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Mauritanie : Ould Aziz officialise l’expropriation des terres de la vallée
Le conseil des ministres a finalement présenté cette semaine un projet de loi portant cession définitive de terrains à usage agricole dans les Wilaya du Trarza et du gorgol au profit de certains promoteurs. Une décision qui intervient après des années de protestation des populations concernées, des mouvements citoyens et ONG nationales des droits de l’homme ainsi que l’opposition mauritanienne et des partis politiques négro mauritaniens contre l’expropriation des terres dans les régions du Sud du pays. Pour les observateurs ce coup-ci de façon officielle confirme le bradage de l’agriculture au profit de l’agro-business des étrangers. Cela ressemble à une guerre déclarée contre les rapatriés du Sénégal disséminés dans cette partie utile de la Mauritanie.
La décision du conseil de ministre cette semaine à Nouakchott relative à la cession définitive de terrains à usage agricole dans les régions du Trarza et du Gorgol au Sud du pays au profit de promoteurs nationaux et étrangers provoque la consternation principalement parmi les mouvements citoyens , les ONG nationaux des droits de l’homme, l’opposition et partis politiques négro mauritaniens dont le nouveau parti les FPC ex-FLAM qui ont protesté pendant des années cette expropriation des terres de la vallée. En première ligne les populations concernées dont une partie sous la houlette de leurs représentants ont même manifesté dans la capitale pour attirer l’attention des autorités de Nouakchott sur certaines exactions de l’administration locale. Parmi ces oubliés de la République les rapatriés du Sénégal qui continuent de réclamer leurs terres suite aux événements de 89. Cette réponse officielle après plusieurs années de protestation ressemble fort à un coup d’arrêt au processus du règlement du passif humanitaire. Ould Aziz cherchait depuis son premier quinquennat le calendrier opportun pour faire avaler cette pilule amère aux populations noires. Ce projet très sensible est un prétexte pour camoufler une nouvelle politique d’autosuffisance alimentaire pour satisfaire des investisseurs étrangers et des nationaux proches du régime. Ce coup-ci de façon officielle confirme la politique de bradage des terres de la vallée engagé par le président mauritanien depuis juillet 2009 et cela pourrait attiser des tensions inter-communautaires. Face à une opinion généralement hostile à ce genre de décision impopulaire Ould Aziz court le risque de commencer son deuxième mandat par une négation même de l’unité nationale.
Yaya Cherif KANE.
Journaliste- Rouen-France.
Lutte contre l’esclavage : Non aux faux-semblants
SOS Esclaves– Du 14 au 15 septembre 2014, Le ministère des affaires islamiques et de l’enseignement originel a organisé une rencontre qu’il a dénommée « Forum scientifique » sur la contribution du département sur l’éradication des séquelles de l’esclavage.
Ayant appris l’organisation de cette rencontre par voie de presse alors qu’elle se trouvait à Néma dans le cadre d’une formation au profit des femmes sortant de l’esclavage, l’Organisation SOS-Esclaves tient à préciser ce qui suit :
• Le prétendu colloque scientifique à été organisé à l’insu et sans la participation des principaux acteurs directement concernés à savoir les représentants des victimes des pratiques esclavagistes et les organisations de défense des droits de l’homme, notamment SOS-Esclaves qui depuis des décennies se bat pour la libération des esclaves et leur rétablissement dans la plénitude de leurs droits économiques, sociaux et politiques.
• Comme à leur habitude, les autorités ont limité le champ dudit colloque aux seules séquelles de l’esclavage confirmant encore une fois le déni officiel de l’existence de l’esclavage en Mauritanie en dépit de la criminalisation donc de la reconnaissance des pratiques esclavagistes par la loi No 207-048 dont elles ont en charge l’application.
• Les conférenciers et les participants au « colloque » sont pour l’essentiel des Oulémas, Imams et responsables de Mahadras issus des couches sociales pratiquant ou ayant pratiqué l’esclavage sous diverses formes.
SOS-Esclaves tient à exprimer son indignation devant de telles approches qui prétendent éradiquer l’esclavage en excluant les victimes et les militants des droits de l’homme, car confier la lutte contre l’esclavage à ceux qui n’ont jamais démontré un engament réel à le combattre est le meilleur moyen d’enterrer ce combat.
Elle exige que cessent de telles pratiques et de tels faux semblants et demande fermement aux autorités de remplir leur mission constitutionnelle qui consiste à appliquer la loi 207-048 au lieu de tergiverser et de continuer à prendre des mesures de caractère cosmétique et dilatoire.
Elle appelle les victimes, les militants des droits de l’homme et l’ensemble du peuple mauritanien à accentuer leur pression pour que la loi soit effectivement appliquée et qu’enfin l’esclavage, les pratiques esclavagistes et toutes les injustices qui en découlent disparaissent à jamais de notre pays.
