Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Sahel: un rapport de l’ONU propose une “stratégie intégrée”

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L’ONU invite les pays du Sahel à renforcer leurs systèmes d’alerte, échanger des informations et coordonner leur surveillance des frontières pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé, dans un rapport visant une “stratégie intégrée” pour la région.

Le texte, dont l’AFP a obtenu une copie, a été élaboré par les services de l’envoyé spécial pour le Sahel Romano Prodi et transmis vendredi par le secrétaire général Ban Ki-moon aux 15 membres du Conseil de sécurité.

L’ONU, indique le rapport, veut aider les pays du Sahel à “établir des mécanismes coordonnés pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé afin que police, garde-frontières, armée, douanes (..) travaillent ensemble de manière cohérente et dans le respect des droits de l’homme”.

Parmi les nombreuses idées avancées figurent une “réunion régionale des services de renseignement pour échanger des informations sur la menace d’al-Qaïda et de ses affiliés”.

L’ONU propose aussi une “aide technique” aux policiers et magistrats des pays concernés et invite ceux-ci à se concentrer davantage sur le financement des activités illégales.

Un des points évoqués est “l’échange d’informations (..) entre les aéroports en Amérique latine, Afrique de l’ouest, Sahel, Maghreb et Europe pour contrer les trafics à la source, à destination et en transit”.

“En 2012, dix-huit tonnes de cocaïne d’une valeur marchande de 1,25 milliard de dollars ont transité par l’Afrique de l’ouest et une partie serait passée par le Sahel”, souligne le rapport.

Cette vaste “stratégie intégrée des Nations unies pour le Sahel” a l’ambition de s’attaquer à tous les aspects de la crise: amélioration de la gouvernance, lutte contre la criminalité (trafics de drogue, de personnes, d’armes et de cigarettes, blanchiment d’argent) et contre le terrorisme, aide humanitaire à 11,4 millions de personnes menacées par la faim dont 5 millions d’enfants de moins de 5 ans.

“Les problèmes au Mali ne doivent pas être envisagés de manière isolée”, explique Ban Ki-moon dans ce rapport. “Etablir une paix et une sécurité durables nécessite une action collective pour traiter les racines de l’instabilité, qui s’étendent bien au-delà des frontières du Mali”.

M. Ban se déclare “particulièrement inquiet des liens apparents entre des syndicats du crime impliqués dans le trafic de drogue et des groupes armés actifs dans la région”.

“Nous devons nous concentrer simultanément, explique-t-il, sur la sécurité, la diplomatie et le développement (…) y compris les relations avec l’Afrique de l’ouest et le Maghreb”.

Source:AFP

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Sahel: un rapport de l’ONU propose une “stratégie intégrée”

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L’ONU invite les pays du Sahel à renforcer leurs systèmes d’alerte, échanger des informations et coordonner leur surveillance des frontières pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé, dans un rapport visant une “stratégie intégrée” pour la région.

Le texte, dont l’AFP a obtenu une copie, a été élaboré par les services de l’envoyé spécial pour le Sahel Romano Prodi et transmis vendredi par le secrétaire général Ban Ki-moon aux 15 membres du Conseil de sécurité.

L’ONU, indique le rapport, veut aider les pays du Sahel à “établir des mécanismes coordonnés pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé afin que police, garde-frontières, armée, douanes (..) travaillent ensemble de manière cohérente et dans le respect des droits de l’homme”.

Parmi les nombreuses idées avancées figurent une “réunion régionale des services de renseignement pour échanger des informations sur la menace d’al-Qaïda et de ses affiliés”.

L’ONU propose aussi une “aide technique” aux policiers et magistrats des pays concernés et invite ceux-ci à se concentrer davantage sur le financement des activités illégales.

Un des points évoqués est “l’échange d’informations (..) entre les aéroports en Amérique latine, Afrique de l’ouest, Sahel, Maghreb et Europe pour contrer les trafics à la source, à destination et en transit”.

“En 2012, dix-huit tonnes de cocaïne d’une valeur marchande de 1,25 milliard de dollars ont transité par l’Afrique de l’ouest et une partie serait passée par le Sahel”, souligne le rapport.

Cette vaste “stratégie intégrée des Nations unies pour le Sahel” a l’ambition de s’attaquer à tous les aspects de la crise: amélioration de la gouvernance, lutte contre la criminalité (trafics de drogue, de personnes, d’armes et de cigarettes, blanchiment d’argent) et contre le terrorisme, aide humanitaire à 11,4 millions de personnes menacées par la faim dont 5 millions d’enfants de moins de 5 ans.

