de sa part à un minimum d’équité ou à de la reconnaissance envers ceux qui croient s’être distingués par leur savoir-faire ou leur abnégation.
C’est pourquoi, ici au pays, personne ou presque ne s’en fait pour cette administration. « Qu’elle aille au diable », s’entend-on dire chaque fois qu’on essaye de rappeler quelqu’un à l’ordre ou de le persuader que tel ou tel acte n’est pas compatible avec les normes administratives ou avec l’intérêt national.
C’est ainsi que bien des pratiques dolosives ont trouvé voie au chapitre. Je ne te parlerai ici que des moyens frauduleux visant à retarder l’échéance de la retraite.
La recette pour la longévité est très simple : falsifier ses papiers d’état-civil en y apposant une fausse, très fausse date de naissance. Il faut dire que les recensements des agents de la fonction publique et/ou de l’état-civil, de ces dernières années, en ont donné l’occasion à nombre de faussaires. Tout cela est vérifiable et se sait au sein de cette administration où j’ai laissé derrière moi, en activité, des collègues et, parfois, de simples employés qui ont été recrutés pendant que moi j’étais encore sur les bancs du collège, tu t’imagines !
Recyclés et maintenus en activité
Outre ceux qui ont falsifié leurs documents d’état-civil pour se maintenir dans la vie active, il y a une autre catégorie de travailleurs sélectionnés pour être toujours épargnés par la retraite. Ce sont ces personnes privilégiées, généreusement recyclées et maintenues en activité, par la grâce du général Abdelaziz, qui est tantôt leur proche parent, tantôt leur camarade de promotion. Parmi cette catégorie, il y a aussi ceux dont le président a besoin, soit pour se maintenir ou, le moment venu, pour sécuriser ses arrières lorsqu’il ne sera plus dans les affaires.
Ainsi, pour prolonger la carrière de ses hauts gradés, l’armée nationale a trouvé la panacée offerte par le grade de général. Elle s’en donne à cœur joie. C’est ainsi que, ces dernières années, il y a eu une inflation de généraux que ne justifient ni la taille réelle de la grande muette, ni le niveau académique de nos valeureux officiers.
Ainsi, la recette sélective du «recyclage», permet aujourd’hui de maintenir des personnes du troisième âge à la tête d’institutions publiques nationales et de voir des officiers généraux accumuler des grades élevés, parfois même très élevés, que seule justifie la volonté du chef de prolonger leur carrière.
Comme n’importe quoi d’autre dans ce qui peut s’apparenter à une zone de non droit, le départ à la retraite est sélectif, voire exclusivement réservé à ceux qui n’ont pas leur entrée au palais et ne jouissent pas des faveurs du chef. Mais enfin, tout ça c’est une autre affaire qu’on pourrait aborder plus tard, y compris en avançant des noms, exercice, tu le sais bien, auquel je ne veux me prêter qu’en cas de nécessité extrême.
Si toutefois je t’ai fait part de ces détails, c’est pour te dire que :
l’Administration ici est ingrate, l’équité est la grande absente,
ceux qui se surpassaient, parfois au prix de leur santé, pour assurer la bonne marche du service public, perdent tout simplement leur temps,
– l’administration publique prête une attention plus grande à ceux qui s’en servent qu’à ceux qui la servent.
Figure-toi que ton père, à qui il arrivait de passer des nuits entières dans les rédactions et dans les ateliers de l’imprimerie, n’a même pas été proposé pour être décoré, comme il est d’usage de le faire pour la majeure partie des agents qui vont à la retraite !
Naturellement, tu le sais bien, je ne regrette pas de ne pas avoir été décoré parce que, personnellement, je n’y trouve aucun honneur et, mieux ou pis, je trouve plus digne de ma modeste personne de ne pas me retrouver sur une liste de récipiendaires non méritants. Mais, tout simplement, je croyais que la bassesse de l’Administration, son incompétence et son ingratitude avaient des limites.
Sans vouloir prendre davantage de ton temps, j’ai voulu te faire part de certaines réalités afin de t’éviter de connaître nombre de déboires que rencontrent ceux qui reviennent au pays pour s’y réinstaller. Pour cela, je viens te recommander de ne revenir au pays que pour des vacances limitées. Ne reviens jamais pour t’installer ou travailler ici. Il faut éviter à tout prix de servir dans ce pays où tu ne récolteras que des frustrations.
