Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Quand les frontières trahissent la fraternité

Plaidoyer pour la dignité, la mémoire et la justice

Jamais notre peuple n’a connu une blessure aussi profonde.

Imposer la carte de séjour des deux côtés de la frontière, c’est ériger une barrière dans les entrailles d’une communauté qui partage la même langue, la même histoire, le même sang. C’est séparer des frères nés d’une même mère. C’est déchirer un tissu social ancestral, séculaire, bâti bien avant l’existence des États modernes.

Le fleuve Sénégal n’a jamais divisé, il a uni. Il fut et reste un pont entre les peuples, un carrefour d’échanges, un berceau commun pour les Soninkés, les Peuls, les Wolofs, les Halpulaar, les Bambara, les Maures, les Haratines… Pourtant, aujourd’hui, certains veulent faire de cette frontière naturelle un mur d’exclusion, une barrière identitaire.

Le Sénégal, pour la Mauritanie, n’est pas une terre étrangère, mais une terre sœur. Il fait partie de notre histoire, de notre culture, de nos racines les plus profondes. Et dans cette rupture imposée, c’est la Mauritanie qui perd le plus :

1- Nos enfants partent au Sénégal pour étudier, car l’enseignement y est accessible, structuré, et plus ouvert.

2- Nos malades y cherchent soin et guérison, car nos structures sanitaires manquent cruellement de moyens et d’humanité.

3- Nos familles y retrouvent les leurs, nos artistes s’y expriment librement, nos commerçantes s’y approvisionnent, surtout en période de fête.

4- Nos grands commerçants y prospèrent, dans un climat d’affaires plus stable, plus juste.

Mais au-delà de ces échanges concrets, il faut rappeler une vérité que l’on tait trop souvent : la Mauritanie moderne ne fonctionnerait pas sans la main-d’œuvre sénégalaise. De Nouakchott à Rosso, de Kaédi à Sélibaby, ce sont des Sénégalais qui posent les briques, qui tracent les routes, qui cuisinent, qui soignent, qui enseignent. Plombiers, maçons, tailleurs, aides-ménagères, chauffeurs, agriculteurs… leur présence est vitale.

** Et pourtant, ils sont maltraités.

– Le système mauritanien ne cherche pas à sécuriser son territoire, mais à humilier, à dominer, à effacer ceux qu’il ne veut pas voir : les Noirs, les Subsahariens. 

– ⁠La carte de séjour devient un outil de contrôle, d’exclusion, et parfois de chantage. 

– ⁠Derrière cette façade légale, c’est un mépris profond qui s’exprime.

¥¥ Le noir mauritanien, quand il rêve d’avenir pour son enfant, ne peut compter ni sur son État, ni sur sa société. C’est au Sénégal qu’il trouve un espoir. Une université, une formation, une porte ouverte, même modeste. Car le Sénégal n’a jamais érigé son hospitalité en privilège réservé à certains.

£££ La haine que subissent les Noirs dans certaines sphères de pouvoir mauritaniennes n’est pas seulement un problème interne. Elle s’exporte, se manifeste dans les rues, dans les commissariats, dans les décisions administratives. Pendant ce temps, les ressortissants syriens, maghrébins, libanais, ou même européens jouissent de privilèges et de respect. Deux poids, deux mesures.

### Le Sénégal a enfin pris une décision courageuse : répondre par la réciprocité. Mais cette décision, aussi symbolique soit-elle, ne changera pas fondamentalement les comportements racistes ancrés dans les mentalités et les institutions mauritaniennes.

– Car ce n’est pas d’un papier que le peuple sénégalais a besoin, mais de respect.

– Ce n’est pas d’un visa, mais d’une reconnaissance mutuelle de la dignité humaine.

++ Le Sénégal devrait aller plus loin :

A- Exiger un accord bilatéral clair sur le respect des droits humains et la protection des ressortissants.

B- Condamner officiellement les exactions et humiliations subies par ses citoyens sur le sol mauritanien.

C – Suspendre les privilèges et facilités offertes aux dirigeants et commerçants mauritaniens tant que le respect n’est pas réciproque.

D- Et surtout, créer un observatoire indépendant des droits des Africains en Mauritanie, *avec l’appui d’organisations panafricaines et internationales.

Car au Sénégal, tous les Mauritaniens sont accueillis sans distinction. On n’y demande pas l’ethnie avant d’ouvrir une porte, on n’y interdit pas un commerce parce qu’on est Haratine ou Peul, on n’y brutalise pas pour un simple contrôle.

