Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Témoignage : La première génération noire: quelle influence sur la lutte des Flamistes ?

alt« Cette lutte, pour cette longue quête d’une reconnaissance du Noir mauritanien comme citoyen à part entière, est un combat de longue date. L’histoire de notre pays de 1946, 1956, à 1966, montre que nous n’en sommes pas les pères fondateurs, mais les dignes fils héritiers. La mémoire de notre peuple retiendra que nous n’avons pas démérité dans la gestion de ce lourd et délicat héritage ». (La longue marche des FLAM- MARS 2003).

 

Il n’y a pas un jour qui passe sans voir la première génération des cadres noirs de la Mauritanie être accablée par certains compatriotes noirs. Elle est accusée d’immobilisme, de compromission avec le système, et/ou même de responsable de la discrimination raciale dont les Négro-africains sont victimes. Ainsi, dans des termes génériques, tout le monde est logé à la même enseigne sans donner d’éléments spécifiques reprochés à chacun d’eux. Pas étonnant, car comme disait le doyen Mamoudou Samba Boly Ba “taweede to leteer winndete, buri taweede to o janngete’’ (celui qui est  présent à la rédaction d’une lettre serait le mieux renseigné par rapport à celui qui n’est que présent qu’au moment de sa lecture). Il est certain que ces gens-là – les censeurs – n’étaient pas présents au moment opportun pour une juste appréciation du travail colossal de ces hommes et femmes. Quant à nous autres, nous avons une lecture différente de la situation. En effet, nous étions positivement affectés par l’important travail d’inspiration que nous a légué cette première génération de Mauritaniens. Dès lors, il est  de notre devoir de rétablir la vérité sur leurs rôles dans la tentative de rétablir la justice dans notre pays. Pour ce faire, nous citerons des exemples d’individualités, qui n’étaient pas forcément  associées à la rédaction du « Manifeste des 19 » ou même n’avaient appartenu aux organisations qui ont fondé les FLAM. Mais nos appréciations sont basées sur des événements vécus dans le cadre des différentes grèves des années 79- 80 et dans celui des différentes activités du syndicat mauritanien des élèves et étudiants.
 

En effet, toute la philosophie d’une nouvelle stratégie de lutte pour les Noirs mauritaniens se résumait dans cette boutade que feu El Hadj Abdoul Ngaidé aimait répéter tant à la radio nationale mauritanienne  ‘’so mawdo wumii wumtii anndii ko gite nafata’’.  Après que Dr Sao, Abdoul Aziz Ba, Racine Touré, Dr Hamath Ba, Dr Bocar Alpha Ba, Elimane Kane, Mamoudou Samboly et d’autres eurent échoué pendant le congrès d’Aleg de faire passer l’option fédérale, et le désastre des événements de 1966 après la rédaction du « Manifeste des 19 », nos sages ont opté pour une nouvelle orientation : le changement du système ségrégationniste à partir de la base, par le peuple en s’appuyant sur les élèves et étudiants. Alors, la circulaire 02 pour l’arabisation du pays donnait l’occasion d’expérimenter leur nouvelle vision. De Nouakchott, à Kaédi en passant par Rosso un « pacte non-dit et non écrit » est mis en action par cette génération.

 

C’est ainsi à Nouakchott, que l’institution des ‘’parents d’élèves’’  composée entre autres de Aissata Kane (Dame de Fer, comme quoi il n’y avait pas que la Grande Bretagne qui avait sa dame de fer dans ces années-là !), Abou Diallèl Guisset, Vieux Hamath Ngaidé et Elhadj Abdoul Ngaidé usaient de tous leurs talents de bons négociateurs pour que l’Etat accepte les revendications des élèves noirs. Il faut avouer qu’à cette époque certains élèves non avertis considéraient ce « gang des quatre » comme « casseurs » de grèves, mais au fur et à mesures que les choses progressaient, il apparaissait évident qu’ils épousaient totalement nos revendications et défendaient la cause noire, c’est à dire l’égalité entre toutes les composantes ethniques du pays.  Cette même disposition d’esprit se voyait à Kaédi où les vieux Yaya Sy, Abdoul Touré, Doro Sow, Abdoulaye Touré, Oumar Yaghoub Ba, Baba Gallé Wone et d’autres jouaient le même rôle avec les élèves du Lycée de Kaédi.
 
Subtilement, ils jouaient « aux durs » contre les élèves devant les autorités administratives pendant qu’ailleurs ils participaient aux plans de stratégies de lutte avec les élèves grévistes. Ici, ils s’occupaient de ceux qui étaient arrêtés pour les faire libérer des mains de « l’ennemi », ailleurs, ils cachaient d’autres ‘’meneurs’’ recherchés par la police. Dans ce travail d’autoconservation de la communauté noire, toutes les couches sociales sans distinction d’hommes et de femmes participaient à cette lutte. C’est ainsi que nous sentions toujours en sécurité à chaque fois qu’on se cachait chez Penda Pinadho (chez vieux Bal), chez Ba MBaré ou chez Coumba El hadj au quartier Moderne, ou encore chez l’un des parents d’élèves ou  chez n’importe qui ailleurs dans les quartiers de Touldé ou Tantadji. Nos ‘’hébergeurs occasionnels’’ ne nous laissaient jamais sortir sans s’être s’assurés que nous ne risquions pas d’être appréhendés par les autorités policières. Ils prenaient toujours soin d’informer nos parents de notre localisation pour les rassurer. Et quelquefois, ils se portaient volontaires en tant qu´agents de liaison entre les élèves cachés dans différentes maisons pour relayer des informations et harmoniser le ‘’mot d’ordre’’ à suivre.

 
Leurs actions ne s’étaient pas limitées aux seuls moments de grèves, mais ils nous accompagnaient aussi pendant le travail régulier du syndicat des élèves et étudiants. Pendant les congrès de l’Union Nationale des Étudiants et Stagiaires Mauritaniens (l’UNESM) en 1983 et 1986, nombre de ces parents participaient aux stratégies pour concevoir le programme du Mouvement des Elèves et Etudiants Noirs (MEEN). Leurs conseils et encouragements nous permettaient d’aller de l’avant et de tenir bon contre une forte machine du système représentée par les Bassistes, Nasséristes et autre MND. Après que le congrès de l’UNESM de 1986, qui correspondait à la période de la publication du « Manifeste du Négro-Mauritanien opprimé » eut échoué, c’était au tour du Lieutenant colonel Anne Amadou Babaly, ministre de l’intérieur alors de refuser d’arrêter les Noirs accusés par le système de subversion. Ainsi il sera limogé par Ould Taya et remplacé par Colonel Djibril Ould Abdallah. Mais grâce à sa collaboration avec des « parents d’élèves », beaucoup d’entre nous échapperont aux arrestations et sortiront secrètement du pays. Une fois au Sénégal, nous avions reçu l’encadrement de certains qui avaient déjà élu résidence à Dakar, comme feu Abdoul Aziz Bocar Ba, Tenguella Ba, feu Dr Hamath Ba et tant d’autres.                

 
De la pédagogie de lutte reçue de cette première génération, nous avions retenu deux choses importantes : la confiance énorme qu’ils plaçaient en nous et leur volonté de nous tracer la ligne de conduite à suivre. En effet, même s’il nous arrivait de commettre l’ultime offense, ce qui correspond pour les VIEUX du quartier de Palais de Justice de Kaédi à manquer une prière de crépuscule à la Mosquée de Thierno Ousmane, nous étions tolérés et excusés de la séance du «  pincement des oreilles ». Comme pour dire que « nous savons que vous êtes assez responsables et que sûrement vous aviez une autre mission aussi importante que de venir à la mosquée ».  Nous étions accueillis à tout moment comme des princes dans des salons privés du Docteur Ba Oumar Ousmane, chez Amy Ndao et chez Aly Kalidou Ba. Quant à Omar Diadié Sow dit Oumar Labbo, il nous prouvait sa confiance en nous accordant des lignes de crédits dans sa boutique. Il faut avouer que accepter de donner des dettes à des jeunes sans salaires ni bourses d’études relève sans nul doute de la confiance aveugle !

 
En ce qui concerne des voies à suivre, les exemples ne manquaient pas. Certains, cependant, émergeaient nettement du lot comme le Vieux Abou Diallel Guisset qui avait le courage d’assumer pleinement ses responsabilités de patron de la Poste en ne se privant de donner plein emploi aux compétences noires, enfreignant ainsi royalement la sacro-sainte règle des «  ¾ réservés aux Maures ». Quant à Thierno Aliou Yaghoub Bâ, il nous enseignait ce qu’était le courage par la défense de tous les vulnérables devant les différentes autorités du système dans le 6ème arrondissement de Nouakchott ; Et Ba Mamadou Alassane s’était distingué durant la célébration des dix ans de Soweto en Juin 1986, il était présent du début jusqu’à la fin pour s’assurer du bon déroulement de l’événement. Enfin  Sy Abdoul Idy dit Mamaye, lui, prouvait par l’exemple le sens de l’honneur et du renoncement quand, tout juste après le coup d’Etat du 12/12/84, Taya l’a convoqué (espérant combler le vide laissé par son jeune frère Athie Hamath, qui aurait refusé de s’associer au renversement de Khouna) pour lui proposer un poste, il lui répondit catégoriquement que ‘’ si la Mauritanie était un pays normal, ce ne serait pas toi qui me proposerais un poste ministériel’’. Nous sommes sûrs que Taya doit se rappeler de cette scène.

Comme dans toute société, il y a des bons et des moins bons. Nous avons choisi de nous inspirer des meilleurs d’entre nous pour un changement radical de la situation politique et sociale dans notre pays. En effet, le comportement et l’action de ces hommes et femmes ont largement contribué à notre conscientisation et nous ont incité à nous engager davantage politiquement pour lutter contre l’injustice en Mauritanie. Si les Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM) ont été créées, chez notre doyen feu Abou Bakry Kalidou Ba, grâce à l’insistance de quelques jeunes qui représentaient le MEEN, c’est parce qu’ils savaient qu’ils ont le soutien total de ces hommes et femmes de la première génération des Noirs de Mauritanie et il faut en profiter pour saluer le rôle joué par les doyens Mbodj Samba Bedou et Fadel Ball dans l´unification du mouvement noir. Ces quelques lignes constituent un témoignage de notre part du vécu, qui du reste a laissé un impact positif dans notre vie de militants pour dire notre reconnaissance à ces grandes personnalités. Par ailleurs, il nous est impossible de nommer ici toutes les personnes qui sont de près ou de loin ont joué un rôle déterminant dans notre vie militante, mais nous sommes certains que d’autres amis et camarades (comme Ousmane Diagana, Amar Abdoulaye Ba, Oumar Sileye Ba, Sao Yero Guelel, Ciré Ba, Boubacar Diagana, Chérif Ba, Elhadj Demba Ba, Ibra Mifo Sow, Mamadou Abdoul Kane, Ibrahima Diawando, Aboubackry Ndongo, Aly Kane, Elhadj Sidi Ngaïdé, Abdoul Yero Ba et d’autres encore) pourront témoigner de la sorte et ajouter ainsi leur expérience personnelle.