En Mauritanie, tant qu’il n’y a pas un vrai changement, tu ne seras apprécié ni pour ton savoir ou ton savoir-faire et tu seras juste bon pour essuyer les révoltantes brimades qui, avant toi, avaient fait de nombreuses victimes parmi les cadres de ce pays.
Si tu veux rester recto, si tu veux demeurer en harmonie avec toi-même, avec tes principes et valeurs morales, si, comme les tiens, tu ne peux jamais et pour rien au monde, être amené à faire le lèche-bottes, tâche d’achever de brillantes études là où tu es et de parfaire ta naturalisation dans ton pays d’accueil où la loi s’applique à tous sans distinction.
Tu es déjà suffisamment grand pour comprendre tout ça et pour t’organiser afin de ne rentrer au pays que pour des vacances limitées. C’est cette recommandation que je te fais et j’y insiste parce que je suis sûr que chez nous, en ces temps-ci, ne peuvent prospérer, voire joindre les deux bouts, que des flagorneurs vivant de bassesses et d’intrigues, des voyous ou des militaires triés sur le volet ou les deux à la fois.
Ne t’inquiète pas pour ta petite bibliothèque et celle de ton frère, je suis encore là pour y jeter un coup d’œil tous les jours, maintenant que je n’ai plus rien à faire.
PS : Je sais combien c’est difficile pour un père
de recommander à son fils de rester dans l’exil mais
tu comprendras que ce sont les conditions qui m’obligent
à t’interdire le retour. Pour le moment.
le calame
Mohamed Ould Abdel Aziz : un cas d’école

Il aurait été aujourd’hui aux Emirats Arabes Unis, en Turquie ou à Marrakech en train de se la couler douce sans aucun problème d’argent, ou simplement en digne fils à Las-Palmas pour soulager la présence prolongée de sa sœur Mana Mint Abdel Aziz, auprès de sa vieille mère malade depuis de longs mois, son cas n’aurait attiré l’attention que quelques rares mauritaniens.
Je veux dire ceux qui ont sans doute un compte à régler avec lui. L’opinion nationale, dans sa globalité aurait même pensé que :”l’ancien président se repose “, malgré deux mandatures aux résultats mitigés . Hélas Mohamed Ould Abdel Aziz a choisi le tremplin le plus ubuesque pour mieux matérialiser son épitaphe, à savoir la surenchère verbale.
Comme tous les hommes impérieux, voire mégalomanes, Aziz à l’instar de Napoléon Bonaparte, ou plus près de nous Saddam Hussein, risque de finir dans un bagne, la corde au cou étant un supplice impensable en république islamique de Mauritanie, sous le magistère du très modéré Mohamed Ould Ghazwani..
L’on constate que le point commun entre les mégalos, c’est qu’ils ne savent pas prendre le rendez-vous opportun avec l’horloge de l’Histoire. Napoléon malgré de nombreuses victoires éclatantes et surtout des défaites cuisantes qui ont toutes ensanglanté l’Europe, de “l’Atlantique à l’Oural” comme aimait dire de GAULLE, ne s’est jamais satisfait de son palmarès.
Suite à une coalition menée par Londres, l’empereur sera fait prisonnier et envoyé sur une île anglaise au milieu de l’Atlantique jusqu’à sa mort en Avril 1821, et ce, dans l’indifférence et le dénuement, après avoir été un temps le maître du monde. Mohamed Ould Abdel Aziz quant à lui de son côté, n’a pas voulu non plus savourer les divdendes de son trésor amassé et profiter du crédit que lui confère la constitution en tant qu’ancien président. A l’apaisement, il oppose la confrontation. Stratégie ou fuite en avant?
A son propos, doit-on insinuer le hasard ou la nécessité que d’avoir dirigé la Mauritanie plus de 10 ans? Hasard ou nécessité que d’avoir été un officier depuis 1980 et d’avoir gravi tous les échelons jusqu’au grade envieux de général, là où de brillants militaires de carrière n’ont pas eu accès? Pour le cas spécifique d’Aziz, point besoin d’interroger l’oracle.
