Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Interpellation des leaders haratines : par SAMBA THIAM

altDepuis quelques temps une question me taraude l’esprit : pourquoi n’entend-on pas les leaders haratines sur la question de l’enseignement et de l’officialisation  de toutes nos langues nationales ?

Sur cette problématique qui sous-tend une revendication très légitime, pour relever d’une question de justice et d’équité, nous constatons depuis toujours un silence assourdissant de nos frères haratines …

Récemment, comme pour accentuer encore plus ce silence, nous avons noté leur absence pendant la célébration de la journée des langues maternelles organisée par les associations culturelles Pulaar , Soninke , Wolof  le 22 février à la maison des jeunes . Bien que la plupart aient été invités …

Cette attitude, ambiguë , me semble tout à fait  à l’opposé de ce que fut et demeure  celle des forces progressistes négro-africaines qui,  sans relâche  depuis 1983 , portent à bout de bras  la question de l’esclavage – question haratine –  …Et ce , avec d’autant plus de force et de cœur à l’ouvrage  que certains parmi ceux-là semblent s’y oublier , reléguant au second plan leur propre calvaire ….

Pourquoi donc n’entend-on pas ces leaders haratines sur la question des langues nationales ? Ce silence traduit-il une indifférence de leur part,  une esquive, ou plutôt,  renvoie-t-il  à une position secrète, dissimulée  d’hostilité ou  de rejet de cette  juste revendication ?

La question est posée à chacun des leaders, à chacune des figures de proue du mouvement haratine.

 Une clarification est attendue …  

 

Samba Thiam, président des FPC

Le 29 Mars 2017

 

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Message aux parlementaires européens…(2eme partie)

altLa montée de l’Islamisme radical, autre défi …

Depuis l’avènement du régime actuel on observe dans les médias des discours à tonalité religieuse de caractère violent , intolérant ; dans les mosquées qui poussent tous les cent (100) mètres  on entend des prêches faisant le lit  du salafisme . Des associations  ‘’d’amis du Prophète’’ surgissent , des marches appelant à l’exécution de ould  Mkheitir- le bloggueur- se multiplient , des menaces  ouvertes  de l’assassiner  sont proférées , proférées également à l’endroit de  son avocat  … Le port du niqab se répand  à toute  vitesse dans un territoire devenu  un refuge pour les éléments du Mujao , Ansardine et consort . Une sorte de terrorisme intellectuel de ces islamistes  s’installe, les penseurs libres sont harcelés , pris de peur . En exemple,  mint el Moctar  et  plus récemment  l’activiste mint Brahim sont  attaquées  ouvertement , tout cela au su et au vu des pouvoirs publics qui laissent faire …Tout comme ces intellectuels qui observent sans rien dire et qui finiront  sûrement par s’y brûler pourtant !

En fait la lutte contre le terrorisme est plus proche du faire-semblant que de la réalité . Si en surface ce régime déclare lutter contre le terrorisme , dans les faits  il semble  plutôt flirter  avec ceux qui  le nourrissent ….

Le 3e mandat    autre point explosif

Le Président Abdel Aziz malgré ses déclarations publiques ne donne pas l’impression d’avoir totalement renoncé à briguer le 3e mandat . Il avait procédé par ballons d’essai , puis tenté d’y pousser à travers le dialogue national de septembre 2017 dont les résolutions essentielles ont été dévoyées , entre autres  l’officialisation des langues nationales – point de consensus avéré -. Il chercherait actuellement à négocier ce 3e mandat par l’achat de consciences de certains élus et de quelques leaders de partis politiques  .  Or le 3e mandat constitue pour l’opposition arabo-berbère une ligne rouge à ne pas franchir. Ce serait donc, après la question négro–africaine, le point de rupture dominant, la source potentielle de turbulences  et d’instabilité certaine …

Diplomatie ambigüe, tâtonnante

Une diplomatie ambivalente, suffisante  et pleine de maladresses , qui se veut  participative aux missions de maintien de la paix ( Centrafique , Côte d’Ivoire ) mais entretient un climat de  suspicion et de  tension avec ses voisins immédiats . Avec le Mali il y a un déficit de confiance –à juste raison ;  déficit  de  confiance  également  avec le  Maroc , tension larvée permanente avec le Sénégal, sciemment entretenue, problème de leadership avec l’Algérie que traduit  une relation du ‘’ je t’aime moi non plus’’ …