Enfin, à la veille du retour des FLAM en Mauritanie, nous regrettons une chose : la majorité de nos modèles ne seront plus là avec nous. Mais comme ‘’les morts ne sont pas morts’’ en Afrique, nous partirons leur rendre visite pour dire notre reconnaissance et nos remerciements de l’inspiration, de courage et d’abnégation sans faille qu’ils ont insuflée en nous pendant toutes ces années. Nous sommes convaincus que du haut du Paradis où ils jouissent du repos gracieux, ils nous  renouvelleront leurs bénédictions.

La lutte continue !

Le 08/08/ 2013.

Mamadou Barry & Yakhya Thiam

FLAM USA.

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www.flamonline.com

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FLAMNET-AGORA: HOMELIE D’EL FITR DEPUIS DJINTHIOU : POUR RE-LIER [RELIRE ET LIER] LES SUBSTANCES DES KHOUTBA

alt« Le peuple se réveille mais il n’assassine pas, il prévient seulement ses tortionnaires qu’il lui faut des gens issus de lui pour le gouverner. Mais il ne saurait indéfiniment jouer le rôle de victime. Tôt ou tard, il refluera sur ses assassins et ce sera alors comme un grand séisme et un grand raz de marée. », Mohammed Khaïr-Eddine, Une vie, un rêve, un peuple, toujours errants…, Casablanca, Tarik Éditions, 2011, p. 128

 

 

Evidence que Je s’exprime toujours. Vous vous êtes rendu compte, que dans toutes ces Khoutba que je ne vous ai entretenu que de mes expériences au point de vouloir vous dire là, à l’instant, qu’on ne témoigne que du vécu et puis de son propre vécu. Joom boru loppa boru mum[1]. La conclusion est irréfutable, car il s’agit là de « Je » qui s’exprime en toute conscience. C’est une évidence ! Pourtant elle est peu admise, car on est vite taxé de nombriliste, pointé du doigt par cette injonction qui nous dit que « parler à la première personne du singulier appelle un égocentrisme, une schizophrénie !».

Je n’ai jamais croisé sentence aussi injuste, folle, inadmissible, inintelligente, et qui, finalement, ne cherche qu’à censurer l’expression de la différance dans le sens Derridéien du terme. Car laissez-moi vous dire que le « Nous » est le plus nombriliste au monde. « Nous » qui ? Comme si nous (tous ensemble, inséparables) avions les mêmes constitutions physiques, sensationnelles, des pulsions criminelles, intellectuelles et décisionelles identiques. C’est de la dictature anonyme et aveugle, car elle appelle une unité de vues, le contraire de l’essence de la vie. Et ce « On » ! Comme un Zéro (0) à la ceinture trop serrée au point qu’il prend la forme de ce Huit (8) qu’il n’est pas et ne sera jamais, ce Huit couché tentant de figurer l’infini (ɔ) pour tromper notre vigilance. Imaginez-vous un peu un Zéro ceinturé et qui devient comme un Huit. Vous voyez qu’il res-semble seulement au huit alors qu’il figure deux Zéros. Donc « On » n’a pas de sens aussi, car il censure l’expérience individuelle qui doit être partagée afin que nous [tous, de «Je » en « Je », formions la chaîne humaine et convions NOUS-TOUS au jeu du monde, terrible je qui se débat sur le terrain de jeu libéral] arrivions à concilier les individualités et fondions un consensus autour des questions qui nous rassemblent.

Voilà pourquoi mes textes sont remplis de ce « Je » qui est un véritable jeu, une lutte, un drame que j’entretiens avec ce « Nous » hautain et nombriliste et ce « On » vide, insipide et qui, finalement, provoque le rejet dans le sens vomitif du terme. « Nous » et « On » relèvent des statistiques alors que « Je » est éminemment philosophique. Je ne souhaite pas être simplement décompté, mais compter pour qu’on décompte ma voix le jour du vote car Je, doit s’exprimer librement sans « Nous » et « On » empêchés par l’isoloir qui valide la souveraineté de mon « Je » venu peser de son vrai poids sur le « jeu électoral ». Nous n’existe pas dans l’urne, mais Je oui : « A voté », c’est « On » qui le déclare après que « Je » ai glissé son bulletin dans l’urne. Il sanctionne la démocratie et valide l’individualité de l’individu. Donc, « Je », ne peut pas toujours accepter d’être accusé de nombrilisme, d’égocentrisme ou de toute autre étiquette au point de le disqualifier dans son assumation. Il faut bien comprendre avec Bertrand Badie et Pascal Perrineau que « La citoyenneté apparaît […] comme un effort de l’individu sur lui-même pour accepter la dimension collective de l’existence humaine à laquelle il se sent étranger et pénétrer ainsi dans la Cité » (Lire le livre qu’ils ont coordonné Le citoyen. Mélanges offerts à Alain Lancelot, Paris, Presses de Sciences Po, 2000, p. 22).

Je ne supporte pas ce manque de discernement de nombre de mes contradicteurs. Sinon comment témoigner de quelque chose qu’on n’a pas vécu et qui n’est pas notre vécu ? Cela s’appelle de la mégalomanie en langage intelligent. La mégalomanie est la chose la plus abominable dans notre vie. Mais elle nous gouverne collectivement comme individuellement, c’est-à-dire NOUS-TOUS alimentée d’informations par « On » et glorifiée par « Nous ». Donc si on ne témoigne que du vécu et de son vécu, même si on ne dit pas « Je », il est évident que c’est « Je » qui se prononce dans votre témoignage. C’est, ce que j’ai fait tout au long de mes fameuses Khoutba subversives et pleines de travers-es, de labyrinthes sémantiques, de camouflages orthographiques et de libertés grammaticales qui m’ont permis de toucher le cœur de ce qui nous préoccupe, à partir de ma lorgnette victime des intempéries liées à l’évolution de notre propre histoire ; celle qui produit en même temps notre nouvelle société. Enfin ce qui me préoccupe pour dire vrai.

Pour atténuer ma chute, disons ce que je vois à partir de mon perchoir presque insolent, impertinent, agaçant, fâchant, décourageant et finalement très moqueur. Ne vous en faites même pas, c’est ma vocation et, Je, assume. Donc je ne peux pas utiliser « Nous » et « On » sinon je vous accuse de mes bêtises et vous m’accablez d’orthographes qui décrivent les hérétiques parmi nous, des « Je » ostracisés. Voilà, là le « Nous » s’imposait car le « parmi » est le « Je » isolé dans ce nous uniforme et si difforme car imitant Zéro (0) avec sa ceinture si serrée qu’il ressemble à un Huit (8).

 

Pour aller dans la mare des non-dits. Je vous avoue, que je me suis tellement donné du mal à y réfléchir que l’excès de subtilités, comme un vrai kalajo moderne quand même dira l’autre, dans le langage a fait que mes Khoutba étaient devenues insipides[2] pour moi-même qui cours après les autres idées qui me parviennent du Tout-monde pour parler comme Edouard Glissant. Mais, je crois aussi que par pur amusement intellectuel, je souhaitais tester leur sipidité (stupidités !). Eh bien voilà leur but justement, c’est de vous faire lire et relire, de vous fatiguer, vous lasser, de vous faire suer, vous faire gratter vos méninges, tuer le temps du Ramadan (qui vous tue oui !) et finalement de vous dire l’Imam-curé[3] Bassel Djinthiou professe des choses irréalisables. Idéaliste ! Un pauvre « intellectuel » du Net ! Il rêve tout le temps. Un pauvre poète meurtri par l’exil alors qu’il est juste à 500 kilomètres de chez lui, Boghé-Ndakaaru rek. Le Sénégal c’est bien son second pays non ! Il connait tout le monde, il se permet même de s’afficher dans leurs télés et de vociférer dans leurs multiples radios comme un… ! Et puis ils sont tous noirs là-bas ! Mais qu’est-ce qui le prend à se sentir EXILÉ au Sénégal ? Incroyable comme situation !

Je pense qu’il ne s’est jamais remis de ce choc de 1989 ! Mais moi je crois que sa Terre Natale (c’est-à-dire le degré de concentration de son TN2) – ce quelque chose qui ne s’exprime pas, muet comme l’Univers un peu avant le big bang – ne peut que lui manquer, sinon il ne se serait pas réfugié, pensant s’échapper, dans sa quatrième khoutba derrière la musicalité, ce fouillis incroyables de mé-tissages. Mais oui cette chose qu’on appelle avec ce mot un peu barbare, pour moi, chronotopewuddu, ce nombril qu’on regarde chaque matin et qui s’est cicatrisé mais qui nous rappelle la « terre-natale » notre TN2. Voilà, j’ai finalement trouvé, c’est le Cordon Ombilical (CO1)[4] enterré quelque part sur cette terre-mère et que mon esprit cherche vainement, c’est ma Nationalité Irrévocable, mon NI1 – cette chose bizarre qui vous prend la gorge, malgré tout votre confort matériel, familiale et intellectuelle. Vous savez en quittant l’autre rive, il y a quelques années, je m’étais dit : « Je change de pays ! ». Quelle naïveté, en présence de la douleur, peut habiter un homme pour croire que changer de pays et de nationalité de manière définitive est possible. C’est même une idée horriblement folle et suicidaire. Ce n’est pas une bonne idée, car elle conduit aux hallucinations quotidiennes venant d’un fond historique vécu et surtout à vivre en terre-natale. Bon on l’appelle abusivement « les racines », et cela lui ressemble de toutes les façons. C’est pourquoi la sensation de mal ne disparaîtra jamais. D’ailleurs en pulaar « On » dit que la « terre rappelle » ses fils hein ! C’est incroyable que de s’arracher ou de se voir arraché de son pays, et puis de rester si attaché à lui jusqu’à se prendre pour un imam-curé sans mission précise ni charge justifiée par une katiba « centralisée » pour donner des ordres dans des Khoutba si impertinentes[5]. Eh bien, c’est en fait la nostalgie dans sa dimension nostalgiquement nostalgique : la permanence de l’appartenance à un pays et surtout la rage de le revendiquer au point d’écrire des Khoutba aux allures de Fatwa très ciblées.