C’était écrit, n’est-ce-pas? Pourtant un seul exemple édifiera les sceptiques, celui de Penda. Suivez ce récit qui prouve que le hasard n’est souvent qu’un scandale de l’esprit scientifique et que les phénomènes de la nature, régis par un déterminisme dont nous ignorons les causes, est constant; les mêmes causes produisant les mêmes effets.
Et voilà que la brave Penda Camara était assise auprès de son mari assoupi sur un canapé, leurs deux enfants regardant la télé. Soudain Penda pensa qu’elle pourrait, avant le coucher du soleil aller rendre visite à sa vieille mère habitant le quartier de la Socogim PS. Elle prit sa voiture et démarra.
Arrivée au niveau de l’Etat-Major de la Garde Nationale, un vent violent souffla et souleva une vieille tôle d’une vieille maison abandonnée. La tôle, en virevoltant tomba sur le pare-brise de la voiture de Penda, en la blessant au cou.
Par un hasard.. ou par nécessité une amie de Penda, Aminata Touré, de passage elle aussi dans sa voiture la reconnut, gara et la fît sortir de sa Renault Mégane pour la transporter aussitôt à l’hôpital National de Nouakchott….
Est-ce par hasard que ce scénario s’est produit? Epluchons les faits: c’est un déterminisme psychologique qui a poussé Penda Camara à se déplacer, c’est un déterminisme météorologique qui a soulevé le vent à l’instant T., dès que la voiture de Penda s’est approchée de la maison abandonnée, car pour qu’un vent souffle, des conditions atmosphériques sont déjà remplies. C’est également un déterminisme physique qui a fait que la tôle en virevoltant, tombât sur le pare-brise de la voiture de Penda Camara.
Ce fait n’est qu’une obéissance au principe de la loi de la chute des corps ou attraction terrestre. Car tous les corps tombent, même les avions qui volent sont soumis à la loi de la pesanteur. Ainsi le cas de Penda Camara était écrit :ghadarou Allah, dirons-nous musulmans.
Tout comme le cas de Mohamed Ould Abdel Aziz, Nul n’échappe à son destin, et “nous ignorons les causes par lesquelles nous sommes déterminés.(Spinoza). Ce “réalisme empirique” est le fruit d’un “idéalisme transcendantal”(Kant), d’où, pour nous musulmans l’idée d’un Dieu, Allah à l’origine de tout ce qui nous arrive .
A/Frankenstein :
Contrairement à Frankenstein qui cherche à se venger de son créateur, Mohamed Ould Abdel Aziz cherche plutôt à anéantir “sa doublure” qu’il déteste car pour lui, elle est synonyme de tout ce qui est contraire à sa vision manichéenne du monde, qui met en scène les élus et les niais du parterre, autrement, les dominants (comme lui) et les dominés..
Cette attitude comportementale passe ipso facto par un stade du masochisme qui engendre la souffrance, voire l’humiliation de soi, mais à l’insu de l’intéressé qui est en réalité “un malade qui s’ignore”, compte tenu du dédoublement de sa personnalité.
Peut-il en être autrement. ?Quand on a longtemps surfé sur l’olympe, satisfait son ventre et sa libido, amassé beaucoup d’argent, passé le flambeau à son successeur, le seul crédit pour un homme sain d’esprit , à mon avis c’est de “fuir” , aller loin des vacarmes, vivre “là où tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté” selon l’expression romantique de C. Baudelaire.
Mais Aziz n’a pas voulu de tout ça, et l’alibi salvateur à l’égard du peuple égaré n’est qu’une des multiples théories mensongères abjectes d’une condescendance qui ne trompe plus personne. Pour dire vrai, Aziz porte en lui les ingrédients de sa propre destruction, liée sans doute aux circonstances de son enfance…
Voilà le mot est lâché.!!! Car c’est au sommet de la gloire que les traumatismes liés à une enfance malheureuse, voire une adolescence perturbée, longtemps refoulés dans le magma qu’est l’inconscient, surgissent à la conscience claire, en se manifestant cette fois par des comportements troubles.