Le Sénégal, c’est la Teranga.

Une terre de paix, d’hospitalité, d’humanité.

C’est ce qui attire des centaines de milliers de visiteurs, d’étudiants, de réfugiés, de commerçants.

Mais la Teranga n’est pas synonyme de naïveté.

Elle doit aujourd’hui se dresser, s’affirmer, se protéger.

Car la dignité d’un peuple n’est pas négociable.

Et la fraternité, elle, ne se déclare pas par décret : elle se vit, ou elle se trahit.

 Berlin, le 27 juillet 2025 _

Djeynaba Dramane Kamara.

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Parle-moi de Mauritanie : Terre des hommes, de grandeur. Par Pr ELY Mustapha

À la Mauritanie,
grande par sa géographie, mais plus encore par son âme.
À ses peuples du sable et du fleuve,
à ses voix plurielles, ses langues entremêlées,
ses silences chargés d’histoire et ses chants de résistance.
À celles et ceux
qui croient encore à l’intelligence, à la beauté,
à la justice et à l’avenir.
Ce livre est pour vous –
pour que la Mauritanie cesse d’être racontée à voix basse,
et commence enfin à se dire debout.

“La Mauritanie ? Qu’est-ce que c’est ?” demanda le petit prince, penchant légèrement sa tête blonde. L’aviateur sourit, se remémorant ses vols au-dessus de ces vastes étendues désertiques qui l’avaient tant marqué. Comment expliquer ce pays à un enfant qui voyageait d’astéroïde en astéroïde et qui cherchait toujours l’essentiel des choses ?

“La Mauritanie,” commença-t-il, “est un grand pays du désert, où le sable s’étend à perte de vue, comme une mer figée.”

“Une mer de sable ? Est-ce qu’on peut y voir des couchers de soleil ?” s’enquit le petit prince qui, sur sa minuscule planète, pouvait observer jusqu’à quarante-quatre couchers de soleil en une journée. “Oui, et ils sont parmi les plus beaux du monde. Quand le soleil descend sur les dunes dorées, tout le ciel s’embrase de couleurs que l’on ne peut décrire avec des mots.”

Le petit prince réfléchit un moment. “Et y a-t-il des gens qui y vivent ?”

“Oui. Des hommes vivent là-bas, et c’est pourquoi on l’appelle parfois ‘Terre des hommes’. Des hommes qui ont appris à vivre dans un environnement où d’autres ne verraient qu’hostilité et désolation.” “Ce n’est pas facile de vivre dans le désert,” remarqua le petit prince, qui connaissait bien la solitude.

“Non, ce n’est pas facile,” acquiesça l’aviateur. “Mais c’est dans cette difficulté que les hommes du désert ont développé une sagesse particulière. Ils savent, par exemple, que l’eau est plus précieuse que l’or et que l’hospitalité envers l’étranger est sacrée.”

“Dans le désert, on est à la fois loin de tout et proche de l’essentiel,” ajouta-t-il, se souvenant de ses propres expériences à Cap Juby, non loin de la Mauritanie actuelle.

Le petit prince semblait méditer ces paroles. “Et ces hommes du désert, sont-ils heureux ?”

“Ils connaissent un bonheur différent de celui que recherchent souvent les habitants des grandes villes. Un bonheur fait de simplicité, de silence et de contemplation. Ce petit poste de Mauritanie était alors aussi isolé de toute vie qu’un îlot perdu dans la mer,” se rappela l’aviateur, citant presque mot pour mot ce qu’il avait écrit dans “Terre des hommes”.

“J’ai appris beaucoup de choses en volant au-dessus de ces terres. J’y ai rencontré des Maures, ces hommes du désert enveloppés dans leurs grands voiles bleus, qui émergeaient des territoires interdits que nous franchissions dans nos vols. J’ai compris là-bas que ce n’est pas la distance qui est difficile, mais le premier pas.”

Le petit prince hocha la tête, comprenant parfaitement ce langage. “Chez moi aussi, l’espace est immense comparé à la taille de ma planète. Droit devant soi, on ne peut pas aller bien loin…” “En Mauritanie,” poursuivit l’aviateur, “j’ai découvert que le désert ne ment pas. Il te montre qui tu es vraiment, sans fard ni artifice. C’est un pays où la lumière est si pure qu’elle révèle l’âme des choses.”

