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Flamnet-rétro: Mauritanie : une démocratie raciale ou l´autre Apartheïd?
Vue de loin pour bien des gens, la Mauritanie apparait comme un pays tranquille, calme sans problème majeur, stable même aux dires de ses dirigeants. C’est une image trompeuse qui égare bien des observateurs; la Mauritanie est un pays complexe, secret, un volcan endormi, qui couve une crise interne découlant des relations d’équilibre intercommunautaire, aujourd’hui rompues. Cette perception première, trompeuse à souhait, est due au fait qu’à l’image de beaucoup de pays africains depuis le discours de la Baule, la Mauritanie, elle aussi, dispose de sa ” démocratie”. Avec une constitution (sur mesure ) des partis politiques qui foisonnent, une presse écrite dite “indépendante” mais je préfére dire “presse privée” et de temps à autres un simulacre de compétition éléctorale, pour completer le tableau; c’est bien là des attributs, pour qui n’est pas averti, d’une parfaite démocratie, et l’on se croirait dans un pays où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Nos plaintes et nos réserves à l’endroit de notre”démocratie” mauritanienne ne seraient pas alors comprises. Et pourtant ! La Mauritanie recouvre une toute autre réalité, dissimule une face cachée de démocratie raciale ! Telle est la réalité que bien des gens ne comprennent pas. Et pour le faire comprendre il nous faut faire un détour, un long détour, remonter quelque peu le cours de l’histoire récente du pays .
Il est nécessaire de rappeler que la Mauritanie est un Etat conventionnel, artificiel, créé de toutes piéces pour les besoins du colonialisme français en 1904, je vous fais l’économie de la géopolitique de l’époque. La France par sa volonté décida donc de faire coexister dans un même espace, deux communautés, arabo-berbères et négro-africaine, deux communautés, il faut le souligner, qui s’étaient forgées chacune au cours de l’histoire dans un espace autonome, régies par des pouvoirs politiques spécifiques, indépendantes l’une de l’autre. Elles entretenaient naturellement du fait de la proximité des relations tantôt amicales, le plus souvent heurtées à cause des incessantes rezzou maures opérés, pillant et capturant la population des villages à des fins d’esclavage,( origine, entre autres, de la composante haratine actuelle).
Depuis l’indépendance, nos chefs politiques incapables de se départir de l’esprit partisan, tous issus du milieu maure, se sont attelés sans relâche à developper, tour à tour, des politiques qui, loin de forger la Nation encore inexistante, ont conduit à des crises cycliques, répétées, à une déchirure profonde entre les deux communautés.
Par ces politiques nocives développées au fil des années et des régimes que guidait un systéme inique, on mit en place un APARTHEID DÉGUISÉ. Je dis déguisé car on le chercherait en vain dans les textes institutionnels alors qu’il existe partout, pour peu qu’on observe.
LE RACISME D’ETAT EST PARTOUT!
Cette discrimination raciale commenca d’abord feutrée, subtile, insidieuse, pour un projet qui allait devenir obsessionnel: construire une Mauritanie exclusivement arabe !
Pour ce faire, des mécanismes furent mis en oeuvre pour que l’Etat fut la”chose” des arabo-berbères; progressivement, au rythme des résistances qu’opposaient les négro-africains, ont fit de sorte que les arabo-berbères contrôlent la réalité du pouvoir politique et économique, la justice, l’éducation, l’armée.
La diplomatie ne sera pas en reste où, à l’éxtérieur, il faut afficher l’image d’une Mauritanie Arabe par la composition des délégations, le discours et les clichés culturels, où il faut gommer totalement l’autre personnalité de la Mauritanie. Evidemment pour masquer la nature discriminatoire des régimes, on va saupoudrer un peu par quelques négres de service, sans responsabilité aucune, personnalités aux genoux tremblants, figurines sans aucun pouvoir de décision!
Un des rouages essentiels de cette machine à discriminer fut l’usage qu’on fit de la langue arabe. Cette langue introduite trés tôt dans le systéme éducatif,…à des fins” d’indépendance nationale” disait le discours officiel ! Vaste superchérie qui visait en fait à cacher les motivations sordides. On lui fit jouer un rôle, non pas d’intégration, non pas d’épanouissement pour tous, mais on l’utilisa comme instrument de séléction et de discrimination dans l’emploi et l’éducation pour éliminer les Négro-africains. Les enfants négro-africains commencérent à échouer massivement. Ce fut la période où il y eut un raz-de marée sans précédent de cadis, de magistrats, d’enseignants, de centaines de jeunes sautant à pieds joints dans le système, sans aucune formation, et dont le seul critére de recrutement fut, qu’ils étaient passés par l’école coranique. Comme si passer par cette école entrainait automatiquement les compétences et les capacités requises ! Un vrai gâchis au plan national, à la base de l’impasse et de la déchéance actuelle du système éducatif.
