Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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FLAMNET-AGORA:La Mauritanie : Pourquoi les électeurs ne votent pas massivement pour l’opposition radicale ?

altDans quelques semaines, les élections législatives, régionales et locales en Mauritanie se dérouleront partout dans le pays. Les résultats plus ou moins prévisibles en faveur du pouvoir feront l’objet de diverses analyses et critiques : bourrage des urnes, achat de conscience par le pouvoir, manque de fonds financiers des partis d’opposition…mais surtout des attaques virulentes contre l’électorat, plus particulièrement , les Negro-mauritaniens celui la même considéré comme victime du système. Pourtant, les acteurs politiques, ceux de l’opposition radicale en particulier, devront trouver les raisons profondes de cet éventuel échec en dehors des explications habituelles qui servent le plus souvent qu’à dédouaner leur propre conscience.
Il me semble que les échecs répétés et constants de notre opposition dépendent principalement de notre attitude de négligence et/ou d’ignorance des principes politiques simples de base. En effet, toute activité politique doit être sous- tendue essentiellement par l’envi, voire le devoir, profond de SERVIR le peuple. Cette notion de service doit être assimilée et intégrée dans la vie individuelle et collective de tous les jours de nos acteurs politiques. Une autre donnée à mettre en perspective est le manque de compréhension de l’idée qu’a le peuple pour le pouvoir de l’état. L’absence de maîtrise de ces deux aspects continue de créer une confusion dans l’évaluation et l’interprétation des actions politiques en Mauritanie. Évidemment, ceci aboutit à cette situation d’inefficacité de cette lutte pour l’égalité et la justice dans le pays, d’où la source principale du découragement et de la frustration de beaucoup de militants de ces partis.
A mon avis le désir de SERVIR, se rendre concrètement utile à la communauté, à quelque niveau que l’on soit devrait être à la base de tout engagement politique. L’absence d’intégration de ce concept, de sa prise en compte parmi les obligations militantes, au moment de création de nos organisations politiques explique deux comportements psychologiques et intellectuels regrettables que nous traînons : notre dépendance totale de l’adversaire (le pouvoir politique) et le manque de confiance en soi. Évidemment, les partis d’oppositions ne conçoivent la possibilité de l’action utilitaire que dans l’exercice du pouvoir. Partant de ce postulat réducteur, leur rôle et leur programme d’action se limitent principalement à des critiques, quelque fois subjectives du pouvoir. Il est évident que l’opposition doit constituer un contre-pouvoir fort, celui qui dénonce les dérives, met l’accent sur les insuffisances, le cas échéant, propose une alternative crédible à l’action du gouvernement qu’il combat. Le faisant, il est certainement dans son rôle traditionnel voire universel. Mais, compte tenu de nos réalités si particulières, cette conception réduit ‘’notre’’ opposition, auprès des populations qu’elle est sensée défendre, à sa plus simple expression. C’est une opposition de ‘’grands mécontents’ ’et de ‘’simples théoriciens’’, c’est-à-dire ceux qui ne protègent ni du préfet spoliateur, du policier indélicat, ceux qui ne donnent ni du travail, ni aide à payer l’ordonnance médicale. L’opposition doit, pour se faire entendre des populations, se dire qu’elle a des obligations à l’égard du citoyen ordinaire. Si l’Etat est incapable ou ne veut pas concevoir un environnement propice à l’épanouissement de tout un chacun, les partis d’opposition, qui se veulent défenseurs de tous les citoyens, doivent agir différemment. Dénoncer et proposer ne suffisent pas ; il faut aussi de l’action, qui devra se traduire par la participation active dans les activités régulières et quotidiennes de nos concitoyens. Personne, ne devrait exiger de l’opposition de faire l’impossible : bâtir des écoles, des hôpitaux, construire des aéroports, des ponts et paver les routes sont de la responsabilité de l’Etat. Cependant, des actions simples mais efficaces, tels que : participer à l’assainissement de nos villes et villages, initier et exécuter des programmes de reboisement, dispenser des cours d’alphabétisation et du civisme voilà des œuvres qui sont à la portée de tout acteur politique. Elles le rendent visible et utile.
Par ailleurs, il est politiquement inacceptable que les acteurs politiques ne puissent mettre en perspective l’histoire et les valeurs de la société dans laquelle ils évoluent. En effet, dans la conscience collective de nos communautés le gouvernement n’a pas une fonction utilitaire. Au contraire, elles conçoivent que le mode de la gestion du pouvoir hérité de la colonisation crée un rapport de servitude et d’humiliation du peuple par l’Etat. A leurs yeux, la matérialisation de l’état ne se fait que par ses services de raquettes (douane et agent de foret) ou d’humiliation (précepteurs d’impôts avec des tortures sous le soleil pour ceux qui n’ont pas les moyens de payer). Cette réalité crée un grand fossé entre le peuple et l’Elite politique. Pendant que l’opposition passe tout le temps à critiquer le pouvoir de son immobilisme, le peuple qui n’attend rien de positif des autorités, trouve la situation normale. Alors, demanderiez-vous pourquoi le peuple choisit-il donc le camp du pouvoir qui ne sert à rien ?
Là encore, une autre divergence d’interprétation de la situation entre la communauté et les politiciens de l’opposition. Le peuple vote pour ses filles et fils qu’il côtoie régulièrement, mais pas pour le pouvoir. Cette présence quotidienne des représentants du pourvoir au sein des communautés est conçue comme un acte de considération (TEDDUNGAL), une valeur que l’argent ne peut remplacer. Par contre l’abandon du terrain par l’opposition, est considéré comme manque de considération ou de mépris (HUTAARE) de la part de leurs autres filles et fils qui se trouvent du cote de l’opposition. Dans son vote, le peuple ne voit pas l’Etat mais la fille ou le fils qui représente l’espoir. L’erreur politiquement suicidaire est de croire que le fait de détenir la vérité dans le discours devrait suffire pour mobiliser les forces, l’électorat autour de soi. Notre peuple ne se nourrit pas de grands principes et de beau idéaux politiques. Il vit un quotidien essentiellement constitué de la lutte pour la survie. Tout ce qui soulage cette dure réalité, même un espoir fumeux, est à prendre. A plus forte raison une main charitable qui vous tire un neveu des griffes de la police ou vous assure la popote du jour.

