Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Racisme : au Liban, les préjugés ont la peau dure

L’Afrique est une destination privilégiée de la diaspora libanaise depuis le 19e siècle. Mais aujourd’hui, les enfants issus de mariages mixtes installés au pays du Cèdre subissent au quotidien un mélange de racisme et de préjugés sociaux. Reportage.Des travailleuses manifestent à Beyrouth en avril 2012. © AFP

Des travailleuses manifestent à Beyrouth en avril 2012. © AFP

 
Il fait nuit, Gemmayze s’agite. Dans ce quartier chrétien de la capitale libanaise, on se presse en talons hauts sur des trottoirs impraticables pour rallier le dernier bar en vue. Eddy Abbas a prévu de boire quelques bières. Ce rappeur de trente ans, membre du groupe Fareeq El Atrash, a les yeux en amande de son père libanais et la peau mate de sa mère ivoirienne. Première interpellation policière à l’heure de l’apéritif. Fouille et contrôle des papiers. « Quand ils ont vu ma carte d’identité libanaise, ils m’ont dit “On pensait que vous aviez besoin d’aide”. Ils auraient pu trouver une meilleure excuse », plaisante Eddy, amer, en dégageant les dreads qui tombent sur son front.

Eddy, dont le père dirige une scierie en Côte d’Ivoire, a été envoyé très jeune dans sa famille paternelle au Liban. À l’école, on lui sert du « Yo rastaman ! ». En ville, il découvre les arrestations arbitraires. Un soir à Dora, quartier pauvre de la banlieue beyrouthine, le trentenaire natif d’Abidjan passe une heure à l’arrière d’une Jeep de police, le temps que son frère lui apporte ses papiers.

Amalgames

Beyrouth la cosmopolite n’échappe pas aux amalgames raciaux et socio-économiques. Au jeu du délit de faciès, la classe sociale présumée compte au moins autant que la couleur de peau. « La société libanaise fonctionne par catégories très cloisonnées », explique Nadim Houry, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch. « Entre religion, origine géographique et position socio-économique, les gens cherchent à se distinguer en permanence. À cela s’ajoute l’idée que les Libanais ont une certaine tête. Les métisses sont donc pris pour des migrants pauvres et illégaux. »

Ce qui est loin d’être une chance. Au Liban, la majorité des immigrés africains et asiatiques occupent des emplois subalternes, jugés dégradants par les locaux. Employée de maison pour les femmes, éboueur ou plongeur pour les hommes : ils représenteraient 30% de la main-d’œuvre. Souvent exploités (1), peu ou pas protégés par le droit du travail, les migrants subissent aussi l’absence de législation en matière de racisme. Seule une circulaire du ministère du Tourisme datant de mai 2012 est censée garantir l’accès aux piscines et plages privées « sans discrimination de race, de nationalité ou de handicap ». Les associations antiracistes ont depuis prouvé son inefficacité, notamment au moyen de testing en caméra cachée (2).

Partir ou rester

Hassan Merheba n’a pas ce problème. « Grâce à ma grande taille, on voit que je suis basketteur. Les gens pensent que je suis Américain et je peux rentrer à la piscine, en club ». Né en Sierra Leone où son père libanais a émigré au début des années 70, le jeune métis n’échappe pas aux remarques dégradantes. Dans les embouteillages monstres de la capitale, au volant de sa jolie Citroën neuve, il s’amuse des regards interloqués. « C’est la pire chose pour les racistes de voir un Noir dans une meilleure position sociale que la leur. »

Pour changer les mentalités, Nisreen Kaj, auteure et activiste ayant fui la guerre au Niger il y a douze ans, a présenté en 2012 « Mixed Feeling », une série de portraits d’Africains-Libanais issus des classes moyennes et aisées. Sur les trente personnes photographiées, deux seulement avaient confié se sentir bien au Liban. Une dizaine d’entre elles a depuis quitté le pays pour l’Afrique. Nisreen aussi pense à partir, « mais pour aller où ? ».

Lassé par l’instabilité politique, Eddy le rappeur devrait bientôt rejoindre son père en Côte d’Ivoire. Les travailleurs du continent noir et d’Asie continuent d’affluer en terre libanaise. Human Right Watch estime aujourd’hui à 200 000 le nombre de domestiques migrants au Liban, soit 25% de plus qu’en2006

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(1) Suicide d’une domestique éthiopienne

(2) Une jeune fille noire interdite de piscine au Liban (testing du Mouvement antiraciste)

Camille Lorente, à Beyrouth
Pour JA

 

Noorinfo




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Abdou Zeid et Belmokhtar : Morts ou pas morts ?

altDepuis 96 heures, il n’y a plus que pour ça : les hauts faits d’armes de l’armée tchadienne au Mali. Un breaking news, comme diraient nos confrères anglophones. Au point de reléguer au second plan, voire de les éclipser, les jérémiades de la CEDEAO, confrontée à un obstacle financier sur sa feuille de route qui doit la mener dans le désert malien.

