Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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SAMBA A ould Belal

J’ai lu, avec intérêt ,  la sortie de mon grand frère ould Belal  il y a quelques jours dans les réseaux sociaux . Il faut saluer cette posture qui  sied à  l’intellectuel  dans son’’ rôle de vigile  et d’alerte au  danger’’ , dirait l’autre …

J’entre dans son  texte par la fenêtre de  l’ironie, caustique , opposée aux ‘’légalistes’’ : ‘’le Droit autorise parfois ce que la nuque redoute ‘’ . Décodons : si cette vague de magistrats , tous issus d’une seule et même composante nationale , a passé haut la main cet examen , ils y ont droit  …de par  la loi  qui  les y autorise, certes . Drapés dans leur bon droit, ils perçoivent  leur succès comme  naturel et normal ,  sans se poser la moindre  question ” .  D’aucuns  parmi ceux -là , sans fausse modestie, poussent le bouchon assez  loin, pour justifier leur réussite  par le mérite , l’intelligence …leur ‘’intelligence supérieure’’ , bien entendu ! Valy essaie de  tempérer  cette  conviction forte et suffisante à outrance qui manquait du sens de la mesure et de la relativité des choses, en attirant ironiquement  l’attention sur le fait que la loi pouvait aussi comporter des travers, comme la démocratie  s’accommoder de la ségrégation raciale et de l’esclavage .’’ Qu’une loi peut aussi  produire de l’injustice…’’

Il pose ensuite le diagnostic du mal, structurel , à l’origine de notre ‘’ mal-vivre ensemble’’ qui découle du  jacobinisme français, transposé et plaqué  sans clairvoyance  chez  nous  comme modèle, en porte-à-faux , disons-le , avec  la réalité multi-nations  de l’Afrique .Un jacobinisme qui nivèle , gomme les différences par l’uniformisation, tablant sur l’individu abstrait, dans la négation du groupe.  Qui reconnaît les langues et non  leurs locuteurs …

Bref ,un diagnostic clair , bien posé ,  pertinent  mais qui , hélas,  contraste quelque peu avec le style feutré , contenu,  dès que  l’éventail des solutions est abordé. Là ,en effet, l’auteur  louvoie ,  effleure la plaie sans vouloir crever l’abcès…Comme ceux-là qui voudraient résoudre la question du « Passif humanitaire ‘’ , comme sorti du néant , sans avant, sans cause  ni  contexte ! 

Valy  pose que la solution à notre problème de cohésion nationale  réside dans ‘’une administration publique qui reflète la diversité sociale , culturelle et régionale du pays,  protège  les intérêts,  en matière de participation et de représentation  des groupes non arabes, dans la gestion de l’Etat’’. 

Il n’y a  là  rien à ajouter , rien à dire…

Reconnaissons  – lui , ici , ce courage  qui sied à l’intellectuel  qu’il faut saluer, assez peu courant dans notre faune politique  ,loin de la posture  du coquin sur les ‘’Pullo-toucouleurs’’.

Le hiatus  dans son approche des choses  se situe  toutefois dans  l’application concrète de l’éventail des solutions proposées ; en effet, il parle d’usage de  ‘’critères de compétence et de diversité sociétale’’, alternées, sans nous dire à l’ aune de quelle langue cela se ferait ? Il évoque cette décentralisation – un clin d’œil au Rais –  en termes positifs , alors qu’au vu du constat dréssé  un peu partout et dans la vallée du fleuve en particulier , elle apparaît  plutôt comme  une décentralisation  dévoyée , vide de sens , placée sous la férule du ministère de l’intérieur et de ses gouverneurs et préfets,  dans une administration méthodiquement blanchie, sans possibilité aucune  pour  les populations locales de choisir librement  leurs  administrateurs .

 Valy  parle ensuite de  l’ouverture d’écoles d’excellence ,mais qui se révèlent être dans cette zone , des tape-à-l’œil en réalité . Si l’objectif  de départ était  de corriger les déséquilibres dans leur accès , au final c’est tout le contraire qui se produit , puisqu’elles se retrouvent  quasiment blanchies  pour tout dire,  comme  pour  Nouakchott . Ould Belal termine par la loi d’orientation ,bonne à ses yeux ,  mais qui ,en fait, est l’une des plus scélérates  à mon sens , édictée pour noyer le poisson en matière de réforme de l’enseignement des langues nationales pulaar, sooninke et wolof ,et  constitue un recul net . J’entends des voix  parler de   ‘’promotion’’ des langues nationales, mais c’est complétement dépassé , ! C’est de l’officialisation qu’il s’agit et rien d’autre … Valy   évoque enfin l’accès à l’emploi , la voie des concours sans se poser la question de savoir qui contrôle le service des Examens et Concours,  dans quelle langue et de quelle manière sont tissées les épreuves d’examen qui conduisent à l’échec massif des uns  ?  

