Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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FLAMNET-AGORA: L’autonomie, une option viable pour la Mauritanie

Avant toute chose, permettez-moi de remercier tous ceux qui ont pris la peine de réagir (positivement ou négativement) à la proposition des  Forces Progressistes du Changement (FPC), Ex-FLAM, concernant la nécessité de l’application de l’Autonomie en Mauritanie. Il est heureux  de voir que notre choix suscite un intérêt particulier de la part de certains intellectuels et/ou politiques du pays. Mais surtout la sincérité et l’honnêteté de certains compatriotes maures donne l’espoir qu’une Mauritanie juste et démocratique est possible. À mon tour, je tenterai de répondre aux différentes analyses faites de notre programme politique.  Ainsi, mon commentaire se fera sur deux niveaux : d’une part, une considération des attaques politiciennes et subjectives de certains adversaires politiques et d’autre part  une réponse aux inquiétudes légitimes émises par d’autres compatriotes plus sincères. 

 

 

 

Sitôt  notre organisation révélait son option politique, certains compatriotes militant au sein des partis au pouvoir commençaient leurs attaques contre les FPC en nous accusant d’être des ‘’séparatistes, divisionnistes, extrémistes, et des racistes…’’  À dire vrai, ces diatribes ne nous ont pas surpris. Déjà, il y a de cela un an, je publiais un article ‘’La Mauritanie : quel modèle de gouvernement choisir ‘’ dans lequel je définissais ce que j’entendais par autonomie en disant que ‘’par autonomie, j’entends différentes régions qui s’auto- gouvernent partiellement par leurs propres lois mais sans séparation les unes des autres’’. C’était une anticipation aux délires de ces racistes. Mais pour ce genre de détracteurs, tout ce que nous proposons est jugé d’office comme négatif sans même qu’ils prennent le temps d’en connaître le contenu. Les faits et la substance de nos propositions ne les intéressent pas. Il me semble que cette catégorie de personnes est muée, non pas par l’intérêt de la nation Mauritanienne unie, mais par un agenda exclusiviste en faveur du système d’État discriminatoire. Mr Ahmed Jiddou Aly dans son article intitulé ‘’Parler de l’autonomie  ne constitue pas une hérésie ‘’ révélait que le gouvernement en 2009 avait commandité une étude pour un projet de décentralisation et/ou autonomie en Mauritanie. Dès lors comment comprendre les comportements d’Ould Maham, du président de Ravah et leurs semblables. Une attitude de deux poids et deux mesures : d’une part condamner avec violence le projet du parti des FPC tout en taisant l’étude faite par leurs alliés au gouvernement qui, pourtant, militent pour le même principe. Les tenants du système discriminatoire et raciste en Mauritanie continuent de camper dans du mensonge. Ils ne réalisent pas que les temps ont changé. Désormais avec le développement du social-medias, les moyens de communication rendent audibles les discours contradictoires à ceux des autorités démagogues. S’ils ne font pas attention, ils réaliseront très tard que la lecture et l’assimilation des mémoires d’Adolf Hitler « Mein Kampf » et l’emprunt du style et des techniques de Joseph Goebbels ne garantissent pas une propagande réussie à tous les coups.

 

 

 

Pendant que les défenseurs du système discriminatoire se mobilisent pour tuer l’espoir d’une Mauritanie réconciliée avec elle-même, nous, aux FPC, continuerons à chercher des solutions viables aux difficultés de la cohabitation de nos populations dans l’intérêt de toutes les communautés mauritaniennes sans distinction aucune. Et nous redoublerons nos efforts pour faire partager notre projet avec tout en chacun. Alors, je concentrerais mes énergies en direction de ceux et celles, qui de bonne foi, ont fait part de leurs inquiétudes par rapport à l’option autonomique de notre organisation. Je m’intéresse plus particulièrement aux contributions formulées par  les Sieurs Bocar Oumar Ba et Ahmed  Jiddou Aly. En effet, ces deux honorables compatriotes reconnaissent au Président Samba Thiam et son parti, les Forces Progressistes du Changement (FPC), le mérite d’un certain courage politique. Ahmed Jiddou va même jusqu’à dire qu’il partage le principe de l’autonomie. Cependant, tous les deux ont fait part de leurs réserves auxquelles je me fais le devoir de réagir.