Au point également de faire oublier les imprécations du président tchadien, Idriss Deby, contre ses frères d’armes maliens qu’il invite à monter, presto, au front. Nul doute que l’homme fort de N’Djamena faisait allusion à l’agité capitaine Amadou Sanogo. Ce dernier ayant perpétré un coup d’Etat pour, disait-il, se donner les moyens d’aller traquer les islamistes mais qui, depuis, est retranché à la garnison de Kati, malmenant la transition pour assouvir ses ambitions personnelles. Au point, enfin, de faire passer sous silence le petit débat sur le calendrier électoral fixant la présidentielle malienne en juillet.
Oui, depuis ces dernières 96 heures-là, ce sont les soldats de Deby qui occupent le devant de la scène et du front.
Jeudi passé, en effet, l’armée tchadienne, qui mène une offensive dans le massif de l’Adrar des Ifoghas où se sont repliés les terroristes, a annoncé la mort d’Abou Zeid, chef historique d’une des Katibas (phalanges) d’AQMI et spécialiste de l’enlèvement d’otages européens.
Alors qu’on n’a pas encore fini de spéculer sur la véracité de cette annonce, voilà que le Tchad nous apprend encore qu’un autre prestigieux trophée vient de s’ajouter à son tableau de guerre : la tête de Mokhtar Belmokhtar.
Pour mieux appréhender l’importance de ces deux événements, si les informations données par N’Djamena sont avérées, revenons sur les présumés tués.
Abou Zeid, né au sud d’Alger, a d’abord été dès son jeune âge, membre du Front islamique du salut (FIS) avant de basculer dans la lutte armée lorsque ce mouvement a été empêché d’exercer le pouvoir après avoir remporté les premières législatives pluralistes en Algérie.
En 2003, il fera beaucoup parler de lui avec la prise d’otages de 32 touristes européens par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Présenté comme un homme violent et brutal, il multiplie les prises d’otages, parmi lesquels l’Anglais Edwin Dyer et le Français Pierre Camatte.
Quant à Mokhtar Belmokhtar, il est lui aussi Algérien. Après avoir combattu les troupes soviétiques en Afghanistan où il a perdu un œil, d’où son surnom de “Le borgne”. Il fait de l’enlèvement de ressortissants européens une cash machine tout en contrôlant un juteux trafic de stupéfiants.
En bisbille avec Abou Zeid, Belmokhtar crée sa propre organisation : les “Signataires du sang”. Il s’est illustré récemment avec la prise d’otages du site gazier d’In Amenas en Algérie, quelques jours après l’intervention française au Mali.
Jusque-là, il n’y a que la source tchadienne qui annonce la disparition des deux Ayatollahs des groupes islamiques du sahelistan.
Alors : Abou Zeid et Belmokhtar, morts ou pas morts ?
En tous les cas, si dans cette histoire macabre il devrait y avoir quelque chose d’agaçant, ce serait l’attitude de certains grands médias français. Usant de la nécessaire précaution oratoire dans la relation des faits, ces derniers répètent à l’envi que l’élimination des deux caïds religieux «n’est pas encore confirmée par Paris ». Comme pour dire que la parole de Deby, fut-il président, ne vaut pas celle d’un employé de l’Elysée, fut-ce un obscur fonctionnaire. Alors, méfiance, méfiance, reméfiance.
Que la France et les autres pays européens aient plus de moyens logistiques pour vérifier une telle information, nul n’en doute. Mais de là à avoir une attitude quelque peu condescendante relève d’un comportement franchouillard et donc quelque peu détestable.
Entre le nihil obstat (rien ne s’y oppose) des Américains, lesquels semblent accorder foi aux informations tchadiennes, et le scepticisme outrageux à la limite de la dénégation des Français, on ne sait plus à quel évangile prêter l’oreille.
De toute façon, tout va finir par se savoir, car Abou Zeid et Belmokhtar ne sont pas des hommes dont la mort ou la vie passe inaperçue.
Au-delà du débat en sourdine sur l’authenticité ou non de l’info sur la neutralisation des deux prédicateurs salafistes, une chose est sûre : ce sont les soldats du président Deby qui livrent la poitrine aux balles assassines des islamistes pour sauver le Mali. Une guerre par procuration, à la vérité. Cette situation met à nu l’apathie criarde et l’inertie déconcertante de la CEDEAO. A l’inverse, elle présente le Tchad comme une puissance militaire en devenir, sinon confirmée, dans la région. Une suprématie militaire forgée tout au long d’une histoire chaotique faite d’interminables guerres depuis les années 60.
Pour terminer, quittons ces querelles byzantines pour signaler que même si la chute des deux têtes pensantes d’AQMI venait à être confirmée, ce serait certes un sérieux coup porté à la pieuvre salafiste, mais pas encore sa mise à mort.
Dans un autre registre, elle pose problème sur le sort des otages. Seraient-ils toujours en vie après les violents combats qui auraient permis de dézinguer les deux chefs islamistes ? Si oui, quelle attitude les survivants dhjihadistes adopteront-ils désormais à l’égard de ce qui leur servait de bouclier humain ?
Autrement et peut-être cruellement dit, les orphelins d’Abou Zeid et de Belmokhtar, par sentiment de vengeance, ne vont-ils pas exécuter les otages ?
Personne n’ose s’avancer sur ce terrain.
En attendant donc que la vérité sorte des grottes du Nord-Mali, la multiplication de ces accrochages violents est plus que la preuve que passée la ballade quasi touristique des premiers jours des troupes franco-tcahidiennes, sous l’œil des caméras, ce conflit est maintenant à l’image de tous les autres. Et l’opération Serval commence à compter ses morts, puisqu’un troisième militaire français est tombé ce week-end sur le champ d’honneur.
Adama Ouédraogo
Damiss