Hammel Barry

USA

 

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FLAMNET-AGORA: Si je pouvais voter, je voterais… ( par ABOU HAMIDOU SY)

altSi je pouvais voter, je ne jetterais pas mon bulletin de vote (le verbe jeter est utilisé souvent à la place de voter dans plusieurs langues africaines: Zerg en hassaniya; Sanni en wolof) Je le garderai jalousement par devers moi pour d’abord faire chanter, punir et me venger de tous ces politicards qui m’ont promis monts et merveilles la dernière fois. Ensuite je ferai le tri et le retri entre tous ces marchands d’illusions, et ceux  qui auront passés a travers le tamis n’auront pas pour autant acquis ma voix, car je ne me laisserai pas avoir cette fois-ci. Des élections, j’en ai vues, mais mon sort n’a  connu aucun essor contrairement au leur.

 

Si je pouvais voter, je demanderais des comptes à tous les élus sortants, chacun me fera son bilan, pas financier car je sais que la plus part d’entre eux ne tirent plus le diable par la queue, mais  le bilan de leur mandat.

 

Aux députés de la majorité  de m’expliquer le sens de toutes ces lois qu’ils ont entérinées par la seule volonté du pouvoir. Pourquoi ils n’ont pas eu le courage des sénateurs et s’opposer à ce referendum anticonstitutionnellement imposé.

 

 Ils me répondront certainement qu’ils ne font que faire leur travail; voter des lois.

 

Je retoquerai alors non sans sarcasme: « pourquoi n’avez vous pas votez une loi qui interdit d’interdire les manifestations de l’opposition? Une autre qui criminalise tout acte qui entrave la liberté  de participation des organisations des droits humains aux fora de leurs choix fussent ils en Mauritanie ou à l’étranger ? Et une qui gèle toute expropriation foncière sous quel motif que ca soit. Et enfin et surtout pourquoi ne pas voter une super loi qui prohibe formellement toute évocation du troisième mandat d’Aziz en public ou en privé ‘’ ? Qui plus est, cette évocation constitue un crime de lèse- majesté, puisque notre cher président Mohamed O. Abdel Aziz nous a toujours assuré qu’il ne fera que deux mandats. Même s’il est vrai  qu’ ‘’ il n’y a jamais deux, sans trois ‘’

 

Assurément, mis à part une poignée de valeureux députés de l’opposition aucun de ces revenants ne mérite ma voix, ni la majorité des nouveaux prétendants d’ailleurs. Et le spectacle auquel on assiste ces jours-ci me conforte dans ma position. Il suffit de voir les cascades de démissions qui secouent les partis politiques suite aux investitures sur les listes électorales pour savoir combien certains Hommes politiques ne sont mus que par leurs propres intérêts. Il n’est pas exagéré de dire qu’ils ont une perception mercantile de leurs mandats électifs. Et le phénomène n’est pas propre hélas, à l’UPR et ses alliés, même l’opposition n’est pas épargnée. En fait on assiste à la naissance d’une nouvelle caste d’Hommes politiques, ceux que j’ai envie d’appeler les “ wopposants” qui n’hésitent  pas à laisser leur parti et les principes qu’ils défendaient pour se faire élire à  n’importe prix.