 

 

 

En effet, mon cousin Bocar Oumar Ba pense qu’il fallait des préalables avant d’officialiser le projet d’autonomie.  En clair, les FPC, Ex FLAM, ont péché par l’amateurisme et le manque de préparation. Pour lui, l’autonomie ne devait concerner que le sud de la Mauritanie car philosophiquement on ne peut pas demander l’autonomie de soi et celle de quelqu’un d’autre en même temps. Enfin, il a soulevé le problème du découpage territorial qu’il faut résoudre.  Pour Mr. Ahmed  Jiddou Aly la principale difficulté se trouve dans le choix de quatre grandes régions. Quelque chose qui semble laisser la situation inchangée car au vu du nombre de la population et la superficie du pays, l’autonomie ne changera pas l’ingouvernabilité du pays. Mais surtout certaines communautés vont perdre un certain pouvoir, dont ils jouissent dans la situation actuelle, et qu’elles ne se retrouveront pas dans le grand ensemble des grandes régions préconisés par ce projet autonomique.

 

 

 

Pour répondre à ces inquiétudes et reproches, je vais tout d’abord rappeler les différentes étapes des orientations politiques prises par notre organisation. Les FLAM ont connu trois grandes orientations : l’État Unitaire, le Fédéralisme et l’Autonomie. On peut dire que chaque période correspond à une situation politique donnée du pays. Le rôle joué par le sentiment des militants (espoir ou scepticisme) dans la vie commune de nos différentes communautés était primordial à ces différents choix.

 

 

 

Ainsi, à la création des FLAM, en 1983 jusqu’en 1990, l’État unitaire n’a jamais été remis en cause malgré le système discriminatoire en vigueur. Nous avions toujours pensé que si la volonté de changer le racisme d’État se matérialisait, il sera toujours possible de vivre en harmonie dans un État unitaire. Mais après que Taya ait mis en application sa politique de denégrification du pays par le génocide, la déportation et l’emprisonnement de la population noire non harratine du pays, les FLAM ont opté pour le fédéralisme. Durant la période des années 1990 jusqu’en 1998 certaines voix du coté de nos compatriotes maures commencèrent à s’élever contre les abus du système discriminatoire. Le langage de vérité se faisait entendre de la part de ceux comme Jamal Ould El Yessa, Habib Ould Mahfoud (paix a son âme), Hindou Mint Ainina, Chbih ould Mélanine, Mohamed Ould Dougui (paix a son âme) et d’autres encore. Ce courant progressiste au sein de la population maure pouvait permettre une renaissance de l’espoir dans le cœur de certains flamistes. Mais ce n’était pas suffisant tellement qu’ils étaient minoritaires. Alors nous avions jugé qu’il était approprié de revoir notre orientation politique. Ainsi, les congressistes ont opté pour l’Autonomie comme projet politique de notre organisation aux assises de Dakar en 1998.

 

 

 

De 1998 à 2014, depuis 16 ans les militants des FLAM travaillent activement et réfléchissent continuellement sur l’applicabilité de l’option de l’autonomie dans notre pays. À différentes occasions, que ça soit au moment des Assemblées générales des sections ou dans la préparation pour les différents congrès, les militants se sont penchés sur cette orientation pour approfondir leur connaissance par rapport à ce concept d’autonomie. Et à chaque fois les militants ont majoritairement choisi la reconduction de cette ligne politique. Je crois pouvoir dire en toute objectivité que seize ans de réflexion sont loin d’être négligeables pour un choix d’une orientation politique. En tout cas, la qualification  de ce projet du ‘’bâclage’’ et de la ‘’précipitation’’  semble être inappropriée et même excessive. 