Il pose tout cela en omettant  de mettre le doigt  sur le véritable  nœud du problème, passé sous silence, c’est-à-dire  la barrière de  la langue. Si toute une composante  est aujourd’hui éjectée , hors circuit ,en situation d’échec massif ,  c’est bien en raison de l’instrumentalisation de la langue arabe , éclatée en matières multiples afféctées de coefficients accrus , bien souvent  fantaisistes. Comme souligné  plus haut, Valy effleure la plaie sans oser crever l’abcès…Or

’’ mal nommer les choses , nous dit  A Camus , c’est rajouter du malheur au monde’’ …La culture , disait  Maitre Taleb Khyar ,est utilisée en Mauritanie ‘’ comme  un instrument de conquête et de confiscation du pouvoir ’’ . Vérité absolue !

La  solution juste et durable  de ce problème crucial réside dans l’officialisation de nos langues nationales sooninke , pulaar et wolof qui donneront à manger et à boire, au même titre que la langue arabe ,exactement comme le préconisait le CMSN dans une de ses résolutions ,en  prélude  à  l’experience de  l’ I-L-N des années 90, menée avec succès .  Mais sur ce point là,  mon grand frère  hésite  à franchir le pas , pour ne  pas, me dis-je ,  recevoir des coups  qui , immanquablement ,  ne sauraient tarder  . Et ça n’a pas raté avec la sortie du coquin, ‘’diplomate de son Etat ‘’, ces jours-ci !

Bref , tant que la  réalité actuelle  n’aura pas changé –ce racisme d’Etat et cette  question de l’esclavage escamotée –  notre cohésion nationale et sociale   souffrira durablement ,pour ne pas dire plus .

Valy  fera -t-il des émules , c’est -à-dire  sera –t-il suivi  dans cette voie  qui  place la cohésion nationale  par-dessus tout , au risque de déplaire voire de recevoir des coups ? Wait and see.

Samba Thiam président des FPC

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Un dialogue national pour un sursaut national ?

1-Contexte

    Le dialogue national est une opportunité pour les Mauritaniens de se réunir et de discuter des défis auxquels leur pays est confronté, et de trouver des solutions pour un avenir meilleur. C’est un moment crucial pour la Mauritanie, qui doit choisir entre continuer sur la voie d’un modèle suranné ou s’engager sur la voie du sursaut de la renaissance nationale, de la démocratie et du développement.

2- La crise de la gouvernance:

– La Mauritanie est à un tournant de son histoire, avec un État central qui a choisi très souvent de faire tanguer le navire plutôt que de le diriger vers l’avenir.

– Les paradigmes actuels vont effacer mille ans d’histoire et de culture communes, et les mensonges et falsifications ont encombré la voie empruntée.

– L’ignorance des profondeurs sociologiques et historiques du pays est largement partagée, et la gouvernance est déconcertante par sa boussole en contresens. La Mauritanie ne ressemble qu’à elle même et les solutions idoines ne se trouvent que dans son génie propre et non ailleurs.

3- Les conséquences de la corruption

– Les allées du pouvoir regorgent d’hommes et de femmes dont les parcours sont entachés d’actes de concussion sur des deniers publics.

– La croyance à l’amnésie collective est une candeur coupable . Un pays peut se reconstruire après une bataille ou une guerre mais en se détournant de ses valeurs fondatrices , il se condamne au naufrage.

– La substitution des choix politiques légitimes des communautés composantes de la nation par la transplantation d’écuries à la seule dévolution et de fidélité amiable à d’individus installés dans les cercles de décisions est à la fois de la corruption morale et de la félonie .Il s’agit d’un déni de la démocratie représentative. 

4-La nécessité d’un dialogue national

– L’espace national est fracturé, et la tenue d’assises pour un dialogue national représentatif, inclusif, citoyen et démocratique est un impératif.

– Il est indécent de vouloir imposer des individus qui se sont cooptés les uns les autres dans un jeu de chaises musicales.

– Le dialogue national doit être fondé sur l’esprit d’un engagement citoyen et sur les valeurs cardinales qui nous unissent.

5- Les attentes des citoyens

– Des milliers de citoyens ont transmis un signal fort sous la bannière de Rendo Mauritanie pour une dynamique de sursaut et de soutien au stade olympique sis à Tevragh Zeina en mai 2023. Qui ne veut ni voir ou entendre ?

Le credo du minima de l’expression citoyenne par «les chiens aboient et la caravane passe » est à la fois un aveu d’irresponsabilité et surtout de l’incompétence.

– Une charte nationale de la citoyenneté , socle d’un dialogue sincère , a été mise en avant, qui met en valeur ce qui nous unit dans nos valeurs cardinales.

– L’atteinte des objectifs assignés à un dialogue national n’est réalisable qu’avec à la base l’esprit d’un engagement citoyen.

6-La reconnaissance des héros

– Il est permis de se demander si l’aune décrétale suffit désormais pour la reconnaissance nationale au vu du panthéon clientéliste qui adresse nos rues . Il s’agit d’une injustice faite aux familles et à la mémoire de centaines de nos compatriotes qui ont fait le sacrifice suprême pour une Mauritanie impériale dans le conflit du Sahara et dans les missions commandées.

– La république ne saurait s’accommoder de la mesquinerie au nom de l’État. Les conflits d’intérêts personnels doivent strictement relevés de la sphère privée.

7- La nécessité d’un changement

– Il est temps de donner la parole aux Mauritaniens et de créer un espace de dialogue véritable, où les citoyens puissent s’exprimer librement et contribuer à l’avenir de leur pays.