Trouble est l’envie de Mohamed Ould Abdel Aziz que de vouloir rester sous les rampes de l’actualité, encore et encore. Trouble est l’envie que de vouloir jouer un rôle de premier plan, après avoir concédé la magistrature suprême à un président désormais élu.
La plus part des êtres humains qui ont connu une enfance difficile, développent des complexes post-traumatiques qu’ils essayent de combler par des besognes matérielles ou des caprices d’enfants tel un ranch à animaux, au moment où le peuple manque de bidons d’eau..
Il est rare qu’un enfant malheureux “arrivé au sommet”, soit en bons termes avec ses amis d’enfance, ceux qui l’ont vu grandir. Au contraire , il fera tout pour les éliminer de sa conscience, car ces derniers lui rappellent des souvenirs douloureux.
L’enfant malheureux en puissance ,devenu “célèbre” en acte sera porté soit sur l’argent, soit sur le pouvoir, soit les deux. Et le plus souvent il est dominé par sa femme, même au plan libidinal. Il aura tendance à détester ses parents, comme s’il leur disait ,”voilà, j’ai fait mieux que vous, vous qui avez été incapables de m’offrir une enfance heureuse pendant laquelle j’ai manqué de tout”. La religion n’est pas son fort, c’est juste un trompe l’oeil…
Ainsi à l’avenir les pouvoirs publics doivent se méfier de porter à la tête de nos institutions régaliennes que sont: la magistrature suprême, les ministères de souveraineté, les Forces Armées et de sécurité, des mauritaniens qui veulent se servir, ou assouvir leurs instincts et non servir la nation. Une attestation d’un psy et surtout d’un psychanalyste de renom doit être exigée, à chaque fois que la nomination d’un candidat ou d’un prétendant venait d’être actualisée.
B/ AZIZ ne cédera pas.
Personnellement, je n’avais pas vu cette saga venir jusqu’à perturber la vie politique mauritanienne. J’avais cru en 2019 que Aziz était sorti gagnant, après avoir passé le relais à son ami Ghazwani.
Mais j’avais oublié qu’on ne moule pas un homme de deux façons différentes. Car l’idiosyncrasie( caractères inné et acquis) de Mohamed Ould Abdel Aziz n’est portée que sur deux topiques: l’argent (qu’il ne dépensera jamais même pour un enterrement) et la confrontation dont il se nourrit. Il serait inimaginable de voir Aziz devant la passerelle d’un avion, accueillir Ghazwani comme chef d’Etat, un homme qu’il a “fait lui de toutes pièces”….
Ce qui excite mon ami Aziz, ce n’est pas l’amour qu’il prétend porter au peuple mauritanien. Non, c’est beaucoup plus prosaique, que vous ne l’imaginez. C’est juste qu’Aziz a vu deux budgets successifs (2020 et 2021) distribués sans qu’il n’y soit associé .
Pour lui, tout doit lui venir de l’Etat, et voir des “minables se partager l’argent du peuple” et que lui n’a pas sa part., cela le met dans tous ses états. .Pauvre Mauritanie…aux mamelles intarissables.
On ne le dira jamais assez à propos de ceux qui saignent leur peuple. La descente en enfer de Aziz doit servir de leçon à tous ceux qui, au-delà de leurs budgets de fonctionnement qu’ils peuvent consommer à leur guise (quoique…), détournent pourtant les maigres ressources destinées à l’eau, l’électricité, la santé et l’éducation , pour ne citer que les 4 dimensions indispensables à tout progrès socio-économique d’un pays, quel qu’il soit…
C/ Aziz n’est pas violent:
Ceux qui croient que Mohamed Ould Abdel Aziz va utiliser les armes, ou se permettre de payer des mercenaires pour reconquérir le pouvoir se trompent. Aziz est incapable de répondre à une gifle qu’on vient de lui administrer. Il ne pourrait pas tirer sur un voleur à bout portant et qui est en train d’emporter son magot. C’est aussi l’une de ses contradictions.
