Category Archives: Agora
JOYEUX ANNIVERSAIRE: DES FLAM AUX FPC, LE LONG CHEMIN VERS LA LIBERTÉ CONTINUE; 32 ANS D´EXISTENCE ET DE RÉSISTANCE!
De l’oppression qui n’a que trop duré est né en 1983 sous le ciel gris et trouble de la Mauritanie un mouvement de libération nationale, son nom pique comme une étincelle: les FLAM.
Mouvement multinational luttant pour l’avènement d’une société non raciale, égalitaire et démocratique en Mauritanie. Aventure difficile à l’époque où la question nationale était reléguée par les ténors de l’opposition et du système au second plan pour ne pas dire considérée comme”secondaire”. La riposte a été dure et vive, les “importateurs”de concept ne sont pas allés loin: “nationalistes étroits” le mot est trouvé pour diaboliser ces “petits nègres” qui ont osé remettre en cause un discours en vogue et s’insurger contre un système qui se consolide. Mais tel le roseau de la fable qui ploie sous la poussée de la bourrasque sans pour autant se casser les FLAM, devenues FPC depuis notre dernier congrès historique de Nouakchott, continuent de résister face aux tempêtes des intellectuels terroristes et surmonter les obstacles et de s’aguérrir face aux épreuves.
Et comme notre guide Nelson Mandela, parce que nous nous réclamons tous du Nationalisme Africain, qui n’a rien à avoir avec des nationalismes exclusivistes exportés et qui ne tiennent pas compte des réalités historiques, politiques et sociologiques de nos pays, nous disons que “Nous nous sommes engagés dans la lutte les yeux ouverts, sans nous faire d’illusions ni croire que le chemin serait facile”.
Notre mouvement c´est l´histoire d’une résistance patriotique des plus opiniâtres, celle qui n´a jamais plié, ni dévié, celle qui n’a jamais été récupérée, en dépit des manœuvres et agressions de toutes sortes. Les FPC ou les ex FLAM, constituent sans conteste, dans l’histoire de notre pays, la force politique qui a fait montre de la résistance la plus longue et la plus constante. Je ne crois pas aussi que notre discours sur le racisme, l´esclavage, les réfugiés, l´identité du pays et l´impunité soit en déphasage avec la réalité du pays. Au contraire il devient de plus en plus audible et plus frappant à l´intérieur comme à l´extérieur.
L´actualité du pays avec cet enrôlement discriminatoire vient encore d´une manière éclatante nous conforter dans nos analyses et dans nos positions. Nous continuons à dénoncer l’injustice dont la communauté négro-mauritanienne est victime et tous les exclus du Système en Mauritanie. Ils se reconnaissent tous dans notre combat. Nous avons été les premiers à nous insurger contre le dictateur Ould Taya et le système discriminatoire qu’il a solidement bâti et conforté. Cela nous a valu la répression la plus sanglante, la plus cinglante et la plus haineuse jamais enregistrée dans ce pays.
Depuis leur création, les FLAM s´étaient fixées entre autres objectifs : la résolution de la question nationale, la lutte contre l´esclavage et les pratiques féodales, l´instauration d´une véritable démocratie en Mauritanie où le fait d´être arabe, noir, haratine, znaga ne serait ipso-facto une condition rédhibitoire. C´est ce paradigme que nous avons rappelé et voulu concrétiser en Mauritanie qui nous a valu la dénonciation, la répression jusqu’à l’élimination physique de ceux que nous comptions de plus chers dans notre mouvement.
A l’époque, cependant il ne s’était pas trouvé suffisamment de bonnes volontés dans les formations politiques concurrentes pour formuler, avec autant d’exigence que nous, la revendication d’une réelle égalité entre tous les citoyens mauritaniens. Nous avons payé cher notre droit à l´expression.
Nous n´avons pas attendu la « démocratisation » du pays, la libération de la parole ou l´avènement de l´internet pour dire non à cette gestion discriminatoire, à caractère raciste, instaurée dans ce pays. C´est grâce à notre action que l´opinion internationale a découvert le vrai visage du régime mauritanien et l´apartheid méconnu de notre pays.
C´est grâce à ce mouvement que le monde occidental et africain a découvert aussi le sort des déportés mauritaniens et des esclaves en Mauritanie.
C´est grâce à ce mouvement que le génocide planifié par des franges intolérantes de nationalistes arabes a échoué. C´est grâce à ce mouvement que les tortionnaires et autres génocidaires sont pourchassés et interdits de séjour dans des pays respectueux des droits de l´homme. C´est aussi grâce à l’impact de notre discours clair, cohérent et suivi, que les masses négro-africaines allaient prendre, pour la plupart, conscience de leur oppression. C´est encore grâce à notre encadrement que les déportés ont résisté pendant des années aux chants des sirènes de Nouakchott, et maintenu intacte la tension du retour, jusqu´à la reconnaissance officielle de leur déportation par les nouveaux régimes.
On ne le dira jamais assez, un de nos acquis le plus essentiel, demeure celui d’avoir réussi, surtout, à rompre le mur du silence qui entourait cette politique ignominieuse de discrimination à caractère raciste et ces pratiques esclavagistes dont sont victimes les populations noires mauritaniennes.
La Mauritanie est un pays secret; nos dirigeants politiques se sont toujours évertués à soustraire à la curiosité internationale les problèmes de fond du pays, par la dissimulation et les diverses manœuvres mensongères !
Nous avons ainsi, à travers le « Manifeste du Négro-Mauritanien opprimé » diffusé à l’extérieur, notamment au sommet de l’Union Africaine tenu à Hararé (Zimbabwe) en 1986 montré le vrai visage de la Mauritanie; chose que Ould Taya n’a jamais réussi à digérer !
Aujourd´hui toute la classe politique parle dans son ensemble de l´unité nationale, du retour des déportés, du passif humanitaire, chose fort heureuse, alors qu´hier ces sujets étaient tabous et considérés comme “fond de commerce des nationalistes étroits, des ennemis du monde arabe à la solde du sionisme”. L´histoire vient encore une fois de démontrer que seule la vérité est révolutionnaire; nous n´avons jamais failli dans notre mission de combattants de la liberté, de sentinelle du pays, de garde-fous de la démocratie
et d´objecteurs de conscience.
Le régime de Taya et les tenants du Système ont cherché, en vain, par tous les moyens à nous casser, à nous marginaliser, à nous diaboliser. Ils ont essayé par la répression, la corruption, la diffamation mais le socle dur est resté ferme et déterminé, loin de tout opportunisme et amateurisme.
Aucune force politique même les réformistes et révisionnistes ne saurait poser correctement aujourd´hui la question nationale et sociale sans emprunter ou retomber sur le discours “empirique “du mouvement. Pour parler comme Fukayama nous disons encore c’est “la fin du discours” sur ces questions.
Tous ensemble nous aurons encore à mener d’autres combats, nous ne méconnaissons pas pour autant la nécessité de l’unité d’action de l’ensemble des organisations politiques soucieuses de l’unité nationale et du règlement juste et équitable de la question nationale.
Je ne peux terminer sans faire appel à Jean Jaurès qui disait: “le péril est grand mais il n’est pas invincible, si nous gardons la clarté de l’esprit, la fermeté du vouloir, si nous avons à la fois, l´héroïsme de la patience et l´héroïsme de l’action, la vue nette du devoir nous donnera la force de le remplir”.
La lutte continue!
Kaaw Touré des FPC.
Le descendant de Antar Ibnou Cheddad a dit: La Mauritanie, un pays qui vit sur ses ancêtres
Kafer Naum – Il est étonnant de vouloir être quelque chose en se référant à sa lignée.
La Mauritanie, un pays extrêmement pauvre, qui vit une misère sociale, économique et humaine de tous les jours et tout le monde se targue d’une noblesse qui sied mal à son environnement et à ses actes. La question existentielle est : peut-on être si noble et vivre dans un pays si appauvri par sa « noblesse »?
