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!! Quiconque ne voit pas l’exclusion de certaines composantes nationales du systĂšme politique, culturel et mĂ©diatique, soit a des problĂšmes de vision, ou ne voit que ce qu’il voudrait bien voir.
Dâailleurs, peu importent les causes de cette myopie!
Avec leur permission, je me permets dâĂ©numĂ©rer des exemples de ce sentiment de se sentir Ă©tranger chez certains qui est, hĂ©las, sujet dâironie chez ces âmyopesâ!
Les causes de ce sentiment de se sentir Ă©trangers chez eux pour certains sont Ă©videntes. Surtout pour quiconque suit les mĂ©dias. A n’importe quelle heure de la journĂ©e, on constate lâincongrue niveau de prĂ©sence des langues nationales.
Ce niveau est si faible qu’il inspire, ironiquement, un adage en hassaniya “ce qui revient aux nĂ©gro-africains Ă la Radio “. Expression toute faite de dĂ©ni, teintĂ© de rejet et dâinsatisfaction!
Dâailleurs, le dernier rapport publiĂ© par la HAPA en parle de maniĂšre crue. Il a documentĂ© en minutes, pourcentages et heures de diffusion, â le temps dâantenne rĂ©servĂ© Ă ces communautĂ©sâ dans lâespace audiovisuel national. Ici, faudrait-il noter que seule la chaĂźne Al-Mourabitoun dĂ©roge Ă la rĂšgle, Ă©tant la seule, parmi toutes les chaĂźnes TV dites nationales, Ă offrir un programme d’information dans les langues nationales aux heures de pointe.
L’ exclusion est Ă©galement dominante dans les divers programmes scolaires. Elle se reflĂšte aussi dans le dĂ©ni de lâapport de ces communautĂ©s dans lâhistoire commune de la Nation. Et ceci se reflĂšte grandement Ă travers le narratif ventilĂ© sur les aspects de lâexpression culturelle ou sur la valorisation des symboles qui ont marquĂ© l’histoire du pays, Ă lâimage de la mĂ©moire trop sĂ©lective de âla rĂ©sistanceâ.
La discrimination est aussi incarnĂ©e par l’absence totale du poular , du Soninke et du Wolof du systĂšme Ă©ducatif.
Il est dĂ©plorable que l’expĂ©rience de l’Institut des langues nationales ait Ă©tĂ© Ă©touffĂ©e dans l’Ćuf, de sorte que des citoyens du pays sont privĂ©s d’apprendre et d’enseigner leurs propres langues. Pourtant, les mĂȘmes obscurantistes qui dĂ©fendent lâexclusion ne cessent de mettre en avant la pertinence de rapports et de recommandations successifs qui mettent en avant, et sans cesse, l’importance d’apprendre dans la langue maternelle !!
Peut-ĂȘtre que ceux qui sont dĂ©rangĂ©s par le discours de l’exclusion considĂšrent que ces âexclusâ n’ont mĂȘme pas de mĂšre pour leur lĂ©guer une langue!!!
L’exclusion nous rappelle dâelle-mĂȘme chaque annĂ©e lorsque nous faisons, Ă tour de rĂŽle, la navette entre les villes anciennes oĂč nous cĂ©lĂ©brons (Ă juste titre) leur grandeur de jadis! Seulement, les concepteurs (et leurs exĂ©cutants) des politiques de dĂ©portation et d’exclusion s’entĂȘtent Ă refuser de valoriser des pans de l’histoire de ce pays. Câest ainsi que sont ignorĂ©s l’empire du Ghana et le royaume du Tekrout. Dâailleurs, il y a seulement deux ans, la deuxiĂšme personnalitĂ© de la RĂ©publique se moquait des propos dâun interlocuteur qui evopquait celĂ , se vantant ignorer mĂȘme dâignorer la capitale de cet empire. Lâaffaire est tout simplement catĂ©gorisĂ©e comme le reflet du sarcastique et mĂ©prisant humour du prĂ©sident!!