“Est-ce qu’il y a des fleurs en Mauritanie ?” demanda le petit prince, pensant sûrement à sa rose. “Elles sont rares, mais quand elles apparaissent après une pluie, elles transforment momentanément le désert en jardin. Leur beauté est d’autant plus précieuse qu’elles sont éphémères. Comme ta rose, elles sont uniques par le temps qu’on a ‘perdu’ pour elles.”

Le petit prince sourit, satisfait de cette comparaison.

“Et sais-tu ce qui est le plus extraordinaire en Mauritanie ?” ajouta l’aviateur. “C’est que dans ce pays à la frontière du Maghreb et de l’Afrique noire, différentes cultures se rencontrent et s’entremêlent. C’est un pays où l’on parle le hassanya, une langue que l’on retrouve aussi au Sahara occidental, au sud du Maroc et au nord du Sénégal.”

“Une langue que tu ne connais pas ?” s’étonna le petit prince.

“Je la connaissais peu, mais j’ai appris à échanger avec ceux qui la parlaient. Et figure-toi que ton histoire, ‘Le Petit Prince’, a été traduite dans cette langue. C’est la 300e langue dans laquelle ton aventure est racontée.”

Le petit prince parut impressionné, mais il revint vite à l’essentiel : “Alors, la Mauritanie est une terre des hommes parce que des hommes y vivent malgré les difficultés ?”

“C’est plus que cela,” expliqua l’aviateur. “C’est une terre des hommes parce que là-bas, j’ai compris ce qui fait la grandeur de l’humanité : la capacité à créer des liens, à trouver du sens même dans l’adversité, à voir avec le cœur ce qui est invisible pour les yeux. En Mauritanie, j’ai appris que ‘l’essentiel est invisible pour les yeux’, tout comme tu me l’as enseigné.”

Le petit prince médita longuement ces paroles, dessinant du doigt des dunes imaginaires sur le sol. Puis il leva les yeux vers l’aviateur et dit avec cette simplicité désarmante qui le caractérisait : “Je crois que j’aimerais visiter la Mauritanie un jour. Pour voir si les étoiles y brillent aussi fort que dans mon désert, et pour rencontrer ces hommes qui ont appris à lire le langage du sable et du vent.”

L’aviateur sourit. Le petit prince avait, une fois de plus, saisi l’essentiel. Car la Mauritanie n’était pas seulement un pays sur une carte, mais un état d’esprit, une façon de voir le monde avec émerveillement et profondeur, tout comme le faisait son jeune ami venu des étoiles.

Présentation du livre

À travers un dialogue vivant entre un maître et un disciple, se dresse une fresque magistrale de la Mauritanie qui traverse les époques, déconstruit les héritages postcoloniaux, interroge les politiques passées, mais surtout appelle à relever la tête.

Refusant les discours fatalistes, ce livre affirme :

La Mauritanie est une nation noble, née d’une histoire millénaire, forgée par le désert, les lettrés, les résistances, et les rencontres.

Chaque chapitre éclaire une facette de cette grandeur: la richesse des langues et des identités, la dignité des peuples du fleuve et du désert, la vitalité des traditions, la profondeur spirituelle, les potentiels de jeunesse, de terre, de mer, de lumière. C’est un livre qui rend fier. Un livre qui redresse. Un livre qui construit. C’est un livre de réveil. Un appel à réenchanter l’idée de nation, à bâtir une prospérité partagée, une culture d’excellence, une justice réelle, une démocratie enracinée.

Pr ELY Mustapha

Lien pour télécharger le livre:

https://drive.google.com/file/d/1S9iYrMbD00jLzkKahFQe7QFCxVkpHUHP/view?usp=sharing

Lien pour écouter le podcast sur le livre:

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Ghazouani : voici le livre des morts. Pr ELY Mustapha

Ghazouani : voici le livre des morts. Pr ELY Mustapha

Pr. ELY Mustapha — A la mémoire de ceux qu’on enterre aujourd’hui, encore, sur la route de Boutilimit et sur celles à l’asphalte sanguinolent de Mauritanie.

Ghazouani, Voici le livre des morts. Un livre blanc comme le linceul des victimes que l’on enterre encore aujourd’hui sur le routes de Mauritanie.