Ce fut donc le prélude à la relève des Négro-africains, le commencement de leur marginalisation massive qui allait se poursuivre et atteindre son apogée avec l’avènement du colonel Taya .
Bien entendu, au fur et à mesure des réformes impopulaires et imposées, des réactions d’hostilité ne manquérent pas, côté Négro-africain. Les réformateurs marquaient alors un temps d’arrêt; en fins stratéges donnaient du mou à la ligne, pour laisser passer l’orage, obstinément le projet était poursuivi.
Beaucoup d’observateurs se méprenant alors sur le sens de ces crises, les présentaient, à tort, comme des crises inter-ethniques, comme si la communauté arabo-berbère et négro-africaine, se dressaient, par animosité, l’une contre l’autre. Ce ne fut jamais le cas. Ces crises étaient à l’image de ce qui se passait au Kwazulu-natal du temps de Botha. Elles étaient orchestrées par nos dirigeants à des fins politiques, qui les exploitaient alors à chaque fois et judicieusement; ils présentaient, en milieu maure, comme des menaces graves aux intérêts et acquis maures, de maniére à créer autour d’eux un consensus. Ce fut le cas pour les évènements de 1966,1987 et de 1989 pour ne citer que les plus graves et les plus douloureux.
Ce n’est pas par hasard si la déportation de 120. 000 Noirs mauritaniens au Senégal et au Mali, ne suscita que peu d’émoi du côté des intellectuels et de la classe politique beydane, oú l’on notait un silence assourdissant.
Si par ailleurs, des blancs risquerent leur vie ou se firent pendre (aux U.S.A avec l’UNDER-GROUND) pour la cause des faibles, ce ne fut pas le cas en Mauritanie pendant ces terribles déportations. Seuls quelques jeunes du Mouvement des Démocrates Indépendants (MDI), allaient faire exception. Or, j’ai toujours eu le sentiment que l’intellectuel ressemblait davantage à Zola qu’à Gobineau ou Goebbels, et qu’il ne pouvait rester sans rien faire, sans rien dire devant l’injustice.
Pourquoi un tel silence? Le Régime du colonel président avait-il réussi à les convaincre?
C’est là du reste une dimension, entre autres, qui rend malaisée la recherche d’une solution au probléme, au regard de l’ambiguité de ces formations politiques sur notre question nationale. Certaines formations, si elles ne nient pas purement et simplement l’existence du probléme, le réduisent à une simple question linguistique, ou de violation des droits de l’homme. A les entendre il suffirait, pour tout régler, que les déportés reviennent. Le débat, en général, au niveau de l’opposition politique au lieu de se focaliser sur les vrais problèmes, tournent hélas ! autour des questions périphériques.
En tout état de cause, ces déportations planifiées, aux relents du NAZISME, avaient des motivations sordides. Il s’agissait de profiter du” conflit” avec le Sénégal pour tenter de “dénégrifier” le pays, car le taux d’accroissement important des Négro-africains est devenu une hantise, au point que tous les résultats des recensements démographiques (par éthnie) sont tenus secrets et ce depuis 1960 !
Il s’agissait aussi de saisir cette occasion pour faire passer enfin une réforme foncière qui rencontrait une forte résistance en milieu Négro-africain, pour servir des intérêts inavoués. La déportation justement, permit de redistribuer la terre,et les terres de ces réfugiés en exil forcé au Sénégal, comme s’ils ne devaient plus jamais revenir !
Il s’agissait enfin de frapper les esprits en sévissant durement et partout pour intimider afin de décourager à jamais toute velléité de résistance, en décapitant la seule force politique organisée à l´époque que sont les FLAM, de manière à neutraliser l’avant garde éclairée de la contestation du projet hégémonique. Dans le feu des évènements allait surgir une quatrième raison: récupérer le bétail peulh ( 150. 000 bovins ) pour compenser les pertes matérielles subies par les maures rapatriés du Sénégal.
Pour se venger du Sénégal voisin, les autorités mauritaniennes allaient se rabattre sans remords, sur ses propres citoyens qu’elles spoliérent et dépossédérent pour les chasser ensuite comme des “vulgaires étrangers”. Quelle ignominie !
Et dire que l’Afrique se tait devant ces actes barbares, ici et au Soudan! Et qu’à côté, on garde un silence, à la limite de la complicité. Mais revenons après cette digression que j’ai crue utile, au fil chronologique de notre marginalisation.
Ainsi donc, au fil des années et des régimes guidés par un même projet, la discrimination raciale allait s’accentuer, pour s’afficher violemment dans les années 80. Si avec les premier régime, un peu plus futé, elle fut feutrée, le régne du colonel Taya qui, lui, ne s’embrassera pas de scrupules, les Négro-africains passeront de l’état de marginalisation à l’exclusion totale ouvertement déclarée, dans laquelle, il faut replacer les déportations évoquées plus haut.