Ce sont lĂ des exemples du visage terne de la discrimination que j’ai choisi dans les domaines mĂ©diatique et culturel.
J’ai sciemment omis ses manifestations dans tous les autres domaines.
Ahmedou Ould Waddia
PARTAGE DE LECTURE : ” Nouvelles d’ailleurs : Cases…Par Mariem Derwich – Journaliste.
“….Je ne suis pas lĂ pour plaire. Je ne suis pas lĂ pour dire aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre. Je ne suis pas lĂ pour ĂȘtre l’incarnation d’une pensĂ©e particuliĂšre qui serait communautariste et injuste.Je ne suis pas lĂ pour conforter tout un chacun dans sa pensĂ©e.C’est « drĂŽle » : quand Habib Ould Mahfoudh prenait la dĂ©fense de nos concitoyens de la VallĂ©e dans les annĂ©es de sang et aprĂšs, personne ne l’a taxĂ© d’ĂȘtre « pro noir » et « anti maure ». Aujourd’hui encore personne n’oserait Ă©crire une idiotie pareille. Mais voilĂ , Habib, l’immense Habib, Ă©tait un «100% », non pas affublĂ© de cette Ă©pouvantail qu’est le mĂ©tissage. Moi je fais partie des 50 / 50, dont une des moitiĂ©s, oh misĂšre, est française….Du coup me voilĂ traduite en procĂšs es atteinte prĂ© supposĂ©e Ă une communautĂ©…. Française, c’est France, France c’est appui aux populations noires pendant la colonisation (ce qui est, au passage, une contre vĂ©ritĂ© historique , mais bon…), France c’est usage du français, France c’est responsable de tous nos malheurs mĂȘme ceux qui n’existent pas, France c’est laĂŻcitĂ©, France c’est ennemi….Et France serait la derwichette….Ce qui expliquerait mon cĂŽtĂ© partisan et anti….maure.D’autres ont trouvĂ© un autre angle d’attaque : je serais contre l’Islam, mauvaise musulmane…Pour certains je suis une grande gueule. OK, cela je le revendique haut et fort. Quelques uns soupçonnent en moi un libertinage prononcĂ©, une atteinte Ă la morale, un refus d’ĂȘtre ce que mon nom voudrait ce que je sois ( pauvre, pauvre nom qui n’a aucun droit Ă une vie propre…)…La liste est longue. Elle me fait rire mais pas tout le temps car elle ramĂšne Ă ce que nous avons de pire chez nous : le fichu ordre social Ă©tabli, les fantasmes sur ce qui n’est pas nous, la sacro-sainte obligation d’ĂȘtre affiliĂ©e Ă un groupe prĂ©cis et, donc, d’en perpĂ©tuer ce qui est bon mais aussi ce qui est mauvais, comme si nous n’Ă©tions que des machines Ă Ăąnonner, Ă rĂ©pĂ©ter, Ă reproduire sans possĂ©der un gramme de raison et de jugement.Je ne me complais pas dans la compassion ciblĂ©e. Je ne cherche pas Ă plaire Ă une communautĂ© ou Ă une autre. Je cherche simplement Ă rester humaine et Ă pouvoir me regarder dans la glace le matin sans avoir Ă rougir…Je dĂ©teste les idĂ©ologies qui me demandent d’accepter les injustices et l’inacceptable. Est-ce ma faute si, dans notre pays, c’est bien une communautĂ© donnĂ©e qui a payĂ© le prix fort, le prix du sang, le prix de l’arabisation forcĂ©e ? Est-ce ma faute si notre pays a eu sa part d’ombres, sa part de morts, sa part de dĂ©portations ? En dĂ©nonçant ceci, cela fait-il de moi une prĂ©-supposĂ©e ennemie d’une autre communautĂ© ? Ceux qui m’indexent oublient une chose, tout en me montrant du doigt : la culpabilitĂ© collective est une horreur. En m’indignant, je n’insulte pas une communautĂ© quelconque : j’indexe un aveuglement collectif, un aveuglement qui n’a pas de couleur de peau, qui n’est pas plus du « Nord » que du « Sud ». Quand je parle de chez nous, je parle d’abord des hommes de ce pays, de MON pays. Je ne parle pas en tant que Mint quelque chose. Je parle en tant que Mariem. Point barre. Mariem.Je ne suis pas gardienne des traditions sociales et tribales. J’en serai bien incapable. Il faut une sacrĂ©e dose d’orgueil et d’ego pour ĂȘtre ceci. Et de rigiditĂ© intellectuelle.Grand bien fasse Ă ceux qui ne se rĂ©clament que d’une Ă©ducation et d’une culture. Chacun trouve son bonheur oĂč il le peut. MĂȘme quand cette perception de soi est exclusive.Oh, j’aurais aimĂ© possĂ©der la tranquillitĂ© d’esprit de ceux qui se croient supĂ©rieurs Ă tout, de ceux qui ne se posent pas de questions, de ceux pour qui le monde n’est que cases, schĂ©mas prĂ© Ă©tablis et non porteurs d’avenir et de novation… J’aurais aimĂ© faire dans le culte immodĂ©rĂ© des ancĂȘtres et de leurs paroles, ne jamais remettre en question l’ordre Ă©tabli, ne jamais contester, ne jamais PENSER. J’aurais aimĂ© ĂȘtre raciste, car c’est bien de cela qu’il s’agit, de racisme intellectuel habillĂ© des oripeaux dĂ©voyĂ©s d’une modernitĂ© mal vĂ©cue et d’une mondialisation et ouverture aux autres qui font peur. J’admire les garants de lâordre Ă©tabli. J’admire leurs convictions inĂ©branlables. J’admire cette posture rigide qui, pourtant, ne crĂ©e rien, n’offre rien, ne permet rien.Je suis mĂ©tisse. GrĂące Ă ce mĂ©tissage et Ă des parents qui ont, chacun, dĂ» se battre pour imposer leur amour Ă leurs familles et cultures respectives, brisant la loi non Ă©crite de l’endogamie, grĂące Ă cet homme et Ă cette femme j’ai reçu le monde en hĂ©ritage.J’ai reçu l’amour. J’ai reçu le droit d’interroger le monde et ce qui m’entoure. J’ai acquis mon humanitĂ©, non pas en me calquant aux autres, mais en tentant d’ĂȘtre ce que Dieu a fait de moi, m’a offert comme vie. Cela n’a jamais Ă©tĂ© facile. C’est mĂȘme plus difficile pour moi que pour beaucoup chez nous.Mais je refuse d’ĂȘtre enfermĂ©e dans des cases fabriquĂ©es par les regards autres. Je ne suis pas meilleure, je ne suis pas moins bien. J’essaie juste d’ĂȘtre cohĂ©rente avec moi- mĂȘme. J’essaie de ne pas juger. J’essaie de comprendre. Je n’y arrive pas toujours. J’ai aussi mes dĂ©fauts.Mais je ne mets pas sur la tĂȘte des gens des Ă©tiquettes faciles.Je ne dĂ©cide pas qui a droit de vie ou de mort.Et, surtout, je ne mĂ©prise pas. Car c’est bien de cela dont on parle : le mĂ©pris. Le mĂ©pris des autres.Moins on comprend quelque chose, plus on vĂ©hicule des clichĂ©s dessus.Je suis lasse de ces cases dans lesquelles on m’enferme, des procĂšs d’intention ignobles, des accusations, des insultes parfois…Je suis lasse mais j’aime ce pays, mon pays n’en dĂ©plaise Ă certains. Je l’aime d’un amour profond.Je ne le dĂ©cortique pas. Je ne le prostitue pas. Je ne le vends pas. Je ne l’utilise pas pour m’enrichir.Je ne vole personne. Je ne mens pas. Je ne perçois pas d’argent de lui. Ce pays n’est pas une prostituĂ©e dont on peut faire tout et n’importe quoi, quitte Ă trahir sa mĂ©moire et ses passĂ©s.Ce pays est le notre. Nous