Non, c’est n’est pas une métaphore littéraire, mais une réalité brutale : 1 158 Mauritaniens tués sur les routes en une seule année selon l’OMS. Derrière chaque chiffre, une tombe, une famille brisée, un pays amputé de ses forces vives. Ce n’est plus une urgence nationale, c’est une hémorragie.

Le Livre Blanc sur les morts de la route en Mauritanie que nous t’adressons aujourd’hui est un réquisitoire rigoureux et implacable. Un document qui ne se contente pas de déplorer : il démontre, il accuse, il exige. Et il te regarde, Monsieur le Président, en tant que premier responsable du destin national.

Une tragédie nationale documentée

Les routes mauritaniennes ne sont plus des voies de circulation : ce sont des pièges mortels. Le taux de mortalité routière atteint 31,87 pour 100 000 habitants, l’un des plus élevés au monde. L’axe Nouadhibou-Nouakchott porte un surnom glaçant : « la voie rapide vers la mort ». Chaque jour, des dizaines d’accidents — dus à l’excès de vitesse, à des véhicules vétustes, à des routes criblées de nids-de-poule, à l’absence de signalisation — fauchent des vies. Et pourtant, le silence administratif persiste.

Des responsabilités établies, des fautes révélées

Ce livre blanc n’épargne aucune institution. Il établit de manière limpide :

• La faute de l’État dans le non-entretien des routes.

• La responsabilité civile et pénale des ministères de l’Équipement, de la Santé, de l’Intérieur et de leurs services.

• La négligence des assureurs, qui refusent d’indemniser les victimes ou retardent les paiements.

• La corruption endémique qui gangrène les contrôles techniques, les permis de conduire, et les radars inefficaces.

• Le sous-financement organisé de la sécurité routière : des millions pour les frais de réception et les cérémonies, des miettes pour les ambulances.

Ce n’est pas un rapport, c’est un acte d’accusation

À travers l’analyse budgétaire, juridique, technique et morale, ce document démontre que ces morts ne sont pas une fatalité. Elles sont le fruit de décisions, d’omissions, de complicités. Elles sont donc des crimes sans nom mais avec responsables.

Il rappelle que le droit mauritanien, la charia islamique et le droit international convergent : protéger la vie est un devoir impérieux. Ne pas le faire, c’est fauter, c’est trahir.

Ghazouani, en tant que responsable, tu n’as plus d’excuse

Tu as entre les mains la preuve. La preuve du massacre. La preuve de l’inaction. La preuve de la possibilité d’agir.

Les recommandations sont claires :

• Goudronner, entretenir, signaler.

• Former les conducteurs, sanctionner les fautes, lutter contre la corruption.

• Doter les hôpitaux, équiper les ambulances, responsabiliser les policiers.

• Introduire des systèmes numériques transparents, moderniser la gestion du transport.

L’histoire retiendra

L’histoire retiendra que sous ton mandat, une route pouvait être plus meurtrière qu’une guerre. Mais elle peut aussi retenir que vous avez agi.

Alors ce n’est plus le temps des slogans, mais celui du sursaut. Œuvre à laisser derrière toi non pas un cortège de deuils, mais un héritage de sécurité, de dignité, de responsabilité. Monsieur le Président, voici le livre des morts.

Pr ELY Mustapha

Pour télécharger le livre blanc:

https://drive.google.com/file/d/1PbeJpF1FnKDPPY3A_brSNY9KX0wMWvkY/view

Pour écouter le podcast sur ce livre:

https://youtu.be/6Ji1X6MXWzs

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« L’arabisation comme instrument de domination : une lecture critique de l’héritage Daddah »

« L’arabisation comme instrument de domination : une lecture critique de l’héritage Daddah »

1. Moctar Ould Daddah : père de l’indépendance ou architecte de la domination beïdane ?

Dès ses mémoires Contre vents et marées, Daddah décrit un enseignement français qui favorisait les jeunes du Sud, marginalisant les arabophones :

« …les jeunes hassānophones, n’accédant pas à l’école moderne…, ne purent fournir en nombre suffisant les fonctionnaires subalternes dont l’administration française avait besoin. […] Lors de notre accession à l’indépendance, ce déséquilibre culturel… apparut insupportable aux arabophones… Pour ma part, je n’ai pas attendu l’accession à l’indépendance… pour penser que cette réhabilitation était inéluctable. »

Sa position est claire : l’arabe devait être réhabilité en priorité, comblant un déficit culturel créé par le colonialisme. Ce choix servit cependant un projet politique ciblé, favorisant une élite beïdane.

