Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Mise en ouvre de l’Initiative du Président Messaoud : C’est parti !

altComme prévu et attendu par toute la classe politique mauritanienne, l’initiative du président de l’Assemblée Nationale Messaoud Ould Boulkheir a été lancée, ce 11 février, en fin de journée, au palais des congrès. A l’occasion cette bâtisse a refusé du monde. Presque tout Nouakchott a effectué le déplacement. Et un cadre de l’APP, euphorique dira : ces gens ne se sont pas déplacés pour rien, ils fondent un grand espoir sur cette contribution à la sortie de crise politique que vit notre pays. C’est dire que cette initiative semble a l’adhésion de la grande majorité silencieuse des mauritaniens. Et pour cause, elle est censée rapprocher les positions tranchées de ce qu’on appelle l’opposition radicale, rassemblée au sein de la coordination de l’opposition démocratique (COD) et la majorité autour du président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz, même si, dans ce dernier camp, ceux qui étaient là rappelaient de façon gênée le refus de leur mentor, la formation d’un gouvernement de large ouverture.

Tous les pôles politiques ont tenu à marquer de leur présence, la société civile et une partie une partie des chancelleries ont tenu à marquer de leur présence à cette rencontre. Il faut ce pendant rappelé que les partis membres de la COD sont venus individuellement et que les partisans du pouvoir qui étaient là rappelaient de façon gênée le refus de leur mentor la formation d’un gouvernement de large ouverture préconisée par l’initiative.

Dans son discours, le président Messaoud a rappelé les conditions politiques, économiques et sociales qui l’ont conduit, comme un appel à la nation, à concocter sa proposition de sortie de crise. Il a ensuite rappelé, à ceux qui seraient tentés de l’oublier ou de l’ignorer que cette initiative vise à rapprocher les positions divergentes, particulièrement de la COD et du pouvoir, afin de permettre l’organisation consensuelle d’élections libres et transparentes et inclusives. Le président Messaoud qui a exprimé son soutien au peuple malien a appelé les mauritaniens à constituer un front intérieur solide, face au péril qui menace notre pays, au plan intérieur – dégager le pouvoir en place par la rue et la guerre au Mali. C’est fort de cela que le leader haratin a invité l’ensemble de la classe politique, la société civile et les personnalités ressources à penser à la Mauritanie d’abord avant leurs nombreuses préoccupations. « c’est , en effet, quand la fibre patriotique vibre en chacun de nous, que nous nous sentons conduits, à accomplir de grandes choses, puisque le patriotisme est le seul apte à tempérer nos égo, à faire bouger les lignes, et en définitive à forcer le destin », a dit le président Messaoud. Ce fut un grand cri de ralliement que le président de l’APP a poussé à l’endroit du peuple mauritanien.

Insistant beaucoup sur la situation au Mali, le président Messaoud dira qu’elle devrait servir de leçon à la Mauritanie pour éviter des situations non maîtrisables. Le président Messaoud a estimé que notre pays doit se joindre à l’effort collectif des états de la sous –région, de la France et de la communauté internationale pour la sauvegarde de l’unité, de l’intégrité et de la laïcité de la République du Mali, cette autre partie de nous-mêmes.

A la fin de son discours, le président Messaoud a annoncé la mise en place très prochainement d’un programme d’action visant à créer les conditions optimales de réussite de son initiative. Nous y reviendrons.

Source: Le calame

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Birame s’en prend à Dedew, Tawassoul et Hatem

altLe Président du mouvement IRA, Biram Ould Dah Ould Abeidi, s’en est violemment pris aux partis de la COD, notamment Tawassoul et Hatem, ainsi qu’à l’érudit Mohamd El-Hacen Ould Dedew. Il les a tous accusés “d’abriter et défendre l’esclavage” en Mauritanie.