– Il est malheureux de l’affirmer, mais pour se faire entendre, il faut s’exposer au marché d’un Photoshop politique qui impose des standards dont les moindres sont la médiocrité, la courbette et l’obséquiosité.

8- Conclusion

– La Mauritanie a besoin d’un nouveau départ, fondé sur la vérité, la justice et l’unité.

– Il est temps de refermer la parenthèse du passé avec lucidité et courage et de s’engager vers un avenir meilleur, ensemble.

Nouakchott le 12/01/2026

Seydou Hassan SALL

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Khaly Mamadou Diallo Député à l’Assemblée

Diagnostic d’une situation extrêmement grave 

La Justice, Laboratoire d’une Dénégation de l’Égalité

À la veille de la réunion du Haut Conseil de la Magistrature, le secteur de la justice apparaît aujourd’hui comme l’un des symboles les plus visibles de l’exclusion de la composante noire du pays. Cette réalité est d’autant plus préoccupante qu’elle concerne une institution qui, par essence, est censée incarner l’égalité des citoyens devant la loi.

Le Haut Conseil de la Magistrature, présidé par le Président de la République et composé du ministre de la Justice, du président de la Cour suprême, du procureur général près ladite Cour ainsi que de trois magistrats élus par leurs pairs, ne compte actuellement aucun magistrat negro-mauritanien. Cette absence totale n’est ni fortuite ni circonstancielle. Elle est le résultat d’une politique progressive, méthodiquement entretenue depuis des années, qui a atteint aujourd’hui son paroxysme. Il est à un niveau critique jamais égalé. 

L’institution judiciaire, qui devrait être le socle de l’égalité républicaine, est ainsi devenue le lieu d’expérimentation abouti d’une exclusion durable et systémique de la composante noire, dans l’ensemble de ses instances et structures connexes.

Une dynamique ancienne, aujourd’hui à son point de rupture

Cette politique d’exclusion ne date pas d’aujourd’hui. Entamée depuis plusieurs décennies, elle s’est accélérée à partir des années 1990 pour atteindre aujourd’hui un seuil alarmant. La tendance observée conduit, de manière dangereuse et presque irréversible, vers la disparition quasi totale des magistrats negro-mauritaniens dans l’ensemble des juridictions du pays.

Lorsqu’une institution chargée d’incarner l’égalité des citoyens, de rendre la justice et de réguler les conflits sociaux ne parvient plus à refléter la diversité de la société qu’elle sert, il est légitime de s’interroger sur l’état réel de l’État de droit. Ce constat interroge non seulement le fonctionnement de la justice, mais aussi les fondements mêmes de la République et du vivre-ensemble, déjà fragilisés dans d’autres secteurs essentiels tels que l’école, l’armée et certaines institutions républicaines.

Un appareil judiciaire marqué exclusivement par la composante Beydane

L’analyse de l’appareil judiciaire et de ses institutions annexes révèle une réalité amère : l’inexistence quasi totale de la composante negro-mauritanienne à tous les niveaux de juridiction.

Au-delà des inégalités structurelles affectant les Haratines et de la tribalisation progressive de certains pans de la justice – souvent liée aux choix des décideurs en place – les Peuls, Soninkés et Wolofs sont presque absents de l’appareil judiciaire. Sur près de 300 magistrats, on en dénombre à peine une dizaine issue de ces communautés. Parmi eux, environ la moitié occupe des fonctions politiques ou administratives, les rendant non opérationnels pour l’exercice de la justice : un wali, un conseiller au ministère de la Justice et un magistrat affecté à la Cour de la Fatwa et des recours gracieux. D’autres sont en fin de carrière, proches de la retraite.

Parmi ces magistrats non opérationnels, deux partiront à la retraite à la fin de l’année en cours, et le troisième l’année suivante.

Une présence résiduelle et fragilisée dans les juridictions

Les magistrats negro-mauritaniens actuellement en fonction dans les tribunaux sont au nombre de cinq. L’un d’eux prendra sa retraite dès la fin de l’année, réduisant ce nombre à quatre. Parmi ces derniers :

• un siège à la Cour suprême ;

• un à la Cour d’appel d’Aleg ;

• un à la Cour d’appel de Kiffa ;

• un substitut du procureur –  le seul procureur negro-mauritanien du pays – actuellement en formation à l’étranger, donc non opérationnel.

La situation globale est donc extrêmement préoccupante et ne laisse entrevoir aucune amélioration à court terme. Elle ouvre au contraire la voie à une justice de plus en plus monocolore et excluante, ne reflétant aucunement la réalité sociale du pays. 

Le rôle central de l’ENAJM dans le processus d’effacement

Depuis plus de trente ans, l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAJM) a joué un rôle déterminant dans ce processus. Sa politique de recrutement a consacré une discrimination assumée dans l’accès aux fonctions judiciaires, s’inscrivant dans une tendance plus large touchant l’ensemble de la fonction publique.

Hormis quatre magistrats récemment recrutés – trois juges et un substitut du procureur – l’ENAJM n’a sélectionné aucun juge negro-mauritanien au cours des cinq dernières années. Deux facteurs expliquent cet effacement :

• d’une part, une discrimination progressive imputable aux choix politiques ;

• d’autre part, un mécanisme plus sophistiqué fondé sur un recrutement largement favorable aux diplômés de l’ISERI, privilégiant le baccalauréat série O, orienté vers l’arabisation et les sciences religieuses.