La noblesse est-elle dans la lignée ou dans les actes ?
Chaque mauritanien a son arbre généalogique pour faire de l’ombre à son prochain. Un pays désert où il y a tellement d’arbres qui ne produisent aucun fruit. Sinon celui d’une noblesse déplacée d’un pays déclassé dans le concert des nations. Les mauritaniens ont excellé dans leurs références généalogiques pour prouver on ne sait plus quoi.
Peut-être qu’à défaut de devenir, ils veulent être…ce qu’ils furent. Il est plus facile (sinon plus lâche) de vivre dans le passé que dans le présent. Surtout quand le présent exige des sacrifices.
Pourquoi se réfère-t-on à son arbre généalogique en Mauritanie ?
a- La fonction socio-psychologique de vouloir prouver qu’on est bien né.
En Mauritanie, personne ne s’aventurerait à se présenter comme un znagui, ou un elheimi ou même comme un forgeron. C’est une sous race, des “intouchables, des moins que rien. Des sous-hommes et des sous-femmes… Par contre se présenter comme” d’une lignée guerrière, zouaya, chérifienne et autres c’est plus acceptable. Quand on est fils ou fille de personne, on ne doit ni apparaître ni paraître.
Il faut dire que l’ancien régime avait exacerbé cette situation où on accusait une tribu de monopoliser le pouvoir et donc la tribu a pris une importance institutionnelle particulière. Elle était devenue le refuge et le bouclier que l’on utilisait pour se défendre.
La revalorisation de l’appartenance à la tribu a éclipsé celle de l’appartenance à la nation. Mais la tribu n’est pas en elle-même un danger ce qui l’est par contre c’est de croire que par sa lignée on est plus précieux que d’autres, qu’on a un “plus” par rapport à d’autres et pire encore, qu’on est dans les grâces Dieu. Et qu’en s’annonçant comme tel on est forcément sous la bénédiction divine. Ainsi par sa descendance guerrière on sera plus aptes à guerroyer que d’autres ou par sa descendance chérifienne on est de facto béni par l’éternel.
b- Charité bien ordonnée commence par soi-même : le descendant de guerrier.
Je sus à 25 ans que j’étais de la tribu guerrière des Oulad Nasser de la fraction des « Laa’natra ». Donc que j’étais un descendant direct de sa seigneurie “Antarata el Abbsy” ou de quelqu’un qui, quelque part dans l’interminable généalogie de cette tribu porte ce nom…Mais il y a confusion. Admettons que ce soit l’inénarrable guerrier et poète, celui qui déroutait les armées avec son sabre et les poètes avec sa langue.
Je le sus, hélas tardivement (car ça aurait expliqué pourquoi je terrorisais mes petits amis d’enfance), que j’étais de sang royal et que je l’étais d’une noblesse à toute épreuve. Prouvée et signée. Donc, il n’y avait rien à dire, j’étais de la race des seigneurs. Seulement voilà, je n’avais ni cour ni de droit de cuissage sur qui ce soit. Sinon que si Biram, m’avait été proposé en esclavage je l’aurai refusé.
Et je me demandais d’ailleurs si, à force de l’éloignement de génération en génération depuis la lointaine Arabie et les croisements multiples de mes ancêtres traversant les mille et une contrées afro-berbères, en multipliant les épousailles et les alliances, si donc mon sang royal n’était pas tellement dilué que l’on n’y retrouverait à peine un globule rouge appartenant à mon illustre arrière (exponentiel) ancêtre.
Mais c’était confortable d’être de la race des seigneurs et de se dire qu’après tout c’est le nom qui compte. Et je devrais d’ailleurs déclamer à cors et à cris qu’il y a une erreur dans mon état civil et que mon vrai nom était « Mustapha Ibnou Cheddad », ou « Ould Cheddad » pour rester un peu Mauritanien; car à vrai dire si nous nous rattachions tous aux abbassides ou aux ommeyades, nous devrions émigrer (“rebrousser chemin” serait mieux) au Moyen orient.
Et nous devons faire vite pour au moins profiter du pétrole qui nous reste là-bas puisque le pétrole du pays dans lequel nous nous sommes installés est de mauvaise qualité ou plutôt la qualité de ceux qui en profitent est mauvaise.
Mais voilà, je sus aussi que ce n’est pas mon aieul qui viendra m’appporter mon pain quotidien et qu’un nom quel qu’il soit ne nourrit pas son homme. A quoi servait-il de déclamer que l’on est fils de seigneur si l’on n’agit pas comme les seigneurs. A quoi sert-il de dire que l’on est descendant d’une noblesse quelconque si nos actes n’expriment ni la noblesse du geste , ni moins encore la noblesse du cœur.
Les mauritaniens devraient adopter un emblème national similaire à celui des français. : Le coq. Car le coq est, dit-on, le seul animal qui chante avec les pattes dans la boue.
Se rattacher à une tribu Quraychites quelconque si ce n’est du grand Hijjaz ou tout au moins du lointain Cham ne sert à rien, car même si cela était prouvé, cela ne donnerait à aucun Mauritanien le droit d’un visa pour aller en pèlerinage…chez ses ancêtres.
Mais qu’est-ce que cela rapporte à notre pays, cette continuelle volonté de vouloir être descendant d’un “grand quelqu’un” ?
c- Des exemples publics récents : les chérifs dans les médias.
Deux cas de déclaration de lignée publiquement déclarée se retrouvent dans l’interview accordée par l’épouse d’un ANCIEN Président de la République (originaire de Lemden et destitué par un originaire de Louga) à un journal et dans un article d’un ancien directeur général de la Snim . A une question posée par un journal qui l’interviewait la première dame répondît ainsi :
« Vous conviendrez avec moi qu’il n’est point aisé de se présenter soi-même, mais je tâcherai quand même de le faire. Je suis Khattou Bint El boukhary, descendante d’une lignée Chérif ».
Un ancien directeur général de la Snim parlant de lui-même à l’occasion d’une réponse au chef de l’Etat : «(…) C’est cependant toujours le même homme, fier de son origine Quraïchite par son aïeul éponyme paternel Abderrahmane Rakkaz et son aïeul Menny (pseudonyme de Fatimetou), fille de l’Imam El Hadramy, de l’épopée de Boubakar Ben Amer et ses compagnons et de l’histoire de la confédération tribale Idoïch ( …) »
Mais les exemples peuvent être multipliés car chaque mauritanien s’attache à son origine et peut souvent remonter très loin dans son arbre généalogique. Connaître ses racines est une bonne chose. Car on ne peut, dit-on, connaître où l’on va si l’on ne sait pas d’où l’on vient.
Cependant, le Mauritanien s’en sert pour entrainer une présomption de bonne foi à son égard. On est de telle lignée ou de telle autre donc forcément on est dans une situation meilleure que les autres. Si ce n’était pas le cas, pourquoi s’évertue-t-on alors à déclamer sa lignée patriarcale ou matriarcale ?
La question est d’autant plus grave qu’elle peut même être constitutive d’une hérésie car Dieu n’a-t-il pas dît que le plus proche de Dieu est le plus croyant d’entre-vous. (إن أكرمكم عند اللهِ أتقاكم )
Et cette croyance en Dieu, signifie que l’on souscrit à toutes les prescriptions de notre sainte religion. Prescriptions qui mettent l’homme dans un perpétuel jugement par rapport à ses actes et non par rapport à sa lignée ou à sa descendance…
Que vous soyez descendant direct de tous les rois d’orient ou d’occident ou de tous les saints de la terre, vous ne pouvez vous prévaloir de cette lignée pour justifier vos actes ni devant Dieu ni devant les hommes.