 

Un mandat électoral ne doit pas être un privilège, ni un honneur encore moins une source de revenu. C’est un engagement plein et entier  au service d’un projet plébiscité par la population et incarné par des Hommes juges aptes à le conduire. Chez nous comme dans toutes les démocraties similaires, il y a une confusion entretenue; une inversion totale des rôles. Si honneur et privilèges il y’a, ils devraient revenir  aux populations, véritables dépositaires du mandat. Une fois élu, l’Homme politique n’est plus tributaire ou responsable devant son parti, il est redevable à la population. C’est ainsi que dans certaines  démocraties avancées, des mécanismes sont prévus pour permettre aux citoyens de destituer tout élu et provoquer le cas échéant des élections anticipées.

 

En Mauritanie, certes on n’est pas encore à ce niveau, mais la population peut saisir ces occasions périodiques que constituent les élections pour évaluer ses représentants. Les questions que l’on doit se poser à la fin de chaque mandat sont  très simples; mes conditions de vie se sont elles améliorées depuis la dernière élection? A part distribuer de l’argent pendant les tournées du président qu’est ce que mes élus ont fait de concret? Ce questionnement constitue un début de prise de conscience qui peut libérer nos pauvres compatriotes de l’exploitation par la majorité des hommes politiques.

 

Une démocratie réelle repose sur trois piliers essentiels: des institutions fortes, des Hommes politiques intègres et des citoyens engagés.

 

Si on ne peut pas  pour l’instant libérer nos institutions de la chape du pouvoir, on peut agir au niveau des hommes et femmes qu’on est appelés à choisir. Et à mon avis les premiers critères de choix doivent être l’éthique, la probité morale et la conviction dans la cause qu’on défend. Bien qu’ils ne courent pas la rue ces hommes et femmes existent bien chez nous. Ils sont dans la véritable opposition, dans la société civile et parmi l’intelligentsia de toutes nos communautés. Malheureusement, leurs discours et leurs causes sont étouffés par le brouhaha politique général, la seule chose que notre démocratie a produit jusque là. Il est donc impérieux de les habiliter pour le triomphe de leurs idées en s’engageant à leur cotes.

 

Si je pouvais voter, je voterais utile. Je voterais pour tout parti qui s’engage à œuvrer pour l’unité national en permettant l’égale expression de toutes les identités qui composent la Mauritanie. Concrètement il s’agira de bannir immédiatement toutes formes de discrimination et toutes les lois liberticides qui causent méfiance et suspicions creusant ainsi le fossé entre nos ethnies.

 

A mes yeux, l’AJD/MR est le parti qui incarne le plus ces aspirations.

 

Si je pouvais voter, je voterais donc partout AJD/MR.

 

A ce point vous vous demandez certainement pourquoi je ne peux pas voter?

 

Je ne peux pas voter, car victime du génocide biométrique en cours en Mauritanie qui, par je ne sais quelle logique a décidé que toute ma famille est mauritanienne excepté moi; mais ceci n’est qu’une partie du combat.

 

 

 

La lutte continue !

 

 

 

Abou Hamidou Sy

 

FPC/Amerique du Nord

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

Auteur: flamnet

 

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Si j’étais Ibrahima Sarr, si j’étais Samba Thiam

Si j’étais Ibrahima Sarr, si j’étais Samba ThiamTijane Bal – Que l’on m’autorise deux précisions préalables avec l’espoir de lever toutes équivoques éventuelles. La première est que ces lignes sont un simple billet d’humeur.

Merci aux lecteurs (éventuels) de ne les lire qu’à cette aune. La seconde est que seul le souci de l’ordre alphabétique explique qu’Ibrahima Sarr soit systématiquement cité en premier tout au long de ce texte. Il ne faut y voir aucun parti pris. Ni aucune prévention à l’égard des Thiam en général.

