Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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Bal d’hypocrites pour Mandela : quand l’Occident soutenait Pretoria

L’avalanche d’hommages déjà prêts à Nelson Mandela est certes méritée par la personnalité, le sacrifice, et la vie du grand leader sud-africain. Mais elle pourrait laisser croire que tout le monde l’a toujours adoré, et qu’il n’aurait donc été victime que d’une poignée d’extrémistes blancs isolés au bout de l’Afrique.


Nelson Mandela et sa femme Winnie le jour de sa libération, le 11 février 1990 (ALEXANDER JOE / FILES / AFP)

Nelson Mandela et sa femme Winnie le jour de sa libération, le 11 février 1990 (ALEXANDER JOE / FILES / AFP)

 

 

La réalité est bien différente. Pour l’essentiel de sa vie politique, Nelson Mandela a été considéré comme un homme dangereux par le monde occidental, y compris par certains des signataires des communiqués enflammés prêts dans toutes les capitales.
 
La polémique autour de l’attitude de Jean-Marie Le Pen, provoquée par la réécriture de l’histoire par sa fille sur France Inter, pourrait là aussi laisser penser qu’il était seul dans ce cas. Il n’était que le plus franc, y compris quand le qualificatif de « terroriste » n’était plus de mise pour le futur prix Nobel de la paix…
 
Du coté de l’apartheid
 
L’histoire est pourtant cruelle. L’ensemble du monde occidental a été du côté du pouvoir blanc sud-africain pendant plusieurs décennies, jusqu’à ce que le soulèvement de la jeunesse noire, à Soweto en juin 1976, ne finisse par lézarder ce consensus, qui ne prendra véritablement fin qu’à la fin de la guerre froide, en 1989.
 
La condamnation morale de l’apartheid, et même l’exclusion de l’Afrique du Sud du Commonwealth après le massacre de Sharpeville en 1960, prélude à l’emprisonnement de Nelson Mandela en 1962, aura finalement pesé moins lourd que les considérations géopolitiques. Pas surprenant, mais peut-être faut-il quand même le rappeler, au lieu de s’abriter derrière un consensus très récent.
 
Dans les années 60 et 70, l’Afrique du Sud était considérée par les stratèges de l’Otan comme un pion essentiel à la fois pour le contrôle de la route maritime du Cap empruntée par les supertankers de l’époque, et comme source de certains minerais vitaux pour l’industrie de défense.
 
L’appartenance à l’Otan du Portugal de la dictature Salazar, engagée dès les années 60 dans des guerres interminables dans ses colonies d’Angola et du Mozambique, renforçait cette appartenance officieuse du pouvoir minoritaire blanc de Pretoria au « front anticommuniste ».
 
A Silvermine, dans la péninsule du Cap, l’armée sud-africaine avait installé dans un bunker une station d’écoute et de surveillance des mers du sud, dont les informations étaient transmises aux services de renseignement occidentaux. Les informations allaient dans les deux sens, et c’est sur un tuyau de la CIA que Nelson Mandela aurait été arrêté une première fois.
 
Complicités françaises
 
La France a elle aussi collaboré étroitement avec le régime de l’apartheid. Elle a vendu à l’Afrique du Sud sa première centrale nucléaire dans les années 70, au risque de contribuer à la prolifération militaire à laquelle Pretoria a officiellement mis un terme à la fin de la domination blanche.
 
En 1976, alors que j’étais correspondant de l’AFP à Johannesburg, l’ambassade de France n’ayant aucun contact à Soweto et craignant de déplaire au gouvernement de Pretoria, me demandait si j’acceptais d’organiser un dîner chez moi pour qu’un émissaire du Quai d’Orsay puisse rencontrer le docteur Ntatho Motlana, représentant personnel de Winnie Mandela, l’épouse du leader emprisonné.
 
Le Congrès national africain (ANC) dont les principaux dirigeants croupissaient en prison à Robben Island, était bien isolé… Dans les années 70, lorsque des délégations du mouvement de libération, conduites par son responsable international, le futur président Thabo Mbeki, passait par Paris, il habitait dans la chambre de bonnes d’un ami marocain, et était royalement ignoré par le gouvernement.
 
