Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Comparer Biram Dah Abeid à Nelson Mandela? oui mais transcendantale pour Madiba

altPartant de la méthode empirique la connaissance humaine se fonde sur l’accumulation d’observations et des faits dont on peut extraire des lois, des théorèmes, des axiomes des postulats hypothético-déductifs ou encore des conclusions hâtives et enfumantes.

Parmi ces conclusions, il y a ce qu’on appelle le raisonnement par analogie, vieille recette inductive et qui stipule par exemple, après le constat de similitudes entre notre planète-terre et la planète Mars, d’émettre l’ hypothèse d’ une probabilité de vie sur cette petite planète rouge.

Notre “leçon des choses” ou déduction peut s’étendre également dans le domaine sociologique à des êtres humains qu’à priori rien ne lie si ce n’est …justement l’humanité.

En effet comparer Biram Dah Abeid à Nelson Mandela s’avère être un exercice très délicat dans sa forme, mais aussi ingrat dans son esprit. Cette comparaison même altruiste écorche l’image emblématique, universaliste de l’icône Madiba, la ramenant à la même strate qu’une kermesse villageoise. Certes Biram est un défenseur des droits de l’homme en Mauritanie tout comme Mandela en Afrique du Sud pendant l’inique système d’Apartheid ou séparation.

Que l’adage qui dit: “comparaison n’est pas raison” trouvât ici toute la dimension disproportionnée de sa sémantique! Car du point de vue de la symbolique, de la portée du combat, de l’abnégation, du style dans la communication, des idéaux, bref de la weltanschauung chez nos deux combattants de la liberté, s’en découlent deux lignes de conduite opposées, immanente chez Biram mais transcendantale pour Madiba.

Ces deux lignes de conduites comme deux asymptotes parallèles, sont condamnées à ne jamais se confondre quand même que le mauritanien à la fleur de l’âge, entame ses premiers pas et l’autre, au crépuscule de sa vie, sur son lit d’hôpital au vu et au su du monde entier, lance des signaux alarmants au corbillard. Les “marques de fabrique” des deux hommes permettent d’établir avec discernement la traçabilité du parcours intrinsèque de chacun, nonobstant les théories mensongères ou velléitaires.

Nelson Mandela n’est pas n’importe qui, de par son passé, son charisme, son opportunisme politique. Militant de l’ANC (African National Congress) depuis 1944, et ayant constaté que le combat pacifique contre le racisme institutionnalisé, cette fois, ne mènera à rien, Madiba, de son nom tribal, fonde en 1961 la branche militaire de l’ANC.

Arrêté le 12 juillet 1963 sur indication de la CIA, il devient le symbole de la lutte anti-Apartheid, après le procès de Rivonia. L’homme a purgé 27 ans de prison avant d’être relâché le 11 février 1990 certes en faveur des changements majeurs survenus dans le monde le siècle dernier à savoir: l’effondrement du mur de Berlin et la dislocation des deux blocs.

De son lieu de detention, Mandela leader incontesté se tenait toujours au courant des activités de l’ANC, tout en refusant et à maintes occasions de se faire libérer sous conditions, c’est à dire en trahissant son peuple. Il a préféré tailler la pierre des années durant plutôt que de vivre “libre” sous la protection complaisante mais non moins humiliante de ses geôliers blancs, autrement en “godillot“.

On peut imiter, vouloir aller sur les traces de Madiba, comme un artiste-peintre qui recrée la nature sans jamais pouvoir l’égaler, mais personne ne peut-être Mandela. Le mental en beton, l’on se demande avec admiration comment un homme peut tenir 27 ans en prison sans jamais vouloir changer sa ligne de conduite initiale et en sortir jouissant de toute son intégrité, s’il n’avait pas un rendez-vous éminent avec l’Histoire?

Il est permis de constater que Biram, après seulement quatre mois de prison à Nouakchott, a visité maintes fois le CHU de la capitale mauritanienne pour cause de maladie imaginaire ou effective se manifestant par “une tension artérielle” . A noter que la “tension” est une des maladies répandues chez le mauritanien qu’il soit Moissé Sbâ ou Moissé Kembess.
Dans les deux cas de figures l’opinion aura pris acte de la fragilité “psycho-physico-morphologique” de notre demi-Mandela. Le but des fréquents séjours du président de l’IRA au Chu était sans doute d’attirer l’attention sur son sort en sollicitant tacitement la mansuétude de ses geôliers, qu’il épargne d’ailleurs depuis sa sortie de prison. Quelle est la teneur du deal?

Biram est libre de composer avec qui il veut mais qu’il le fasse connaitre à ses sympathisants, aux autres défenseurs des droits de l’homme qui luttent sans tapage, afin de ne pas couper l’herbe de la compromission, cette fois, sous les pieds de tous ceux qui portent en lui l’espoir du changement tant attendu. Mandela n’aurait jamais fait ça.

Une ascension fulgurante

Il est politiquement opportun, rationnellement légitime dans l’ordre naturel et constant des choses de se demander le comment et le pourquoi de l’ascension fulgurante de Biram Dah Abeid en moins de trois années seulement de lutte!

Pour quelques slogans lors de rares manifestations contre l’esclavage en Mauritanie, Biram a raflé tous les prix décernés par l’Allemagne et l’Irlande surtout, des pays, il faut le souligner traditionnellement et historiquement peu enclins à la défense des droits humains.

Pourtant ces slogans ont longtemps été échafaudés auparavant par une kyrielle de défenseurs des droits des Haratines, des négro-mauritaniens à certains égards plus sincères, plus crédibles que Biram sans que ces derniers puissent bénéficier de l’actuelle aura, soit-elle surprenante mais aussi combien enfumante du président de l’IRA.

Certes la configuration géopolitique a changé car la Mauritanie a rompu ses relations diplomatiques avec Israèl dès l’arrivée du général Aziz, poussée en cela par Kaddafi, qui après la rectification du 6-8-2008 en avait fait une condition sinequanon avant de reconnaitre le putsch. De là à croire que Biram est une fabrication fantoche des services de renseignements de l’Etat Hébreux, il y a un pas que j’hésite de franchir.

A vrai dire cette pensée me taraude l’esprit et personne ne peut empêcher mon imagination de vagabonder….En tout cas la coïncidence est flagrante, tranchante. Je suis sûr d’une chose: le jour où le pouvoir Azizien entamera ne serait-ce qu’un flirt même secrètement avec l’entité sioniste, notre défenseur des droits de l’homme Biram reverra la copie de sa côte de popularité exogène en baisse.

Comme du temps d’Ould Taya où la diaspora negro-mauritanienne, pourtant mieux implantée un peu partout en hémisphère-Nord , disposant d’attention particulière dans plusieurs officines occidentales, et qui n’a pu matérialiser ni ses rêves, encore moins rendre concrètes ses revendications, quand l’ancien président mauritanien Maaouiya a établi des relations diplomatiques avec Tel Aviv.