 

Affirmation du rôle de Je dans le Jeu entre « Nous » et « On ». L’Imam-curé de Djinthiou, nous a servi des Khoutba, à la limite, une partie de sa biographie expérimentale, maigre du reste et qui ne s’occupe pas de l’essentiel de la lutte que Tous menons. Je n’ai pas dit « nous » de peur de singulariser la lutte et l’attribuer à celui-là ou celui-ci. Mais bon, n’oublions pas que les choses doivent changer et que donc nous devons réfléchir sur comment revenir réellement sur ce terrain pour nous enrôler tous, nos fils et nos petits fils avec, pour devenir de vrais « Je » et prétendre au « Nous-Tous ». Ah, il faut que le combat continue, mais à l’intérieur. Le combat de dehors là, c’est fini. Mbiir lamba mais pas caggal [Lutteur dans l’arène pas dehors, c’est du pulaar et c’est très clair comme exigence. Il faut se prendre pour Balla Gaye 2 devant Yahou Dial et le combat est gagné]. Oui la présence, l’acte de naissance, les certificats de décès des arrières grands-parents, l’inscription sur la liste des enrôlés, puis les infinies queues pour la carte d’identité numérique, le passeport, l’inscription sur les listes électorales, la carte électorale non falsifiable qui confirme la citoyenneté en offrant la possibilité de choisir celui qui doit gouverner cette diversité à préserver et ses alliances matrimoniales qui adviendront sous peu. Eh bien sans cela la lutte n’aura aucun sens, hélas ! Il faut se faire identifier mort ou vif pour mériter les honneurs de la vie et échapper à la souffrance des obsèques d’un inconnu.

Devenir un tumurankeétranger, non étrangeté c’est plus expressif de ce qui risque d’arriver à beaucoup, si l’intelligence ne nous vient pas au secours – dans son propre pays cela transforme en victime anonyme de ce mal du pays, catégorie de cancer mortel non répertorié par l’OMS.

Sinon personne d’entre nous (donc Je) ne pourra constater avec le Pôle de l’Alliance Patriotique et de la Convention pour une Alternance Pacifique (AP/CAP) les réserves sur les élections législatives à venir. À savoir, je cite :

« – (i) l’état de l’enrôlement qui risque d’exclure beaucoup de mauritaniens de l’intérieur, comme de l’extérieur;

– (ii) le faible niveau de retrait des cartes d’identité et le coût exorbitant que cela représente pour une famille moyenne ;

– (iii) les conditions actuelles de vie des populations surtout en milieu rural;
et

– (iv) une approche purement technicienne ne tenant pas compte des concertations nécessaires avec les acteurs politiques et sans plan de communication en direction de l’opinion nationale. »

 

Il faudra bien que les membres de ce pôle soient appuyés par des citoyens légalement inscrits pour imposer avec eux ces quelques idées qui sonnent comme des recommandations à appliquer rapidement. Je cite encore :

« – (i) l’impérieuse nécessité de tenir compte de l’évolution de l’environnement politique à assainir afin d’organiser des élections crédibles et consensuelles ;

– (ii) l’affirmation de l’indépendance de la CENI, vis-à-vis des parties prenantes, notamment les pouvoirs publics ;

– (iii) la dotation de ressources financières légales et conformes à l’Accord politique du dialogue national ;

et

– (iv) la transparence et l’équité dans les procédures de marchés et le recrutement du personnel de la CENI. » (Lire : « Pôle AP/CAP – CENI : Rencontre de haut niveau sous le signe de la franchise » au lien : http://www.avomm.com/Pole-AP-CAP-CENI-Rencontre-de-haut-niveau-sous-le-signe-de-la-franchise_a15785.html, visité le 26/07/2013).

 

Pour suivre la caravane dans sa nonchalance. Voilà pourquoi les Khoutba avaient l’air poétique et une indolence littéraire alors qu’elles cachaient dans leurs gros ventres philosophiques des idées clés qu’il fallait aller cueillir comme des fruits mûrs. C’est la seule voie que j’ai pour participer avec tous, je, on et nous au combat que NOUS-TOUS menons. C’est la seule arme, mon arme, celle que je pense pouvoir utiliser avec le bonheur que je ressens là à l’instant, le clavier prolongeant la main que je vous tends pour vous saluer et puiser un peu de votre chaleur, afin que la nostalgie se repose de me fatiguer ne serait-ce que le temps d’une connexion virtuelle, finalement, salvatrice.

Je suis convaincu que c’est aussi une arme, car le discours (dis-courir, la racine disc rend la chose plus complexe, dérouler à l’infini les interprétations jusqu’à compliquer le recours à l’ijtihad au XXIe siècle ‼!) peut être plus redoutable qu’une bombe à fragmentation. Parce que justement, la bombe a commencé avec le discours avant d’obtenir cette force destructrice. Un concentré de discours mais détonnant jusqu’à la désolation, et dont les conséquences sur l’écriture de l’histoire peuvent compliquer le devenir de l’Humanité toute entière. Vous savez pour clore ce débat autour du discours et de son importance, je voue convie à vous rendre direct à la Mecque, chez les Wahhabites ou aux USA chez les Néoconservateurs.

Moi j’ai toujours cru comprendre que le discours est ce Tout qui nous enveloppe et que c’est par lui que nous arrivons à persuader les sceptiques, à ramener vers nous les plus réticents d’entre nous voire qui garantira notre accès au Paradis ou à l’Enfer. Vous voyez que c’est encore ce « Nous » pompeux qui pose problème quand il souhaite compacter le discours au point de disqualifier je, le vrai Sujet. Je crois qu’il faut d’abord prendre conscience de l’importance de « Je » pour affirmer un supposé « Nous ». Par exemple je m’enrôle, je vote, je choisis librement avec une conscience tranquille et indépendante de l’œil perçant de « On », ce surveillant aveugle et sourd. C’est aussi « Je » qui permettra de faire éclater ce « Nous » et les « On » tribaux qui les maintiennent dans les chaînes de l’esclavage, qui font commettre des injustices sans bornes et des meurtres abominables. « Je », est toujours dans un processus dynamique alors que « Nous » est un « décret » statique

 

Et comment donc ? Pour atteindre ce but, le discours doit être éminemment pédagogique sinon nous perdons notre temps à pérorer. Et pérorer c’est la spécialité exclusive du perroquet vert de Casamance. Je devais éviter ce chemin de la facilité de condamner sans avoir une vue large de la complexité qui nous gouverne. C’est pourquoi mes Khoutba avaient une saveur telle, qu’elles pouvaient détourner de la substance réelle des textes que vous avez lus durant ce mois de Ramadan.

L’objet de cette Homélie d’El Fitr est de rendre aux textes et aux idées développées leur unité, car c’est JE qui a parlé. Il a parlé parce que dopé et rassuré par la présence de la Franchise et de la Lucidité des Assignés parmi les Mauritaniens. Le peuple suivra le flot qui se déversera « Je » par « Je » dans le bassin qui accueillera « Nous ». Et là les jeux seront faits afin de disqualifier « On » et pour de bon. Car « On » est le sujet du menteur et de ceux qui colportent, collent et portent. C’est dangereux tout ça non ! On ne peut pas vivre entre jassouss et kalabanté.

Dans la khoutba I, j’ai parlé de ce que je pense être le comportement d’un chef. C’est simple mais aussi compliqué que la/les cibles visées. Bon je n’ai pas le temps d’expliciter davantage de quoi je parlais dans cette khoutba, car son fondement s’applique à ceux (des « Je ») qui prétendent un jour diriger et ceux (des « Je ») qui doivent les choisir. Donc mes cibles sont si multiples que le flou risque de m’être fatal, car le contenu de la khoutba est vite détourné vers un seul « Je » qui fait plus de bruits que ce « Nous » que des « On », n’ont jamais cessé d’éduquer dans la culture de la soumission de leur « Je ».

Aussi, je voulais dire que ceux qui choisissent doivent éviter un chef qui leur montre toujours ses photos, les félicitations qu’il reçoit et son côté conteur, sinon ils se rendront compte, tardivement, qu’ils sont en face de quelqu’un qui n’écoute pas les autres et qui ne cherche pas à être consensuel. Ce sera trop tard, car ils se sont habitués à croire servir alors qu’intérieurement ils savaient qu’ils ne servaient à rien, un tel chef est inchangeable dans son comportement. Il faut le quitter pour exprimer ce « Je » que vous êtes et sortir de ce « Nous » où « On » commande, dirige, dicte et finalement gouverne avec poigne.

Dans la khoutba II j’ai parlé de ballon, de stade, de peuple, de Nation et surtout de l’émotion qui lie tous ces éléments. L’objectif était clair que tout peut unir, il suffit d’exercer de l’intelligence sur les événements. Mais là il faut aussi se pencher sur la dimension émotionnelle de la construction d’une Nation pour comprendre comment « Nous » devient si arrogant au point d’essayer de génocider « Je ». Il fallait vous dire que « Nous » ne devait pas écouter les « On » au point d’oublier qu’un stade est un stade rempli de couleurs, de corps, d’esprits qui peuvent Tous devenir un « Je » (le Peuple) quand il y a enjeu national. Voilà c’est cela qu’il fallait comprendre. Notre seule chance c’est notre diversité.

La khoutba III discute de superstition, enfin disons de croyance aux coïncidences heureuses ou pas pour être plus soft. N’oublions pas que dans la khoutba II, il s’agissait de démontrer que rien peut unir à plus forte raison des coïncidences qui rappellent les manifestations d’une Nation. Elle rend compte de manière claire de plusieurs choses en même temps, mais le plus important était de dire à ceux qui pensent que la Franchise et la Lucidité des Assignés parmi les Mauritaniens mérite d’être fêtée, de sortir en masse comme des « Je » avertis des exigences de l’espace public.

La IV est venue mettre une symphonie à tout cela pour que le concert des Khoutba soit plus mélodieux. La musique, cet autre rien, peu aussi unir la Nation. Elle a insisté sur quelque chose d’important, c’est de prendre la dimension centrale des langues dans la vie de la société. C’est pourquoi je pense et rêve toujours que le Bambara parte s’inscrire de manière intelligente sur la liste des langues nationales pour que le réaménagement territorial de 1944 ait son vrai sens. Ça c’est une langue, pensée simple bande de terre accolée à un territoire colonial et que l’État postcolonial s’entête à perpétuer en validant l’acte d’amputation ! J’ai aussi dit quelque chose qui a dû marquer quelques esprits. Ma liaison avec la Mauritanie reste le hassanya. Je considère cette langue comme « maternelle », car je l’ai apprise en même temps que le pulaar. Finalement elle allait dominer la seconde jusqu’à mon entrée dans l’adolescence. C’est la langue du peuple que mon père gouvernait et m’apprit à connaître et à intégrer en la tétant directement dans la rue. Tout est dit.

Enfin, il s’agissait juste de dire, avec cette simplicité déconcertante, que les langues se valent et que l’usage de l’une comme langue de travail ou nationale n’empêche point la reconnaissance, la valorisation et le soutien permanent de la dominante pour que les autres développent le rythme de leur débit, expliquent leurs onomatopées, leurs proverbes, leurs rires, leurs pleurs, leurs amours, leurs multiples joies, leurs patronymes, rendent compte de leur musique et l’harmonie qu’elles recherchent entre elles : s’emprunter mutuellement pour mieux communiquer. Il faut apprendre leur musique pour rester tranquille dans sa peau d’Homme. Leur similitude est certaine, sinon on ne pourrait jamais les traduire. Elles désignent les mêmes choses dans un univers singulier certes, mais elles dé-signent et c’est déjà très courageux de signer l’existence de son « Je ».