Que les Mauritaniens comprennent que les puissantes nations d’aujourd’hui se sont bâties justement en reconnaissant que tout développement se doit d’être bâti sur l’humain et autour de l’humain, détaché de tout préjugé quant à ses origines ou à sa descendance.
Et que le plus valeureux de leurs ancêtres n’est pas un prétexte pour justifier une mauvaise guerre et que le plus chérif de leurs ancêtre n’est pas un prétexte pour prouver sa bonne foi. Car qu’adviendrait-il alors des lois, de la nation et de l’Etat ? Sinon une concentration d’humains qui chantent les louanges de leur lignée ancestrale dans une misère qu’ils tirent directement de la lignée de leurs actes.
Pr ELY Mustapha (Ould Antar Ibnou Cheddad)
كن ابن من شئت واكتسب أدباً
يغنيك محمـوده عن النسـب
إن الفتى من يقول : ها أنـا ذا ليس الفتى من يقول : كان أبي
Problématique de L’unité nationale Contribution de Samba THIAM- اشكالية الوحدة الوطنية
اشكالية الوحدة الوطنية
المساهمة
أود قبل أن أدخل في صلب الموضوع الإشادة بهذه المبادرة وأن أعبر عن أمتناني لأصحاب المشروع إضافة إلى كونهم مثقفين و إن دورهم لا ينحصر على إرضاء الآخرين و لكن التعبير عن الجرح و قول الحقيقة و التنبؤ عن الخطر الذي يحدق بهم.
اتجاه تلك التهديدات فإننا نرحب بالمبادرة التي تجسد ما مدى الحكمة و الوطنية.
و يمكنني أن أشير أيضا إلى طابعها المجيد و التاريخي.
و في هذا الصدد فإننا لأول مرة في تاريخ بلدنا نختار التحدث عن مشكلة الوحدة الوطنية بصفة مباشرة كموضوع رئيسي دون غموض….
إن التحفظ الوحيد الذي أتقدم به يتعلق بالطريقة المختارة تتمثل بحصر المواضيع التي يقترح علينا نقاشها و لكن من وجهة نظري التطرق لهذه المواضيع بصفة منفردة دون تحليل مسبق للإشكالية العامة ( الوحدة الوطنية ) يمكن أن يؤدى إلى طرق خاطئة لأننا سنعالج تلك المواضيع بفراغ و ذلك بتقديم إجابات فنية دون علاقة مع الإشكالية الرئيسية و هي بالأساس سياسية .
لخلاصة الموضوع أقترح أولا أن نحدد إشكالية الوحدة الوطنية التي ينتج بعدها معالجة المواضيع المختارة لأن المشاكل و الاختلالات المتواجدة هنا و هناك و في أي قطاع ما ناجمة عن هذه المعضلة السبب الأول للوقود السياسي.
إذا كان التعليم في انحراف و العدالة معطلة أو أن الانضباط و الإنصاف تطايرا فى الجيش و ذلك عائد إلى الأيدولوجيات……
إلى التحفظ آنف الذكر، أضيف توصية أظنها ضرورية و هي الترتيبات النفسية المنتظرة لكل متدخل لنجاح هذا النقاش : روح الانفتاح و الإنصات و الإرادة الحقيقية و الواضحة للبحث و إيجاد الحلول ….
ندخل الأن في صلب الموضوع
الأسئلة المطروحة: ما هي الإشكالية و كيف تتميز و ما هي الأسباب و الحلول إن كانت موجودة .
هناك مشكل حقيقي في الوحدة الوطنية أو التعايش فالوحدة الحالية هزيلة و ذلك نقولها و هي مهددة و لماذا .
هناك مشكلة حقيقية(الوحدة الوطنية) او التعايش, الوحدة الحالية هشة فلنجرؤ على قولها مهددة بالتبخر لماذا؟
فالوحدة في خطر و ذلك ناجم عن انفصال و ضعف التوازن بين المكونات الوطنية إبان خروج الاستعمار فبالأمس كانت مكوناتنا الوطنية تتقاسم الأعباء و اليوم فإن مكونة واحدة وطنية أو مجموعة قبلية تحتفظ بجميع الحقوق و تراقب و تهيمن على جميع مرافق الدولة و جميع القطاعات الحياة العمومية بسبب أو تواطؤ مع الدولة .
إن حقيقة السلطة السياسية و الاقتصادية و العسكرية و الثقافية و الاجتماعية و الإعلامية بيد مكونة واحدة وطنية تهمش الزنوج و لحراطين و هذا التمييز أو عنصرية الدولة المقام بها تستدعى ردة فعل و بشعور قوى للظلم و الاضطهاد و بالتالي شعور بعدم الاهتمام بالمتضررين و لكن لا يمكن لأي شخص كان صحيحا أن يعيش دون الشعور بقيمته الفردية كما قال جريفن .
إن العدالة الكبيرة و السياسة التي يمكن للدولة ضمانه و توزيعه على الجميع بدل لعدم المساواة و الظلم الذي يطبع الأنظمة الحاكمة.
لتوضيح ذلك فإنني سأعطى أمثلة دقيقة لذلك التميز:
– في القوات المسلحة و قوات الأمن فإن القيادة الرئيسية تتكون أساسا من العرب البربر و الزنوج و لحراطين يشكلون القوة الكبيرة المتواجدة في أسفل الهرم ، كاستفزاز لذلك فإنه تم اعتماد اللغة العربية كاللغة لهذه المؤسسة وذلك لإقصاء الزنوج الذين تأثروا من الصمت الطويل لأحداث 1986-1990.
– إذا اعتبرنا النخبة المدرسية أي مدارسنا الكبرى كمدرسة المعادن و مدرسة الطب و مدرسة متعددة التخصصات و مدرسة القضاة و الإدارة العليا و المدرسة العسكرية و مدرسة الضباط فإننا نلاحظ أن جميع هذه المدارس تكتتب بنسبة 99 بالمائة من مكونة العرب البربر وللتذكير فإن السبب الرئيسي لهذا الإقصاء العنصري لمجموعة الزنوج الإفريقيين هو الإصلاحات التربوية التي قيم بها و التي تهدف إلى فرض أو استخدام اللغة العربية لأغراض تميزية و اضطهاديه .
إلى جانب اللغة الفرنسية اللغة الأجنبية و التي من خلالها يحصل جميع الأطفال على فرص متساوية ، فقد فرضت علينا اللغة العربية وذلك بتجزئتها إلى مواد متشعبة عددها خمسة و لها ضوارب (2 أو 3 ) وذلك استقصائيا للتلاميذ الزنوج .
إن الفشل الكبير للتلاميذ و الطلاب الزنوج في الامتحانات و المسابقات يرجع بالأساس إلى هذه الوضعية.
يجب الفهم جيد ا كما أشار إليه أحد أن الوحدة الوطنية لا يمكن فرضه على لغة و لكن الوحدة تحصل عندما نتحدث بنفس التعبير أو بالأحرى نفس اللغة ….
على مستوى وسائل الإعلام لم تسند أي منها لزنجي إفريقي و بعد الساعة 9 أو العاشرة فإن جميع القنوات الخصوصية و العمومية تبث باللغة العربية أو الحسانية و حتى الصباح ، إن جزءا قليلا من الوقت يمنح للغات الوطنية الإفريقية و في فترات من أسوء الاستماع.
لإكمال تلك الأمثلة انظروا تمثيل المكونات الوطنية في البرلمان :
– يضم البرلمان الموريتاني 203 برلمانيا ( نواب و شيوخ مجتمعين ) من بين 203 برلماني يوجد 150 من العرب البربر أي 73 بالمائة مقابل 20 من لحراطين و 33 من الزنوج بينما المكونتين الأخيرتين تشكل ما يقارب من 80 بالمائة من مجمل السكان ، الحالة الثانية من التميز مثلا:
كيديماغا الولاية الجنوبية التي تضم 207000 نسمة و ولاية أدرار62000 نسمة هذه الأخيرة يمثلها في البرلمان 5 نواب و 4 شيوخ بينما كيدماغا يزيد سكانها ثلاث مرات على أدرار لا تحصل إلا على 6 نواب و 2 من الشيوخ أين الإنصاف.