Enfin certaines des sorties hasardeuses récentes sur les réseaux sociaux ou les plateaux de télévision de France 24 en direct ou en “off” face à l’avocat Jemal Ould Mohamed, le qualifiant de “forgeron“, dénotent de l’amateurisme militant et du manque de consistance dans le projet sociétal du président de l’IRA.

En effet, il est surprenant voire même inimaginable (selon Jemal Ould Mohamed) d’entendre le défenseur des Haratines, la frange la plus martyrisée, se trouvant au bas de l’échelle dans l’anachronique stratification de notre société, proférer des propos dignes d’un aristo-beidhane adepte de Khlil et d’Ibn Acher à l’égard d’un compatriote qui ne fait que son boulot d’avocat.

On ne peut pas, on ne doit pas juger un avocat sur l’orientation de sa profession dite libérale. L’autre couac d’il y a quelques jours du président de l’IRA et qui consiste également en une attaque musclée contre les FLAM, met en exergue la fébrilité manifeste de son auteur qui, me semble-t-il ne veut pas entendre un autre son de cloche.

Or la lutte contre l’esclavagisme et le racisme peut être multiforme et ignorer en même temps les auspices partisans ou velléitaires. Les Flam et l’Ira se regardent désormais en chiens de faïence, se disputent l’espace public, veulent se transformer en partis politiques afin de concrétiser leurs projets de société. Noble initiative. Disons-le franchement, il sera difficile pour les Flam de porter leur dévolu sur un “Hardané” comme figure de proue.

Cette attitude “communautariste” attise la colère de l’IRA et de son président Biram qui n’y va pas du dos de la cuillère en s’adonnant à son tour à des discours “soixante dixard” dignes d’un Sekou Toure de Guinée à l’égard du président Senghor.

Les FLAM, la négritude, Gaston Kelman, la “tigritude” et tutti quanti…..

Mais qu’est-ce qui lie un indien dravidien, un aborigène d’Australie, à un agriculteur de Senoboussobé en Mauritanie; un Zoulou du Transkei à un rappeur du Bronx si ce n’est la couleur de la peau? En investissant toute leur libido objectale sur un Hartani, certains négro-mauritaniens croient trouver en Biram l’homme providentiel, le messie qui mettra fin à leur souffrance.

Et Biram de son côté en candide croyait que son arrestation allait mettre la Mauritanie à feux et à sang. L’explosion communautaire tant attendue et qui n’est dans l’intérêt de personne tarde à venir quand même que l’Etat-major de l’IRA devrait revoir sa stratégie. Car en Mauritanie depuis l’indépendance toutes les composantes ethniques souffrent.

Certes le pèlerinage d’Inal ,de Sorimalé peuvent être mis à l’actif du président de l’IRA .Incontestablement Biram a donné une chiquenaude à la lutte pour l’émancipation des Haratines, des esclaves negro-mauritaniens, et d’ailleurs de tous les castés qui élèvent désormais la voix.

Le président de l’IRA est dorénavant pris au sérieux, adulé par les pouvoirs publics qui veulent canaliser son action en le dressant cependant contre tous ses alliés objectifs à savoir les FLAM, les Opposants au régime.

Je parie que le jour où Biram accédera à l’olympe, c’est d’un regard impérieux et méprisable qu’il scrutera ses “misérables” compatriotes Beidhanes et surtout negro-mauritaniens, les exhortant à compter sur leurs propres forces afin d’éradiquer le racisme et l’exclusion dont ils sont victimes.

D’autre part l’on se demande si Gaston Kelman n’a pas raison quelque part quand il rebute l’éternelle victimisation des Noirs de tous temps et en tous lieux. En effet ramener l’histoire des peuples Noirs à des perspectives colorielles uniquement serait de nos jours une indigence intellectuelle, une entreprise contre-productive.

Au début du siècle dernier, les chantres de la condition noire: Léon G.Damas,Léopold S.Senghor, ou Aime Cesaire en faisant l’ apologie du néologisme de la negritude, repondaient à un imperatif socio-culturel qui revendique haut et fort l’appartenance à une entité de couleur longtemps”sans culture”,clouée au piloris par les vissicitudes de l’Histoire. Depuis les vents favorables ont soufflé et les Noirs doivent cesser de s’en prendre constamment au passé.

Quand le poète Senghor chantait la beauté noire-bois-d’ébene de Coumba Ndofene Diouf,quand le deputé-maire et poète antillais Césaire accablait le colonialisme,ces pionniers de la négritude n’ont fait que riposter à l’agressivité raciste adverse d’où qu’elle venait.Ce,il y a eu un temps pour la victimisation et il faut desormais un temps pour le combat où le Noir ne doit plus s’ériger constamment en dernier rejeton des clichés qui émaillent l’Histoire Humaine .

Certains intellectuels africains ont dejà adopté cette position impetieuse tel le prix littéraire,l’écrivain et dramaturge nigérian Wole Soyinka et qui dit:“le tigre ne doit pas parler de sa tigritude;il capte sa proie,la tue et la mange”.D’ailleurs à force de parler de racisme,d’exclusion à son égard,on reconnait de manière latente son infériorité vis à vis de son interlocuteur.

Il n’est point utile d’être un adepte de Jung,Lacan ou Freud pour “com-prendre“cette subtilité.Depuis belle lurette le sablier de la clepsydre s’est vidé,l’homme est parait-il allé sur la lune,l’Amerique a élu un Noir à la Maison Blanche et certains Noirs se complaisent toujours à se referer sur un passé certes douloureux mais à jamais révolu.

Enfin nous devons savoir que la société mauritanienne souffre dans son hétérogeneité.M’Boirik de Bassiknou,Penda d’Aeré Goleré,Brahim Salem d’Atar et Moussa de Gouraye ont quotidiennement les mêmes problèmes depuis l’independance de leur pays.Nous avons besoin de patriotes capables de hisser la Mauritanie au firmament des nations où il fait bon vivre.

Pour éradiquer la tare de l’ésclavage,juguler le racisme,lutter contre la pauvreté,l’injustice,la dilapidation des deniers publics,nous prônons des solutions mauritaniennes endogènes.Certes on est,on existe toujours par rapport au monde qui nous entoure.

Mais la comparaison doit être porteuse de bourgeons dont le nectar sera reparti équitablement à tous les niveaux de la société mauritanienne.Dans ce cas,je conseille à Biram de rester humble,accessible,tolerant mais intransigeant quant à lutter contre les ésclavagistes,les racistes de tous bords. Biram doit rester Biram,il n’est ni martin l. King ni Nelson Mandela.

Bonne fin de Ramadan pour tous les Mauritaniens.

Capitaine Ely Ould Sid’ahmed Ould Sidi Dit Krombele

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FLAMNET-AGORA: KHOUTBA DU VENDREDI : PETIT CAHIER D’UN RETOUR AU PAYS NATAL

altNormalement je ne suis pas superstitieux, mais aujourd’hui je vais porter cet habit, nécessaire, pour mieux spéculer sur ce qui nous entoure, ce qui se dit, se chuchote et finalement sort au grand jour.