Obstacles à l’érection d’un Etat  de  droit

Ce régime ne respecte pas les libertés fondamentales. Le Président Ould Abdel Aziz n’arrive pas à se départir des réflexes du général qui éprouve un mépris souverain pour le Droit  et la loi qu’il tourne en dérision. Avec une posture du genre  ‘’la loi c’est moi et seulement moi’’ ,  il ne peut émerger un Etat de droit’’!Les généraux et les libertés font rarement bon ménage, c’est connu . Chaque jour  nous assistons  à  une restriction croissante des libertés. Les libertés d’association , de manifestation  et même de réunion dans des hôtels et domiciles  privés sont empêchées ; une des premières victimes a été  le parti  FPC . Les récentes lois sur la cyber-criminalité s’inscrivent dans ce sillage .  Des associations monoethniques de tir à la cible – milices déguisées- prolifèrent sous la bénédiction du pouvoir …Des opposants sont embastillés sans raison objective, comme les  militants de l’IRA, dernièrement . Pour jouir de  ces droits – pourtant garantis par la constitution- il faut faire allégeance  au  régime, tout  comme pour être reconnu officiellement en tant que parti politique.

Mon parti politique- les Fpc – paie pour son indépendance. Après 23 ans d’exil , nous avons décidé de renoncer  à la lutte illégale  pour  inscrire notre action dans la légalité, et dans le jeu démocratique ; voilà qu’on nous empêche de nous exprimer… Nous avons rempli toutes les conditions légales pour obtenir un récépissé  de reconnaissance légale, voilà qu’on nous le refuse . Des pressions sont exercées sur des Associations reconnues et  des médias privés  pour  nous empêcher de nous exprimer sur leurs plateaux.   

Perspectives anticipees (rencontres de groupes / commissions /ateliers /séminaires /colloques)

Dans les rencontres où vous serez invités, à titre d’hôtes, vous entendrez de la bouche de vos interlocuteurs que tout va bien dans notre pays. Que l’enrôlement des populations se déroule sans accroc, que la diversité culturelle est reconnue , respectée  et observable… tant qu’on voit  Négro-africains et haratines danser et chanter …comme des troubadours pendant  nos  festivals et cérémonials .

On vous dira que la torture est bannie, que la corruption est combattue avec force tout comme l’esclavage  à travers  structures et tribunaux, nouvellement créés…Qu’il y a  des marches, des carnavals organisés en guise de célébration de la  lutte contre la corruption. Ne vous y fiez pas ! Tout cela n’est  qu’un écran de fumée, destiné à abuser les visiteurs et partenaires  mauritaniens . Rien de sérieux, on fait semblant, comme  toujours… La réalité est que la corruption gangrène l’administration, la Justice, l’ état civil , les contrôles aux frontières ou se produit un véritable racquet ; bref elle infeste tous les secteurs publics…On ne prend aucune  mesure élémentaire adéquate sérieuse pour lutter contre le fléau, telle la déclaration de revenu pour les hauts responsables, telle la liberté et l’indépendance réelle  de l’Inspection Générale d’Etat ( IGE), la mise en place  de commissions secrètes chargées du contrôle et du suivi. Dans les opérations de contrôle menées jusqu’ici, les amis du Président sont épargnés , les opposants au régime ciblés et épinglés. On emprisonne ceux-ci , mais on libère ceux-là  pourtant  coupables avérés . Les mauritaniens et surtout  nos gouvernants  excellent dans l’art du faire- semblant et de  la mystification de  l’opinion extérieure .

Enfin , vous verrez , à travers groupes d’individus , ateliers , séminaires, colloques , invariablement , la même ’image, celle d’une Mauritanie ‘’blanche’’ qu’on veut faire naître au forceps; comme si les autres composantes nationales – perçues comme des appendices –  n’avaient pas été  à l’école… Vous verrez  aussi  une ombre entrer vous servir le the, puis sortir comme elle était venue , toujours la même… ou l’autre facette  cachée et atténuée  de la réalité de l’esclavage .