Vous représentez deux figures importantes de la communauté négro-mauritanienne. Votre rapprochement ne constitue donc pas un événement anodin. Certains considéreront que ce rapprochement vient à son heure. D’autres attendront de voir. Les uns et les autres ne manqueront pas de se demander ce qui a rendu possible aujourd’hui ce qui ne l’a pas été si longtemps.

La déclaration du 12 juillet représente assurément un tournant. Le mot « réconciliation » en est d’ailleurs absent. Célébrant des « retrouvailles de la famille nationaliste négro-africaine », Monsieur Abou Hamidou Sy lui a préféré un vocable plus neutre.

Il est vrai que la notion de « réconciliation » suppose une rupture préalable alors que celle de retrouvailles laisse plus de place à l’interprétation. Des esprits critiques pourraient faire observer que « la famille » n’est pas au complet. L’un de ses membres, et non des moindres-les FLAM pour ne pas les nommer- ne semble pas avoir été approché par les « médiations de bonnes volontés » évoquées dans la déclaration. Du coup, on ne peut que constater un vide sur la photo de famille.

Le 15 mai dernier, vous déclariez, Samba Thiam, qu’entre votre organisation, les FPC, et les FLAM, « la rupture est totale ». La formule pourrait être jugée abrupte. Il vous est également arrivé de flétrir ceux que vous appelez les « dissidents » et de proclamer la péremption des FLAM dans la foulée de votre repositionnement.

Votre évolution n’a rien d’absurde. Pour autant, n’était-il pas plus démocratique de prendre acte des différences d’approches dans le respect du pluralisme ? De vous à moi, rediriez-vous la même chose? Vous savez mieux que personne qu’en politique, le « définitif » peut, à l’usage, s’avérer n’être que provisoire. L’actualité qui a inspiré ces lignes, en est une illustration.

Passons. L’heure est pour l’instant aux retrouvailles. Apparaitront plus tard des questions banales du genre : que ne l’ont-ils fait plus tôt ? D’où vient la bouderie ?

Il n’est jamais plaisant ni aisé de revenir sur les raisons d’un différend. Surtout au moment où on le solde en se réconciliant.

Mais ce pourrait être une démarche salutaire. La déclaration du 12 juillet actant votre réconciliation fait état « de simples divergences stratégiques » pour expliquer les désaccords passés. Si les motifs de la discorde ne sont en effet pas rédhibitoires, ils pourront être exposés d’autant plus facilement sans risques de réveiller des rancunes.

Votre mésentente a pu surprendre tant vous aviez des choses en partage : un engagement commun, le combat politique qui en découle, hélas la prison et ses affres. Tous ces facteurs auraient pu vous rapprocher.

Il est vrai qu’on pourrait aussi, à l’inverse, considérer que des épreuves aussi traumatisantes que la prison, la promiscuité, la torture, et la déshumanisation qui vont de pair ne sont pas les meilleurs vecteurs d’entente et d’harmonie. Les témoignages de rescapés ayant partagé votre sort ont livré une tragique réalité, propre à altérer les esprits, pervertir les comportements individuels et collectifs et ruiner toute sociabilité. Il n’est donc pas étonnant que le calvaire de l’enfermement ait pu laisser des séquelles et corroder les relations les plus solides. Cette triste réalité est à porter à votre décharge.

Votre réconciliation est, de ce point de vue, la preuve qu’il est possible, malgré tout, de réparer les fractures que l’action politique et ses conséquences, voulues ou subies, génèrent quelquefois. Elle incite à une forme d’optimisme. Nul doute toutefois que l’optimisme du moment cèdera le pas très vite à des questionnements : « Et maintenant » ? « Et après » ?

Après ? Il conviendra de pointer les changements à venir, de les rendre visibles d’en dessiner les contours et d’en imprimer le rythme sachant que pour être prometteuses, les avancées devront être structurelles et pas seulement individuelles. On touche très vite aux limites de l’interpersonnel. Restaurer, s’il y a lieu, de bonnes relations personnelles est nécessaire. Pas suffisant. Nécessaire car il arrive que les désaccords sur les principes dérivent en inimitiés personnelles.

Pas suffisant car acteurs du processus en cours, vous gagnerez à (dé)montrer que ce qui se joue dépasse vos personnes et a vocation à s’inscrire dans un projet collectif. Les difficultés ne devraient pas être insurmontables. Vous pourrez faire valoir, avec des chances de convaincre, que tout bien considéré, vos retrouvailles sont plus conformes à l’ordre des choses que certains attelages récents.