Les FLAM reviennent en Mauritanie, pendant qu’une lutte à Kaëdi réveille de vieux souvenirs (heureusement que les jeunes ont été libérés) et qu’à Nouakchott l’équipe nationale crée une heureuse « surprise » en éliminant le Sénégal et du coup qualifiant, pour la première fois de la vie, le pays à une compétition de haut niveau africain. La Mauritanie va tester son talent au pays de Madiba, encore sur ligne de départ comme toujours. Admettons que c’est le concentré de la nation qui va aller nous représenter chez la « Nation arc-en-ciel ». Finalement la Mauritanie a connu trois « événements historiques » ces dernières semaines.

Donc, le retour des FLAM est salvateur ! En tout cas, il donne un coup d’accélérateur à l’histoire en démontrant, une fois de plus, que la joie côtoie le chagrin. Mais qu’il est aussi possible, en s’écoutant les uns les autres, de discuter de ces heurts qui déstructurent la société dans laquelle nous vivons. C’est ça la superstition pragmatique que je vis depuis deux jours. Les coïncidences sont ce qu’elles sont ! Mais moi je suis obligé, aujourd’hui, de croire au possible que figurent les trois événements. Leur coïncidence doit revêtir d’autres significations. C’est pourquoi les sons de cloches d’à côtés ne doivent pas me détourner de l’essentiel jusqu’à oublier ma mission.

Et bien, je crois que la victoire de l’équipe est imputable à ce retour. Je suis presque sûr que c’est ça, car la confiance a régné et l’envoyé spécial des FLAM a dû dire au président : « Tu vas au stade lors du match retour contre le Sénégal. Tu seras surpris par plusieurs choses en même temps. L’état de ta santé va s’améliorer davantage, mais autre chose de plus important te surprendra. Enfin, tu verras de tes propres yeux comment il est indispensable de nous écouter et de comprendre que notre discours est applicable sur le terrain, notre stade national avec notre public discipliné et rangé des deux côtés de l’Avenue Mokhtar Ould Daddah. »

Je vous jure que c’est ce qu’il a dit au président sinon, ce dernier ne serait pas allé constater de ses propres yeux, convalescent, au point d’exposer devant les caméras du monde ses réflexes strictement humains. Il ne peut plus nier qu’il est quand même humain devant un peuple multiple et joyeux en même temps. Donc, il doit avoir le temps et la disponibilité d’écouter tous les messages qui lui viennent du peuple ou d’une partie de celui-ci.

En tout cas moi si j’étais chef, j’allais revoir ma feuille de route gouvernementale et proposer d’appliquer à la lettre ma mission dont la légitimité émane de toutes nos composantes. Je crois aussi que l’envoyé spécial et les autres ont cette idée en tête : il est possible, impératif voire obligatoire de recréer une équipe capable de jouer sur ce terrain avec un public rasséréné et confiant. Il faut redéployer les joueurs, les insérer ou refonder carrément l’équipe avec un sang neuf puisé chez les locaux. C’est une question de tactique après tout. Enfin comme notre tactique footballistique, celle qui prend en compte les talents des fils du pays, les met en synergie et les lâchent sur un terrain 90mn seulement pour unir les émotions. Non j’ai rêvé que l’envoyé spécial en a parlé. Je suis superstitieux et la coïncidence des événements traduit quelque chose à-venir.

L’incident de Kaëdi constitue un événement qui a pour fonction de rappeler aux citoyens qu’ils ne doivent pas pour une « simple place de marché » réveiller leur xénophobie devenue presque consubstantielle de leur existence quotidienne. C’est regrettable qu’il se produise lors du séjour, mais c’est important, car l’histoire ne ment pas. D’ailleurs cet événement renforce le discours du mouvement et des autres acteurs aussi.

L’événement semble dire : « Vous voyez encore aujourd’hui, et depuis toujours nous parlons de ces histoires au marché, au bureau, dans les services, dans l’armée, dans la rue, dans un restaurant, dans un bus, à l’extérieur… qui perturbent notre nation. » Vous voyez encore pourquoi je suis superstitieux aujourd’hui, car les coïncidences des leçons m’intriguent. C’est incroyable, les FLAM rentrent et puis nous voyons quelques changements intervenir.

Du côté de Madiba, les joueurs et leur staff, le président lui même qui a pris en main l’aventure, comprendront peut être ce que signifie l’arc-en-ciel, cette bande qu’ils voient rarement, barrant l’horizon de notre regard, sous nos cieux. Ils verront les couleurs, mais une bande les unissant, rendant leur beauté sublime, quand elle flotte dans un air dégagé. Respiration profonde pour mieux saisir l’idée du flottement, l’apesanteur, la liberté, l’esprit de création ! Un Mandela est passé par là avec le courage d’un De Klerk assigné à résidence par la loi de la majorité. C’est aussi simple que cela.

La libération de ceux qui ont été arrêtés à Kaëdi augure un apaisement de la situation, mais renseigne toujours encore sur ce qui est à faire aujourd’hui et surtout demain après le retour ! Le combat continue, te diras celui que j’indexe là à l’instant. Il se reconnaîtra.

Donc sur le marché économique c’est dur. Je le soupçonne d’être le lieu, par excellence, du racisme dans tous les pays du monde. Donc, il va falloir réfléchir sur la structure du marché, son organisation… Pour dire vrai, je veux signifier que l’argent du pays doit être mieux redistribué et que l’accès aux marchés publics soit ouvert à l’ensemble des acteurs du pays sans discrimination afin que l’économie générée puisse être infusée dans les maillons les plus faibles de la société. Avec toutes ces opérations, nous aurons moins de pauvres et nous lutterons contre la promiscuité des marchés qui réveille la xénophobie et l’intervention ciblée de la police chargée, pourtant, de gérer notre sécurité à tous.

 

Vous voyez qu’au stade le président était à l’aise, se permettant même de jouer au foot de manière virtuelle, sautillant, souriant, applaudissant comme un simple spectateur. Je dis bien comme un simple spectateur, car malgré sa loge nous avons vu le même match, nous avons eu la même émotion et finalement nous nous sommes souris sans nous soucier de l’écran qui nous sépare. Donc le stade peut bien jouer un rôle dans la convergence des différences, même s’il peut aussi être le siège de la destruction des acquis. Mais je crois que cela dépend aussi de l’enjeu. Car ici le gain est collectif et non comptable et individuel, car il relève de l’émotion alors qu’au marché de Kaëdi il faut bien être solide de nerfs wogave ou pas sous 45°, ruser pour s’en sortir car nos régions n’offrent aucun service sauf celui d’une administration lourde et souvent malveillante avec une catégorie des citoyens.

 

Ces deux événements que je viens de commenter marquent le retour des FLAM, je crois.