source: lobservateur.bf

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Algérie ne serait-elle pas la super nounou (maraine) du terrorisme islamiste au Maghreb et dans la zone sahélo-saharienne ?

altL’Algérie ne serait-elle pas la super nounou (maraine) du terrorisme islamiste au Maghreb et dans la zone sahélo-saharienne ?
Un fait divers sans précédent s’est produit dernièrement en Algérie. Le Chef de l’Etat algérien est sorti de sa léthargie pour rendre un hommage appuyé aux forces de sécurité qui sont intervenues sur le site gazier d’In Amenas tuant ou provoquant la mort de près de 34 otages étrangers.
Le Président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a, en effet, estimé, selon une dépêche de l’APS datée du 23 février 2013, dans un message aux travailleurs transmis le 19 février 2013, en évoquant l’attaque meurtrière d’un site gazier d’In Amenas en janvier 2013, que la sécurité du pays avait été mise en danger par la situation au Mali.
Dans ce message, il s’est incliné sur la mémoire des personnes qui ont perdu leur vie dans cette dramatique prise d’otages plus d’un mois après. Un geste qui relève plus de l’insulte pour les morts et les familles des victimes que de la compassion, notamment lorsqu’il exprime «son admiration et sa gratitude à ceux qui, par leur sang-froid et leur attitude courageuse, ont permis la sauvegarde des installations et de l’outil de production», à savoir l’armée algérienne qui a fait un carnage.
Il est devenu clair, par cette déclaration présidentielle, que la sauvegarde de l’usine d’In Amenas était la priorité et la vie des otages des peanuts.
Un message présidentiel transmis le 19 février 2013 et rendu public le 23 février 2013, c’est dire du peu d’importance qu’occupe le Président algérien sur l’échiquier politico-décisionnel de ce pays.
Mais on doit lui pardonner, il ne dirige pas le pays. C’est un pantin désarticulé et en fin de vie qui ne fait qu’obéir à ceux qui l’ont intronisé et à passer son temps à ingurgiter des médicaments le temps qu’on lui déniche un remplaçant.
Le plus choquant dans ce message est qu’il déclare que «la sécurité de l’Algérie est mise en danger par la situation au Mali et par les manifestations sporadiques d’un terrorisme que nous n’avons de cesse de combattre».
Or, il est notoirement connu que les groupes islamistes terroristes, qui ont envahi le septentrion malien, sont des créations du Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS) algérien, qui leur assure moyens humains, financiers et opérationnels.
Ce qui avait commencé officiellement en Janvier 2012 comme une simple rébellion par les tribus touaregs a rapidement évolué pour devenir un «Afghanistan de l’Afrique» ou un «Azawidistan» ou un «Malidistan».
La suite des évènements qui se déroulera au Mali durant l’année 2012 mettra en lumière le jeu trouble de l’Algérie dans la zone sahélo-saharienne et la manière dont le DRS à manipulé ses terroristes pour servir les intérêts de l’Algérie et ceux d’une certaine caste mafieuse.
En effet, il est prouvé que dans les années 90 une grande partie de la direction du GIA se composait d’agents de la DRS et que certains des massacres les plus notoires de civils ont été l’oeuvre d’unités militaires spéciales déguisées en moudjahidines ou d’escadrons de GIA sous contrôle.
Je citerai pour exemples les massacres du village de Rais, le 29 Août 1997 près de Larbaa au Sud d’Alger, et de Bentalha, proche d’Alger, dans la nuit du 22 au 23 septembre 1997, qui ont fait plus de 800 morts, hommes, femmes et enfants égorgés, et la liste de ces crimes est longue et incontestable.
Des crimes commis par, ce que tout algérien connait, deux escadrons de la mort, à savoir l’OJAL (Organisation des Jeunes Algériens Libres) et l’OSSRA (Organisation Secrète de Sauvegarde de la République Algérienne), qui furent créés en 1993 et dirigés par Smain Lamari qui orchestrait une campagne d’exécutions sur tout le territoire algérien.
Un tout puissant responsable algérien qui faisait partie d’une organisation très fermée dite «club des 11», une petite poignée de décideurs militaires, tous généraux-majors, qui détiennent la réalité du pouvoir en Algérie depuis l’indépendance.
Ensuite, au début des années 2000, succéda au GIA le Groupe Salafiste Pour la Prédication et le Combat (GSPC). Un groupe islamiste radical dirigé par Saifi Lamari, dit El Para, agent du DRS, qui s’activait dans le Sud algérien et qui avait pris en otage 32 touristes étrangers pour ouvrir un second front visant la région sahélo-saharienne mais aussi l’Afrique
Toutes les opérations terroristes menées par El Para avaient pour but de favoriser le soutien des occidentaux, notament des États-Unis, à l’Algérie dans sa soit disant lutte contre le terrorisme pour acquerir des armements sophistiqués et de discréditer le GSPC pour préparer l’arrivée d’AQMI, alors en gestation dans les bureaux des stratèges du DRS. El Para, actuellement en Algérie, coule des jours heureux bien au chaud et ce, depuis 2004.
Puis, avec ce nouvel objectif assigné par le DRS aux islamistes, le GSPC s’internationalise et adopte, en septembre 2006, le label d’AQMI et dont les trois émirs d’AQMI, Abdelhamid Abou Zaïd, Yahia Djouadi et Mokhtar Ben Mokhtar, étaient et sont toujours des agents du DRS.