 

 

 

Par ailleurs, devrions-nous limiter la proposition de notre projet aux seules populations noires du sud ? Y aurait-il une contradiction philosophique entre le fait de vouloir sa propre autonomie et en même temps celle des régions des maures ? A la première approche, et surtout si nous raisonnons en termes d’antagonisme des intérêts, il peut sembler logique que la contradiction est évidente. Mais regardons de plus près la signification philosophique du concept. Sans rentrer dans une  dissertation  philosophique, chose qui ennuierait nombre de mes lecteurs, mais je pense qu’Il est peut être important de revisiter la source philosophique, politique et morale du concept de l’autonomie dans certains de ses aspects. Emmanuel Kant  a fait de l’autonomie un élément central de sa réflexion sur l’obligation morale basée sur la raison. C’est dans notre capacité de nous autogouverner que chacun trouve la justification  de considérer son prochain comme un être plein qui mérite  égal respect. En effet, l’autonomie est considérée par nombre de penseurs comme une raison morale d’égalité de tous les individus.  Quant à John Stuart Mill, il pense que le concept de l’autonomie renferme une valeur intrinsèque qui est un des éléments du ‘’ bien être’’. Comme l’autonomie a un caractère vertueux que nous aimons détenir, alors nous devons le vouloir pour notre prochain. Par conséquent, par analogie, et en combinant les deux positions (de Kant et de Mill) nous déduisons que c’est du bon sens de vouloir son autonomie et celle des autres. C’est ce qu’on appelle dans le domaine moral et éthique, la règle d’or : ‘’traite ton prochain comme tu aimerais être traité’’.

 

 

 

Sur le plan purement politique, cette revendication nationale apparaît encore comme plus justifiée. Les FPC, qui se veulent un parti national, ne pouvaient ignorer toute une partie de la Mauritanie dans son programme politique. Pour une question de viabilité politique et économique, le sud a besoin de certaines ressources des autres régions pour se développer. Chose qui est valable pour les autres régions aussi.

 

 

 

Maintenant, que faut-il dire des reproches communs de Bocar et d’Ahmed concernant le droit des minorités dans différentes régions et le problème de découpage territorial. Il est opportun de préciser que l’autonomie préconisée par les FPC ne se repose pas exclusivement sur le communautarisme ; elle prend aussi en compte les liens historiques et géographiques du pays. Craindre de la marginalisation de certaines communautés dans certaines provinces serait oublié la réalité des relations entre certaines de nos populations. Il n’y a pas d’homogénéité parfaite des peulhs par exemple pour empêcher une autre communauté minoritaire à accéder au pouvoir. Si cette homogénéité existait, on n’en serait pas là aujourd’hui dans cette situation de dépendance politique. L’autonomie pensée par notre organisation n’interdit pas qu’un membre d’une communauté minoritaire ait le pouvoir local. Un maure qui est reconnu dans son amour de bien faire pour les populations du sud, par exemple, n’aurait aucun problème d’être élu gouverneur, préfet ou maire. Et ce principe devrait aussi être valable pour n’importe quel noir vivant dans la zone à majorité maure. J’avoue que la tendance actuelle me réconforte dans mes convictions de voir l’instauration d’une société idéalement démocratique en Mauritanie. De plus en plus, nous remarquons une volonté d’ouverture d’esprit qui se manifeste tous les jours en plus de ceux qui avaient commencé il y a déjà une vingtaine d’années. Je veux parler de notre camarade Ould Babah des FPC, Ahmed Jiddou, Ould Bettar, mon ami et frère Ahmed Fall Sidatt et tant d’autres encore.

 

 

 

Sur le point spécifique du découpage en quatre régions, je ne pense pas qu’il y aurait un problème majeur comme  Ahmed l’entrevoit. D’abord, la division se fera en régions et celles-là seraient reparties en provinces. Par ailleurs, la situation géographique et sociale peut sembler énorme aux yeux de tout le monde, mais en réalité quelque millions de personnes avec un million de kilomètres carré ne seraient rien dans un pays que nous voudrons être développé. Une fois que nous arriverons à résoudre le problème d’infrastructure, le développement des réseaux de transport et de communication, le problème d’ingouvernabilité sera vite résolu.