 

Donc, je suis obligé d’être superstitieux moi qui criais tout haut : « Hey rentrez ! ». Je suis obligé, car j’y vois un signe : le combat doit continuer avec un nouveau look pour mettre à genou ceux qui ont toujours parlé de « peste ». Il faut qu’on les immunise de leur peste pour mieux les capturer. Le médecin qui soigne son malade y trouve un allié sûr, wallaahi. En tout cas les membres de l’équipe nationale reçus par le président ne sont pas sortis de cette audience déçus. Même l’envoyé spécial des FLAM aussi est sorti rassuré que son mouvement ait fait l’excellent choix de rentrer au bercail. La presse en a rendu largement compte et des polémiques sont nées. C’est aussi un excellent signe de l’existence d’une chose sur laquelle il faut devoir compter dans un contexte qui ne cesse de changer. Et puis, je ne sais pas s’il était encore là, il a pu tester, ne serait-ce qu’une infime partie de l’atmosphère de la nation le jour de la victoire. Ce sont ces événements en coïncidence/résonnance qui me rendent superstitieux aujourd’hui.

 

La superstition rend service, car elle peut tranquilliser. Et puis, nous les hommes nous aimons les coïncidences heureuses ou malheureuses pour discourir infiniment sur leurs significations et leurs influences possibles sur notre vie. C’est pourquoi ces deux événements me font dire ce que je dis à l’instant. Une équipe qui gagne alors que les FLAM sont là ! C’est un excellent signe non ! Un président convalescent qui tape sur un ballon imaginaire et qui se réjouit pendant que les FLAM sont là ! Un événement malheureux qui nous avertit et nous rappelle une histoire en même temps pendant que les FLAM sont là ! Ça, ce sont d’excellents signes venant de toutes nos divinités et des plus insolites d’entre elles.

 

Il ne faut jamais y voir un hasard ou une superposition de coïncidences froides et insignifiantes. Ce sont des prières pour la réussite de la mission de retour. En tout cas c’est ce que je crois comme vérité aujourd’hui. Demain nak, je ne sais pas. On verra !

 

Je suis donc superstitieux et ce n’est pas interdit en plein ramadan. C’est à croire ou ne pas croire. D’ailleurs le ramadan aussi nous rappelle de tristes événements, mais admettons les comme des éléments de notre histoire que nous devons assumer tous, bourreaux et victimes confondus. Mais c’est aussi un mois de rahma je crois. Je ne sais plus comment cela s’appelle en arabe. Sinon, les FLAM ne seraient pas sur le point de revenir à faire gagner notre équipe nationale, même si des gens s’élèvent contre leur nom : Mourabitoune. En retraite parce qu’en avance sur la nation en construction ?

 

En avril dernier j’étais sur la tombe d’Abdallah Ibn Yacine, sur les collines du moyen Atlas dans la région du Zaïr, au Maroc. Je me suis demandé comment ces messieurs originaires de la vallée du fleuve Sénégal ont fait pour traverser ce désert et planter leur drapeau dans ce paysage paradisiaque qui environne la ville actuelle de Rabat. Abdallah Ibn Yacine surveille du haut de sa colline toute la région et ses tribus. Au bas de la colline, d’une hauteur moyenne de 500 m, coule un mince oued alimentant des milliers d’oliviers sauvages. Extraordinaire exploit historique avec les War Diabi Ndiaye du Tekrur dont les armées se montrèrent téméraires lors de la conquête de l’Espagne. Ah oui, ceux qui pensent que les Mourabitounes sont les seuls ancêtres des berbères ( !) se trompent lourdement. Ceux du ribat –la retraite, je crois-, inspirateurs des révolutions théocratiques de Nacer Eddine, du Bundu, des Almamys du Fuuta Jaloo, du Macina jusqu’à Ousmane Dan Fodio. L’histoire c’est une chose complexe, compliquée et il n’est évident d’en démêler l’échafaud avec le dépit du sentiment d’exclusion qui peut toujours nous distraire. Là, la discussion risque d’être longue et les FLAM ont cette question dans leur ordre du jour dès leur retour.

Mais je crois aussi que ces débats sont souvent inadéquats. Il faut attendre que nous réglions les problèmes de places au marché de Kaëdi pour en discuter. C’est trop compliqué l’Histoire, donc il faut y aller avec des pincettes sinon on risque bien d’être pincé par les hypothèses étroitement nationalistes des écoles de chez nous. Donc chemin étroit à éviter quand on négocie une nouvelle insertion.

De toutes les façons moi, je suis superstitieux et je n’aime pas beaucoup les signes qui perturbent ma tranquillité. Je préfère donc me concentrer sur les événements heureux pour mieux comprendre leur message et la démarche de ceux qui les portent. C’est cela mon problème moi. Je dois veiller sur quelque chose qui semble ne pas me concerner alors que j’ai envie de crier si, cela me concerne oui. Sinon je n’allais jamais arborer l’habit du superstitieux concret donc pragmatique et chercher à vous persuader, vous lecteurs, que ces deux événements sont importants et sont des signes de changements après l’amorce de retour des FLAM.

Je crois que ces deux événements sont importants même si l’un d’entre eux a failli prendre le chemin du deuil. Finalement, j’ai, entre les mains, une médaille avec ces deux faces et je peux la retourner sur la figure de la qualification de l’équipe nationale. Et si elle ramenait la coupe ? Le résultat final sera vitalement important : la naissance d’une émotion partagée.

Bon pour ne pas reprendre la même khoutba d’il y a quelques jours, je m’en arrête là, pour que la superstition puisse jouer pleinement son rôle. Mais pour que les deux éléments qui structurent ma superstition aient leur véritable poids, il faut que la dernière phrase de ce paragraphe, que je cite, puisse se transformer en réalité : « Même si la mission de prospection des FLAM n’a pas dressé de bilan, force est de constater qu’elle a réussi, à tout le moins, à briser la glace. Le mouvement, considéré, jusqu’ici, comme « peste », a réussi à se faire écouter. Le message est passé, il reste à transformer l’essai, en réservant un bon accueil à la délégation présidentielle du mouvement. » (lire : « Retour des FLAM : La glace est brisée », http://www.cridem.org/imprimable.php?article=645725, visité le 25/07/2013).

Pour devenir un superstitieux pragmatique il faut bien que la foule vienne, le jour de l’effectivité du retour, valider cette prophétie qui s’y cache.

 

 

Abdarahmane NGAIDE (BASSEL), Dakar, 26/07/2013

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FLAMNET-AGORA: Incidents de Kaédi ou violences intercommunautaires

altMarché de Kaédi, 7 juillet 2013. Une dame, négro-africaine, se fait injurier puis gifler par un jeune arabo-berbère ( ?) qui pourrait être son fils. Cela se passe en Mauritanie. C’est-à-dire dans un pays islamique et de tradition africaine. Un pays où on naît et on grandit dans le culte de la déférence à l’ainé, au plus âgé que soi, fut-ce d’une année. Cela a eu lieu dans un pays où, jadis, dans la rue ou dans un lieu public, on allait à la rencontre de la personne pouvant avoir le même âge que son père ou sa mère — pour lui rendre service — plutôt que d’attendre d’être sollicité par elle.
 