S’agissant du MNLA, celui-ci a vu le jour en octobre 2011 sans que l’Algérie le sache.
Or, les militaires algériens ont toujours eu peur des Touaregs, à la fois en Algérie et dans les Etats voisins du Sahel. La possibilité d’un mouvement nationaliste militaire touareg dans le Nord du Mali, que l’Algérie a toujours considéré comme son arrière-cour (la région de Kidal est parfois appelé l’Algérie de 49ème wilaya), ne pouvait être tolérée.
C’est pourquoi, les stratèges du DRS se sont attelés à éliminer cette menace.
Pour ce faire, ils ont utilisé AQMI pour affaiblir puis détruire la crédibilité et l’efficacité politique du MNLA.
Bien que démentie par le gouvernement algérien, la présence de 200 membres des Forces spéciales algériennes, déployés dans l’Azawad le 20 Décembre 2011 et affectés à Tessalit, Aguelhok et Kidal (et peut-être ailleurs), a été avérée. Leur but semble avoir été de :
1/ protéger AQMI qui s’était installé dans les montagnes du Nord du Mali Tigharghar autour de 2008,
2/ évaluer le potentiel et les objectifs du MNLA,
3/ favoriser l’émergence de groupes islamistes radicaux, à savoir Ansar Dine et MUJAO, dont les dirigeants ont également des liens très étroits avec le DRS.
Iyad Ag Ghali n’a-t-il pas travaillé pour une entreprise algérienne à Tamanrasset dans les années 80 avant d’étre recruté par le DRS pour résoudre la problématique d’El-Para à savoir le ramener en Algérie après avoir été capturé par des hommes du Mouvement pour la Démocratie et la Justice au Tchad (MDJT) dans le Tibesti.
Quant au MUJAO, dont ses dirigeants initiaux sont Mohamed Ould Lamine Ould Kheirou, un Mauritanien, et Sultan Ould Badi (alias Abu Ali), un malien, il composé essentiellement de Touaregs arabes, de maliens et d’éléments du polisario et s’est imposé comme l’un des acteurs majeurs du trafic de drogue international (cocaïne) dans la région. Des activités criminelles exercées sous l’œil bienveillant du DRS.
Cet intérêt du DRS dans le Nord du Mali, s’explique par le fait que cette région est devenue le passage obligé de la route du trafic de cocaïne en provenance d’Amérique du Sud vers l’Europe via l’Algérie, dont la valeur est estimée à plus de $ 11 milliards par l’ONU, mais également par les richesses stratégiques de son sous-sol.
Une manne que le MNLA menaçait de contrôler, mais qu’Ansar Dine et le MUJAO, aidés par AQMI et le DRS, ont mis en échec en réussissant à dominer le MNLA tant politiquement que militairement.
Par cette stratégie, le DRS a, au moins jusqu’à présent, réalisé son 1er objectif qui était de discréditer le MNLA et donc d’étouffer le nationalisme touareg mais surtout de minimiser la menace qu’il représente comme force politique et militaire.
Cependant cette stratégie du DRS avait un second objectif. Celui de transformer la zone sahélo-saharienne en zone de guerre qui toucherait l’ensemble des pays de la région avec l’installation au Mali d’un Etat islamique sous ses ordres, évacuant ainsi les terroristes de son territoire tout en éternisant la menace comme un épouvantail.
Un épouvantail qui, sur le plan interne, permet aux autorités algériennes de repousser tout soulèvement démocratique en Algérie et de discréditer tous les mouvements protestataires crédibles et organisés. C’est ce qui s’est passé avec la tragédie d’In Amenas dont le chef du commando islamiste était un membre du polisario à la solde du DRS.
En utilisant cette carte du terrorisme, l’oligarchie militaro-politico-financière algérienne peut ainsi légitimement prétendre qu’il lutte contre le terrorisme islamique et non pas contre les mouvements pro-démocratiques.
Une posture stratégique qui lui permet d’annihiler les pressions internationales en matière de Droits de l’Homme et de libertés et qui lui offre suffisamment de temps pour écraser toutes les demandes légitimes du peuple algérien pour plus de démocratie et de transparence.
Il est évident que les dirigeants algériens, encerclés par des événements sans précédent qui se déroulent chez ses voisins et cernés par la narrative contagieuse du printemps arabe, sont terrifiés.
Aussi, ont-ils décidé de mettre en place un plan pour :
1) discréditer tous les mouvements de protestation demandant une transition démocratique et des réformes sérieuses,
2) assimiler tous les mouvements de protestation démocratique avec l’islamisme activiste et terroriste, c’est le cas pour la Syrie, ce fut le cas pour la Libye, le Yémen, l’Egypte, et la Tunisie mais aussi instrumentaliser le polisario pour provoquer des troubles au Maroc,
3) réactiver les groupes terroristes à travers l’Algérie, et particulièrement dans la région kabyle, faussement surnommée comme une région séparatiste et enfin,
4) gagner la sympathie des démocraties occidentales en brandissant le spectre d’AQMI et aussi menacer indirectement les États européens d’une contagion AQMI sur leur sol.