 

 

 

Enfin, je partage l’adage rappelé par Ahmed Jiddou Aly selon lequel ‘’le diable se cache derrière les détails’’ comme on dit de ce côté de l’Atlantique ‘’the Devil Is in the détail’’. Mais doit-on reprocher au parti FPC de ne pas avoir une règle droite et un crayon bien taillé pour réussir un trait parfait du découpage territorial ? Le 25 Mai 1961, Président John F. Kennedy donnait un discours devant le parlement Américain pour annoncer son projet d’envoyer un homme sur la lune et de le ramener intact sur terre.  Les responsables de l’époque de la NASA et ‘’Mercury Project’’, des astronautes qui travaillaient pour la réussite de ce voyage pensaient que président Kennedy était fou car ils n’étaient pas prêts techniquement et matériellement. Pourtant le 20 Juillet 1969 Neil Armstrong réussissait sa mission. C’est dire tout simple que le propre de l’homme politique c’est d’avoir une vision et de pouvoir communiquer cette vision aux techniciens et professionnels pour l’exécuter. À chacun son rôle, il s’agit de bien le jouer !

La lutte continue!

 

Conseiller politique du président des FPC.

Flamnet 08 decembre 2014

www.flamnet.info

 

 

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FLAMNET-AGORA: « Parler de décentralisation ne constitue pas une hérésie! » – Réaction de Bara Ba.

A lire cet article, publié récemment dans l’authentique, on  ne peut, honnêtement, dénier à l’auteur la distance et une certaine dose d’objectivité et  de franchise.  C’est tout à son honneur, et ce d’autant plus que, par les temps qui courent,  nos médias nous offrent une toute autre image de nos intellectuels que semblait si bien décrire  Edward Said  par ces mots : « rien ne défigure plus l’image de l’intellectuel que le vacarme patriotique, le reniement théâtral, les silences prudents…  »     

Examinons maintenant  l’article dans son fond ; que dit l’auteur en substance ?

D’abord que  la réaction du  féderal de l’UPR  qui fustige les Flam et leur projet  lui semblait farfelue, en ce sens que  l’idée ( autonomie ) n’est pas nouvelle, même pour l’administration mauritanienne qui  eut à la retenir comme projet, et même à lui trouver des avantages  pour  ‘’ favoriser l’épanouisement de la démocratie participative ‘’.  Lorsque  les Flam   préconisent  ‘’la gestion des terroirs par les  populations, elles mêmes’’elles ne disent rien d’autre !      

En second lieu, nous dit l’auteur, cette option se justifiait amplement parce que la gestion des collectivités locales depuis le centre a montré ses limites.

Enfin, conclut–il, sur  le principe, les Flam ont raison; leur proposition relève du  bon sens…

Bref, selon Ahmed Jiddou Aly,  les Flam –aujourd’hui FPC, n’en déplaise aux plaisantins – ont bel et bien eu raison de proposer  ce projet  d’autonomie. Encore  omettait-il l’argument –massue qui justifiait l’autonomie : elle  permet  indiscutablement d’atténuer, à défaut de résorber, les tentions inter tribales et inter -communautaires recurrentes.

Si  l’article demeurait largement favorable à la proposition des Flam, il n’était, néanmoins, pas exempt de réserves…

En effet, argue  l’auteur si, en soi, la proposition lui semblait  bonne et même justifiée, en revanche  le découpage suggéré laissait à redire : nombre de régions trop réduites pour être gouvernables , l’opposition prévisible des groupes Soninko et Wolofs qui n’accepteraient pas d’être sous la gouverne  des Pulaars ;  projet  muet sur le  sort à  réserver à  l’entité hassanophone -partie  prenante historique dans cette vallée du fleuve- .