Dernier défi, peut- être pas tant explosif que ça, mais non moins  destructeur : le désordre général – ce désordre fou, partout présent .- dans lequel  ne peut se construire ni progrès ni développement . Sans l’Ordre il n’y a pas d’Etat tout court …

Tel est le visage de notre ‘’ bonne Gouvernance’’ et de notre république…

JOYEUX SEJOUR CHEZ NOUS .

                                                       Nouakchott 20-02-2017

Samba Thiam ( President des FPC)

 

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Message aux parlementaires européens…

altSi j’avais à parler aux parlementaires européens en visite chez nous voilà ce que je leur dirais :

‘’ La Mauritanie fait face à plusieurs défis . Le défi de la pauvreté , celui de la bonne gouvernance , de la montée de l’islamisme radical-extrémisme réligieux-, de la sécurité .Mais le plus crucial et le plus explosif  défi entre tous demeure celui de l’Unité nationale -ou de la cohabitation- résultat de l’exacerbation de la discrimination qui frappe les populations non arabes , doublée de  la question haratine ( l’esclavage) ‘’ .

Derrière le calme apparent des populations noires victimes  de toute sorte de discriminations, couve une explosion ; il  suffit d’une étincelle ! comme pour le mal,’’ dans une période d’incubation avant l’éclatement de la fièvre’’ . Ces populations  supportent de plus en plus mal  l’exclusion systématique  qu’elles vivent au quotidien  dans tous les secteurs de la vie publique . Une Armée nationale mono-ethnique,  une Police nationale mono-ethnique pour sécuriser  l’ordre inique existant . Des grandes Ecoles spéciales  telle l’école de médicine , l’école polytechnique , l’école des mines , l’école de la magistrature et de la haute Administration , l’école des officiers, l’école aéro-navale, le Prytanée militaire,  quasiment mono-ethniques . Exclues de  l’Administration , des  médias , de  la justice , totalement effacées du secteur économique, voilà que ces populations  voient leurs terres de culture actuellement   menacées. Un enrôlement biométrique vexatoire , conçu pour les déposséder de leur nationalité,  fait beaucoup de  victimes , dont  maintenant des  élèves  et étudiants négro-africains contraints  par l’Administration scolaire d’abandonner l’école ,  empêchés  de passer  examens et concours  parce qu’ils  n’ont  pu se faire enrôler ; des mères , fraîchement accouchées, sont tenues de faire le rang sous le soleil pour enrôler le  nouveau-né dans les bras !

 Enrôlement exécuté par des commissions, techniques et de supervision, mono-ethniques  chargées de recenser une population pluriethnique !!!  Présentement plus des 8o centres  d’enrôlement dans la vallée du fleuve sont fermés sous de faux prétextes  et ceux qui restent  ouverts rivalisent d’ardeur en tracasseries …

Les populations  qui avaient été déportées au Sénégal  en 1989  (120.000 dont 12.000 encore au Mali ) ont été, en partie, rapatriées   mais sans pouvoir recouvrer  leur nationalité,  ni retrouver  leurs terres de culture  ou leurs villages d’origine, pour la majorité . S’y ajoute un passif  humanitaire que le gouvernement refuse de solder correctement, que résument et la question des refugiés rentrés  et celle des  purges ethniques opérées  au sein des  forces  armées et de sécurité, à travers des centaines d’exécutions extra-judiciaires  dont le point culminant  fut la pendaison de  28  soldats et officiers négro-africains  un  28 novembre 1990 , en guise de célébration de notre  accès  à la souveraineté interne en 1960 .  Aussi  nos gouvernants  et certains de nos compatriotes veulent que nous célébrions  ensemble dans la joie  cette date devenue pour  nous  autres  une date-symbole du  jour de deuil…

Le colonialisme Français , pour constituer la Mauritanie , a assemblé deux aires culturelles distinctes , deux peuples aux traditions et habitudes mentales différentes , deux entités politiques historiques avec chacune son  organisation politique et sociale propre . Mais les régimes arabo-berbères , presque sans exception, et celui du Président ould Abdel Aziz en particulier , semblent oublier ou veulent méconnaître cette réalité  historique en  s’évertuant  à  gommer l’autre personnalité du pays  pour en faire , à marche forcée , un pays exclusivement ‘’arabe’’…au mépris de l’identité  factuelle de sa diversité . Cette  situation, grave,  interpelle  la classe politique  et intellectuelle arabo-berbère , l’élite en somme- qui doit  sentir, si  elle est capable de  prendre  le pouls du pays , cette  tension  maximale perceptible actuelle. Voilà pourquoi , en son sein, un débat  interne  sur la question du vivre-ensemble s’impose. Oui ou non voulons-nous vivre ensemble, partager un même devenir dans  l’égale dignité ? Cette question lancinante doit être tranchée !  Ce débat  interne constitue  l’urgence du moment.