Un plan très efficace qui permet de contrecarrer tout mouvement pro-démocratique en Algérie, sachant que le peuple algérien, traumatisé par la décennie sanglante des années 1980-90, ne se rangera jamais aux côtés des mouvements de protestation qui pourraient ramener toute sorte d’instabilité, notamment lorsqu’on assimile les mouvements pro-démocratiques avec les mouvements islamiques et le terrorisme.
En conclusion, il apparait donc que les groupes terroristes islamistes qui sévissent en Algérie et dans la zone sahélo-saharienne sont bel et bien sous le contrôle du DRS.
Le DRS a infiltré, entretenu, nourri et même encouragé un certain nombre de groupes terroristes à rester actifs.
Il utilise ces groupes terroristes pour faire avancer son agenda politique et pour se protéger contre une attaque politique venant des clans rivaux.
Le DRS utilise ces groupes terroristes à des fins hégémoniques en Afrique et de contrôle du trafic de drogue, deux ingrédients essentiels pour créer l’instabilité régionale.
A ce sujet, l’Algérie a bien accordé son aval pour que des convois du polisario traversent l’Algérie d’Ouest en Est pour apporter aide et soutien à Kaddafi qui faisait face à la contestation populaire et qui rejoindront par la suite le MUJAO et l’AQMI au Nord Mali sur ordre du DRS et des chefs du polisario contre une manne financière.
En outre, l’Algérie soutient encore le régime d’Assad en Syrie et tente par tous les moyens de destabiliser la Tunisie, où une rumeur insistante fait état d’une connivence entre l’Algérie et les meurtriers de l’opposant tunisien Chokri Belaid.
Des informations relayées par de nombreuses agences de presse internationales révèlent que trois algériens seraient rentrés, à partir de l’Algérie, en Tunisie pour accomplir leur forfait et en ressortir le même jour, sans parler des évènements sanglants qui se déroulent dans le Sud-Ouest tunisien à la faveur d’éléments infiltrés depuis l’Algérie, supposée contrôler hermétiquement ses frontières.
Des interrogations se posent donc sur les véritables intentions de l’Algérie dans la région.
Enfin, en contrôlant le terrorisme comme une arme politique, le DRS est littéralement intouchable en Algérie.
C’est la triste et laide vérité du terrorisme en Algérie. Certains clans algériens, qui en sont les parrains, aident, organisent et gèrent le terrorisme en Algérie.
Un pays où il est interdit de donner un prénom berbère à son enfant et où le pluralisme ainsi que la diversité ethnique, religieuse et culturelle de la société algérienne sont criminalisés.
Des autorités algériennes qui s’évertuent à effacer d’un seul trait des siècles d’histoires durant lesquels les amazighs ont façonné l’histoire de l’Algérie avec leur génie ; un génie que ces mêmes autorités refusent à réhabiliter au nom de la sacro-sainte dimension arabo-musulmane de la personnalité algérienne alors que l’Algérie est le seul pays arabo-musulman où un algérien est soit musulman, soit chrétien ou soit juif. C’est pourquoi, il est spécifié dans la constitution que seul un algérien musulman peut postuler à la fonction de Président.
De plus, la culture amazighe comporte en son sein une conception de la liberté trop dangereuse pour les dirigeants algériens. Une culture qui favorise l’émancipation, l’insoumission et ne supporte pas l’injustice.
Aussi, face au vent des contestations démocratiques, le régime algérien brandit l’épouvantail de l’ennemi intérieur en stigmatisant la Kabylie. Un artifice qui s’appuie sur le déficit de solidarité nationale entre les différentes régions et cultures du pays. Un déficit pérennisé par les dirigeants algériens depuis l’indépendance en 1962 et dont le point culminant de l’horreur furent les évènements d’octobre 1988 où des centaines de kabyles furent massacrés par l’armée sans oublier les printemps berbères sanglants de 1980 et celui dit du «printemps noir» de 2001 qui vit la naissance du mouvement des Aarchs.
Un déficit de solidarité nationale qui a été institutionalisé en interne, après le décès suspect de Boumedienne en 1978, par le clan du «bec du canard», un mélange d’officiers influents et véreux et de civils habiles théoriciens, originaires de l’Est algérien, dont les figures les plus illustres sont les généraux Khaled Nezzar, Mohamed Lamari et Liamine Zeroual.
Les membres de ce clan, communément appelés «les TBS» (originaires de l’axe Tébessa-Batna-Souk Ahras), ont commandé l’Algérie jusqu’en 1998, date à laquelle ils seront remplacés par le «clan d’Oujda», représenté par l’actuel Président Bouteflika qui s’empressera de nommer un grand nombre de généraux et de ministres issus de Tlemcen.
N’est-ce pas là une pratique qui relève du terrorisme et du népotisme d’Etat ? Aux lecteurs d’en juger et d’en apporter la réponse.
Pour ma part, j’affirme que l’Algérie est bien la super nounou et marraine du terrorisme islamiste au Maghreb et dans la zone sahélo-saharienne et qu’elle joue un jeu dangereux pour la sécurité internationale.
Toutes les informations contenues dans ce papier sont avérées, vérifiables et disponibles sur le net et ne peuvent donc être contestées quant aux commentaires et conclusions qui en découlent ils sont libres.
Farid Mnebhi. 
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Senegal, La machine judiciaire s’emballe contre les pontes libéraux