Ce système exclut de fait les candidats formés au droit moderne, toutes composantes confondues, mais frappe particulièrement les communautés déjà marginalisées.

Une justice perçue comme étrangère par une partie des justiciables

La cartographie globale des juridictions et de leurs compositions met en évidence l’ampleur des déséquilibres. Une large partie des justiciables ne se reconnaît pas dans une institution qui statue souvent dans une langue qu’ils ne maîtrisent pas et dont les décisions sont rendues par des magistrats parfois insuffisamment formés, avec pour horizon principal l’incarcération ou la restriction des droits, souvent au prisme d’affinités tribales, sociales ou de rapports de pouvoir.

Une exclusion systématique dans toutes les structures judiciaires

À l’échelle nationale, la composante negro-mauritanienne ne compte plus que six magistrats : quatre Peuls, un Soninké et un Wolof. Aucun n’occupe de fonction décisionnelle stratégique ; tous sont cantonnés à des postes de conseillers.

Sur plus de 60 tribunaux de Moughataas, aucun juge d’instruction n’est negro-mauritanien. Ils sont également absents :

• des 14 tribunaux de wilayas ;

• des 14 cours criminelles ;

• des tribunaux de commerce de Nouakchott et Nouadhibou ;

• des tribunaux du travail ;

• des cours criminelles spécialisées (corruption, terrorisme, esclavage, traite des êtres humains et des migrants).

À la Cour suprême, un seul conseiller negro-mauritanien siège parmi une trentaine de magistrats.

S’agissant du parquet, la situation est tout aussi alarmante : un seul substitut du procureur dans tout le pays, actuellement en formation à l’étranger.

Une exclusion étendue aux institutions connexes et aux professions judiciaires

Cette marginalisation s’étend également aux autorités administratives indépendantes liées au champ judiciaire : Autorité nationale de lutte contre la corruption, Agence judiciaire de l’État, Commission nationale des droits de l’homme, Mécanisme national contre la torture, Observatoire national de la femme et de la fille, Commissariat aux droits de l’homme, Autorité de protection des données personnelles, entre autres.

Les professions libérales et parajudiciaires connaissent la même réalité :

• un seul notaire peul sur quarante ;

• aucun huissier de justice negro-mauritanien ;

• une dizaine d’avocats sur près de trois cents ;

• une présence marginale des greffiers en chef, pourtant piliers du fonctionnement judiciaire.

Conclusion : une alerte républicaine

Ce tableau, sombre et alarmant, révèle l’ampleur des inégalités structurelles qui minent la confiance d’une large partie de la population envers l’institution judiciaire. Sans un début de redressement rapide et crédible, cette défiance ne peut que s’aggraver.

Un dialogue sans volonté réelle de changement serait un dialogue vidé de son sens. Il devient impératif d’engager des mesures fortes, rapides et structurantes afin d’éviter une rupture irréversible avec les principes fondamentaux de la République : l’égalité, la justice et le vivre-ensemble.

Khaly Mamadou Diallo

Député à l’Assemblée

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CAF. Sur sa demande, et après approbation de la CAF, la Mauritanie quitte la zone Afrique de l’Ouest pour intégrer la zone Afrique du Nord.

Le rêve de certains, qu’ils soient en mode sommeil ou en mode veille, c’est de déraciner géographiquement la Mauritanie. Pour en faire quoi, donc ? Pour la transporter et la transplanter dans l’Asie occidentale, de préférence entre l’Arabie Saoudite et le Yémen ou dans les Émirats arabes Unis dont elle pourrait être, le cas échéant, le huitième État. Désir d’arabité exige : il faut quelque chose qui sonne et rime avec arabe pour faire arabité. Quand le virus du complexe identitaire s’active, difficile de le neutraliser, la fuite en avant se poursuit, sans limite. Bientôt nous modifierons notre Constitution…  Et pourquoi donc ? Pour changer le nom de notre pays : de République Islamique de Mauritanie, on va passer à « République Islamique Arabe de Mauritanie ». Après tout, nous avons déjà changé de drapeau et d’hymne… 

En attendant que se réalise ce rêve de transplantation du pays…, de rupture définitive d’avec l’Afrique de l’Ouest, de divorce d’avec l’Afrique noire au profit d’un ancrage, depuis longtemps entamé, dans l’Afrique du Nord (blanche) et dans le monde arabe, on agit sur deux leviers. 1) On profite au maximum de toutes les opportunités qu’offrent les organisations africaines, comme ce fut le cas récemment lors de l’élection d’un Mauritanien à la tête de la BAD : dans ces cas-là, on se souvient de l’africanité de la Mauritanie, on la revendique même, et on fait la tournée des capitales africaines, avec sourires, accolades et autres opérations de séduction pour s’assurer du soutien et des votes des pays de l’Afrique noire.