Considérant, à juste titre, l’avanie faite à la pauvre dame comme un fait inacceptable et intolérable, des jeunes négro-africains ont cherché à faire eux-mêmes justice. Quand l’État s’éteint ou fait comme s’il n’existait pas, quand ses représentants locaux ferment les yeux ou prennent parti…, c’est le chaos qui s’installe, avec pour devise « œil pour œil, dent pour dent ». N’ayant pas observé que les autorités, au niveau national et local, avaient mesuré toute la dimension de l’incident et qu’elles s’attelaient à lui trouver des solutions justes et apaisantes, les jeunes s’« [attaquèrent] aux commerces… ». « Le marché et les boutiques appartenant aux commerçants maures [furent] particulièrement visés […], vandalisés par les jeunes de Kaédi. », apprend-on. La détermination des jeunes à laver l’offense fut telle que la tension et l’insécurité qui en résultèrent contraignirent « Les commerçants maures à se réfugier chez le Wali pour être en sécurité. » (Propos rapportés par DIA ABDOULAYE VIA CRIDEM et publiés sur Boolumbal.Org — propos qui auraient été tenus par la dame victime de la gifle.)
 
 
Arrestations. Emprisonnements. Présence massive des forces de police… Kaédi vit au rythme d’une intense tension interethnique. Organisations de la société civile et partis politiques essuyèrent critiques et imprécations, non méritées, adressées par certains commentateurs et quelques hurluberlus toujours aux aguets, toujours prompts à se livrer  à des papotages sur le premier fait ou évènement venus sans même en savoir les tenants et les aboutissants. Il leur est reproché, à tort, d’avoir tardé à réagir, à condamner, à se rendre au chevet de Kaédi… Faisant du principe maoïste (« Sans enquête pas de droit à la parole ») leur credo, certaines de ces Organisations et quelques partis politiques ne s’expriment qu’une fois en possession d’informations fiables sur les incidents en question, et après avoir été en contact avec les principaux protagonistes. Les Notables de la ville sont sollicités. Tout le monde appelle à l’apaisement, et pointe du doigt la partialité des autorités locales ou leur incompétence.
 
 
Au-delà des récriminations, des condamnations et des appels à l’apaisement, légitimes, que révèle une fois de plus cet incident qui a donné lieu à ces évènements ? Pourquoi l’étincelle (une dame victime d’une gifle précédée d’une injure) a mis aussi vite le feu dans tout Kaédi ? Si la victime et l’auteur de la gifle étaient de la même ethnie, de la même communauté, l’incident aurait-il provoqué une réaction aussi violente, massive et spontanée ? J’en doute ! A-t-on jamais vu en Mauritanie un incident de même nature au sein d’une même ethnie, d’une même communauté ? Pas à ma connaissance ! Des actes d’impolitesse, des propos désobligeants, venant d’un jeune à destination d’une personne plus âgée, oui, cela peut arriver, encore que cela est rarissime dans nos sociétés. Mais porter la main sur celui qui a l’âge de son père, de sa mère, de son grand-frère…, sauf à avoir affaire à un malade au sens psychiatrique du mot, c’est du jamais vu dans nos sociétés. Si ce jeune a osé porter la main sur cette dame, c’est en définitive à cause du racisme d’État ambiant, de la certitude de bénéficier d’une impunité et de la protection de l’administration. En 1990/1991, dans une institution (l’armée) où la discipline et l’obéissance étaient à l’honneur, les exécutions extrajudiciaires des militaires noirs eussent été inconcevables — que dire de leur mise en application — sans le racisme d’État, sans la bénédiction du pouvoir exécutif et des autorités militaires de l’époque. Sans cela un militaire, quel qu’il soit, quelle que soit son ethnie, se met au garde-à-vous devant son supérieur, quelle que soit l’appartenance communautaire de celui-ci, plutôt que de lui trancher la tronche, parce qu’il est noir, ainsi que cela s’est passé.
 
 
Le racisme d’Etat met constamment à mal l’unité nationale. Il pose la question de la cohabitation de nos communautés. Que les ONG et partis politiques soient prompts à donner de la voix à chaque fois que surgit une tension interethnique née ou encouragée par des pratiques ou des gestions étatiques ou administratives racistes, on ne peut que s’en féliciter. Cela, naguère, ne se voyait pas. Mais les ONG et partis politiques rendraient plus service au pays s’ils mettaient au cœur de leurs préoccupations et priorités les voies et moyens pour réaliser un vaste débat national sur la cohabitation entre nos différentes communautés, notamment dans ses dimensions organisation et gestion du pouvoir politique en Mauritanie. L’unité nationale ou la cohabitation communautaire est la question politique numéro un. Nous ne cessons de le ressasser depuis plusieurs années. Lorsque le pays est sans cesse mis à feu et à sang du fait de la marginalisation et de l’exclusion à caractère raciste de certaines composantes nationales, faire de l’unité nationale une question politique centrale s’impose. Et cela passe par la recherche d’une concertation nationale autour de la cohabitation.
 
 
Pour l’instant, en dehors de TPMN, du PLEJ, de l’AJD/MR et des FLAM, nous ne voyons aucune autre formation mettre au centre de ses priorités politiques l’éradication du racisme d’Etat via un débat national sur l’unité nationale. Nous sommes loin du compte. Loin du bout du tunnel. Alors les incidents de Kaédi, sous une forme ou sous une autre, se reproduiront. À Kaédi ou ailleurs. Et on reviendra à Kaédi ou on ira ailleurs, avec les mêmes discours, les mêmes incantations. Cela peut apaiser, réconforter. Cela peut contribuer à élargir sa base électorale — perspective des prochaines échéances électorales oblige. Mais cela ne guérit pas le mal récurrent né d’une cohabitation inégalitaire.
 
Boye Alassane Harouna
26 juillet 2013

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Flamnet-rétro: Mauritanie : une démocratie raciale ou l´autre Apartheïd?

altVue de loin pour bien des gens, la Mauritanie apparait comme un pays tranquille, calme sans problème majeur, stable même aux dires de ses dirigeants. C’est une image trompeuse qui égare bien des observateurs; la Mauritanie est un pays complexe, secret, un volcan endormi, qui couve une crise interne découlant des relations d’équilibre intercommunautaire, aujourd’hui rompues. Cette perception première, trompeuse à souhait, est due au fait qu’à l’image de beaucoup de pays africains depuis le discours de la Baule, la Mauritanie, elle aussi, dispose de sa ” démocratie”. Avec une constitution (sur mesure ) des partis politiques qui foisonnent, une presse écrite  dite “indépendante” mais je préfére dire “presse privée” et de temps à autres un simulacre de compétition éléctorale, pour completer le tableau; c’est bien là des attributs, pour qui n’est pas averti, d’une parfaite démocratie, et l’on se croirait dans un pays où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Nos plaintes et nos réserves à l’endroit de notre”démocratie” mauritanienne ne seraient pas alors comprises. Et pourtant ! La Mauritanie recouvre une toute autre réalité, dissimule une face cachée de démocratie raciale ! Telle est la réalité que bien des gens ne comprennent pas. Et pour le faire comprendre il nous faut faire un détour, un long détour, remonter quelque peu le cours de l’histoire récente du pays .