سأتحدث عن قطاعات العدالة و الاقتصاد ( المصارف و المؤسسات الخصوصية و العمومية ) التي غاب عنها بعض المكونات ، إن تقييد غامض تم تنفيذه من طرف لجان عرقية أحادية من الواجب عليها إحصاء ساكنة متعددة الأعراق ،التقييد يقسم الزوجان ، الأم و الطفل يمنح لأحد منهم الجنسية الموريتانية و الأخر عديم الجنسية .
في بحث تحت عنوان التوزيع الجهوى للوظائف العليا للدولة التي قيم به سنة 1990 فإن الباحث دحان ولد الطالب عثمان يؤكد أن الدولة الموريتانية تظهر على أنها اتفاق بين القبائل الكبيرة في القضايا العقارية بموريتانيا السلطة السياسية 12 بالمائة ، السلطة الاقتصادية 6 بالمائة ، السلطة الإدارية 21 بالمائة ، السلطة الدبلوماسية 12 بالمائة ، السلطة العسكرية 15 بالمائة .
ماذا بقى من هذه الأرقام اتجاه حقيقة 2014 لا شيء……
نظرا لهذه الأمثلة حول التميز و عدم المساواة فإنه يمكننا أن نؤكد أن صعوباتنا الحالية للتعايش السلمي الناتج أساسا عن غياب العدالة ، ليس من الناحية المحدودة و لكن العدالة الكبيرة للوقود السياسي كما قالها يحيظه تلك العدالة التي تتكفل بها الدولة لجميع مكوناتها .
و يرمز لهذه العدالة الإنصاف ، المساواة في الفرص ، المساواة في الحقوق المكتسبة ، المساواة أمام القانون الذي يمكن للفقير و المتضرر الاعتماد عليه .
و لكن للأسف الشديد فإن الدولة أصبحت أداة لخدمة مجموعة عرقية واحدة، لخدمة أعضاء أقوياء من هذه المجموعة العرقية.
إن التعايش يتطلب نوعا من احترام التنوع الثقافي و العرقي و الديني…. إن لم يتحقق ذلك فلا مبرر له.
أحيانا يقدم لنا مبرر الأغلبية لتبرير النظام الأحادي الحالي أي أن الأقلية لا يحق لها الحصول على الحقوق إلا بهبة وبعطاء من الأغلبية.
إن من المصادر الأساسية لمشكل الوحدة الوطنية الذي نوجهه و يجب البحث عنه في إيديولوجية قاداتنا الذين تنقصهم الرؤية البصيرة و يعتبرون أن هذه الدولة عربية رغم حقيقة تنوعها و ذلك دون تفحص و استخدام المفاهيم التالية : الوحدة – الأمم – الوطن .
ما ذا يريد هؤلاء الآباء المؤسسين؟ و ماذا نريد نحن؟
هل نريد أن نتحد؟ أو نوحد أممنا؟ هل نبحث عن بناء وحدة أو القيام بوحدوية؟
إذا اعتمدنا الوحدوية مكان الوحدة فإننا نحذف كل هوية غير عربية من أجل جفت ولادة أمة عربية على ازدراء من كل هوية غير عربية.
إن أباءنا المؤسسين و من أخلفهم ضللوا كثيرا في مفهوم دولة الأمة التي لم توجد مكان الدولة متعددة الأمم الملائم للحقيقة الإفريقية .
وحدوي لتعدد الأمم و اللغات و الثقافات. إن مفهوم دولة – الأمة غير ملائم مع الخصوصية الإفريقية المتعددة و بصفة منطقية تباينية حسب تيشبي دولة – الأمة تذكر الشيخ أنتا جوب الحضارات البربرية التي تفترض مسبقا أمما أصبحت متجانسة بالعنف هذا ليس الحال بالنسبة لنا .
في الحقيقة إذا كانت وحدتنا سيئة فالحقيقة فإنها كانت واجهة معوجة الساقين و تشبه بوحدة الفارس مع مطيته .
إن شرح الأزمة الحالية للوحدة الوطنية يمكن تلخيصه بصفة مبسطة في العبارة التافهة : أمس كانت المطية تتضرر مما ترفضه و اليوم ثائرة و ترفض أن يجلس عليها و هذا ابسط ما يقال .
ما هي الحلول
قبل عرض وجهة نظري حول الحلول المحتملة أود الرجوع إلى تلك المشار إليها هنا و هناك و التي أتحفظ عليها كثيرا .
أولا الحل بالإسلام
إذا كان الإسلام كما يزعم البعض عنصرا موحدا 100 بالمائة فإننا لن نشاهد ميلاد هذه الانشقاقات منذ أولى طفولته وذلك فورا بعد وفاة الرسول محمد صلى الله عليه وسلم .
ألاحظ أن الإسلام الموريتاني انطلاقا من عبارته و مواقفه و صمته هو إسلام خاص ذات سرعتين و أخيرا إذا افترضنا أن الإسلام هو الحل الجيد لمشاكلنا أين المسلمون لتطبيقه.
أخيرا أرفض هذا الحل إزاء التجارب التاريخية في الهند و لباكستان و بنغلادش و العراق و السودان الذين أكدوا أن العنصر الرئيسي للتعايش الجيد ليس العامل الديني و لكن العامل العرقي.
فلنظر الآن الحل عن طريق الديمقراطية الذي يسانده بعض التيارات.
أؤكد مسبقا أنني لا أنتسب له .
فلنتذكر أن الديمقراطية لبرت يد لم تقضى على التميز العنصري و البانت ستان في إفريقيا الجنوبية كما هو الحال للديمقراطية الولايات المتحدة الديمقراطية الأولى في العالم التي تتميز بالعنصرية اليومية ماذا نقول أخيرا في ديمقراطيتنا الموريتانية التي تتميز بتطبيع الرق و العنصرية ونفى الإنسانية و المواطنة .
نرى جيدا أنه يمكن في ظل مساواة في المبدأ تموه التميز العرقي و الاستعبادية.
نزيد على ذلك المواطنة – الديمقراطية المنافية للرؤية اللبرالية التي لا يمكن انفصالها من العرق كما يذكرنا تيشبى .
إن المواطنة العرقية و الثقافية الحيادية التي تدير الفرد بفعل متبادل على الفضاء العمومي فهي مواطنة غامضة و خيالية و أكثر من ذلك في السياق الإفريقي.
إن التعبئة في مجال المواطنة غير قابلة للتجزؤ الثقافي و العرقي كما يدعم ذلك سليمان بشير جانج و يتسأل هل العرقية تعد شكلا من المواطنة .
لا الحل عن طريق الديمقراطية أو الإسلام لم تكن من عندي و يظهر لي أن هذا الحل خداع و لكن إن كان الحل يجب رغم كل ذلك تطبيقه فإنه يجب اعتماد قواعد معدة مسبقا تؤسس إجراءات الوحدة بالطريقة السويسرية و البلجيكية ، أو البوسنة أو لبنان أو برومانيا .
هذه التحفظات قيم بها فما الحلول
الحل عبر الخطوط المبدئية ، قاعدة أساسية و عادلة و مستدامة …….
إذا كنا نريد أن نعيد تشيد وحدتنا و بنائها بناءا جيدا فإنه يجب أن نعتمد على قواعد عادلة حول الخطوط المبدئية و هي المساواة، مساواة في الشرف، الاحترام المتبادل، احترام الفوارق، فصل المتوازن للسلطة، العدالة الاجتماعية.