Rien d’étonnant, car on retrouve là l’extension hors de nos frontières de la méthode de gouvernance déployée à l’intérieur du pays : le recours à des cadres issus des communautés exclues et marginalisées et leur utilisation comme faire-valoir pour asseoir la domination de la composante maure du pays. Autrement dit nous retrouvons sur le plan extérieur, en matière de diplomatie et de relations internationales, l’affirmation d’une Mauritanie à identité unique, exclusive : l’identité maure ; d’où cette volonté de consolider l’ancrage de la Mauritanie dans le monde arabe ; d’où cette négation de fait de l’identité des autres entités nationales.

2) La consolidation de l’ancrage du pays dans le monde arabe s’opère à mesure que s’effectue le retrait progressif de la Mauritanie de sa zone géographique matricielle : hier (2000) elle se retirait de la CEDEAO. Aujourd’hui la Mauritanie déserte la zone Afrique de l’Ouest de la CAF au profit de la zone Afrique du Nord. On peut parier, au regard de son orientation politique définie plus haut, que si elle ne courait pas le risque de s’exposer à la perte de beaucoup d’avantages ou de prestiges symboliques, à l’étouffement économique et à l’isolement en Afrique, elle se serait volontiers retirée de l’OMVS (Organisation Pour la Mise en Valeur, du fleuve Sénégal) et même de l’UA (Union Africaine) au profit d’organisations Nord-africaines et arabes. 

Mais arrêtons de rêver. Le rêve peut être un dérivatif. Laissons-lui en l’occurrence cette fonction, car la réalité, souvent indépendante de notre volonté, finit toujours par s’imposer, fracassant rêves et illusions. La Mauritanie est d’abord africaine avant d’être arabe. C’est son appartenance effective au continent africain qui fait sa proximité avec l’Afrique du Nord. Dans ses rapports avec l’Afrique noire et le monde arabe, elle doit s’employer à maintenir constamment cette ligne d’équilibre, celle qui fait sa double identité : africaine et arabo-berbère. Mais comment maintenir cette ligne d’équilibre sur le plan extérieur quand elle est inexistante sur le plan intérieur ? L’extérieur, c’est le dedans exposé dehors, comme pourrait dire l’autre.

Boye Alassane Harouna

21 décembre 2025

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FLAMNET-RÉTRO : Chronique de la Question Nationale en Mauritanie – à travers les Mémoires de Ould Daddah,” la Mauritanie contre vents et marrées “

J’ai lu les mémoires de Ould Daddah – ” La Mauritanie contre vents et marrées” .

Je voudrais partager avec vous,chers lecteurs , son témoignage sur juste un aspect de ces mémoires touchant la question culturelle . Mon intention est de montrer combien cette question fut récurrente et chargée. Combien également les gouvernements arabo-berbères louvoyérent , à chaque fois qu’elle se posât avec accuité, voire avec passion le plus souvent, trainant les pieds de report en report, pour qu’enfin on l’enterra, pour de bon .

J’aimerais aussi montrer comment par glissement, volontairement choisi , on est passé de la dimension politique –Question nationale à la dimension culturelle –question de langues-, pour ne retenir , en définitive, que cette dernière ; et cela même présentement chez la plupart de nos leaders politiques arabo-berbères !

A ceux qui s’obstinent à penser que le problème nègre a été ou demeure juste un problème culturel, les faits retracés par Ould Daddah les controdisent formellement en soutenant le contraire à travers les confessions qu’il nous fait , ici même dans ces pages .

Cette question est d’essence politique , fondamentalement .

Dans ce témoignage que je rapporte ici, le plus fidélement autant que possible , je ne manque pas, de temps à autre, de faire ici et là, mes propres commentaires, à certains propos . Vous saurez faire la différence .

Ecoutons plutôt Mokhtar Ould Daddah .

Le Congrès d’Aleg 1959 , Congrès – départ de la dérive , et à partir duquel Ould Daddah remonte .

” Pendant ce Congrès un débat houleux , voire passionné s’était engagé sur la Question nationale. Le groupe Négro- Africain proposait la solution fédéraliste , à défaut exigeait des garanties constitutionnelles; le Groupe recommandait en outre l’adhésion de la Mauritanie à la Fédération du Mali , position sur laquelle ils étaient même soutenus par le groupe des maure de l’Est .

La Question n’ayant pas trouvé de solution fut donc suspendue , en raison de son acccuité pour être confiée , au groupe parlementaire , au sortir du Congrès.

Il était question , nous confie Daddah qui rapporte les choses , de procéder à une révision constitutionnelle qui serait favorable à la minorité ( entendez Négro-Africains ) suite à leurs inquiétudes exprimées à propos de l’évolution du pays.

“Les Noirs disaient , nous rapporte Daddah , que si la régle démocratique selon laquelle la majorité numérique impose sa loi à la minorité était appliquée telle quelle chez -nous , la majorité maure pourrait dans certains domaines importants , imposer des mesures qui léseraient la minorité. Pour prémunir cette dernière contre de telles éventualités, des garde-fous , des garanties devaient être prévues dans la constitution” .

Il ajoute plus loin , que puisque ” le Président de la République serait toujours maure , théoriquement , il fallait instituer une vice -présidence dont le titulaire serait issu de la vallée “.

Il fallait donc réviser la constitution dans le sens d’un exécutif bi-céphale.