Chirac et la « troisième voie »
 
Plus tard, au début des années 80, lorsque la situation à l’intérieur de l’Afrique du Sud est devenue quasi insurrectionnelle, la droite française a participé au stratagème de Pretoria de favoriser une « troisième voie » en la personne du chef zoulou Gatsha Buthelezi, un Noir « présentable ».
 
Alors que ses miliciens s’en prenaient aux partisans de l’ANC à coups de machettes, Buthelezi était officiellement reçu par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, et, en France, par Jacques Chirac alors maire de Paris (les photos sont exposées dans le salon de Buthelezi au Kwazulu-Natal).
 
Au même moment, Laurent Fabius, alors Premier ministre, imposait les premières vraies sanctions françaises et retirait l’ambassadeur de France à Pretoria.
 
Il faudra la révolte des Noirs d’Afrique du Sud, la chute du mur de Berlin et un puissant mouvement d’opinion dans le monde entier, pour que les dirigeants occidentaux changent d’attitude, et poussent le régime de l’apartheid à libérer Mandela et à négocier.
 
Le consensus d’aujourd’hui autour de Nelson Mandela ne doit pas faire oublier les errements criminels d’hier qui ont contribué à le laisser plus d’un quart de siècle en prison, et à prolonger la durée de vie du système inique de l’apartheid.
 
Il est plus facile de faire croire qu’on a toujours été du côté du « bien » contre le « mal » que de s’interroger sur les raisonnements fallacieux qui ont poussé la « patrie des droits de l’homme » et les autres défenseurs de la démocratie à rester aussi longtemps complices d’un système basé sur un déni d’humanité.
 
La disparition d’un géant de l’histoire devrait pourtant être le moment de regarder objectivement le passé.

Pierre Haski
rue89.com

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Communiqué de Touche pas à ma nationalité

altLe 30 juin 2011, Touche pas à ma nationalité se faisait connaître des mauritaniens en organisant sa toute première sortie devant le centre d’accueil du citoyen de Sebkha, transformé en l’occurrence en centre de rejet des citoyens noirs, pour dénoncer le caractère raciste et discriminatoire de l’opération d’enrôlement initiée par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz. Deux ans plus tard, la volonté d’exclusion systématique des populations noires des registres de l’état-civil mauritanien ne s »est jamais démenti. Au contraire, ce que l’on peut qualifier de génocide biométrique prend de jour en jour une tournure plus dramatique.

A l’intérieur du pays, le centre de Sebkha s’érige aujourd’hui encore en symbole de cet enrôlement raciste à travers les agissements de son chef, chassé de Bababé par des populations exaspérées de ses pratiques éhontées. A l’extérieur du pays, c’est le centre ouvert à l’ambassade de Mauritanie à Paris à l’intention des mauritaniens vivants en Europe qui remporte la palme de l’exclusion. Il est en effet en passe de transformer l’essentiel de la diaspora noire mauritanienne installée sur ce continent en apatrides par le truchement de l’exigence d’une carte de séjour du pays d’accueil.

La gravité de la situation a conduit Touche pas à ma nationalité à investir le centre d’enrôlement de Sebkha qui cristallise les tensions ce jeudi 27 juin 2013 et à y empêcher toute activité entre 1O et 13 heures pour mettre les autorités devant leurs responsabilités et leur rappeler le danger que cet enrôlement raciste représente pour notre pays.

Touche pas à ma nationalité rappelle le droit inaliénable de tous les citoyens à l’enrôlement et à l’accès aux pièces de l’état-civil dans des conditions de décence et de dignité. Nous exigeons donc l’arrêt de tous les obstacles à l’enrôlement de la composante noire, obstacles symbolisés par la carte blanche donnée au chef du centre de Sebkha et par l »exigence de la carte de séjour pour nos compatriotes installés en Europe.

Nous en appelons à nos militants, sympathisants et à tous les mauritaniens épris de paix et de justice à se mobiliser pour que les noirs de Mauritanie sortent définitivement du carcan de citoyens de seconde zone dans lequel le système raciste et esclavagiste cherche à les confiner.

Touche pas à ma nationalité annonce d’ores et déjà une série de sit-in devant le centre de Sebkha à partir de ce dimanche 30 juin 2013 à 10 heures pour exiger la révocation du chef du centre.