altLa traque des biens mal acquis semble être dans la phase active après le défilé de certains dignitaires de l’ancien régime devant les enquêteurs. L’arrestation de l’ancien conseiller en Ntic de Abdoulaye Wade va allonger la liste des dignitaires du régime libéral qui séjournent à la prison depuis quelque temps pour avoir commis des «fautes» dans la gestion des affaires de l’Etat.

Comme révélé par la plupart des journaux dans leur édition d’hier, le fils de l’ancien ministre de la justice du régime libéral, Cheikh Tidiane Sy a été placé sous mandat de dépôt à l’issue de son face-à-face avec le Procureur hier. Cette arrestation de l’ancien conseiller en Ntic de Abdoulaye Wade, Thierno Ousmane Sy annonce que de «gros poissons» du régime de Wade commencent à tomber dans les filets de la traque des biens mal acquis. Une opération initiée par le nouveau régime pour rompre définitivement avec des pratiques de la corruption et le détournement des deniers publics dans la gestion des affaires de l’Etat. Ainsi, Thierno Ousmane Sy qui est poursuivi pour détournement de deniers publics après avoir bénéficié des commissions faramineuses estimées à 20 milliards de francs Cfa dans la transaction financière lors de la vente de la troisième licence du téléphone Sudatel, allonge la liste des barons du régime libéral poursuivis pour le délit général de détournement de deniers publics.