Donc si elles désignent c’est qu’elles nomment la vie en même temps dans un univers cosmogonique territorialement ancré-sacré pour les « Je » qu’il rassemble. C’est ça leur philosophie et qui doit rejoindre celle dominante ou pensée comme telle pour s’accorder avec elle sur les éléments en partage. Donc laissons les gens parler, bouger se marier et danser au son de toutes nos musiques. Le bal n’en sera que grandiose.

J’ai aussi profité de cette même khoutba, pour me permettre de parler de la censure, enfin de toutes les censures. Je considère la censure comme le fait de vouloir empêcher quelqu’un d’aller aux toilettes pour se décharger du surplus qui pèse sur son corps et qui le fait suer des cordes d’eau à noyer ngabu. C’est une catastrophe que de s’entêter d’empêcher les gens de parler, de voyager, de se marier et de chanter librement. Cela conduit directement au parloir géré par « On ». Et le parloir indique le lieu de la détention, de la torture voire de l’élimination pure et simple au nom de ce « Nous » hautain et donc malsain. Cela peut déboucher sur une tentative de génocide qui brouille le passif humanitaire. Le vocabulaire devient compliqué quand on empêche quelqu’un (« Je ») de s’exprimer. Les camps de concentration nazis ne peuvent être réédités, c’est simple, clair et historiquement prouvé. Il nous faut plutôt des espaces ouverts (le pays est vaste), des cafés où le chtari restera tranquille car maîtrisé, des théâtres, des cinémas, des terrasses ouvertes tard la nuit, une police discrète, une armée camouflée et des barbus rasés à la fleur de la peau et vous verrez que le peuple sentira un nouveau souffle envahir tout le corps social. Libérons les énergies vitales qui sommeillent en nous et arrêtons cette hypocrisie qui nous rend un mauvais service. Il faut vivre, mais Dieu le recommande. Il faut vivre. Enfin il faut vivre ! Laissez-nous vivre notre temps à travers toutes les musiques de la vie.

Et donc l’Homélie d’El Fitr contient tout cela en même temps. Ce n’est pas plus clair que les Khoutba prises individuellement. Donc laissons chacune s’exprimer indépendamment des autres pour qu’on ait une véritable harmonie des différences et que nous fassions comme si l’harmonie était préétablie.

Donc à ceux que les Khoutba firent prendre une mine agacée, je m’excuse. À ceux qui n’y ont vu qu’une simple et légère autobiographie d’un prétentieux observateur, désœuvré et hautain j’assume le « Je » qui se prête au jeu de « Nous » en pouffant de ce « On » débonnaire, et à ceux qui n’ont rien à dire, je dis vous m’avez compris en préservant l’éthique et la morale de votre beau « Je ».

« NOUS-TOUS », « Je » compris, dirons avec l’auteur Joanne Anton (lire son petit et succulent roman Le découragement, Paris, Allia, 2011, 63 p.) : « On observe que sans être fou, on en a l’air » (p. 55) dans ce monde où l’onde néolibérale nous dicte nos tremblements, nos comportements, nos filiations, nos goûts, notre santé, et qui finalement gouverne tous les aspects, et les plus intimes de notre quotidien.

 

Yeen mbatuni mo wuuri, grand jeu entre « Nous », « On » et « Je » s’il en est un ! Il faut donc tout RE-LIER pour avancer vers notre destin Essentiellement fatal.

 

Id moubarak !

 

Abdarahmane NGAIDE (Bassel)

Dakar, Id El Fitr 2013, an 1434 de l’Hégire.



[1] J’ai pris la décision de ne rien traduire, que ceux qui ne comprennent pas quelques unes des langues mauritaniennes inscrites sur le tableau de la constitution de poser des questions à leurs voisins les plus immédiats pour se faire traduire les mots et du coup ils pourront ouvrir une boîte de dialogue et tchatcheront ensemble ne serait-ce qu’une seconde de leur vie. Il faut vous parler dans vos langues et vous allez voir le gain en confiance qui arrivera comme une vraie jouvence. C’est la liberté de « Je » qui s’exprime avec une petite véhémence-injonction.

[2] Je me suis même permis deux libéralités, qu’un malentendu est venu compliquer en postant une khoutba un mardi et une autre un jeudi et de la dédier à des amis d’enfance. Seul un imam-curé, un « Je » libre en fait, peut se permettre la désacralisation d’un jour de notre calendrier à NOUS-TOUS.

[3] Un imam bien curé regardez vers qui je pointe mon doigt. Il a une longue barbe sale, un pantalon court, un turban noir comme le linceul d’un diable et je pense qu’il était borgne, Mollah Omar qui a finit par prendre la fuite sur une moto. J’ai envie de rire devant cette image de fuite d’un borgne qui se prenait pour Mollah. Enfin, je nomme tous ces jihadistes qui nous rendent la vie difficile au point que nos rapports à Dieu voire à nos prénoms (Abda-rahmane, vous voyez pourquoi je signe Bassel) si compliqués. Donc j’ai utilisé Khoutba dans le but de signifier que JE, leur retire le droit de tenir des Khoutba dans leurs grottes sniffant de la poudre ou se partageant les gains obtenus des rançons versées pour libérer des « nassara ». Donc vous comprenez pourquoi l’imam est en même temps un curé, non imam-curé, la contraction est moins flagrante. Une histoire de colonisation de l’Andalousie et de Croisades quoi ! Soumangourou Keïta était absent de tout cela perdu entre forge et concession du griot. Que dire de Pahté Gorbal Bodeyal adorant le Dieu Taureau ! Bassel khoutba ngel wonko soomi ndekke, njuurnitode !

[4] Je ne suis pas mathématicien mais là je me hasarde pour cette équation prenez TN2 et multipliez-le par CO2 [C01 x TN2= NI1] cela aboutit à notre appartenance Nationale Irrévocable. Nos grands mathématiciens comme le cousin Toka Diagana me viendront en aide pour mieux affiner cette équation sociale et qu’elle soit reconnue d’utilité publique.

[5] Quelqu’un m’a demandé d’écrire autrement, mais je lui ai répondu que Je ne suis « pas autre qui ment », c’est-à-dire On. J’écris comme « Je » sinon toute autre tentative risque de prendre l’allure d’un mauvais jeu de ma part. Si j’écrivais autrement, je me trahirai (mégalomanie), je vous trahirai et ce n’est point mon objectif. Le partage ne peut pas faire de la trahison son lieu de convivialité. Je vais partager avec vous cette définition sublime de l’écrivain chinois réfugié en Allemagne Liao Yiwu (Lire son gros mais attachant roman du début à la fin Dans l’empire des ténèbres, Paris, François Bourin Editeur, 2011, 661 p.). Il écrit : « La devise de mon écriture peut se résumer à ceci : les soies du porc pousse sur la peau des cochons. Pour comprendre quelque chose avec profondeur et certitude, il faut te coller à la bête comme une mouche à merde » (p. 207).

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« Mo yeddi moritaninaagal am, mi yedda ɗum »Binndital kaayitaaji Moritani, Bonannde kala nde dow mum

altDaartol hollii ko ɓaleeɓe ngadii hoɗde e bannge rewo Afrik o kala, tuggi Esiip haa Rewo Moritani. Ngol hollii kadi, ko e teemidannde 15 (keen’siyeem siyeekal) safalɓe ɓe keɓindii e leydi ndi. Ngaal garal noon ko nde Islaam naati nde tan. Ɓaleeɓe ɓe mbismiiɓe, njaɓi renndeede etee tawa aldaa he lankude e heennaade. Waɗi noon e nder pinal mum en ina waɗi « koɗo teddinte ». Kono Haalooɓe Pulaar mbiyi : « puuyɗo renndottaako neene ». Ko ɗuum waɗi gila he keɓgol ndimaagu mayri, salɓe ɓe puɗɗii daɗɗude peeje lankirɗe ɓaleeɓe he ballondiral leydi Farayse. Gila kaan saanga haa jooni ko laamu leñamleñamaagu capataagu woni toon, tuggi he muttaar wuldu daddaa haa mohammed wuldu abdul ajiiju. Kala ngarngu ɓura ngon’ngu nguun ɓiɗtude, ngam ustude ɓaleeɓe e ɓeydude capataagu to daartol, pinal, jaŋde, renndo, faggudu, golle, goodal (kaɗgol kaayitaaji). Ko ɗuum wɗi ɓe mbayli daartol leydi ndi. Kala ɗo ɓaleejo hoɗnoo walla ɗo innanoo walla ɗo rewnoo walla ɗo male e ɓatakke mum ngonnoo ɓe mbaɗti ɗum capataagu. Yeru: Wuro Kummba SAL wonti kummbi saalek, Wuro A Taara wonti aɗɗaar… So a ƴeewii hannde Ayawuuji e Kaalirɗe Moritani kala ko capataagu. Nate defte walla ceede (kaalis) ɓurataa yiyde heen tan ko pinal maɓɓe (safalɓe, dampe, gelooɗi, leɗɗe tamarooje, tilliisaaji…). Jaŋngirɗe e keblirɗe jaŋde, jeeyirɗe e nokkuuji ɗaɓɓirɗi ngaluuji kala ko kamɓe haa ɗeɓaa sikkude woɗɓe ngalaa e leydi ndi. Golle e ngardiigu mum kala ko kamɓe hay so joom mum maraani mbaawka. Etee keeweendi maɓɓe, hedde 1960, nde leydi ndi heɓi ndimaagu mum, woɗɗaani 4 he nder 100. Tuggi ndeen, ngam yiɗde wojjin’de e aarabin’de, kala maroknaajo walla alserinaajo walla tiniisnaajo walla saharaanaajo walla tuwaaregnaajo boɗeejo walla palastiinnaajo, ina rokkee kaayitaaji Moritani. Kala ɓaleejo pullo walla sooninke walla jolfo walla bamaranke wiyee ko senegaalnaajo walla malinaajo. Hardaane kam ɓe kiisaaki ko neɗɗo so wonaa so ɓe njiɗi ɓeydude keeweendi maɓɓe aarabaagal to bannge limoore. Gustugol maɓɓe ɓaleeɓe haaɗaani ɗoon. Sahaa e sahaa kala ɓe njuɓɓina jagge walla warngooji: hitaande 1966 (duuɓi jeegom caggal nde Moritani heɓi ndimaagu mum), 1979, 1983, 1986, 1987, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992,… Ɗum ɗo ko duuɓi ɓurɗi bon’de ɗi, kono e nder hakkunde majji gure walla yimɓe walla neɗɗo walla jawdi ɓaleeɓe meeɗaani fajjude halkeede.


Ɓe ngustira ɓaleeɓe kadi to bannge kaayitaaji. Ko adii ɓe mbonni inɗe ɓaleeɓe afriknaaje kala. Ɓe lomtini inɗe safalɓe. Ɓe puuntiri ɓaleeɓe ɓe won’de inɗe ɗe ko inɗe islaam, tawa ko goongɗi ko ko inɗe maɓɓe tan. No paamir-mi neɗɗo ina waawi wiyeede Hammadi walla Dikko walla Dukkuree walla Ndey walla Dah wona juulɗo. Wiyeede Aliyyu walla Faarmata tan ɓolo naatnataa Aljanna. So tawiino ko ɗuum kay Aljanna wontata ko weeɓa.