Le groupe parlementaire se mit donc au travail , et après d’âpres discussions , se mit d’accord , pour l’essentiel , sur la proposition. Il fallait passer à exécution .

Mais Ould Daddah , en fait secrétement hostile à l’idée , saborda la proposition le 8 Mai 1959, pour la raison qu’il révéle ici lui même :” les rivalités entre les candidats potentiels à la vice-Présidence empêchaient tout accord sur une personnalité acceptable par tous les représentants de la Vallée “, disait-il .

Puisqu’il y’avait rivalité entre différents postulants , il fallait enterrer l’idée , soutient apparemment Daddah . Raison fallacieuse , s’il en fut , qui cachait mal un cynisme et une hypocrisie manifeste, en vérité ! car Daddah ignorait délibéremment les recommandations des Négro-Africains et les principes arrêtés par le groupe parlementaire , stipulant « que le candidat Négro-Africain issu de la Vallée devrait être élu , au même titre que le Président de la République , pour bénéficier d’une plus grande légitimité ».

Pourquoi exigea –t-il un consensus autour d’un candidat pour ressortissants de la vallée qui n’avait pas de raison d’être, logiquement parlant, alors que ce critére n’avait pas été retenu par le groupe parlementaire chargé de la question ?

Pourquoi n’avoir pas imaginé plutôt, organiser des primaires entre les candidats, ou simplement les laisser compétir , et que le meilleur gagne ?

Non ! la vraie réponse est qu’en fait Ould Daddah ne souhaitait pas résoudre ce problème , et cette apparente dissension au sein des Nègres fut un prétexte , une aubaine …pour enterrer l’idée .

Ould Daddah évacua donc ainsi la Question , de maniére cavaliére.

Cette question politique , comme on le verra , allait toutefois ressurgir de manière récurrente , mais déviée… ou rebaptisée “ question culturelle “ , à travers l’Arabisation .

Alors que la Communauté de la vallée du fleuve n’avait pas fini de s’inquiéter sur son avenir , le second Congrès de 1961 – congrès de l’unité- adopta le principe de l’officialisation de la langue Arabe , attisant le feu comme par provocation . Ce qui naturellement accrut l’inquiétude nègre, et suscita une atmosphére encore plus tendue .

Ould Daddah le confirme en page 294 , décrivant l‘atmosphére du Congrès : ” d’un côté , les maures dans leur écrasante majorité voulant l’officialisation et l’application immmédiate de cette mesure . Quant aux noirs de la vallée , ils ne voulaient pas l’entendre évoquer “.

Ce fut là le point de départ de l’appelation “probléme culturel” occultant la dimension politique fondamentale initiale .

Manière subtile de faire oublier aux Négro-Africains, (par diversion ?) la dimension politique de la problématique négre ? Sans nul doute !

Cette question , à son tour , – officialisation de la langue Arabe – fut différée au cours des assises , comme du reste celle de la suppression de la chefferie traditionnelle , pour avoir suscité de vives controverses , une tension élevée , par l’ambiance surchauffée pendant les assises du Congrès .

Les seuls points de “convergence” au cours de ce Congrès furent : l’admission du principe de « prédominance du Parti sur l’Etat », l’adoption du régime présidentiel_ c’est à dire la suppression du Régime parlementaire_ ( début de la dérive autocratique) , et la révision des accords avec la France .

Le Bureau Politique National (BPN) élu fut chargé , au sortir du Congrès , de trouver des solutions à la question culturelle , laissée en suspens , pour l’horizon du Congrès 1962 .

Ainsi le BPN , à son tour, mit en place une commission chargée d’étudier les question qui s’étaient posées au Congrès . Cette commission était composée de Youssouf Koita, Ahmed Baba Ould Ahmed Miske, Dr Racine Toure , Mohamed Ould Cheikh.

Pas de solution pendant toute l’année 1962 où la question des garanties constitutionnelles fut resoulevée de nouveau, simultanément à l’officialisation de la langue Arabe.

Le BPN -nous relate Ould Daddah- y consacra , aprés le retour des travaux de la commission , plusieurs réunions dont la plus longue dura une semaine du 27 juill au 2 Août 1962). Les discussions achoppérent , toutes “.

Nouvelle commission mise sur pied-encore- en juillet 1962, chargée de “la mise en forme des garanties constitutionneles accordées à chaque Ethnie ( notez la filouterie …comme si l’inquiétude, ou le besoin de garantie existait de part et d’autre !) , de l’officialisation de la langue arabe, l’institutionalisati on d’une vice Présidence de la république dont le titulaire n’appartiendrait pas à la même Ethnie que le chef de l’Etat, mais serait élu dans les mêmes conditions que lui ; l’identification de critéres légaux pour l’équité au recrutement aux fonctions publiques , l’Organisme paritaire veillant au respect des garanties “ , fin de citation .Tel fut l’exposé de motifs du travail confié à la commission .

On croirait entendre les FLAM !

Les quatre membres précédents de la commission antérieure sont renforcés par Dah Ould Sidi Heiba , Kane Tidjane , Kane Elimane , Mohamed Mamoune , pour constituer une nouvelle commission.