Le colonel Taya allait, le premier, donner le cadre juridique de notre élimination par une constitution qui allait imposer désormais la langue arabe comme SEULE LANGUE OFFICIELLE. Mesure certainement légitime pour la communauté arabo-bérbére, mais injuste pour les négro-africains de l’aveu même de Hamid El Mauritanyi connu sous le nom de Mohamed Ould Cheikh ancien Ministre de la défense de Daddah, il disait : ” vouloir que ceux qui savent à quoi s’identifier abandonnent leurs valeurs propres pour être embrigadés dans l’aventure de ceux qui se cherchent une identité est non seulement de l’arbitraire, mais il s’agit d’une politique culturelle imbécile“.
Les plans d’ajustements structurels du FMI arrivant à point nommé, servirent pour vider l’administration des Négro-africains,surtout. Résolu, par une répression physique et mentale féroce, sans tergiverser comme ses prédécesseurs,Taya allait, à marche forcée, consolider le système et afficher l’option désormais déclarée d’une Mauritanie EXCLUSIVEMENT ARABE.” la Mauritanie n’est pas en voie d’arabisation c’est un pays Arabe” devait-il déclarer à Jeune Afrique en Janvier 1990.
J’avais besoin de ce détour pour montrer les conditions prévalant en Mauritanie, à la veille des fameuses démocratisations,…pour que l’on comprit que la Mauritanie n’a pas été et n’est pas comme les autres pays africains que balaie le vent démocratique. Ici, on a à faire à une minorité qui, pour pérenniser son pouvoir abuse de l’Etat et use d’une politique à soubassement idéologique pour assimiler et asservir les autres composantes culturelles, une minorité qui confisque le pouvoir depuis notre indépendance, qui ne veut ni en partir, ni le partager. Le contexte dans lequel arrivent notre”démocratie sur mesure” est celui-là!
Notre “démocratie” arrive donc et se plaque sur cette triste réalité qu’elle recouvre, intacte, sans rien changer, se muant ainsi en une “Democratie raciale”, à la maniére de l’antique Afrique du sud; il suffit de gratter un peu pour découvrir derrière le racisme le plus hideux, l’exclusion la plus brutale, l’esclavage le plus primaire.
Maintenant vous pouvez comprendre pourquoi les Négro-africains se plaignent( légitimement ) de leur “Démocratie”….pas comme les autres. Nous ne nous sentons pas concernés par cette pseudo-démocratie qui nous exclut, nous avons cessé de croire en notre” Etat “, on a fait de nous des spectateurs passifs du jeu de compétitions éléctorales résérvées….aux citoyens (blancs) à part entière. Du reste, on tend de plus en plus à une bipolarisation raciale du champ politique. En Mauritanie, on est dans une phase, en deçà de ces démocraties, même tarées, qu’on retrouve ailleurs, et que nous envions, et pour cause ! Nous sommes, nous Négro-africains au stade où nous luttons pour notre survie, pour notre reconnaissance en tant que citoyens, en tant qu’hommes simplement, dans un milieu hostile où l’homme voue l’homme au racisme et à l’esclavage.
Notre “Démocratie” est assise sur la tête qu’il faut redresser.J’ai le sentiment qu’on a mis les charrues avant les boeufs, et qu’il n’est pas encore trop tard pour bien faire. Il est temps de comprendre que l’exclusion est en soi économiquement mauvaise, socialement corrosive, politiquement explosive. Comprendre qu’une ” Nation dispersée, battue, humiliée peut ( heureusement)toujours se rébeller contre son sort et revenir à la vie”. Tentons dès à présent de sortir de ce cul de sac qui, tout le monde le sait, ne méne nulle part. Pour en sortir, il faut à mon avis, une attitude, un climat et des conditions.
Une attitude courageuse d’ouverture sincére et de reconnaissance du problème de fond.
Un climat de décrispation sociale grâce à un train de mesures positives à l’endroit de tous ceux qui, victimes et blessés dans leur chair, ont subi des préjudices matériels et moraux. La sanction des crimes commis pour rendre leur dignité aux victimes, à leurs veuves et à leurs enfants. Je crois qu’il faut se parler car ce formidable potentiel de révolte enfouie commence à gronder. Il serait erroné de croire que toutes ces années de calme plat pouvaient exclure toute éventualité de soulévement populaire. Après seulement ce forum dont les conclusions pouraient éventuellement être soumises au peuple, comme l’ont proposé les FLAM dans le manifeste du Négro-mauritanien opprimé(1986), on aborderait enfin la phase d’une véritable démocratisation.
