Le même scénario devra se reproduire incessamment au niveau de la communauté urbaine de Nouakchott (CUN, objet de mille et une convoitises de l’Union Pour la République, le parti au pouvoir et la formation d’obédience islamiste Tawassoul .
Si pour le Sénat, l’actuelle configuration à de fortes chances de rester inchangée jusqu’au prochain renouvellement partiel ou intégral de cette haute chambre, tel n’est pas le cas pour l’hémicycle basse, dont les nouveaux hauts responsables devront être installés cette semaine, à l’occasion de cette réunion extraordinaire de l’Assemblée nationale.
Un agenda électoral purement interne qui risque de ne pas faire exception à la sacrosainte règle qui a marqué cette chambre basse depuis ces dernières années, profondément marquée par des compromis et des compromissions autour de ses postes de haute responsabilité notamment pour sa présidence, qui pourrait paradoxalement échapper à qui de droit, conduisant la majorité à s’effacer devant la politique des petits nombres .
L’Union pour la République (UPR), le parti présidentiel, a obtenu la majorité absolue des sièges à l’Assemblée nationale, selon les résultats officiels des élections législatives annoncées en décembre dernier ; demeurées également inchangées suite aux scores des élections reportées à janvier.
L’UPR a obtenu 76 députés des 147 sièges de l’Assemblée nationale et, avec ses alliés d’une douzaine de petits partis, totalise 110 sièges. L’opposition obtient par contre 37 sièges, dont 16 pour les islamistes du parti Tewassoul, talonné respectivement par El Wiam et l’APP.
Cette configuration confère naturellement la présidence de la future Assemblée nationale à l’UPR, notamment à l’une de trois grandes personnalités jouissant de l’appui et de la confiance du Président de la République pour hériter cette très haute fonction de la pyramide Etat, en l’occurrence le leader du parti au pouvoir Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine, sinon l’ex ministre de l’intérieur et de la décentralisation Mohamed Ould Boilil, le cas échéant le député élu d’Atar Sidi Mohamed Ould Maham, s’il démissionne à temps de la présidence de la Haute Cour de justice.
Mais, la ferme volonté de l’UPR de mettre main basse sur la présidence de la Communauté urbaine de Nouakchott , très convoitée par les islamistes avec un nombre de conseillers quasiment proche de celui détenu par l’UPR, ainsi que pour assurer la majorité dans d’autres situations interpellant des appuis extérieurs au parti, notamment de l’APP et d’El Wiam, deux grandes formations de l’opposition centriste, ont conduit le parti au pouvoir à prospecter des compromis voire des compromissions pour prendre les devants à toutes les occasions.
A ce propos, des sources généralement bien informées parlent des tractations discrètes menées par l’UPR dont cette réunion organisée le week-end dernier, pour se concerter sur les mesures en perspective de cette session extraordinaire du parlement pour élire de manière générale leurs députés aux futures instances dirigeantes de cette chambre basse.
Une ambition qui ne semble pas se généraliser à l’Assemblée nationale, puisque l’UPR compte plutôt soutenir par effraction la candidature du député réélu Messaoud Ould Boulkheir à la tête de cette hémicycle parlementaire, quoique le parti de ce dernier soit coté à la quatrième position politique en terme de représentativité au sein cette chambre parlementaire.
Un scénario qui n’est pas nouveau, puisque Ould Boulkheir, non majoritaire aux élections législatives de 2006, avait été élu à l’époque à la présidence de l’Assemblée nationale moyennant son soutien du camp militaire soutenant Ould Cheikh Abdallahi de l’époque opposé au pôle des civils dirigé par le président du Rfd Ahmed Ould Daddah.
Il s’agit de l’axiome de compromis et de compromissions politiques ou jouant à la politique du « donnant-donnant », certaines forces politiques, par souci de mettre main basse sur certaines hautes fonctions éligibles, recourent à ces alliances et contre alliances pour renforcer leur domination et assoir leur pouvoir.
Autrement dit, en cherchant à arracher coute-que-coute vaille-que-vaille la présidence de la CUN, l’UPR, presque assuré du soutien des députés d’El Wiam, a besoin de celui de certains députés opposants dont l’APP, laquelle convaincue de son poids, joue à la surenchère pour obtenir le plus gros prix soit la présidence de l’Assemblée nationale.
C’est d’autant vrai, que le parti de Ould Boulkheir réaffirme avoir des rapports amicaux avec Tawassoul, d’où la grande prudence de l’UPR de se faire avoir en essayant d’avoir le beurre et l’argent du beurre dans le futur système Etat globalement dominé par un parti au pouvoir s’étant périodiquement montré peu scrupuleux en matière de respect des engagements.
Source: Tempsforts
La famille éplorée de feu Habib Haidara sauvagement assassiné le jeudi 23 janvier 2014 par Sidi Ould Ahmed Salem au centre d’accueil des mineurs d’El Mina demande aux autorités judiciaires une nouvelle enquête qui permettra de connaître les conditions et les dessous de cette tragédie. Selon la famille, le jeune Habib n’a pas pu atteindre l’hôpital vivant à cause de la profondeur du coup que le tueur lui a asséné avec une arme blanche. Dans une déclaration faite au Calame, Khadjettou Kane, la mère de feu Habib Haidara se demande comment l’arme du crime a pu être introduite au centre et demande aux autorités judiciaires de procéder à une nouvelle enquête afin de déterminer les véritables conditions ayant entouré la mort de son enfant de seize ans. Selon elle, celles-ci suscitent toutes sortes d’interrogations et de doute. Les informations fournies par la direction du centre sont loin de la convaincre. Selon la maman affligée, la famille de son défunt fils fait porter l’entière responsabilité de sa mort à la direction du centre et au criminel qui n’est pas du tout mineur. Selon Khadjettou Kane, la famille disposerait d’informations selon lesquelles, l’assassin de leur fils séjournait à la prison de Dar Naim condamné pour meurtre avant de rejoindre le centre. Ce qui prouve qu’il n’est pas du tout mineur. Seulement de fortes interventions de personnalités très influentes auraient permis son extraction et son transfert à la prison des Salafistes avant de l’envoyer au centre d’accueil des mineurs d’El Mina. Malgré que la direction ait écrit une lettre aux services normalement concernés signalant que le présumé n’est pas mineur et qu’il faille le faire quitter le centre, la correspondance n’a pas eu de suite. Ce qui eut pour conséquence l’assassinat de sang froid d’un paisible enfant de 16 ans. Ainsi poursuit Khadjettou Kane : « Nous demandons avec insistance la réouverture de l’enquête afin de déterminer les conditions et les dessous de la mort tragique de notre enfant et la condamnation ferme de son assassin ».
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