 

Examinons ces resérves ….

D’abord  il faut s’interroger sur ce qui  fonde l’auteur à  soutenir que  Soninko et Wolofs préféreraient  vivre sous la coupe des  Maures- plutôt que sous celle des  Pulaars ? Au regard de cette  unité culturelle qu’ils partagent, forgée par  l’histoire millénaire de leur coexistence ? Cet argument fait sourire, car, visiblement il apparait un peu forcé et quelque peu partisan;  et ce d’autant plus que  l’auteur, (délibérement ?) occulte ce  qu’en dit notre texte  qui stipule, clairement, que les terroirs soninké et wolof, tout comme le Fuuta, seront érigés en provinces.

Concernant maintenant l’objection  portant sur le caractère d’une  Mauritanie numériquement petite pour être divisée en 4 régions , l’argument- que je récuse –  me semble un peu court  … Il faut savoir ce qu’on veut … ; en effet , c’est bien  parce que la population est faible qu’il faut, justement, la concentrer, afin de  créer un marché économique acceptable, mieux,  viable ! Le découpage initial évoqué en  une dizaine ou douzaine de régions, reste très discutable, et répondait, en réalité, à des considérations d’ordre politique voire  idéologique, surtout idéologique, cachant un agenda secret, à l’époque…   Enfin, la Mauritanie trop grande ou trop petite ? Il faut savoir…En outre,  la réalité historique ’invoquée par  l’auteur est prise en compte  dans le projet d’autonomie des Flam;  la question c’est : qu’elle réalité historique ?

Dernière réserve enfin de l’auteur : le sort réservé à la minorité hassanophone qui, dit –il, est partie prenante historique dans cette vallée du fleuve. Notre projet d’autonomie y répond  clairement, sans ambages, en  page une (1) : « l’autonomie choisie par nous sera inscrite dans le cadre unitaire, ouverte à l’interaction et à la mutuelle  influence entre nos groupes nationaux, sans entrave pour la libre circulation des biens et des personnes, respectueuse de toutes les identités locales ». C’est aussi clair que l’eau de roche !

 Ahmed Jiddou Aly, pour conclure,  n’use  pas de faux fuiyants, ne verse pas dans de faux débats, de faux arguments du genre ‘’imbrication des populations, pertinence (douteuse) du concept, contradictions intra-ou inter-groupes ethniques négro-africains’’. Au lieu d’aller à l’essentiel, on objecte pour objecter, sans contre- proposition en retour… 

 Merci Ahmed Jiddou Aly, pour la lucidité, l’obectivité, la franchise et surtout pour l’honnêteté, traits plutôt rares en ces temps de crise morale dans notre faune politique et médiatique.

Merci.

La lutte continue!

BARA BA- Militant des FPC.

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    Le 03 Decembre 2014

 

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Pour un nouvel équilibre au Parlement

Pour un nouvel équilibre au ParlementLes efforts que mène le pouvoir mauritanien pour le raffermissement de l’unité nationale resteront vains s’ils ne s’accompagnent pas, entres autres, d’une représentativité visible de toutes les composantes constituant le peuple mauritanien au niveau des postes électifs, particulièrement au parlement.

Le découpage administratif actuel, la loi électorale et l’absence de politique de promotion des couches les moins favorisées aux postes électifs constituent un frein à cette représentativité. Il est temps de réparer cette injustice et les voies et moyens pour y parvenir sont à portée de main.

Etat des lieux par région

Le parlement mauritanien, comme nous le savons tous, se composent de 2 chambres : l’Assemblée Nationale et le Sénat. Voici le tableau de répartition des députés et sénateurs élus par région, avec indication du nombre d’habitants tiré du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH 2013).

Il faut ajouter à ce nombre de 107 députés les 40 élus sur les 2 listes nationales des partis et des femmes, soit un total de 147 députés. On ajoutera aussi aux 53 sénateurs les 3 représentants des mauritaniens de l’étranger, soit 56 sénateurs. Le parlement compte donc 203 élus.