Ainsi, il va rejoindre en prison, l’ancien directeur général de la Lonage, Baïla Wane qui est dans les liens de détention depuis le 2 août dernier après son inculpation de détournement de deniers publics portant sur plus de 3 milliards 400 millions francs Cfa, d’association de malfaiteurs, de corruption, de faux et d’usage de faux en écriture privée, de faux et d’usage de faux en écriture publique, d’abus de biens sociaux. Après lui, c’est autour de l’ancien directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), Ndongo Diao et ses acolytes, le comptable Waké Ba et le patron de Mtl, Moustapha Yacine Guèye d’être mis aux arrêts à la suite d’une plainte contre X portée par le tout nouveau directeur de l’Artp sous Macky Sall, Thierno Alassane Sall, actuel ministre des Infrastructures. Ils étaient poursuivis pour détournement de deniers publics, d’escroquerie portant sur des deniers publics, complicité d’escroquerie portant sur des deniers publics et accessoirement de concussion, sans préjudice.

L’ancienne administrateur du Fonds de promotion économique (Fpe), Ndèye Khady Guèye a été écrouée pour plusieurs chefs d’inculpation  de délit d’initié, conflit d’intérêt, détournement de deniers publics. L’affaire porte sur la bagatelle de 1,5 milliard de francs Cfa, qu’aurait soustrait Mme Guèye des caisses de ce Fonds. Aussi, elle se faisait payer la prime de location estimée à 1,2 million par mois alors qu’elle logeait dans une maison de fonction attribuée par l’Etat. Le libéral Alioune Aïdara Sylla a été inculpé dans une affaire douteuse à l’aéroport de Dakar en possession d’un chèque de 3 milliards de francs Cfa que lui aurait remis le Pape du Sopi afin de solder ses dettes envers des collaborateurs libéraux et l’achèvement de sa maison qui est en pleine construction. A ces arrestations, il faudra aussi ajouter celle de l’ancien directeur général du Cosec, El hadji Kane Diallo, qui après des mois d’emprisonnement a obtenu une liberté provisoire après avoir déposé une caution à l’image de l’ancien directeur de Mtl, Moustapha Yacine Guèye qui a versé 1 milliard 550 millions francs Cfa pour transiger. Contrairement à Ndongo Diao, Ndèye Khady Guèye et Baïla Wane à qui le juge a refusé une liberté provisoire.

Mamadou GACKO

Source: seneweb

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Au Mali, « l’affrontement des volontés »

altAncien directeur du Collège inter-armées de défense (devenu Ecole de guerre), soupçonné d’avoir fait partie du collectif « Surcouf » (qui avait vivement critiqué en 2008 le Livre blanc sur la défense publié par le président Nicolas Sarkozy), sanctionné en 2010, à quelques mois de la retraite, pour avoir écrit que la guerre en Afghanistan était « une guerre américaine » dans laquelle la France « n’avait pas droit à la parole », le général Vincent Desportes est aujourd’hui professeur à « Sciences-Po », et libre de toute attache. Devant des journalistes spécialisés, il a eu récemment l’occasion de se livrer à un premier « retour d’expérience » sur l’engagement français au Mali, et sur les conséquences que cela aura (ou n’aura pas) sur le nouveau Livre blanc et la Loi de programmation militaire actuellement en cours de préparation.

 
Pour cet officier de l’arme blindée (ex-cavalerie), intellectuel respecté dans les cercles militaires et politiques, qui avait notamment dirigé le Centre de doctrine et d’emploi des forces de l’armée de terre, la guerre actuelle au Mali est une conséquence directe de ce qui n’avait été qu’une bataille, en Libye, qui n’avait pas été menée jusqu’au bout :
- le retour des mercenaires touaregs qui servaient Kadhafi depuis des décennies n’avait pas été contrôlé : ils sont revenus au pays avec armes et bagages, et ont reconquis l’Azawad début 2012 avant d’être finalement débordés par les groupes djihadistes ; 
- on avait laissé la Libye devenir un arsenal à ciel ouvert, ce qui a renforcé AQMI (Al-Qaida au Maghreb islamique) et autres Mujao (Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest) ; 
- enfin, Kadhafi était l’autorité qui en quelque sorte stabilisait le Sahel.« On a cassé un ordre politique qui n’a été remplacé par rien. » Quand on ne contrôle pas les conséquences d’une guerre, on doit faire face à des dérives : « Le Mali, qui n’était plus régulé, est tombé ».