“Les problèmes au Mali ne doivent pas être envisagés de manière isolée”, explique Ban Ki-moon dans ce rapport. “Etablir une paix et une sécurité durables nécessite une action collective pour traiter les racines de l’instabilité, qui s’étendent bien au-delà des frontières du Mali”.

M. Ban se déclare “particulièrement inquiet des liens apparents entre des syndicats du crime impliqués dans le trafic de drogue et des groupes armés actifs dans la région”.

“Nous devons nous concentrer simultanément, explique-t-il, sur la sécurité, la diplomatie et le développement (…) y compris les relations avec l’Afrique de l’ouest et le Maghreb”.

 

Source:AFP

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Sénégal : les USA dénichent un chef du Hezbollah à Dakar

Abbas Fawaz Loutfe est un ressortissant libanais, fonctionnaire du Département des affaires étrangères du Hezbollah. Il est en outre chef du Département du Hezbollah au Sénégal. Agé de 35 ans, celui qui est encore appelé Abass Abou Ahmad Fawaz est épinglé par le Département du Trésor américain pour avoir, entre autres, dirigé des membres du Hezbollah lors de réunions secrètes visant à collecter des fonds et à promouvoir le Hezbollah parmi les ressortissants libanais à Dakar.


Sénégal : les USA dénichent un chef du Hezbollah à Dakar
 
Outre le Sénégal où est basé Abbas Fawaz Loutfe, des pays comme la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire et la Gambie sont également dans le collimateur du Département du Trésor américain. Dans ces pays résident des Libanais accusés d’être des collecteurs de fonds pour le Hezbollah. Selon Le Populaire, il s’agit d’Ali Ibrahim Al-Watfa qui opère en Sierra Leone, Abbas Loutfe Fawaz établi à Dakar, Ali Ahmad Chehade basé en Côte d’Ivoire et Hicham Nmer Khanafer qui réside en Gambie.

Selon le Département du Trésor américain, ces « chefs » sont chargés d’organisation « dans des efforts pour étendre l’influence du Hezbollah dans toute l’Afrique occidentale. Ils organisent des collectes de fonds, le recrutement des membres de l’organisation et jouent, au besoin, le rôle d’Ambassadeurs du Département des relations extérieures du Hezbollah.

Au terme de leur identification, il est désormais interdit à toute personne, surtout aux Etats-Unis, de faire des affaires avec les quatre incriminés, sous peine de passer pour leur complice. Le Populaire nous apprend en outre que tous leurs avoirs sur toute juridiction américaine sont gelés.

Selon le document produit par le Département du Trésor américain, « l’identification de ces quatre Libanais expose davantage la portée alarmante des activités du Hezbollah et sa détermination à créer un fonds mondial et un réseau de recrutement pour soutenir sa violence et les entreprises criminelles partout dans le monde. Alors que le Hezbollah prétend être une organisation de résistance, son vaste réseau mondial envoie de l’argent et des agents pour mener des attaques terroristes à travers le monde ».

Abbas Fawaz Loutfe qui, selon une information parue dans Le Populaire, utilise des supermarchés qu’il possède et exploite à Dakar, est accusé d’avoir créé un groupe de partisans du Hezbollah. On lui reproche d’être très actif dans la promotion du Hezbollah et la collecte de fonds pour le groupe. Le nom de Fawaz est également cité dans les efforts du Hezbollah pour influencer le choix d’un Directeur d’un Institut islamique influent à Dakar.

Source:Afrik

 

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Halte au génocide biométrique

altDeux ans après son lancement, l’opération d’enrôlement des populations, initiée par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, n’en finit pas de démontrer son caractère raciste et discriminatoire à l’endroit des populations noires du pays. Si les conditions de l’enrôlement avaient été allégées du fait de la contestation menée par Touche pas à ma nationalité, les complications pour les populations noires ont repris de plus belle dans l’ensemble des centres d’accueil du citoyen à travers le pays où l’obtention de la moindre pièce d’état-civil est un véritable parcours du combattant pour les plus chanceux et un mirage pour bon nombre d’autres.

Cette exclusion systématique des citoyens noirs de l’enrôlement et de l’accès aux nouvelles pièces d’état-civil dites sécurisés a atteint son paroxysme avec le traitement réservé à la diaspora négro-mauritanienne d’Europe dont la mauritanité est soumise à la présentation d’une pièce délivrée par un autre Etat, en l’occurrence la carte de séjour du pays d’accueil, condition d’autant plus révoltante qu’elle n’est exigée nulle part ailleurs dans les centres ouverts dans les autres régions du monde.