 

A suivre…

 

Samba Thiam

President des FPC

 

 

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MAURITANIE: DES SEMPITERNELS POURQUOI.

Journée d'échanges des FPC à Massy: Les FPC et le dialogue national, quel bilan ? La communication de Kaaw Touré [PhotoReportage]Un certain nombre d’événements, plus ou moins récents, ont eu un tel retentissement dans notre pays, qu’ils laissent bien des Mauritaniens perplexes.

Les réactions internes que ces événements ont entraîné et entraînent encore, la passion qu’ils déclenchent suscitent bien des questions, qu’on ne peut s’empêcher de poser. On ne peut également ne pas faire remarquer que s’il est légitime en effet de compatir aux souffrances du peuple syrien, palestinien car à notre sens, la compassion est normale vis-à-vis de tous ceux qui souffrent. On ne peut ne pas s’interroger sur le caractère discriminatoire et sélectif des actes posés.

– Pourquoi, en effet, la classe politique arabo-berbère dans sa majorité (pas toute bien sûr) exprime-t-elle, aussi visiblement, aussi passionnément sa solidarité avec le peuple syrien, palestinien, irakien depuis toujours, pour rester muette devant le martyr du peuple noir victime de l’apartheid et de l´esclavage en Mauritanie ?

– Pourquoi organise-t-on, ici et là, des quêtes en faveur des enfants Syriens, Palestiniens et reste-t-on indifférent devant le malheur des enfants des camps de déportés Noirs Mauritaniens au Sénégal et au Mali à quelques pas de la frontière ?

– Pourquoi jamais marche ni manifestation ne furent envisagées pour se démarquer (à défaut de les dénoncer) des actes génocidaires du régime raciste entre 1986 et 1990 ?

L’acte d’humanité ou les questions de principes peuvent-ils revêtir un caractère sélectif?

– Pourquoi enfin les événements extérieurs ont-ils plus de retentissements chez nous, que nos propres problèmes internes ?

– Pourquoi, surtout, la question de l’unité nationale-question centrale et grave- ne mobilise-t-elle pas autant d’énergie ?

Qu’est-ce qui nous importe au fait ?

C’est là autant de questions qui montrent que nos grilles de valeurs, notre sensibilité, notre philosophie même de la vie en dépit de toutes les dénégations sont différentes.

Il faut oser le reconnaître, oser l’accepter et le prendre en compte dans tout schéma de mise en place d’un cadre de coexistence.

La lutte continue!

KAAW TOURE

 

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L’Unité questionnée ! (pour pasticher Mint Aïnina ) | par SAMBA THIAM

altL’arrestation à Dakar, récemment, de l’aide de camp du capitaine Dadis kamara après sept (7ans) de cavale,  va redonner espoir aux victimes guinéennes de voir enfin leurs bourreaux derrière les barreaux.  

L’évènement réveille ou relance d’une certaine façon, par effet- miroir, la question du ‘’passif humanitaire’’ et par delà, celle même de notre Unité nationale avec du plomb dans l’aile , bien mal en point…

En effet l’esclavage -par-dessus tout-, la question culturelle et celle du ‘’passif humanitaire’’ constitueront des boulets à nos pieds, un obstacle  majeur à notre cohésion et à toute réconciliation nationale, si elles ne sont pas correctement résolues .

La question du passif

L’on se souvient il y a quelques années le Maroc  entamait sa réconciliation nationale par la justice transitionnelle…

La Tunisie et la Guinée Conakry , à leur tour , viennent de s’engager dans cette voie .

Si la Tunisie remonte à plus haut dans l’histoire et traite  la période comprise entre 1955 à 2016, la Guinée, elle, se limite pour l’instant, à  ‘’ l’évènement du 28 septembre ’’, survenu en 2009  sous Dadis Kamara Président de la junte militaire putschiste. 