Vos trajectoires personnelles, vos prises de position antérieures (et actuelles) pourraient facilement venir à votre rescousse et témoigner d’une communauté de vues sur l’essentiel.

Cela étant, il est à craindre que la bonne volonté ne suffise pas à faire oublier le contexte de vos retrouvailles. La période préélectorale que vit le pays est propice au soupçon. Il est donc vraisemblable que votre réconciliation soit jugée suspecte à la lumière des circonstances. Il vous appartient de la déconnecter des contingences du moment et de l’inscrire dans la durée.

Par ailleurs, vous concéderez que vos situations politiques respectives sont, pour le moins, différentes. La vôtre, Ibrahima Sarr, semble a priori plus confortable. Vous êtes à la tête d’une formation politique reconnue, présente dans l’espace public et représentée à l’assemblée nationale. Le parti de Samba Thiam est, quant à lui, en quête d’une reconnaissance qui, semble-t-il, peine à intervenir.

A cet égard, Samba Thiam, comment expliquez-vous la persistance de vos difficultés à faire reconnaitre votre formation alors qu’à l’origine, les choses semblaient si bien engagées ? Pour reprendre une expression triviale : il est où le problème ?

Sans que ceci explique cela, aviez-vous seulement intégré à votre démarche le fait que l’espace politique que vous entendiez investir, au regard de votre credo, pouvait être occupé ? Par Ibrahima Sarr précisément.

Quant à vous Ibrahima Sarr, loin d’être une critique, il relève du simple constat que vous êtes perçu comme un homme du sérail, pas totalement extérieur au champ institutionnel, ni même en marge. Vous êtes, à ce titre, en situation d’apporter à Samba Thiam une certaine visibilité institutionnelle dont la non reconnaissance prive son parti. A titre d’illustration, réserver à celui-ci une place de choix sur vos listes, dans la perspective des scrutins à venir, serait un geste politiquement fort. A supposer que les FPC le souhaitent bien évidemment.

Samba Thiam, si, dans l’hypothèse où vous envisageriez de prendre part aux élections, votre parti devait passer le cap des candidatures, arrivera le temps des programmes. Sur ce sujet, les «recommandations » faites à Monsieur Birame Ould Abeid dans un précédent « Si j’étais Birame » vaudraient mutatis mutandis pour vous-même comme pour Ibrahima Sarr.

Un programme monothématique, axé par exemple sur la seule question négro-africaine, comporterait le risque d’installer ou de conforter l’idée d’une alliance raciale et/ou communautaire autour d’un credo racial et/ou communautaire ou à dominante raciale et/ou communautaire. Ce qui, bien entendu, ne signifie pas que cette dimension devrait en être absente.

Pour le reste, l’histoire et l’actualité regorgent de duos de « frères ennemis » : le Zoulou Buthelezi et le Xhosa Mandela, le Shona Mugabe et le Ndebelé Nkomo, le Berbère Ait Ahmed et l’Arabe Ben Bella, le Nuer Riek Machar et le Dinka Salva Kir, les Palestiniens Mahmoud Abbas et Ismael Haniyé……Et la liste aurait pu être bien plus longue.

Vous avez eu le courage de dire vos divergences, de cerner l’«essentiel des contentieux et des malentendus » qui vous ont éloigné les uns des autres, « vos stratégies différentes », des « options » dont vous reconnaissez que certaines furent « parfois antinomiques ».

Il vous appartient à présent d’éviter ce que vous avez appelé les « surenchères contre productives » et ce qu’un analyste a nommé les « dispersions fatales ». C’est à ces conditions que vous parviendrez à consolider la « dynamique de réconciliation et de partenariat » que vous avez amorcée afin de répondre « aux vœux d’unité de votre base ».

De quoi l’avenir de vos retrouvailles sera-t-il fait ? Seul l’avenir le dira. Incha Allah.

Tijane Bal

cridem

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L’Unité re-questionnée …(Par Samba Thiam)

L’Unité re-questionnée …(Par Samba Thiam)La plupart des pays confrontés au problème d’Unité nationale, ou de violations massives des droits humains, tentent, chacun à sa manière, de panser les blessures, de trouver la catharsis nécessaire pour ressouder les fractures inter-communautaires…

Notre pays, à travers son gouvernement, à l’opposé de cette tendance visant à mettre du baume sur les plaies, lui choisit de nier les problèmes, d’opter pour la fuite en avant ou la répression ! Empêcher la délégation des veuves des militaires assassinés de se rendre à Genève s’inscrit dans cette logique.