Ce premier tableau nous montre déjà comment le découpage administratif, en mettant en place les moughataas, a favorisé certaines régions sur d’autres. Par exemple, le Trarza a plus d’élus (18) que le Gorgol (14), l’Assaba (15), le Brakna (15) et le Hodh Gharbi (13), régions pourtant plus peuplées. Bien que sa population soit sensiblement égale à celle du Trarza (272 773 hbts), le Guidimakha (267 029 hbts) n’a même pas la moitié des élus de cette région. La faute au nombre élevé de moughataas au Trarza (6) alors que le Guidimakha n’en compte que 2.

Le découpage administratif est encore plus injuste quand on constate qu’avec une population de 80 962 personnes, le Tagant (8 élus) fait jeu égal avec le Guidimagha et dépasse Dakhlit Nouadhibou (123 779 habitants et 5 élus) ; et qu’avec seulement 62 658 habitants, le nombre d’élus de l’Adrar (9) dépasse ces 3 régions. La faute là aussi au découpage administratif. Enfin la région du Tiris Zemmour avec 53 261 habitants envoie au parlement 7 élus bien plus que Dakhlet Nouadhibou.

Non, non je ne vais pas, par décence, rappeler le nombre des bouts de bois de Dieu qui habitent la moughataa de Ouadane (3 973), ni celui de ceux installés à Bir Mogrein (3 897) ou celui de ceux que l’on a poussé vers la moughataa de Chami (2 657).

Par contre, je vais dire qu’il existe des arrondissements qui méritent d’être élevés au statut de Moughataa : Male (33 301 hbts), Wompou (44 692 hbts) Adel Bagrou (47 829 hbts), Ghabou (48 354 hbts) et Fassala (65 927 hbts). Et pour clore ce chapitre, encore 4 petits chiffres pour mieux apprécier notre découpage administratif : Commune de Chami 51 hbts dont 46 hommes et 5 femmes ; Arrondissement d’Inal 336 hbts ; Arrondissement de T’Meimichatt 657 hbts et Commune de Bou Gadoum dans la Moughataa d’Amourj 40 341 habitants ! Last but not least, le District de Nouakchott est la plus lésée des régions : avec 958 399 habitants, il n’envoie que 27 élus au parlement alors que sa population est plus du double de la plus peuplée des régions (Hodh Charghi).

Poids des Communautés au Parlement

Je n’aurai pas besoin de beaucoup de commentaires ni d’analyses poussées ni d’extrapolations savantes pour démontrer la faible représentativité des communautés africaines et une partie des hassanophones (les Haratines) au parlement mauritanien. Il me suffit de vous donner à lire 2 autres tableaux pour que vous vous rendiez compte de vous même de cette situation inique qui doit tous nous interpeller.

Comme on le voit, le poids des Africains au parlement (16,25) n’est égal ni aux 25% que les colons français nous ont légués en héritage, ni aux 30% que certains maures acceptent de leur donner par charité, encore moins aux 40, 50 ou 60% que certains africains mauritaniens s’attribuent avec générosité. Le tableau suivant détaille le poids de chaque ethnie et montre combien le partage au sein des hassanophones est injuste envers les Haratines.

Quand vous regardez la liste des députés, vous remarquerez qu’il y a 8 régions qui n’ont pas envoyé de Haratines à l’Assemblée Nationale: le Hodh Charghi, le Hodh Gharbi, l’Assaba, le Tagant, l’Adrar, le Tiris Zemmour, Dakhlet Nouadhibou et l’Inchiri. Pourtant la population de la plupart de ces régions est constituée de moitié, sinon plus, de Haratines, particulièrement celles de l’Est. Autre enseignement tiré de ces chiffres : le nombre des élus Africains et Haratines est de 53 parlementaires soit 26,10% alors cet ensemble constitue la moitié de la population (fourchette basse) et même la majorité (fourchette haute).