Celle-ci à son tour crée une Sous-commmission technique ; laquelle sous commission technique adopte les propositions suivantes : Rejet du bilinguisme Arabe peu viable par manque de cadres , rejet de l‘unilinguisme français ,vu les différences sociales et politiques et la mutilation culturelle qu’il entraine , formation de maîtres bilingues , perspective d’une réforme du Secondaire .

Notez encore la filouterie , par cette maniére de louvoyer !

Ces propositions sont soumises au BPN pour adoption ; mais discussions, longues , âpres et passions exacerbées empêchent tout accord . Nouveau report…encore.

La question ( en suspens ) est reportée donc , pour le Congrès de 1963 . Aucune solution, à la fin des travaux de celui-ci ; elle est alors reconfiée au BPN ( nouveau ) qui charge sa commmission d’orientation de la tâche .

Octobre 1965 … le problème refait surface mais de maniére plus aigue; L´assemblée nationale désormais inféodée à Ould Daddah vote une loi en 1965 réorganisant L´Enseignement secondaire , entendez rendant obligatoire l ´Enseignement de l´Arabe à partir de la 6éme , à côté du Français . La suite vous la connaissez ;… Manifeste des 19 , émeutes à Kaëdi , Boghé . Discours musclé et plein de menace de Ould Daddah face à l’agitation Négro-africaine ; discours Daddah dirigé contre les 31 cadres Noirs soutenant la gréve scolaire de 1966, et les 19 signataires du Manifeste.

Désapprobation à ce discours côté Négre , et en réaction … démission du Président de l’assemblée nationale ( Mamoudou Samboly Ba ) et des membres Noirs du Gouvernement. Daddah refusera ces démissions sur le coup, par stratégie , mais sanctionnera de maniére humiliante, plus tard, Mamoudou Samboly, et Elimane Kane .

Sanction, à pas de course , des 19 cadres signataires du Manifeste qui soutenaient l’action des Eléves Noirs. 

Il faut dire que Ould Daddah tenta d’abord de faire prendre la mesure de sanction contre les 19 par le BPN ; « ce fut un échec , du fait d’un profond désaccord tranché entre la tendance maure et Négro- africaine, nettement divisée sur la question en deux blocs , à l’exception de un ou deux maures qui soutenaient le clan négre_ » c’est toujours Ould Daddah qui parle .

Ayant échoué au niveau de cette plus haute instance , Ould Daddah fait prendre la mesure en Conseil de Ministres, plus inféodé .

Le Pays est en pleine crise . La tension ne baisse pas .

Nouvelle Commission nationale en juin 1966, choisie par le BPN, au sortir du Congrès d’Aioun , dont l’objectif était ,disait- on “de maximiser tous les aspects de relation entre les deux communautés nationales, en faisant le point de la situation et en dégageant les perspectives d’avenir “, de réaliser en même temps “un bilinguisme plaçant l’Arabe au même pied que le Français .” sous le couvert de la “repersonnalisation dépouillée de tout chauvinisme et de toute xénophobie “. Fin de citation.

Nouvelle sous-commission (encore !) chargée de traduire ces idées en terme de réforme.

Seck Mame N´diack, Mohameden Ould Babbah, Baro Ali, Mohamed El Moctar O/ Bah , Ahmed Ben Amar , Baro Abdoulaye , Abdellahi O/ Maouloud O/ Daddah , en seront les membres designés.

Remise des travaux trois mois plus tard au BPN ; désaccord ?, insatisfaction ? Daddah n’en dit rien dans son livre. En tout état de cause rebelotte ; le BPN décide d’en reconfier l’étude approfondie à une sous-commission technique…encore une autre !

Babacar Fall, Mohameden O/ Babbah, Elimane Kane , Ba Alassane , Mohamed El Moctar O/ Bah, Sidi Mohamed O/ Deyine, Abdoulaye Baro, Salem Fall , Ely O/ Alaf, en seront les membres . Cette sous-commission fait les recommandations suivantes :

Accent mis « sur la recherche de l’efficacité et de la justice , repersonnalisation dépouillée de tout chauvinisme , renforcement et consolidation de l’unité nationale , ne pas couper l’enfant de son milieu ». Sur la base de ces recommandations , nait la réforme de 1968 instituant la 1ére année du primaire entiérement arabisée, puis celle de 1973 , où les 2 éres années seront entiérement arabisées ; pour le cours élémentaire et cours moyen, l’horaire sera moitieé Arabe , moitié- Français ..

Cette réforme consacra , en 1978 , l’échec le plus massif des écoliers Négro-africains.

Entre temps Ould Daddah est balayé par la premiére junte militaire .

Vous aurez compris que si cette question culturelle n’a cessé de rebondir , sans trouver de solution c’est bien parceque Ould Daddah n’y tenait pas , en réalité . Son projet de reéquilibrage ethnique au sein de l’Administration – les maures étaient lésés par le fait colonial- la repersonnalisation de l’homme mauritanien , entendez maure-arabe , lui tenait trop à coeur .

Ce fut pourquoi également , je me permets ici une digression , il jugea et sanctionna différemment les personnalités qui, disait -il, avaient été impliquées dans les émeutes de 1966 . Ainsi, faisant semblant d’être à égale distance de ces leaders en cause, que sont Mohamed Ould Mohamed Salah (appelé ministre des Maures par la vox populis ) et Mohamed Ould Cheikh ( appelé ministre des Noirs) tous deux têtes de pont de son régime ,Ould Daddah opta , en fait , pour un parti pris manifeste en faveur…de la réaction.