La rengaine du discours officiel à laquelle nous sommes habitués, généralement servie aux visiteurs étrangers est que l’esclavage n’existe plus ; la question de la diversité culturelle ? un faux débat –puisque mise en pratique à travers chants et danse, et celle du “passif humanitaire”-euphémisme du génocide- un problème résolu, dépassé …

Et pourtant ces questions demeurent et constitueront des boulets à nos pieds, et l’obstacle majeur à notre cohésion et à toute réconciliation nationale, tant qu’elles ne seront pas correctement résolues.

La question du passif

L’on se souvient il y a quelques années le Maroc entamait sa réconciliation nationale a travers la justice transitionnelle… La Tunisie et la Guinée Conakry, à leur tour, lui emboîtaient le pas…

Si la Tunisie remonte à plus haut dans l’histoire et traite de la période comprise entre 1955 à 2016, la Guinée, elle, se limite pour l’instant, à “l’évènement du 28 septembre”, survenu en 2009 sous Dadis Kamara, alors Président de la junte militaire putschiste.

Nous avons encore en mémoire la commission Vérité et Réconciliation de l’Afrique du Sud post- apartheid, puis les cas du Chili et de l’Argentine aujourd’hui derrière nous, pour l’essentiel résolus…Ces cas enseignent que le temps n’efface pas ces questions mémorielles.

Partout donc il souffle un vent du changement, de réconciliation, partout sauf chez nous où l’on s’enfonce dans la fuite en avant, à travers dénis, dénégations et négation …

Pendant qu’ailleurs on tente de revisiter le cours d’un passé douloureux , de retrouver les places où sont ensevelies à la sauvette des dépouilles de victimes, notre chef de l’Etat, lui, choisit de berner nos veuves, de barrer la route à toute investigation sur les dizaines de fosses communes découvertes, d’en effacer toutes traces en rasant les repères, d’intimider et interdire toute manifestation interne , tout acte de souvenir . Il ordonne de bloquer toute plainte, de plomber toute bouche, d’étouffer toute voix qui tente de soulever ces questions !

Ainsi, croit- il, naïvement, pouvoir gommer des mémoires ces tragédies survenues entre 1986 et 1992. C’est peine perdue car elles y resteront à jamais gravées. Nous n’oublierons pas …

Si en Guinée-Conakry on a parlé de 150 morts dans un stade, des dizaines de femmes violées et de disparues, ce qui s’est produit en Mauritanie pendant cette terrible période est sans commune mesure avec le cas guinéen … Ce fut un véritable génocide, méthodiquement planifié.

La question culturelle ou de la diversité culturelle …

Aujourd’hui chez nos voisins du Maghreb l’élite arabe au pouvoir, après des années de crispation, a décidé de reconnaître l’existence du peuple berbère par l’officialisation de la langue et de la culture berbère. Le Maroc en fut le pionnier, l’Algérie, pétrie d’un nationalisme à fleur de peau, après moult hésitations, vient de suivre…Elle s’ouvre à un débat en train de prendre corps qui porte à la fois et sur le rôle et la place de la langue Française dans le système éducatif algérien et sur la nécessité de “découpler la langue arabe du conservatisme religieux”( A. Dourari) pour lui restituer sa capacité, aujourd’hui perdue, à produire le savoir.

Chez nos voisins tunisiens le débat porte plus loin ; il questionne l’identité arabe du peuple tunisien, à l’origine, un melting-pot constitué de grecs, de romains, de Turcs, de Français, de berbères, de Noirs et d’arabes … Là où, pour baliser l’avenir, nos voisins maghrébins marquent un temps de pause pour évaluer et réfléchir, les mauritaniens, à travers l’aile la plus chauvine, “hystérisent” le débat dès que les questions sérieuses sont abordées… pour s’enflammer, au moindre vent, pour des causes extérieures à la Mauritanie, et encore …de façon sélective !

Au lieu de s’attaquer à nos problèmes de fond on nous distrait avec des chansonnettes sur la résistance nationale, bricolée sur un récit national à sens unique, falsifié …

Pendant que d’autres peuples se penchent sur la revalorisation de leur patrimoine culturel, le développement des langues maternelles en vue de l’apaisement identitaire, notre élite et nos gouvernants se refusent à toute évaluation, à tout examen sérieux et lucide de la situation passée et présente pour, obstinément, poursuivre le projet assimilationniste de la composante non arabe du pays… perçue comme une menace à la pérennité du caractère arabe (décrété) du pays !