Dans une conférence de presse tenue ce mardi à Nouakchott, Ould Abdeidi a affirmé que “dans le traitement des affaires d’esclavage, le pouvoir est beaucoup mieux que les parti de l’opposition, notamment Tawassoul et Hatem et de cadres traditionnels de la société”.

Ould Abdeidi a dénoncé “des pressions qui s’exercent pour étouffer l’affaire de Mint Greivé”, un présumé cas d’esclavage récemment révélé par IRA et dont la présumée auteur est toujours en détention.

Ould Abdeidi a affirmé que, désormais, “les berbères” ne pourront plus arriver au pouvoir avec les voix des harratines prônant une campagne “porte à porte pour mobiliser les forces sociales contre l’opinion publique obscurantiste”.

Source: Al Akhbar
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ce qui serait arrivé si la France n’était pas intervenue au Mali

Pour l’écrivain malien Manthia Diawara, la France n’a pas seulement aidé un pays en péril: elle a redonné espoir à toute l’Afrique.

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Une Malienne arborant les couleurs de la France, le 2 février 2013. © ERIC FEFERBERG / AFP

J’ai ressenti l’intervention française au Mali comme une dose de réalisme qu’il fallait prendre avec beaucoup d’humiliation voire de la honte, parce que je croyais que mon pays était différent de ceux que je considérais comme des Républiques bannières, où l’Occident doit toujours venir en aide; des pays qui ont échoué, où le peuple, en voyant les soldats blancs arriver, jubilent comme des enfants à la vue du Père Noël. 

 

Voir les Maliens danser dans les rues, pour souhaiter la bienvenue à l’armée française, comme on l’avait fait lors de l’indépendance, était pour moi un arrêt sur l’image, qui me renvoyait à la fois à l’échec de notre indépendance, et prétendue souveraineté nationale, et au retour intégral sous l’hégémonie française, comme celle d’un père qui ne veut pas voir son fils grandir.

Bien entendu, il est plus facile pour le fils d’accepter l’aide escomptée du père, plutôt que de se mettre en question, lui-même. Ainsi que le disait Sembene Ousmane, il est plus aisé pour nous, Maliens et autres Africains, de continuer à tendre la main vers l’Occident, pour dire «merci, merci» que de se demander comment on en est arrivé là, et de blâmer les autres pour nos problèmes que de nous regarder en face.

Ces images de la France sauveuse de l’intégrité territoriale du Mali sont, ainsi, l’illustration parfaite de l’insouciance et de l’irresponsabilité des Maliens au nord et du sud. Faut-il croire que les actions politiques des rebelles du MNLA et djihadistes d’Ansar Dine du nord ont été teintées de mauvaise foi et d’opportunisme cynique, en s’associant à des terroristes d’AQMI, aux preneurs d’otages et aux trafiquants de drogues. Ainsi, ils ont invité les Occidentaux dans un débat, rapidement devenu plus grand que le Mali.

Quant aux putschistes du sud, issus d’une armée, déjà affaiblie et rancunière contre les forces démocratiques qui l’avaient déçue du pouvoir depuis 1992, et humiliée par sa défaite cinglante contre les rebelles venus de la Libye, ils ont commis des fautes graves en voulant se présenter comme porte-drapeau des voix contradictoires, sinon, irréconciliables au Mali.

Il faut compter d’abord avec la gauche radicale, du parti SADI d’Oumar Mariko, qui lutte contre la corruption des institutions nationales et qui veut maintenir les militaires au pouvoir pour se débarrasser de tous les «politiciens corrompus», puis avec les leaders religieux, prêts à prostituer leur foi pour revendiquer plus de pouvoir dans un Etat qu’ils considèrent «comme musulman à 95%»; jusqu’aux politiciens aigris, qui partageraient le lit avec n’importe quel diable, plutôt que celui de la démocratie, pour arriver au pouvoir.