nous y cĂŽtoyons, Ă dĂ©faut de vivre ensemble. Il est mien. Il est notre. Il mĂ©rite mieux que nos exclusions intellectuelles. Il mĂ©rite notre respect et notre amour. Pas nos petits racismes quotidiens, qu’ils soient « blancs » ou « noirs »…il mĂ©rite mieux que cela. Il mĂ©rite du respect…C’est en se respectant que l’on peut respecter et accepter les autres et accepter de s’ouvrir, de se mĂ©langer. En se respectant, pas en “casant”, en ne regardant l’autre qu’au travers d’un prisme affectif, donc forcĂ©ment partial… SalutMariem Mint DERWICH”
81Kaaw Elimane Bilbassi Touré, Yaya Gorel Koume and 79 others13 Comments13 SharesLikeCommentShare
LETTRE OUVERTE D’UN CITOYEN NĂGRO-MAURITANIEN AU PRĂSIDENT GHAZOUANI
Mr le PrĂ©sident, votre excellence. Je m’adresse Ă vous en simple citoyen qui se pose des questions et s’indigne des inĂ©galitĂ©s sociales dont sont victimes les Noirs de Mauritanie. J’ai lu Gobineau, Richet, Mengele et Hitler pour ne citer que les plus exĂ©crables des thĂ©oriciens de l’inĂ©galitĂ© des races. Je garde en mĂ©moire les jugements fallacieux d’Ibn Khaldoun sur les Noirs. Je reste convaincu que le savant arabe a une forte influence sur les mentalitĂ©s de certains compatriotes maures. Je ferai remarquer que la pratique dans l’administration mauritanienne est conforme Ă cette idĂ©ologie dont les dĂ©gĂąts historiques ont affectĂ© l’humanitĂ© entiĂšre. Le nationalisme, quelqu’il soit, expose le monde au danger. Le racisme et les discriminations en tout genre, rĂ©pandent la haine et le dĂ©sespoir. J’ai observĂ© l’expĂ©rimentation de cette thĂ©orie absurde par Botha et le dĂ©nouement heureux que Mandela a pu en faire au prix du sacrifice de toute sa vie. La Mauritanie, par une volontĂ© soutenue, un manĂšge morbide et un cynisme sans commune mesure, continue Ă entretenir cette discrimination, ce racisme primitif contre les Noirs. Il y a toujours eu un responsable au sommet de l’Ătat et c’est lui le vrai coupable. J’accuse tous les prĂ©sidents mauritaniens depuis l’indĂ©pendance Ă ce jour, Ă part Khouna et Sidioca, d’ĂȘtre les responsables de cette situation. Je ne vais pas revenir sur les dĂ©rapages macabres de certains que je ne nommerai pas ici, parce qu’ils ne mĂ©ritent ce souvenir que devant un tribunal correctionnel. Tant que nous y sommes, parlons de l’actuel locataire du palais. Aujourd’hui, le seul et unique responsable de ce racisme s’appelle Ould Ghazouani. Mr le PrĂ©sident, vous avez la possibilitĂ© de vous rattraper et corriger ces injustices. Vous ne pouvez pas nier l’Ă©vidence que vous ĂȘtes dans la continuitĂ© des oeuvres de vos prĂ©dĂ©cesseurs. Tous les hauts gradĂ©s et officiers des corps militaires sont exclusivement maures, comme le confinement les recrutements de ces derniĂšres annĂ©es. Vous n’ĂȘtes pas sans savoir que de plus en plus de voix s’Ă©lĂšvent parmi les maures, pour s’indigner face Ă ce danger latent qui guette l’existence de notre pays. Un dialogue national, c’est bien, mais la culture du mĂ©rite c’est encore mieux. Si vous regardez autour de vous, vous remarquerez que plusieurs personnes qui vous ont prĂ©cĂ©dĂ© Ă ce fauteuil ne sont plus de ce monde. Ainsi sera votre destin, le mien