Aziz est un cas d’école, car en général ceux qui détournent les deniers publics, autrement dit les voleurs, sont le plus des poltrons. Ce qui n’est pas le cas de Aziz. Il est même impavide, téméraire c’est d’ailleurs un fonceur tant qu’il a les moyens de sa politique. Et tant qu’il avait des gens qui lui obéissaient au doigt également.
Aziz a toujours voulu ce qu’il veut de par la place qu’il occupait, en tant que chef d’une force de frappe d’abord(BASEP) et président de la république ensuite, avec des hommes sans scrupules lui obéissant au doigt. Tout ça est fini. Il le sait. Raison pour laquelle il émet quelques cris sporadiques, en guise de baroud d’honneur.
D’autre part, au plan politique, je vois mal Aziz payer le loyer mensuel du siège du parti de Saad Ould Louleid, en plus de l’eau et l’électricité…Faire sortir de l’argent pour les meetings, ou distribuer des sommes soient-elles modiques aux militants… non ..c’est impossible.? Tout doit venir de l’Etat , jamais sur les “fonds propres” de Mohamed Ould Abdel Aziz.
Quand l’argent entre dans la “gabardine-bank” de Aziz , même les intérêts des clients n’en sortiront pas. .Il est égocentrique, narcissique et n’aime que sa personne. Il se plait à voir les autres souffrir, il se complait en fauve, quand il voit que ses intérêts sont menacés.
Cependant il n’emprisonne que pour deux causes : quand il y a de l’argent en jeu ou quand il veut mettre en exergue son égo surdimensionné. Quand il a voulu contrôler l’UPR, donc jouer un rôle au sein de l’appareil d’Etat, le seul but était de savoir où allait l’argent. Il aurait été à la tête du parti-Etat, même les dépenses du président Ghazwani auraient souffert de ses relents inquisiteurs.
Toute sa libido est investie sur l’argent. AH….priver Aziz de milliards d’argent facile, c’est déjà l’assommer. Saisir ses biens, c’est le tuer. Point besoin de l’assigner à résidence, ni bagne, la frappe au porte-monnaie suffira.
Enfin Aziz n’est pas dangereux, il est incapable de tuer une mouche. Les biens du peuple mauritanien doivent être remis au trésor public, de sa part et de la part de tous ceux qui l’ont aidé Le mettre en prison n’est point une sinécure pour le pouvoir en place. Car Aziz ne changera jamais, il est toujours dans une logique de confrontation, de sous-lieutenant, à président, au moment où un homme normal fera profil bas.
Ne m’a-t-il pas traité d’ingrat le mois de Mars passé lorsque j’ai voulu le rencontrer chez pour le raisonner? Et moi de répondre: “Aziz, c’est la première fois que j’entends cette insulte à mon égard.
Si je suis ingrat, je serais dans ce cas en bas de ta liste. Surement derrière tes ambassadeurs, tes ministres et directeurs de départements que tu placés; tes laudateurs, tes généraux que tu as propulsés.
Ce n’est pas un petit salaire obtenu d’ailleurs par l’entregent de Ghazwani en 20014 seulement, octroyé également à une dizaine de personnes, dont certaines ne sachant ni lire ni écrire, qui va m’empêcher de renoncer à mes convictions. Je suis citoyen mauritanien comme toi et j’ai droit à un salaire.
Aziz , tu n’as jamais voulu associer tes vrais amis, sinon personnellement je t’aurais conseillé que tout ce que l’homme entreprend d’illégal, pourrait se retourner contre lui un jour. Je ne t’aurais jamais poussé à faire du mal, à dilapider le patrimoine, à laisser tes proches s’enrichir illicitement etc…J’allais te conseiller comment un chef peut avoir un rendez-vous avec l’Histoire.
Tu as choisi la médiocrité, les paillettes, l’hédonisme au rigorisme, etc…et voilà que tu fini comme Wangrin, le personnage atypique du sage Amadou Hampaté Ba ” Enfin je mets tous tes agissements sur le compte du dédoublement de ta personnalité. Moi je ne souffre d’aucun trauma et j’ai déjà fait ma cure psychanalytique. Bonne chance Aziz, qu’Allah te pousse à la raison. Un ami qui ne te veut que du bien, encore faut-il le vouloir pour toi-même…/…
Ely Ould Krombelé, FRANCE