Ɓe kaaɗaani ɗoon, kala ɓaleejo peewnanaaɗo kaayit ɓe mbaɗa heen juumre he innde mum, nde tagnoo ko kamɓe ngoni heen. Hitaande 1998 ɓe njuɓɓini binndital “biyetenoooooongal” kadi kisal kaayitaaji. He ngaal binndital hawri ko he sahaa maawuyaa, laamɗo ƴiiƴiiwo o. Hay so aɗa jogii kaayit omo war maa walla omo yaltin maa leydi Moritani fayde Mali walla to Senegaal. Kadi nokkuuji keewɗi e kaɓɓirɗe binnditorɗe huɓtidinaaka to nder leydi e to caggal leydi. Ko ɗuum tagi heewɓe mbinnditaaki e kaan saanga to bannge ɓaleeɓe. Kono ndeke bonannde kala nde dow mum. Ɗi boneeji kala limtaaɗi no mbayi heewde addanaani “Sammba Jaanga” en ɓuuteede. Ko ina wona duuɓi ɗiɗi pawɗi, ɓe njolni goɗɗum ko momtata haa ɓiirta lahal, “binndital kisnugol kaayitaaji Moritani” (aarollomaa). Binndital ngal feccii ko he mbaydiiji ɗiɗi: 1-iwdi maggal
Ko ina wona jooni duu
ɓi keewɗi leyɗeele tuubakooɓe ɗe ina ndikkii haɓde he “bahe ɓiɗtooje bommbooje mbonna” (Teerorismo). Haa teeŋti gila njanngu laaɗe diwooje boomaare to leydi Amrik. Mbele ɓe poola hare nde alaa he sago ɓe cosa huunde ko eɓe mbaawa fawde juutɗe maɓɓe he kala neɗɗo ɗo waawi won’de. Ko ɗuum jibini peewnugol kaayitaaji biyeteeɗi “biyoometiri”. Ko mbele hay gooto majjirtaaɓe e les Asamaan o. Ɓe puɗɗorii leyɗeele maɓɓe (Orop e Amrik). Ɓe ndewni heen leyɗeele paayaaɗe walla ɗe boowe laaɗe mum en ko mawɗe, ɗe koolnaaki (Kodduwaar, Senegaal) walla leydi ndi ina tuumaa jibin’de bahe ɗe (Moritani, Mali, Alseri). Ko ɗuum waɗi so on mbaɗtii hakkillaaji ngaluuji baɗaaɗi e masiŋaaji binnditte ɗe ko kamɓe mbaɗi heen, waɗi noon heen bannge ko ɗum haaju maɓɓe. 2-Kuutorgol Moritani binndital ngal
En kaalii won’de laamuuji Moritani
ɗi kala njikkiima jikku momtude walla ustude ɓaleeɓe leydi ndi. Ko ɗuum tagi laamu hannde ngu jaggi binndital ngal waɗi heen sarɗiyeeji keewɗi ɗi ina haɗa ɓaleeɓe leydi ndi winnditaade:
-kala binndittoo
ɗo ma o adda binndital hitaande 1998 ngala
-kala mo dañaani duu
ɓi 45 hay so ina jogii kaayitaaji Moritani kala walla ina winnditinoo hitaande 1998 winndittaako so jinnaaɓe mum ɗiɗo mbinnditaaki so ɓe nguuri. So ɓe nguuraani maa joom mum yaha waɗoyaa seedantaagal maayde hay so noon nde ɓeen maayi nde ɗuum mawninonooka e leydi ndi. Etee to waɗetee to ko kamɓe haɗooɓe ɓe ngoni toon.
ɗo e leydi Farayse ɓe ɓeydi heen kadi binndittooɗo kala ma o adda “seesuur”. Kadi won ɓe e Orop fof ko to Farayse tan mbinndittoo. Waɗi noon ko eɓe nganndi ko ɓaleeɓe ɓe ɓuri won’de e Orop. Kadi kamɓe so yimɓe maɓɓe ngarii winnditaade, ko njiɗi kala njogoo e kaayitaaji, ina newnanee haa moƴƴa, hay gorol ɓe mbaɗataa. Ɗum ɗo ko yeruuji seeɗa ɗi cuɓtii-mi e gaggaaji binndital ngal, kono goɗɗi keewɗi ina keddii ɗi ngasataa. Fiɗnde laamu moritani ina soomi e binndital ngal ustude ɓaleeɓe ina laaɓi.
Nde binndital ngal fu
ɗɗii nde nokku binnditirɗo kala goomu hellifaaɓe seedtotooɓe moritaninaagal neɗɗo ina sosaa ɗoon ngam kala neɗɗo garɗo so ina jogii kaayit Moritani walla o alaa so goomu ngu seediima moritaninaagal makko o winnditoo. Waɗi noon eɗen nganndi won wonɓe e leydi ndi tawa gila “maayɗo ina yeenee” tawa ngalaa kaayitaaji. Kono ɗiin goomuuji kala he woodde kala garɗo ina winnditoo ɓe mbiya “alaa jooni min puɗɗortoo ko binndital 1998 haa gasa caggal ɗuum heddiiɓe ɓe ndewa heen, mbaaree seesa gooto kala ma o winndito”. Gila ndeen mbiyi-mi ɗum ko pittol woni ɗo, ngati so tawii wonaa ɗuum holi liggey goomuuji cosaaɗi ɗi?
Nde binndital ngal fu
ɗɗii nde kadi, kala ɓaleejo garɗo ina winnditoo laaɓndee so ina waawi janngude simoore nangam walla nanngam. Walla o laaɓndee so mo anndi wooto he gure safalɓe rewo. Walla o laaɓndee gooto he taaniraaɓe safalɓe ɓennuɓe.
So kaayit makko ina wa
ɗi juumre, nde ɓe mbaɗnoo, o wiyee yo o yah to ñaawirdu (tirbinaal), etee toon ko salatooɓe maɓɓe ngoni toon. So hay so gooto he jinnaaɓe makko ina maayi kaayit fiɗnde maayde nde ina waɗatenoo e falndeeji (meeri), kono caggal ɗuum ɓe caltii, ɓe nawti ɗum to ñaawirdu maɓɓe.

Caggal ɗuum wonnoo ko kala mo dañaani 45 ma adda binndital jinnaaɓe mum, ɓe mbaɗti laaɓndaade binndital miñiraaɗo walla mawniraaɗo walla baabiraaɗo tokooso hay so joom mum ɓurii 100 hitaande. Ellee neɗɗo wonataa bajjo walla ellee neɗɗo kala ina jogii baabiraaɗo tokooso. Gila nde ɓe kaali 45 ɗi, mbiyi bonannde momtugol ɓaleeɓe ngol ko ɗo ɓuri won’de. Hiisa men, ko keeweendi yimɓe ɓuri won’de ko les 45. Kadi ɓesnguuji men kala jaŋɗeele mum en njogori ko bon’de. Waɗi ɓe toɓɓude nde rogere ko kayre woni cukaaku gu, ɗuum ko wardude leñol ɗaɗi. Dow duuɓi 45 heewɓe heen maayii woɗɓe ɓe nana tiindii he yaltude nguurndam semmbe.
Ɗo e Orop, 99 e nder 100 ko ɓaleeɓe ngoni heen. Ɓuri heewde heen ko jogiiɓe kaayitaaji Moritani ɓe ngalaa seesuur. Rewi heen ko mooliiɓe. Rewi heen ko waɗtuɓe kaayitaaji leyɗeele ngoni ɗe, etee ɗuum ko ko jaɓanoo to Moritani. Ko ɓuri heewde he laamɓe Moritani ɓe ko kaayitaaji ɗiɗi njogii haa e tati, eɓena ɗoon ɓiɗti e naafki. Kono ngam salanaade ɓaleeɓe ɓe, mawɗo leydi ndi wiyi jooni ko kala baɗɗo kaayit leydi ngonndi ma a winndamo ɓataake ɗaɓɓande ina yiɗi heddade he moritaninaagal mum. Ɗuum noon eɗen nganndi ko firti, ko salaade. Jogiiɓe seesuur ɓe ɓuri famɗude, ko ɓe seeɗa. Etee nde tagnoo laamu ngu ina anndi kala jogiiɗo seesuur waawaa hesɗitin’de kaayit mum so gasii so wonaa o adda ɗannorgal (paaspoor) makko Moritani kesal, ngal biyoometiri. Etee ko ɓuri heewde he kaal seeɗayal yimɓe winnditaaki 1998. Kadi ko ɓuri heewi he kaal seeɗayal jogiiɓe ko ɓe laaɓndii ko so arii winnditaade ɓe laaɓndoo ɗum goɗɗum walla so naatnii ɓe caloo ko aldaa he daliilu. Banndiraaɓe ɓe ngaraani winnditaade moritaninaaɓe to Orop. To Kodduwaar, to Arabi Sawdiit, to leyɗeele golfo, ɓe mbinnditii he deeƴre e nuunɗal nde tagnoo ko kamɓe ngoni toon. Ko haawnii heen hay maawuya, laamɗo ƴiiƴiiwo o, mo polli laamu mum dogi mooloyii, winnditii ma. Miin kam mi ɗo laaɓndoo holi to o heɓi paaspoor?, kadi he laabi moolayru o fotaani jokkondirde he laamu makko.

Jooni ko mbiynoo-mi laaɓndogol binndital 1998 ko pittol ko arii. Gila ɓe puɗɗii ngal rewaani tawo laawol etee ɓe ngasnaani winnditaade ngal tan ɓe ngaddi bone goɗɗo, yo binndital toɗɗe ummane tuggi 25/07 haa 7/09/2013. Ɗuum firti banndiraaɓe, ɓe njogori winnditaade ngal binndital toɗɗe tan ko winnditiiɓe biyoometiri tan. Ɗuum kala mo winnditaaki ngal hay so ina joginoo kaayitaaji Moritani e ɗi toɗɗe ɓennuɗe kala waawaa winnditaade ngal ɗo saka toɗɗoo. Timminɗo duuɓi toɗɗaade waawaa toɗɗaade. Firti ko ɓe keɓtinaani ɗum won’de moritaninaajo. Tawa noon tuwaareguuji woɗeeɓe, alserinaaɓe, maroknaaɓe, palastiinnaaɓe hesɓe pul ina njogori toɗɗaade. Bonannde caɗeele pawaaɗe he binndital ngal jibinii finnere mawnde to nder leydi e to caggal leydi Moritani. Lanndaanji e pelle goonga, jiɗɗi deeƴre, potal leƴƴi Moritani ɗi ngonaa arini en ndilli, kaalii, ngaybinii yo penaale pawaaɗe he binndital ngal itte. Kono laamu ngu nde tagnoo ko teyngu jaabawol mum heen ko fiyde e sokde e gaañje e warde. Lamin Manngaan mo Kumballi ɗi paali bara, jiiñcooji ɓalli jaambareeɓe ŋata, fiyaa yani. O suuɗdii leppi leydi kono o suuɗdaaki gacce min njejjittaa. Gila ndeen, barɗo e barnuɗo kala ina njokki bakkaade hono no wuldu arbi en nii.