مهما كانت الحلول الخاصة المقدمة من طرف الآخرين فالمهم أن هذه الخطوط تشكل الدعامة الأساسية.
من هذه الخطوط المبدئية سينتج عن ذلك تعديل راديكالي لرؤيتنا للوحدة الجارية .
فإعادة تعريف جديد لهوية البلد ، انقطاع تام مع ممارستنا الحالية .
ولهذا فتمشيا مع هذه الطريقة نقترح الحكم الذاتي عندما يتم تسوية إشكالية الوحدة فإننا سنتجه إلى مصالحة وطنية مسلسلها يتشكل من ثلاث مراحل:
تهدئة المناخ الاجتماعي عن طريق إجراءات إيجابية تتجه نحو تسوية شاملة للإرث الإنساني و الآثار السيئة للتقييد و نداء اتجاه قوى منظمات محاربة العبودية للاطمئنان .
نقاش و طني الذي ينجم عنه حلول توافقية تتعلق بالمحاور الكبرى للإصلاحات الدستورية ميثاق التعايش ، فصل السلطات ، التوزيع المتوازن للسلطة ، حقوق وواجبات المعارضة ، حكومة توافقية أو عكسا لذلك رقابة أعمال حكومة الأغلبية من طرف المعارضة ….
مؤسسي إدارة مشتركة ذات رئاسة دورية، مرصد وطني للحريات و التعايش….. يتبعون فقط ذلك.
المنتديات العامة… للقوات المسلحة ، للتهذيب ، للعدالة ، و الإدارة …..
إن المشاكل المطروحة تلازميه لكل المجتمعات و المجموعات البشرية وعندنا البعض منها
يجب علينا أن نضع إشكاليتنا للتعايش رغم قوتها و شدتها في إطار المحاربة الطبيعية بين المجموعات البشرية المدرجة في السياق الطبيعي و العادي للأشياء المدارة بالقوانين الطبيعية قوانين سوسيولوجية ….
إن حكامنا يتحملون الكثير من المسؤولية بسياساتهم المؤذية فيما يحدث فإن القوانين الطبيعية تحكمنا و التي لا مناص منها .
هكذا وحسب الشيخ أنتا جوب نقول ذلك بالقرب الذي يطرح و يقول عندما تتقاسم مجموعات عرقية نفس الفضاء فإن اتجاه كل واحد منها لا يتمثل فقط بالاضطهاد .
هناك قانون أخر يقول عندما تكون نسبة الأقلية تتزايد فإن محاربة الطبقات تتحول إلى محاربة اللون.
إن فهم هذه الظواهر يساعد على إعادة مكانة إشكاليتنا في إطارها السليم و الصحيح و توجد هناك قوانين أخرى مثل قانون المسافة و قانون النمط الظاهري اللذان يشرحان بدورهما طبيعة العلاقات بين المجموعات البشرية ….
و لكن هناك قوانين الطبيعة و إرادة الرجال ….
مع إرادة قوية و مؤكدة بصفة واضحة للرؤية فإننا سنصل إلى استيلاء على القوانين و سننجح في نقل الجبال و حل كل إشكالية مهما كانت معقدة أو صعبة كما يقول المثل لا شيء و لا شيء يمكنه أن يقف إرادة دون تحفظ.
إن المنطق و الصواب الذي يمر على الأذن هو أن الإقصاء الاجتماعي سينفجر و سياسيا أكال و اقتصاديا سيئا إذن علينا أن نستعيد السيطرة و نفعل كالبرمان كيف يمكن لكل أحد منا أن يساهم في جلاء و عظمة موريتانيا .
يجب علينا أن نستعيد السيطرة على أنفسنا…..
صمب تيام
مفتش التعليم الأساسي
رئيس قوى التقدمية للتغيير
FPC
(المساهمة القادمة حول النظام التربوي)
دجنبر 17-2014
« Nous n’avons qu’une Mauritanie, ne l’abîmons pas ! »
Vue de loin, la Mauritanie apparaît comme un pays tranquille, calme et stable. Or, voilà une image trompeuse qui égare bien des observateurs. C’est un pays complexe, secret, un volcan endormi, qui couve une crise interne découlant de la rupture d’un équilibre intercommunautaire.
Depuis le discours de La Baule, la Mauritanie dispose de sa « démocratie ». Avec une constitution (sur mesure), des partis politiques qui foisonnent, une presse dite « indépendante » que je préfère appeler « presse privée » et de temps en temps un simulacre de compétition électorale. C’est bien là des attributs d’une parfaite démocratie.
Mais la Mauritanie recouvre une toute autre réalité ; dissimule une face cachée d’une démocratie raciale. Cette donne est tellement insidieuse que les plaintes et les réserves à l’endroit de cette « démocratie » mauritanienne ne sont souvent pas comprises.
Depuis l’indépendance, nos chefs politiques incapables de se départir de l’esprit partisan, tous issus du milieu maure, se sont attelés sans relâche à développer des politiques qui, loin de forger la Nation encore inexistante, ont conduit à des crises cycliques et répétées, conduisant à une déchirure profonde entre les deux communautés. Par ces politiques nocives développées au fil des années et des régimes que guidait un système inique, on mit en place un apartheid déguisé. Déguisé, car on le chercherait en vain dans les textes institutionnels. Or il existe partout.
Le racisme d’État est partout !
La discrimination raciale commença d’abord feutrée, subtile et insidieuse, pour un projet qui allait devenir obsessionnel: construire une Mauritanie exclusivement arabe !
Pour ce faire, des mécanismes furent mis en œuvre pour que l’Etat fut la « chose » des arabo-berbères. Progressivement, au rythme des résistances qu’opposaient les Négro-africains, ont fît de sorte que les arabo-berbères contrôlent la réalité du pouvoir politique et économique, la justice, l’éducation, l’armée. La diplomatie ne sera pas en reste car, à l’extérieur, il faut afficher l’image d’une Mauritanie arabe par la composition des délégations, le discours et les clichés culturels.
Évidemment pour masquer la nature discriminatoire des régimes, on va saupoudrer un peu par quelques « nègres de service », sans responsabilité aucune, personnalités aux genoux tremblants, figurines sans aucun pouvoir de décision!
Un des rouages essentiels de cette machine à discriminer fut l’usage qu’on fit de la langue arabe. Cette langue introduite très tôt dans le système éducatif, à des fins « d’indépendance nationale » selon le discours officiel. Ce fut une vaste supercherie qui visait en fait à cacher de sordides motivations. On lui fît jouer un rôle, non pas d’intégration, non pas d’épanouissement pour tous, mais d’instrument de sélection et de discrimination dans l’emploi et l’éducation pour éliminer les Négro-africains. Les enfants négro-africains commencèrent à échouer massivement.
Ce fut la période où il y eut un raz-de marée sans précédent de cadis, de magistrats, d’enseignants, de centaines de jeunes sautant à pieds joints dans le système, sans aucune formation,et dont le seul critère de recrutement fut le passage à l’école coranique. Comme si passer par cette école procurait automatiquement les compétences et les capacités requises aux métiers qu’ils exerçaient.
Ce fut un vrai gâchis au plan national, à la base de l’impasse et de la déchéance actuelle du système éducatif. Il a été instauré ainsi une politique de marginalisation massive des Négro-africains qui allait atteindre son apogée avec l’avènement du colonel Maaouiya Ould Taya.
Beaucoup d’observateurs ont présenté à tort les crises en Mauritanie sous une orientation inter-ethniques, comme si la communauté arabo-berbère et négro-africaine, se dressaient, par animosité, l’une contre l’autre. Ce ne fut jamais le cas. Ces crises étaient à l’image de ce qui se passait au Kwazulu-natal du temps de Botha. Elles étaient orchestrées par nos dirigeants à des fins politiques pour les exploiter judicieusement.