Boubacar Messaoud,
Président
Néma, Hodh Echarghi le 17 septembre 2014
Source: cridem
Pour la mémoire de Lamine Mangane
Pour honorer la mémoire de Lamine MANGANE, premier martyr du mouvement, froidement assassiné par les forces de répression du régime raciste et esclavagiste du Président Mohamed Ould Abdel Aziz, Touche pas à ma nationalité vous convie à deux événements majeurs. Un sit in sera organisé le jeudi 25 septembre 2014 à partir de 10 heures devant les locaux du ministère de la justice pour dénoncer l’impunité et exiger la traduction en justice des auteurs du crime. Il s’ensuivra un récital de coran pour le repos de l’âme de notre martyr le samedi 27 septembre à El Mina à la mosquée située à côté du Terrain Camara (non loin du carrefour Yéro SARR) après la prière d’Al Asr.
Nouakchott le 18/09/2014
La Cellule de Communication
Les noirs sont devenus les Roms du Maghreb
« Les noirs sont devenus les roms du Maghreb. » C’est par cette formule provocatrice, que le sénégalais Boubacar Seck dénonce le sort terrible réservé aux noirs dans les pays maghrébins.
L’Europe délocalise la gestion de ses frontières. Les responsables européens ne veulent plus voir à la une des journaux télévisés, des bateaux d’immigrants s’échouer sur les côtes de Lampedusa dans les conditions tragiques que l’on connait. Elle a donc confié au Maroc la mission de gérer le problème migratoire subsaharien. Le Maroc, étant le point de passage vers l’Europe, des milliers d’africains rejoignent le nord marocain dans l’espoir de passer du coté espagnol. Mais cette aventure périlleuse n’est pas sans risques. Et les dangers commencent à l’intérieur des frontières marocaines.
En effet, c’est au Maroc que les violences en séries à l’égard des populations subsahariennes sont les plus cruelles. De nombreuses agressions se déroulent sur le territoire marocain en toute impunité. La situation est bien connue de tous, mais les autorités semblent faire la sourde oreille et n’ont pas l’air de vouloir éradiquer ce racisme anti-noir.
Le 24 juillet 2013, c’est le drame avec l’assassinat du congolais Alex Toussaint Mianzoukouta, qui est jeté d’une fourgonnette de police en marche sur l’autoroute, alors que les forces de l’ordre marocaines le reconduisaient à la frontière. Quelques jours plus tard, c’est la jeune ivoirienne Tina Melon, mineure, qui est victime d’un viol collectif par quatre policiers. Un autre meurtre a lieu le 14 août de la même année à Rabat, lorsque trois coups de poignards viennent achever le jeune sénégalais Ismaila Faye, qui aurait refusé de céder sa place dans le bus à un marocain.
Toutes ces affaires ont suscité l’indignation dans le pays, et des marocains ont décidé de dire non au racisme. Un collectif regroupant onze organisations a donc vu le jour sous le nom « Papiers pour tous ». Ce collectif qui œuvre contre les discriminations a lancé une campagne choc avec pour slogan « Je ne m’appelle pas ‘Azzi. J’ai un nom. » ‘Azzi étant un terme péjoratif pour désigner le noir africain. En français, l’équivalent serait « nègre ».
Ces pays musulmans semblent faire abnégation de ce que l’islam enseigne sur la fraternité humaine. Le Coran est clair, les hadiths sont clairs et la contradiction avec nos textes n’en est que plus flagrante. Et continuer à ignorer ce problème ne le réglera certainement pas …
Source: http://havredesavoir.fr
Nomination à la Primature : Une autre facette de l’exclusivisme ethnique
Alors que l’unité nationale, le caractère multiethnique et culturel de la Mauritanie sont devenus depuis des années des thèmes porteurs, galvaudés dans tous les discours officiels, le partage des richesses et des postes de privilège semble cependant être circonscrit à une seule communauté.
Les dernières nominations à la Primature, et peu avant, à la tête des Secrétariats généraux des ministères indiquent clairement, que la Mauritanie appartient à une seule ethnie. Tous ceux qui dénoncent un tel état de fait courent le risque de la diabolisation sous les étiquettes «racistes» et «extrémistes».
Le Premier ministre entrant, Yahya Ould Hademine a nettoyé son écurie en amenant ses propres hommes après avoir renvoyé quelques figures vieillissantes que son prédécesseur avait laissées sur place.