Il est urgent me semble-t-il de tirer tous les enseignements des cas dramatiques du Rwanda du Burundi, du Congo, de la Côte d´Ivoire et du Soudan, pour paraphraser un écologiste je dirais : NOUS N’AVONS QU’UNE MAURITANIE NE L’ABIMONS PAS!
Et la lutte continue !
FLAMNET-AGORA: Mauritanie : Quel modèle de gouvernement choisir ?
La Mauritanie, indépendante depuis 1960 continue de faire face aux difficultés de cohabitation entre ses différentes communautés. La composante noire, y compris haratine, vit dans une situation de discrimination raciale et de précarité dont les membres doivent se justifier en permanence de leur appartenance à ce pays, alors que les arabo-berbères ou maures jouissent d’office de leur citoyenneté pleine et entière. C’est dire combien le concept de l’Etat unitaire a échoué chez nous. Dès lors, pour être viable, la Mauritanie doit changer d’option et trouver un autre modèle de gouvernement qui appellerait à plus de participation du peuple mauritanien dans l’avenir politique du pays. De mon point de vue, l’autonomie des régions serait l’outil politique qui pourrait rectifier ces erreurs historiques.
Ainsi, il est nécessaire d’approfondir nos réflexions sur le concept de ‘’ l’autonomie dans le cadre politique, économique et administratif des régions’’. Pour lever toute équivoque, je dis d’emblée que par autonomie, j’entends différentes régions qui s’auto- gouvernent partiellement par ses propres lois mais sans séparation les unes des autres. Par conséquent, j’entrevois un certain nombre de justifications qui se situent à deux niveaux. Sur le plan général d’une part et sur le plan spécifique eut égard à nos propres réalités d’autre part. En général il y’a trois grandes raisons qui justifient le choix des communautés à être indépendantes de l’Etat central et jacobin.
– L’autonomie comme gage de légitimité de l’autorité nationale. Dans certains pays l’autonomie est adoptée dans le souci de donner aux différentes nationalités une certaine indépendance pour gérer leurs propres affaires. L’idée est que les différentes ethnies et les minorités puissent être indépendantes dans leurs affaires locales, par exemple dans les domaines de l’éducation, la culture, et de leur développement économique. Ainsi, ces peuples auront un certain sentiment de sécurité et seront beaucoup plus disposés à accepter la légitimité de l’autorité nationale.
– L’autonomie comme garantie de balance de pouvoir entre les partis. Elle est souvent choisie pour faire partager le pouvoir entre différents partis politiques pour éliminer l’accaparation de tout le pouvoir par un puissant parti unique.
– Enfin l’autonomie comme un principe fondamental à la notion de la Démocratie. La participation de tout le monde dans la chose politique est primordiale au bon fonctionnement des institutions démocratiques, et surtout si cette participation venait de la base.
Sur le plan spécifique de la Mauritanie nous pouvons distinguer des justifications théoriques et celles basées sur le plan pratique. Dans notre pays, non seulement les trois grandes idées déjà énoncées sont valables, en plus nous pouvons dire qu’il n’y a jamais eu de contrat social qui est nécessaire dans toute vie commune des différentes populations. Je veux dire par là- qu’il n’y a jamais eu de référendum à la veille et/ou après l’indépendance du pays qui scellerait l’idée de l’État unitaire tel qu’il est établi actuellement. Le congrès d’Aleg n’avait pas la légitimité suffisante pour jouer ce rôle. Alors, l’autonomie serait une manière de rectifier le tir afin de voir un peu plus clair sur les choix des différentes populations qui habitent notre pays. Ce n’est de secret pour personne, que l’Etat unitaire en Mauritanie a failli. Pour preuve l’existence même des Forces de Libération Africaines de Mauritanie (Flam) et Touche pas à ma nationalité (TPMN) confirmerait cet état de fait.
Sur le plan pratique, la politique de proximité au niveau local permettrait d’attirer beaucoup plus de citoyens à la chose politique. Un gouverneur ou un préfet élu par la population locale serait obligé de prêter plus d’attention aux intérêts de ceux qui l’ont élu. Ce qui est sûr, les récents évènements de Kaédi n’auraient pas eu lieu si les autorités administratives (quel que soit leur ethnicité) étaient élus par les populations locales avec une possibilité de révocation à tout moment en cas de forfait grave. Ce qui est contraire à la présente situation où l’autorité administrative est nommée par un lointain président de la république qui est retranché dans sa tour d’ivoire à Nouakchott et qu’il sert comme bras de rallonge. L’instinct premier de toute autorité est de garder son pouvoir aussi longtemps que possible. C’est pourquoi elle (l’autorité) fera tout pour satisfaire le désir de ceux qui sont à la source de son pouvoir, qu’il émane du président de la république ou du peuple.