Nous avons encore en mémoire la commission Vérité et Réconciliation de l’Afrique du Sud post- apartheid , puis les  cas du Chili  et de l’Argentine derrière nous , et  pour l’essentiel  résolus…

Nous le constatons , ces pays ont tenté , chacun à sa manière, de panser leurs blessures, de trouver la catharsis nécessaire pour ressouder le lien déchiré entre citoyens .

 Partout  il souffle un vent du changement, de réconciliation, partout sauf chez nous où l’on s’enfonce  dans la  fuite en avant, à travers dénis,  dénégations et négation …

Pendant qu’ailleurs on tente de retracer  le cours du passé douloureux , de retrouver les places où sont ensevelies à la sauvette les dépouilles des victimes, notre chef de l’Etat, lui, choisit de rouler des veuves, de barrer la route à toute investigation, d’effacer toutes traces de fosses communes en rasant les repères, d’intimider ou interdire toute  manifestation ou acte de souvenir de ces évènements. Aussi croit- il , ainsi , naïvement, gommer des  mémoires, ces tragédies de 1986 à 1992 . C’est peine perdue car elles resteront à  jamais gravées dans nos mémoires. Si en Guinée on parle de 150 morts dans un stade, de dizaines de femmes violées et de disparues, ce qui s’est produit en Mauritanie pendant cette terrible période est sans commune mesure… Ce fut un véritable génocide,  planifié !

 

La question culturelle

Aujourd’hui chez nos voisins du Maghreb l’élite arabe au pouvoir, après des années de crispation , a décidé de reconnaître l’existence du peuple berbère par l’officialisation de la langue et culture berbère. Le Maroc en fut  le pionnier, l’Algérie, pétrie de nationalisme à fleur de peau, après moult hésitations, vient de suivre . Elle s’ouvre même, en ce moment , à un débat entrain de prendre corps  qui porte à la fois et sur le rôle et la place de la langue Française dans le système éducatif algérien et sur la nécessité de‘’ découpler la  langue arabe du conservatisme religieux ’’( A Dourari) pour lui restituer sa capacité, autrefois, à produire le savoir –aujourd’hui perdue-.

Chez nos voisins tunisiens le débat va plus loin ; il questionne voire remet en cause  l’identité arabe du peuple tunisien, à l’origine  un melting-pot constitué de grecs,  de romains, de Turcs , de Français , de  berbères, de Noirs  et d’arabes .

Là où, pour baliser l’avenir, nos voisins maghrébins marquent un temps de pause pour évaluer et réfléchir, les mauritaniens, à travers l’aile la plus chauvine,’’ hystérisent’’ le débat dès que les  questions sérieuses  sont abordées…

  Plutôt que de s’attaquer aux problèmes de fond on nous distrait avec des broutilles comme le bricolage du drapeau ou des chansonnettes sur la résistance…

Pendant que d’autres se penchent sur la revalorisation et le développement des langues maternelles en vue de l’apaisement identitaire, notre élite et nos gouvernants se refusent à toute évaluation, à tout examen sérieux et lucide de la situation passée et présente pour, obstinément, poursuivre le projet d’assimilation de la composante non arabe du pays, perçue comme une menace à la pérennité du caractère arabe (décrété) de la Mauritanie !

Les désastreuses et dangereuses pratiques politiques au plus haut niveau de l’Etat, le silence général de l’élite sur ces questions de fond, l’inaction déroutante des plus concernés , tout porte à croire que nous agissons comme  si nous ne  voulions pas que ce pays change, positivement ; comme si  nous refusions d’avancer pour entrer de plain pied dans le concert des nations modernes !

Enfin , un dernier paramètre, sous-jacent, qui entrait en jeu et constituait  l’obstacle le plus sérieux  à la cohésion nationale et au changement – à la base même de tous les autres  facteurs- : le complexe aryen , inavoué, de race supérieure qui sous-tend sournoisement nos rapports inter-communautaires .

Pouvons nous continuer dans cette voie sans risquer grandement de mettre en péril notre devenir en commun, si toutefois ce  ‘’devenir en commun’’ – ou volonté de vivre ensemble- est  partagé ?

C’est toute la question qui interpelle chacun de nous et à laquelle il faut  bien répondre

 

Samba Thiam  

 Inspecteur de l’Enseignement Fondamental   

Président des Forces Progressistes du Changement (FPC)  

28 Décembre 2016

 

 

 

 

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