Touche pas à ma nationalité :

–          condamne avec la plus grande vigueur ces pratiques discriminatoires et racistes que l’on peut qualifier de génocide biométrique puisqu’il s’agit d’épurer les registres de l’état-civil de la composante noire du pays

–          rappelle le caractère dangereux de telles pratiques qui hypothèquent l’existence même du pays

–          exprime sa solidarité avec les membres de la diaspora que le régime raciste cherche à transformer en apatrides

–          exige le traitement digne et égalitaire de tous les mauritaniens dans l’accès à l’enrôlement et aux titres dits sécurisés.

Nous engageons nos militants et sympathisants à se mobiliser pour mettre fin au caractère discriminatoire et raciste de l’enrôlement et annonçons une série d’activités dont la première est un sit-in que nous organisons en partenariat avec d’autres organisations de la société civile devant le palais présidentiel ce mercredi 12 juin 2013 à partir de 10 heures.

La coordination.

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Ladji Traoré, secrétaire général de l’Alliance Populaire Progressiste (APP) : ‘’L’affaire des journaliers est très grave, c’est une abdication de l’Etat devant sa fonction essentielle de direction du travail’’

altLe Calame : Que pensez-vous de la gestion,  par le gouvernement, de la grève, à Zouérate, des  journaliers de la SNIM, que la Majorité impute à la COD ?

Ladji Traoré : Tout d’abord, je vous remercie beaucoup, je remercie le Calame de l’honneur qu’il me fait de m’interroger sur des questions d’une actualité aussi brûlante. Mais, concernant celle que vous me posez, sachez que vous vous adressez, avant l’homme politique, à un syndicaliste. Je vais donc commencer par vous donner la réponse d’un syndicaliste.

Rappelez-vous : la MIFERMA, en 1971, avait six cents travailleurs occasionnels journaliers. Et ce n’est qu’après la grève de 1971-72 que ces six cents ont été embauchés, tous ensemble, obtenant, de surcroît, un certain nombre d’avantages sociaux, comme la construction de logements, à Zouérate, et l’édification de ce qu’on appelle, à Nouadhibou, la « cité-chômage ». Ce n’est donc pas la première fois de son histoire que la SNIM a recours à de la main d’œuvre occasionnelle. Mais il y a un autre problème, aujourd’hui, avec ce type de main d’œuvre. De plus en plus, les entreprises opérant en Mauritanie – nationales, comme la SNIM, ou étrangères, comme celles qui viennent de s’installer – passent, au lieu d’embaucher directement les travailleurs, par des intermédiaires, des tâcherons ou des bureaux de placement, pour recruter. C’est devenu une véritable profession, vous le savez, un immense business. Je sais qu’on essaie, aujourd’hui, de faire passer, dans l’opinion, l’idée que l’embauche directe n’est pas nécessaire et que ce sont les sociétés elles-mêmes qui préfèrent passer par ces intermédiaires-là. De mon point de vue, c’est très grave, c’est une abdication de l’Etat devant sa fonction, essentielle, de direction du travail, qui consiste à recenser le potentiel de main d’œuvre et de techniciens et à les placer, en priorité, dans les sociétés qui viennent s’installer chez nous, sans passer par des intermédiaires. Le fond du problème est là. Etre embauché et déclaré à la sécurité sociale, toucher un salaire régulier, correspondant à sa qualification, bénéficier des soins de santé et d’une pension de retraite garantie, c’est vraiment mieux que de passer par des accords circonstanciels. Je pense donc que le problème vient de loin. Ce n’est seulement que les accords aient été mal gérés par l’administration, non, il y a un problème de fond, il s’agit du statut du travailleur dans ce pays. Qu’on abolisse, sinon minimise, dans un cadre strictement défini, le travail intérimaire et qu’on embauche directement les citoyens avec des salaires et autres droits complets, telle en est la solution.

– Entre la COD qui conditionne sa participation aux élections à la formation d’un gouvernement d’union ou d’ouverture, une majorité présidentielle qui le refuse et déclare que les élections auront lieu, quoiqu’il advienne, à la date fixée par la CENI,  et  un président de l’Assemblée nationale qui tente de rapprocher les positions, le dialogue auquel chacun se dit disposé a-t-il encore une chance ?