Ce retour de la France sauveuse du Mali indique finalement que nous continuons délibérément à fermer nos yeux et nos oreilles face à l’impunité, la corruption, et aux crimes abominables contre les plus faibles de nos sociétés: les femmes, les homosexuels, les minorités et les enfants. Que celle ou celui qui n’a jamais péché dans le Mali que je viens de décrire, lève la main.

La France a eu raison de venir au secours du Mali, surtout pour sauvegarder ses intérêts dans la région stratégique du Sahel, et pour dire à qui veut l’entendre qu’il faut toujours compter avec elle, comme une des plus grandes puissances mondiales, sinon sur le plan économique, en tout cas sur le plan militaire et politique. Ce message est clair pour tout le monde aujourd’hui, mais surtout pour les Allemands et les Américains qui commençaient à croire qu’ils pouvaient se passer de la France.

François Hollande vient de démontrer aux Américains qu’il connaît l’Afrique et les Africains, mieux qu’eux; et d’infliger une leçon de poker à Barack Obama, dont la politique antiterroriste dans le Sahel est qualifiée de désastreuse.

Pendant les débats présidentiels aux Etats Unis, Mitt Romney avait mentionné trois fois le Mali, sans avoir une seule réaction de la part d’Obama. Calcul rhétorique du débat de la part du président sortant? Pourtant l’Amérique avait déjà jeté plus de 500 millions de dollars dans la région, pour la lutte contre le terrorisme (Africom, forces armées américaines en Afrique).

«Négocier quoi? Ta main gauche ou droite? Ta femme ou ta fille?»

Parmi les humanistes, les pacifistes, et les fervents défenseurs de la souveraineté nationale, qui pouvait blâmer la France d’intervenir au Mali? Les djihadistes coupaient les mains des personnes accusées de vol, égorgeaient leurs ennemis, détruisaient les mausolées et les bibliothèques, et violaient les femmes. 

Qu’allait-il se passer, sans l’intervention de la France? La Cédéao passait tout son temps à parler, à dire une chose et son contraire, mais toujours sans agir. Elle aussi comptait, naturellement, sur les Européens et les Américains pour venir au secours du Mali.

D’ailleurs les Maliens ne voulaient pas de soldats noirs de la Cédéao dans leur pays. Ils préféraient des soldats français, parce que eux, au moins, n’étaient pas des voleurs et des violeurs comme on a pu le voir en Sierra Leone et au Congo.

Quant à l’ONU, elle prônait le dialogue, et idem pour l’Algérie. L’infatigable médiateur, Blaise Compaoré, se mit alors au travail, nuit et jour, pour trouver une solution pacifique à la crise malienne. Mais, pendant ce temps, les djihadistes avançaient jusqu’aux portes de Mopti, sans se priver des exactions barbares de la charia.

Il faut tenir compte, aussi, et c’est là où réside l’ironie de notre condition africaine, du fait que beaucoup de nations africaines se réjouissent du malheur de leurs voisins, comme étant le signe de leur exceptionnalisme, leur supériorité propre. 

C’est comme s’ils se disaient:

«Nous sommes à l’abri de toute critique, tant que les malheurs des autres, nos voisins, sont étalés en public.»

Ou, comme disent les Bambaras (une ethnie au Mali), c’est du Niangon tiya, c’est-à-dire, ce qui est le propre de ceux qui tirent du plaisir dans le malheur d’autrui. C’est ce qu’on appelle le Schadenfreude en allemand.

Heureusement que la France est intervenue pour sauver Tombouctou et ses manuscrits et monuments historiques, des mains des barbares.

Le manifeste de François Hollande à Bamako

Mais, n’oublions pas que nous sommes, ici aussi, devant un récit bien construit, dont la logique nous empêche de prendre du recul, en nous bombardant avec des évènements qui se succèdent. 