Ce n’est pas par hasard si la déportation de 120. 000 noirs mauritaniens au Sénégal et au Mali, ne suscita que peu d’émoi du côté des intellectuels et de la classe politique beydane, où l’on notait un silence assourdissant. Seuls quelques jeunes du Mouvement des Démocrates Indépendants (MDI), allaient faire exception.
J’ai toujours eu le sentiment que l’intellectuel ne pouvait rester sans rien faire, sans rien dire devant l’injustice.
Pourquoi un tel silence? Le Régime du colonel-président avait-il réussi à les convaincre? C’est là du reste une dimension, entre autres, qui rend difficile la recherche d’une solution au problème, au regard de l’ambiguïté qu’entretiennent certaines formations politiques sur notre question nationale. Celles-ci, quand elles ne nient pas purement et simplement l’existence du problème, le réduisent à une simple question linguistique, ou de violation des droits de l’homme. A les entendre il suffirait, pour tout régler, que les déportés reviennent. Le débat, en général, au niveau de l’opposition politique au lieu de se focaliser sur les vrais problèmes, tournent hélas autour des questions périphériques.
En tout état de cause, ces déportations planifiées avaient des motivations sordides. Il s’agissait de profiter du « conflit » avec le Sénégal pour tenter de « dénégrifier » le pays, car le taux d’accroissement important des Négro-africains est devenu une hantise, au point que tous les résultats des recensements démographiques (par ethnie) sont tenus secrets, et ce depuis 1960 !
Il s’agissait aussi de saisir cette occasion pour faire passer enfin une réforme foncière qui rencontrait une forte résistance en milieu Négro-africain, pour servir des intérêts inavoués. La déportation justement, permit de redistribuer les terres de ces réfugiés en exil forcé au Sénégal, comme s’ils ne devaient plus jamais revenir.
Il s’agissait enfin de frapper les esprits en sévissant durement et partout pour intimider afin de décourager à jamais toute velléité de résistance, en décapitant la seule force politique organisée à l’époque que sont les FLAM, de manière à neutraliser l’avant garde éclairée de la contestation du projet hégémonique.
Dans le feu des événements, allait surgir une quatrième raison: récupérer le bétail peulh (150. 000 bovins) pour compenser les pertes matérielles subies par les maures rapatriés du Sénégal. Pour se venger du Sénégal voisin, les autorités mauritaniennes allaient se rabattre sans remords, sur ses propres citoyens qu’elles spolièrent et dépossédèrent pour les chasser ensuite comme des « vulgaires étrangers ».
Et dire que l’Afrique se tait devant ces actes barbares! Et qu’à côté, on garde un silence, à la limite de la complicité.
Ainsi donc, au fil des années et des régimes guidés par un même projet, la discrimination raciale allait s’accentuer, pour s’afficher violemment dans les années 80. Si avec les premier régime, un peu plus futé, elle fut feutrée, le règne du colonel Taya qui, lui, ne s’embrassera pas de scrupules, les Négro-africains passeront de l’état de marginalisation à l’exclusion totale ouvertement déclarée, dans laquelle, il faut replacer les déportations évoquées plus haut. Le colonel Taya allait, le premier, donner le cadre juridique de notre élimination par une constitution qui allait imposer désormais la langue arabe comme seule langue officielle.
Les plans d’ajustements structurels du FMI arrivant à point nommé, servirent pour vider l’administration des Négro-africains,surtout. Résolu, par une répression physique et mentale féroce, sans tergiverser comme ses prédécesseurs,Taya allait, à marche forcée, consolider le système et afficher l’option désormais déclarée d’une Mauritanie exclusivement arabe. « La Mauritanie n’est pas en voie d’arabisation c’est un pays Arabe » déclara t-il à Jeune Afrique en Janvier 1990.
En Mauritanie, on est en face d’une minorité qui, pour pérenniser son pouvoir abuse de l’État et use d’un soubassement idéologique pour assimiler et asservir les autres composantes culturelles, une minorité qui confisque le pouvoir depuis plus de 50 ans, qui ne veut ni en partir, ni le partager. Voilà la réalité de notre « démocratie ».
Notre « démocratie » arrive donc et se plaque sur cette triste réalité qu’elle recouvre, intacte, sans rien changer, se muant ainsi en une « Démocratie raciale », à l’image de ce qu’a connu l’Afrique du sud.
Nous ne nous sentons pas concernés par une pseudo-démocratie qui nous exclut, nous avons cessé de croire en notre « État », qui a fait de nous des spectateurs passifs du jeu de compétitions électorales réservées aux citoyens à part entière. Nous sommes, nous Négro-africains, au stade où nous luttons pour notre survie, pour notre reconnaissance en tant que citoyens, en tant qu’hommes simplement, dans un milieu hostile où l’homme voue l’homme au racisme et à l’esclavage.
Pour sortir de cette impasse, il faut une attitude, un climat et des conditions. Une attitude courageuse d’ouverture sincère et de reconnaissance du problème. Un climat de décrispation sociale grâce à un train de mesures positives à l’endroit de tous ceux qui, victimes et blessés dans leur chair, ont subi des préjudices matériels et moraux. La sanction des crimes commis pour rendre leur dignité aux victimes, à leurs familles et aux orphelins.
Il faut instaurer un dialogue, car ce formidable potentiel de révolte enfoui commence à gronder. Il serait erroné de croire que toutes ces années de calme plat pourraient exclure toute éventualité de soulèvement populaire.
Après une concertation nationale proposée dès 1986 par notre “Manifeste du Négro-mauritanien opprimé”, et dont les conclusions pourraient éventuellement être soumises au peuple, on aborderait enfin la phase d’une véritable démocratisation.
L’urgence de l’essentiel nous commande d’agir car voici ma conviction profonde : nous n’avons qu’une Mauritanie, ne l’abîmons pas !
La lutte continue!
Kaaw Touré
Porte-parole des Forces Progressistes du Changement (FPC- ex-FLAM).
Les Peuls : Les Kurdes d’Afrique… Et si la question peule était posée…? une contribution de Bellahimana LY
Comme les Kurdes au Moyen Orient et les Berbères au Maghreb et au Sahel, les Peuls constituent un grand peuple sans un « Etat foyer » comme disent les occidentaux à propos des Juifs. Ils se trouvent dans la quasi-totalité des pays d’Afrique de l’ouest et une partie de l’Afrique centrale.
Traditionnellement des nomades, les Peuls se sont sédentarisés pour former des états qui datent du Moyens Age : L’Almamiya du Fuuta Toro ( sud Mauritanie et nord Sénégal de Saint-Louis á Bakel), Le Royaume Fouladou (Haute Casamance au Sénégal, nord-est de la Gambie), l’Almamiya du Fuuta Jallon en (Guinée Conakry), l’Empire du Macina (Centre du Mali), l’Etat infaillible de Liptaako (Burkina faso), l’Empire du Sokoto (Ouest du Nigeria , Sud du Niger et Nord duTogo et Benin) et l’Etat d’ Adamahawa (Est du Nigeria et Nord du Cameroon).
Seuls les Wodaabés en Afrique centrale (Est Niger, Extreme Est du Nigeria et Cameroun, Tchad, Soudan, Soudan du Sud et la Centrafrique) n’ont pas d’Etat foyer dû à leur activité de transhumance.
Aujourd’hui aucun de ces Etats n’est une république indépendante et aucun mouvement ou groupe séparatiste ne revendique une quelconque autonomie.