Il est nécessaire de rappeler que la Mauritanie est un Etat conventionnel, artificiel, créé de toutes piéces pour les besoins du colonialisme français en 1904, je vous fais l’économie de la géopolitique de l’époque. La France par sa volonté décida donc de faire coexister dans un même espace, deux communautés, arabo-berbères et négro-africaine, deux communautés, il faut le souligner, qui s’étaient forgées chacune au cours de l’histoire dans un espace autonome, régies par des pouvoirs politiques spécifiques, indépendantes l’une de l’autre. Elles entretenaient naturellement du fait de la proximité des relations tantôt amicales, le plus souvent heurtées à cause des incessantes rezzou maures opérés, pillant et capturant la population des villages à des fins d’esclavage,( origine, entre autres, de la composante haratine actuelle).

Depuis l’indépendance, nos chefs politiques incapables de se départir de l’esprit partisan, tous issus du milieu maure, se sont attelés sans relâche à developper, tour à tour, des politiques qui, loin de forger la Nation encore inexistante, ont conduit à des crises cycliques, répétées, à une déchirure profonde entre les deux communautés.
Par ces politiques nocives développées au fil des années et des régimes que guidait un systéme inique, on mit en place un APARTHEID DÉGUISÉ. Je dis déguisé car on le chercherait en vain dans les textes institutionnels alors qu’il existe partout, pour peu qu’on observe.

LE RACISME D’ETAT EST PARTOUT!

Cette discrimination raciale commenca d’abord feutrée, subtile, insidieuse, pour un projet qui allait devenir obsessionnel: construire une Mauritanie exclusivement arabe !
Pour ce faire, des mécanismes furent mis en oeuvre pour que l’Etat fut la”chose” des arabo-berbères; progressivement, au rythme des résistances qu’opposaient les négro-africains, ont fit de sorte que les arabo-berbères contrôlent la réalité du pouvoir politique et économique, la justice, l’éducation, l’armée.
La diplomatie ne sera pas en reste où, à l’éxtérieur, il faut afficher l’image d’une Mauritanie Arabe par la composition des délégations, le discours et les clichés culturels, où il faut gommer totalement l’autre personnalité de la Mauritanie. Evidemment pour masquer la nature discriminatoire des régimes, on va saupoudrer un peu par quelques négres de service, sans responsabilité aucune, personnalités aux genoux tremblants, figurines sans aucun pouvoir de décision!

Un des rouages essentiels de cette machine à discriminer fut l’usage qu’on fit de la langue arabe. Cette langue introduite trés tôt dans le systéme éducatif,…à des fins” d’indépendance nationale” disait le discours officiel ! Vaste superchérie qui visait en fait à cacher les motivations sordides. On lui fit jouer un rôle, non pas d’intégration, non pas d’épanouissement pour tous, mais on l’utilisa comme instrument de séléction et de discrimination dans l’emploi et l’éducation pour éliminer les Négro-africains. Les enfants négro-africains commencérent à échouer massivement. Ce fut la période où il y eut un raz-de marée sans précédent de cadis, de magistrats, d’enseignants, de centaines de jeunes sautant à pieds joints dans le système, sans aucune formation, et dont le seul critére de recrutement fut, qu’ils étaient passés par l’école coranique. Comme si passer par cette école entrainait automatiquement les compétences et les capacités requises ! Un vrai gâchis au plan national, à la base de l’impasse et de la déchéance actuelle du système éducatif.

Ce fut donc le prélude à la relève des Négro-africains, le commencement de leur marginalisation massive qui allait se poursuivre et atteindre son apogée avec l’avènement du colonel Taya .

Bien entendu, au fur et à mesure des réformes impopulaires et imposées, des réactions d’hostilité ne manquérent pas, côté Négro-africain. Les réformateurs marquaient alors un temps d’arrêt; en fins stratéges donnaient du mou à la ligne, pour laisser passer l’orage, obstinément le projet était poursuivi.

Beaucoup d’observateurs se méprenant alors sur le sens de ces crises, les présentaient, à tort, comme des crises inter-ethniques, comme si la communauté arabo-berbère et négro-africaine, se dressaient, par animosité, l’une contre l’autre. Ce ne fut jamais le cas. Ces crises étaient à l’image de ce qui se passait au Kwazulu-natal du temps de Botha. Elles étaient orchestrées par nos dirigeants à des fins politiques, qui les exploitaient alors à chaque fois et judicieusement; ils présentaient, en milieu maure, comme des menaces graves aux intérêts et acquis maures, de maniére à créer autour d’eux un consensus. Ce fut le cas pour les évènements de 1966,1987 et de 1989 pour ne citer que les plus graves et les plus douloureux.

Ce n’est pas par hasard si la déportation de 120. 000 Noirs mauritaniens au Senégal et au Mali, ne suscita que peu d’émoi du côté des intellectuels et de la classe politique beydane, oú l’on notait un silence assourdissant.
Si par ailleurs, des blancs risquerent leur vie ou se firent pendre (aux U.S.A avec l’UNDER-GROUND) pour la cause des faibles, ce ne fut pas le cas en Mauritanie pendant ces terribles déportations. Seuls quelques jeunes du Mouvement des Démocrates Indépendants (MDI), allaient faire exception. Or, j’ai toujours eu le sentiment que l’intellectuel ressemblait davantage à Zola qu’à Gobineau ou Goebbels, et qu’il ne pouvait rester sans rien faire, sans rien dire devant l’injustice.

Pourquoi un tel silence? Le Régime du colonel président avait-il réussi à les convaincre?

C’est là du reste une dimension, entre autres, qui rend malaisée la recherche d’une solution au probléme, au regard de l’ambiguité de ces formations politiques sur notre question nationale. Certaines formations, si elles ne nient pas purement et simplement l’existence du probléme, le réduisent à une simple question linguistique, ou de violation des droits de l’homme. A les entendre il suffirait, pour tout régler, que les déportés reviennent. Le débat, en général, au niveau de l’opposition politique au lieu de se focaliser sur les vrais problèmes, tournent hélas ! autour des questions périphériques.

En tout état de cause, ces déportations planifiées, aux relents du NAZISME, avaient des motivations sordides. Il s’agissait de profiter du” conflit” avec le Sénégal pour tenter de “dénégrifier” le pays, car le taux d’accroissement important des Négro-africains est devenu une hantise, au point que tous les résultats des recensements démographiques (par éthnie) sont tenus secrets et ce depuis 1960 !

Il s’agissait aussi de saisir cette occasion pour faire passer enfin une réforme foncière qui rencontrait une forte résistance en milieu Négro-africain, pour servir des intérêts inavoués. La déportation justement, permit de redistribuer la terre,et les terres de ces réfugiés en exil forcé au Sénégal, comme s’ils ne devaient plus jamais revenir !