– Avez-vous lu le document de compromis national du président Messaoud ? Si vous l’avez lu personnellement, vous comprenez bien que je sois, moi, secrétaire général de l’APP, convaincu de la valeur de cette initiative. Nous avons le plaisir d’y avoir associé un panel important de gens et de structures : association des maires, société civile dans son ensemble, patronat, centrales syndicales et, naturellement, tout le personnel politique. A l’heure où je vous parle, personne n’a dit qu’il n’est pas d’accord pour le dialogue. Mais le dialogue ne se déroule pas dans la rue, il faut que les partenaires trouvent un agenda, puissent s’asseoir, se parler et arriver à des compromis nécessaires. C’est la position de Messaoud Ould Boulkheïr, moi-même et notre parti. Nous ne sommes pas pressés, nous sommes convaincus que le dialogue est incontournable, dans les conditions actuelles du pays, si l’on veut aller en paix, vers des élections inclusives et justes. Et là, nous, nous posons notre condition. Il faut que le recensement soit revu, parce que l’enrôlement n’est pas réalisé correctement. Ni à l’intérieur du pays ni, surtout, à l’étranger. Nous voulons que les Mauritaniens de l’intérieur, comme les Mauritaniens de l’étranger, participent à ces élections. C’est leur droit fondamental. Nous pensons qu’il ne faut priver aucun mauritanien, où qu’il se trouve, de ses droits. Le recensement est mal fait, il y a des blocages qu’il faut lever rapidement, avant le recensement à vocation électorale (RAVEL) et disponibiliser les cartes d’identité à temps. Il y a trop des gens recensés depuis longtemps qui attendent encore leur carte d’identité  et l’on entend dire, comme je l’ai lu dans une interview ce matin même, que les cartes produites et distribuées ont rapporté 2,5 milliards d’ouguiyas. Mais ce n’est pas une opération commerciale ! Ce n’est pas une affaire, c’est un travail citoyen, c’est un travail politique. Il faut permettre à tous les Mauritaniens de se faire recenser et de participer régulièrement aux élections. Nous, c’est le préalable que nous posons à tout. Le reste, nous pensons que c’est à la classe politique, quand elle va s’asseoir autour d’une table, de trouver un compromis – il est nécessaire – et d’apporter des solutions apaisantes pour le pays.

– En dépit des manœuvres et publications, par les protagonistes, de leur vision sur les élections, le facilitateur qu’est  le président Messaoud  garde un silence troublant, pour la classe politique. Vous qui l’approchez, pouvez-vous dire, à l’opinion qui  guette sa sortie, dans quel état d’esprit il est aujourd’hui ; en bref, qu’est-ce qu’il mijote ?

– Je vous remercie. Je pense, comme je l’ai toujours dit, que nos collègues les journalistes sont trop pressés. Comment le président Messaoud peut-il lancer une initiative aussi importante, audacieuse et compliquée – parce que faire s’asseoir, autour d’une même table, la COD, la CMP et la CAP, discuter et arriver à compromis n’est pas chose aisée – sans prendre le temps que cela doit prendre ? Il faut donner du temps au temps.

– Mais il y a des élections qui approchent à grands pas ?

– Nous pensons, justement, qu’il ne revenait pas à la CENI de fixer, de manière unilatérale, la date des élections. La CENI doit faire preuve de sagesse, suivre l’évolution de la scène politique, les tractations et opérations en cours, comprendre, en définitive, vers quoi se dirige la classe politique et non pas fixer, comme ça, de manière unilatérale, la date, imposer un calendrier… Non, ce n’est pas dans ses prérogatives ; non, ce n’est pas son rôle. Son rôle, c’est de s’assurer que l’ensemble des conditions politiques, civiles et techniques sont remplies, pour fixer la date. Nous pensons que nous en sommes loin, surtout au plan politique.

– La COD a choisi, depuis quelque temps, d’accabler le pouvoir qu’il accuse de transformer la Mauritanie en narco-Etat. Ne pensez-vous pas que son attitude perturbe le climat de dialogue ? 

– Monsieur Dalay Lam, je vis, comme vous, cette atmosphère pénible, je suis plus ou moins informé que les gens de la COD mais je suis, en tout cas, de ceux qui n’aiment pas jeter de l’huile sur le feu. Quand on veut négocier, on doit s’abstenir de raviver les flammes. Sinon, on a vu, autour de nous, au Mali, dans tout le Sahel et jusqu’au golfe de Guinée, ce qui peut résulter d’une telle attitude. Nous ne sommes pas des boute-au-feu, bien au contraire, nous voulons la paix et nous nous efforçons d’apaiser la tension.