Dernière remarque : même dans les situations où, logiquement, un africain mauritanien pouvait être élu cela n’a pas été fait et les 3 sénateurs de l’étranger sont tous maures malgré l’existence d’une importante communauté africaine mauritanienne à l’étranger.

Le pouvoir mauritanien devra vite se pencher sur ce problème d’équilibre parlementaire et le régler pour couper l’herbe sous les pieds des plus extrémistes dont les discours, aujourd’hui plus qu’hier, commencent à être entendus et mieux tolérés par les populations. La communauté maure devra, nolens volens, partager son pouvoir avec les autres communautés. Elle ne devra pas attendre qu’une révolution le fasse à sa place.

Ahmed Jiddou ALY     

 

Source: cridem

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FLAMNET-AGORA: Parler de décentralisation ne constitue pas une hérésie!

A peine la proposition d’autonomie des Forces de Libérations des Africains de Mauritanie (FLAM) présentée, lors du dernier congrès de ce mouvement tenue le 29 août à Nouakchott, qu’une partie de la classe politique, particulièrement celle proche du pouvoir, est vent debout pour dénoncer un séparatisme rampant. Ould Maham promet de combattre « les extrémistes et les promoteurs de la division ». Le président du Ravah est allé encore plus loin en appelant les autorités du pays à « frapper d’une main de fer sur tout groupe ou individu à tendance raciste ou séparatiste ».

Pourtant l’organisation de la Mauritanie en régions autonomes ou la mise en place d’une décentralisation très avancée est une proposition de bon sens. Il est clair que ceux qui ont menacé le Président des FLAM et les militants de son mouvement sont en déphasage des réalités d’aujourd’hui et n’ont jamais pris la peine de s’intéresser un tant soit peu aux évolutions en cours dans leur pays. Sinon ils auraient remarqué que l’autonomie, la décentralisation (poussée ou non) et la déconcentration sont des concepts à la mode et une tendance lourde dans notre monde actuel et que la Mauritanie en prendra le chemin tôt ou tard. Sinon ils auraient découvert qu’il a existé un projet de Livre Blanc de la Décentralisation en Mauritanie initiée par l’ancien  ministère de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire et  soutenu tout le long de son élaboration par le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation. Le projet a été financé par la coopération espagnole.

Ce Livre Blanc de la Décentralisation « propose un état des lieux de la décentralisation en Mauritanie » sans tabous et parle de l’évolution future de certaines divisions administratives de l’état central vers un cadre de collectivité territoriale autonome (commune et région). Voilà le terme « autonomie » lâché depuis Décembre 2009 et pas un seul homme politique n’a accusé les ministères concernés ni les hommes qui ont réalisé ce livre de séparatistes ou de promoteurs de la division. 

Les auteurs du Livre Blanc trouvent que « la décentralisation est un mode d’administration qui vise à favoriser l’épanouissement de la démocratie locale et participative ». Ils vont même jusqu’à affirmer que « le respect de l’unité n’interdit pas de déterminer le lieu de l’impulsion politique, qui peut se placer au niveau du pouvoir central, ou au plus près des populations administrées constituées en collectivités reconnues ». Enfin toutes les  déclarations des Premier Ministre depuis 2007 ont comporté un volet « Décentralisation et Aménagement du Territoire » confirmant la priorité qu’accordent les gouvernements successifs à cette tendance. Comme le remarquent les auteurs du Livre Blanc, « le mouvement ne semble plus devoir reculer ».

 

 

Sur le principe, les FLAM ont raison de proposer plus de décentralisation dans la gouvernance du territoire et relancer le débat sur un sujet d’avenir. Par contre le contenu de leur proposition est, à mon avis, plutôt succinct, et le découpage envisagé est loin d’être révolutionnaire et réaliste.