Sur le plan économique, comme dirait Jack Lang ‘’ l’autonomie est une condition de l’efficacité’’. Alors, les programmes de développement de nos communautés seront beaucoup plus viables et efficaces dans le cadre de l’autonomie des territoires. En effet, la proximité du terrain donne plus d’objectivité par rapport aux besoins réels de la population et présente moins de risques dans la dilapidation des fonds. C’est d’ailleurs pourquoi, aujourd’hui l’aide au développement internationale s’oriente de plus en plus vers le financement direct des programmes de développement initiés et contrôlés par les populations locales. Par exemple USAID plaide de plus en plus pour le financement destiné à l’aide directe des populations au dépend de ceux qui passent par le canal habituel de l’Etat.
Bien que ces raisons objectives pour l’autonomie militent pour la fin de la discrimination raciale et pour l’égalité de tous les Mauritaniens, certains, par complaisance et/ou par ignorance, verront cette réflexion d’un mauvais œil. Ils vont surement brandir l’arme selon laquelle ‘’l’unité nationale serait menacée par cette velléité autonomiste ‘‘. Avant même de prendre le temps de finir de lire cet article, ils vont conclure que l’idée de l’autonomie n’est autre chose que la sécession du sud. Ils répéteront qu’il y’a beaucoup plus de choses qui unissent les Mauritaniens que ce qui les séparent, en citant l’Islam comme religion de tous les Mauritaniens. A ceux-là je leur oppose la réalité que nous vivons. En Mauritanie, les différentes communautés (Noires et Arabo-Berbères) vivent les unes à côté des autres, mais pas les unes avec les autres. Cette réalité est visible à l’ œil nu. Il suffit de prêter attention à la concentration démographique de chaque communauté dans les différents quartiers de Nouakchott. Ou même, regarder la composition de ceux qui participent aux manifestations de protestation de tous les jours contre le système. Si la majorité des Mauritaniens est musulmane et que la religion devait être un facteur d’union, nous sommes différents sur la manière de pratiquer l’islam. Par exemple, les noirs laisseront leur position de guerre pour s’acquitter de leur devoir religieux au moment de la prière du vendredi, pendant que les autres (les maures) profitent de cette période de recueillement religieux pour reprendre les positions de leurs adversaires. Les évènements de Sylla- Rindiaw-Belinabe dans un conflit foncier sont édifiants dans cette différence. Il est donc clair que les différentes communautés n’ont pas les mêmes préoccupations.
Alors, pour conclure, je suis convaincu que l’option de l’autonomie est un moyen approprié pour sortir la Mauritanie de cette injustice sociale qui n’a que trop duré. C’est pour cette raison que je me réjouis et soutiens le choix des Flam de prendre cette option comme pilier central de leur stratégie politique. Je suis encore plus heureux de voir Président Ibrahima Moctar Sarr de l’AJD/MR parler de ‘’décentralisation très avancée’’ comme solution politique en Mauritanie. En définitive j’appelle tous les progressistes mauritaniens à faire de cette option la leur car il est de la responsabilité de tous de trouver une solution juste pour notre peuple. Il y va de l’intérêt de toute la Mauritanie.
La lutte continue !
Mamadou Barry- USA
25 juillet 2013
www.flamnet.info
HOMMAGE: Mohamed Ould Cheikh, un juste, un insurgé, un patriote est parti!

Mohamed Ould Cheikh ancien ministre des Affaires Etrangères et de la Défense de la Mauritanie indépendante des années 60, écrivain à ses heures perdues vient de casser sa plume et de rejoindre le monde des héros. La Mauritanie vient de perdre un de ses fils les plus dignes, les plus courageux, les plus justes et les plus patriotes. En effet, l´homme fait partie des pères-fondateurs de la Mauritanie moderne mais surtout connu pour son attachement au respect de nos identités culturelles et à l´unité nationale. Son engagement pour une Mauritanie débarassée des préjugés raciaux et du chauvinisme lui avait valu le surnom du “ministre des noirs”. Il était l´un des rares ministres qui tenait tête ouvertement à Moktar Ould Daddah et qui critiquait frontalement les responsables politiques du PPM et membres du gouvernement pour leurs dérives ethnicistes, tribalistes en un mot l´orientation panarabiste de l´Etat Mauritanien. On se souvient encore de ses courageux mots à l´encontre des responsables politiques mauritaniens en 1966: ” vouloir que ceux qui savent à quoi s’identifier abandonnent leurs valeurs propres pour être embrigadés dans l’aventure de ceux qui se cherchent une identité est non seulement de l’arbitraire, mais il s’agit d’une politique culturelle imbécile“.