Intelligence de l’adversaireRetour à la table des matières

A propos de l’intervention militaire française au nord du Mali ces dernières semaines, le général Desportes relève que : 
- Le rapport de forces était trop dissymétrique pour que l’adversaire s’accroche : « Nous avons pu le surclasser en mobilité, grâce à notre maîtrise de la troisième dimension »  [1]. 
- Les manœuvres aéroterrestres, qui sont très compliquées, ont été très bien coordonnées. 
- Mais il faut aussi « compter sur l’intelligence de l’adversaire », qui a changé de stratégie, reculé et « évité de s’accrocher au vide », à Tombouctou, Gao et Kidal : « C’est une évolution normale du combat. L’ennemi “va dans l’asymétrie” [ce qui consiste ici à] contourner la force de l’autre On ne pouvait qu’en arriver là. L’ennemi applique son plan B. » 
- Aujourd’hui, ajoute Vincent Desportes, les forces françaises (ainsi que maliennes et tchadiennes) sont « en état de vulnérabilité » face aux actions de harcèlement des islamistes. Les attentats-suicides et attaques peuvent être conduits « avec un niveau de forces très réduit ». Il est extrêmement simple de fabriquer des mines pour perpétrer des attentats.

Dérive des objectifsRetour à la table des matières

- La faiblesse de l’armée malienne et l’absence de la force africaine, la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) (pas encore déployée), font que « toutes les conditions sont remplies pour que la manœuvre de contournement des djihadistes fonctionne » [2]. 
- « Nous sommes passés dans la phase d’affrontement des volontés. Le rapport de forces n’a plus beaucoup d’importance », estime le général qui reconnaît que, comme c’est souvent le cas, il y a « une dérive des objectifs »qu’il juge « normale », inévitable, tant que l’objectif final ne change pas. 
- Pour lui, « la France est entrée au Mali, à la fois de manière légale et légitime ». Mais le président Hollande s’est beaucoup engagé : « Cela oblige ». Il faut avoir cette fois « l’intention de terminer cette guerre », sinon la situation sera pareille qu’en Libye, « devenue une poudrière car nous n’avions rien stabilisé au sol ».

Culture de coup d’EtatRetour à la table des matières

Il faut donc, au Mali, selon Vincent Desportes, favoriser la construction d’un« état de paix meilleur qu’avant » :
- « La France est un Etat responsable. Elle est entrée en guerre, ça coûte cher, ça dure longtemps. Une intervention a des conséquences extrêmement lourdes. » 
- « Le résultat final va conditionner la légitimité de toute l’opération française », mais ne sera obtenu que si un dialogue inter-malien s’ouvre, si la gouvernance change, si l’armée est reconstituée, etc. 
- Il faut établir au sol une force de sécurité crédible, alors que les unités africaines de la Misma sont sous-entraînées et sous-équipées, avec une« culture de coup d’Etat ou d’interposition » (les soldats tchadiens, déployés aux côtés des Français à l’extrême Nord, étant les seuls aguéris) [3] ; et que, pour remonter l’armée malienne, il faudra au moins un an.

Boule de billardRetour à la table des matières

En attendant, affirme Vincent Desportes, « il faudra aller chercher les djihadistes dans les massifs, à la fourchette ». Car, si un coup sévère a été porté aux groupes qui ont investi le nord du Mali, il convient – dans cette deuxième ou ou troisième phase – d’aller jusqu’au bout : l’éradication. Sinon, c’est la « boule de billard régionale »  : et il faudra recommencer ailleurs…
Pour ce général, le Mali aura toujours besoin d’un appui en logistique, renseignement et d’“appui-feu” de la part des militaires français (qui eux-mêmes ont besoin des Américains…) : « Nous sommes intervenus au Tchad en 1969, nous y sommes toujours… », rappelle-t-il. Il entrevoit un schéma« à l’ivoirienne », avec une force africaine devenue mission de l’ONU, et – en soutien – une « force de réaction rapide », notamment française. Au passage, l’ancien responsable du Collège inter-armées de défense estime que, s’il y avait eu 300 soldats français stationnés à Bamako ces dernières années, le nord de ce pays n’aurait jamais été attaqué …
 
Philippe Leymarie
Le monde diplomatique

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