Mohamed Ould Cheikh qu’il dépeignait comme généreux et progressiste fut sacrifié au profit de Mohamed Ould Mohamed Salah qu’il dépeignait comme traditionnaliste et conservateur . Il limogea tous les partisans de Mohamed Ould Cheikh , tel Yahya Ould Menkhouss et Bamba Ould Yazid , sans toucher à ceux de Mohamed Ould Mohamed Salah…Qu’il réhabilitera du reste plus tard au congrés d’Aioun…

Des hommes justes , progressistes et généreux – dépeints par lui- même comme tels-furent limogés parcequ’ils avaient eu le courage de leurs idées face au problème nègre, et pensé comme le groupe nègre dans la gestion de cette question politico-culturelle , Ould Daddah choisit donc de liquider le clan progressiste au profit du clan réactionnaire et raciste … le tout sous le couvert de l’équité …quelle filouterie !

Je me suis permis cette digression pour mieux vous éclairer sur le penchant et les motivations sécrétes du marabout, lecteur ,… mais revenons à nos moutons .

De 1958 à 1978 , cette question culturelle sera donc balottée de commissions en sous-commissions ; Daddah avait lu Clémenceau.

Elle continuera de l’être de 1978 à 2000 .

Sous la pression sociale des Négro-Africains , le systéme à filiére ( Arabe /Francais ) est institué sous Ould Haidalla . Léger changement , légére concession .

Mais là également , au fil des années et des manigances de maitres d’Ecole partisans d’une Mauritanie Arabe, la filiére française se retrécira comme une peau de chagrin dans les Ecoles du Sud, que l’on arabisera un peu plus , chaque année après l’autre , en dépit de la liberté de choix proclamé .

Ould Taya , le plus grand despote de tous les temps arrive entre-temps , radicalise l’Enseignement de l’Arabe ; 90% des Ecoles mauritaniennes sont arabisées , les 10% restant ont toutes les peines du monde à dispenser les quelques cours de Français encore existant , de 1984 à 1999.

Au bout de son oeuvre , l’impasse et un gâchis énorme pour des générations d’écoliers sacrifiés .

Suite à ce constat d’échec Ould Taya entreprend une nouvelle réforme …celle de 1999/2000, sous prétexte ‘’ d’unifier le système’’; Il fera supprimer l’Institut des langues, qui pourtant réussissait,…on ne supprime pas quelque chose qui reussit à moins de…..… .

Mais , comme toujours l´idéologie de la Mauritanie Arabe- permanent soubassement des politiques racistes – prend le pas sur la raison ; L’unification se fait à nouveau au détriment des Ecoliers Négro- Africains .

En effet, dans cette nouvelle réforme l’Enseignement des matiéres définies comme « matiéres culturelles » comme la philosophie , la langue , l’histoire , la géographie , l’instruction civique , la morale et la religion , sera dispensé en Arabe. Les 2 premiéres années du primaire _ comme ce fut pour la réforme de 1978 _ sont entiérement arabisées . Les Ecoliers engagés dans cette réforme sont aujourd’hui ,en 6 éme année , leur niveau plus bas que jamais . Encore des sacrifiés de la vie …des sacrifés à vie !

Il ressort de ce témoignage , pour conclure , que manifestement Ould Daddah lui-même reconnaissait l’existence du problème nègre –comme problème politique qui se posait en termes de garanties constitutionnelles , voir de partage du pouvoir. Ce fut progressivement que l’aspect culturel prit le pas sur l’aspect politique , comme certaines forces l’avaient conçu , pour conduire à l’appelation « probléme culturel ». Ce glissement ne se fit par hasard . Il et ne fut ni gratuit ni innocent , nous l’avons dit !

A entendre encore aujourd’hui beaucoup de leaders politiques , comme Mohamed Ould Maouloud de l’UFP (cfrt récente déclaration )… comme Conscience et Résistance qui ne retient de notre problématique que l’aspect culturel et humanitaire (déportés,)… comme Ould Daddah Junior dont le mutisme de carpe sur ces questions est encore plus révélateur, nous sommes frappés par la continuité de pensée !

Cette dimension politique que nos leaders politiques s’évertuent à nier ou à gommer , Ould Daddah lui même , à travers ses Mémoires , la reconnaît pourtant . Seul CHBIH Ould Cheikh Malainine osa, par honnêteté, faire entendre une voix discordante. La fuite en avant n’a jamais réglé les problèmes … Elle contribue plutôt à toujours les aggraver , en les faisant durer.

Depuis 1958 il en fut ainsi ; même idéologie de domination , même négation de l’autre personnalité de la Mauritanie , même obstination absurde à vouloir assimiler les Négro- Africains …mais également , même résistance timide, timorée et velléitaire du Négro- mauritanien . Hélas !

Sommes-nous suffisamment indignés par notre Condition dans ce pays ?

A chacun d’en faire l’examen de conscience.

La lutte continue !

SAMBA THIAM. 

Dakar- Sénégal

LE 4 JUIN 2008.

Source: site flamonline – FPC

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