2. L’arabe comme langue identitaire et de civilisation

Daddah insiste sur le rôle symbolique et politique de l’arabe :

« L’arabe constitue l’essence identitaire de la Mauritanie, […] c’est notre langue de civilisation. Il s’agit d’un instrument de cohésion nationale, tandis que le français reste une langue utilitaire… »

Selon lui, l’arabe devait redevenir la langue dominante, non seulement fonctionnelle, mais identitaire, mettant ainsi en place un pilier linguistique de pouvoir.

3. Arabisation = stratagème de pouvoir beïdan

L’arabisation n’était pas un hasard historique : elle répondait à un dessein politique précis. En écartant les langues africaines (Pulaar, Soninké, Wolof, ainsi que les Haratines) de l’administration et de l’école, Daddah a constitué une machinerie hégémonique. L’arabe devint un filtre dans les concours, l’éducation, les recrutements — garantissant la suprématie culturelle de l’élite beïdane.

Aujourd’hui encore, le régime de Ghazouani poursuit ce modèle : les textes officiels sont désormais exclusivement en arabe, renforçant la dépendance des populations non arabophones. Une dynamique permanente d’institutionnalisation et de confiscation identitaire.

4. Une uniformisation identitaire dangereuse

Empêcher les langues africaines d’accéder aux écoles et forums publics, c’est nier la pluralité historique de la Mauritanie : un pont entre l’Afrique subsaharienne et le monde arabe. L’arabisation exclusive ne construit pas l’unité ; elle impose un repli identitaire, occultant l’apport civilisationnel africain.

Cet effacement, ou cette “soudanisation”, fragilise la cité : la diversité n’est ni un obstacle ni un luxe, mais une ressource pour un vivre-ensemble équilibré.

5. Le français comme rempart d’inclusion

En Inde , où l’anglais a été maintenu comme langue du savoir afin d’empêcher l’hindisation culturelle exclusive. De même, officialiser le français, aux côtés de l’arabe, offre une voie de résistance à l’uniformisation. Ce n’est pas la négation de l’arabe, mais la nécessité d’un équilibre multilingue.

6. Le nouvel arsenal répressif : exclusion, uniformisation, impunité

2019 a vu l’institutionnalisation de l’arabisation : les débats nationaux excluent le français, les concours sont publiés uniquement en arabe, et la dissidence linguistique se heurte à la répression. Le contrôle de la langue devient une arme politique.

7. Repenser le contrat national : une refondation nécessaire

Tout projet national qui ne s’attaque pas à ce socle identitaire inégal est voué à l’échec. Il faut engager une refondation :

 • Reconnaître toutes les langues (Pulaar, Wolof, Soninké) dans les écoles, l’administration et le débat public.

 • Maintenir le français comme langue d’histoire, de savoir et de citoyenneté.

 • Introduire l’anglais comme langue d’avenir, instrument de modernité et d’ouverture cosmopolite.

Ainsi, la Mauritanie redeviendra un pont entre cultures, non un monolithe.

Moctar Ould Daddah, en initiant l’arabisation du bled , a posé les bases d’un État mono-identitaire favorisant une élite dominante. Ce projet n’a jamais été achevé, mais poursuivi jusqu’aujourd’hui. Il s’agit moins d’une erreur historique que d’un choix politique délibéré. La refondation du contrat national requiert une relecture honnête de cet héritage, fondée sur l’égalité, la diversité linguistique et la justice.

En refusant l’effacement de la pluralité mauritanienne, on construit une nation plus juste, plus cohérente, à la hauteur de sa riche combinaison de patrimoines culturels…..Wetov

Sy mamadou

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“Samba Thiam, le diable de l’imaginaire maure : entre peur de la vérité et stratégie de déni”

Dans l’imaginaire collectif de certains milieux maures, Samba Thiam est perçu non pas comme un simple opposant, mais comme une figure quasi diabolique. Ce phénomène, loin d’être anodin, est révélateur d’un système profondément enraciné de peur, de déni, de domination et de rejet de toute remise en question. Il ne s’agit pas ici de critiquer un groupe dans sa globalité, mais d’analyser un imaginaire construit, alimenté et utilisé politiquement, au service de l’ordre établi.