Tel un roman, on nous a présenté l’intervention française comme inévitable, du point de vue de la justice et de la morale. Le bien et le héros doivent triompher à la fin. Comme dans un roman, François Hollande, le sauveur du Mali, donne son discours sur le dénouement de l’histoire sur la place de l’indépendance à Bamako, où il avoue avec candeur:

«Je veux vous dire que je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique.» 

Même pour les plus cyniques lecteurs de ce roman, il faudrait avouer que nous sommes évidemment très loin du discours démagogique de Nicolas Sarkozy à Dakar. En mettant sa carrière politique en jeu, le discours de François Hollande à Bamako nous rappelle plutôt l’appel à la guerre du général de Gaulle, le 27 Octobre 1940, à Brazzaville, et son fameux discours du 30 Janvier, 1944, dans la même ville. 

Mais, en parlant de fiction, il est intéressant de remarquer que les Congolais avaient érigé un monument en souvenir du général de Gaulle à Brazzaville, pour commémorer ces dates historiques. 

Est-ce que François Hollande aussi aura droit à son monument à Bamako, 50 ans après nos indépendances? Faut-il rappeler aussi que Bamako fut cet autre lieu où le RDA (Rassemblement démocratique africain) était né en 1946, en réponse au discours de Charles de Gaulle à Brazzaville en 1944?

Il faut dire que, comme Brazzaville avait servi de tremplin pour l’homme du 18 Juin, pour relancer sa carrière militaire et politique, Bamako sera aussi la preuve incontournable de la montée de la côte de popularité du président Hollande en France, de son leadership mondial dans la guerre contre le terrorisme, et de sa détermination à défendre le droit de l’homme et la démocratie, à tout moment et partout. 

Voilà tout ce que François Hollande a pu gagner en trois semaines de guerre au Mali, sans oublier la dette éternelle des Maliens envers lui. Dans de telles circonstances, qui peut encore accuser le président Hollande d’être après les ressources minérales d’un pays que les djihadistes et autres satans du terrorisme étaient prêts à réduire au barbarisme? Et qui peut encore demander à voir des images de la guerre pour ternir la bonne image des soldats français?

Quel rôle pour Dioncounda Traoré et le Mali?

Mais, si François Hollande et la France sont les plus gros gagnants du conflit fratricide au Mali, que dire des acteurs maliens et africains? Je me pose cette question, à moi-même, après ces trois semaines parsemées d’afropessimisme, de pleurs intérieurs, d’apitoiement sur moi-même et de plaintes contre les autres. 

J’ai déjà mentionné les antagonistes du récit de l’intervention française, comme Ansar Dine, AQMI/Mujao et le MNLA au nord et au sud, les politiciens, les marabouts et, à leur tête, Amadou Haya Sanogo et les anciens putschistes.  

Je pense que le président Dioncounda Traoré doit organiser, avec l’aide de la Cédéao et autres partenaires, les élections aussi rapidement que possible. Les élections doivent avoir lieu, avant d’entamer des négociations avec qui que ce soit. 

Seul un gouvernement légitimement élu peut entamer des négociations crédibles et durables avec les rebelles qui contestent l’intégrité territoriale.

Le plus urgent, à part la poursuite des djihadistes qui sont à l’affut, c’est de restaurer l’ordre constitutionnel, en arrêtant ceux qui ont commis des crimes, au nord et au sud, contre l’humanité, ou contre l’Etat.  

Il sera dans l’intérêt du nouveau gouvernement de négocier avec le MNLA, car leur cause ne va pas disparaître de soi. Ce à quoi Dioncounda Traoré doit résister, c’est d’être poussé par la France dans des négociations hâtives. Il a aussi raison de refuser de négocier avec Ansar Dine et les autres groupes religieux. 

Le président Dioncounda Traoré rentrera dans l’histoire, à coté de Modibo Keita, s’il arrive à sortir le Mali de cette impasse, qui n’est pas sans rappeler l’éclatement de la Fédération du Mali, et à organiser des élections crédibles.

Quid de la place de la Cédéao?