Eɗen njetta ɗo ko heerii kala neɗɗo walla lannda walla fedde, ko suuɗii walla ko weeji gadduɗo ballal mum he ittude nde fenaande woɗeere coy no ƴiiƴam. Kono njettoor keeriiɗo he ɓesngu tokoosu haa teeŋti he fedde “Haa Mem-Maa Moritaninaagal Am”. Eɗen eeroo nde yimɓe njokkata salaade ɗe penaale momtugol ɓaleeɓe. Ngati aduna men hannde o neɗɗo waawaa wuurde e les Asamaan o tawa alaa kaayitaaji. Kaɗɗo neɗɗo kaayit, haɗi ɗum ko goodal. So on teskii ma hannde hay jawdi, hay teew mbaraangu ina waɗanee kaayit.
Ngo eeraango noon e ngo fayi he
ɓaleeɓe ɓurɓe jooteede kono he safalɓe daraniiɓe ngoonga so ɓe ngoodi. Ngati yimɓe waɗooɓe ɗe golle ngonaa yiɗɓe Moritani, miin nanngu-mi ko ɓe njeyaaka e Moritani. Ko bonnooɓe tan so welii keddoo, so bonii ndoga. So ɓe njeyaa e leydi ndi walla eɓe njiɗi ndi eɓe poti miijaade nguurndam ɓesngu maɓɓe e taaniraaɓe maɓɓe arooɓe. Yeru tan en njiyii ɓiɓɓe Itleer wayluɓe yettoode mum en ngam hersude. Haalooɓe pulaar noon mbiyi: “ Aduna ko dannga waandu, waɗa jaaɓe waɗa murtooɗe” e “Aduna ko ngaynaaka jontaaɗo kala forloyaa”.

 

Farayse, ñalnde 4 juko 2013

Sammba Cooyel BAH

 

 

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FLAMNET-AGORA: L´équation FLAM= ethno-chauvins Nasséro-baathistes peut-elle s´écrire?

altDepuis l´annonce du retour au pays natal des FLAM, les partisans du statu-quo, et certains plumitifs en mal de “refoulement” ressortent la grosse batterie de la “solution finale” contre les FLAM. Des attaques repétées, haineuses, mal fondées et pour tout dire foncièrement malveillantes. Plus c´est gros, plus ça passe et ça casse! Hélas, cela ne fait plus d´effet dans l´état actuel des choses. La motivation cynique de ces illuminés de “l´arabité de la Mauritanie” et de la fumeuse rhétorique baathisto-nassériste s´explique, mais qu´ils comprennent leur but est voué d´avance à l´échec, car comme le dit bien un proverbe du Fouta natal “ko mahaani hoore fusataa ngaandi”. 

Leur mission: diabolisation des FLAM! En les colorant d´une couleur qui n´existe que dans leur structure de conscience, traduisant leur paradigme qui est celui de l´idéologie raciste, exclusiviste et haineuse. L´opinion publique mauritanienne a suffisamment fait justice de certaines accusations absurdes, erronées, pour que nous n´ayons plus besoin de revenir sur certaines de ces inepties. Ceux qui confondent l´effet et la cause ont encore un recyclage philosophique à rattraper chez leurs maitres de Bagdad et de Benghazi. Mais peut-on seulement nous expliquer les causes de la déportation massive des seuls négro-africains hors du pays en 1989, de l´extermination des centaines d´autres dans des casernes et dans la vallée?

 

Revenons sur ce cette propagande mensongère véhiculée par nos adversaires politiques tendant à présenter les FLAM comme une version Négro-africaine du Ba´athisme ou du Nasserisme(Nationalistes arabes).

De ce grossier postulat, les porte-faix du  Système et autres tristes guignols de la même écurie semblent se decouvrir une nouvelle sordide besogne, une croisade contre les FLAM qui ” doivent-être vomi (e)s” au même titre que les déporteurs, les tortionnaires, les geôliers et autres idéologues de l´exclusion et du racisme d´Etat. Quelle injustice!

 Il n´est pas besoin d´une longue dissertation pour montrer que cette assertion relève de l´amalgame et d´une volonté manifeste de jeter le discrédit sur les FLAM à des fins que le monde imagine. Sans nous étendre, rappelons que notre projet de société se fonde sur le caractère multinational de la Mauritanie où Arabes et Négro-africains auraient les mêmes droits, où le fait d´être arabe, noir, haratine, Zenaga ne serait ipso-facto une condition rédhibitoire. Ce qui est en porte-à-faux avec l´idéologie des nationalistes arabes qui dénie aux Négro-africains tout droit et veut construire une Mauritanie exclusivement arabe. Les thèses des nationalistes arabes ne constituent point un secret, elles ont été accompagnées par des actes ignobles à l´encontre de la communauté négro-africaine.

 

De la même façon que l´Irak de Sadolf Hitsein se battait contre les kurdes et les perses pour garantir l´arabité du flanc Est de la grande nation arabe, la Mauritanie doit, sur le flanc Ouest, chasser les Négro-africains pour préserver la pureté de la nation arabe. Cette théorie aboutit à la conclusion péremptoire selon laquelle tout ce qui n´est pas Maure ou beydane n´est pas mauritanien. Elle s´appuie également sur des arguments historiques fabriqués qui consacrent l´antériorité des arabes en Mauritanie. Donc, tout bonnement, les Négro-mauritaniens sont des “descendants d´anciens footballeurs ou des tirailleurs Sénégalais ou des africains de l´Ouest venus envahir et polluer la pureté de la race arabe” (thèses defendues par un certain El Wafi sur El Jazeera et Bredeleil lors de leur procés de 1988 et par Ould Taya dans Jeune Afrique en 1990 pendant le conflit sénégalo-mauritanien ).

 

 L´attitude des nationalistes arabes envers la communauté négro-africaine est en réalité une attitude de rejet, de négation et d´exclusion à tous les niveaux. C´est l´ancrage de ces convictions diaboliques jusque dans les hautes sphères du pouvoir qui a conduit le régime satanique de Taya à écarter les noirs de la vie publique, à les assassiner massivement, à déporter des dizaines de milliers de nationaux noirs au Sénégal et au Mali. Ce raisonnement simpliste basé sur une attitude de négation des Négro-africains constitue l´essence de l´orientation du nationalisme arabe en Mauritanie au niveau politique, économique et culturel du pays. Dès lors, il est tout a fait justifié de qualifier les Baathistes et les Nasseriens de racistes, particularistes, extrémistes, nationalistes étroits, parce qu’ils cultivent une doctrine prônant l´exclusion pure et simple des Négro-africains de la Mauritanie. Les FLAM ont-elles une attitude semblable par rapport aux Beydanes ?

 

A prendre pour référence, la production idéologique des FLAM, du Manifeste du Négro-mauritanien Opprimé de 1986, aux programmes et orientation politique du Mouvement en passant par le Livre Blanc de 1990, le Mémorandum des FLAM de 2000, La Plate-forme pour une Mauritanie réconciliée de 2007, on ne trouve nulle part une théorie de “la grande nation Négro-africaine dont la Mauritanie constitue le flanc ouest qu´il convient de préserver de l´invasion des arabes venus de l´orient“. Nulle part on ne trouve dans les documents des FLAM, que “devant l´intolérable invasion des arabes la solution consiste à les chasser de la Mauritanie, pour préserver la souillure arabe afin de bâtir une nation négro-africaine avec un pouvoir exclusivement noir ancré dans le monde Négro-africain.” Si les FLAM avaient une telle attitude de rejet et d´exclusion de la composante arabe du pays, à ce moment il serait légitime scientifiquement de les qualifier “d´étroits, d´extrémistes, de racistes” parce que s´appuyant sur une doctrine prônant l´appartenance exclusive de la Mauritanie aux Négro-Africains.

 

Que disent les F.L.A.M ?

 

LES FLAM ont toujours reconnu EXPLICITEMENT le caractère biracial et multinational de la Mauritanie ainsi que le droit de toutes les composantes culturelles du pays à vivre et à s´épanouir pleinement en Mauritanie. Les FLAM sont fondamentalement attachées à la vocation naturelle de la Mauritanie qui est celle d´être un trait d´union entre le monde Négro- africain et le monde Arabo- berbère. Ce que les F.L.A.M dénoncent et combattent, c´est justement le constat de la trahison de cette vocation naturelle par l´option de l´arabité exclusive de la Mauritanie (qui ne dérange pas apparemment certains) adoptée par la classe dirigeante Beydane depuis les indépendances jusqu´à nos jours. Cette option exclusiviste a mis en place des mécanismes dont l´effet conjugué aboutit inexorablement à l´exclusion de la composante noire du pays. Ce sont ces mécanismes à l´oeuvre au niveau de l´éducation, de l´économie , de l´administration, de l´armée et de la politique extérieure et intérieure et de la justice que les FLAM dénoncent sans complaisance dans le Manifeste de 1986 par des données empiriques avec des statistiques à l´appui.

 

La communauté Négro-mauritanienne, tout en partageant le lot quotidien d’injustices sociales et économiques avec la communauté beydane, n’en demeure pas moins violentée dans ce qu’elle a de plus cher: sa culture, son identité.

 

Depuis des décennies en effet, la communauté Négro-africaine est victime d’une violence plus pernicieuse et subtile: c’est sa négation culturelle, le refus de la reconnaître comme porteuse de droits particuliers. Ce refus est le fait exclusif de l’État raciste, cet Etat n’a rien à voir avec la communauté Arabo-berbère et encore moins avec la communauté Noire. Le contrôle de cet État par certains éléments racistes et surtout l’absence de légitimité de celui-ci vis-à-vis de toutes les communautés nous obligent à opérer une séparation entre l’État raciste et la communauté beydane. D’ailleurs, cela fut toujours le cas depuis que les FLAM existent malgré notre diabolisation par le régime de Taya et ses valets auprès de nos compatriotes arabo-berbères.

 

Cette négation nous l’avons toujours combattu, nous la combattrons, c’est pour ce combat que sont tombés: BA SEYDOU AMADOU, SY SAIDOU DAOUDA, SARR AMADOU mais aussi tous ceux qui sont morts dans les conditions les plus atroces pendant leur incarcération: BA ABDOUL GHOUDDOUSS, TENE YOUSSOUF GUEYE, DJIGGO TAPSIROU, BA ALASSANE OUMAR. D’autres sont infirmes pour le restant de leur vie. Et la lutte continue. Mais nous ne devons jamais faiblir, car il est des instants qui font l’histoire. Et nos camarades tombés ont fait à jamais l’histoire de la Mauritanie. Une autre Mauritanie est incontournable, il est honneur d’être dans le même camp qu’eux, le reste n’est que médiocrité. Nous ne devons cependant jamais oublier que nul ne peut détruire totalement cette violence dont nous – SONINKO, PULAAR, WOLOF, BAMANA, HARATINES, sommes victimes sans pour autant intégrer les autres violences que nous partageons avec nos compatriotes beydanes.