L’obstacle le plus sérieux à notre cohésion nationale et au Changement en général réside ,en réalité, dans le complexe aryen, inavoué, de race supérieure qui régit sournoisement nos rapports inter-communautaires…Ce complexe explique et sous-tend ces désastreuses et dangereuses pratiques politiques au plus haut niveau de l’Etat et le silence général de l’élite sur ces questions de fond ,empêchant, en partie, ce pays d’entrer de plain-pied dans le concert des nations modernes.

En effet si notre Ecole va très mal c’est en raison, essentiellement, de ce soubassement, teinté d’idéologie ; tout le monde pâtit de la déconfiture de notre système scolaire, c’est certain, mais les Ecoliers, Elèves, Etudiants négro-africains et Haratines, sacrifiés, en pâtissent bien plus. Pendant ces quatre dernières années, sur les 100 premiers au Bac C, leur nombre d’admis varie entre 1 et 5 ! Dans tous les examens et concours récemment organisés ils sont laissés pour compte (médecins spécialistes 3/64, Ingénieurs sortant 3/18, Ecole militaire 1/30, magistrats* 0/20 etc.). Dans toutes les séries et partout ailleurs l’échec est général, massif, patent.

Les corps de commandement de l’Armée et de la Police nationales sont simplement nettoyés, le recrutement à la base, attentivement scruté ethniquement ; les promotions à l’EMIA et à la base de Rosso reflètent la même réalité… Pour masquer le déséquilibre ethnique dans les groupes exposés, les cameramen zooment sur quelques têtes nègres, placées sciemment au premier rang, et balaient d’un faisceau rapide le reste du groupe… Dans les séminaires, ateliers, colloques, symposiums, nous sommes là juste comme un appoint, un accessoire. Ce faisant on a, délibérément, perdu de vue que pour constituer la Mauritanie, le colonialisme français a assemblé deux aires culturelles distinctes, deux peuples aux traditions et habitudes mentales différentes, deux entités politiques historiques indépendantes, des mémoires nationales …

Il nous faut revenir à l’histoire…

Malgré cette situation gravissime, il se trouve, hélas, des nègres et intellectuels sans scrupules, qui roulent pour le parti au pouvoir et les partis satellites, renforçant ainsi un Système qui les opprimait, trompant au passage de pauvres hères, dont il collectent, moyennant quelques ouguiyas, les cartes d’identité… A côté de tout cela, l’inaction déroutante des plus concernés !!!

Il est devenu urgent pour nous mauritaniens honnêtes, soucieux du devenir de ce pays, d’examiner et débattre la question du vivre-ensemble, pour en déterminer le type, si toutefois il est encore partagé…

Les compatriotes arabo-berbères veulent-ils vivre avec les Négro-africains ? Si oui, sous quelle forme et quelle condition ? Dans la poursuite de cette tentative obstinée d’assimilation des autres à tout prix, ou dans le respect des identités respectives ? Dans l’accaparement de tous les secteurs de la vie publique par les uns ou dans le partage équilibré du Pouvoir ? Au travers de l’Unité ou de l’Unitarisme ?

Ces questions méritent d’être tranchées au plus vite, car la fracture entre communautés nationales s’aggrave tous les jours un peu plus ; la tension extrême créée par cette discrimination aiguë que vit actuellement la communauté négro-africaine et les dérives du gouvernement en tout genre suscitent , en ce moment, un débat intense et légitime dans les réseaux sociaux, pour lequel toutes les options doivent rester ouvertes…

Pour ma part, j’ai toujours pensé que les fondamentaux du vivre-ensemble supposaient, nécessairement, le respect de la diversité culturelle, ethnique, religieuse, l’égalité des chances et l’équité …

Un de nos intellectuels affirmait, non sans justesse, malgré une posture partisane (soutien aux touaregs de l’Azawad) que, “Si l’on ne peut vivre ensemble qu’au prix de l’oppression à l’égard d’une composante, c’est une position pas raisonnable et qui, surtout, n’est pas tenable”.

Il nous faut nous ressaisir.

 

Samba Thiam

Président des FPC

29 Juillet 2018

 

*Dans ce concours, contrairement à la pratique habituelle fixée par la loi, au lieu de présenter l’épreuve de langue en fonction des options –Français / Arabe-, tout le monde fut contraint de composer en arabe !!! Cette fois encore, comme pour l’arabisation totale du secteur de la justice, un quidam s’est levé et en a décidé ainsi !