Une diabolisation construite dès les premières heures

Dès l’apparition des FLAM et la publication du Manifeste du Négro-Mauritanien opprimé en 1986, le pouvoir mauritanien a mobilisé toute une stratégie de peur dans les milieux arabo-berbères pour faire croire que Samba Thiam et ses compagnons voulaient « détruire la nation », « diviser le pays », « attaquer l’arabité » ou encore « venger les Noirs contre les Maures ». On a sciemment transformé une dénonciation du racisme d’État en discours haineux pour mieux effrayer la majorité arabo-berbère et la souder autour du pouvoir dominant.

Ainsi, Samba Thiam est devenu le symbole vivant de ce que le système ne voulait ni entendre ni reconnaître : la vérité sur l’apartheid mauritanien.

Une peur irrationnelle face à la remise en question

Pourquoi cette peur ? Parce que Samba Thiam ne joue pas selon les codes. Il ne demande pas la charité, il exige la justice. Il ne supplie pas, il accuse avec preuves et intelligence. Il ne s’excuse pas de défendre la dignité des siens. Et dans une société où le pouvoir dominant attend souvent des opprimés qu’ils soient silencieux, reconnaissants, et dociles, un Noir qui parle haut, fort, et clair devient dangereux.

Il incarne une rupture avec le récit officiel de l’unité nationale et de l’harmonie raciale — récit profondément ancré dans l’imaginaire maure, mais totalement déconnecté de la réalité vécue par les communautés noires.

Un refus de la vérité travesti en légitime défense

Samba Thiam ne fait pas peur parce qu’il ment. Il fait peur parce qu’il dit ce que d’autres n’osent pas dire, avec constance, rigueur et courage. Ceux qui le diabolisent ne le réfutent pas sur le fond. Ils ne répondent pas à ses arguments. Ils le caricaturent, l’accusent, l’excluent. C’est plus facile que de se remettre en question, que de reconnaître les crimes du passé, que d’admettre l’existence d’un système de domination.

Ainsi, dans certains cercles, traiter Samba Thiam de « raciste », de « communautariste », ou de « fauteur de trouble » permet d’éviter le débat de fond. On se protège de la vérité en l’accusant d’extrémisme. C’est une stratégie classique d’inversion des rôles, où l’agresseur se dépeint en victime pour éviter de faire face à sa propre histoire.

 Une fracture à surmonter pour construire une Mauritanie juste

Cette image de Samba Thiam comme figure du mal dans l’imaginaire maure est un obstacle à la réconciliation nationale. Tant que des pans entiers de la société continueront à rejeter l’autre dès qu’il parle de ses droits, à diaboliser toute voix noire exigeante, il n’y aura ni paix durable ni unité réelle.

Le dépassement de cette fracture passe par :

 • L’ouverture d’un dialogue historique sincère ;

 • La reconnaissance des souffrances vécues ;

 • La fin des amalgames entre lutte pour l’égalité et haine de l’autre.

Il faut cesser d’avoir peur de ceux qui demandent justice. Car ce ne sont pas eux qui menacent la nation, mais bien ceux qui refusent obstinément de reconnaître les injustices sur lesquelles elle a été construite.

le diable n’est pas toujours celui qu’on croit

Samba Thiam n’est pas le diable. Il est le miroir que certains refusent de regarder. Il est l’interlocuteur qu’un pouvoir dominateur préfère caricaturer plutôt que d’écouter. Il est la mémoire vivante d’un peuple qu’on a voulu effacer. Et tant que l’imaginaire maure restera prisonnier de cette peur fabriquée, la Mauritanie ne pourra pas avancer vers une nation apaisée, égalitaire et véritablement unie. Rétablir la vérité sur Samba Thiam, c’est donc un pas nécessaire pour libérer aussi l’imaginaire maure de ses propres chaînes.

Mamadou Sy. 

سامبا تيام، شيطان المخيال المور: بين الخوف من الحقيقة واستراتيجية الإنكار

في المخيال الجماعي لبعض الأوساط المور، لا يُنظر إلى سامبا تيام كمجرد معارض، بل كرمز شيطاني تقريبًا. هذه الظاهرة، البعيدة كل البعد عن أن تكون تافهة، تكشف عن نظام متجذر من الخوف، والإنكار، والهيمنة، ورفض أي شكل من أشكال المساءلة. لا يتعلق الأمر هنا بانتقاد جماعة بأكملها، بل بتحليل مخيال تم بناؤه وتغذيته واستغلاله سياسيًا في خدمة النظام القائم.