et celui de tous, nous rĂ©pondrons alors Ă nos actes. Libre Ă vous d’agir en toute impunitĂ©, avant la date fatidique du rendez-vous Final.Pensez-vous un instant que ces concours oĂč aucun noir n’est admis reprĂ©sentent une supĂ©rioritĂ© intellectuelle ? N’avez-vous pas fait les Ă©tudes primaires et secondaires avec des Noirs? Vous en avez connu des Ă©lĂšves plus forts que vous, d’autres moins, des ĂȘtres humains tout court. Des officiers noirs, vous en avez cĂŽtoyĂ© de vaillants et illustres camarades. Vous ne pouvez pas continuer Ă trahir votre conscience en parrainant ces faits obscurantistes. Mr le PrĂ©sident, votre responsabilitĂ© est lourde, trĂšs lourde mĂȘme. Vous ĂȘtes le garant de l’Ă©galitĂ© des citoyens, de la survie du pays et du rassemblement de la population autour d’un idĂ©al commun de paix et de justice. J’ai pris connaissance de ce dialogue inclusif qui n’inclut pas les victimes des injustices dans les dĂ©bats. Il ressemble Ă©normĂ©ment aux dĂ©bats français au cours desquels tout le monde peut participer, sauf l’intĂ©ressĂ©. Le rĂ©sultat est qu’on occulte la question et on dĂ©place le dĂ©bat, on rĂ©sout un problĂšme qui n’existe pas, ce qui revient Ă en crĂ©er un autre. Je n’attends pas grand-chose de ce dialogue oĂč on ne dĂ©signe pas les maux par des mots, mais par des borborygmes pour ne pas susciter la colĂšre du roi. Avez-vous une fois vu quelqu’un cracher dans sa propre assiette ? La majoritĂ© des participants Ă ce dĂ©bat vivent du systĂšme et les voix sincĂšres des autres sont si minoritaires qu’elles seront inaudibles. Le racisme, ce n’est pas un projet d’avenir, c’est un crime contre l’humanitĂ©. Cordialement.
Bacca.
*Ma communautĂ©, notre Ă©veil sâimpose!
Tu es sur une piste qui nâest pas la bonne pour expliquer les situations et les analyses qui en dĂ©coulent.Un constat: Les negro-mauritaniens jugent quâils sont discriminĂ©s, parceque ceux qui organisent les concours favorisent tel ou tel Ă cause de la parentĂšle, la corruption parfois les dĂ©cideurs riches ou politiciens.Donc tu es dâaccord que ceux qui les organisent sont injustes car aucun noir nây figure mĂȘme quand câest dans une langue oĂč ils peuvent competir en lâoccurrence le français. Bien que le concours soit public cela ne tâoffense pas de regarder le rĂ©sultat flagrant de discrimination. La fonction publique câest lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et lâĂ©galitĂ© des chances. Si lâĂ©tat ne sĂ©vit pas pour corriger lâinĂ©galitĂ© qui se rĂ©pĂšte de plus en plus et de plus en plus, des voix surgissent pour la dĂ©noncer. Si les noirs sont victimes de cette mauvaise gouvernance au plus haut sommet de lâĂ©tat ne faut il pas la dĂ©noncer et dire la vĂ©ritĂ©? Ayons le courage de dire haut la vĂ©ritĂ©. Aujourdâhui il faut dĂ©noncer un Ă©tat de fait injuste et Ă caractĂšre racial, qui ne fait que se rĂ©pĂ©ter et le pouvoir ne rĂ©agit pas, donc il est complice, il est le vrai coupable. Il faut aller au fond des choses ne soyons pas une communautĂ© injuste et combattons notre Ă©goĂŻsme notre Ă©go qui nous conduisent Ă ĂȘtre aveuglĂ© par notre suprĂ©matie, nous payerons un jour notre passivitĂ© que nos regrets nây pourront rien.