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Reconstruction de la famille nationaliste, un impératif pour les negro-mauritaniens

altLa déclaration conjointe  paraphée le 12 Juillet dernier entre l’AJD/MR et les FPC constitue sans nul doute un jalon important dans la résistance negro-mauritanienne. Après des décennies de stratégies divergentes, d’options parfois antinomiques et de dispersions fatales, l’unité tant souhaitée est enfin entrain de se matérialiser. Le mérite en revient à tous ceux qui y ont cru, en particulier aux infatigables médiateurs, aux militants des deux formations mais surtout aux icônes de la résistance; Ibrahima M Sarr et Samba Thiam qui, par leur esprit de dépassement ont apporté un cinglant démenti aux détracteurs des leaders de notre communauté ; celles de tous les opprimés en Mauritanie. 

Pouvait il en être autrement pour ces deux monuments qui ont tout sacrifié pour la cause; familles, carrières, ambitions…?

Cette retrouvaille est d’autant plus vitale que le système qu’elle combattait est entrain d’atteindre ses objectifs. La marginalisation politique, l’exclusion économique et l’oppression culturelle des negro-mauritaniens est à son apogée.

La cohabitation harmonieuse entre nos communautés est devenue une illusion, l’unité nationale un mirage et  l’Etat une chimère.

Le racisme d’Etat jadis sournois est aujourd’hui patent; les tenants du Système ne s’embarrassent plus de scrupules  ou de ruse; désormais c’est à visage découvert qu’ils opèrent. Non satisfaits de nous avoir réduit à  presque rien ; les gouvernants  cherchent  à nous achever en allant à l’assaut de nos terres de culture.

A ce tableau sombre s’ajoute le désarroi causé par les divagations de  l’opposition; avec toutes les monstruosités auxquelles on assiste. 

En vérité, le Système n’est pas confronté, tout se passe comme si on voulait  remplacer un des rouages; le tuteur, en l’occurrence le chef de l’Etat. C’est peut être la les vœux d’une partie de l’opposition, un changement qui ne bouleverse pas  les équilibres et ne remet pas en cause les acquis du système.

S’il est compréhensible qu’une frange de la classe politique conglomère pour maintenir le statu quo, il est tout à fait légitime pour les victimes de s’unir pour le bouleverser.

C’est ce que ne  semble pas assimiler certains acteurs politiques noirs en Mauritanie. 

De peur d’être traités d’extrémistes, de nationalistes étroits  ou de racistes  ces derniers s’abstiennent de plaider pour le regroupement des forces negro-mauritaniennes. Or, l’histoire nous enseigne que toute lutte d’émancipation victorieuse est portée d’abord par la fédération des forces des principales victimes. C’est par la suite que d’autres entités  rejoignent ce noyau initial; des progressistes de tout bord, des religieux, des artistes et même des repentis parmi les oppresseurs. En somme, suivant le modèle des cercles concentriques. C’est ce qui s’est produit en Afrique du Sud avec l’ANC, le PAC, le SAIC (South African Indian Congress),

le Parti communiste, la COSATU, l’église …idem pour les États Unis avec NAACP, Black Panthers, Black Muslims, les églises … Dans le dernier cas, après avoir porté leur espoir tour à tour sur le parti républicain puis le parti démocrate; les Afro-Américains se résolurent à ne compter d’abord que sur leurs propres forces.

En Mauritanie, la famille nationaliste négro-africaine et les organisations haratines authentiques doivent être le socle sur lequel se fonde toute contestation de l’ordre en vigueur. A ce premier bloc se joindront les forces progressistes arabo-berbères, les organisations de droit de l’Homme, les associations culturelles noires, les vraies oulémas, et même les repentis du système …

Ce rapprochement entre AJD/MR et FPC a été unanimement salué par la communauté negro-mauritanienne et au-delà. Mais les réactions ne doivent pas se limiter à de simples satisfécits dans les réseaux sociaux on dans des  des discussions informelles. Il faut consolider ce partenariat en apportant sa pierre à l’édifice. Pour tous ceux qui prétextaient le manque d’unité pour s’engager dans la lutte, vous n’avez plus d’excuses. Un noyau existe il faut renforcer.

Faut il rappeler, qu’il y a un peu plus de 35 ans, de jeunes nationalistes negro-mauritaniens excédés par la fragmentation des organisations politiques noires et les querelles de clocher entre leurs leaders astreignaient quatre organisations; l’UDM, le MPAM, l’ODINAM et le MEEN à fusionner pour donner les FLAM. Un exemple à méditer.

 

Abou Hamidou Sy

FPC/Amérique du Nord

 

 

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