Il s’agissait enfin de frapper les esprits en sévissant durement et partout pour intimider afin de décourager à jamais toute velléité de résistance, en décapitant la seule force politique organisée à l´époque que sont les FLAM, de manière à neutraliser l’avant garde éclairée de la contestation du projet hégémonique. Dans le feu des évènements allait surgir une quatrième raison: récupérer le bétail peulh ( 150. 000 bovins ) pour compenser les pertes matérielles subies par les maures rapatriés du Sénégal.

Pour se venger du Sénégal voisin, les autorités mauritaniennes allaient se rabattre sans remords, sur ses propres citoyens qu’elles spoliérent et dépossédérent pour les chasser ensuite comme des “vulgaires étrangers”. Quelle ignominie !


Et dire que l’Afrique se tait devant ces actes barbares, ici et au Soudan! Et qu’à côté, on garde un silence, à la limite de la complicité. Mais revenons après cette digression que j’ai crue utile, au fil chronologique de notre marginalisation.

Ainsi donc, au fil des années et des régimes guidés par un même projet, la discrimination raciale allait s’accentuer, pour s’afficher violemment dans les années 80. Si avec les premier régime, un peu plus futé, elle fut feutrée, le régne du colonel Taya qui, lui, ne s’embrassera pas de scrupules, les Négro-africains passeront de l’état de marginalisation à l’exclusion totale ouvertement déclarée, dans laquelle, il faut replacer les déportations évoquées plus haut.
Le colonel Taya allait, le premier, donner le cadre juridique de notre élimination par une constitution qui allait imposer désormais la langue arabe comme SEULE LANGUE OFFICIELLE. Mesure certainement légitime pour la communauté arabo-bérbére, mais injuste pour les négro-africains de l’aveu même de Hamid El Mauritanyi connu sous le nom de Mohamed Ould Cheikh ancien Ministre de la défense de Daddah, il disait : ”
vouloir que ceux qui savent à quoi s’identifier abandonnent leurs valeurs propres pour être embrigadés dans l’aventure de ceux qui se cherchent une identité est non seulement de l’arbitraire, mais il s’agit d’une politique culturelle imbécile“.

Les plans d’ajustements structurels du FMI arrivant à point nommé, servirent pour vider l’administration des Négro-africains,surtout. Résolu, par une répression physique et mentale féroce, sans tergiverser comme ses prédécesseurs,Taya allait, à marche forcée, consolider le système et afficher l’option désormais déclarée d’une Mauritanie EXCLUSIVEMENT ARABE.” la Mauritanie n’est pas en voie d’arabisation c’est un pays Arabe” devait-il déclarer à Jeune Afrique en Janvier 1990.

J’avais besoin de ce détour pour montrer les conditions prévalant en Mauritanie, à la veille des fameuses démocratisations,…pour que l’on comprit que la Mauritanie n’a pas été et n’est pas comme les autres pays africains que balaie le vent démocratique. Ici, on a à faire à une minorité qui, pour pérenniser son pouvoir abuse de l’Etat et use d’une politique à soubassement idéologique pour assimiler et asservir les autres composantes culturelles, une minorité qui confisque le pouvoir depuis notre indépendance, qui ne veut ni en partir, ni le partager. Le contexte dans lequel arrivent notre”démocratie sur mesure” est celui-là!

 Notre “démocratie” arrive donc et se plaque sur cette triste réalité qu’elle recouvre, intacte, sans rien changer, se muant ainsi en une “Democratie raciale”, à la maniére de l’antique Afrique du sud; il suffit de gratter un peu pour découvrir derrière le racisme le plus hideux, l’exclusion la plus brutale, l’esclavage le plus primaire.
Maintenant vous pouvez comprendre pourquoi les Négro-africains se plaignent( légitimement ) de leur “Démocratie”….pas comme les autres. Nous ne nous sentons pas concernés par cette pseudo-démocratie qui nous exclut, nous avons cessé de croire en notre” Etat “, on a fait de nous des spectateurs passifs du jeu de compétitions éléctorales résérvées….aux citoyens (blancs) à part entière. Du reste, on tend de plus en plus à une bipolarisation raciale du champ politique. En Mauritanie, on est dans une phase, en deçà de ces démocraties, même tarées, qu’on retrouve ailleurs, et que nous envions, et pour cause ! Nous sommes, nous Négro-africains au stade où nous luttons pour notre survie, pour notre reconnaissance en tant que citoyens, en tant qu’hommes simplement, dans un milieu hostile où l’homme voue l’homme au racisme et à l’esclavage.

Notre “Démocratie” est assise sur la tête qu’il faut redresser.J’ai le sentiment qu’on a mis les charrues avant les boeufs, et qu’il n’est pas encore trop tard pour bien faire. Il est temps de comprendre que l’exclusion est en soi économiquement mauvaise, socialement corrosive, politiquement explosive. Comprendre qu’une ” Nation dispersée, battue, humiliée peut ( heureusement)toujours se rébeller contre son sort et revenir à la vie”. Tentons dès à présent de sortir de ce cul de sac qui, tout le monde le sait, ne méne nulle part. Pour en sortir, il faut à mon avis, une attitude, un climat et des conditions.
Une attitude courageuse d’ouverture sincére et de reconnaissance du problème de fond.
Un climat de décrispation sociale grâce à un train de mesures positives à l’endroit de tous ceux qui, victimes et blessés dans leur chair, ont subi des préjudices matériels et moraux. La sanction des crimes commis pour rendre leur dignité aux victimes, à leurs veuves et à leurs enfants. Je crois qu’il faut se parler car ce formidable potentiel de révolte enfouie commence à gronder. Il serait erroné de croire que toutes ces années de calme plat pouvaient exclure toute éventualité de soulévement populaire. Après seulement ce forum dont les conclusions pouraient éventuellement être soumises au peuple, comme l’ont proposé les FLAM dans le manifeste du Négro-mauritanien opprimé(1986), on aborderait enfin la phase d’une véritable démocratisation.

Il est urgent me semble-t-il de tirer tous les enseignements des cas dramatiques du Rwanda du Burundi, du Congo, de la Côte d´Ivoire et du Soudan, pour paraphraser un écologiste je dirais : NOUS N’AVONS QU’UNE MAURITANIE NE L’ABIMONS PAS!

 

Et la lutte continue !

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FLAMNET-AGORA: Mauritanie : Quel modèle de gouvernement choisir ?

altLa Mauritanie, indépendante depuis 1960 continue de faire face aux difficultés de cohabitation entre ses différentes communautés. La composante noire, y compris haratine, vit dans une situation de discrimination raciale et de précarité dont les membres doivent se justifier en permanence de leur appartenance à ce pays, alors que les arabo-berbères ou maures jouissent d’office de leur citoyenneté pleine et entière. C’est dire combien le concept de l’Etat unitaire a échoué chez nous.   Dès lors, pour être viable, la Mauritanie doit changer d’option et trouver un autre modèle de gouvernement qui appellerait à plus de participation du peuple mauritanien dans l’avenir politique du pays. De mon point de vue, l’autonomie des régions serait l’outil politique qui pourrait rectifier ces erreurs historiques.