Moktar Ould Daddah, le premier président de la Mauritanie indépendante parle de l´homme dans ses mémoires “La Mauritanie contre vents et marées” en ces termes: “Mohamed Ould Cheikh était très progressiste, voir révolutionnaire. Il avait des idées trop en avance sur son temps, et donc sur notre contexte, pour être compris. Notre contexte et nos structures mentales, qui étaient encore médiévaux”.
Rappelons que pendant les évènements inter-ethniques de 1966, Mohamed Ould Cheikh et Ahmed Ould Mohamed Saleh ministre de l´Intérieur et de l´Information étaient considérés comme les chefs de files des deux tendances qui se disputaient au sommet de l´Etat mauritanien. Le premier symbolisait le courant progressiste et moderne, le second le courant conservateur et réactionnaire.
Moktar témoigne toujours dans ses mémoires : ” Pour les uns, Ahmed Ould Mohamed Salah n´était plus que le “ministre des Maures”. Pour d´autres, Mohamed Ould Cheikh celui des Noirs. Il n´y avait donc plus de référence à l État: en un mot, il n´y avait plus d´Etat dans l´esprit des citoyens: Dans ces conditions, je ne pouvais que me séparer d´eux à la fois. Je le fis sans gaieté de Coeur”(page 348).
Il sera limogé du gouvernement avec Ould Salah et Elimane Mamadou Kane. Tous sont accusés “d´attitude partisane, en prenant carrément fait et cause pour leur ethnie”. Ba Mamoudou Samboly président de l´Assemblée nationale sera ausi obligé à démissionner et affecté comme chef de la subdivision de Chinguetti (sanction) pour avoir soutenu les jeunes élèves noirs et les rédacteurs du “manifeste des 19”.
Mohamed Ould Cheikh, homme de principe, homme de conviction, homme de foi et de courage boycottera les réunions du BPN du parti unique, il refusa de se rendre au II ème congrès ordinaire du parti à Aioun-el Atrouss dont il était membre, finalement il décida de se retirer sous sa tente et n´avoir plus cherché à exercer de responsabilité politique. Il consacrera le reste de sa vie à la lecture et à l´écriture et on se souvient de son pamphlet contre l´état néo-colonial mauritanien sous le pseudonyme de Hamid El Mauritanyi.
Il vient de nous quitter ce 18 juillet 2013 à l´âge de 90 ans, le jour d´anniversaire d´un autre grand homme qui s´est battu pour un Etat arc en ciel et respectueux des diversités raciales et une réconciliation nationale en Afrique du Sud.
Mohamed Ould Cheikh restera gravé dans nos mémoires comme un patriote sincère qui a sacrifié les honneurs de l´Etat pour le respect de toutes nos Cultures et de l´intégration de toutes nos composantes nationales dans la nation mauritanienne. Qu´ALLAH le tout puissant l´accueille en son Saint paradis et que la terre lui soit légère. A la Mauritanie toute entière, à sa famille et à son frère le sociologue Abdoul Wedoud Ould Cheikh nous présentons nos condoléances les plus attristées.
Elimane Bilbassi dit Kaaw.
FLAMNET-AGORA: Quand Biram Ould Dah et son INAD-MC défendaient les acquis démocratiques de Ould Taya
Biram Ould Dah ould Abeid, je vois que vous ne résistez pas à la tentation de « tuer le père » pour exister.
Malgré les initiatives de bonne volonté, malgré la mansuétude dont Messaoud fait preuve à votre égard, vous n’arrêtez pas de vous en prendre à lui chaque fois que vous avez l’occasion de cracher votre venin dans un micro. Mais vous poursuivez un fantôme. Si vous avez le courage de vous prononcer aujourd’hui c’est parce que des gens comme Messaoud Ould Boulkheir ont sacrifié leur vie pour que des gens comme vous puissiez être libres. Vous pouvez remuer ciel et terre mais vous n’atteindrez pas Messaoud Ould Boulkheir à la cheville. A vous entendre, personne n’a rien fait avant vous. C’est comme si la lutte pour la libération des hratines n’a commencé que depuis que Biram s’est réveillé en 2008 !
Depuis que vous avez fait irruption sur la scène médiatique en Mauritanie, vous vous êtes spécialisés dans la surenchère, l’entourloupe, l’amalgame et la théâtralisation outrancière. Mais votre zèle n’a pour seul objectif que de cacher votre compagnonnage coupable avec le régime le plus sanguinaire que la Mauritanie ait jamais connu. Malgré vos dénégations, je vais vous rafraîchir la mémoire. Contrairement à ce que pensent beaucoup de Mauritaniens qui ne vous connaissent que depuis 2008, IRA n’est pas votre première Initiative. Sous le dictateur Ould Taya, vous étiez à la tête d’une organisation obscure dénommée Initiative pour la Défense des Acquis Démocratiques – Mouvement Citoyen (IDAD-MC).