– Pour autant, le pouvoir peut-il faire fi des revendications de l’opposition,  relatives aux garanties de transparence des élections ?

– Bon, les boute-au-feu ne viennent pas d’un seul côté. Nous l’avons déploré et le président Messaoud l’a dit au président Aziz, nous l’avons dit en maintes interviews : nous estimons que le rôle du président de la République est de rassembler tous les Mauritaniens, rassembler l’ensemble de la classe politique mauritanienne, afin de parvenir aux indispensables compromis pour aller à des élections pacifiques, inclusives et transparentes ; mettre, en suivant, le pays sur les rails, comme le prévoit les négociations antérieures. Tout le monde sait qu’en matière de démocratie, nous en sommes au tout début. Le devoir nous commande patience et négociation. Pour le moment, nous demandons, aux uns et aux autres, de nous aider à trouver un agenda consensuel, pour que s’ouvre, le plus rapidement possible, les négociations vers la sortie de crise.

– Le président de la République vient de désigner le général Negri pour commander les troupes mauritaniennes qui seront envoyées au Mali. Qu’en pensez-vous ?

– Je pense que ce qui se passe au Mali, c’est, d’abord, une crise de la zone sahélienne. La Mauritanie est directement concernée par la recherche de la paix et la sortie de crise dans ce pays voisin et frère, tel que le souhaite l’ensemble des pays africains et de la sous-région. La Mauritanie doit être le porte-drapeau de cette initiative-là, aller sur le terrain, pour contribuer à la réconciliation entre les Maliens. Certes, nous avons accueilli le MNLA chez nous, en Mauritanie, mais nous ne devons pas être partie prenante, ni pour le MNLA, ni pour le gouvernement malien. Nous devons respecter et l’intégrité territoriale du Mali et la nôtre propre, parce que, qui dit intégrité territoriale du Mali pense aux débordements éventuels. Quant à la spécificité de votre question, je pense que le général Negri sera à la hauteur, parmi ses pairs, pour contenir et cantonner les protagonistes, éviter des débordements et des massacres ; veiller à la paix et à la souveraineté du Mali. Je crois que, sur ce plan, la Mauritanie a un grand rôle – peut-être même, le premier – à jouer.

– L’Alliance Patriotique a, dans une sortie récente, dénoncé l’« achat des consciences », alors même que la campagne n’a pas commencé. N’est-ce pas inquiétant ?

– Si, il y a des choses qui nous inquiètent, j’aurais dû le dire tout de suite. J’ai évoqué, tantôt, les difficultés que les citoyens éprouvent pour se faire recenser et il y a des gens qui en profitent pour acheter des consciences. Avec les lenteurs dans le retrait des cartes, pour les citoyens déjà recensés, ça laisse de la place, à certains politiciens ou à des commerçants, je ne sais pas, qui les conduit à distribuer de l’argent aux citoyens démunis – par exemple, une famille de dix à quinze personnes qui peinent à mobiliser le montant nécessaire pour retirer leurs cartes. Les irrégularités constatées, dans le recensement, la distribution des cartes d’identité et des passeports, ont ouvert la voie au commerce que nous dénonçons. Nous pensons que l’état-civil doit jouer son rôle et ce n’est, évidemment pas, une fonction commerçante, alors que l’agence se glorifie d’avoir récupéré 2,5 milliards d’ouguiyas. C’est surprenant. Ses responsables disent même que l’argent récolté pourrait déjà rembourser le coût du projet et de l’administration. On parle de quoi, là ? D’un service public ou d’un business ? Comme je l’ai dit, le rôle de l’état-civil, c’est un devoir citoyen, c’est à-dire, garantir, à tous les nationaux mauritaniens, d’avoir des pièces d’identité pour pouvoir se déplacer et voter, dans des conditions sécurisées. Oui, il y a grand commerce et nous le dénonçons.

– A votre avis, d’où vient-il, ce commerce ?

– Il vient du côté des gens qui y ont intérêt. Des gens qui ont de l’argent, les gens qui veulent transformer la politique – une affaire d’idéal et de programme qu’ils n’ont pas – en une affaire de sous. Nous ne faisons pas partie de cette catégorie et nous dénonçons ces pratiques qui n’ont rien à avoir avec la politique.

Propos recueillis par Dalay Lam


Source: Le Calame

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