Ainsi, il est nécessaire d’approfondir nos réflexions sur le concept de ‘’ l’autonomie dans le cadre politique, économique et administratif des régions’’. Pour lever toute équivoque, je dis d’emblée que par autonomie, j’entends différentes régions qui s’auto- gouvernent partiellement par ses propres lois mais sans séparation les unes des autres. Par conséquent, j’entrevois un certain nombre de justifications qui se situent à deux niveaux. Sur le plan général d’une part et sur le plan spécifique eut égard à nos propres réalités d’autre part. En général il y’a trois grandes raisons qui justifient le choix des communautés à être indépendantes de l’Etat central et jacobin.

          L’autonomie comme gage de légitimité de l’autorité nationale. Dans certains pays l’autonomie est adoptée dans le souci de donner aux différentes nationalités une certaine indépendance pour gérer leurs propres affaires. L’idée est que les différentes ethnies et les minorités puissent être indépendantes dans leurs affaires locales, par exemple dans les domaines de l’éducation, la culture, et de leur développement économique. Ainsi, ces peuples auront un certain sentiment de sécurité et seront beaucoup plus disposés à accepter la légitimité de l’autorité nationale.

          L’autonomie comme garantie de balance de pouvoir entre les partis. Elle est souvent choisie pour faire partager le pouvoir entre différents partis politiques pour éliminer l’accaparation de tout le pouvoir par un puissant parti unique.

          Enfin l’autonomie comme un principe fondamental à la notion de la Démocratie. La participation de tout le monde dans la chose politique est primordiale au bon fonctionnement des institutions démocratiques, et surtout si cette participation venait de la base.

Sur le plan spécifique de la Mauritanie nous pouvons distinguer des justifications théoriques et celles basées sur le plan pratique. Dans notre pays, non seulement les trois grandes idées déjà énoncées sont valables, en plus nous pouvons dire qu’il n’y a jamais eu de contrat social qui est nécessaire dans toute vie commune des différentes populations. Je veux dire par là- qu’il n’y a jamais eu de référendum à la veille et/ou après l’indépendance du pays qui scellerait l’idée de l’État unitaire tel qu’il est établi actuellement. Le congrès d’Aleg n’avait pas la légitimité suffisante pour jouer ce rôle. Alors, l’autonomie serait une manière de rectifier le tir afin de voir un peu plus clair sur les choix des différentes populations qui habitent notre pays. Ce n’est de secret pour personne, que l’Etat unitaire en Mauritanie a failli. Pour preuve l’existence même des Forces de Libération Africaines de Mauritanie (Flam) et Touche pas à ma nationalité (TPMN) confirmerait cet état de fait.

Sur le plan pratique, la politique de proximité au niveau local permettrait d’attirer beaucoup plus de citoyens à la chose politique. Un gouverneur ou un préfet élu par la population locale serait obligé de prêter plus d’attention aux intérêts de ceux qui l’ont élu. Ce qui est sûr, les récents évènements de Kaédi n’auraient pas eu lieu si les autorités administratives (quel que soit leur ethnicité) étaient élus par les populations locales avec une possibilité de révocation à tout moment en cas de forfait grave. Ce qui est contraire à la présente situation où l’autorité administrative est nommée par un lointain président de la république qui est retranché dans sa tour d’ivoire à Nouakchott et qu’il sert comme bras de rallonge. L’instinct premier de toute autorité est de garder son pouvoir aussi longtemps que possible. C’est pourquoi elle (l’autorité) fera tout pour satisfaire le désir de ceux qui sont à la source de son pouvoir, qu’il émane du président de la république ou du peuple.

Sur le plan économique, comme dirait Jack Lang ‘’ l’autonomie est une condition de l’efficacité’’. Alors, les programmes de développement de nos communautés seront beaucoup plus viables et efficaces dans le cadre de l’autonomie des territoires. En effet, la proximité du terrain donne plus d’objectivité par rapport aux besoins réels de la population et présente moins de risques dans la dilapidation des fonds. C’est d’ailleurs pourquoi, aujourd’hui l’aide au développement internationale s’oriente de plus en plus vers le financement direct des programmes de développement initiés et contrôlés par les populations locales. Par exemple USAID plaide de plus en plus pour le financement destiné à l’aide directe des populations au dépend de ceux qui passent par le canal habituel de l’Etat.

Bien que ces raisons objectives pour l’autonomie militent pour la fin de la discrimination raciale et pour l’égalité de tous les Mauritaniens, certains, par complaisance et/ou par ignorance, verront cette réflexion d’un mauvais œil. Ils vont surement brandir l’arme selon laquelle ‘’l’unité nationale serait menacée par cette velléité autonomiste ‘‘. Avant même de prendre le temps de finir de lire cet article, ils vont conclure que l’idée de l’autonomie n’est autre chose que la sécession du sud. Ils répéteront qu’il y’a beaucoup plus de choses qui unissent les Mauritaniens que ce qui les séparent, en citant l’Islam comme religion de tous les Mauritaniens. A ceux-là je leur oppose la réalité que nous vivons. En Mauritanie, les différentes communautés (Noires et Arabo-Berbères) vivent les unes à côté des autres, mais pas les unes avec les autres. Cette réalité est visible à l’ œil nu. Il suffit de prêter attention à la concentration démographique de chaque communauté dans les différents quartiers de Nouakchott. Ou même, regarder la composition de ceux qui participent aux manifestations de protestation de tous les jours contre le système. Si la majorité des Mauritaniens est musulmane et que la religion devait être un facteur d’union, nous sommes différents sur la manière de pratiquer l’islam. Par exemple, les noirs laisseront leur position de guerre pour s’acquitter de leur devoir religieux au moment de la prière du vendredi, pendant que les autres (les maures) profitent de cette période de recueillement religieux pour reprendre les positions de leurs adversaires. Les évènements de Sylla- Rindiaw-Belinabe dans un conflit foncier sont édifiants dans cette différence. Il est donc clair que les différentes communautés n’ont pas les mêmes préoccupations.

Alors, pour conclure, je suis convaincu que l’option de l’autonomie est un moyen approprié pour sortir la Mauritanie de cette injustice sociale qui n’a que trop duré. C’est pour cette raison que je me réjouis et soutiens le choix des Flam de prendre cette option comme pilier central de leur stratégie politique. Je suis encore plus heureux de voir Président Ibrahima Moctar Sarr de l’AJD/MR parler de ‘’décentralisation très avancée’’ comme solution politique en Mauritanie. En définitive j’appelle tous les progressistes mauritaniens à faire de cette option la leur car il est de la responsabilité de tous de trouver une solution juste pour notre peuple. Il y va de l’intérêt de toute la Mauritanie.

La lutte continue !

Mamadou Barry- USA

25 juillet 2013

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