 

Notre seule particularité en tant que mouvement est de partir de la violence dont nous sommes l’objet, en tant qu’individus culturellement situés, pour dénoncer l’ensemble des violences subies par tout le peuple mauritanien: on ne peut vouloir être libre en niant l’autre. L’histoire de notre pays démontre que la cause et la responsabilité de la violence verbale et physique sont du seul fait de l’État raciste mauritanien. Jamais dans l´orientation des FLAM , il n´a été question de lutter pour une négro-africanité exclusive de la Mauritanie au détriment de la communauté arabo-berbère.

 

 A ce niveau de l´analyse, l´intégrité intellectuelle nous commande de renoncer à cette classification abusive qui met de facon mécanique dans le même sac les FLAM et les nationalistes arabes de Mauritanie (Baathistes et Nasseriens).

Cette attitude conceptuelle mécanique de nos adversaires politiques revêt à n´en pas douter une motivation cynique intéressante à appréhender.

 

En effet, devant l´existence irréfutable de mouvements exclusivistes en milieu arabe (Nasseriens, Baathisme), il faut créer à tout prix un répondant en milieu négro-africain, le fabriquer vaille que vaille de toutes pièces pour faire “partager les responsabilités ” entre les deux communautés de la crise, mais surtout pour apparaitre comme alternative équilibriste devant “deux”extrémismes. Dans cette attitude foncièrement malhonnête, nos adversaires politiques n´hésitent jamais à reprendre à leur compte les positions de la dictature sanglante de Nouakchott sur les FLAM: “mouvement raciste, extrémiste, terroriste” plutôt que de se baser sur le discours et les actions des FLAM, afin de les juger sur cette base objective. Et même sous cette optique, les rares fois qu´ils ont essayé de soumettre à la critique les documents des FLAM, ils s´en tiennent à des boutades crues sans aucune argumentation ou démonstration solide à la base.

 

Posons à nos procureurs la question de savoir en quoi un mouvement qui ne saurait prendre le Beydane anonyme et paisible comme cible, mais l´appareil d´Etat dans toutes ses manifestations est raciste ? Ce dont les FLAM sont coupables, c´est d´avoir osé toucher du doigt les pourritures de la nation mauritanienne à ce stade actuel de son évolution en projétant une lumière crue sur l´ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de manière à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d´une nationalité racio-culturelle au détriment des autres. En politique comme ailleurs, les attitudes figées caractérisées par la transposition mécanique des théories d´ailleurs au détriment d´une prise en charge concréte des réalités empiriques de l´ici et du maintenant sont toujours sanctionnés par une grande impopularité dans les masses.

 

Ce sont les FLAM qui ont bel et bien impulsé le sursaut patriotique actuel des mauritaniens autour des véritables questions de l’unité nationale pour leur donner une solution durable et raisonnable. Cela l´histoire le retiendra.

 

Les FLAM ou les mouvements d´opposition Négro-africains(TPMN, AJD/MR, PLEJ…) n´ont pas à souhaiter le surgissement de problèmes raciaux ou ethniques en Mauritanie. C´est l´existence effective de ces problèmes qui explique leur naissance et leur combat. Mais Hélas! l´esprit biscornu des soldeurs du crime et partisans du système ne digére pas cette évidence. La lâcheté est ici sans commune mesure.

 

La logique de notre combat s´inscrit dans la ligne de mouvements de libération, loin des piètres politicards en mal d´exhibition.Tous ensemble, nous aurons encore à mener d’autres combats pour que l’égalite, la justice et la démocratie s’enracinent profondément dans notre pays.

 

Pour être le principal mouvement d’avant-garde de la lutte de libération nationale; Les FLAM ne méconnaissent pas pour autant la nécessité de l’unité d’action de l’ensemble des organisations politiques et de la société civile soucieuses de l’unité nationale et du règlement juste et équitable de la question nationale et sociale. Terminons avec Jaurès qui disait: “le péril est grand mais il n’est pas invincible, si nous gardons la clarté de l’esprit, la fermeté du vouloir, si nous avons à la fois, l´héroïsme de la patience et l´héroïsme de l’action, la vue nette du devoir nous donnera la force de le remplir”.

 

La lutte continue.

 

Kaaw Touré dit Elimane Bilbassi.

www.flamnet.info

 

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FLAMNET-AGORA: Khoutba quatre : Bâtir sur des vestiges…POUR UNE ODE MUSICALE MAURITANIENNE !

altEntrons par l’exemple pour prétendre être didactique. Le medh ennabi a été la musique de ma plongée dans l’adolescence. Je me rappelle encore de maman Moylida d’Aïoun Al Atrouss. Si mes souvenirs sont exacts, le medh se tenait dans sa concession, quand elle avait fini tous ses travaux à la Gouvernance d’Aïoun juchée là, comme ce bout de montagne qui la sépare du Lycée et de l’hôpital. C’était donc il y a longtemps, vers le début des années 1970. Au temps de l’Ouguiya ! Le Parti du Peuple Mauritanien pensait pouvoir construire la Nation « tampon » avec la lourde machine qui caractérisait tous les partis uniques, seule ressource de philosophie politique en Afrique. Bon son histoire, dans notre trajectoire, est à questionner encore et encore. Ceux qui nous gouvernèrent nous doivent des explications. Nous devons relire leurs actes afin d’y découvrir les sources possibles de nos actuels délires. Au début, au moins, l’administration était instruite et pas du tout commerçante comme celle d’aujourd’hui. En effet, durant ces années, malgré le parti unique, des administrateurs formés à l’école coloniale (certes) tenaient des rapports détaillés et « succulents » pour les chercheurs sur la vie de leurs administrés.

Des administrateurs de développement outillés ont travaillé dur comme fer pour produire les premiers documents de notre histoire politique et sociale, mais cela m’étonnerait qu’ils soient encore bien conservés, accessibles voire existants même dans ce bâtiment qui était difficile d’accès il y a plus d’une trentaine d’années. La maison des Archives Nationales située près de la présidence. Vraiment stratégique comme niche !

Les gouvernements doivent arrêter de contrôler, de manière si flagrante, nos archives. C’est un acte policier que de garder jalousement ce patrimoine, « contre » une catégorie de chercheurs, au point de rendre son accessibilité problématique. Malheureusement pour nous le patron de Wikileaks n’était pas encore en ligne. Cette demande ne signifie pas un encouragement pour laisser ces documents à la merci de n’importe qui (déjà fait !), ou qu’ils soient accessibles n’importe comment, mais de rendre le service plus fluide et surtout moins suspicieux par rapport aux faciès. Un chercheur n’aime pas être épié comme s’il était un vulgaire scribe ou un futur falsificateur. C’est lui qui scelle la mémoire de la nation en la rendant accessible par sa recherche, ses interprétations et ses publications.

Donc, nos archives doivent être encore plus ouvertes à nous pour qu’on puisse contribuer à l’écriture de cette histoire qui nous lacèrent les visages et finalement brouille notre horizon. Nous ne pouvons pas continuer d’accepter cette forme de censure. Les opinions exprimées n’engagent que leurs auteurs. L’accessibilité des archives doit être libéralisée pour qu’on puisse débattre de tous les thèmes et nommer qui on veut citer dans nos argumentaires. Cela nous évitera les vibrations de la basse devenue subitement assourdissante.

 

Revenons à la musique et au medh ennebi, cette « complainte » de la nuit du jeudi au vendredi, des Haratins. Il m’a donné ce goût subtil que je ressens quand j’écoute toutes les musiques du monde. En hassanya, il m’a fait découvrir ce qu’on appelle le sens du t’nehwil, cette oreille musicale que la nature nous offre. Mais je crois que le t’nehwil va au-delà de l’oreille musicale pour devenir cette musicalité harmonieuse qui réveille votre corps et s’empare de vos sens, même si vous êtes sourd de naissance. Elle vous laisse là sur la surface du t’bel, à la merci du son aigu de la neyfaare et au court-circuit électrique sensoriel que provoquent les t’zaqrit. Le petit kowri que j’étais, naviguait entre sonorités berbères et adaptations hassanya.

De toutes les façons le tasvig rythme déjà une musique très enfouie en vous. Elle vous berce sans se soucier de qu’elle mère vous-êtes, enfin de quelle langue maternelle vous vous réclamez. Vous êtes son bébé plongé dans le halo des voix mélodieuses des hartanyat. C’est cela la mélodie qui fonde la surface sur laquelle sont venues se déposer, dans mon oreille musicale, plusieurs sonorités et rythmes allant du mbalax wolof au rap mauritanien d’aujourd’hui. Tout cela constitue des archives dites musicales que nous devons aussi sauvegarder et surtout connaître. Les étudier bien sûr pour mieux comprendre quel type de musique va émerger chez nous, dans le futur proche ou lointain.

Déjà toutes les musiques ouest-africaines, la bidhan n’en parlons pas, sont influencées par les mélodies mandingues et bambara. Observez l’ardine et vous y verrez une Kora bien en place devant un Soundioulou inégalable dans son ganila. Le reste des pistes musicales maures vous mènent dans un fouillis de métissages sensoriels impossibles à suivre. Langue bizarre, que seul un archéo-linguiste prétendra pouvoir expliquer la vieillesse des couches. Eh bien il faut écouter du vaghou, un Ould Njartou, le vieux 33 tours de Sidaty Ould Abba, de Saïdou Bâ pour vous rendre compte qu’un Toungoundé Sow, un Samba Diabaré Samb et un Amadou Tamba ont quelque chose en commun de plus que les formes de leurs instruments et des références ethniques de leur répertoire.

 

Détour par un exemple plus complexe que la musicalité dans son essence. Mon immersion dans l’univers wolof (c’est valable je crois pour ceux qui sont en Australie, en France, en Inde, à Bangkok, aux USA et ailleurs depuis 1989 et avant cette date) m’a révélé que ma langue ne me lie pas à un territoire spécifique. Parce que, quand je m’aventure hors de Dakar, le wolof [langue nationale en Mauritanie] et le hassanya [Reconnu au Sénégal] reviennent pour se partager mon identité haalpulaar, vraie multinationale enfin comme un ensemencement. Je me réfugie sur le territoire de toutes « mes » musiques que je fréquente et y retrouve toute la quiétude. Ce manque d’ancrage « territorial » de ma langue fait de moi un éternel exilé dans les cultures. Donc je suis presque toujours obligé de résister et de combattre jusqu’à la lassitude et l’affaissement final qui le suit. Finalement, une solution s’est imposée d’elle-même pour me sauver (lire « se sauver » dans le sens de fuir et rester en même temps, pas possible comme opération hein !) entre les champs que m’offrent ces différentes cultures qui fondent désormais ma personnalité. J’ai pris la « clé des champs » pour ne pas tomber dans cette maladie mortelle qu’est l’ethnocentrisme.