Les gens de ma génération doivent se rendre à l’évidence que le nationalisme, tout seul, ne peut pas nourrir son homme, à plus forte raison de le rendre fier de lui-même; que la notion de souveraineté nationale doit se mesurer à l’aune de la valeur des citoyens, de ce qu’ils sont capables de produire comme matériel et culture nationales à protéger.

Nous avons enfermé la nouvelle génération dans un nationalisme aveugle, au lieu d’ouvrir ses yeux à la force de l’unité et la complicité entre les pays de la Cédéao; et nous l’avons poussé seulement vers la sauvegarde des intérêts nationaux, ethniques et personnels plutôt que de l’orienter vers des espaces et des utopies, au-delà du Mali ou du Sénégal.

Finalement, au lieu de forger l’idée de sacrifice de soi pour le bien être des autres, celui de notre voisin au Sénégal ou en Guinée, nous l’avons encouragé à célébrer la victoire de notre nation dans chaque malheur que nous voyons chez nos voisins de l’autre côté de la frontière.

Si le constat des faiblesses de nos Etats-nations n’était pas clair pendant l’effervescence des indépendances, il l’est aujourd’hui, après les interventions de la France pour sauver l’intégrité de la Côte d’Ivoire et du Mali. La célébration du discours de François Hollande sur la place de l’Indépendance à Bamako est aussi une grande leçon de sobriété pour nous.

Si on ne peut pas protéger les droits des minorités à l’intérieur de nos Etats-nations, pourquoi ne pas se poser la question sur l’existence de ces Etats-nations? Pourquoi continuer à garder les hommes et les femmes comme des prisonniers dans la nation, si elle ne peut pas satisfaire leurs besoins élémentaires de liberté de mouvement et d’expression, de droit au travail, à l’éducation et à la santé? 

Après 50 ans de stagnation dans l’Etat-nation, pourquoi ne pas le dépasser et rêver d’une nouvelle Afrique où les hommes, les femmes, les pensées, les cultures et les marchandises circuleraient librement du nord au sud, de l’est à l’ouest?

Redéfinir la notion de l’Etat

Pour ce faire, il serait nécessaire de divorcer des Etats des nations. Les Etats auraient alors pour fonction principale le développement et le maintien des infrastructures de transport et mobilité, de l’économie, de la santé, de la culture, et de renforcer la sécurité et la protection des droits des individus.

Ce décuplement, dans lequel nous reléguerions le rôle de la nation aux blocs régionaux et à l’Union africaine, pour nous concentrer sur la définition des Etats et de leurs accents culturels et économiques, constituerait la base de la nouvelle définition du panafricanisme.  Il nous permettrait aussi de mieux négocier en bloc avec les puissances étrangères, plutôt que bilatéralement avec les moyens faibles des Etats-nations.

Il est difficile de parler du panafricanisme à la génération qui a précédée celle des indépendances, parce qu’elle ne connaît ni l’histoire du RDA, de loi-cadre ou la balkanisation de l’Afrique occidentale française, ni les enjeux derrière la Fédération du Mali, ou de l’union Ghana-Guinée-Mali. 

A cette génération, formée après les nombreux coups d’Etat, depuis les débuts des années 1960, la mention même du panafricanisme peut paraître dépassée ou illusoire; les valeurs sûres étant celles du nationalisme, du tribalisme et de l’intérêt individuel.

Les espoirs d’intégrations régionales et de l’Union africaine, ou la renaissance de ce qu’on peut appeler «l’idée de l’Afrique», reviennent aujourd’hui dans la houle d’une troisième génération, née vers 1970, et arrivée à maturité après la libération de Nelson Mandela, la chute du mur de Berlin: la fin de la guerre froide.   

Cette troisième génération, comme on peut le voir dans la musique Hip Hop et chez les reggaemen comme Tikken Jah Fakoly, chante l’Afrique sans complexe et sans inhibitions des frontières de l’Etat-nation. 