*Ahmed Salem Deida*
POUR UNE MAURITANIE DE DEMAIN
Nous sommes heureux que l’Ă©paisse obscuritĂ© qui empĂȘchait d’entrevoir la VĂRITĂ de l’exclusion nĂ©griĂšre dans toutes les sphĂšres administratives se fasse voir.Le brouillard se dissipe, l’Ă©claircie paraĂźt et le soleil brille sur la terre bĂ©nie de Mauritanie.Nous sommes contents que nos cris d’exclusion dans l’armĂ©e, la garde, les services de sĂ©curitĂ© surtout aux niveaux des intenses de prises de dĂ©cisions.Nos cris d’hier se trouvent ralliĂ©s par un nombre important de compatriotes conscients des mĂ©faits de ces dĂ©rives longtemps pratiquĂ©es par un systĂšme suprĂ©matiste au sommet des pouvoirs dĂ©cadents.Nous sommes reconnaissants Ă ceux qui les premiers ont osĂ©, ouvrir cette boĂźte de Pandore.Enfin, les yeux glauques s’ouvrent pour voir, la lumiĂšre encore jaune, briller dans les consciences des nĂ©gationnistes.Certainement d’autres voix se joindront Ă cette prise de conscience, cette force montante et cette unitĂ© nationale, qui s’Ă©lĂšvent pour atteindre toutes les couches sans exclusive.Depuis plus de 40ans, une politique intense d’exclusion de negros-mauritaniens et des hartani Ă©tait planifiĂ©e avec malice programmĂ©e et exĂ©cutĂ©e insidieusement au debut, pour devenir envahissante et extrĂȘme, puis extravagante.Dans les annĂ©es 60 Ă 80, seule le mĂ©rite Ă©tait le critĂšre d’admission dans les Ă©coles, dans les formations professionnelles, les recrutements et nominations.Les annĂ©es 86, s’installait un critĂšre de 60% pour les arabes dits arabisants et 40% pour les autres dits francisants (negro- mauritaniens, hartani et arabes). Ce fait dĂ©jĂ laissait apparaitre un dĂ©but de dĂ©rive. Nous l’avions signalĂ© dans le cadre de la formation Ă l’ENSP de Nouakchott.Continuant Ă grignoter ce nombre passa rapidement de 60 Ă 80% ne laissant plus aux francisants dont les arabes que 20%. Ainsi le dĂ©sĂ©quilibre se creusait partout, notamment dans les armĂ©es et de sĂ©curitĂ© pour enfin Ă©liminer dans ces instances de dĂ©cisions l’apparition de tĂȘte noire. Le blanchissement de ces instances, de la diplomatie, des banques, des instances supĂ©rieures (ministĂšres, Directions, Wilayas). Une politique d’Ă©limination systĂ©matique s’installa partout. Ce qui devrait arriver ne tarda pas Ă frapper le plus aveugle, une admission de 100% d’une seule langue, d’une seule ethnie et une monochromie insolente apparaissait dans toute sa hideuse image. Les instances supĂ©rieures de l’armĂ©e, des forces de sĂ©curitĂ©, de la garde, des banques, des mĂ©dias et d’autres encore furent monolithiques. L’exclusion au niveau des Ă©coles d’excellence, les instituts professionnels, les bourses internes et externes des bacheliers atteignit son paroxysme au cours de ces derniĂšres dĂ©cennies.Cette situation inique renforça drastiquement les problĂšmes douloureux du passif humanitaire, de l’esclavage et de la pauvretĂ©.Pourtant, depuis fort longtemps ceci fut dĂ©noncĂ© par des patriotes, qui naguĂšre ont Ă©tĂ© traitĂ©s d’ennemis de la nation, des pariats, des citoyens Ă Ă©liminer. Il fallait ĂȘtre fou, pour oser dĂ©noncer une injustice. Certains