La langue peule
La langue peule et le Swahili sont les deux langues les plus parlées en airs géographiques en Afrique. La langue est appelée Pulaar dans la zone ouest et elle est appelée Foulfoulde dans les autres pays. Elle est comprise par tout le monde peul avec des légères différences. Il y a huit aires dialectales du Peul :
Pulaar Fuuta Jaloo (Guinée Conakry, Guinée Bissau, Sierra Leone), Pulaar Fuuta Tooro (Nord Sénégal, Sud Mauritanie et Ouest du Mali), Pulaar Firdu (Casamance et en Gambie), Fulfulde Maasina (Centre et Nord Mali), Fulfulde Liptaako (Burkina Faso), Fulfulde Borgu (Benin et Togo), Fulfulde Sokoto (Nord-Ouest du Nigeria et le Niger),Fulfulde Adamahawa (Nord-Est du Nigeria, Cameroun, du Tchad, Centrafrique, Soudan).
Le Peul n’est la langue officielle d’aucun de ces pays cités; comme l’est le Swahili la langue officielle de la Tanzanie et du Kenya. Cela s’explique d’abord par le fait qu’aucune ville peule n’est devenue la capitale d’un pays, ça s’explique aussi par des raisons politiques.
les peuls sont t-ils vraiment des gens méchants?
Les Peuls sont victimes de discrimination et de stigmatisation. Les autres ethnies ont “surtout peur” de la langue qui pourrait etre selon eux un facteur de domination en Afrique de l’ouest. Leur situation politique aujourd’hui est aussi le resultat de leur forte opposition aux colons, les blancs ont installé la méfiance dans les coeurs des gens comme ils l’avaient fait au Rwanda entre Tutsie et Hutu. Par conséquent les Peuls sont accusés du racisme et de l’égoisme.
Si aujourd’hui beaucoup d’Africains se vantent d’être musulmans c’est grace à “Geno” Bien sûr mais aussi aux Peuls surtout ceux du Fuuta Toro appellés Haal Pulaar’en. Une partie des Peuls d’Afrique de l’Ouest, ont été parmi les propagateurs de l’islam sunnite, notamment avec des personnages du clan Toroobe Oumar Tall, comme Ousmane Dan Fodio et Muhammad Bello Chez les Haussa, Sékou Amadou, fondateur de l’empire Peul du Macina, et Amadou Lobbo Bari “Emir du Macina“, Modibo Adama, fondateur du royaume Peul de l’Adamaoua les peuls auraient dû profiter de l’Islam pour imposer leur culture aux autres.
Sur le plan socio-géographique, les Peuls conquérants pratiquant le djihad sont des Peules sédentaires et en bonne relation avec les populations avec lesquelles ils cohabitent.
Les peuls ont un large esprit d’ouverture et de partage, ils forment en générale une seule communauté avec leurs voisins. Au Sahel, il très difficile de différencier un Peul à un Touareg, au Nigeria, avec les Haussa ils constituent un peuple appelé Haussa-Fulani, au Sénégal les Peuls et Sérères sont très liés bref les discours politiques et la réalité sont très différents.
Les Peuls très croyants n’ont jamais adopté l’esprit de vengeance ou de représaille « Ko muusi muusi ko fof » ils s’en remettent à Dieu « Maa Allah ñaaw fof » Dieu Jugera tout. Le président mauritanien avait prononcé ces mots à Kaédi : «… je suis heureux parce que les affliges ont fait preuves de maniabilité et d’indulgence je suis heureux parce que, Allah leur a donné le courage de surmonter les douleurs et la force de souiller les larmes de l’amertume sans ressentiment… »
Les éleveurs peuls ont beaucoup de problèmes avec leurs voisins agriculteurs qu’ils soient peuls sédentaires ou d’autres groupes ethniques, les pasteurs détruisent sur leur passage les champs des agriculteurs cela engendre des incidents très graves, le plus grave et celui qui a provoqué un conflit sénégalo-mauritanien suite à la bagarre entre un éleveur mauritanien et un cultivateur sénégalais, par contre ils sont victimes des vols de bétails à main armée. Le plus récent événement remonte en 2012 des Peuls Burkinabés sont massacres par des Dogons du Mali.
Situation politique pays par pays.
Sénégal
La situation politique du Sénégal est très stable. Les Peuls ont toujours occupé des postes importants, le président actuel est originaire du Fouta mais on ne peut pas dire que la situation est la meilleure. Dans les années 70-80 le Sénégal avait publié des statistiques en divisant les peuls en 3 groupes (Toucouleurs, Peuls et Laobés) pour donner la majorité au Wolof afin que cette langue soit la première au Sénégal. Le défunt Tidiane Anne tenta de s’opposer à ses données.
Aujourd’hui parler Pulaar dans certains lieux peut relever de nationalisme voir racisme chez certaines personnes. Il n y’a pas de tension ethnique au Sénégal mais la langue pulaar est en perte de vitesse. A la vielle du deuxième tour de l’élection présidentielle 2012 des responsables politiques brandissent l’épouvantail d’une menace peule dans le pays en criant au vote ethnique. Heureusement le peuple sénégalais dans son ensemble est un peuple civilisé et mature.
Cameroun
Les Peuls ne sont pas catégoriquement exclus de la vie politique camerounaise. Leur premier président est un peul, Ahmadou Ahidjo. Poussé à la sortie par les français en lui faisant croire qu’il était gravement malade, quelques années plus tard il a voulu reprendre le pouvoir cette fois ci il est contraint en exil forcé au Sénégal par Paul Biya. Les peuls dominent le centre et nord du Cameroun (Ngaoundéré) même si le pouvoir est aux mains des sudistes depuis plusieurs décennies.
Le fulfulde est la première langue du Cameroun, elle est véhiculaire dans tout le centre et nord Cameroun. Les villes comme Ngaoundéré, Maroua et Garoua ont bénéficié des infrastructures modernes et de bonne gestion où ils pratiquent librement leur tradition. Le pays est réputé être calme car il n’a jamais connu des conflits ethniques ou religieux. Les camerounais se demandent si la dictature qui assure la stabilité n’est pas meilleure qu’une alternance démocratique qui installe le chaos.
La Guinée et la Mauritanie
Ces deux populations ont un destin identique et parfois tragique.
En Guinée, les Peuls subissent un sentiment de haine qui remonte au discours scandaleux de Sékou Touré. Inquiet de la montée de la popularité de Diallo Telli, premier Secrétaire Général de l’OUA, le dictateur sanguinaire invente un complot peul imaginaire.
D’abord Il interdit la bourse d’études aux enfants peuls, ensuite des gens ont été massacrés parce qu’ils portaient des patronymes Diallo, Soh, Barry, Bah… Des intellectuels peuls sont victimes des exécutions en série, ce qui a fait le plus mal durant cette période c’est le fameux discours haineux, Sékou Touré appelle ouvertement au génocide peul (Personne n’a va jamais réussir ce que Hitler a échoué pendant la shoah).
M. Diallo n’a pas perdu sa foi en « Geno » voilà un extrait parmi ces derniers mots « Je suis croyant…je l’attends devant Allah » 7 ans plus tard Sékou, l’a rejoint dans l’autre monde. Aujourd’hui ils souffrent de cette diabolisation et les tensions ethniques persistent les spécialistes parlent de risque de guerre civile tandis que les peuls eux s’alarment d’un risque de génocide.
Ces tensions sont ravivées par les dernières élections présidentielles. Le candidat peul est arrivé en tête au premier tour avec 39 pour cent; a été éliminé au deuxième tour par une campagne « tout sauf peul » un résultat étonnant politiquement. Pourtant les peuls sont largement majoritaires en Guinée avec 40 pour cent de la population.
En Mauritanie c’est toute la communauté africaine qui fait face à l’arabisation du pays. Les Haali Pulaar’en sont la première ethnie africaine, ils sont particulièrement visés. Dans les années 80, ils publient un manifeste dénonçant le racisme et les discriminations par la suite le régime en place affirme avoir déjoué un coup d’état peul et saisit l’occasion pour commettre c’est qu’on appelle une épuration ethnique dans l’armée et d’autres institutions du pays.