Après la seconde tentative de prise du pouvoir par les Cavaliers du Changement, vous avez publié un communiqué dans lequel vous écriviez, je cite (y compris avec les fautes) « Il est maintenant claire, qu’une frange de notre élite politique et militaire privilégiée sur les plans social, matériel, politique et militaire, a tendance à s’inscrire en faux, et par la violence aveugle et destructrice, au grand projet de modernisation sociale, politique et économique conduit par le Président de la République Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya » fin de citation.
Ce communiqué, vous le savez et les archives existent, vous l’avez publié le 15 aout 2004.
Dans la foulée, vous aviez fait une déclaration à la télévision mauritanienne toujours pour apporter votre soutien « à son excellence Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya, père de la démocratie mauritanienne, grand bâtisseur. ». Et ceux qui vous connaissent et qui connaissent vos pérégrinations savent qu’avant de poser votre baluchon sur la juste lutte des hratines contre l’esclavage, vous aviez essayé de tirer du système tout ce que vous pouviez lui soutirer. Vous avez suivi Zein Ould Zeidane pendant sa campagne et vous avez fait des mains et des pieds pour aller à la Commission Nationale des Droits de l’Homme. En réalité vous ne vous êtes radicalisé que quand vous avez échoué à obtenir le poste que vous convoitiez.
Biram, vous êtes un danger pour les militants sincères parce que vous ne vivez que de l’imposture, du mensonge, de la brutalité, de la menace, de l’invective. Les journalistes, les opposants, les militants des droits de l’homme qui mangeaient la poussière quand vous fricotiez avec Ould Taya sont tous aujourd’hui vos cibles préférées. Comment voulez-vous que les personnes conscientes et qui tiennent à la liberté n’aient pas peur de vous?Vous présentez tous les signes d’un futur tyran si jamais (mais Allah sait ce qu’il fait) il vous arrivait d’avoir un minimum de pouvoir.
Expliquez-nous un peu comment vous gérez IRA, comment vous tyrannisez ses militants, comment vous vous comportez avec certains d’entre eux comme un esclavagiste ayant droit de vie et de mort. Mais des gugus comme vous, on en a vu beaucoup. Ils ont cru que la cause des hratines était un fleuve dans lequel chacun pouvait venir se servir et partir. Ils se sont servis au lieu de servir la cause. Tôt ou tard vous serez démasqués. Les illuminés qui vous suivent aujourd’hui n’ont pas encore compris quel personnage vous étiez. Quand ils comprendront on verra la suite.
Mohamed Ould Boilil
Source : Kassataya.com
FLAMNET-AGORA: KHOUTBA DU VENDREDI : DANS LES YEUX D’UN CHEF…
Pour choisir un chef, il faut toujours suivre son regard, car c’est dans son regard que se trouvent logées toutes ses capacités à diriger, le processus et la durée de sa maturation, enfin sa vraie nature tout au bout du chemin parcouru avec lui. Même si l’accompagnement n’a duré qu’une petite heure. Elle renseigne toujours. Car des traces subsistent et on se les remémore toujours. Elles sont insidieuses.
Un chef est surprenable aussi bien dans sa gestuelle que dans son grognement perpétuel. Et tous les mouvements qu’il exécute en public déterminent sa carrure, mais aussi peut renseigner sur ses possibles déviances. Le débit de son discours trahit le ton avec lequel il commande, et donne des ordres sans se rendre compte que ses gestes sont exagérés, son chuchotement dangereux, car il peut finir toujours par une prise de parole alors qu’il est normalement en posture d’écoute. Donc nous pouvons y déceler ce terrible manque de sérénité et un penchant pour la précipitation. Alors que la sérénité commande l’intelligence, car c’est elle qui se rend sur les tables où les compromis se décident. Sans cela, le chef risque de prendre des décisions tout seul et là l’autoritarisme advient comme une fécondation in-vitro.
Être chef, est un réel poids qui énerve, use et finalement dévoile toutes les faiblesses de l’homme qui pense être désormais investi d’une mission presque divine. Erreur fatale quand on met en place l’utopie de l’impossible dans le combat pour lequel nous optons. Le messie doit mourir en nous dès que nous nous mettons en posture de diriger les hommes, parce que tout simplement le principe de l’interchangeabilité doit primer pour mieux relativiser la capacité de toujours tenir la flamme. Les vents internes sont plus destructeurs, ce sont des ouragans comme ceux des Caraïbes.
Il n’est pas donné à n’importe qui d’être chef. Ses yeux ne doivent jamais briller ni être gros aux cils et sourcils touffus. Son visage ne doit jamais être toujours fermé comme pour signifier l’intransigeance. Cette attitude rend compte de la figure d’une momie. Son sourire doit toujours illuminer ou le paraître, ses lèvres bien rendues et non gonflées comme pour signifier le dépit. Sobre en tout, le chef doit donc être mesuré dans ce qu’il prononce, car les interprétations sont libres et logiques. Parce que la rumeur est destructrice de l’aura acquise dans le temps de l’infini parcours vers la prise de conscience. Humilité et détachement doivent servir de tapis qui, toujours, se déroulent pour limiter les dégâts provoqués par une chute éventuelle.