Cette nouvelle génération sait aussi que son désir de mobilité et de transaction la pousse au-delà des frontières nationales, souvent encombrées de politiques identitaires et de xénophobie.

C’est avec cette génération qu’il faut oser penser les nouvelles Afriques.

Ce que nous appelons divorce ou décuplement de l’Etat et la nation consisterait, donc, à atténuer la force de la nation et du nationalisme au niveau des grands centres d’attractions des populations diverses, comme Lagos, Dakar, Abidjan, Accra ou Ouaga, pour en faire des Etats forts et convoités dans des domaines spécifiques des finances, de la science et la technologie, dans la production industrielle, dans l’art et l’agriculture.

La nation, comme du temps de l’Union générale française, où la capitale de l’AOF était à Dakar, jouerait alors un rôle fédérateur entre ces états.  Sa capitale pourrait être fixée dans un endroit stratégique, ou se déplacer par rotation, comme en Afrique du Sud. 

Son rôle principal serait la protection des droits des minorités et leurs intégrations dans la société multiculturelle des états.  Quand à la sécurité, elle serait à la charge des états et de la nation.   

La nation aurait un rôle de garde-fou contre les excès des Etats, et veillerait sur la protection et l’intégration de tous le citoyens, partout ou ils souhaiteraient être dans la Cédéao.

Manthia Diawara,
 
Ecrivain malien et professeur de littérature à l’université de New York. Il a notamment publié Bamako, Paris, New York
 
Source: slateafrique

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Un député de la majorité : «L’esclavage existe bien en Mauritanie »

altLe député de Kiffa, Nagi Ould Mohamed Lemine appartenant au groupe parlementaire de la majorité dans une émission intitulée : « le siège parlementaire » diffusée sur la radio libre Mauritanid FM ne va pas par quatre chemins en parlant de l’esclavage. Pour lui, le phénomène existe dans toutes ses manifestations et à travers tout le pays. Comme les séquelles, les pratiques sont légion. Certainement pas comme avant, avec un esclave la corde au cou ou proposé à la vente dans un marché public. Mais, des esclaves empêchés d’hériter ou obligés de racheter leur liberté ou dans l’impossibilité de se marier sans l’aval de leur maître.

Citant plusieurs érudits, notamment Abderrahmane Etombouctou ou Mohamed Yahya Al Walati qui déclarent clairement que l’esclavage qui se trouve en Mauritanie n’a aucune justification légale du point de vue de l’Islam, le téméraire député regrette le silence assourdissant des Oulémas sur cette grave question. Pourtant dit –il : « Ces mêmes Oulémas ont prononcé des fatwas contre l’excision et ont battu campagne à travers toute la Mauritanie pour la combattre comme pratique néfaste ». Le parlementaire, membre du bureau exécutif de SOS Esclaves considère que la lutte contre l’esclavage est la responsabilité de tous.

Selon lui, aucun développement n’est possible tant que plus des deux tiers de la population sont mis ohors jeu. Pour le député, ce ne sont pas les textes condamnant le phénomène qui manquent, mais c’est une réelle volonté politique qui instruirait toute l’administration, judiciaire, sécuritaire à combattre effectivement l’esclavage.

Source: Le calame

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Mathieu Guidere:

altIntervention française contre les islamistes au Mali, opération commando en Somalie, islamisme au Maghreb, leçons du Printemps arabe… Mathieu Guidère, professeur d’islamologie à l’Université de Toulouse-II et ancien professeur à l’école militaire de Saint-Cyr, éclaire les positions des différents groupes islamistes extrêmistes en Afrique, du Sahel au Maghreb.
Né en Tunisie, Mathieu Guidère est titulaire d’un double doctorat d’arabe et de lettres françaises. Aujourd’hui professeur d’islamologie à l’université de Toulouse, il a publié, en janvier, Les Cocus de la révolution, récit très personnel autant qu’analyse politique qu’il situe volontiers dans la lignée des périples orientalistes du XIXe siècle.
Jeune Afrique : La coalition islamiste est-elle assez solide pour résister à l’offensive française ?
Mathieu Guidère: L’offensive se cantonne pour le moment à des frappes aériennes : il n’y a donc pas de confrontation au sol et la question de la capacité de résistance des islamistes ne se pose pas encore vraiment. Les trois groupes qui se partagent le Nord-Mali sont très différents dans leurs idéologies et leurs objectifs mais, en ce moment, ils constituent une alliance de fait contre l’ennemi commun. Ils peuvent résister efficacement car le territoire malien et leurs spécialisations militaires respectives sont bien réparties entre eux. Ces trois groupes sont aussi tactiquement complémentaires, Ansar Edine évoluant en colonne comme une armée régulière, les deux autres groupes fonctionnant en commandos et en troupes de choc. Ils ont donc tout-à-fait la capacité de résister à une confrontation au sol qui se produirait, non avec l’armée française, mais avec les troupes africaines de la force commune.
D’abord parce qu’un travail diplomatique très important a été effectué par la France avec la visite d’État du président François Hollande et de nombreuses visites ministérielles. La France a ainsi manifesté concrètement sa volonté de plaire à l’Algérie et d’arrondir les angles diplomatiques. Les États-Unis ont également beaucoup œuvré pour infléchir la position algérienne, promettant une aide militaire importante. Et les Maliens ont, eux, fini par faire allégeance à Alger, alors qu’ils étaient les seuls de la région à ne pas l’avoir fait – Amadou Toumani Touré avait ainsi refusé toute collaboration contre les islamistes au moment de la guerre civile algérienne. Depuis quelques mois, Bamako a envoyé de nombreuses délégations à Alger pour tenter d’assouplir sa position. Mais tout cela n’a pas empêché les Algériens de déployer deux nouvelles brigades aux frontières au cas où les combattants seraient tentés de fuir sur leur territoire. 
L’intervention, répondant à l’urgence, n’est-elle pas prématurée compte tenu de la situation précaire dans laquelle se trouve l’État central malien et son armée ?
Oui et non : le plan de guerre avait été préparé longuement et il était prêt. Les états-majors attendaient juste le bon moment pour le mettre en œuvre. L’offensive des islamistes au-delà de la ligne de démarcation n’a fait qu’accélérer le processus. Sans cette intervention, l’État malien tombait et nous nous retrouvions avec un État défaillant à la somalienne, livré aux bandes et à la guerre civile.
Les menaces jihadistes de “frapper le coeur de la France” sont-elles sérieuses et réalisables ?
Il faut d’abord voir qui les brandit. Il y a des menaces précises venant de quatre groupes différents. Celle des shebab somaliens visés par l’opération commando qui a échoué à libérer l’otage français, celle d’Aqmi, celle du Mujao tombée et celle d’Ansar Eddine. Ce sont quatre menaces différentes, mais qui se concentrent de manière inédite sur la France. Elles sont crédibles pour les ressortissants et les intérêts français en Afrique, mais beaucoup moins sur le territoire, ces groupes n’ayant pas de réseaux, pas de prolongements en France. Un risque subsiste cependant dans l’hexagone : certains Français partis faire le jihad au Mali pourraient revenir pour mener des opérations et des Maliens résidants en France pourrait être tentés d’agir. Mais il s’agirait-là de terrorisme intérieur, et pas opéré de l’extérieur.