chauvins n’hĂ©sitaient mĂȘme pas Ă proposer le poteau pour ces “extrĂ©mistes” noirs et arabes, qui osaient ternir l’image de la belle Mauritanie. Cette Mauritanie dont tout le haut doit ĂȘtre tout blanc et le bas, tout noir. Pour les gens de la haut toutes les richesses, le pouvoir et l’opulence, les gens d’en bas, la pauvretĂ©, l’exĂ©cution, la sueur, la souffrance, auxquelles s’ajouteraient l’ignorance entretenue dans des Ă©coles publiques dĂ©laissĂ©es, vetustes et parfois dĂ©truites.Cette situation devenue insupportable, mĂȘmes pour les nihilistes d’hier, devient pour les consciences patriotiques inimaginable. Ils se demandent comment, sommes-nous arrivĂ©s Ă ce niveau? Ce qui n’est nullement pas Ă©tonnant, depuis que des idĂ©ologues chauvins ont mis Ă genou le pouvoir militaire, contrĂŽlĂ© les instances de dĂ©cisions et pris en otage les richesses du pays, pour les mettre au service de la denigrification de la Mauritanie. Pour ces derniers, il faut Ă©craser les noirs et la plus belle des fonctions du negro-mauritanien et du hartani, c’est, celui d’ĂȘtre Ă son service, Ă ses pieds et ainsi, ĂȘtre corvĂ©ables.DĂšs lors, qu’on soit conscient de l’extrĂȘme ignominie de cette politique dĂ©sastreuse, qui n’a que trop durĂ©, il faudrait renverser le vase. DĂ©construire intelligemment, mais rapidement ce qui avait Ă©tĂ© cousu de gros fil blanc, au cours de ces derniĂšres annĂ©es. Ainsi, il devient impĂ©rieux de recruter 80% de noirs pour l’armĂ©e, la garde, les forces de sĂ©curitĂ©, les Ă©coles d’excellence, professionnelles. Que 80% des ministĂšres, des DG des grandes sociĂ©tĂ©s, des banques et des hautes responsabilitĂ©s au sommet de l’Ă©tat soient aux mains des hartani et des negros- mauritaniens dans les prochaines dix annĂ©es. Ainsi, l’Ă©quilibre rompue hier sera rĂ©tablie et la mĂ©ritocratie sera ouverte. Ce qui permettra aux pays de revenir dans une sĂ©rĂ©nitĂ© et reprendre son rĂŽle mondialement reconnu, celui de TRAIT-D’UNION entre le Nord et le Sud de l’Afrique. Ainsi, la Mauritanie serait cette charniĂšre humaine et gĂ©ographique pour rayonner dans la splendeur de sa diversitĂ© culturelle et biologique retrouvĂ©e.Aujourd’hui, il faut oser prendre le taureau par les cornes, en organisant des assises pour discuter et rĂ©soudre tous les problĂšmes Ă©pineux. Nommer les hommes et femmes issus de ces communautĂ©s, tout en faisant appel aux compĂ©tences importantes de la diaspora. Notre pays est capable de traverser cette Ă©tape sans Ă©preuve insurmontable. Comme l’Allemagne, il convient pour les mauritaniens de briser le mur, pour ĂȘtre ensemble et construire leur nation. Quand on prend conscience, qu’on se prĂ©cipite directement sur la montagne, il serait plus qu’inconscient de ne pas faire marche-arriĂšre et de dĂ©construire pour mieux construire en Ă©quilibrant les forces productives et dĂ©cisionnelles.La Mauritanie ne sera belle, Ă©panouit et en paix, que lorsque tous ses enfants se sentiront pleinement mauritaniens libres et Ă©gaux.Saidou Abdoulaye Ba.Pour l’Ă©galitĂ©, l’Ă©quitĂ© et la sĂ©rĂ©nitĂ©.
Nouakchott le 3 avril 2021.
Saidou Abdoulaye Ba