De nouveaux chargés de mission et des conseillers viennent en effet d’être nommés à la Primature. Il s’agit de Marième Mint Tourad, Mohamed Mahmoud Ould Bousriya, Ahmed Salem Ould Mayabe, Nagi Ould Khattri, Aima Mint Salem Vall, Mohamed Yahya Ould Ahmed El Ghadhi, Hasni Ould Fghih, Isselmou Ould Meynouh, Ebaba Mint Abbad, Ahmed Ould Khteïra.
Des Ould et des Mint qui sonnent bien mauritaniens, pour une République exclusiviste où les autres composantes nationales doivent rester de simples sujets.
L’équipe du Premier ministre sortant, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf n’en était pourtant pas moins coloré, puisque certaines de ses éminences grises ont été remerciées par son remplaçant. Il s’agit entre autres de Isselmou Ould Sidi Moustaph, Mohamed Ould Khabaz, Aboubacar Ould Lemrabott et Yahya Ould Aly.
Toujours des Ould et des Mint qui viennent ainsi s’ajouter à une vingtaine d’autres Ould et Mint promus ministres dans un gouvernement à vingt-huit.
Plus récemment, des directeurs et des Secrétaires généraux ont été nommés parmi cette classe, dont les membres ont eu l’extrême privilège de naître Ould et Mint dans une République où cette particule, à condition d’être d’une bonne extraction, donne droit à toutes les exclusivités. Ainsi, un tel privilège a été accordé à Mohamed Ould Haïba, devenu DG du Port de Nouadhibou et président de l’Autorité de la Zone franche en remplacement de Ahmed Salem Ould El Arbi, projeté à la tête de la Somelec.
C’est au nom du même principe de classe que le capitaine de Vaisseaux, Ahmed Ould Sayed Ben Aouf, a été bombardé commandant de l’Académie navale, que Marième Mint El Mouvid, Mohamed Ould Ahmed Aida, Ahmed Ould Sidi Ould Edje, Khadijetou Mint Bouka, Lematt Mint Ownen, Khalil Ould Mehdi, Moyma Mint Dhehbi, Mokhtar Ould Hendi, M’Ayziza Mint Kerbaly, ont été promues ou maintenus comme Secrétaires généraux de ministères, ou directrice adjointe d’entités publiques.
Exception ! Une «Non Mint» en la personne de Aîda Niang a été casée dans un poste de directrice de cabinet. Sur plus de vingt postes de hauts fonctionnaires, Aida Niang est la seule représentante de la communauté négro-africaine, la seule qui n’appartient pas à la classe des privilèges, à être nommée dans cette dernière vague, comme si sa désignation n’avait en fin de compte pour finalité que d’éloigner le mauvais œil.
Mais pour les chauvins, ceux qui ne rêvent que d’une Mauritanie «blanche», «arabe», une Mauritanie qui pourra trimbaler dans les sommets de la Ligue une délégation colorée, au nez aquilin et à la chevelure lisse, toutes ces nominations ne rentrent que dans l’ordre normal des choses. Aussi, aucun site arabophone n’a relevé l’anomalie, aucun analyste de la communauté privilégiée, n’a crié au scandale. Mais qu’un Birame Abeid, un Birane Wane ou un Samba Thiam s’offusque d’un tel racisme, c’est tous les sites arabophones, toutes les armées d’analystes de la communauté visée qui vont s’élever pour les taxer d’extrémistes et de racistes.
Et le président Aziz montera sur ses grands chevaux pour les crucifier, applaudis par les milices de religieux, adeptes de la division de classe et de l’asservissement humain.
Ce constat ne pourra que remettre en débat, la sempiternelle équation de la cohabitation sociale et de l’unité nationale, rudement mises à l’épreuve par un racisme officiel d’Etat.
Pourtant, les autorités mauritaniennes qui ramènent dans tout leur discours ces deux problématiques, sont ceux-là même qui se sont érigés tout au long de l’histoire contemporaine du pays, en champions de la division, posant chaque jour les jalons de l’implosion intercommunautaire.
L’exemple de Niabina, ainsi que l’établissement dans toutes les villes de la Vallée d’une véritable administration de domination, éloignent encore davantage l’espoir d’une véritable réconciliation nationale.
Pas étonnant que la Mauritanie enregistre aujourd’hui une si forte exaspération communautariste, faisant imploser ici et là, la colère des exclus et des marginalisés.
Que les Haratines, utilisés à bon escient pour des besoins d’addition démographique, cherchent aujourd’hui à se soustraire du diktat des «Ould et Mint » bien nés, ou que les FLAM demandent l’autonomie régionale comme mode de gestion décentralisée, ne sont que l’expression d’une révolte face à l’injustice sociale, soigneusement encadrée et protégée par la classe dominante qui s’est arrogée à elle toute seule l’ensemble des privilégiés.
Cheikh Aïdara