Pour la coordination,

Alassane Dia

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Communiqué de Touche pas à ma nationalité

Le 30 juin 2011, Touche pas à ma nationalité se faisait connaître des mauritaniens en organisant sa toute première sortie devant le centre d’accueil du citoyen de Sebkha, transformé en l’occurrence en centre de rejet des citoyens noirs, pour dénoncer le caractère raciste et discriminatoire de l’opération d’enrôlement initiée par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz. Deux ans plus tard, la volonté d’exclusion systématique des populations noires des registres de l’état-civil mauritanien ne s »est jamais démenti. Au contraire, ce que l’on peut qualifier de génocide biométrique prend de jour en jour une tournure plus dramatique.

A l’intérieur du pays, le centre de Sebkha s’érige aujourd’hui encore en symbole de cet enrôlement raciste à travers les agissements de son chef, chassé de Bababé par des populations exaspérées de ses pratiques éhontées. A l’extérieur du pays, c’est le centre ouvert à l’ambassade de Mauritanie à Paris à l’intention des mauritaniens vivants en Europe qui remporte la palme de l’exclusion. Il est en effet en passe de transformer l’essentiel de la diaspora noire mauritanienne installée sur ce continent en apatrides par le truchement de l’exigence d’une carte de séjour du pays d’accueil.

La gravité de la situation a conduit Touche pas à ma nationalité à investir le centre d’enrôlement de Sebkha qui cristallise les tensions ce jeudi 27 juin 2013 et à y empêcher toute activité entre 1O et 13 heures pour mettre les autorités devant leurs responsabilités et leur rappeler le danger que cet enrôlement raciste représente pour notre pays.

Touche pas à ma nationalité rappelle le droit inaliénable de tous les citoyens à l’enrôlement et à l’accès aux pièces de l’état-civil dans des conditions de décence et de dignité. Nous exigeons donc l’arrêt de tous les obstacles à l’enrôlement de la composante noire, obstacles symbolisés par la carte blanche donnée au chef du centre de Sebkha et par l »exigence de la carte de séjour pour nos compatriotes installés en Europe.

Nous en appelons à nos militants, sympathisants et à tous les mauritaniens épris de paix et de justice à se mobiliser pour que les noirs de Mauritanie sortent définitivement du carcan de citoyens de seconde zone dans lequel le système raciste et esclavagiste cherche à les confiner.

Touche pas à ma nationalité annonce d’ores et déjà une série de sit-in devant le centre de Sebkha à partir de ce dimanche 30 juin 2013 à 10 heures pour exiger la révocation du chef du centre.

Pour la coordination,

Alassane Dia

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la lettre adressée par Bousso Dramé aux autorités consulaires et diplomatiques françaises.

altA Son Excellence, Monsieur le Consul Général,

A Monsieur le Directeur de l’Institut Français du Sénégal,

Mon nom est Bousso Dramé et je suis une citoyenne sénégalaise qui, en ce jour, a décidé de prendre sa plume pour porter haut et fort un message me tenant particulièrement à cœur.

Par intérêt pour la langue de Molière, j’ai décidé de participer en Avril dernier, au Concours National d’Orthographe 2013, organisé par l’Institut Français, dans le cadre des Prix de la Francophonie. Le concours a réuni quelques centaines de candidats, âgés de 18 à 35 ans dans les Instituts Français de Dakar et de Saint-Louis ainsi que les Alliances Françaises de Kaolack et de Ziguinchor. A la suite de joutes portant sur un extrait de L’Art Français de la Guerre d’Alexis Jenni, Prix Goncourt 2011, j’ai eu l’honneur d’être primée Lauréate dudit Concours. A ce titre, un billet d’avion Dakar-Paris-Dakar et une formation CultureLab en réalisation de film documentaire au Centre Albert Schweitzer m’ont été octroyés.

Durant ma petite vie, je n’ai eu de cesse, tout en étant ouverte sur le monde dont je suis une citoyenne, de défendre ma fierté d’être noire et africaine. Il va sans dire que je crois résolument à l’avenir radieux de ma chère Afrique. Je suis également d’avis qu’il est impératif que les préjugés qui ont prévalu au sujet des Africains et de l’Afrique, du fait du passé colonial et de la situation contemporaine difficile de ce continent, soient révolus. Il est temps que les Africains se respectent eux-mêmes et exigent d’être respectés par les autres. Cette vision d’une Afrique généreuse et ouverte, certes, mais fière et ferme dans l’exigence du respect qu’on lui doit et qu’on ne lui a que trop longtemps refusé est une conviction forte qui me porte et me transporte, littéralement.