شيطنة ممنهجة منذ البدايات

منذ ظهور حركة FLAM ونشر بيان الزنجي الموريتاني المضطهد عام 1986، أطلق النظام الموريتاني حملة تخويف منظمة في الأوساط العربية-الأمازيغية، لترويج فكرة أن سامبا تيام ورفاقه يريدون “تدمير الوطن”، “تقسيم البلاد”، “الهجوم على العروبة”، أو حتى “الانتقام للسود من المور”. لقد تم عمداً تحويل إدانة للعنصرية المؤسسية إلى خطاب كراهية، بهدف ترهيب الأغلبية العربية-الأمازيغية وتوحيدها حول السلطة المهيمنة.

وهكذا، أصبح سامبا تيام رمزًا حيًا لما لا يريد النظام سماعه أو الاعتراف به: الحقيقة حول الأبارتايد الموريتاني.

خوف غير عقلاني من المساءلة

لماذا كل هذا الخوف؟ لأن سامبا تيام لا يلعب وفق القواعد التقليدية. لا يطلب الصدقة، بل يطالب بالعدالة. لا يتوسل، بل يتهم، بالحجج والذكاء. لا يعتذر عن الدفاع عن كرامة شعبه. وفي مجتمع تتوقع فيه السلطة المهيمنة من المضطهدين أن يكونوا صامتين، ممتنين، وخاضعين، يصبح صوت زنجي يتكلم بجرأة ووضوح أمرًا خطيرًا.

إنه يمثل قطيعة مع السرد الرسمي للوحدة الوطنية والانسجام العرقي — ذلك السرد المتجذر في المخيال المور، لكنه مفصول تمامًا عن واقع المجتمعات الزنجية.

رفض للحقيقة يُقدّم كدفاع مشروع

سامبا تيام لا يُخيف لأنه يكذب، بل لأنه يقول ما لا يجرؤ الآخرون على قوله، بثبات ودقة وشجاعة. من يشيطنونه لا يردون على مضمون أقواله. لا يناقشون حججه. بل يشوهون صورته، ويتهمونه، ويقصونه. فذلك أسهل من مواجهة الذات، أو الاعتراف بجرائم الماضي، أو الإقرار بوجود نظام للهيمنة.

وهكذا، في بعض الدوائر، يُوصم سامبا تيام بـ”العنصرية”، أو “الطائفية”، أو “إثارة الفتنة” كوسيلة لتجنب النقاش الجاد. يُستخدم اتهامه بالتطرف كدرع ضد مواجهة الحقيقة. إنها استراتيجية كلاسيكية لقلب الأدوار، حيث يقدم المعتدي نفسه كضحية لتجنب مواجهة تاريخه الخاص.

شرخ يجب تجاوزه لبناء موريتانيا عادلة

هذه الصورة التي تُقدّم سامبا تيام كرمز للشر في المخيال المور تشكل عقبة أمام المصالحة الوطنية. ما دامت قطاعات واسعة من المجتمع تواصل رفض الآخر بمجرد أن يتحدث عن حقوقه، وتشيطن كل صوت زنجي يطالب بالإنصاف، فلن تكون هناك لا سلام دائم ولا وحدة حقيقية.

تجاوز هذا الشرخ يمر عبر:

 • فتح حوار تاريخي صادق؛

 • الاعتراف بالمعاناة التي عاشها الآخرون؛

 • إنهاء الخلط بين النضال من أجل المساواة وكراهية الآخر.

يجب أن نتوقف عن الخوف من الذين يطالبون بالعدالة. فهؤلاء ليسوا هم من يهدد الأمة، بل من يرفضون بإصرار الاعتراف بالظلم الذي تأسست عليه.

الشيطان ليس دائمًا من نظنه كذلك

سامبا تيام ليس الشيطان. إنه المرآة التي يرفض البعض النظر فيها. إنه المحاور الذي تفضل السلطة المتسلطة تشويهه بدل الاستماع إليه. إنه الذاكرة الحية لشعب حاول البعض محوه. وطالما ظل المخيال المور أسير هذا الخوف المصطنع، فلن تتمكن موريتانيا من التقدم نحو أمة هادئة، عادلة، وموحدة بحق. تصحيح الصورة عن سامبا تيام هو بالتالي خطوة ضرورية لتحرير المخيال المور من قيوده الذاتية.

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