De toutes les façons personne n’est si vierge que ça au point de se permettre un seul petit degré d’amnésie, « les eaux de l’oubli » sont toujours troubles. Les réponses évasives et la désinvolture qui les accompagne figurent les contours du mépris. Ce que le chef doit impérativement éviter, car le piège à tendance à se refermer sur sa seule personne.
Dans sa démarche, le chef ne doit pas ramener, par sa main gauche ou droite, ceux qui l’accompagnent et qui le dépassent d’un pas. Ce n’est pas son rôle de remettre l’ordre dans la marche de la foule par des actes, mais par une pédagogie d’ensemble partagée et réfléchie. Il doit accepter d’être entouré jusqu’à se sentir dans un étau bien serré, car là nous comprendrons que celui qui dirige ne doit pas étouffer quand il y a affluence. Pour ce faire, il doit être agile et souple même s’il traîne une bedaine. Sinon l’embourgeoisement attirera l’attention de la foule en présence, et elle se dira que trop de graisse tue le chef. La vanité est donc un ennemi redoutable, car elle entame la personnalité et détruit le socle de modestie sur lequel doit prospérer son aura.
Un chef doit maîtriser son souffle quand il parle pour, que même dans la colère, qu’il puisse être saisi quand il déroule son discours. Dans ce cas, il doit éviter les réflexes et cultiver l’intuition pour mieux diffuser et maintenir la flamme de son pouvoir de guide respectueux et respecté à la mesure de la mission qui lui est confiée. Un chef doit être très déférent, puisque c’est cela qui rassure les militants intelligents, les sympathisants nationaux comme internationaux et les futurs partenaires pour la gouvernance de la cité. Parce que tout simplement le pouvoir sera, obligatoirement, partagé car la démocratie n’a jamais atteint le record des 100% même aux temps des dictatures les plus loufoques. Elles acceptaient l’existence de 2% d’insoumis dans le corps électoral qui leur a permis de réajuster leur siège. Donc un chef averti doit avoir ce regard calculateur, certes, mais qui lui permettra d’appliquer ne serait-ce qu’une partie de son programme. Il doit donc cultiver la générosité mais être intransigeant quand le contexte le demande. Tout avoir ne peut être qu’une éventualité, car s’accaparer de tout conduit à la dictature et aux restrictions des libertés individuelles.
Un chef aux yeux hagards, les gestes vigoureux, la voix caverneuse, le discours menaçant est prédestiné à occuper ce siège où le simple doigt indique la direction. Cela s’appelle agir comme un dresseur de cirque. Alors que les militants ne sont pas une simple foule d’incrédules venus suivre un rêveur solitaire qui continue de faire le désert autour de lui. La solitude dans l’exercice du pouvoir utilise les ressources de la tactique alimentée à une banalisation outrancière des autres. Erreur de programme, de discours et de comportement qui détruit la noblesse d’une lutte.
Les gloires et les médailles recensées ne doivent pas toujours être exposées à l’air libre ; sinon elles s’usent d’elles-mêmes et perdent leur part dans la construction du mythe fondateur des adhésions. D’ailleurs elles sont faites pour tuer en soi ce surmoi égoïste. Un guide se fabrique dans l’humilité et les reconnaissances constituent des charges et non des sinécures pour imposer sa stature présente au monde avec mépris. Brûler les étapes de l’initiation débouche sur la médiocrité intellectuelle et la pauvreté du caractère. Donc le chef doit s’en méfier comme si c’était une peste.
L’impatience n’est pas une vertu qu’un chef doit toujours arborée. Elle le conduit directement dans un précipice dangereux, et son corps risque – dans ce cas -de faire l’objet de tous ces regards qui afflueront pour constater les dégâts induits par ce qui ressemble à une véritable immaturité et un manque de vision stratégique. Voilà ce que je vois dans les yeux d’un chef qui emprunte le chemin qui mène au sable mouvant de la démultiplication des fronts contraires. Un chef doit éviter de se métamorphoser en cible. Il doit respecter les règles de la bienséance sinon son bouclier s’effiloche et les balles l’atteignent et donc, comme je viens de le dire, la foule se presse pour enterrer ses restes.
À tous nos chefs, je dis changer la direction de vos regards et regardez ce que nous regardons, car vous êtes sur le point d’être dépassés.
Excellent ramadan.
Abdarahmane NGAIDE (Bassel), Dakar, le 12/07/2013