En 1989 un conflit sénégalo-mauritanien éclate mais le pouvoir est persuadé que les véritables ennemis sont les haal pulaars des milliers de foutankés chassés de leur terre, des tueries et des licenciements des fonctionnaires se multiplient sous le regard silencieux des oulémas et des chefs religieux. Le 28 novembre 1990 28 Soldats tous pulaars sont pendus pour célébrer l’indépendance du pays.
24 ans après, la justice n’est pas faite mais les choses semblent aller mieux. La communauté noire continue à dénoncer le pouvoir en place qu’il juge raciste fondé sur un système politique discriminatoire. Les nationalistes arabes veulent instaurer un Etat exclusivement arabe et tourner le dos définitivement aux pays subsahariens, des mouvements noirs protestent ce système, ces même mouvements sont accusés d’être composés exclusivement de peuls.
Mali
Les peuls du Mali sont victimes des conséquences du conflit entre les Touaregs et Bamako. Les Peuls cohabitent avec les tamasheqs depuis des siècles et ils partagent la même culture du Sahel. Durant les périodes des conflits, les Peuls sont pris entre deux feux, d’une part ils subissent les représailles des Touaregs les considérant avant tout des africains et d’autres part l’armée malienne commette des exactions sur des innocents qu’elle accuse de soutenir les Touaregs et surtout d’avoir massivement intégré les forces djihadistes du Mujao.
Les Peuls sont bien représentés dans la vie politique du Mali mais les tensions entre les éleveurs et les agriculteurs sont fréquents, sous le régime d’ATT qui est élevé dans un milieu peul. L’Etat avait pris des décisions en faveur des pasteurs peuls mais depuis son renversement les tensons surgissent.
Guinée Bissau et Sierra Leone
Dans ces pays la situation politique est instable, ils souffrent des crises politico-militaires. Le président de l’intérim de la Guinée Bissau est peul, le pays traverse une longue crise politique. La Sierra Leone sort d’une décennie de guerre et la population peule est très minoritaire.
Benin et Togo
Dans ces pays aussi les populations peuls sont minoritaires et occupent le nord du pays. Ils ne sont pas impliqués dans la politique de leurs pays et ils font face à des conflits frontaliers et des tensions avec les agriculteurs. La communauté Peule au Bénin est déjà victime de nombreuses humiliations et brimades par les populations et les forces de l’ordre à cause de la mauvaise publicité qui leur est faite par certains médias et certaines autorités.
Il y a quelques mois, suite à un incendie qui a décimé un village, un ministre de la République parlant des transhumants, a dit publiquement devant une population en furie, donc vulnérable et facilement influençable : « Comme le Guépard, nos forces de sécurité et de défense sont appelées à traquer ces hors la loi jusqu’à leur dernier retranchement ». Ces propos ont été relayés par la presse béninoise.
Burkina Faso
Les peuls constituent la troisième ethnie du pays, c’est l’un des pays qui n’a pas connu des crises interethniques. Dans la région du Sahel, le Fulfulde est enseigné, le taux d’alphabétisation est élevé, le fulfulde est bien représenté dans le pays. Selon la constitution nationale les habitants sont appelés les Burkinabè (mot invariable), où le suffixe « bè »désignant l’habitant en fulfulde (homme ou femme), le singulier est Burkinajo mais pour faciliter les choses le gentilé du Burkina reste toujours invariable.
Niger et Nigeria
Dans ces deux pays les Peuls sont indissociables aux Haoussas, dû à leur attachement à l’islam. Au Nigeria, on parle plutôt d’une opposition du nord musulman au sud chrétien la religion est au-dessus de l’appartenance ethnique. Le pays a connu des présidents peuls et la langue fait partie des quatre principales langues du Nigeria (Haoussa, Foulani, Igbo et Yoruba).
Tchad, Soudans et Centrafrique
Les Peuls-Bororos ou Woddaabe vivent éparpillés dans plusieurs pays d‘Afrique. On ne connaît pas précisément leur nombre ni même où ils habitent parce qu’ils sont constamment en mouvement. Ce sont des nomades qui ne connaissent pas les frontières en plus des pays de l’Afrique centrale on les trouve également au Niger et au Nigeria.
Les deux Soudan sont déchirés par des guerres inter-ethniques, aucun groupe n’est épargné par les graves crises. Au Tchad, le peuple peul est plus mal recensé compte tenu de leur mode de vie qui est nomade, les peuls du Tchad sont souvent confrontés à des problèmes dus à leur activité, ils sont accusés de ne pas respecter les lois qui protègent la nature. Le Tchad a connu une rébellion dirigé par un peul le général BaBa Laddé. Les organisations internationales dénoncent les exactions commises sur les populations peules, elles dénoncent également les violences des milices peuls sur des populations civils.
En Centrafrique, les peuls vivent en ce moment une situation dramatique, ils ont victimes de série de massacres. Des rebelles venus du nord à majorité musulmans avaient renversé le pouvoir en place. Ces rebelles sont accusés de commettre des exactions sur les civils chrétiens, ces derniers ont formé une milice Anti-balaka qui attaquent les musulmans, les peuls constituent 70 pour cent de ces musulmans. Ces deniers jours la situation est particulière désastreuse les peuls connaissent une vraie épuration ethnique ou nom d’un faux conflit confessionnel.
Depuis décembre 2013 au moins 100 personnes d’origine peule ont été tuées à l’arme blanche, parmi lesquelles beaucoup d’enfants, près de Boali, à 95 km au nord de Bangui. Les victimes, selon les sources, sont toutes des Bororos, membres de la minorité peule musulmane.
L’avenir des peuls
Notre culture dépend de la survie de notre peuple, à quoi bon une culture sans hommes? Nous ne pouvons pas continuer à fermer les jeux et laisser nos proches se faire massacrer comme des mouches. Nous ne pouvons pas continuer à fermer les jeux et laisser nos proches se faire exclure de la vie politique et dans les institutions de leurs pays.
Nous ne pouvons pas abandonner nos activités traditionnelles au nom des frontières artificielles, les peuls ne connaissent pas de frontières, les lois doivent tenir en compte de cette réalité. Notre culture dépend de notre vie, ce que les peuls subissent aujourd’hui en RCA, Guinée et dans d’autres régions est inhumain, personnes ne peut dire que les autres ont subi la même chose, qu’il nous montre des preuves.
Contrairement aux Kurdes et aux Touaregs les peuls ne cherchent pas à créer un Etat peul indépendant, en tout cas pour le moment mais plutôt à vivre dignement sur leur terre natale, c’est un peuple pacifique qui ne connait pas « la culture de guerre ». La stigmatisation doit cesser partout pour une paix durable.
Le Peul est la troisième langue la plus parlée en Afrique après swahili et haussa, il devrait avoir plus de considération. On voit des radios et des télés internationales dédiées aux autres langues pourquoi pas en peul aussi ? La communauté internationale a le devoir de protéger tous les peuples, la question peule ne devrait plus rester un sujet tabou.
Les lois qui rendent difficiles le pastoralisme des peuls (comme c’est le cas au Tchad) doivent être modifiées. Les peuls doivent avoir une garantie de libre circulation et la communauté Internationale doit surtout faire des pressions sur les régimes politiques pour faire cesser les persécutions.
Le problème est qu’il n’existe pas de véritable solidarité entre les peuls. Les organisations et associations comme Tabital Pulaagu International ne font rien de concrets à part les festivités et les réunions. Aujourd’hui, les pires massacres des peuls sont en cours en Rca, que disent ces organisations pourquoi elles ne réagissent pas.
Le combat n’est pas seulement militaire ou politique c’est aussi culturel, Humanitaire… créer des télévisions et des radios peules pour promouvoir la langue et la culture, créer des organisations humanitaires pour aider ceux qui sont en situation vulnérable, accueillir des frères victimes des percussions politiques.
Africpost