La diversité devient l’horizon du possible. Donc, il faut se décider à exiler son identité quelque part entre les archipels identitaires. Elle devient le socle capable de supporter cette lourde statue défigurée qu’est la multiculturalité. C’est un poids certes qu’une statue défigurée, mais justement c’est son poids qui tient tranquille votre ethnocentricité.

 

Retour musical impeccable qui hérisse la peau ! Donc si j’ai évoqué la musicalité et son probable rôle dans la formation d’une identité c’est pour dire que les cultures, si diverses qu’elles soient, ont un fond musical commun. Les langues utilisent les mêmes instruments pour articuler leurs sons et produire du sens. C’est le langage et qui dit langage engage une discussion sur les sonorités, les nasales, les gutturales et autres trucs aussi compliqués que de convier ma mère à un cours de bambara, de hassanya, de soninké ou de wolof. Et pourtant elle écoute toutes ces musiques prenant conscience de leur seule musicalité sans s’aventurer sur leur surface.

C’est pourquoi, je défends toujours que l’identité n’a de sens que quand elle devient un vrai réceptacle de cette profonde musicalité, celle qui ne s’entend pas de la même oreille. J’ai l’impression qu’elle ne s’entend même pas, elle est sourde et se faufile dans le corps. C’est cette émotion, incomprise, évoquée dans la « fameuse » phrase de Senghor, qui s’empare de vous. Elle forme un substrat riche et ouvert. Enfin, je me suis, tout simplement, rendu compte qu’un individu doit clamer son caractère Humain et trop Humain, pour parler comme un philosophe, en écoutant le plus de musique possible.

 

Vestiges ! Aussi étrangement que cela puisse paraître ce qui me relie à la Mauritanie c’est le hassanya. Cette sensation incroyable est presque diabolique à renverser mes vieilles convictions juvéniles. Mais si on m’attaque en tant que haalpulaar, je réagis en tant que haalpulaar. Si on m’attaque en tant que mauritanien, je me défends en tant que mauritanien et si on m’attaque en tant que vivant au Sénégal, je me défends en tant qu’Homme. Je n’essentialise pas, c’est, nous dit Hannah Arendt, « purement politique », car « le non-conformisme est la condition sine qua non de l’accomplissement intellectuel ». Il faut donc être « non-conformiste » pour mieux saisir la musique de la vie (Lire Barbara Cassin, La nostalgie. Quand donc est-on chez soi ?, Paris, Autrement, 2013, 147 p.).

La musique a ce don de tra-verser en ren-versant tout. C’est une question de simple écoute, d’attentive écoute pour sentir cette chose qui se détache de vous tout en restant en vous. Elle reste là en suspension car ayant été excitée par un air, une voix, une guitare, un buuba, un hoddu, des gaacci, un son sourd de guembri, un riti ce pré-violon, un bolong cette gourde plus à même de contenir du vin de palme que d’accompagner les belles voix de nos awlubbe, igawen ou gëwël. Ces désignations sont si proches que l’analogie me tente. Finalement, je veux dire de tout autre instrument étrange dont l’homme maîtrise, à la précision, les sons qu’il permet d’obtenir. Cela peut donc vouloir dire une décision de s’accorder au rythme. Car tout est rythme dans la vie et c’est pourquoi Senghor peut avoir encore raison sur ses détracteurs. Mais là ne réside pas l’objet de ma khoutba.

 

Révolte et dissidence pour faire naître un hymne partagé. La musique est magique et rebelle, car elle nous surprend toujours. Un grand philosophe me disait un jour que « la musique cache en livrant ». C’est une archive, la musique. Elle reste là. Elle se partage. Elle tape là où d’autres choses ne peuvent taper.

Le politicien poète, Ibrahima Sarr, en sait quelque chose avec sa composition chantée par Baaba Maal, Demngalam. Beau tub pour chanson de combat ! L’engagement y est d’une clarté et d’une force qui défie toute possibilité de doute.

La musique est donc tout cela en même. Elle peut aussi unir plus que tout au monde. Mon expérience musicale me dit que c’est vrai, car la musique est le summum de l’unité dans la diversité sinon point de musicalité possible, de t’nehwil je veux dire. Donc je suis presque sûr que nos artistes doivent être mobilisés pour ouvrir ce chemin de l’union des mélodies mauritaniennes pour créer une musique nationale audible dans toutes les radios et télévisions du pays. C’est possible de trouver cet excellent Dj pour nous mixer ces tempos et en sortir une partition et des couplets suaves que la nation écoutera à longueur d’années.

Je crois savoir que le rap et le slam mauritaniens sont exceptionnellement et potentiellement riches et porteurs d’une nouvelle culture. Pour être riche, le rap mauritanien l’est, mais il souffre d’incompréhension car émanation de la profonde banlieue et surtout qu’il est dur dans ses mots. C’est du hardcore, cela tape dur sur les régimes.

 

« Holto Mouawiya

O itaama

O fitaama », si ma mémoire est bonne ce sont là paroles bien rapées en Mauritanie.

 

Et pourtant les textes de la musique, les pantalons jean bouffants, les T-Shirt colorés ou portant des dessins de dragons en feux, la gestuelle enfin les bras d’honneur, les cris hystériques dans la chanson et le plein d’électronique puisent leurs différents thèmes et significations dans le vécu de la société. Les chansons reflètent leur temps ou le temps produit ses propres chansons et les impose. Voilà que tout est dit, là. Elles prennent sur elles le risque d’être accusées d’égocentrisme, d’insolence et de toutes les déviances possibles. Tant pis ! Elles sont comme la marque indélébile de notre débilité quotidienne. C’est difficile de reconnaître ses bêtises, surtout figées dans des mots prononcés par des jeunes en casquette et braguettes ouvertes, chaînes pendantes, mains ballantes comme des fantômes… Alors qu’on est prompt à clamer tout haut notre petit exploit : réussir à sortir de son lit le matin après une longue nuit de recueillement.

Rapons ! Je disais que le rap mauritanien est porteur d’une nouvelle culture. Il suffit de regarder la composition des groupes, d’écouter les langues qu’ils parlent et qu’ils chantent pour vous rendre compte encore une fois que les pouvoirs n’écoutent pas et ne regardent pas ce que la société écoute et regarde. Sinon le rap allait percer de manière exponentielle en Mauritanie et produire une langue dont l’adhérence du ciment n’égale point celle des langues en compétition aujourd’hui. Je suis toujours fasciné par l’aisance de faire basculer la mélodie entre quatre langues dans une chanson : Hassanya, Pulaar, Soninke et Wolof. La langue dite HAPUSOW, ai-je envie d’éventer ! Elle se transformera en HAPUSOWBA si le Bambara entre dans la constitution comme langue nationale. Le HAPUSOWBA est une langue encore inconnue de chez nous et qui fait peur, car l’arabe disparaîtrait fatalement et le hassanya triompherait comme au Maroc. C’est pourquoi le rap ne passe pas les frontières de la banlieue, même si des groupes existent à l’intérieur, enfin au sud du pays ! La jonction entre eux ferait comme un petit explosif : Peuff ! J’exagère un peu pour dramatiser. Car le drame est presque considéré comme un lieu de sens chez nous.

La tradition musicale mauritanienne est paresseuse, elle est toujours assise, le service de thé en branle, le tagine fumant, les chuchotements fourmillant. Enfin je veux dire que cela ne draine pas une foule bigarrée, détendue et moins vaniteuse. Je crois que nous sommes encore au siècle de la musique-louange. Maalouma (en duo avec Baaba) ne démentira jamais mes propos. Bon vous me direz qu’une partie de notre musique ressemble à un concerto de Beethoven. C’est possible, mais sous la khayma écouter du Beethoven serait très exotique, comme écouter Wagner à Oualata ou à Inal. Comme quoi la musique peut être élitiste et en même temps incitatrice au rêve de la pureté des races. C’est hitlérien ! Nous ne voulons pas de cette musique chez nous. Nous voulons d’une musique qui exalte tout le monde, qui réveille notre fibre et qui nous fait vibrer.

Le rap mauritanien a toutes ces vertus donc laissez-le s’exprimer davantage et vous verrez que cette culture dont il est porteur se transformera peut être en notre chance. Je suis persuadé que le rap est créateur, recréateur des identités. En semblant les travestir, il les enrichit et projette leurs fruits sur le peuple tout entier.

 

Je termine. Le medh ennebi a eu sur moi cette forte sensation d’appartenance lointaine. Encore aujourd’hui, il a sur moi un droit inaliénable, car je l’écoute toujours au point de lui avoir consacré un texte scientifique [Consultable au lien : http://codesria.org/IMG/pdf/1-Ngaide_AZ_15_16_07-08.pdf] comme pour sceller son apport sur ma culture musicale d’aujourd’hui. Il faut que les Mauritaniens se mettent ensemble pour écouter leur musique respective et ils verront toutes les influences qui les peuplent et qui brouillent davantage les lignes de fractures qui semblent séparer leurs communautés voire leurs membres.

Vous aurez compris que cette khoutba est très musicale dans son essence, mais qu’elle ouvre un chantier d’investigation sur ce rap que nous devons entendre et réentendre. Il participe aujourd’hui à la construction de l’imaginaire futur de la société mauritanienne urbaine. C’est presque inévitable comme perspective, donc un jour à venir, lointain peut être, quelqu’un témoignera sur ce que le rap mauritanien a apporté dans la mutation de son identité et de celle mauritanienne.

Donc lisez-là en vous disant où en sommes-nous de la politique culturelle de la Mauritanie au moment où un groupe se plaint de la disparition de l’arabité comme si elle était née dans ce territoire périphérie métisse du monde dit « arabe » !

Il faut se résoudre à construire l’avenir sur des vestiges et non sur des vertiges.


Excellente écoute.

 

PS : Permettez-moi cette libéralité de dédier cette ode à mes amis d’enfance, d’Aïoun, perdus de vue depuis un demi-siècle presque : Mohamed Ould Boïlil dit Bibi, Brahim Ould Hacen Ould Salah, Sneiba et Moyssé Dieng. Au décompte cela fait un bidhani, un hartani et deux wolofs au début des années 1970 !

 

 

Abdarahmane NGAÏDE (Bassel), Dakar, le 02/08/2013

 

VOUS AUREZ COMPRIS QU ELLE DEVAIT SE FAIRE DEMAIN. COMME ON DIT LA DATE FAISANT FOI DONC CONSIDEREZ LA DATE 02/08/2013 ET NON CE JOUR DU JEUDI. MAIS CELA TOMBE AUSSI BIEN CAR LE MEDH SE TIENT LA NUIT DU JEUDI AU VENDREDI. CE DESACCORD SYMPHONIQUE ENTRE WEBMASTER ET AUTEUR EST DONC TOLERABLE.

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