Qu’est-ce que cette intervention révèle de la politique de la France en Afrique et de son traitement des prises d’otages?
Sur le plan politique, on nage en pleine contradiction avec les grandes déclarations sur la fin de la Françafrique et de l’ingérence française en Afrique…  Concernant les otages, Hollande a tenté plusieurs options, de la négociation à l’opération commando à laquelle on vient d’assister en Somalie. Dans ce domaine, la France a paré au plus urgent et décide au cas par cas de la meilleure solution. Mais ces jours-ci, il n’y a pas de doctrine précise sur la politique africaine générale comme sur l’attitude à avoir vis-à-vis des prises d’otages : on est dans le traitement de l’urgence, au coup par coup.
Vous venez de publier un ouvrage intitulé Les cocus de la révolution, en parlant du Printemps arabe. Qui sont-ils ?
Ce sont ceux qui l’ont faite : les jeunes libéraux, les chômeurs, les femmes, les intellectuels. Ils ont sincèrement pensé que la révolution amènerait un changement immédiat, sans attendre un processus transitoire dont on annonce qu’il pourrait durer entre cinq et dix ans.
Vous écrivez : « Le retour à la religion est vécu dans ces pays comme une véritable libération »…
C’est le paradoxe : les anciens régimes avaient instrumentalisé la sécularisation des sociétés, de manière parfois très radicale, comme en Syrie où en Tunisie. Bien que l’article premier de l’ancienne Constitution tunisienne stipulait que l’islam est la religion de la Tunisie, le régime restreignait toute manifestation de religiosité : le port du voile, de la barbe, l’ouverture des mosquées hors des heures de prière. Avec les révolutions, ces éléments sont devenus des signes de libération. Associée à la démocratie en Occident, la laïcité l’est à la dictature dans les pays arabes : ces révolutions se sont ainsi finalement révélées conservatrices.
Faut-il craindre l’avènement d’une ­théocratie en Tunisie ?
En Tunisie, pays de rite sunnite malékite, il ne peut y avoir de théocratie, parce qu’il ne peut y avoir un religieux à la tête de l’État. On assiste en Tunisie à une bataille interne à l’islamisme entre un parti majoritaire qui est Ennahdha, de tendance « frériste » [des Frères musulmans, NDLR], et la tendance salafiste, qui peut être violente. Il fallait que la tendance frériste trouve son ancrage en s’alliant avec les salafistes ou avec le centre. Elle a tenté de s’allier avec les salafistes mais constate aujourd’hui qu’elle a beaucoup plus intérêt à s’allier avec le centre. Devenus opposants, les salafistes veulent casser Ennahdha.
En Libye, on avance souvent que les libéraux l’ont emporté sur les islamistes, est-ce exact ?
On a en Libye une perception faussée de la situation. C’est un État islamique dans lequel la charia est appliquée depuis 1993. La révolution a tout de suite étendu le champ de son application. Toutes les tendances, des extrémistes aux modérés, y sont islamiques, et les libéraux s’inscrivent dans ce paysage. La question est de savoir si la Libye va devenir un sanctuaire islamo-jihadiste. Je pense que non, car lorsque l’ensemble du champ politique est islamique, les radicaux passent inaperçus.
Au Maroc, la révolution n’aurait ainsi pas eu lieu parce que les autorités n’ont jamais dissocié l’islam de la pratique du pouvoir ?
Exactement. Le roi n’a jamais dissocié et ne dissociera jamais le politique du religieux. Il est légitime dans ces deux domaines, et l’opposition doit choisir entre s’opposer à la dimension politique du régime ou à sa dimension religieuse. On a donc une rupture entre les opposants qui veulent la fin du symbole religieux et ceux qui veulent l’atténuation du pouvoir royal. La monarchie joue très bien sur cette rupture, qui permet la perpétuation du système.
Quant à l’exception algérienne…
Je parlerais plutôt de traumatisme algérien, qui a abouti à un rejet des deux protagonistes des années de plomb, les militaires et les islamistes. Le jour où ces deux-là dégageront, l’Algérie pourra probablement trouver une voie de fonctionnement et de développement normale. Personne n’est dupe : ce n’est pas parce que l’Algérie est un pays merveilleux qu’il ne s’y est rien passé.
 
Source: JA
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