C’est une réalité, et les auteurs du Livre Blanc n’ont pas manqué de le souligner, plus le territoire est vaste, plus les relais locaux sont indispensables. Proposer 4 régions seulement pour un pays de plus d’1 millions de km2 c’est rendre ces entités ingouvernables localement. Ce découpage fut d’ailleurs expérimenté sur le terrain, à une unité près, par le colonisateur dès 1907. L’arrêté du 23 novembre 1912 confirme donc le découpage du territoire en 5 cercles : l’Adrar, le Trarza, le Brakna, le Gorgol et le Tagant. Puis viendront 5 autres cercles compléter le quadrillage du pays par l’administration coloniale : le Guidimakha, l’Assaba, les 2 Hodhs (qui dépendaient du Soudan français) et le Tiris Zemmour. Plus tard et bien après l’indépendance, 2 autres régions verront le jour (Dakhlit Nouadhibou et l’Inchiri) en plus du district de Nouakchott. Ce découpage, on le voit, a une réalité historique qu’il ne faut pas négliger.  

Il est vrai que, comme le soulignent les auteurs du Livre Blanc, « ces régions présentent de fortes disparités en termes de superficies, de population et de ressources ». Elles sont même source d’injustice en ce qui concerne  la représentation de chacune au niveau du Parlement. (Ce volet fera l’objet d’un écrit prochainement). Il est donc nécessaire, dès lors que l’on a retenu le principe  d’une décentralisation, de réaliser un nouveau découpage du territoire comme le veulent les FLAM mais pas celui qu’elles proposent.

Parce que le Diable se cache dans les détails, je vois mal les Soninkés accepter de se séparer d’une région (le Guidimakha) où ils sont les leaders pour se diluer dans une autre région (Fuuta-Waalo Barak-Guidimakha) dominée par les halpuulars où ils n’auront, au mieux, à jouer que les seconds rôles. Les Wolofs sont aussi dans le même cas puisqu’ils arrivent cahin-caha à exister au Trarza alors que dans la région englobant toute la vallée, ils le pourront de moins en moins. Et il n’a pas été question de la forte minorité hassanophone, historiquement souvent implantée dans la vallée, et qui voudrait continuer à jouer le rôle qui était le sien dans les anciennes entités du  Gorgol, du Brakna et du Guidimakha.

 Oui ! Il faut donc réinventer de nouveaux équilibres qui peuvent, cette fois, passer par les régions existantes dont les contours peuvent être modifiés pour la circonstance. Dans tous les cas, la gestion des collectivités territoriales depuis le centre a montré ses limites. Et toute réforme régionale ou toute décentralisation non accompagnée par une réforme de l’Etat est vouée à l’échec. En cela, la proposition des FLAM est intéressante et « mérite d’être discutée » comme l’a dit le Président de Tewassoul. Parler de décentralisation, de déconcentration ou même d’autonomie ne constitue pas une hérésie dans un pays qui se veut démocratique.

Ahmed Jiddou ALY

 

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Racisme: Lettre « poignante » d’une étudiante « africaine » aux Tunisiens !

alt« Je me présente, Mariam Touré, pour les intimes « Karaba », pour la plupart d’entre vous « Kahloucha » « Guirda Guirda ». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité « Africaine ») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres.

En quittant mon pays il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le « Paris Africain », la « Dame de tous les éloges », le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm naif est celui qui met la charrue avant les boeufs.

Helas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre: une société infectée par le racisme. Infectée me direz-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passée en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau? « Infecté » serait plutôt un euphémisme.

Là vous me direz, « Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains ». Je vous repondrai, « Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise? » Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi.

Au début, j’accusais l’ignorance, le non éveil des mentalités mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir, j’accuse les intellectuels qui me disent « Ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les »…ohh vous savez, j’adorai mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès.

Que seriez-vous si du jour au lendemain je decidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et soeurs « Africains » faisaient la même chose et vous tournaient le dos? Que seriez vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements « N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine ».

Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter car si je decidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point.

Prenez-les comme les cris d’une soeur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une soeur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir.

Prenez-les comme les larmes d’une soeur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale: le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser.

Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de l’  » Ifrikiya » la tête pleine de rêves et en repartent le coeur plein de déceptions……. »

Mariam Touré

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