Cependant, durant mes nombreuses interactions avec, d’une part,  certains membres du personnel de l’Institut Français, et, d’autre part, des agents du Consulat de France, j’ai eu à faire face à des attitudes et propos condescendants, insidieux, sournois et vexatoires. Pas une fois, ni deux fois, mais bien plusieurs fois! Ces attitudes, j’ai vraiment essayé de les ignorer mais l’accueil exécrable dont le Consulat de France a fait montre à mon égard (et à celui de la majorité de Sénégalais demandeurs de visas) a été la goutte d’eau de trop, dans un vase, hélas, déjà plein à ras bord.

En personne authentique qui ne sait pas tricher, une décision difficile mais nécessaire s’est naturellement imposée à moi. Un voyage tous frais payés, fut-il le plus beau et le plus enchanteur au monde, ne mérite pas que mes compatriotes et moi souffrions de tels agissements de la part du Consulat de France. Une formation aussi passionnante soit-elle, et Dieu sait que celle-ci m’intéresse vraiment, ne vaut pas la peine de subir ces attitudes qu’on retrouve malheureusement à grande échelle sous les cieux africains. Par souci de cohérence avec mon système de valeurs, j’ai, donc, pris la décision de renoncer, malgré l’obtention du visa.

Renoncer pour le symbole.

Renoncer au nom de tous ces milliers de Sénégalais qui méritent le respect, un respect qu’on leur refuse au sein de ces représentations de la France, en terre sénégalaise, qui plus est.

Cette décision n’est pas une sanction contre des individualités, mais contre un système généralisé qui, malgré les dénégations de mes concitoyens, semble ne pas avoir l’intention de se remettre en cause.

Par ailleurs, je trouve particulièrement ironique que l’intitulé partiel de la formation à laquelle je ne prendrai pas part soit : « La France est-elle toujours la Patrie de Droits de l’homme. Jusqu’à quel point les Français sont-ils des citoyens d’Europe, du monde? » Cela aurait, sans aucun doute, fait un intéressant sujet de documentaire vu d’une perspective africaine et j’espère, avoir l’occasion, par d’autres voies et moyens, de participer à une future formation CultureLab.

Je tiens à remercier, l’Institut Français tout de même, pour l’initiative de ce concours, qui, à mon avis mériterait de continuer à exister, voire se tenir à fréquence plus régulière et ce, pour stimuler l’émulation intellectuelle entre jeunes Sénégalais et pour le plaisir des amoureux de la langue française, dont je fais partie.

Madame la Préposée au Guichet du Consulat de France – je ne connais pas votre nom, mais je vous dis au sujet de ce visa dont je ne me servirai pas : Non, merci.

Fièrement, sincèrement et Africainement vôtre.

 

Source: Seneweb

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Sénégal : elle refuse un visa pour la France plutôt que d’être “traitée comme une moins que rien”

Bousso Dramé, lauréate du concours d’orthographe organisé par l’Institut français de Dakar, a refusé de participer à un voyage en France pour suivre une formation à laquelle son prix lui donnait droit. Indignée, elle explique son geste et les raisons de sa colère.

Bousso Dramé, lauréate du concours d'orthographe de l'Institut français de Dakar. © DR

Bousso Dramé, lauréate du concours d’orthographe de l’Institut français de Dakar. © DR

 

 

 
C’est le geste symbolique d’une Africaine indignée. En avril, Bousso Dramé remportait le concours d’orthographe organisé par l’Institut français de Dakar dans le cadre de la semaine de la Francophonie. Le 27 juin, en guise de récompense, la lauréate devait se rendre en France pour y suivre une formation en réalisation de films documentaires. Mais au lendemain de l’obtention de son visa, la jeune consultante a décidé de renoncer à séjour en signe de protestation.
 
Elle s’en explique dans une lettre ouverte adressée au consul général de France et au directeur de l’Institut français, qu’elle vient de publier sur Internet : « Durant mes nombreuses interactions avec, d’une part, certains membres du personnel de l’Institut Français, et, d’autre part, des agents du Consulat de France, j’ai eu à faire face à des attitudes et propos condescendants, insidieux, sournois et vexatoires. »
 
Le consul général de France à Dakar, Alain Jouret, se dit quant à lui « désolé » d’apprendre la mésaventure de Bousso Dramé, non sans préciser qu’il lui eût semblé préférable de prendre contact avec ses services afin de tirer la situation au clair avant de prendre sa décision.
 
Comment s’est passée la rencontre visant à préparer le voyage ?
 
On nous a expliqué comment allaient se dérouler le séjour et la formation. Ce qui m’a frappée, c’est que notre interlocutrice formulait avec insistance des recommandations infantilisantes : nous devions bien nous comporter et veiller à véhiculer une bonne image, car nous étions en quelque sorte les représentants de l’Institut français du Sénégal… En substance, elle nous demandait de bien nous tenir pendant ce séjour. Je n’ai pas apprécié cette attitude paternaliste.
 
L’objet de ce voyage c’est de suivre une formation, pas de faire du tourisme et de profiter de la France.
 
Y a-t-il eu d’autres réflexions qui vous aient choquée ?
 
Oui. On nous a précisé que nous allions recevoir un per diem extrêmement généreux, tout en nous mettant en garde : « Faites attention, vous allez être tentés par le shopping, il y a beaucoup de choses à acheter à Paris. Et surtout, gardez-vous de tout dépenser et de laisser une note impayée à l’auberge de jeunesse sinon vous empêcheriez les futurs candidats de bénéficier de cette opportunité ! »
 
Ensuite, on nous a expliqué que la formation prendrait fin le 11 juillet et que nous rentrerions à Dakar dès le lendemain, sans même une journée de battement. Étant donné que j’ai de la famille et des amis en France, j’ai souhaité étendre mon séjour de trois jours, en prenant tous les frais à ma charge. Je les ai senties très frileuses, prétextant que ce serait impossible, que l’ambassade soupçonnerait que je compte rester en France illégalement. Là aussi, on m’a rétorqué : « Vous savez, personne n’a le profil-type d’un immigré clandestin », ce que j’ai trouvé insultant. « Mademoiselle, l’objet de ce voyage c’est de suivre une formation, pas de faire du tourisme et de profiter de la France », m’a-t-on rétorqué. Il m’a fallu énoncer par écrit que j’étais prête à renoncer au voyage pour obtenir gain de cause.
 
Pourquoi, dans ce cas, avez-vous annulé votre séjour ?
 
Lorsque je me suis rendue au consulat de France pour déposer mon dossier de demande de visa, et une autre fois pour récupérer mon passeport, j’ai été reçue par une guichetière extrêmement désagréable. Quand j’ai fini par lui faire remarquer qu’elle ne respectait pas la plus élémentaire courtoisie, elle m’a répondu qu’elle n’était pas payée pour être courtoise ni pour distribuer des sourires. Je lui alors expliqué qu’aujourd’hui, à cause de ce genre d’attitudes, l’image de la France se trouvait écornée en Afrique, particulièrement chez nous.  « Que vous me trouviez désagréable ou pas, cela importe très peu », m’a-t-elle répondu. J’étais très en colère et le ton est monté au point qu’un garde sénégalais est même venu m’extirper de la cabine. En quittant l’ambassade, j’ai décidé, le cœur lourd, de renoncer à ce voyage.
 
Quel message entendez-vous faire passer en prenant cette décision ?
 
Si le prix à payer pour bénéficier de cette formation est d’être traitée comme une moins que rien, je préfère renoncer à ce privilège dans sa totalité. Subir une telle attitude dans mon propre pays est quelque chose que je ne peux accepter sans réagir. J’ai aussi voulu poser un acte symbolique pour mes frères et soeurs sénégalais qui, tous les jours, se font écraser dans les ambassades de la zone Schengen.
 
Je veux espérer que ma décision fera réfléchir les autorités consulaires des différents pays qui adoptent ce type d’attitude à l’égard des Sénégalais, nous traitant comme des voleurs ou des clandestins en puissance.
 
Source: JA

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